Revenir en haut Aller en bas


Partagez|
Voy a vivir mi vida loca
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Jezabel Gambino
ADMINE REINE DU SILENCE

❖ MESSAGES : 2938


MessageMar 6 Sep - 20:10





Voy a vivir mi vida loca

FEAT. LE MARI CONSTIPE & LA FEMME INGERABLE




Sur le moment, sauter de la voiture au feu rouge pour s’engouffrer dans le métro ne lui parut pas aussi stupide que ça, loin de là même. Elle se sentait prisonnière et ressentait le besoin de reprendre le dessus. Qu’y avait-il de mal à ça ? Pour le commun des mortels, rien, pour des types comme Gaby et son frère, c’était la fin du monde et elle n’osait penser à la manière dont il interpréterait ça. A vrai dire, elle avait évité de se poser des questions à partir du moment où elle s’était retrouvée bloquée dans une rame de métro pendant une panne, se sentant à l’étroit et aux portes de la mort. Et comme si elle n’en avait pas suffisamment fait comme ça, elle ne trouva rien de mieux à faire que de se battre, écopant d’une belle entaille à la lèvre et à l’arcade. Comment en étaient-ils arrivés là ? Elle ne le savait pas elle-même ! Tout se passait pourtant merveilleusement bien. Ils étaient rentrés du Salvador plus complices que jamais, il avait d’ailleurs été difficile pour leurs proches de les décoller l’un de l’autre. D’une pudeur à faire pâlir le pape, Jez n’était pas très démonstrative mais son langage corporel en disait long, elle restait près de lui, buvait ses paroles quand elle ne le dévorait pas des yeux et elle riait tellement fort que parfois, elle se demandait si ça ne sonnait pas faux. Enfermés pendant des jours dans l’appartement, il lui offrit quelques cours pratiques gratuits quand elle ne l’aidait pas à perfectionner son jeu à la console. Elle était même parvenue à le faire sortir de l’appartement décoiffé et douché de la veille, dans un pantalon informe et avec une barbe mal taillée pour aller chercher du pain alors qu’elle avait simplement enfilé une veste par-dessus son magnifique pyjama toucan. Elle ne cessa, sur le chemin, de lui dire qu’il était très beau et que de toute façon, tout le monde était trop occupé à la regarder avec son pyjama ridicule et que ce serait pire quand elle demanderait elle-même le pain. Le but n’était pas d’en faire un débraillé comme elle mais qu’il lâche prise. La brunette s’était bien rendue compte de l’importance que sa préparation avait pour lui, il était habité par le désir d’être irréprochable à défaut d’être parfait, pour compenser ce qu’il n’était pas capable de dire parfois. Son bégaiement le rendait psychorigide sur bien des choses et elle tentait de lui apprendre à se détendre en douceur. Elle inventait des jeux débiles pour le faire sourire, le défiait pour qu’il repousse ses limites et revoit son ordre des priorités, quant à elle, elle travaillait sur son rapport au plaisir et à l’abandon de soi. Il l’obligea à verbaliser ce qu’ils faisaient, à mettre des mots sur les choses pour dédramatiser et chaque fois, elle rougissait et c’était elle qui se mettait à bégayer. Prendre confiance dans un moment où elle était complètement à découvert et vulnérable, c’était du travail. Elle aurait donné cher pour revenir à une de ces journées expérimentales.

Il avait appelé cinquante-cinq fois et envoyé plus de trente messages pour savoir où elle était et avec qui. Il avait fini par la joindre pour laisser échapper, avec énormément de difficulté, un « où ? » auquel elle répondit sans chercher à se défendre, ce n’était pas utile. Et elle s’en félicita en le trouvant devant le café où elle s’était arrêté avec Amelia. Elle lui dit au revoir et rejoignit Gaby sans attendre qu’il vienne la chercher, ce serait pire, elle pouvait le sentir. Il avait l’air furieux et elle se sentit immédiatement coupable alors qu’elle était persuadée de ne rien avoir fait de mal. Malgré tout, elle baissa les yeux et s’installa dans la voiture sans poser de questions. Son regard sur ses blessures était éloquent. Elle aurait préféré qu’il hurle ou qu’il lui en colle une mais ce silence ainsi que cette tension lui donnaient la nausée. « Gaby… » tenta-t-elle pour capter son attention mais tout ce qu’elle récolta, ce fut une crispation au niveau de la mâchoire, elle l’agaçait. Le processus de lassitude s’enclenchait. Il commençait à en avoir marre d’elle, l’attrait de la nouveauté était passé et il ne demeurait que l’agacement. Cette idée lui brisa le cœur et elle serra les poings pour empêcher les larmes de lui monter aux yeux. C’était n’importe quoi ! « Je voulais simplement te montrer que je pouvais aller jusque dans le Bronx, comme pour aller voir mon frère, toute seule, sans qu’il ne m’arrive rien… Je sais que tu es fâché contre moi et tu as raison, je suis désolée ! » Attends, attends ! Quoi ? C’était une plaisanterie ! La Jez qu’elle avait toujours été s’insurgeait, hurlant des insanités en se débattant pour reprendre le dessus et lui dire sa façon de penser, à cet imbécile – sexy mais imbécile quand même – d’un autre âge. Elle ne s’excusait jamais et surtout pas quand elle avait raison et était dans son bon droit. Qu’est-ce qui lui arrivait ? « J’ai l’impression d’être punie avec ces types qui me suivent partout, comme si tu n’avais pas confiance en moi et en ma capacité à me défendre. Je sais que tu prends soin de moi en faisant ça… Mais c’est peut-être trop, non ? Ce n’est pas facile pour toi, parce que tu te retrouves avec une gamine infernale sur les bras qui a la bougeotte et toujours une idée de merde derrière la tête… Je ne peux pas rester enfermée à l’appartement tout le temps et me contenter d’aller voir ta sœur ou tes parents en guise de sortie. Il faut que je construise ma vie ici, que je rencontre des gens, que je fasse un peu la fête et peut-être que je travaille. Sinon, tu te lasseras vite de moi et de ce que j’ai à te raconter. Gaby, tu l’as dit toi-même, tu ne voulais pas d’une femme au foyer. Attention, je ne dis pas que ce que j’ai fait était justifié, c’était stupide… »






_________________

    Let me feel your devotion
    Let me feel your emotion
    Love me like it's the last night
    Like it's the last night
    Hit me like a meteorite
    Don't let me go, don't let me go



Revenir en haut Aller en bas
avatar
Gabriele Gambino
ADMIN MI JALOUX MI POU

❖ MESSAGES : 570
❖ AVATAR : Mariano Di Vaio



MessageMer 7 Sep - 21:44





Voy a vivir mi vida loca

FEAT. LE MARI CONSTIPE & LA FEMME INGERABLE




Il lui promit à maintes reprises qu’il ne chercherait pas à la changer. Ce n’était pas son rôle. Il n’avait pas signé pour qu’elle devienne une parfaite petite fée du logis. Il lui avait aussi juré qu’il veillerait à ce qu’elle soit la plus heureuse possible à ses côtés, qu’il s’y emploierait de toutes ses forces. Il comptait bien respecter chacun de ses serments, mais il y avait une condition : elle avait également sa part du marché à honorer. Premièrement, ne pas se mettre en danger inutilement. Deuxièmement, ne jamais semer sa garde parce que ce serait risqué d’enfreindre la règle précédente. Troisièmement, répondre au téléphone et, dès lors, le garder sur soi. Quatrièmement, ne pas discuter tout de suite une décision émanant de lui qui pourrait paraître arbitraire. Ce serait une perte de temps. Il y avait un moment pour tout et à l'instant où une question était tranchée drastiquement, il n'était pas nécessaire de le faire changer d’avis sur le vif. Il était un homme peu différent de ses semblables. Gaby avait besoin de se calmer avant d’envisager une remise en question. Dans l’absolu, il aurait pu en citer des tas d’autres qui n’impliquaient pas qu’elle soit une férue de produits ménagers dans l’espoir de réussir son mariage. Le Sicilien l’emmenait souvent manger en extérieur. Il rapportait des plats préparés. Il engagea une fée du logis. Déposer leur linge au pressing et passait les rechercher lui-même. Il se pliait à toutes les lubies de sa femme et de ces envies de respirer. Il était prêt à tout lui céder dès lors qu’ils étaient ensemble. Lorsqu’il était seul, il était bien moins serein, bien qu’il se surprit, un jour, à lui permettre de se promener en compagnie de ses nervis dans les rues de New York, fort des conseils de son beau-frère. La bonne blague. Il en revenait. Sans doute était-il facile pour Manuel d’autoriser la Cinzia à se balader en transports communs si ça lui chantait. Elle avait grandi dans ce milieu hostile. Cette ville n’avait que peu de secrets pour elle. Jezabel, à New York, c’était un nouveau-né. Elle parlait à peine la langue. Il aurait été en droit de lui demander gentiment d’éviter de quitter le quartier où ils avaient élu domicile. Il ne le fit cependant pas. Il la laissa faire, décider à lui faire confiance et ça s’était soldé par un échec cuisant. Elle sema sa garde, s’enfuit d’une rame de métro, à moins que ça ne soit le contraire. Les circonstances l’importaient peu. Elle ne changeait rien à sa colère et à ce qu’il avait sous les yeux. Son doux visage était entaillé à quelques endroits. L’arcade. La lèvre supérieure. On aurait dit une gamine des rues. Les bagarres du genre étaient interdites dans les rangs de Cosa Nostra. Les hommes d’honneur ne se battent pas entre eux et ils s'empêchaient de se chercher des noises à quiconque les houspille un peu trop. Attirer l’attention sur eux n’étant jamais bon. Bien sûr, ils étaient en droit de répliquer, ce qui était par ailleurs la spécialité de Luciano : provoquer pour se décharger de son besoin de sang et de violence. Sans doute même que Jez n’avait fait que se défendre. Certainement. Sauf qu’elle ne porte pas de couilles entre les jambes et elle n'en aura jamais. Plus vite elle l'intègrerait, mieux ce serait pour nous. Elle apprendrait ainsi à adopter le comportement utile à ne pas le prendre pour un con, lui qu’il faudrait brûler pour qu’il se lance dans une bagarre.

Quoi qu’il en soit, s’il n’avait pas été complètement ivre de rage, il aurait pu réaliser que toutes ces petites règles, il ne les lui avait jamais expliquées. JAMAIS. Il estimait que c’était l’évidence. Elle faisait partie de tout ce qu’il avait toujours connu, ici ou à Chicago auprès de ceux qui remplacèrent peu à peu sa propre famille. Avec le temps, il considéra qu’elle relevait de la normalité et il était encore trop tôt pour qu’il saisisse qu’elle n’était pas familiarisée avec ces diktats-là. Concentré sur la route, les yeux transformés en UZI, il s’employa à l’ignorer. S’il la regardait, tout ce qu’il ressentait s’exprimerait au travers d’un amas de syllabes qui, mis bout à bout formerait un discours prêtant à la raillerie. Il se moquait qu’elle fit le serment de ne jamais rire de son handicap. Il était convaincu que ça priverait ses pensées de son panache. Personne ne prenait la colère d’un bègue au sérieux. Il préféra donc le silence, lui intimant dès lors de se taire par un « chut » qu’il jugea inaudible pour ne pas empirer la situation. S’il s’était enfoncé dans le crâne qu’elle méprisait un ordre ressemblant à une supplique, il aurait freiné brusquement pour l’effrayer et l’obliger à cesser ces babillages. Au lieu de ça, il l’écouta attentivement et, se sentant plus proche du poids de rupture que de la raison, il s’engouffra dans un parking et quitta son véhicule pour gagner chèrement un peu de tranquillité. Il l’empêcha de l'aborder d’un geste qui en disait long sur ses propres désirs et, comme elle demeura là, droite comme un I, à se demander ce qu’il convenait de faire ou de dire – du moins, le supposait-il – il grilla une cigarette, outrepassant ses principes. Il fumait peu, mais il avait besoin de se concentrer sur autre chose que sur les débordements de sa femme. Se désavouer, c’était reporter son ire sur lui et faciliter la suite de cette conversation. Près d’un quart d’heure plus tard, il s’installa derrière le volant. Il était à nouveau en mesure de prononcer quelques phrases simples et il en profita. « Qui t’a fait ça ? Pourquoi ? » s’enquit-il de son débit lent, presque ennuyeux, agaçant, aurait-il dit. « Qu'est-ce que vont penser les gens ? » Il poursuivit à la hâte avant qu’elle ne l’interrompe. Une remarque malheureuse d’impertinence et il serait muet jusqu’au lendemain. « Ces types ne sont pas une punition. Ils resteront avec toi et tu ne les sèmeras plus. Ne te sers pas de ton tempérament pour tout justifier, mais on rediscutera de tout ça plus tard. »

Un silence de funérarium les accompagna tout au long du trajet du retour. Une fois dans l’appartement, il s’enferma dans son bureau et chercha à s’occuper utilement pour ne pas ressasser. Jez avait besoin de comprendre. Il était donc primordial qu’il retrouve pleinement son calme et il espérait bien qu’une fois que la faim lui tiraillerait l’estomac, il pourrait l’emmener dans un bouge bien Sicilien qu’il connut dans l’enfance et, surtout, qu’il serait capable de discuter enfin. Il ne fit cependant pas le compte des heures. Pris au piège par la charge de travail que réclamait son prochain projet d’envergure, il ne réalisa pas qu’il était déjà tard avant qu’elle ne vienne frapper à la porte, penaude, les traits décomposés. « Je suis désolé. Je n’ai pas vu l’heure. » s’excusa-t-il en jetant un coup d’œil à l’horloge mural. « Tu veux qu’on sorte manger quelque chose ? » Pas la peine. Elle avait commandé des pizzas. Ça lui irait très bien. « Tu n’étais pas obligée de faire tout ça. » la rassura-t-il en constatant qu’elle avait dressé la table, comme si elle avait cuisiné elle-même un bon petit plat mijoté. « On aurait pu manger dans le salon, devant la télé, ça ne m’aurait pas posé de problème. Je sais que tu n’aimes pas ce qui se passe entre nous pour le moment. Je n’aime pas non plus. Mais, comment veux-tu que je te fasse confiance si tu me donnes des tas de raisons de te coller encore plus de types au train ? C’est nouveau pour moi, New York. Comme ça l’est pour toi. Avant de lâcher du lest, j’ai besoin de m’apprivoiser la ville. J’ai besoin de savoir où je peux être en confiance ou non. En ramenant tout à toi, j’ai l’impression que tu me vois comme ton bourreau, mais ça n’a rien à voir avec toi. Pour le moment du moins. Ça pourrait le devenir si tu continues à n’en faire qu’à ta tête… »







_________________
La malavita
Mio caro amico, disse, qui sono nato, in questa strada ora lascio il mio cuore. Ma come fai a non capire, è una fortuna per voi che restate. Passano gli anni ma otto son lunghi, però quel ragazzo ne ha fatta di strada, ma non si scorda la sua casa.
   
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Jezabel Gambino
ADMINE REINE DU SILENCE

❖ MESSAGES : 2938


MessageLun 12 Sep - 21:36





Voy a vivir mi vida loca

FEAT. LE MARI CONSTIPE & LA FEMME INGERABLE




Lyla lui avait laissé une recette simple, étape par étape, à réaliser quand on avait quatre ans et un faux four, sans doute. Elle eut beau tout suivre précisément et avec une attention particulière, elle n’eut pas l’impression que le résultat ressemblait à ce que la mexicaine avait déjà apporté dans des boîtes en plastique. Elle mit la table, c’était trop tard pour annuler, elle avait prévenu Gaby qu’ils mangeraient chez eux, elle ne se voyait pas admettre sa défaite. Et puis, elle avait recommencé près de dix fois avant d’obtenir une masse qui ressemblait vaguement à quelque chose et qui avait l’air plus ou moins comestible. Mal à l’aise, elle apporta sa création maléfique à table, ayant l’impression que l’odeur était presque pire que l’aspect mais il ne fit pas la moindre remarque, il insista pour qu’elle lui serve une belle assiette alors qu’elle s’était contentée d’une petite cuillère pour ne pas l’empoisonner et quand il plongea sa fourchette dans sa bouche, il eut la gentillesse de ne pas faire de grimace. Il avala tout, en reprit un peu et lui offrit un sourire qui signifiait qu’il était repu et content. Tout le monde lui reprochait d’être d’une inutilité criante pour lui, elle ne faisait rien dans la maison et avait l’air de ne rien faire pour l’aider au quotidien, que ce soit à supporter le changement de ville ou la charge de travail, elle s’était sentie investie de la mission de faire quelque chose pour une fois, quelque chose qui ne lui donnerait pas l’impression d’être une bonne à rien et il était content. Les yeux de la gamine pétillèrent de joie et de ce petit quelque chose qu’elle ne voulait pas définir pour sa santé mentale. La paume de la brunette vint se poser sur la main de son époux qu’elle caressa doucement alors que son pied venait se frotter contre sa jambe. Ils fêtèrent dignement cet échec autant que cette faculté qu’il avait à remplir son cœur de joie et de bonne humeur avec peu de choses. Elle croyait que cette période bénie durerait toujours mais c’était sans compter sa maladresse et toutes les inconnues de cette relation qui était basée sur un mariage arrangé entre deux personnes qui ne se connaissaient pas, ou pas très bien. S’il avait pris la peine de lui fixer des règles claires et simples, jamais elle ne se serait permis d’agir comme elle le faisait, du moins, elle aurait testé les limites de façon plus légère. Ils venaient de mondes diamétralement opposés, il y avait des choses qu’elle ne pouvait pas deviner et on ne pouvait pas vraiment dire qu’elle avait un master en second degrés et en sous-entendus. Ses remarques, elle n’en comprenait qu’une infime partie, la malheureuse, si elle avait su….

Bien sûr, elle se doutait bien que semer sa garde le mettrait en rogne mais elle n’avait pas imaginé que ça pourrait le mettre dans des états pareils et elle ne comprenait pas quel était le nœud du problème. Avait-il eu peur ? Était-il en rogne parce qu’elle avait fait semblant de ne pas comprendre où il voulait en venir en lui collant des gardes du corps ? Les choses n’étaient pas forcément faciles à discerner et elle ne le connaissait pas suffisamment pour comprendre rien qu’en regardant son visage ou sa posture. Elle aurait aimé… Il la fit taire et quand elle tenta un geste de douceur pour le ramener à elle, il lui fit signe de ne pas approcher. Elle se raidit, meurtrie et finit par abandonner pour regagner la voiture et ruminer. Nulle, elle était nulle ! Elle ne possédait rien pour l’apaiser et il était bloqué avec elle jusqu’au restant de ses jours. Elle estimait ne pas avoir fait grand-chose de mal mais s’en voulait que ça ait débouché sur tant de misère. Parfois, réfléchir n’aurait pas été du luxe ! Si la salvadorienne n’avait pas eu besoin de maintenir ce qui restait de sa dignité, elle se serait sans doute mise à pleurer, se sentant aussi ridicule que détestée. « Des types dans le métro qui voulaient nous voler nos bijoux… » expliqua-t-elle brièvement, n’osant pas croiser son regard alors qu’elle triturait ses mains et se sentait terriblement nerveuse. Les gens ? Qu’est-ce qu’elle s’en cognait de leur opinion ? Elle ne vivait pas avec eux mais avec lui et elle aurait aimé qu’il lui livre quelques paroles rassurantes mais rien ne vint et elle se contentant de lâcher un assentiment quand il affirma qu’ils pourraient en parler plus tard. Ca sentait mauvais pour elle et son matricule mais c’était le prix à payer pour son impertinence. Son regard se posa sur lui, allumé d’une lueur d’espoir dès qu’ils franchirent le seuil de leur appartement mais il ne lui accorda pas le moindre coup d’œil et disparut dans son bureau. Paniquée, elle tourna en rond un moment, allant d’une pièce à l’autre, ne sachant plus ce qu’elle devait faire ou non et finit par dresser la table pour se focaliser sur quelque chose. Il ne pouvait pas divorcer… Non, il ne pouvait pas mais il pouvait faire bien pire et elle ne savait pas si ça la rassurait vraiment. Quelle idiote ! QUELLE IDIOTE ! Après ça, elle s’installa au bout de la table et ne bougea plus, tendant parfois l’oreille, essayant de deviner ce qu’il se passait dans sa tête, persuadée que si elle ne bougeait plus, elle ne pourrait plus faire de conneries. « C’est parce que je suis désolée ! » avoua-t-elle d’une voix à peine audible, ne sachant trop où poser les prunelles, préférant choisir son poignet où trônait une montre épaisse. Il avait de belles mains, elle les adorait tant qu’elle pouvait passer des heures à les observer, surtout quand il était occupé et qu’il ne surprenait pas ses regards insistants. « Je voulais te montrer que je pouvais me débrouiller, tu comprends ? Que tu n’avais pas besoin de t’en faire pour moi mais ça a loupé…T’es pas mon bourreau, Gaby, mais je ne comprends pas toujours ce que tu attends de moi ? Et mes journées sont creuses, ça a tendance à réveiller ma machine à conneries. Tu m’en veux beaucoup ? Parce que je me sens très mal, je ne sais pas ce que je dois faire et t’avoir mis dans cet état ça me met en colère contre moi. »



***



D’habitude, quand il avait l’air de faire des pieds et des mains pour l’empêcher de sortir, elle n’était pas réceptive et y allait malgré tout. Mais lors de sa dernière expédition en boîte de nuit avec Amelia, dans une boîte gay d’ailleurs, après l’avoir trouvé devant accompagné de son frère, elle avait levé un peu le pied, sentant qu’il frôlait le point de rupture sans bien comprendre ce qui lui prenait. Elle ne cessait de lui proposer de les accompagner et il refusait à chaque fois. Ils auraient pu tous très bien s’amuser et même s’il ne dansait pas, il aurait pu passer la soirée près d’elle sur une banquette. Ils se seraient bécotés comme deux adolescents en appréciant le mouvement et le bruit autour d’eux, comme n’importe quels jeunes de leur âge. Tout ça lui donnait l’impression que quoi qu’elle fasse, cela ne convenait pas à monsieur et elle se sentait à cours de possibilités. Ce soir, ce n’était qu’un dîner entre filles avec Taylor, dans un petit restaurant près de chez elle et elle avait mis des vêtements simples mais il avait cligné dangereusement de l’œil, pris d’un tic nerveux et elle soupira, rédigea un message à son amie pour lui dire qu’elle ne viendrait pas, ils devaient en parler avant que ça ne prenne des proportions inimaginables. Du moins, elle essaierait de jouer à l’adulte alors qu’elle ne savait pas le moins du monde comment mener une conversation pareille. Elle défit paisiblement sa veste et posa son téléphone sur la table alors qu’il entrait dans la pièce, s’attendant probablement à entendre la porte claquer pour toute réponse. « Je ne sors plus. Je n’avais pas envie, je préfère passer cette soirée avec toi. J’aurais aimé que tu viennes, pour une fois ! Chaque fois que je te propose, tu refuses, pourquoi ? J’ai fait quelque chose ? » Avec une expérience proche du néant et des rapports avec les hommes qui n’avaient jamais été au-delà d’une amitié virile, elle ramait comme jamais. « Ce sont mes vêtements ? Parce que je ne mets pas ça pour moi mais pour toi, pour te faire plaisir, ça n’a pas l’air de marcher. Il faut que tu me dises si j’ai dit ou fait quelque chose, Gaby, parce que c’est la même chose chaque fois que je sors et je ne saisis pas. »






_________________

    Let me feel your devotion
    Let me feel your emotion
    Love me like it's the last night
    Like it's the last night
    Hit me like a meteorite
    Don't let me go, don't let me go



Revenir en haut Aller en bas
avatar
Gabriele Gambino
ADMIN MI JALOUX MI POU

❖ MESSAGES : 570
❖ AVATAR : Mariano Di Vaio



MessageSam 17 Sep - 16:15

 



Voy a vivir mi vida loca

FEAT. LE MARI CONSTIPE & LA FEMME INGERABLE




Jamais il n’avait souhaité lui faire de la peine. Si elle lui promit, une nuit où elle le croyait endormi, qu’elle veillerait à prendre soin de lui, il lui avait juré qu’il n’essayerait pas de la changer. Il avait appris à l’apprécier tel qu’elle était : amusante, intelligente et insouciante. Il aimait également son esprit vif et son côté imprévisible qui les amenait souvent à vivre des situations cocasses et improbables. Il se souvenait parfaitement de cette soirée dont ils ressortirent trempés jusqu’aux os parce que e thème principal était « mousse » et qu’elle avait compris « éponge » en lisant le prospectus. Elle avait même estimé judicieux d’en emporter avec elle dans l’éventualité où ils étaient censés venir déguisés. Prise au dépourvu, mais riant aux éclats jusqu’à ce que sa joyeuse humeur le gagne, elle avait achevé de dédramatiser cette déconvenue en lui agitant sous le nez l’accessoire inutile rouge et vert, alors qu’il était détrompé et qu’il ne remplirait visiblement plus sa fonction initiale. Il n'accorda plus d'importance à ce qu’il ressemblait à l’homme ivre qui oublie d’ôter ses vêtements avant de se plonger dans sa baignoire. Il négligea également qu’il mourrait de froid, quoique les températures étaient clémentes, qu’il avait faim, et qu’il n’était pas question de manger dans un snack du coin. Pour sur, jamais il ne s’ennuyait avec elle, mais cette qualité exceptionnelle s’accompagnait d’inconvénients qui le mettaient hors de lui. Le denier exemple justifiait son état dépassant l’agacement au profit d’une colère sourde. Jezabel avait jugé bon de fuir sa garde et de se battre avec des gros bras sans cervelle. Et tout ça pour quoi ? Pour des bijoux ? Il peinait à croire ce qu’il venait d’entendre. C’était, à son sens, l’excuse la plus pathétique qui soit. Depuis quand y accordait-elle de l’importance ? Elle en portait peu – pour ne pas dire aucun – lorsqu’ils furent présentés et par la suite fiancé. Lui aurait-il offert une parure de diamants qu’il aurait été forcé de prévoir la tenue adéquate pour qu'elle sorte de sa boîte et de se débattre avec une multitude d’arguments pour la convaincre de s’en encombrer. Pour elle, c’était secondaire. Mani n’avait cessé de lui répéter que ce type d’attentions ne la transportait pas. Et là, elle s’indignait jusqu’à la lutte sanglante pour une alliance ? Ça n’avait ni queue ni tête. D’instinct, il épia sa main pour s’assurer que ces efforts n’étaient pas vains, mais sa bague l’intéressa à peine. Cette manucure, en revanche, agrandit ses yeux comme des soucoupes. Ça aussi, c’était nouveau. Il la pensait hermétique à ce genre de futilités toutes féminines et il ignorait s’il convenait de s’en flatter ou de s’en méfier. Sans doute aurait-il suffi de lui poser la question, mais il n’en était pas vraiment capable. S’enfermer dans son bureau lui sembla plus sage pour son intégrité, mais pas vraiment pour son couple.

Quand il reparut, elle était assise à la table de la cuisine. Son teint était blafard, son regard éteint et sa mine déconfite exigeait qu’il reconsidère sa crise de nerfs muette. Exagérait-il ? Avait-il manqué de clarté ? Était-il utile de rediscuter de tout ça ? Au départ, il envisagea de feindre que tout était normal, qu’il ne s’était jamais disputé – plus ou moins – et qu’ils en étaient toujours à la période « lune de miel » qu’ils traversèrent. Puis, il croisa sa moue triste et désemparée, il opta pour une amorce de conversation, priant pour que ça ne s’envenime pas, ce qui était drôlement compromis. Il n’entendait rien à ses explications. « Pour quoi faire ? Tu n’as rien à me prouver, Jez. » s’enquit-il avec étonnement en lui tendant la main, qu’ils s’installent dans le divan. Ils seraient plus à l’aise puisque beaucoup moins formels. « Non ! Non, je ne t’en veux pas. » C’était en partie un mensonge, mais il n’avait pas envie de l’accabler davantage. « Approche. » Il l’attrapa par l’épaule, la serra contre lui et embrassa son front tendrement. « Tout ce que j’aimerais, Jez, c’est que tu sois patiente et que tu me fasses confiance. Je fais mon maximum pour pas que tu t’ennuies. De la patience, tu peux faire ça, non ? » Dans l’absolu, elle lui aurait juré n’importe quoi tant elle se sentait malheureuse, mais sans comprendre pour autant les tenants et aboutissants de ses serments. C’était pourtant une occasion en or qu’elle lui offrait, l’occasion parfaite pour mettre les points sur les I et éviter que ce genre de problèmes ne se reproduisent. Gaby n’en avait ni la ni l’envie. Il restait bêtement accroché à la logique de ses principes. « Tu sais ce qu’on devrait faire ? Allumez la console. Tu vas me mettre une raclée et puis tout ira mieux. » Ce n’était en rien une solution. Dans l’idéal, se réapproprier leur couple aurait été plus salutaire. Or, il ne supportait pas qu’elle se cache encore de lui, à moins d’avoir sifflé quelques verres d’alcool et attendre qu’il réalise qu’il n’était pas responsable, qu’il s’agissait uniquement du réflexe de sa pudeur, c’était comme gravir le mont Everest à deux reprises sans préparation.


***


Sa manucure lui restait en travers de la gorge pour des raisons qu’il avait du mal à s’expliquer, peut-être parce qu’il peinait à croire qu’il était à l’origine de cette petite révolution. Elle portait des robes de temps à autre, mais souvent lorsqu’elle prévoyait de sortir avec l’une ou l’autre de ses récentes amies qu'il détestait toutes. Elle l’avait fait passer pour un con à travers Amelia en demandant à son frère de lui dégoter un travail, ce qu’il aurait pu tout aussi bien offrir en lieu et place de Manuel. Elle persista en se pressant dans une boîte gay avec cette dernière. Après avoir rencontré avec une représentante de cette minorité, il s’estimait en droit de se poser des questions sur la sexualité de son épouse. En toute sincérité, il ne savait vraiment à quel saint se vouer et la réaction qui en découla était inévitable pour quiconque s’attardait à ce qu’il ressentait. La laisser sortir sans lui était de plus en plus compliqué. Il la découvrait dans la salle de bain en train de se maquiller et il approchait la crise de nerfs. Il ne s’y opposait pas, conscient qu’elle souffrait de l’enfermement. Il préférait sous-entendre qu’il aurait apprécié qu’elle leur organise une soirée en tête à tête plutôt que de jouer les hédonistes. Elle ne saisissait jamais, jusqu’à cette fois où elle renonça à partir sans lui pour se lancer dans une conversation qu’il n’avait absolument aucun besoin de mener de bout en bout. « Pour quoi faire ? Pour te voir faire de l’œil à une lesbienne qui doit certainement en pincer pour toi ? Mais tu devrais estimer heureux que je ne l’égorge pas pour la balancer dans le canal pour t’empêcher d’avoir le moindre contact avec elle. Ça vaudrait mieux que de me balancer des reproches au visage. » cracha-t-il prêt à s’enfermer dans son bureau pour demeurer le plus loin possible d’elle. « Je présume que c’est à cause d’elle la manucure, le maquillage et les robes. » Il devina ses explications avant de les percevoir et il savait par avance qu’il en rirait jaune. Il n’avait pas besoin de mensonges auxquels répondre par le sarcasme, mais il la laissa tout de même venir. « Oui, bien sûr, c’est pour moi, mais tu en fais profiter le monde entier. C’est d’une logique implacable. C’est une spécialité chez toi de me prendre pour un con ou de me faire passer pour un con aux yeux de tout le monde. Mais je n’ai aucune envie de parler de tout ça. Fallait y aller si c’était pour me culpabiliser derrière. Moi, je ne t’ai rien demandé… » Dans l’absolu, il était content qu’elle soit restée à l’appartement. Il était cependant trop fier pour le lui avouer. « Et comment veux-tu avoir dit ou fait quelque chose de mal puisque tu ne dis et ne fais rien du tout. Tu fais tous tes coups en douce, comme si je n’avais pas mon mot à dire. A moins que tu sois lesbienne, c’est possible aussi, mais dans ce cas, dis-le clairement, qu’on perde pas notre temps. Tu sais ce que tu vas récolter en te comportant comme une Américaine qui découvre la vie et qui se prend pour une célibataire ?» Il saisit au regard qu’elle lui opposa qu’elle le trouvait injuste. « Tu vas m’attirer des ennuis, c’est ça que tu vas gagner et comme je ne laisserai pas un truc pareil à se produire, je vais finir par te couper du monde. Ce sera plus fort que moi. »  


***

Il n’avait aucune envie de se retrouver dans cette salle de concert à écouter un groupe qui hurle plus qu’il ne chante. Pourtant, il se prépara et l’y accompagna parce qu’elle avait gagné ses places, qu’elle semblait y tenir et qu’il considéra que c’était peut-être une bonne occasion pour eux de renouer. Il s’en donnait les moyens, car il ne la lâchait pas d’une semelle, sauf pour aller lui chercher à boire et à manger, que la file d’attente lui paraisse moins longue. Elle avait insisté pour arriver dans les premières afin d’être certaine d’être dans la fosse. Il avait cédé, jugeant qu’ils en profiteraient mieux à proximité du régisseur son, mais elle était têtue et c’était sa soirée après tout. C’était la première qu’il passait tous les deux depuis près d’une semaine, une semaine qu’il tua à lui faire la tête sans plus trop savoir pour quelles raisons. « Après, si tu veux, on ira manger des arancini chez Gina. On pourrait aussi aller en boîte de nuit si ça te tente. Si tu as envie de rester dans l’ambiance… »




_________________
La malavita
Mio caro amico, disse, qui sono nato, in questa strada ora lascio il mio cuore. Ma come fai a non capire, è una fortuna per voi che restate. Passano gli anni ma otto son lunghi, però quel ragazzo ne ha fatta di strada, ma non si scorda la sua casa.
   
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Jezabel Gambino
ADMINE REINE DU SILENCE

❖ MESSAGES : 2938


MessageJeu 22 Sep - 16:59

 



Voy a vivir mi vida loca

FEAT. LE MARI CONSTIPE & LA FEMME INGERABLE




Il n’avait pas envie de discuter. Il avait opposé un silence tonitruant, il l’avait laissée dans le flou le plus total et lui donna l’impression qu’elle était complètement à côté de la plaque et que ça ne s’arrangeait pas mais il refusait de donner le fond de sa pensée, de l’aiguiller alors qu’elle se débattait en eaux troubles et qu’elle avait l’impression d’être sur le point de se noyer. C’était ça, la punition. Elle était sans doute trop stupide pour comprendre où il voudrait en venir alors il ne perdait pas son temps à tenter de lui expliquer. Sans trop savoir pourquoi, elle vécut ce moment comme un véritable échec. Il lui fermait la porte au nez et si elle n’était pas vraiment la reine de la communication, elle avait fait un effort surhumain pour partager avec lui ce qu’elle ressentait et tous ses regrets face à la situation. Tout ça pour quoi ? Se retrouver à jouer à la console pendant qu’il faisait semblant de l’excuser et qu’elle promettait tout ce qu’il voulait parce qu’elle avait l’impression d’être une véritable déception pour lui. Le temps des sorties improvisées et improbables lui semblait si loin. Ces instants où elle avait le sentiment qu’il existait une complicité sincère entre eux, qu’ils étaient parvenus à se rendre indispensable et presque essentiel l’un pour l’autre, contre toute attente. Tout ça, c’était de beaux mensonges qu’elle se racontait pour éviter d’affronter la réalité de leur mariage. On l’avait contrainte à l’épouser, forcée marchait aussi et elle tentait de voir le bon côté des choses pour oublier qu’elle n’aurait jamais dû se trouver là dans un monde normal et que, d’ailleurs, la jeune femme qu’elle avait toujours été s’était révoltée contre cet état de fait dès qu’on lui en fit part. Peut-être que tout ça n’était que de l’auto persuasion, la complicité, ces pseudo sentiments pour lui et cette envie d’être admirée par lui. C’était ridicule ! Depuis quand avait-elle besoin de l’approbation d’un homme ? Depuis quand ? Elle qui construisit sa vie pour être indépendante et ne surtout pas dépendre de l’un d’eux ! Pourtant, une seule réaction de sa part et elle remettait tout en question, un seul regard attristé ou désespéré et elle avait l’impression qu’on désavouait tout ce qu’elle avait fait depuis qu’elle était née. Encore plus perdue qu’avant et se sentant comme le poids mort de l’histoire, elle ne put s’empêcher de cultiver ce sentiment douloureux qu’elle était indésirable et que ça s’accroissait avec le temps.


Plus elle se sentait de trop et plus elle ressentait le besoin de sortir et de s’émanciper de lui. Il n’était pas question de l’étouffer, pas question de se montrer trop présente au point de le faire fuir alors qu’il n’avait pas vraiment envie de se la coltiner, sinon pourquoi perpétuellement refuser toutes ses invitations à faire la fête ?  La question était revenue à maintes reprises sur le tapis et sa réaction était systématiquement la même : le silence. Elle avait l’impression qu’il se foutait de sa gueule parfois, parce qu’il se servait de son bégaiement pour justifier des attitudes qui n’étaient pas la conséquence de ce qu’il prenait pour un handicap mais seulement l’expression de son sale caractère. Elle aurait préféré qu’il lui dise clairement la détester plutôt que ces épisodes où il s’enfermait pour ne pas avoir à la voir ou à l’entendre. Elle détestait l’admettre mais ça la blessait, ça lui faisait un mal de chien parce qu’elle avait beau se faire croire qu’elle l’adorait grâce à l’auto persuasion et aux efforts que son frère lui avait conseillé de faire, il n’en était rien. Elle l’avait dans la peau, même si elle se débattait sacrément pour ne pas être l’esclave de ses sentiments, chaque fois qu’il lui souriait, elle était prête à tout, y compris à annuler une soirée parce qu’il avait l’air de mal le vivre. Du cinéma ? Une tentative de manipulation ? Elle n’en savait rien, voulut en discuter et si cette fois il ne fit pas semblant de rien, il opta pour une autre technique d’évitement : la dispute. « Tu racontes n’importe quoi ! Taylor est mon amie et je ne fais de l’œil à personne, t’es con ou tu le fais exprès ? Tu crois que parce qu’une fille est lesbienne, elle a envie de sauter sur tout ce qui bouge ? » La menace qu’il venait de proférer à l’encontre du médecin la rendait folle, elle ne faisait que deviner l’étendue de sa jalousie, n’en comprenant pas vraiment la cause. « Non, TU en fais profiter le monde entier en refusant de venir avec moi ! C’est toi qui te sens perpétuellement attaqué ou sous-estimer ! Je n’y suis pour rien ! Non, toi, tu ne veux jamais parler de rien, tu préfères faire semblant et si y a bien quelqu’un ici qui prend l’autre pour un con, c’est toi ! » Depuis des semaines, elle la fermait pour éviter une confrontation comme celle-là mais maintenant qu’il avait ouvert la danse, elle ne comptait pas baisser les armes avant lui, surtout pas alors qu’il l’accusait injustement. « Je fais mes coups en douce ? Tu te fous de ma gueule ? Je te… » La gamine s’arrêta net, comme s’il venait de la gifler, ses yeux se plissèrent pour ne devenir que deux fentes alors que son visage était déformé par la rage. Elle lui jeta tout ce qui lui passa sous la main. Son téléphone, un verre, un vase avant de le contourner et d’aller s’enfermer dans la salle de sport pour évacuer toute sa colère. Après les efforts monumentaux que ça lui coûta de s’ouvrir à lui, qu’il ose lui balancer qu’elle était lesbienne c’était comme cracher sur tout ça, sur tout ce qu’elle donnait d’elle-même pour changer un peu et abandonner le garçon manqué salvadorien dans un coin de l’appartement et tenter de ressembler à une femme qu’il pourrait désirer. Mais tout ça, ça l’amusait plus qu’autre chose, elle ne restait qu’un tomboy qu’on lui avait refilé et qui devait forcément aimer les autres femmes, pourquoi en serait-il autrement ? Parce que la pudeur pour beaucoup de connards vaniteux c’était la preuve par trois qu’ils avaient affaire à une lesbienne. C’était comme un gag qui se répétait, encore et encore et qui faisait rire tout le monde, sauf elle. Blessée, elle resta enfermée jusqu’à ce que l’envie de pleurer lui passe alors qu’elle avait le corps endolori.


***


Il avait trouvé du travail pour s’éloigner suffisamment d’elle toute la semaine et pire encore que ses allégations délirantes, le voir la fuir était encore plus douloureux. Gagner ces places fut l’occasion parfaite de lui proposer une sortie qui pourrait sans doute les réconcilier. Elle continuait à faire des efforts, même s’il ne se passait pas une heure sans qu’elle se demande pourquoi, alors que tout chez elle semblait le répugner et que tout était prétexte à la descendre en flèche. Contre toute attente, il accepta et se montra même étonnamment attentionné et serviable alors qu’une tension était encore un peu palpable, sous-jacente et en sourdine mais là, quelque part. « Je ne sais pas, ce sont des arancini pour lesbienne ? » ne put-elle s’empêcher de demander, mi figue mi raisin, regrettant aussitôt de l’avoir laissé échapper alors que son visage changeait. Un vent de panique souffla sur elle et avant qu’il n’ait pu envisager de disparaître pour l’abandonner, elle glissa sa paume dans la sienne, ce qui n’arrivait que rarement en public, l’attirant elle pour se coller à lui et l’enlacer, ce qui n’arrivait jamais. « C’était une blague ! Ne me fais pas la tête, s’il-te-plaît ! On ira où tu veux, ok ?! » Il était tendu mais finit par se relâcher un peu au contact de ses lèvres sur les siennes et à mesure que ce baiser d’excuse s’alourdissait de passion et de bonne volonté. Ce genre de démonstration en public, elle avait du mal d’habitude mais pour le moment, ça lui était complètement égal, tout pourvu qu’il ne boude pas. Ils entrèrent dans la salle et il lui offrit une autre bière, passant son bras autour de ses épaules en réalisant qu’il y avait plus d’hommes que de femmes à ce concert et qu’il valait mieux rappeler à tout le monde à qui elle appartenait. La musique était d’une violence sans nom, presque trop poche de ce qui agitait la salvadorienne et qu’elle n’arrivait pas à exprimer. Ce fut un véritable exutoire pour elle et si cela devait ressembler à une torture pour Gaby, ça ne s’arrangea pas quand pour la dernière chanson avant le rappel, le meneur, exalté, balança du sang de porc sur les premiers rangs. Tout le monde riait, la gamine y compris mais elle s’arrêta net en constatant que son mari ne voyait rien de drôle là-dedans. « On va aller aux toilettes pour essayer d’en retirer un maximum ! » lui glissa-t-elle à l’oreille pour tenter de le convaincre que ce n’était pas dramatique.




_________________

    Let me feel your devotion
    Let me feel your emotion
    Love me like it's the last night
    Like it's the last night
    Hit me like a meteorite
    Don't let me go, don't let me go



Revenir en haut Aller en bas
avatar
Gabriele Gambino
ADMIN MI JALOUX MI POU

❖ MESSAGES : 570
❖ AVATAR : Mariano Di Vaio



MessageMar 27 Sep - 21:54





Voy a vivir mi vida loca

FEAT. LE MARI CONSTIPE & LA FEMME INGERABLE




Depuis quand l’innocente insouciance est-elle synonyme de stupidité ? De crédulité insolente et agaçante ? À l’annonce de leur mariage, chacun distilla les informations, y allant de son petit conseil tantôt judicieux tantôt inutile. Quelqu’un aurait pu le prévenir que c’était le propos tenu par les « petites lignes » en bas de page. Ils auraient pu le prévenir que ce qui lui plaisait tant chez elle se transformerait quasiment en tare. Il aurait agi en conséquence.il se serait comporté différemment. Sérieusement, comment ne pas voir rouge alors qu’elle se méprenait sur la face du monde et sur les intentions de sa soi-disant copine. Une lesbienne, ce n’est qu’une hétéro qui traversa la rive pour le bord d’en face parce qu’elle n’a pas su comprendre les hommes. C’est un spécimen de moins en moins rare qui ne respecte plus l’objet de sa déception. Pour se venger, elle est prête à tout. Pour rivaliser avec celui qui porte le pantalon mieux qu’elle, elle ne souffre d’aucun scrupule à briser un couple. Il fallait être bête pour ne pas sentir le danger de loin. Ou alors – et c’était la justification la plus plausible aux yeux de Gaby, Jez se foutait royalement du monde. Il n’était pas homophobe. Il tolérait toutes les minorités, mais à la seule condition qu’elle se tienne loin de lui et de son couple. De même, il pouvait envisager son épouse moins intelligente que ses congénères. Alors, au vu de son attitude générale, il en conclut qu’elle se payait sa tête et en beauté. « Non, c’est toi qui es complètement con de ne pas voir ce qui se passe. Une amie, ça respecte le mari de sa femme en évitant de l’emmener dans des soirées gay ou dans des restaurants où l’intitulé des plats à la carte témoigne du bord de la patronne. Une amie, elle aurait cherché à se présenter en venant jusqu’ici, pour se présenter ou chercher à me connaître. C’est ça une amie, Jez. » Cette pétasse méritait de crever après avoir été violée par une dizaine de gars dépourvus de douceur. Le fond de sa pensée se posait là, mais la forme était moins abjecte. La menace était à peine voilée et, comme de bien entendu, elle mit le feu aux poudres. Avec la meilleure volonté du monde, il n’aurait pu garder pour lui la remarque acerbe qui le soulagea une fois prononcée. Sa jalousie en était fière d’ailleurs. Quant à Jez, elle préféra cracher quelques insultes pour ensuite le transformer en cible ambulante. Il parvint à éviter quelques projectiles, mais il fut incapable de parer la chaise qui acheva sa course dans ses jambes. « Et c’est moi le malade ? C’est moi ? » s’écria-t-il tandis qu’elle s’enfuyait vers la salle de sport. « Je peux savoir ce que j’ai dit cette fois encore ? Putain, mais j’en ai tellement ma claque. MAIS TELLEMENT… Tu sais quoi, va… » Il serra les poings, frappa du pied sur le parquet et abandonna. À quoi bon ? Il n’était même plus certain qu’elle l’entendait. Il nageait dans l’incompréhension la plus totale.

Cette dernière querelle ne l’empêcha pas de faire des efforts pour renouer avec son épouse. Ils le méritaient. Ils s’étaient donné du mal pour que la décision de leur père soit la moins pénible possible pour eux. Il se prépara donc à l’accompagner à ce concert. Il ne savait rien des artistes. Il n’avait aucune idée du genre de musique qu’il aurait entendu. « Non ! Je suis désolé si je t’ai blessé. Ce n’était pas le but. Ça me faisait chier que tu sortes avec Taylor. Je ne l’aime pas. J’ai voulu te froisser, mais je ne le pensais pas. » Il s’était déjà imaginé plein de choses la concernant pour justifier cette froideur durant leurs ébats, mais pas qu’elle était homosexuelle. « Conclusion, pas de panique. Je ne fais pas la tête. » Il détestait devoir se justifier, mais il s’était promis qu’il ferait preuve de bonne volonté et qu’il éviterait de se montrer trop soupe au lait. Ça entachait leur relation. Elle se crispait dès qu’elle ouvrait la bouche. Il détestait cette idée. Aussi, espéra-t-il qu’en posant ses lèvres sur son front, elle se sentirait un peu mieux. C’était réussi. Il gagna un baiser d’une telle passion qu’il ne la quitta pas tout au long de la soirée, veillant à ce qu’il ne lui arrive rien au milieu de ses armoires à glace qui bousculaient toute la fosse, sans distinction de taille ou de sexe, uniquement pour se faufiler une place au premier rang. C’était les meilleures places, celles où l’on vivait la représentation au cœur de l’ambiance. Pourquoi pas ? Après tout ! Si ça plaisait à Jez ! Si ça plaisait à tous ces types qui beuglaient comme des animaux. Gaby, ce n’était pas sa tasse de thé. C’était même de loin la pire soirée qu’il passait. Sa seule consolation, c’était le sourire de son épouse qui la vivait comme une espèce de thérapie. À chaque fois qu’elle se tournait vers lui le sourire aux lèvres, il était conquis. Il le fut beaucoup moins lorsque le chanteur leur balança du sang de porc au visage. Il se figea, fou de rage à tous les entendre rire de bon cœur, non pas de lui, mais à cause de la situation. Jezabel ne faisait pas l’exception. Elle eut du mal à retrouver son sérieux si bien que sa bonne humeur à lui s’évapora. « Non ! On rentre. » cracha-t-il en la tirant par le bras. Il ne prononça pas le moindre de mots tout au long du trajet. Il était en colère, mais pas à cause d’elle. Non. Elle n’avait fait que s’amuser. Il n’y avait pas de mal à cela. Ce qui le dérangeait, c’était surtout qu’il réalisait à quel point ils étaient différents. Gaby avait vieilli trop vite. Elle était une enfant qui avait besoin de découvrir tous les trésors qu’offre l’adolescence. D’une certaine manière, elle en avait été privée. Elle avait des choses à vivre et à rattraper, d’autres que celles qu’elles avaient vécues dans la rue. Il ne pourrait jamais être celui qui le partagerait avec elle. Il était trop triste et trop en colère contre son destin pour ça. Beaucoup trop. Il le regrettait amèrement, car d’une façon ou d’une autre, ça sous-entendait fatalement qu’ils allaient droit dans le mur.





_________________
La malavita
Mio caro amico, disse, qui sono nato, in questa strada ora lascio il mio cuore. Ma come fai a non capire, è una fortuna per voi che restate. Passano gli anni ma otto son lunghi, però quel ragazzo ne ha fatta di strada, ma non si scorda la sua casa.
   
Revenir en haut Aller en bas
❝Contenu sponsorisé❞


Message

Revenir en haut Aller en bas
Voy a vivir mi vida loca
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Livin' la vida loca [Apollo] HOT.
» Ques Es La Vida
» casino : J'AI GAGNÉ !!!
» will et opale ☆ loca people
» Une choppe et ça ira mieux.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Blood of Heroes :: New york :: MANHATTAN-
Sauter vers: