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JE SAIS LA VIOLENCE, SON GOÛT DE SANG | LYLA
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Lyla Gambino
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MessageMer 18 Nov - 8:52

 
Lyla Canjura
24 ans ● Américaine d'origine mexicaine ● Ancienne militaire et secouriste, femme au foyer ● Aucun ● Staten Island ● Wanted Dead or Alive


Quand on grandit dans la pauvreté la plus extrême, on se sert de la violence comme moyen de s’exprimer et de s’imposer, comme une manière de se protéger des autres et de ce qu’ils pourraient nous faire s’ils s’apercevaient qu’on est faible et sans défense. Mon enfance et ma place dans la fratrie Canjura a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, une boule de nerfs hyperactive et généreuse. Si je peux aider, je le fais parce que chez moi et dans mon quartier, on s’est toujours serrés les coudes et entraidés, sans solidarité, on serait tous morts. La violence fut l’un de mes seuls moyens de communication pendant longtemps et ce fut grâce à l’acharnement de mon frère aîné que je continuai l’école en dépit de mon envie de tout arrêter pour les rejoindre dans la rue. J’étais du genre impulsive et colérique à l’époque, incapable de supporter qu’on me dévisage ou qu’on me parle mal, aujourd’hui, ça n’a pas vraiment changé sauf que c’est complètement indépendant de ma volonté, enfin presque. Disons que mon stress post traumatique n'arrange rien et fait de moi une femme à fleur de peau, autant dire que ça ne m'enchante pas! J’ai un mal fou à m’en défaire. Je suis imprévisible et ça me rend folle de rage de ne pas pouvoir contrôler cette part de moi. Je peux passer du rire aux larmes en une fraction de seconde, je peux sortir de mes gonds pour rien parce que je vais me sentir menacer et j’ai des crises d'angoisse violentes et pourtant, j’ai décidé de trouver un boulot en plein centre-ville et de m’occuper, espérant que ça ferait passer tout ça. Ma blessure en mission a grandement altéré la confiance que je pouvais avoir en moi et malheureusement, mon estime de moi est au plus bas, ce qui me rend plus agressive que d’habitude. Je suis ce qu’on pourrait appeler une femme forte, j’ai perdu beaucoup de gens que j’aimais en peu de temps et j’ai un mal fou à faire confiance et à m’attacher, j’ai beaucoup trop peur de ce que ça pourrait engendrer et de la manière dont cela pourrait se terminer. Malgré tout, je m’entoure toujours de gens, la solitude m’angoisse et je dois avouer que devoir travailler en binôme est un sacré soulagement pour moi. Mais je n’ai pas que de mauvais côtés, il paraît que je suis très drôle et douce quand je le veux bien. Mon côté altruiste et St Bernard fait que je me sens souvent responsable de la terre entière même si je fais tout pour vivre en me détachant de tout. Dans mon boulot, c’est pas la chose la plus facile du monde.
Elle triture souvent le crucifix qui pend à son cou et quand elle sent une crise poindre le bout de son nez, elle le serre fort en se mettant à réciter des versets de la Bible appris par coeur ☛ Très pieuse, elle va à l'église tous les dimanches ☛ C'est une grosse fan de musique latine et dès qu'elle peut aller voir ses artistes préférés en concert, elle n'hésite pas une seconde ☛ Elle est terrifiée par beaucoup de choses mais ce sont souvent des choses que le reste du monde trouve mignons, les pères noël, les peluches géantes, les types déguisés ... Flippant non?  ☛ Elle parle fort, rit fort et fait souvent de grands gestes parce qu'elle est comme ça, entière ☛ Elle a un chien qu'elle a appelé Trejo parce qu'elle est fan de l'acteur depuis gamine, c'est un pitbull magnifique ☛ Elle vit toujours chez ses parents pour des raisons financières, c'est la seule ☛ Elle est très proche de son père qui l'adore et est très fier d'elle, il ne manque jamais une occasion de parler d'elle aux gens qu'il connait bien qu'il ne lui fasse jamais de compliments de ce goût, se contentant d'être lui-même, discret et un peu bourru. ☛ L'idée qu'elle puisse se marier avec quelqu'un qui ne soit pas latino n'a jamais effleuré l'esprit de ses parents mais elle sait que ce serait un truc qui les foutrait en rogne, davantage s'il s'agissait d'un non catholique ☛ Elle est tatouée, chose que son père a eu énormément de mal à encaisser ☛ Elle a quatre frères et deux soeur, elle est la troisième et la première des filles ☛ Sa petite soeur est une junkie de compétition et elle a beaucoup de mal à communiquer avec elle, pour des tas de raisons mais en partie pour tout le mal qu'elle a fait à leur famille ☛ C'est une cuisinière hors pair bien qu'elle ne mette que rarement les pieds en cuisine, prenant plaisir à se faire servir les bons petits plats de maman, bien qu'elle aide aux autres tâches ménagères



derrière l'écran
PSEUDO ● Daturagnagna AGE ● 27 ans FILLE OU MEC ● F  PRESENCE 7/7  DE QUEL PAYS TU VIENS ● From Hell Tu nous connais d'où ? ● Fonda bitch SCENARIO OU INVENTE ● Scénar  AVATAR ● Megan FoxCRÉDIT ● Tumblr et Datura




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Lyla Gambino
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MessageMer 18 Nov - 9:04





this is who you are

( in this story you are the hero )

Je n’ai pas grandi dans la profusion mais je n’ai jamais manqué de rien parce que mes parents y veillaient, parce qu’ils avaient tous deux plusieurs petits boulots pour nous permettre de survivre. Ils arrivaient à trouver le temps de nous éduquer et de faire en sorte qu’on soit des hommes et des femmes biens. J’appris la valeur de l’argent et celle du travail. On n’avait jamais rien sans rien et j’aurais parfois aimé leur offrir autre chose que cette vie de labeur, de sueur et de soucis. Fervents catholiques, il leur sembla normal de faire autant d’enfants même si aux Etats-Unis, il n’était pas évident de faire en sorte qu’ils ne tournent pas mal. Mon frère aîné fut le premier à entrer dans le gang du quartier affilié à la MS13 et celui d’en-dessous finit par suivre mais ils m’interdirent toujours formellement de les imiter, fais ce que je dis mais pas ce que je fais. Quand mes parents n’étaient pas dans le coin, c’était mon frère aîné qui faisait la loi et qui nous tenait à l’œil pour qu’on ne fasse pas de conneries et il avait toujours insisté sur le fait qu’il souhaitait que je fasse des études et que je m’en sorte. Bien sûr, je le connaissais assez pour savoir que le fait que je sois une fille jouait également beaucoup dans ce qu’il pensait que j’étais capable ou non de faire. Je me tins toujours loin du gang même si mon petit ami en faisait partie depuis ses quinze ans, conscient qu’il n’aurait pas de grandes chances de réussite en suivant le droit chemin, parce que notre école au niveau discutable ne préparait qu’au chômage et à la médiocrité pour la majorité d’entre nous. Il était de quatre ans mon aîné et ami de mon frère Angelo – qui portait très mal son prénom. Je n’avais que 14 ans à l’époque où il commença à venir chez nous pour dîner ou même pour fumer avec mon frère dans sa chambre et généralement, je m’en tenais loin, parce que la plupart des types que fréquentaient mes frères me traitaient comme un morceau de viande ou une bonniche et on ne pouvait pas dire que je les portais dans mon cœur. Mais Ruben était différent, plus doux et réfléchi, j’étais persuadée que s’il avait voulu un peu plus, il aurait été capable de décrocher une bourse pour aller à l’université, au lieu de ça, il s’arrangea pour monter rapidement au sein de la MS13, rendant fous de jaloux d’autres membres, plus vieux mais bien moins compétents. Il me courtisa comme je l’avais vu faire dans les vieux films et ça amusa beaucoup mes frères qui lui avaient déjà fait bon nombre de promesses de mort au cas où il me ferait le moindre mal. Il demanda à mon père l’autorisation de m’emmener au cinéma et j’acceptai également, ça ne coûtait rien, ce fut après quelques sorties de ce genre que je m’aperçus que j’en étais tombée amoureuse comme on tombe amoureuse quand on est qu’une gosse : d’une façon inconditionnelle et parfaitement irrationnelle.

Il faisait de son mieux pour ne jamais me mêler à ses histoires et pour toujours être là pour nos rendez-vous, me couvrant de cadeaux et d’attentions, plus que je ne le méritais en réalité. J’aurais pu devenir exécrable et en profiter et l’idée me tenta un moment mais je n’en fis rien, je n’avais pas été élevée de la sorte et l’idée de lui faire du mal me répugnait. Il suffisait de regarder autour de moi pour voir comment les autres filles étaient traitées par leur petit ami, certaines avaient le droit à des insultes et d’autres à des coups, parfois même les deux. Moi, j’étais couverte de cadeaux et d’amour, il y avait pire, non ? J’avais eu la chance de choisir avec qui je voulais être et je pouvais discuter avec lui de tout et de rien. Il devient bien vite un pilier dans mon existence, mon meilleur ami et mon confident. Plus qu'un caïd de rue, il était un homme qui connaissait beaucoup de choses et tout l’intéressait. Je vivais une sorte de rêve éveillé que l’adolescence rendait plus beau encore. Je ne voulais jamais garder en mémoire ces moments où je devais le raccommoder parce qu’il revenait dans un sale état ou bien le fait qu’il fumait beaucoup trop pour son propre bien. Ca n’avait pas d’importance. Sa famille devint bientôt la mienne et ce fut tout naturellement que nous partageâmes le même lit. Il avait promis à mon père qu’il m’épouserait dès qu’il aurait une situation stable et surtout un appartement et cette promesse suffisait au chef de la famille Canjura et surtout, cela nous permettait d’arrêter de profiter de l’absence des nôtres pour nous retrouver ou bien de devoir payer des chambres d’hôtel sordides pour laisser libre cours à notre amour passionné. Mais il arrivait que mon trop plein d’amour pour lui vire à l’hystérie. Je n’avais jamais eu quelque chose auquel je tenais autant que lui et je ne supportais pas de le voir parler à d’autres filles mais je prenais sur moi mais quand l’une d’entre elles prenait ses aises, c’était plus fort que moi, je devenais cinglée. J’en avais pété des nez pour les virer d’autour de lui et plus elles m’invectivaient et se débattaient, plus je frappais fort et de manière précise. J’avais passé mon temps à me battre avec mes frères, ces salopes ne faisaient pas le poids. Chaque fois, on se prenait la tête avec Ruben et j’avais l’impression de revivre la même scène, encore et encore.

« Tu ne peux pas m’empêcher de parler à tout le monde parce que t’es jalouse ou cinglée, j’arrive pas à me décider. »
« Va te faire foutre, j’ai bien vu la manière dont tu la regardais, si tu trouves plus ce que tu veux avec moi, vas-y, cours, vole, vas te taper ces nids à SIDA ! »

Personne d’autre que moi ne lui parlait comme ça, je le savais, n’importe qui d’autre aurait déjà pris une droite mais il me passait tout, encore un autre qui était incapable de me résister bien longtemps. On s’engueulait mais il ne levait jamais la main sur moi et à vrai dire, c’était plutôt moi qui lui secouais les puces quand il me poussait à bout. Il tira sur son joint et sourit, amusé par la situation alors que j’étais folle de rage, les mains pleines de sang qui n’était pas le mien et qu’il avait fallu deux mecs pour m’éloigner.

« Je devrais peut-être, t’aurais au moins une bonne raison de péter ta crise.»

Mauvaise réponse, pourtant, je m’empêchai de lui en coller une, je ne pouvais pas adopter mon mode de communication habituel, pas avec lui, la violence, il en mangeait tous les jours, je supposais qu’avec moi, il cherchait autre chose. De la douceur, ouais, m’enfin là, le moment était mal choisi. J’eus du mal mais je parvins à retirer la bague de fiançailles qu’il m’avait offert et je la lui jetai au visage.

« Amuse-toi bien. »

Surpris, lui qui pensait probablement que j’allais encore gueuler deux bonnes heures avant de me calmer, de lui demander pardon pour qu’on puisse baiser comme des bêtes, il ne réagit pas immédiatement et quand il le fit, j’étais déjà rentré chez moi. Il me laissa mariner pendant près d’une semaine et ça me rendit malade, j’étais agressive et maussade et je regrettais de m’être laissée emportée mais je ne voulais pas de ce genre de vie. Je méritais mieux. S’il n’était pas capable de garder sa queue dans son froc, il pouvait bien aller se faire foutre. Pourtant, quand je sortis du lycée ce jour-là, il m’attendait devant, appuyé contre sa voiture, une cigarette dans la main, un pantalon de costume qui lui faisait un cul d'enfer - mais c'est parce que j'adorais quand il le portait que je le savais - et une chemise blanche ouverte, en beau gosse latino à l'ancienne comme je lui disais souvent pour me foutre de sa gueule. Je supposai qu’il était venue chercher sa nouvelle greluche et je fis mine de l’ignorer, me dirigeant vers l’arrêt de bus, il siffla mais je levai le nez d’un air fier, il n’avait qu’à venir me chercher. Ce qu’il fit, il entoura mon avant-bras de ses longs doigts et me força à lui faire face avec plus de brusquerie que je ne l’aurais cru. Je l’avais foutu en rogne et vu sa tête, il n’avait pas beaucoup dormir dernièrement, je masquai mon inquiétude derrière ma mine renfrognée.

« Tu ne m’as pas appelé ! » dit-il, à la fois surpris et exaspéré « Tu appelles toujours ou tu viens pour t’excuser. Pourquoi ? T’as trouvé quelqu’un d’autre ?! »

Rassurant de savoir que nous étions aussi parano l’un que l’autre.

« C’est toi qui voulais être libre d’aller baiser toutes ces putes, maintenant tu peux, pourquoi t’es là ? »

Il se pinça l’arête du nez, essayant de se calmer.

« Tu m’épuises avec toutes ces conneries, si je voulais toutes ces salopes, ce serait elles que j’aurais mis dans mon lit et pourtant qui est toujours dans le mien ? »
« Moi. » répondis-je bêtement
« Exactement, tu peux m’expliquer quand j’aurais eu le temps d’aller en baiser d’autres ? »
« J’en sais rien, les autres trouvent toujours le temps pour ça. »
« Je ne suis pas les autres alors arrête de jouer la peste et monte dans la voiture, on va aller faire un tour, on va discuter, s’il-te-plaît. »
« T’as fait quoi pendant une semaine ? »
« J’ai pas arrêté de bosser et d’attendre ton coup de fil ou ta visite, et toi ? »
« J’ai dragué et je me suis tapé tous les mecs du quartier. » répliqué-je avec un sourire

Le visage de mon petit ami se contracta sous l’effet de la jalousie et de la colère avant que je n’éclate de rire.

« T’es jaloux ou je rêve ? »
« Joue pas à ça, si un autre te touche, je le plombe. T’es à moi, c’est tout. »
« Seulement si t’es à moi aussi. »
« Mais bien sûr, j’arrête pas de te le dire. Putain, une semaine à m’inquiéter pour rien, remets la bague, bébé, et allons nous détendre. »

J’hésitai un moment qui sembla être une éternité et je finis par reprendre la bague qu’il me tendait pour la replacer à mon annulaire gauche avant d’agripper son visage pour venir l’embrasser. Il prit mon sac à dos pour le porter et plaça son bras libre autour de mes hanches avant de monter dans la voiture. Après ça, je fis de mon mieux pour ne plus lui piquer de crises et il se garda bien de me dire qu’il détestait mon binôme de chimie même s’il lui jetait souvent des regards glaciaux, la peur n’évitait pas le danger mais on ne pouvait pas passer notre temps à nous déchirer pour des choses aussi stupides.


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***


Assise dans la salle d'attente de la clinique, j'entendais encore les cris des manifestants, des extrémistes protestants qui beuglaient sur toutes les patientes et qui faisaient changer d'avis à certaines par leur simple présence. Moi, j'étais là parce que ma vie s'était écroulé en l'espace de quelques jours et que je ne pouvais pas envisager de mêler un enfant à tout ce merdier. Munez me tenait la main, depuis que nous étions sortis de la voiture et il ne la lâchait pas. Il n'avait posé aucune question, ne m'avait pas demandé d'y réfléchir et encore moins cherché à me dissuader de le faire, il avait seulement promis qu'il serait là pour m'accompagner et me soutenir. De nous deux, j'avais l'impression qu'il était celui qui avait le cœur en miettes. Son visage était décomposé et ne semblait pas décider à reprendre des couleurs. Je lui caressai la main du pouce, cherchant à le réconforter comme si tout ça le concernait directement, comme si c'était son problème. Avec ma petite sœur dans la drogue, j'avais appris à me débrouiller seule et à gérer mes emmerdes de la même façon pour ne pas accabler davantage les miens, j'aurais sans doute pris le parti d'en faire de même cette fois, si mon frère n'était pas tombé sur mon test de grossesse. Nous vivions tous les deux chez nos parents et notre complicité était telle qu'il ne reculait devant rien pour savoir ce qu'il se passait dans ma caboche quand il voyait que j'étais au plus bas et que nos conversations tournaient en rond parce que je refusais de partager avec lui ce qui me tourmentait. Nous étions comme les deux doigts de la main depuis notre plus jeune âge mais je le connaissais comme le fond de ma poche et tout ce qui me blessait par la faute d'une tierce personne pouvait le pousser à des extrémités que je ne voulais pas le voir atteindre. Je n'avais eu de cesse de lui répéter qu'il n'avait pas à aller casser la gueule à mon ex-fiancé pour m'avoir planté à la veille de notre mariage, me préférant ma cousine. Moi-même, d'un naturel impulsif, j'avais été incapable de réagir. Qu'aurais-je bien pu faire ? La tuer et me faire passer pour la connasse de l'histoire alors qu'ils ne méritaient pas cet honneur, ni l'un, ni l'autre. J'aurais pu me laisser tenter si je n'avais pas appris que j'étais enceinte et que ce problème là ne m'avait pas semblé plus important que tout le reste. « Y a des tas d'enfants qui grandissent très bien sans un père, parce qu'ils ont une famille aimante et attentionnée. » lâcha-t-il d'une voix rauque, serrant ma paume dans la sienne. « Je ne veux pas être une énième mère célibataire de South Bronx, Mun'. Je veux me marier et faire les choses dans les règles. Cet enfant n'a pas à souffrir de mes mauvais choix. » « Tu rends avant tout service à ce fils de pute. Tu lui donnes presque raison... J'aurais dû le voir arriver, j'aurais dû me douter que...» « On en a déjà parlé, c'est inutile de remuer le couteau dans la plaie, je fais ce que j'ai à faire, le reste n'a plus d'importance. » « C'est pas comme si tu avais signé pour aller te faire tuer à l'autre bout du monde à cause de sa gueule, c'est vrai ! » ironisa-t-il alors que ses épaules se crispaient sous l'effet de la rage, « J'ai besoin de changer d'air et de voir autre chose. Je te promets que je m'inscrirai en fac de médecine dès que je serai de retour. » Je passai mon bras sous le sien, déposant ma tête contre lui, faisant mon regard attendrissant pour qu'il redescende un peu. Il serra la mâchoire et exhala à maintes reprises comme s'il cherchait à reprendre son souffle avant de passer son bras autour de mes épaules et de me serrer contre lui. « Ne te fais pas tuer, nina, je ne sais pas ce que je pourrais faire sans toi. La simple idée de ne pas être là pour te protéger me rend dingue. » J'ouvris la bouche pour le rassurer mais fut coupée dans mon élan : « Mademoiselle Xena ? » Je me levai, lançant un sourire mal assuré à mon frère en levant le pouce avant de lui tourner le dos et de me laisser aller à ma propre peine, J'étais partie pour le camp de formation de l'armée de terre américaine depuis seulement une semaine quand mon frère tomba sur Ruben et lui prodigua la correction de sa vie, lui pétant les jambes et les bras. Il s'en fallut de peu pour qu'il ne le tue et si Angelo ne l'avait pas arrêté à temps, il ne serait plus là pour en parler. Il s'en était seulement sorti avec un léger boitillement et quelques broches par-ci par-là, ce qui était bien maigre, aux yeux de mon frère, comparé à mon cœur qu'il avait brisé et à mes espoirs déçus.


***



« UN HOMME A TERRE ! UN HOMME A TERRE ! CANJURAAAAAAAAAAAA ! »
« J’arrive sergent ! »

Je pris soin de ramasser ma sacoche avant de sortir de la jeep et de me précipiter dans la direction de la voix mais c’était la seule et unique chose dont je me souvenais, il y eut une explosion qui me projeta à plusieurs mètres en arrière et me plongea dans le noir le plus complet. Les médecins disaient que d’autres seraient mort à cause de la déflagration mais que j’avais eu de la chance et ils ignoraient ce qui m’avait empêché de cramer. Car même si j’avais été pas mal amochée, ce n’était rien en comparaison de mon sergent et de l’homme blessé qui avaient été carbonisés. Le souvenir que je gardais de ces instants, j'avais refusé de le partager avec les autres, gardant jalousement ça pour moi.Je me réveillai après des jours de coma. Tout ça avait dû être provoqué par la morphine qu'on m'injectait en doses conséquentes pour que je ne souffre pas trop mais pour moi, ça avait été tellement réel, tellement intense. C'était toujours aussi dur, même cinq ans après mais je m'accrochai fermement à ce souvenir quand j'entamai ma rééducation, il ne me restait plus grand-chose à part ça.


Je passai de longs mois dans un hôpital militaire, refusant que ma mère fasse le voyage jusqu’à la base pour venir me soutenir, je passai ces mois difficiles seules même si mon petit ami de l’époque, militaire également, m’appelait régulièrement ainsi que ma famille, et qu’il profitait de ses permissions pour venir me voir. Ce fut d’ailleurs par téléphone qu’il m’annonça qu’il rompait avec moi et je ne lui en voulus pas, je n’avais jamais été très présente dans notre relation. Je ne m’attachais pas et j’essayais d’être le moins impliquée possible car je savais que la mort ne voguait jamais loin d’eux et je ne voulais pas souffrir, je me l’interdisais formellement. Le souvenir de ma relation ratée avec Ruben me hantait mais il n’y avait rien à faire pour l’effacer et me soulager, il serait toujours là, comme point de comparaison, lui et cette vie que je m’étais imaginée avec lui et notre enfant. Une fois encore, on venait de me retirer ce qui me permettait de me sentir vivante, je n’étais plus apte à partir sur le terrain et si mon corps récupérait plus vite que prévu, mon mental était au plus bas. Ainsi, on crut que ce serait une bonne chose que de me laisser retourner dans ma famille et en effet, cela m’aida à sortir la tête de l’eau mais mes séances de psy hebdomadaires étaient essentielles pour que je ne sombre pas complètement.


***


« Allô ? » répondis-je d’une voix pâteuse
« Niña, c’est moi. »
« Hector ? Mais qu’est-ce qui se passe ? Tu sais quelle heure il est ? »
« Je ne t’appelle pas pour que tu me donnes l’heure, niña, » me répliqua-t-il avec une pointe d’agacement « J’ai besoin que tu viennes à l’angle de 36 ème, j’ai un homme à moi qui est blessé, il a besoin de secours. »
« Ok, j’arrive. »

Je raccrochai sans attendre qu’il me remercie. Depuis que j’avais repris du service et que Ruben n’était plus là pour faire écran, j’avais le droit à ce genre d’appels régulièrement et chaque fois, j’étais incapable de refuser, il s’agissait d’aider ma communauté, de faire profiter de ce que j’avais appris lors de ma formation et sur le terrain. Je savais que mon grand frère n’aimait pas me mêler à tout ça mais il ne m’aurait pas appelé s’il avait trouvé une autre solution. Je fus sur place en quelques minutes et un de ses hommes me fit signe de le suivre, je me retrouvai dans un immense entrepôt vide mais je ne fis pas de commentaire, me contentant d’avancer jusqu’à l’homme coucher sur une sorte d’établi, je l’examinai avec attention, sortis mon stéthoscope et fini par déclarer :

« Il est en train de faire une hémorragie interne, je ne peux rien faire, extraire les balles ne changerait rien, il va mourir, il est déjà trop tard. »

Tous me fixèrent avec stupéfaction. J’étais secouriste, pas Dieu le père. J’avais dormi à peine 5 heures en trois jours, ils n’allaient pas commencer à me faire chier.

« Tu peux pas au moins essayer ? J’veux dire … »
« Excuse-moi, entre deux deals de drogues tu as fait médecine sans que je le sache, Mario ? Non ? Alors si je te dis que ça ne sert à rien c’est que ça ne sert à rien. Vous savez très bien que quand je peux vous aider, je le fais, mais là, y a rien à faire hormis lui injecter une dose de morphine. »

Je sortis une seringue, la plantai dans une petite bouteille et je la remplis avant de la planter dans le bras du pauvre gars qui sembla apaisé. C’en était fini, j’eus une violente envie de gerber mais je m’abstins, préférant attendre d’être à l’extérieur pour me laisser aller. Deux mains agrippèrent mes cheveux alors que je vidais mes tripes. Je m’essuyai la bouche avec ma manche et me tournai pour faire face au frère de mon fils de pute d'ex qui tenta tant bien que mal de se montrer avenant.Il me laissa avec mes doutes et mes remords et ça ne manqua pas, dès que je me retrouvai dans ma cage d’escalier, la crise d’angoisse me happa, je dus ressortir et rester à l’air libre jusqu’à temps que ça me passe et qu’il n’y ait plus que la fatigue et la lassitude. J’allais encore avoir la tête dans le cul au boulot !



***
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« Et pourquoi tu as été renvoyée chez toi si tôt ? » L'entretien se passait pour le mieux, une jeune journaliste cherchait un sujet d'actualité pour soutenir son projet d'entrée dans un grand journal et un ami en commun m'avait demandé si ça m'intéressait. J'avais longuement hésité puis fini par accepté. Elle ne posait que des questions judicieuses et j'eus très vite l'impression de discuter avec une vieille amie que j'avais quitté hier. Si elle m'avait épargné cette question, j'aurais continué à rire et à sourire mais mon visage se décomposa et je me refermai comme une huître. J'étais pourtant venue pour parler bordel de merde ! Comme à chaque fois que le sujet arrivait sur le tapis, je mettais des barrières entre moi et le reste du monde pour me préserver de leur compassion. C'était la pire des choses à endurer. « L'unité à laquelle j'étais affiliée a été décimée, je fais partie des rares rescapés. » « Je suis désolée, Lyla, je ne voulais pas... » « Tu ne pouvais pas savoir. J'ai été démobilisée, de toute façon, je n'étais plus apte. Psychologiquement, je ne pouvais plus. C'est comme s'arrêter dans une rue pleine de foule en plein Time Square, tu les vois tous s'agiter et tu as l'impression d'être déconnecté parce que toi tu sais, tu sais ce qu'il y a après. T'es revenue de là-bas ! » Mes mains commençaient à trembler, je me levai pour ouvrir la fenêtre et je farfouillai dans mon sac pour avaler un anxiolitique, me reposant dans le fauteuil pour fermer les yeux en attendant que la crise soit repoussée. « Si tu pouvais éviter de mettre ce que je viens de te dire dans l'article, je t'en serais reconnaissante. C'est pas l'image que j'ai envie de donner de moi ou de tous ces gens qui sont morts pour que je reste en vie. Ils méritent un meilleur hommage, bourré de patriotisme, » Je n'avais pas vraiment confiance en une journaliste mais elle tint parole et je jugeai bon de l'inviter à manger chez mes parents pour la remercier, après ce qu'elle avait appris sur moi, la mêler à mon intimité ne me semblait plus être une totale hérésie, loin de là. Nous nous découvrîmes nombre de points communs et elle devint l'une de ces nouvelles amies de cette vie que je tentais de me reconstruire en me défaisant des fantômes de mon passé. Avec Cinzia, tout était simple, aucune gêne, aucune honte, je pouvais tout lui dire sans craindre que ça ne se sache ou qu'elle ne me juge, pas qu'elle ne le ferait jamais. De mon côté, je m'arrangeais pour la délivrer de son quotidien codifié et rigide, Ce fut elle qui m'accompagna pour revendre ma bague de fiançailles et elle aussi qui m'aida à dépenser cet argent en alcool et en fête, juste pour tourner la page de cet épisode malheureux. La vie vous prive parfois de certaines personnes pour vous offrir la présence de nouvelles, plus fiables et terriblement plus drôles.




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MessageMer 18 Nov - 19:44





Bienvenue à New York
Tu es désormais des nôtres!


Tu es désormais validé(e) et tu peux poster et voguer à ta guise sur le forum. Voici une liste de tous les topics qui peuvent t'être utiles pour que tu commences à jouer. Avant toute chose, tu dois recenser ton avatar par là

Pour essayer de trouver les liens qui te manquent et rp au plus vite, tu as des coins appropriés où il te faudra créer tes propres topics où répertorier tes liens.

Tu meurs d'envie de rp mais tu n'as toujours pas trouvé quelqu'un pour un topic, n'hésite pas à passer par pour demander si quelqu'un est disponible et motivé.

Mais comme tu viens d'arriver, il te faut avant tout un logement et faire répertorier ton métier afin de ne pas te faire chiper ta place si celles-ci sont limitées. Si tu es flic, secouriste, pompier ou même brigand, tu devrais passer dans ce topic

Pour le reste, il y a le flood, les jeux et toutes ces zones de détente pour partager avec les autres et vous sentir comme chez vous!


N'OUBLIE PAS QUE TU AS UNE SEMAINE, A PARTIR DE TA VALIDATION, POUR LANCER TON PREMIER RP


Bienvenue parmi nous, encore une fois







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