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Bijoux de famille [Sloan & June]
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MessageDim 30 Avr - 17:21



Bijoux de famille

Sloan & June




June jeta un coup d'oeil à l'horloge, 17h50. Elle avait encore un peu de temps, certaine que Sloan serait en retard. Etrangement, l'idée d'aller chez ses parents ne le réjouissait pas. Pourtant, elle les appréciait, et ils l'appréciaient en retour, elle en était persuadée. Elle avait toujours eu du mal à accepter l'idée qu'ils soient si distants entre eux, sans doute parce qu'elle même avait connu pire. Et si chacun avait ses torts, Sloan ne faisait pas d'effort. Il n'en faisait jamais vraiment, de toute façon.

Elle se regarda une dernière fois dans le miroir, ajustant sa chemise. Ce n'était pas un gala, mais elle aimait faire bonne impression. Et si l'affection de ses beaux-parents étaient acquise, elle était consciente de l'image qu'elle leur renvoyait. Elle n'avait pas envie que cela change, alors elle s'apprêtait. Chemise blanche, pantalon et veste bleu marine de marque, c'était sans doute trop pour un simple repas. Mais elle se devait d'être distinguée. Élégante. Cultivée. Intéressante. Et sûre d'elle. En clair, tout ce qu'elle n'était pas avec lui ces derniers temps. Là bas, elle avait finalement une certaine emprise sur la situation. Elle savait comment mettre Sloan en porte-à-faux. Elle savait comment se faire apprécier de sa mère. Comment se faire remarquer par son père. Elle entrait dans la peau d'une femme qu'elle contrôlait parfaitement, et c'était finalement lui qui était en difficulté. Elle pouvait donc choisir de le soutenir où, au contraire, prendre plaisir à régler ses comptes en famille. En toute subtilité.

Peignant une dernière fois ses cheveux lâchés, June soupira en regardant sa montre. Elle se dirigea vers la fenêtre pour scruter la route à la recherche du carrosse de son fiancé. Rien. Sérieusement... Et alors qu'elle s'apprêtait à rentrer, un crissement de pneus lui fit tourner le regard. Quelques étages plus bas se dessinait la silhouette de celui qu'elle attendait. Et en le fixant, elle ne put s'empêcher de sourire. Il tirait toujours la même tête avant d'aller à l'un de ces repas en famille. Avec le temps, ça avait fini par l'amuser. June attrapa ses affaires et descendit les marches pour finalement se retrouver dans la rue. Marchant fièrement vers son chauffeur, elle laissa ses yeux glisser sur l'ensemble de son corps. Et si elle passa sous silence cette envie brûlante de lui dire qu'il aurait pu faire un effort, elle ne put retenir une remarque. Prêts pour les festivités ? Je suis sûre qu'on va bien s'amuser. Fixant son sarcasme sur le bout de ses lèvres, elle ouvrit la portière et se glissa dans la voiture. Qu'il soit ravi ou non de ces moments en famille, elle s'en amusait bien trop souvent pour ne pas être pleine d'enthousiasme.


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Sloan K. Redfield
OISEAU DE PARADIS

❖ MESSAGES : 1234
❖ AVATAR : James McAvoy

“ We start off with high hopes, then we bottle it. We realise that we’re all going to die, without really finding out the big answers. We develop all those long-winded ideas which just interpret the reality of our lives in different ways, without really extending our body of worthwhile knowledge, about the big things, the real things. Basically, we live a short disappointing life; and then we die. We fill up our lives with shite, things like careers and relationships to delude ourselves that it isn’t all totally pointless. ”
― Irvine Welsh, Trainspotting

MessageVen 5 Mai - 22:18





Bijoux de famille ◮ June


Les yeux braqués sur le plafond, j'attends que le temps passe. Ou plutôt, que ma migraine passe. Si la nausée m'a enfin foutu la paix, après avoir bien défoncé mes intestins, je n'arrive pas à me départir de l'étau qui m'enserre la boite crânienne. Je me sens incapable du moindre mouvement, ou alors au prix d'un effort surhumain. Et je ne suis qu'un simple mortel. Toute ma divinité m'a abandonné à partir du moment où j'ai eu la connerie de prendre des engagements quant à ma consommation de cocaïne. Tel un ange déchu, je me sens banni du paradis, direction le purgatoire. Putain, me dire que dans deux heures je suis chez mes vieux à tailler le bout de gras - avec sauce futilité aigre et son accompagnement de conneries finement mijotées - me donne juste envie de me foutre en l'air. Pourtant, à peine cette pensée achevée, je me découvre debout, empruntant d'un pas lourd le chemin de la salle de bain.
Une douche plus tard et une lame de rasoir - passée pour restructurer un début de barbe sauvage - plus tard, je me passe un jean sombre, un pull bleu foncé et une paire de baskets de ville. Mon look est triste à mourir, mais plutôt raccord avec mon état d'esprit. J'attrape une veste au cas où l'envie d'aller me geler le cul au fond du jardin suite à une discussion particulièrement agaçante avec mon père me prenne.

Ma ponctualité prend cependant du retard dans les embouteillages. Un accrochage bénin bloque deux voies. Prenant alors mon mal en patience, je repense à la dernière soirée que l'on a passés ensemble. Je n'ai aucune idée de la disposition dans laquelle je vais récupérer June. Encore une fois, j'ai envie d'y croire. De croire en nous. De croire en moi. Surtout en moi. Car je suis clairement le problème.
Un coup sec de klaxon m'arrache aux abysses de mes pensées. Remerciant le connard de derrière d'un majeur insolent, je dépasse la collision et retrouve une circulation plus fluide.

Après avoir failli manquer le rue de June - erreur rattrapée au prix de nouveaux pneus au vu des traces de gommes laissées sur le bitume -, je tente de m'extraire de mes réflexions. Je sens alors naître au creux de mon estomac un petite boule d'anxiété. Sortant de l'habitacle de la voiture, j'attrape mon paquet de cigarettes et fume une clope, dans l'espoir de voir mon angoisse s'envoler avec les volute de fumée.
June arrive, tout sourire. Et tout en sarcasme. Je réplique à son ironie par une moue qui tient plus de la grimace que du rictus. J'ai encore franchement mal au crâne, malgré les cachets pris avant de partir. Pour peu qu'ils ne soient pas conseillés avec une consommation importante d'alcool, je ne suis pas dans la merde. Car oui, je ne vous ai dit, je me tape la gueule de bois de l'année. Jusqu'à présent, je la déjouais à renfort de poudreuse... J'aurai peut-être du piler les cachets et les sniffer. Qui sait, retrouver le geste aurait peut-être boosté les effets.
J'écrase mon mégot sur le trottoir et retourne dans la voiture. Au moment où je mets le contact, la radio se relance sur l'album d'Arctic Monkeys, nous demandant si on était à l'autre. Je jette un bref regard à June, avant de nous élancer sur le bitume.

« Ça va ? »

Mouais, faut pas me demander d'être loquace. D'autant que je me sens complètement parasité par les paroles de la musique. Ma nervosité est plus que palpable, et je renoue avec le vieux souvenir de l'inconfort adolescent mal à l'aise avec sa copine car il sait qu'il a déconné la veille. Vingt ans après, je me sens tout autant piteux.

« Tu as passé une bonne semaine ? »

Ouais. La discussion promet d'être chiante...

(c)syndrome




_________________


I'm a puppet on a string. Tracy Island, time-traveling. Diamond could've shaped heartaches. Come to find you four in some velvet morning. Years too late. She's a silver lining lone ranger riding. Through an open space. In my mind when she's not right there beside me. I go crazy 'cause here isn't where I wanna be. And satisfaction feels like a distant memory. And I can't help myself. All I wanna hear her say is "Are you mine?" + R U MINE ?

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MessageSam 27 Mai - 16:38



Bijoux de famille

Sloan & June




Ça allait bien se passer. Il n'y avait pas de raisons. Malgré le manque d'enthousiasme de Sloan. Malgré la bulle de malaise qu'était devenue la bagnole. Ça allait bien se passer. Elle lui rendit un regard qu'il avait déjà détourné. Toujours ensemble, jamais en phase. L'histoire de leur vie. Et sa main droite se crispa inconsciemment autour de son siège alors que Turner continuait de gueuler sa détresse. Bien. Mieux valait ne pas lui retourner la question. Sans doute parce qu'il nierait ou en rirait. Mais aussi parce qu'elle n'avait pas envie d'entendre que non, ça n'allait pas. Pas besoin qu'il lui confirme ce que son visage laissait déjà paraître. Son bras s'étendit jusqu'à la radio dont elle baissa le volume. Merci les Artics Monkeys, mais là, ce n'était pas le moment. La routine. Peu de morts. Plutôt une bonne semaine, donc ! Et la tienne ? Le silence retomba aussi lourdement qu'elle l'imaginait. C'était difficile de se taire. De ne pas en rajouter. Et ça la démangeait. Son regard se posa longuement sur Sloan. Sur ses traits tirés. Son visage fermé. Elle avait envie qu'il lui parle dans l'espoir d'arranger les choses et, paradoxalement, elle voulait le regarder avoir mal. Une sentiment aussi expiateur qu'affligeant. Mais elle n'avait pas oublié ses mots. Il lui avait promis d'arrêter. Et malgré une lutte acharnée, elle ne pouvait s'empêcher de croire que cette fois, ce serait la bonne. Ni même de croire qu'une fois encore, ça ne la serait pas. L'indifférence est un sentiment difficile à gagner. On dirait que le café n'a pas suffit. C'était sorti tout seul, entre deux battements de coeur. Une façon détournée de lui demander si le rail de coke habituel avait volontairement été laissé de côté. Si son état d'aujourd'hui trahissait le manque, la dose ou un top plein de salopes.-ries. De saloperies. Qu'est-ce que tu as fait hier soir ? Feindre l'innocence des questions était sans doute bien inutile, mais c'était la seule manière qu'elle avait de ne pas rendre ses mots trop brutaux. Ce n'était pas le moment de lancer les hostilités. Pas encore. Et peut-être avait-il vraiment tenu parole.

Le paysage défilait plus rapidement que l'heure. Plus vite que les mots ou tout autre maux qui restaient bloqués, comme immuables, entre chaque respiration silencieuse. J'ai eu ta mère ce matin, elle n'était pas sûre qu'Aslinn puisse venir. Il était préférable qu'il s'y prépare. Juste au cas où. June avait toujours trouvé leur relation particulière. Fusionnelle. Trop, peut-être. Mais elle n'y connaissait pas grand chose en famille, et c'était un sujet qu'elle préférait ne pas aborder. Sloan et elle avaient déjà suffisamment de thèmes sur lesquels glisser pour ne pas y mêler sa sœur. D'autant qu'elle n'est pas certaine de gagner face à elle, ce qui, bien qu'elle s'en cache, titillait un peu trop sa jalousie. Et plutôt que d'étendre ses pensées sur la frangine, elle préféra se concentrer sur l'heure. Ton père déteste les retards. Un murmure qu'elle s'adressait plutôt qu'à lui. Faire bonne figure. Etre parfaite. Garder le contrôle. Autant de belles conneries qui lui permettaient de plaire et de  sentir les regards satisfaits se poser sur elle. Un sentiment gratifiant qu'elle entretenait avec avidité et qui lui faisait apprécier les repas en famille. Mais qu'elle ne s'en fasse pas trop, leur carrosse venait enfin de tourner au coin de la rue des parents de son fiancé.


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