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Brilliant Disguise
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Luciano Gambino
ADMIN COUP DE BOULEUR

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La cruauté est essentielle si l’on veut conserver le pouvoir. Sans elle, on apparaît faible et les adversaires en profitent. Comme les chiens : celui qui aboie le plus fort devient le chef de meute. [Saviano]

MessageJeu 2 Mar - 20:00

 



Brilliant Disguise

FEAT. Carrie Willis

J’avais toujours été un homme dit « du monde. » De nature sympathique pour camoufler mes travers de narcissique, en société, j’habillais ma superbe d’un sourire amène à défaut d’être bienveillant. J’entretenais ainsi le cercle des relations bien placées de mon père et favorisais la criminalité en col blanc. Elle n’était pas à négliger, bien au contraire. Elle permettait à la famille étendue qu’était Cosa Nostra de mélanger l’illégal aux affaires « propres » en toute impunité. Mon rôle dans l’organisation était important, voire essentiel. Malgré mon jeune âge, j'étais parfaitement lucide sur les enjeux. Je me donnai corps et âme, encensant mon nom et soignant ma réputation. Je me suis montré dans les soirées caritatives remplies d’hypocrites qui les organisent pour se donner bonne conscience. J’ai moi-même été à l’origine de certaines d’entre elles, à la différence que je contrebalançais toujours avec un vrai combat mené par mon Église, par l’un de mes associés ou tout simplement par ma femme. J’ai financé un fonds d’aide aux jeunes filles violées, battues ou humiliées psychologiquement, pas tant pour moi, mais pour répondre au besoin naturel de Lyla, ce besoin de voler à la rescousse de son prochain. Ça me permettait de garder ses bonnes, mais dangereuses intentions sous contrôle. Ça nous rapprochait également, si bien que je lui jurai de continuer à prendre soin des autres malgré son absence. Ça la rassurait, mais dans les faits, si je crus à ma promesse, l’honorer s’avéra plus compliqué que prévu. Séparé de mon âme sœur, je survivais. Les mondanités m’irritaient. Je n’avais rien à y faire sans mon épouse. Je me préférais plus violent à cause de la solitude. J’aurais par ailleurs adoré me complaire dans cet abrutissement animal en attendant qu’elle rentre à mes côtés pour m’aider à renouer avec mon humanité. Elle la détenait entre ses mains. Ce n’était un secret pour personne., pas même pour mon père qui, malgré ma peine, exigea ma présence à l’une de ses bonnes ouvres. Mes manigances lui servaient. La presse ne citait plus son patronyme uniquement pour l'enfoncer ou supputer qu'il est un criminel au même titre que ses fils. On en dit du bien désormais. C’était parfait pour les affaires. Or, bien que je ne fus pas emballé par l’idée, je me préparai pour cette soirée caritative, la mort dans l’âme, certes, mais fort de deux certitudes : les ordres d’Ettore sont indiscutables et mon épouse sera fière de moi. Est-ce qu’elles m’empêchaient de traîner les pieds dans le couloir ou dans la grande de salle de réception qui accueille la cérémonie ? Grand Dieu non ! Je me sentais à l’étroit dans mon costume. J’étouffais au milieu de cette foule. Je herchai donc parmi celles-ci un visage ami, un regard familier, quelqu’un qui me rappelait que la bonté est une vertu. C’était vain. Le monde boit, le monde rit, le monde s’amuse sur le dos de la souffrance des plus fragiles. J’en soupire, malheureux, non pas que je sois meilleur qu’eux, mais parce que mon épouse pourrait être de celle-là, de ces victimes, de ces gamines fauchées, de ces épouses abusées de ses mères maltraitées,  par le sort et le destin, des femmes abandonnées par Dieu, tout simplement.

J’attrapai donc un verre sur un plateau transporté à bout de bras par un gosse grotesque dans son costume trois-pièces. Je songeai à partir après avoir avalé cul sec mon champagne, mais je renonçai en tombant nez à nez avec une jeune rousse qui ne m’était pas totalement inconnue. Je la rencontrais régulièrement dans ce genre d’événements. Je m’étais souvent fait la réflexion qu’elle partageait au moins une qualité avec ma conjointe : à défaut d’être aussi splendide – bien qu’agréablement belle à regarder - elle était aussi généreuse qu’elle. Aujourd’hui, alors qu’elle m’adressait une grimace éclatante qui ressemblait à un sourire, je me dis qu’elle était, elle aussi, du genre authentique, ce que je ne serais jamais entièrement. « Tu as l’air chargée. » lui lançais-je tandis qu’elle traînait derrière elle une immense caisse remplie de bibelots hors de prix. « Donne. Je vais te donner un coup de main. J’allais partir, mais je ne suis pas à dix minutes près. » Voire un peu plus si, d’aventures, elle avait réellement besoin d’aide. « Je ne pensais pas te voir là… dans cette position en tout cas. » Je réfléchis un moment, le temps de la saluer poliment et de récupérer le diable atrocement lourd. « Remarque, ça me semble assez logique. Je présume que tu as dû t’intéresser de près à l’une de ses filles qui sont dans la salle. » Les demoiselles en détresse se repéraient à des kilomètres. D’aucunes ne faisaient l’exception. Cinzia, par exemple, elle qui se montrait toujours forte et donnait cette impression d’être à l’épreuve de toutes les « balles », avait tendance à sursauter lorsqu’elle percevait, au loin, le bruit d’un moteur qui vrombit et qui suppose d’un excès de vitesse. « Tu organises ? » m’enquis-je ensuit en jetant un regard dans sa direction. Il était plutôt vide. J’avais décroché du milieu au profit d’un autre. « Je n’ai même pas regardé avant de venir. J’ai déposé un truc que mon père m’a donné pour la vente aux enchères et c’est tout. J’ai aussi reçu l’ordre d’acheter un truc, mais… » Il me vint alors une idée. Et si j’avais le droit à la primeur ? Je m’arrêtai tout net sur ma lancée, saisissant la jeune femme par le bras. « Il y a des trucs chouettes là dedans ? Non, mais parce que je suis en train de prendre de mon temps pour te les conduire là où il le faut, mais j’ai bien le droit à une contrepartie, non ? » Je lui adressai le premier sourire malicieux depuis un moment. « Peut-être que tu pourrais me filer le bon filon, je te fais un chèque mirobolant et on en parle plus ?  Tu ferais une affaire… J’en suis sûre. »




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“Vos parents vous ont souvent dit de ne pas jouer avec moi. Je suis la contradiction. Je suis le feu de sang-froid. Toujours avec le sourire, toujours avec les brûlures, tous les jours à quelques centimètres de la rupture. Petit sauvage est né dans la jungle de béton. Il y a les rêves que l'on fait. Il y a les rêves qui nous font. ”

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