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The Lost Causes feat Dante & Elvira
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Dante Romanelli
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MessageVen 24 Fév - 14:57




 The Lost Causes...
Dante Romanelli & Elvira Delgado




Vautré sur Mon clic-clac depuis un moment, je rejette la tête en arrière. Contemplant le plafond et les diverses auréoles d’humidité en lâchant un soupir agacé. Mon studio miteux me sort par les yeux, surtout quand je pense à la maison où je pourrais vivre. Où j’aurais le droit de vivre, d’ailleurs. Mais il y aurait trop de risques d’y croiser mon frère et sa copine. Déborah est agréable à mater, mais elle m’a déjà castré une fois et elle m’a bousillé le pied une autre… et je tiens à garder intactes toutes les parties de mon anatomie. Quant à Sandro… mieux vaut ne pas trop le fréquenter. Il réveille en moi des instincts de vengeance que je cherche encore à étouffer… Oh aucune compassion fraternelle, non, c’est juste parce que me faire arrêter pour fratricide n’est pas mon but dans la vie… Ouais… non, en fait je ne cherche pas du tout à étouffer mes pulsions mais disons que Déborah n’étant pas spécialement réceptive à mes avances, il n’y a aucune chance d’atteindre mon frère à travers elle.

Alors j’attends mon heure. Leur relation dure depuis presque deux ans, mais je reste convaincu que ça périclitera tôt ou tard, mon frère est un connard bien pire que moi, un jour ou l’autre il recommencera. Je n’ai qu’à jouer de patience, attendre qu’il se saigne lui-même.

De la patience j’en ai à revendre c’est bien un point important de ma personnalité, quand il s’agit de prendre ma revanche sur la vie.

D’un bond je me relève en soupirant, décidément, ce soir je tiens plus du petit vieux que du proche trentenaire célibataire. Mon regard se glisse sur l’horloge, la nuit est bien avancée et bien que ce soir encore, j’ai joué le golden boys pour arrondir ma fin de mois et virer de ce taudis une bonne fois, je sais que ma nuit n’est pas finie. Passant un peu d’eau sur mon visage, je repense à ce début de soirée, à mon boulot fait sans aucune motivation. Si on m’avait dit que je finirais à jouer les danseurs pour minettes en chaleurs ou les orgueilleuses qui ont besoin d’un bijou humain à leurs côtés. J’aurai rie au nez et à la barbe de la personne, mais voilà Nick avait su me convaincre et me motiver à m’investir dans sa petite affaire. Au point que certains soir je rentrais avec cinq milles dollars en poche… alors pourquoi je suis encore dans ce bourbier ? Car j’ai eu la connerie d’investir dans le bien immobilier où vie à présent mon frère, attendant que je daigne rentrer à bon port après qu’il se soit tiré ma future femme, la veille de mes noces… belle connerie, on peut fuir tout le monde mais pas les banques…

La preuve en est que je peux rester dans ce ridicule slip brillant face à des nanas en chaleur sans que quoi que ce soit d’embarrassant ne se produise ou que j’en rougisse, quelque part même cela m’amuse, j’imagine la tronche de mes parents, de mon frère ces trois personnes qui n’ont eut de lien avec moi que le sang et la demande de dignité qu’ils n'ont jamais vraiment eu eux-mêmes. Finalement voyant que j’ai quelques minutes devant moi, je délaisse l'évier de la cuisine pour entrer dans la minuscule salle de bain, une salle d’eau pour être exact, et prendre une douche brûlante. Impossible que j’aille chercher la miss en puant la gonzesse. C’est bien la seule dans tout ce bordel de je vie, depuis mon retour de l’armée qui a gagné assez de respect de ma part pour que je repousse l’envie de me coucher à deux heures du mat une fois par semaine et que je me pointe à la porte de la sortie des employés de l’hôtel où on partage quelques horaire de travail. Non pas moyen !

Après avoir été tripoté par toutes ces mains parfumées et manucurées que je me pointe face à elle dans c'est état.

Une douche rapide et je passe ensuite un vieux jean et déplie mon canapé-lit pour y plonger à mon retour une fois que je l’aurai raccompagnée et lui aurai offert notre petit café rapide de la semaine sur le chemin.

Ce petit rituel est là pour qu’on puisse parler elle comme moi, rien de bien intime non, bien que parfois, je me surprend encore à la reluquer, non elle en a trop chié et moi aussi pour qu’on songe même à cela, j’aime à dire qu’on est des naufragés qui s’accrochent au radeau de l’autre en espérant ne plus sombrer plus profondément dans le tsunami de notre vie… Trois petits coups discrets retentissent sur la porte d’entrée. * Merde ! Ce n’est vraiment pas le moment de me rendre visite, il est près de deux heures du matin et je vais me coller en retard… putain* Finement, je décide d’ignorer mon visiteur nocturne et termine de préparer mon lit. Mais les coups se répètent, plus forts, accompagnés d’une voix féminine.

« Dante… »

Cette voix, ce timbre marqué d’un accent, je pourrais le reconnaître entre tous, me redressant je laisse tomber le coussin sur le matelas et détaille l’horloge interdit quelques secondes. * Non j’ai rêvé, je ne vois que ça… *

« Dante, je sais que tu es là, je t’entends ! C’est Sharra ! »

* Et merde…* Me dis-je pour toute réponse, d’un pas j’avance, non je me traîne jusqu’à l’entrée et ouvre à la petite sœur de mon ex.

« Salut ! » Chantonne-t-elle en entrant, deux grosses valises dans les mains.

« Qu’est-ce que tu fous là ? » Grognais-je simplement en refermant.

« Moi aussi je suis contente de te voir ex-beau-frère ! » Dit-elle en posant ses bagages au milieu du studio.

« Sharra, il est deux heures du mat, sérieusement, tu veux quoi ? » Insistais-je, en contournant l’intruse pour terminer de faire mon lit. Comme elle ne répond plus, je m’interromps et lui fais face. « C’est quoi l’histoire cette fois ? »

« J’ai fait une boulette… » Murmure-t-elle en tortillant ses mains comme une petite fille prise en pleine bêtise.

*Et voilà, je n’aurai pas dû ouvrir* D’un geste je prends mon tee-shirt sur le meuble et soupire, récupérant mon téléphone pour envoyer un sms, « Je vais avoir dix minutes de retard, mais attends-moi. » Puis je m’assois sur le lit en tapotant l’espace à côté de moi.

Sharra n’a que deux ans de moins que moi et sa conne de grande sœur, celle que j’ai failli épouser avant que mon frère Sandro ne se la fasse… Elle a plus l’air d’une adolescente de dix-sept ans que d’une adulte de presque vingt-sept ans. Je la connais bien, elle comme sa sœur ont eu un visa temporaire, elle vivait avec Raff (mon meilleur ami) non loin de la base, Kaya bossait comme traductrice pour une boite de livres et Sharra avait obtenu de la suivre en aillant une bourse pour étudier aux États-Unis. C’est quand le visa de l'aîné était arrivé à son terme qu’on avait fait ce plan foireux avec Raff, plan qui aurait pu parfaitement marcher, si comme un con fini je n’avais pas fini par m’attacher à ma future femme, si je n’avais pas couché avec elle et dû jouer l’homme amoureux au point me retrouver comme un débile au final avec une future femme qui se tapait tout ce qui passe, même mon frère la veille du mariage. Et bien sur pour rien oublier, un frère qui se fit un plaisir de jouer les grands seigneurs en vivant chez moi, dans la maison fraîchement achetée pour prendre soin de celle que je délaissais à la préparation du mariage pour mon travail. Belle merde tient…

Tous ces mois où j’étais en couple avec Kaya, j’avais vu Sharra se fourrer dans des situations plus catastrophiques les unes que les autres et m’appeler à l’aide pour ne pas que Raff l’engueule ou que sa sœur la renvoie chez leurs parents. J’avais dû ainsi la tirer à plusieurs reprises d’histoires de cœur, de plans cul débiles, où le type la suivait le soir sans jamais que je le rencontre, à croire que la petite aimait juste jouer les paranos. Si elle débarque ce soir chez moi, après des années sans nouvelle réelle, c’est qu’elle est sacrément dans la merde.

Elle s’installe à côté de moi et éclate en sanglots. Je soupire, encore, et passe un bras autour de ses épaules. Elle se précipite contre moi et je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel. Ce n’est pas que je suis sans cœur ou un bel enfoiré de première comme tout le monde le pense, quoi que… Mais je déteste être en retard, je n’aime pas lâcher Elvira alors qu’elle ne m’a jamais lâché… Ouais, je dois l’être un peu finalement, penser à une autre à soutenir quand j’ai déjà ma dose, pleurant sur mon tee-shirt et glissant ses bras autour de mon torse…

« Et si tu me racontais ça demain ? » Dis-je. « Je suppose que tu n’as nulle part où dormir, donc tu te couche et on en parle après une bonne nuit de sommeil, je suis claqué, mais j’ai un truc a faire avant, ok ? Tu chauffe la place »

Elle relève la tête vers moi et je me retiens de rire face à la morve qui menace de lui couler dans la bouche, ses yeux bouffis et ses lèvres tremblotantes. Ce ne serait pas très solidaire… mais je ne peux retenir un petit sourire et me relève pour le masquer.

« Allez, couche-toi ! »

« Euh… dans ton lit ? » Demande-t-elle en reniflant.

« Je ne suis pas du genre gentleman à te proposer de dormir sur le tapis pour préserver ta pudeur. T’es venue chez moi, j’habite dans un studio, tu pensais quoi ? Que j’allais te laisser les clefs et me tirer ? »

« Non, non… je… Ok… »

« Ne t’en fais pas », Dis-je prenant ma veste et mes clés, « Tu n’es pas mon type, je suis fatigué et tu es bien trop jeune pour moi, dors je ne serai pas long ».

Je prends mon téléphone, inspecte l’avis de réception qui me dit que le message n'est pas encore lu, ce qui en quelques secondes me soulage, car cela veut simplement dire qu’elle est encore bloquée en service.

« Éteins quand tu te couches, merci. »

Sur ce, je lui tourne le dos et claque la porte un peu trop fort, voilà qu’en plus je vais me prendre les reproches de Josette, ma veille voisine, qui vit en face avec trois foutus Yorkshire qui aboient dès que je rentre ou sort et ça ne loupe pas, j’ai pas atteint les escaliers que ses foutues touffes de poils raisonnent. Un nouveau soupire et je passe ma veste, pourquoi ils ne gueulent pas sur mes visiteurs ou sur ceux du couple de lapins qui vivent au bout de l’étage ? Non c’est à chaque coup pour moi et à chaque fois Josette se pointe à sept heures un regard maternel furax pour me demander ce que j’ai encore pu faire à une heure aussi tardive pour irriter ses amours…

L’hôtel est à une rue de chez moi, il me faut à peine dix minutes pour passer le pont et les quelques feux en journée mais à cette heure le trafic est moindre et en cinq minutes, je suis là, mon Zippo à la main appuyé au muret en face de la porte de sortie. Tour à tour je salut sans les voir les autres membres de la relève qui viennent remplacer l’équipe du début de nuit. On est Vendredi et le vendredi est mon soir de repos on en a tous un différent dans l’équipe et si les premier temps, certains s’interrogeaient de ma présence le vendredi en fin de nuit, après six mois plus personne ne se questionne, tous savent que je vais prendre un café avec la miss, enfin tous sauf Rita qui des qu'elle peux sortir avant Elvira tente encore de s’inviter ou de me convaincre de la reconduire elle. Mais pas ce soir, car Rita passe devant moi et court vers un homme que je reconnais comme un client de l’hôtel qui l’attend au bout de la ruelle. J’incline la tête, la détaillant avec un putain de salope dans le crâne quand je remarque que je ne suis plus seul…

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“Une rencontre, c'est quelque chose de décisif, une porte, une fracture, un instant qui marque le temps et crée un avant et un après.” E.E.S

MessageVen 10 Mar - 11:54

 



The lost Causes

ft Le rital


Réaliser que j’étais amoureuse d’Alvaro ne me ravit pas. Au contraire, cet état de fait me plongea dans un profond sentiment d’insécurité. Je vivais chez lui. Je partageais ses habitudes. J’étais à l’origine d’autres le concernant. S’il découvrait le pot aux roses, nous finirions par en être tous deux mal à l’aise, ce qui me pousserait lentement, mais sûrement, vers la sortie, dans l’éventualité où il ne m’invitait pas lui-même à partir de peur que je lui complique drôlement la vie. Et où irais-je dans ce cas ? Serais-je forcée de fouler à nouveau les trottoirs d’une rue malfamée pour gagner ma tartine ? Devrais-je vendre à nouveau mon corps d’avoir commis pour seul crime d’en pincer pour un gars avenant qui m’inspirait confiance ? Ça m’effrayait. Certes, je ne plantai pas mon drapeau dans ce lopin de terre pour ces raisons-là. J’aimais cette famille. Je ne profitais pas de ce qu’il m’apportait en soutien, en égard ou en affection. Je m’inquiétais seulement pur l’avenir. Al ne voudrait pas de moi. J’en avais l’intime conviction. Aucun type sensé ne s’intéresse de près à une ancienne prostituée. Il ne la regarde pas. Il ne l’envisage pas. Moins encore s’il est responsable d’un foyer majoritairement composé de filles. Je ne serais pas surprise que, malgré qu’il laisse supposer le contraire à veiller perpétuellement sur moi, qu’il ne voit qu’un être sale, souillé, dépourvu de dignité et qui mérite à peine d’être respecté. Quand bien même ne l‘aurait-il pas pensé, c’était l’image que reflétait chaque matin le miroir. D’autres y songeraient à sa place, d’autres jugeraient et me dénigreraient dans mon dos. Peut-être qu’ils lui conseilleront de m’abandonner à mon sort ou de me jeter à la porte si, d’aventures, nous avancions dans la direction qui agréerait mes rêves les plus fous. Aurais-je d’ailleurs le droit de me réjouir de devenir sa compagne ne fût-ce que pour un temps ? En cas de rupture, elle me foutrait en l’air. Je ne jouais pas. Je ne me mentais pas. Je ne souffrais pas d’une espèce de syndrome de Stockholm cumulé à l’affection due à la gratitude. Non. Je tremblais dès qu’il m’approchait. Je bafouillais quand il me parlait. Mon cœur battait la chamade quand je grimpais dans la voiture après mon boulot ou, le matin, lorsqu’il m’y déposait. Je ne fantasmais pas, j’en étais raide dingue. J’en conclus donc qu’être maligne, ce serait de dénier tout ce que je ressentais. C’était me battre pour ralentir les battements de mon palpitant et ne rien tenter. Rien. Rien qui nous compliquerait la vie. Oui, combattre, c’était le mieux à faire, mais ce fut tout bonnement impossible.

J lui sautai dessus à la première occasion, ce qui donna lieu à un ébat en demi-teinte qui éveilla mes sens un rien trop tard. J’étais mitigée sur la décision à prendre pour notre bien à tous les deux. Devais-je tout laisser tomber avant d’avoir essayé ? Était-il mieux d’oublier ? De m’excuser ? De jurer que je ne me montrerai plus inconvenante ? J’en étais convaincue en me réveillant dans ses bras avec une boule au ventre qui m’étouffait. J’y étais bien. Il était doux et tendre. Ça ne changerait rien cependant. Une fois l’euphorie retombée, il se souviendrait de celle que j’étais – ou que j’avais été – réellement. Sans lui, j’y serais toujours. Ça jouait en ma défaveur. Il était tellement mieux que moi. Oublier devrait être mon but ultime du moment. Mais, il continuait à me conduire un peu partout, à prendre soin de moi, à s’assurer que je ne manquais de rien et je ne saisissais toujours pas qu’elle était son but. Pourquoi se lever aux petits matins pour me récupérer ? Pourquoi ? Ça me déstabilisait tellement que devant sa Donatella Versace – une gonzesse botoxée de la tête au pied et ramassée dans une boîte de nuit – je mis tout en ouvre pour qu’il me regarde, pour qu’il me voie autrement que comme la pauvre fille vivant chez lui, mais comme une potentielle concubine. Ça fonctionna plutôt bien. Je ne lésinai pas sur les moyens. Au lendemain, tandis que je songeais à la manière dont je m’agenouillai à ses pieds pour le persuader d’abandonner sa conquête du soir, j’avais un peu honte. Je ne regrettais pas. Ce fut une nuit magique. Mais, mon comportement ? Était-il louable ? Avais-je agi comme une fille de bien, comme la fille que j’aspirais à devenir ? J’étais en droit de me poser des questions sur mes propres limites trop souvent repoussées par mon Mac et dont les contours étaient désormais plutôt flous. Je l’étais d’autant plus que les rumeurs colportées par mes collègues sur le directeur de l’établissement et celle qu’il désignait par le sobriquet : sa suceuse préférée.

Les bruits courant prêtaient à ce dernier les caractéristiques du faible face au corps exposé d’une femme dans un uniforme dégradant qui ne craint pas de glisser sous la table. Il se racontait que, quiconque souhaitant obtenir une avance sur salaire, une promotion ou un réaménagement d’horaire n’avait qu’une chose à faire : lui offrir une petite gâterie en y mettant tout son cœur. D’après les ragots, Rita était une spécialiste d’ailleurs et c’était précisément ce qui me valut mes heures supplémentaires du jour. J’étais de nuit et de corvée blanchisserie. En gros, elle avait offert une part d’elle-même sans gratuité. Les intentions avaient-elles un rôle à jouer ? Les miennes étaient somme toute louables. J’étais profondément sous le charme du personnage. Je n’aspirais à obtenir que son attention, voire un peu de sentiment. Pas grand-chose. Juste de quoi me rendre pleinement heureuse, de quoi m’épanouir. Tout ça me prenait la tête. « Tu viens fumer une cigarette avec moi ? » m’interrogea Marissa tandis que je m’employais à repasser un drap. « On est en pause en plus. » J’avais presque oublié. J’observai la grande horloge digitale de la buanderie et j’acquiesçai ensuite. Ce soir, Alvaro était mon otage. Je n’avais aucune idée de l’heure à laquelle je terminerai. Je savais en revanche que je méritais mon quart d’heure et je la suivis devant l’entrée de service sans scrupule. J’acceptai même cette cigarette, moi qui ne fumais pas souvent. Je ne m’arrêtais pas souvent en général. Si je pouvais partir quinze minutes plus tôt pour avoir sacrifié un arrêt, je n’hésitais pas, sauf si Dante était dans les parages.  

Depuis mon embauche, nous avions pris l’habitude de les partager ensemble. Il me rejoignait avec un café devant l’établissement et nous papotions aussi longtemps qu’il était possible. Il était, étant donné mon changement radical de mode de vie, ce qui se rapprochait le plus d’un ami. Alvaro perdit ce privilège dès que je saisis que je ne lui étais pas indifférente. Il avait toujours une attention délicate et particulière pour moi. Parfois, il insistait pour me ramener, ce que je déclinais toujours. Je n’tais pas à l’aise avec les hommes. Je ne souhaitais pas envoyer un message interprétable. De plus, je me demandais systématiquement comment mon hôte vivrait le fait que je lui annonce qu’il n’avait pas besoin de venir me prendre, qu’un autre homme que lui s’en chargerait à sa place. Il était si soupe au lait qu’il pourrait s’en vexer. Je m’en prémunissais en ne me mentant surtout pas dans la position de celle qui rend des comptes parce qu’un type que les Garcia ne connaissent pas me dépose sur le perron de leur maison. Étant donné mon passé, ça aurait pu supposer des tas de choses. Toute la famille pourrait me mésestimer et je redeviendrais alors, pour celui qui – j’en étais certaine – me regardait autrement, une pute. Rien de plus.

J’allumais ma cigarette quand un cri hystérique me poussa à lever les yeux pour observer le monde autour de moi. Ce n’était pas une foule, quelques travailleurs de l’hôtel en uniforme. L’auteur de cette excitation n’était autre que Rita ; Elle minaudait et roulait des hanches en adressant de grands signes à un client de l’hôtel. Je songeai : le sait-il, le patron, qu’elle taille des pipes à ses habitués ? Qu’il n’est pas l’unique à profiter de ses talents ? Ça m’arracha un sourire qui s’agrandit lorsque je reconnus la silhouette de mon complice. Appuyé contre un mur, il était en pleine contemplation de la croupe rebondie de notre collègue. « J’arrive » lançais-je à Marissa en quittant le banc où j’étais installée. Je cheminai ensuite, d’un pas alerte, en direction de l’homme normalement en congé. « L’hôtel te manquait à ce point que tu te pointes quand tu es en repos ? Ou alors, c’est elle qui te branche… » désignais-je de mon menton l’objet de son attention. « Tu sais que tu vaux mieux ça, non ? » Elle était d’une vulgarité sans précédent alors que lui, en plus d’être sympathique, était plutôt beau et propre sur lui. « Si tu cherches à te caser, je peux t’aider à trouver quelqu’un de bien, si tu veux. Parce que là, tu frises le manque de goût. » Le taquinais-je ensuite. « Tu sais ce qui se dit ? Qu’elle a ouvert bien grand la bouche pour obtenir sa soirée, raison pour laquelle je bosse cette nuit d’ailleurs. J’ai besoin de thunes. Mais, c’est de la discrimination pour les autres. Tu crois que je suis la tête de Turc du directeur ? » Je ricanai, n’y croyant pas vraiment. J’avais expressément demandé d’être en tête de liste en cas de remplacement à envisager. « Plus sérieusement, qu’est-ce que tu fous là ? Tu ne devrais pas être chez toi en train d’apprendre à danser à une jolie poupée ? Ne me dis pas qu’elle s’est endormie et que tu t’es dit que tu avais besoin de me parler de ton déboire sexuel. Parce que, si c’est ça, il faut faire vite. Il ne me reste plus que… » Je jetai un coup d’œil sur mon téléphone. « Dix minutes, mais j’aurai une pause d’une heure dans… deux heures, pour manger un morceau. » Je détestais ce job mais je n’avais aucune qualification. Ce boulot était une aubaine. Je ne crachais pas dans la soupe. Au contraire, je remerciais le ciel chaque jour de l’avoir trouvé. Au demeurant, il n’avait cependant rien d’épanouissant. « Ça me fait plaisir de te voir… c’est étrange quand tu es pas là. Je n’ai personne à raconter mes petites histoires morceau par morceau tout au long de la journée. Et, Dieu sait si je n'en ai pas un paquet à te raconter là. Et toi ? Quoi de neuf ? »






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A quien dan, no escoje.
Je suis optimiste parce que je trouve le monde cruel, injuste, indifférent. Je suis optimiste parce que je pense que tout équilibre est fragile et provisoire. Je suis optimiste parce que je crains que le pire n'arrive et que je ferai tout pour l'éviter. Je suis optimiste parce que c'est la seule action cohérente que le désespoir me souffle.
 
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MessageMar 21 Mar - 17:52




 The Lost Causes...
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L’irrationnel, voilà un sujet propre à lui seul. Il n’y a bien que l’esprit humain pour chercher des réponses à des sujets qui n’en ont pas. Dieux, démons, amours, sentiments, monstres en tout genre ont forcément une part de rationnel, d’importance, une légende explicative, ou une part de mysticisme qui offre aux gens une excuse à une maladie mentale, à des craintes ou des besoins. Et puis il y a ceux d’entre nous qui placent tout cela sur des traits religieux, où il y a Dieu, il y a le diable, où se trouve le bien on rencontre le mal. L’homme aime penser que tout est blanc ou noir, les nuances de gris sont pour les plus ouverts et les gens capables de recul face à ce qu’ils ne comprendront jamais.

Ceux qui se disent que c’est là que le trouble est juste une épreuve à passer et qu’importe comment et pourquoi à mes yeux ce sont sûrement les plus courageux car se refuser au raisonnement est une valeur complexe qui rend chaque geste imprévisible.

Le souci présent avec Sharra qui déboule chez moi était tout sauf incompréhensible, dans les méandres d’un esprit torturé on ne peut chercher un cours logique, mais bel et bien qu’une simple personne qui avait choisi sa voie, ses limites ou vivait dans l’ombre d’un moment d’égarement, savant mélange entre souvenirs et agonie de l’esprit. Tout se tissait et se décomposait sous les pieds aveugles au changement, au cheminement. Cette simple logique m’avait poussé à lui apporter mon aide et cette action était peut-être due à quelque chose dans la lueur de son regard qui m’avait étrangement rappelé la détermination d’Elvy à changer sa propre vie. Enfin tout cela, je n’en avais cure, dans le fond elle faisait ce qui lui semblait le mieux pour elle et je n’étais certainement pas là pour en juger. Une nuit, deux tout au plus et ma vie serait à nouveau tranquille.

« L’hôtel te manquait à ce point que tu te pointes quand tu es en repos ? Ou alors, c’est elle qui te branche… » Je me redressai et lançai un regard vers Rita, esquissant un sourire en coin.

« Tu sais que tu vaux mieux que ça, non ? » Et voilà qu’elle recommençait avec ça, comme quoi je valais mieux que quelques pouffes de ci et de là, ne leur demandant même pas leurs prénoms.

« Si tu cherches à te caser, je peux t’aider à trouver quelqu’un de bien, si tu veux. Parce que là, tu frises le manque de goût. » L’explorant du regard je sortis mon zippo pour qu’elle allume sa cigarette.

« T’as fini de vouloir me marier, tu le seras bien avant moi, Elvy. » Dis-je, plaçant la flamme devant son nez.

« Tu sais ce qui se dit ? Qu’elle a ouvert bien grand la bouche pour obtenir sa soirée, raison pour laquelle je bosse cette nuit d’ailleurs. J’ai besoin de thunes. Mais, c’est de la discrimination pour les autres. Tu crois que je suis la tête de Turc du directeur ? » J’éclatai de rire, en vérité, je savais parfaitement ce que valait Rita pour l’avoir eu plus d’une fois à mes trousses, ou simplement l’avoir vu jouer de ses cuisses sous le nez du chef. Mais étais-je bien placé pour lui lancer la moindre pierre, ne jouais-je pas moi-même de mes charmes avec les clientes du bar pour qu’elles restent là plus longtemps ou celles que Nick m’apportait sur un plateau ? Bon là c’est encore une autre affaire, j’avais pour mission de jouer le dragueur d’une cliente en manque de jeu, ou le compagnon de soirée d’une autre, parfois je me retrouvais à danser dans les bras de femmes de l’âge de ma mère. Certaines étaient surement même des amies de celle-ci. Je ne faisais pas étalage de ce point-là de ma vie ici, mais Elvi l’avait rapidement compris, passant son temps à me remonter les bretelles en me disant que je pourrai trouver mieux que ce bar, mieux que ces à côté.

« Plus sérieusement, qu’est-ce que tu fous là ? Tu ne devrais pas être chez toi en train d’apprendre à danser à une jolie poupée ? Ne me dis pas qu’elle s’est endormie et que tu t’es dit que tu avais besoin de me parler de ton déboire sexuel. Parce que, si c’est ça, il faut faire vite.

Il ne me reste plus que… »
Elle lança un coup d’œil sur l’écran de son téléphone. « Dix minutes, mais j’aurai une pause d’une heure dans… deux heures, pour manger un morceau. »

J’allais répondre quand surement interpellé par ma présence notre petit chef plantant son nez par la fenêtre me fit signe d’aller le rejoindre.

« Je ne louperai pas une pause ragots et café, non plus franchement j’ai pris la fuite et en plus je t’avais promis d’être là ce soir pour te filer un coup de main. » Le vendredi de nuit du côté de l’hôtel, c’était la remise en état des chambres, ici tournaient toute sorte de clients, les commerciaux et adultérines qui venaient prendre un peu de bonheur entre quelques heures de travail et le week-end les touristes qui profitaient de la proximité de l’hôtel avec les points animés de la ville et son prix abordable. Il n’était donc pas rare que mes vendredis après les soirées à thème du bar, je cumule quelques heures sup en aidant les miss dans leurs grands ménages. Les années d’armée et mon côté maniaque sur l’entretien en général faisaient de toute façon une super femme de chambre, sans les atouts de la tenue qu’on leur imposait. D’ailleurs je me demandais comment elle pouvait supporter ces conneries de jupes ou de pantalon trop moulant.

« Ça me fait plaisir de te voir… c’est étrange quand tu n’es pas là. Je n’ai personne à raconter mes petites histoires morceau par morceau tout au long de la journée. Et, Dieu sait si je n'en ai pas un paquet à te raconter là. Et toi ? Quoi de neuf ? »

« Visiblement, je ne manquais pas qu’à toi et à la délicieuse Rita, mais va pour le petit encas en tête à tête avec toi, après tout tu le dis toi-même je mérite mieux que Rita. » Je glissai rapidement ma main sur sa nuque et déposai un baiser sur sa joue avant de la contourner pour la laisser finir sa clope et monter l’escalier en fer vers le bureau du chef qui ne me laissa même pas frapper à la porte, pressé de me parler.

« Salut, boy… tu tombes bien on a eu un souci dans la chambre 70, une pute a passé à tabac un client qui ne l’a pas payé, le souci c’est que du coup faut réparer, la chambre est occupée demain, le lit est cassé, contre quelques 200 billets au noir tu es ok pour me monter le lit, la nouvelle télé et voir avec les femmes de ménage pour l’entretien ? »

Je le détaillai un instant et lançai un regard en contrebas.

« Ok, je prends Elvira avec moi, tu lui file la même somme ou je rentre pépère chez moi, monter vos lit king size ne se fait pas seul et je ne compte pas me foutre le dos en l’air. »

Il grimaça et ouvrit un petit carnet sur son bureau, détaillant la liste des possibilités, surement pour m’envoyer me faire mettre.

« Ok, cent cinquante pour toi idem pour elle, c’est le mieux que je puisse faire. » Je poussai un soupir et me détournai.

« C’est notre plus belle suite ok, mais tu sais très bien qu’on ne roule pas sur l’or ici. »

« Je sais aussi que tu ne trouveras pas un connard pour le faire à.. » Je marquer un temps pour regarder l’horloge. « Trois heures du mat, soit quatre heures avant la venue de tes clients. »
Il se laissa tomber sur sa chaise qui grinça.

« OK deux cents chacun. »

« D’avance... pas que je n’ai pas confiance, mais je vais pas encore négocier après, il y en a qui dorment la nuit. »

Il ouvrit son tiroir et commença à compter ses billets comme si chacun lui brûlait les mains et finalement les poussa vers moi.

« T’es dur Dante. »

J’éclatai de rire.

« C’est ce que beaucoup de femmes disent, je ne peux donc te contredire. » Je récupérai les billets et me détournai. « Toujours un plaisir de bosser avec toi BOY » Dis-je d’un ton détaché, partant en quête de ma coéquipière de montage.

Il me fallut cinq minutes à écumer les couloirs pour la trouver.
« Elvi, chambre 70 avec moi, c’est Bagdad il paraît là-bas. » Je ne lançai pas un regard à sa collègue tenant la porte pour récupérer ma coéquipière.


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MessageMer 12 Avr - 23:13

 



The lost Causes

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L’idée que je puisse me marier un jour m’amusa au point que j’éclate d’un rire frais et sincère. Je ne me moquais pas de Dante. Je me demandais simplement comment une fille comme moi qui sortait à peine de la prostitution et qui vivait les prémices d’une histoire inqualifiable avec son sauveur aurait pu enfiler à son pied la pantoufle de verre qui la mènera vers un autel d’Église. C’était improbable, pas totalement idiot, mais peu réalisable sur le court terme. L’Italien, en revanche, il avait tout ce qu’il fallait pour se passer la corde au cou. Il était beau, fort et serviable. Il n’avait rien à envier à la majorité des hommes. Il avait par contre de quoi rendre toutes les femmes chèvres. Il avait sans doute sur elle assez de pouvoir que pour les détruire et les blesser. Pour ma part, je ne me sentais pas concernée. Je ne le regardais pas avec les yeux d’une jeune femme intéressée qui rassemble des trésors d’ingéniosité et de charme pour l’attirer, d’abord dans mon lit et puis dans mes filets. Sans doute était-ce pour cette raison que je ne voyais que ces qualités et non ces défauts de coureurs de jupons, de "papillonneurs", de butineurs de roses. « Moi, mariée ? Il y a peu de choses. Ou un mariage blanc, pour être sûre de ne pas me retrouver envoyée au Mexique avec un grand coup de pied au cul. »

Je ne serais pas la première ou la dernière par les temps qui courent. La politique actuelle n’était pas faite pour les gens dans ma situation qui ne causait pourtant aucun crime et aucun tort. « Ouais. Je vois ça. » lui chuchotais-je touchée et aussi agacée que le boss l’interpelle. Il était là pour moi. C’était son jour de congé. Il venait papoter et me filer un coup de main. Que lui voulait-il ? À part abuser de sa gentillesse à mon égard ? Rien de plus, bien sûr. C’était trop demandé à un tel homme. Autant dire que j’étais dégoutée, car si les choses se déroulaient comme Alvaro l’envisageait, je ne serais bientôt plus à l’hôtel assez souvent – pour ne pas dire plus jamais – pour profiter de ses moments d’amitié. « Ouais. On se retrouvera tout à l’heure dès qu’il aura fini d’abuser de la gentillesse de tout le monde celui-là. » Je ne supportais plus de travailler sous sa houlette. Il n’était pas « abusif » comme pouvait l’être mon Mac. Il était néanmoins partial et injuste au possible. Il suffisait de se pencher sur la manière dont il gérait les horaires pour le saisir et, à ce jeu-là, je serais toujours perdante. Il n’était plus question que je me vende. « À tout à l’heure, toi. » conclus-je désolée d’avoir à terminer ma cigarette toute seule. J’avais abandonné ma collègue. Je serais culottée de la retrouver maintenant. Elle me rejoint cependant et ne tarit pas d’éloge sur le faciès de Dante. « Vous couchez ensemble ? » s’enquit-elle avec curiosité. J’hésitai entre me vexer, l’envoyer chier ou sourire. J’optai pour la vérité et ce qui devait arriver arriva. Bientôt, le seul prénom à mes lèvres fut celui de mon sauveur. Au moins, tous les doutes étaient désormais dissipés.

J’allais retrouver mon quartier dans la blanchisserie – job le plus ingrat du monde à mes yeux – lorsque Dante me héla sur le ton de l’impératif. Je l’adorais, vraiment. Il y avait toutefois des limites à ne pas dépasser. Il réveilla mon côté revêche et, si je le suivis, je gardai les bras serrés sur ma poitrine en grimpant l’escalier jusqu’à la chambre qu’il m’indiqua. Je tirais toujours la tête quand je pénétrai à l’intérieur après qu’il m’ait tenu la porte avec galanterie et je desserrai uniquement la mâchoire en constatant le bordel dans la pièce. Je manquai de lâcher un commentaire à ce propos, mais d’autres sortirent de ma bouche à la place. « Elvy, bla-bla-bla, avec moi… » répétais-je courroucée. « Non, mais, tu es sérieux ? Tu as cru que j’étais ta fourmi ouvrière ou quoi ? » Je n’étais plus en mesure d’accepter qu’on s’adresse à moi sur ce ton. Peut-être étais-je excessive d’ailleurs. Peut-être n’était-il pas aussi désagréable qu’il n’était réellement. Peut-être était-ce une déformation de ma vie d’antan. Si tel était le cas, je ne me faisais pas de soucis. Il se déchoquerait. « Et, il s’est passé quoi ici ? On dirait un terrain miné qui vient de péter. » L’histoire de la pute qui cassa la gueule d’un client qui refusa de la payer me convainc bien peu. Je n’en connaissais pas, des gonzesses qui se permettaient ce genre de débordement, à moins qu’elle n’ait pas de Mac. « C’est ce que ce connard t’a dit ? Et toi, tu l’as cru ? Non, mais tu n’es pas naïf à ce point. Rassure-moi ? J’n’en connais pas des filles qui se défendent parce qu’on ne les paie pas. J’en connais qui se font cogner parce qu’on ne veut pas les payer. C’est ça, moi, que je connais dans ma vie à moi. » Il ne méritait pas franchement que je sois aussi désagréable, mais je n’avais rien de mieux à lui offrir jusqu’à ce que mon téléphone sonne dans ma poche. Je jetai un œil : Alvaro. « Puisque tu te prends pour mon supérieur, je présume que je dois te demander l’autorisation pour décrocher. » le narguais-je en m’exécutant.

Je raccrochai avec un sourire et radoucie. « Je ne veux pas me disputer avec toi, tu sais, mais je n’ai pas envie qu’on me parle sur ce ton-là non plus, encore moins quand c’est quelqu’un comme toi, quelqu’un que j’aime bien. » Je le tolérais d’Alvaro, mais ce n’était pas la même chose. J’en étais follement amoureuse, je ne me rendais même pas compte quand il décidait à ma place. « Et puis, tu sais, je ne vais pas rester bossé dans cet hôtel toute ma vie. Un jour, je vais arrêter et, si ça devait arriver, j’aimerais autant qu’on ne se sépare pas sur un conflit. » C’était une façon détournée de lui sous-entendre que c’était mes derniers jours, si pas le dernier, ça ne tenait qu’à un coup de fil de mon compagnon à son ami. « Alors… » poursuivis-je en jetant un coup d’œil autour de moi. « Je suppose que je nettoie pendant que tu débarrasses et que tu répares. Vu le chantier, ça nous laissera le temps de me raconter ce qui t’arrive en ce moment et que tu me dises ô combien tu es désolé pour ton écart de tout à l’heure. » conclus-je en lui adressant un clin d’œil.    








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MessageVen 14 Avr - 22:58




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Elvy ou la tornade, avec elle en quelques seconde on pouvait passer d’un sujet simple, ouvert à une bûche contre un mur qui lançait ces pavés à la face du monde.

« C’est ce que ce connard t’a dit ? Et toi, tu l’as cru ? Non, mais tu n’es pas naïf à ce point. Rassure-moi ? Je n’en connais pas des filles qui se défendent parce qu’on ne les paie pas. J’en connais qui se font cogner parce qu’on ne veut pas les payer. C’est ça, moi, que je connais dans ma vie à moi. » Je poussai du pied la chaise, me foutant royalement de ce qui s’était vraiment passé dans la pièce, en vérité du moment que je ne connaissais pas les intervenants, il pouvait y avoir eu un meurtre que je m’en serai totalement branlé l’oignon. Faut avouer à ma décharge que mes années en zone hostile et où les bombardements ne laissaient que ruines et vies détruites, ça m’avait accoutumé à pire.

« Puisque tu te prends pour mon supérieur, je présume que je dois te demander l’autorisation pour décrocher. » La laissant seule avec son cellulaire pour rejoindre la salle de bain et accrocher ma veste et mon pull au porte manteau. J’attendis qu’elle finisse son appel pour revenir dans la chambre.

« Je ne veux pas me disputer avec toi, tu sais, mais je n’ai pas envie qu’on me parle sur ce ton-là non plus, encore moins quand c’est quelqu’un comme toi, quelqu’un que j’aime bien. »

Je lui fis un sourire restant silencieux. Si au par le passé, cela faisait acte de joute verbale entre nous deux, à présent je laissais glisser. Pourquoi ? Car j’avais fini par comprendre que c’était plus fort qu’elle, un mot, une intonation et elle plongeait.

Un peu comme moi quand elle parla de mariage blanc, mais ce passage de ma vie elle n’en savait rien, quatre années, il était plus que temps d’en faire l’étalage, après cela il y avait eu la Syrie, ma blessure, la perte de ce qui composait l’essentiel de ma vie.

Mon retour à New-York à jouer les fantômes avec ceux de ma famille, pour me faire rattraper par le passé ce soir.

« Et puis, tu sais, je ne vais pas rester bosser dans cet hôtel toute ma vie. Un jour, je vais arrêter et si ça devait arriver, j’aimerai autant qu’on ne se sépare pas sur un conflit. » Non il n’était simplement pas question que je fuis une prise de tête pour en trouver une nouvelle.

« Alors… » Quand elle sembla se calmer, je sortis les billets et les lui tendis.  

« Je suppose que je nettoie pendant que tu débarrasses et que tu répares. Vu le chantier, ça nous laissera le temps de me raconter ce qui t’arrive en ce moment et que tu me dises ô combien tu es désolée pour ton écart de tout à l’heure. »

« Tu n’y es pas du tout, on fait tout ça à deux et si j’ai pas donné dans l’adorable, c’est que j’ai absolument pas envie qu’on lance une rumeur débile sur nous deux, désolé si ça t'as déplu, mais qu’on parle de toi comme on parle de l’autre tarte me déplairait bien plus et quand bien même tu comptes quitter ce travail pourri… » Lui expliquais-je toujours aussi loquace quand elle passait en mode chieuse, j’ouvris le bar de la suite, en sortis la bouteille de coca et la lui lançai, L’explorant rapidement du regard.

« Du moment que tu bosse pas à domicile, je pourrai toujours m’inviter pendant une pause pour un café ou il reste le téléphone visiblement aucun de nous deux ne l’avons en panne, t’en fait pas que tu bosse ici ou ailleurs tu pourras toujours compter sur moi pour te rendre chèvre, beauté. » Je remontai les manches de mon tee-shirt. « Alors à mon tour chef, tu démonte et je porte à la poubelle ou l’inverse ? » Lui demandais-je.

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MessageJeu 20 Avr - 0:08

 



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Dieu ce qu’il était agaçant. Il me vexe, je m’insurge et il ne réagit pas. Il se comporte comme si ça n’avait rien d’anormal, parce que je suis une femme et donc sujette à ce genre de crise sans queue ni tête. Je me souviens avoir songé que je l’aurais bien assommé avec la serpillère accrochée à mon chariot. Je m’abstins pour des tas de raisons différentes. Je l’appréciais trop pour l’agresser physiquement avec une telle violence. Je reconnaissais mes travers. Je suis parfois soupe au lait, en particulier lorsque j’avais l’impression de ne pas être considérée. Un rien pouvait me faire démarrer. Il le savait. Ça expliquait sans doute son manque de volonté à nous rabibocher. A défaut, il se montra patient à mon égard. Il surenchérit pas, il attendit que je me calme, ce qui ne manqua pas grâce à l’intervention involontaire d’Alvaro et son coup de téléphone. Je fus tout de suite plus disposée à entendre les explications de Dante par rapport à sa froideur et son caractère autoritaire. Il prétendait que son but n’avait pas été de me blesser, mais d’éviter les rumeurs et j’acceptais volontiers. Elles allaient bon train dans cet hôtel et elles courraient particulièrement vite. «Oh, tu sais, il y en a déjà un paquet qui circule. On passe toutes nos pauses ensemble. Il n’en faut pas plus aux mauvaises langues pour bavasser. Elles ne sont même pas discrètes en plus. » l’éclairais-je en haussant les épaules pour manifester mon dépit. « Mais, je m’en fous des ragots. C’est simplement parce qu’elles sont jalouses. Après, je comprendrais que toi, tu n’aies pas envie qu’on t’associe à une fille comme moi. »  Surtout depuis qu’un client, qui me reconnut, jacta sur mes anciennes activités. Je réussis à contenir l’information afin qu’elle ne dépasse par le stade du doute, mais on ne pouvait pas dire que ça me faisait réellement bonne presse. « Tu vois, ça, par contre, ça va pas me manquer deux minutes. Leur manière de raconter tout et n’importe quoi. Ça me rend dingue. Et leur cinéma avec le patron. Ça me rend dingue. » expliquais-je avant de réaliser que je lui devais bien des excuses. Elles tombèrent naturellement tandis que je le saisissais par le bras sans m’attarder sur la liasse d’argent qu’il me tendait. Ça ne comptait pas. J’avais par ailleurs quelques explications à réclamer à ce sujet, mais j’y reviendrai.

« Je voulais pas être désagréable. Tu sais que j’ai pas envie de me prendre la tête avec toi. » Ne lui avais-je pas déjà dit ? n’avais-je pas commencé de la sorte ? Je me répétais, comme une vieille femme, je n’avais tout simplement pas envie de lui faire de la peine. « D’où il vient ce pognon ? Qu’est-ce qu’il essaie encore de cacher ce connard ? » Sous-entendu le boss. Dieu que je le haïssais. Lui non plus, je ne le regretterais pas contrairement à Dante. Il était toujours si prévenant avec moi .« Non ! Je ne vais pas travailler à domicile, mais presque. Alvaro, il m’a trouvé un job chez un ami à lui et je crois que c’est sa façon de me tenir à l’œil. » Je me rappelai que j’omis de faire la mise à jour sur ma relation avec ce dernier et, les doigts entortillés autour d’une lavette, je cherchai les mots adéquats pour amener ça sans me faire passer pour la salope de première qui se fait sauter par le gars qui l’héberge « La relation a un peu évolué entre lui et moi et je t’avoue que je soupçonne que ce job, c’est une façon de me garder à l’œil. Il a un peu de mal avec ce que j’ai été. » Dante étant dans la confidence, je pouvais en parler ouvertement. « Et, je pense que c’est normal. Je me demande même comment tu fais pour avoir autant d’estime pour moi d’ailleurs. » C’était un véritable mystère. « Et, comme Alvaro a l’air d’avoir inventé la jalousie. Je te jure, je ne blague pas, s’il avait déposé un brevet, il serait millionnaire. » plaisantais-je pour masquer que l’éloignement me ferait mal au cœur. « Mais, on s’appellera, on trouvera des solutions. Promis. » Je levai la main vers le ciel. Il n’y avait que cracher que je ne fis pas. « Enfin, tant qu’on le sait, on pourra aviser, non ? » J’ouvris la canette de coca qu’il me tendit. Je regardai le boulot qu’il y avait à faire dans cette chambre et je soupirai. « Oh, on fait comme tu veux, chaton. Comme ça te semble plus logique. Ça me semble complètement insurmontable, moi. Je plie et je repasse des draps depuis tout à l’heure, je sens plus mon dos. » admis-je sans vouloir me plaindre, mais heureuse de pouvoir m’asseoir quelques secondes. « Je finis mon coca et c’est parti. Ça marche ? »









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MessageJeu 20 Avr - 18:07




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Je laissais tomber mes affaires avant de me laisser tomber moi-même sur le matelas à côté d’elle, lui laissant le temps de se reposer un moment.

« Ecoute, Elvy tu n’auras jamais à ton actif autant d’horreur que moi, tu ne seras jamais moins digne à mes yeux. Donc cesse un peu de chercher des raisons à ce que tu sois indigne, quelle qu'elle soit… » Je m’allongeais, détaillant le plafond, amusé par l’état de ce lieu.

« Mais comme c'est tes dernières heures ici et que je n'aurais jamais plus l’occasion de te contre dire, je vais jouer franc jeu avec toi. » Je glissais mes mains sous ma nuque.

« Tu l’aimes ? Répond pas, c’est ton affaire, mais si tu as des sentiments pour lui alors il doit te faire confiance et pour cela tu dois lui offrir toutes les raisons à ça, mais si tu ne l’aimes pas, alors ne couche pas avec lui pour la sécurité. J’ai une maison à Manhattan, c’est mon frère qui a la clé car depuis mon retour, je ne suis pas retourner les voir. J’ai pas toucher mes comptes, je joue les barmans, comme un sale gosse boudeur. Bref ce n’est pas moi le sujet. » Je m’appuyais sur les coude et la détaillais un instant.

« Si tu as besoin d’un logement, d’argent, d’une main tendue, tu m’appelles ! Je le prendrais très mal si tu restes dans cette maison à coucher avec lui pour ne plus revivre le passé. Car tu sais à présent que tu auras d’autres solutions. » Je l’attrapais et glissais dans mes bras autour d'elle d’un geste purement amical.

« Elvi, j’ai vu des femmes tomber si bas et avoir plus de dignité que d’autres jamais blessées par la vie. Quoi que l’avenir te réservera, n’oublie pas que je suis ton ami ok. » Je dépose un baiser sur son front et me redresse d’un bon.

« Prends ton temps, pour le moment je dois virer ce bordel et tu n’es qu’une petite chose moins lourde que ce bordel. » lui lançais en lui tirant la langue. Je me penchais pour récupérer le pan de lit principal et ouvrir la porte pour me placer sur le balcon et le lancer sans ménagement dans ma benne en contre bas, renouvelant l’acte jusqu’à ce que les meubles brisés soit tous dehors, laissant la place au ménage et montage, si on oublie les débris plus petits et les draps foutus.

« La sœur de mon ex a débarqué ce soir, elle s'est tapée l’associé de mon frère. En vérité je m’en fous royalement ! Le soucis c’est que si elle m'a trouvé, il tardera pas à se ramener aussi et franchement, si tu as un conseil pour que je ne finisse pas en prison pour fratricide, je t’écoute. » Je n’étais plus sûr de lui avoir parlé de Kaya ou des raisons qui me tenaient loin des miens depuis des mois. En vérité, j’en avais parlé a peu de gens voire personne.

On avait surtout parlé de mon côté militaire, du présent, de mes coucheries régulières avec une liste sans nom de femmes, ou encore de Nick et la façon d’arrondir mes fins de moi. C’est la première fois que je remontais aussi loin dans ma vie, parler de mes souches plus ou moins. Est-ce l’idée qu’on en sache plus ? Le retour dans ma vie de Shandra ? Ou alors le silence dans ce lieu pourri ? Je n’en sais rien, peut-être avais-je simplement envie qu’elle me connaisse aussi bien que je la connaissais à présent.



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MessageSam 13 Mai - 22:28

 



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Ses paroles étaient rassurantes. Qu’il ne voit pas en moi qu’une ancienne pute, au même titre que certains de mes collègues ou de mon patron, c’était du baume sur mon cœur. Lorsque la rumeur circula après qu’un client m’ait reconnu, la réaction des uns et des autres me heurta. J’étais blessée par quelques regards tantôt méprisants tantôt compatissants selon le cas. J’évitais les questions et je tentais de ne pas me vexer de ne plus être conviée à leurs petites sauteries. Je m’aidais en m’appuyant sur le fait que ça limiterait les conflits avec Alvaro. La vérité, c’était que prendre du recul n’était pas suffisant pour redorer mon blason ou l’image que je me renvoyais de moi-même. J’étais systématiquement sur la défensive et Dante en avait fait les frais, aujourd’hui, sans le mériter vraiment. Je m’en serais bien excusée, mais j’étais sans doute trop fière ou tout simplement lassée d’avoir à justifier mes choix passés pour l’exprimer ouvertement. Aussi me contentais-je de le remercier de sa bonne nature pendant qu’il s’allongeait à mes côtés, prêt à vérifier mes sentiments pour mon compagnon. Son discours présumait qu’il n’appréciait pas beaucoup cette relation. Moi, je n’envisageais plus ma vie sans mon Mexicain. La preuve étant, je souffrais d’angoisse régulière à l’idée qu’il puisse me quitter par la faute de mon passé ou d’une erreur grossière. Al était d’une jalousie maladive. Il ne s’en cachait pas, tout comme il n’enfila aucun gant pour m’expliquer ô combien il était difficile pour lui de m’imaginer à la merci d’hommes libidineux dans une chambre miteuse. Je me sentis automatiquement coupable d’être seule avec l’Italien. Or, je ne bougeai pas d’un pouce, éreintée par cette nuit de dur labeur. S’il me restait un soupçon d’énergie, j’aimais autant la dépenser à le contredire à mon tour, peu m’importe qu’il m’invite à ne rien justifier, à cultiver mon jardin secret. Pour que faire ? Je ne suis pas femme à me vanter de secrets justement. Je compris mieux le fond de sa pensée à le laisser s'exprimer. Tandis qu’il me proposait des solutions alternatives, il devait sans doute redouter que je l’accuse d’ingérence ou que je le soupçonne de me faire l’aumône.

En réalité, j’étais touchée par son offre. Je n’en avais pas besoin, mais Dieu que c’était agréable de se sentir soutenue. Je ne tressaillis sous la douceur de son baiser amical que par culpabilité vis-à-vis d’Alvaro. C’était exactement le genre de gestes qui attiseraient sa jalousie et sa méfiance à mon égard. J’ignore si Dante se leva à cause de ma frustration ou parce que l’heure était venue de se mettre au travail. En revanche, je ne doutais pas de la nécessité de le remercier. « Tu sais, je n’oublierai jamais ce que tu es prêt à faire pour moi. Je n’ai d’ailleurs pas les mots pour t’exprimer ma gratitude, mais je veux que tu saches que je ne fais rien à contrecœur. Rien du tout. Je suis vraiment amoureuse d’Alvaro et je ne couche pas avec lui parce que j’ai peur de me retrouver à la rue. Ça faisait longtemps que je n’avais plus ressenti quelque chose comme ça pour quelqu’un. Je pensais que j’étais trop abimée pour que ça puisse arriver encore. Et, tu sais, même si ce n’est pas facile tous les jours, j’ai souvent plus peur qu’il m’abandonne que des raisons pour lesquelles j’en suis tombée amoureuse à ce point. » Une vague d’émotions me submergea et je me levai à la hâte pour ne pas m'engourdir dans la mièvrerie la tête la première. « Allez, c’est à moi de jouer maintenant que le chantier st déblayé… » Il finissait de balancer par la fenêtre les montants du lit détruit. « Nettoyer, c’est mon job… » conclus-je en me retroussant les manches et en détournant la conversation sur lui et plus personne d’autre. Au Diable les collègues, le patron ou l’élu de mon cœur. Ils ne compteraient plus durant les minutes à venir.

Si j’étais au courant que Dante avait été près de se faire passer la corde au cou ? Évidemment. Il l’avait vaguement souligné, mais il n’était jamais rentré dans le détail. Je ne connaissais ni le nom de l’ex en question ni ce qui causa la rupture. J’avais cependant une imagination débordante si bien qu’à l’évocation de la sœur de cette dernière, ma curiosité se réveilla. « Qui s’est tapé l’associé de ton frère ? L’ex ou la petite sœur ? » m’enquis-je en saisissant les seaux et les torchons de mon chariot. « Et, c’est quoi le problème exact avec ton frère ? » La question méritait d’être posée, tout simplement parce que je n’étais pas fille unique et qu’Elena me manquait chaque jour. Je m’inquiétais de son sort. Je m’en voulais de l’avoir abandonnée. Je me tracassais de ce qu’elle était devenue et de si je la reverrais un jour. L’idée d’un fratricide m’échappait complètement. « Tu sais, peut-être que la gamine est juste là parce que ton ex voudrait te reconquérir. Ce n’est pas exclu. Les femmes sont prêtes à tout lorsqu’elles ont une idée derrière la tête ou qu’elles espèrent réparer une erreur monumentale. Ou alors, c’est bien plus compliqué, mais tu n’as jamais été très clair à ce sujet. » Et je ne m’étais jamais montrée intrusive de peur de le froisser. « Je sais juste que le mariage n’a pas eu lieu, c’est tout… Le reste, tu en fais un secret. » Ce qui sous-entendait qu’il en souffrait encore ou, qu’éventuellement, elle était l’instigatrice de cette fin étonnante pour deux fiancés. « Tu me racontes ? Parce que j’ai le sentiment que, outre moi, ça t’arrangeait bien de te casser de chez toi ce soir. Et peut-être que je pourrais te donner un conseil pour éviter d’être enfermé pour meurtre… » Mon instinct jurait qu’il avait besoin d’en parler. Au contraire, il n’aurait pas abordé le sujet. Toutefois, je n’insisterais pas s’il se terrait dans le silence. Je serais déçue, certes, mais dans le cas d’une erreur d’appréciation de ma part, je passerais à autre chose par respect pour lui.








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MessageMer 17 Mai - 10:24




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Elle était épuisée et j’avoue que la fatigue commençait aussi à me jouer de sales tours, bosser un jour de repos, franchement, fallait-il vraiment vouloir fuir son domicile pour faire ce genre de connerie, au cœur de la nuit. Bon bien sur j’avais besoin d’argent, en vérité j’en avais besoin, simplement car je ne touchais pas à mon ancien compte depuis un an, usant d’un compte dans une petite banque privée où j’étais certain que mon frère, ou mes parents, ne pourraient rien pister de moi. A bien y songer quand on y pense ma famille n’a rien à envier au mafieux de mon pays, on pourrait presque croire qu’il y a quelques liens, quoi que cela ne m’étonnerait même plus.

Bien que pour ma part je fus dès mon plus jeune âge le fils si pénible qu’on le confiât à tonton Benito. Chose dont j’aurais pu remercier mes parents, car c’est abandon fut au début douloureux et par la suite les meilleurs moments vie de mon enfance et adolescence, enfin jusqu’à que je couche avec celle que je devais voir comme ma cousine et la dévergondée dans une famille où le capital virginité est aussi important que la religion ou le Vatican pour Rome. Bref passons, je détaillais Elvy, alors qu’elle défendait ses sentiments et j’eus presque envie de lui dire que l’amour c’est juste une merde faite pour nous tirer vers le bas, jamais vers le haut. Mais je décidai finalement de taire de point de vue.

« Le plus important, c’est toi, ce que tu veux, ressent, et ce que tu vois quand tu fermes les yeux et envisage ton avenir. Si grâce à lui ou par lui, tu retrouves confiance en toi et une route à suivre, alors go, c’est parfait, si par contre ton joli cœur te brise le cœur, je lui briserais les os. » j’étais un seal, l’élite militaire, et bien que je ne me disais jamais gagnant d’avance, je ne partais jamais perdant non plus, ma petite menace était donc à la fois une boutade orale et un possible, totalement envisageable pour moi. Mais je me garderais de le confirmer ou l’infirmer.

« Peut-être les deux, mais c’est le cadet mes soucis. » bon honnêtement je doute que mon frère ait touché à Shandra, la gamine qui n’en était plus une était si différente de sa sœur que j’étais encore perdu quant à ses révélations sur son aventure avec ce vieux type et mentor de mon frère. Mais bon s’il y a bien une chose que la vie m’a apprise c'est de ne pas me fier à des évidences, elles étaient là pour feindre un espoir ou une illusion qu’on voulait s’offrir, pour ne pas voir le monde tel qu’il est réellement.

« Ce qui fait le plus chier est de savoir qu’elle m'a trouvé là où je loue au noir mon logement à une grand-mère et son époux handicapé, si elle m'a trouvé d’autres viendrons à tous les coups. Et je n’ai pas envie de les revoir. » Oui clairement, je n’avais aucune envie de voir mon ambassadrice de mère se pointer avec ses beaux tailleurs de haute couture, ou mon père avec son air toujours secret et désapprobateur, je ne désirais pas rencontrer mon aîné, capable de se chercher encore des raisons à son geste qui me rendrai moi limite coupable de son acte.

Et pire encore croiser Kaya serait le pompon sur le gâteau, autant je n’avais pour elle que révulsion et colère, autant je ne voulais pas la laisser exprimer ouvertement. Alors avoir sa petite sœur sous mon toit était une tentation sublime de la sauter pour qu’elle rende la monnaie de sa pièce à sa connasse de sœur. Mais ou cela mènerait sérieusement ? Les femmes, les conquêtes, je les cumule, je prends le plaisir, j'en offre quand l’idée m’en prend, mais j’ai aucune envie de les revoir, ou même les connaître pour que cela soit plus qu’un simple instant. Donc j’avais depuis un bon moment ma liste de femmes classée dans l’ordre des impensables, Sharra, Elvira et quelques rares autres étaient écrites en lettres grasses et soulignées avec les mots danger, n’y va pas, bordel.

« Si je t’en parle, tu me prendras pour le pire crétin du monde, alors disons qu’en trois mots, Cocu, manipulation et mariage blanc font un mélange pas des plus plaisant pour l’amour et n’aide plus à croire qu’on puisse trouver le bonheur dans une histoire pourris dès les bases. »

Tirant mon haut à présent collé à ma peau tellement le chauffage était à son max dans ce foutu établissement, je m’avançai vers la salle de bain en piquant des produits dans ses affaires.

« Je vais faire briller la salle de bain pendant ce temps, et putain, il veut qu’on croie au caraïbe ou il a pété le thermostat cette nuit, l’autre âne ? » Constatais-je plus que je ne le demandais en réalité.

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