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[Terminé] Hippocrate et ses amis [Matthew & June]
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MessageDim 4 Déc - 22:06

Hippocrate et ses amis

 

Cela faisait maintenant plusieurs jours qu'Eliott avait appelé June en panique. Son frère avait été retrouvé en piteux état, visiblement volontairement amoché. Un règlement de comptes ? Peut-être bien. June était médecin, pas flic. Son job ne consistait donc pas à comprendre plus que nécessaire le pourquoi de son état. Elle s'était empressée de venir au Brooklyn Hospital Center pour constater par elle-même les dégâts et s'assurer que ce qui devait être fait le soit au mieux. Non pas qu'elle n'avait pas confiance en les autres médecins, mais elle se savait plus qualifiés que certains. Et pour le frère d'Eliott, elle préférait être sûre qu'aucune erreur ne soit commise.

Les blessures de Matthew étaient multiples, certaines plus sévères que d'autres. Elle avait notamment été inquiétée par l'état de sa moelle-épinière, bien que les examens ne révélaient pas de rupture. Idem pour les lésions cérébrales. Malgré l'état du jeune homme, June n'avait pas détecté de fractures ou de début d’hémorragie, ce qui était déjà un bon point. Pour autant,les lésions cérébrales étaient bien présent et Matthew sortait à peine d'un coma de plusieurs jours. Tout de même rassuré malgré la gravité de son état, Eliott décida que c'était à lui de lui parler en premier. Compréhensible, bien que peu professionnel. June s'était imposée comme son médecin référent, son frère ne pouvant en prendre la responsabilité. Matthew était donc désormais son patient et il lui serait plus facile de suivre son évolution. Mais elle connaissait bien Eliott, il était compétent. Et puis elle faisait ça pour lui, alors le laisser agir en premier n'était pas très dérangeant.

Quoiqu'il en soit, aujourd'hui, il était temps pour elle de rencontrer Matthew. Un Matthew réveillé qu'elle espérait en pleine possession de ses capacités intellectuelles. Elle se dirigeait donc vers sa chambre lorsqu'un homme qu'elle n'avait encore jamais vu en sortit rapidement. Il manqua d'ailleurs de lui foncer dedans. Même dans un hôpital, certaines personnes se permettent de ne pas regarder où elles vont. Mais bref. June laissa ses yeux s'égarer sur l'homme an question, plutôt pas mal du tout, qui s'éloignait tandis que le reste de son corps en profitait pour ouvrir la porte de la chambre du patient. Son attention se reporta rapidement sur lui, qui était son seul centre d'intérêt légitime. Bonjour Monsieur Odair, je suis le Docteur Hoover, votre neurochirurgienne. En réalité, il ne lui était pas inconnu. Ils s'étaient déjà croisés plusieurs fois par l'intermédiaire d'Eliott. Mais pour être honnête, ils ne s'étaient jamais vraiment parlés. Pour quoi faire, après tout ?  Eliott était son ami. Lui n'était que son frère. Elle jeta un œil rapide sur les différentes blessures visibles sur son corps. Ceux qui avaient fait ça ne l'avaient vraiment pas loupés. Tout en s'approchant de lui, elle lui expliqua d'un ton plus doux la raison de sa présence. A votre arrivée, votre état était critique. Votre cerveau a lui aussi subit des dommages, raison pour laquelle vous êtes resté plusieurs jours dans le coma. Mais rassurez vous, tout semble allez mieux de ce côté là. Je dois tout de même vérifier avec vous la stabilité de votre état. Alors attendez-vous à me voir assez souvent. Elle lui sourit doucement avant de poursuivre. Avez-vous certaines douleurs inhabituelles -inhabituelles puisqu'à la vue de son état, on se doutait bien qu'il ne respirait pas la santé- comme des vertiges ou des nausées ? Selon Eliott, aucun dégât concernant la parole ou la mémoire, ce qui était plutôt rassurant quant à la suite des évènements. Pas de trouble du langage ou d'absences ? Elle déposa sa fiche de soin sur une table avant de venir l'examiner de plus près. Suivez mon doigt, ajouta-t-elle en le balayant de gauche à droite. Rien de bien alarmant, visiblement. Parfait. Pour ce qui est de votre moelle-épinière, je vous demanderai d'être très prudent. Elle le fixa quelques secondes pour être sûre d'avoir toute son attention. Les risques sont toujours présents et vous pourriez vous blesser davantage en tentant de vous déplacer seul. Alors demandez de l'aide et ne jouez pas les héros. Ce serait tout de même dommage d'aggraver ses blessures. Ce n'est pas comme s'il en manquait, d'ailleurs. Est-ce que vous avez des questions ? Je me doute que tout ceci fait beaucoup de choses à assimiler en peu de temps. Comment vous sentez-vous ? Psychologiquement, bien entendu. D'ailleurs, elle n'avait pas encore abordé tous les points avec lui, notamment celui des raisons de son état et d'une éventuelle prise de contact avec la police. Une question qui lui valait bien souvent des réactions peu amicales.

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Matthew Odair
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MessageMar 6 Déc - 14:55

Flashback, juillet 2016.

Se calmer. Il devait absolument se calmer s’il ne pouvait pas faire trop bipper ces foutues machines parce que son rythme cardiaque s’affolerait d’un coup trop. De la tachycardie n’était jamais très bon signe surtout vu ce qui s’était passé. La même question trottait encore et toujours dans sa tête : pourquoi est-ce qu’on l’avait sauvé ? Il avait toujours été plutôt un battant qui ne baissait pas les bras, mais pourquoi le laisser vivre si c’était pour qu’il soit malheureux, et s’il ne pouvait pas remarcher et qu’il ne pouvait plus être secouriste, ça serait le cas, les gens qui le connaissaient un minimum le savaient. Pourquoi ne pas tout simplement le laisser rejoindre Keaton, dans un bien meilleur endroit qu’ici ? Pourquoi le laisser vivre en sachant qu’en plus des dégâts physiques, il y aurait le traumatisme ? Pourquoi s’acharner sur son cas alors qu’il était séropo’ et qu’il finirait bien par crever de cette merde de maladie, même si cela prendrait probablement des dizaines d’années. Est-ce que c’était lui qui était égoïste, qui ne voyait que des mauvais côtés ? ou bien est-ce que c’était ses proches qui n’avaient pas voulu le perdre et n’avaient pas réfléchi aux conséquences. Probablement un peu des deux… mais maintenant que c’était fait, il ne pouvait plus retourner en arrière et il allait devoir vivre avec tout ça sur la conscience, le moral, physiquement.

Il avait l’impression d’être au bord de la rupture nerveuse, de la dépression, de l’hystérie, ou autre chose dans ce goût. Il ne savait pas exactement quoi. Il ne savait pas si c’était sa psyché ou bien les médicaments qui voulaient ça. Il était perdu ; presque perdu dans un autre monde. Jusqu’à ce qu’Il rentre. Son  bourreau – et son ex meilleure amie- et qu’ils repartent, presque aussi rapidement, après juste quelques minutes de présence. Quelques minutes qui avaient réussi à le faire totalement chavirer. Quelques instants où il avait eu une peur panique, incontrôlable. Faible, presque soumis, voilà certainement les termes qui avaient le mieux correspondu à cette « contre-visite » alors que ça ne lui ressemblait pas du tout. Ils s’en étaient allés, laissant un Odair à fleur de peau qui tentait malgré tout de se calmer. Gary, son frère ainé était arrivé quelques minutes après cette scène pitoyable pour prendre des nouvelles le visage anxieux, soucieux de l’état du plus jeune. Seulement Matthew ne voulait voir personne, ne voulait que personne ne le voit comme ça. Il ne voulait pas que l’on s’inquiète pour lui ou qu’on s’apitoie sur son sort. Il voulait juste la paix. Etre seul. Réellement seul, sans un risque qu’un collègue, quelqu’un de a famille ou du personnel soignant arrive. Il voulait être seul. Il voulait pouvoir craquer s’il le pouvait, sans que personne ne le voit. Il n’avait jamais voulu montré ce qu’il ressentait réellement, il n’avait jamais sut le faire réellement, même avec son feu petit-ami qu’il aimait pourtant plus que tout. Pleurer, c’était se donner en spectacle, pleurer ne changerait rien à la situation. Alors il n’y avait qu’une solution pour résoudre ce problème. Dégage, Gary. Le repousser. Les repousser. Même si cela les blessait un peu, ils le connaissaient assez  bien pour savoir qu’avec les heures il se calmerait. Son frère ne moufta pas Tu as l’air d’aller bien mieux que ce qu’Eliott a dit, si tu arrives à être aussi désagréable, c’est un bon point. Etrangement, cela avait semblé rassurer un minimum l’aîné mais il n’insista as. Maman et papa arrivent d’ici une grosse heure ou deux, tâche d’être un petit plus agréable... elle a assez pleuré ces derniers jours. Matthew grogna un truc inintelligible, mais Gary avait visé juste, l combo « maman »/ « pleurs » l’avait un petit peu calmé. Il détestait voir sa mère pleurer – tout comme ses sœurs, voire même les autres personnes de sa famille-, alors oui, il ferait un effort. Gary fit un signe de main avant de s’éclipser bien sagement sans poser aucune autre question.

Il avait toujours peur. Peur que son Bourreau revienne peur qu’il s’en prenne à sa famille, ou de nouveau à lui… une peur irraisonnée, presque incompréhensible…. Et il avait mal au crâne. Il se sentait de nouveau exténué, fatigué, comme si ces quelques émotions avaient suffi à le mettre KO. Il était depuis moins de quelques minutes quand la porte se réouvrit à son plus grand désarroi, d’autant que là c’était un toutib. Il la jaugea quelques instants –du moins autant qu’il le pouvait vu qu’un de ses œil était très gonflé- avant de se rappeler dans le monde des gens polis il fallait également B’jour Doc’. sa mâchoire lui faisait mal mais il essayait de parler distinctivement. Et elle continua de parler, c’est bon il savait tout ça… ou presque, il était quand même secouriste à la base  pas le premier gougnafier stupide qui ne comprenait rien à la médecine. Concernant les douleurs inhabituelles, il failli s’étouffer de rire ! c’est qu’elle était drôle la neurochir ! peut-être que si je n’avais pas de morphine, je pourrais répondre avec un peu plus de précision. forcément, là il  avait mal il dégustait même mais c’était supportable, de petites douleurs pouvaient cependant ne donc pas apparaitre –selon lui-. Non, non pas de trouble de langage  ou autres… de petits vertiges et nausées mais rien d’affolant. son état de santé était en jeu, et c’est bien pour cela qu’il s’obligea à lui dire la vérité, même s’il se dotait que plus il irait que tout allait bien, plus il se retrouverait seul de nouveau. là j’allais justement tenter de dormir. dit-il avec l’élégance et la finesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il aurait détesté s’avoir en patient, ça, s’était certain !  En même temps comme je ne tiendrais probablement pas sur mes jambes, que j’ai un bras que je ne peux pas utiliser, je ne vois pas trop comment je me déplacerai…. Si ce n’est en rampant, mais ce n’est pas trop mon kiffe. Je ne suis pas stupide, je suis secouriste, je connais pertinemment les risques. il était en quelque sorte un héros, il avait quand même sauvé quelques vies…  si certains auraient dit ça pour rigoler, sur un ton amical, lui était juste sérieux, il avait vraiment l’impression qu’elle le prenait pour un débile profond – même si au fond il tentait de se convaincre qu’elle ne faisait que son métier-. Sa dernière question, lui valut par contre un petit rire jaune, sarcastique lui donna l’impression qu’on lui entaillait de nouveau les cotes. Foutue douleur. je n’ai pas de questions, je veux juste dormir et j’en ai, je demanderai à mon frère. il n’y avait quà lui qu’il pouvait faire confiance. mais je connais déjà blabla réééducation, blablaba faire attention  et patati et patata. c’est beau cette argumentation, n’est-ce pas ? – Risible-. Essayez de passer sous un rouleau compresseur  niveau douleur et compagnie je pense que c’est équivalent ; mais mis à part ça, et le fait que je ne pourrai probablement plus marcher; que je ne pourrai plus faire le SEUL métier qui me plait et compagnie tout va bien dans le meilleur des mondes. Vous n’avez pas une question plus con ?

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MessageMer 21 Déc - 22:41

Hippocrate et ses amis

 



Lorsque June était entrée dans la chambre de son patient spécial, elle ne lui avait pas prêté plus d'attention que cela. Ce que son frère voulait était qu'il se remette sur pieds, pas qu'on le materne. Pour autant, elle lui avait promis de ne pas se montrer trop désagréable, tandis que lui avait la réputation de l'être particulièrement. Quelques mots suffirent pour qu'elle s'en rende compte personnellement. Et malgré sa promesse, difficile de passer à côté de tant de cynisme et de sarcasme. Alors forcément, lorsqu'il lança sa première offensive, June se sentie obligée de lever les yeux de ses notes pour les figer dans les siens. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de se montrer cordiale, mais ce Monsieur Odair ne semblait pas vouloir en faire autant. Peut-être que je pourrais vous l'ôter, dans ce cas, répondit-elle finalement avec le même sourire qu'elle lui avait adressé en se présentant.

Passé ce petit débat sur la morphine, il daigna tout de même lui donner les informations nécessaires au suivi de ses soins. A défaut d'être un gentleman, ce n'était au moins pas un abruti fini. Quoique. Il lui semblait apparemment opportun de revenir à la charge. Est-ce qu'il lui suggérait vraiment de foutre le camp ? Il allait devoir se calmer bien vite, le petit frère, s'il ne voulait pas qu'elle la lui ôte vraiment, sa morphine. Vous seriez surpris de tout ce qu'on peut voir ici, Monsieur le secouriste, ajouta-t-elle simplement, oubliant la prétention dont elle pouvait faire preuve. Eliott ne lui avait pas menti. Il aurait d'ailleurs presque minimisé le caractère de Matthew. Mais peut-être que la situation y était pour beaucoup. Quoiqu'il en soi, douleur ou non, June n'était pas du genre à compatir trop longtemps. Du moins, pas avec ce genre d'individu.

Bien entendu, vu la tournure de la conversation, difficile de croire que les choses allaient aller en s'arrangeant. Et, étrangement, le petit rire qu'il ne masqua pas trahissait probablement tout sauf de l'amusement. S'il avait été en meilleur état, June se demandait s'il ne l'aurait pas déjà traînée dehors. Mais, dommage pour lui, d'eux deux, elle seule pouvait marcher. Effectivement, vous semblez très au point, lâcha-t-elle dans un murmure certainement aussi sarcastique que le discours qu'il tenait. Il commençait sérieusement à l'agacer, mais elle se surprenait à prendre autant sur elle. Il continua sur sa lancée qui atteignait d'ailleurs probablement son apogée. Est-ce qu'il était en train d'hurler là ? June le fixait en silence. Elle l'étudiait, aussi. Mais il ne fallait pas être très talentueux pour voir à quel point il souffrait. Alors elle le laissa hurler, ce n'était pas une réaction des plus courantes, mais cela arrivait parfois. Et puis c'était Matthew, donc pas n'importe qui. Peut-être avait-il besoin de ça. Peut-être qu'il en avait le droit, aussi. Elle attendit donc qu'il termine. Et lorsque ce fut le cas -en beauté, soit dit en passant, elle laissa un léger silence planer. Vous avez fini ? Lança-t-elle sans agressivité. Parce que si : j'en ai d'autres des questions cons. Des questions qui ne vous plairons pas, mais que je vous poserai quand même parce que je suis votre médecin. Votre frère, lui, ne l'est pas. Elle décida de tirer une chaise pour la placer devant se lit et se mettre à sa hauteur, bien que le regarder de haut ne la dérangeait pas le moins du monde. Mais vu le sujet qu'elle s'apprêtait à aborder, il ne valait peut-être mieux pas en rajouter. Votre état laisse peu de chance à la thèse de l'accident. Quasiment aucune, même. Mais ce n'était pas son rôle de le déterminer. Je dois vous le demander : que c'est-t-il passé ? « Dois » était précisément le bon terme. Elle ne faisait pas ça par sympathie, par compassion ou par curiosité. C'était seulement son job de chercher à savoir si elle n'était pas passé à côté de quelque chose. Et si Monsieur le secouriste décidait de mettre fin à ses jours alors qu'elle était son médecin, ça ferait sans doute tâche dans sa carrière.


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MessageSam 24 Déc - 16:44

Il haussa les épaules, si elle voulait lui enlever qu’elle lui enlève ! Il s’en fichait totalement du moment qu’il puisse avoir la paix, être tranquille, pouvoir se reposer SEUL. Pourquoi est-ce que personne ne semblait comprendre qu’il ne voulait voir personne, pas même les Docteurs ? Pourquoi est-ce que cela semblait choquer tout le monde ? Un peu de paix, de tranquillité, c’est tout ce qu’il voulait et au final, tout ce qu’il essayait d’obtenir. Mais au final, il savait bien qu’il en avait un besoin quasi vital de cette morphine, il douillait déjà avec –même s’il était certainement trop fier pour l’admettre-. Il haussa un sourcil étonné, qu’est-ce qu’elle pouvait voir ici ? Un mec qui ne savait pas marcher et qui se roulait par terre pour aller aux chiottes ? Possible, mais il fallait vraiment être un crétin fini pour risquer d’aggraver son mal. Je veux bien que vous me racontiez, je serai curieux de savoir ce que certain peuvent inventer ! ce n’était pas pour faire la conversation,  il avait juste envie de savoir jusqu’où l’être humain pouvait être débile et c’était quelque chose de très intéressant à comprendre à savoir selon lui. Il se doutait qu’il risquait d’être fort surpris de  ces congénères malades pouvaient bien inventer. C’est une des raisons pour lesquelles il détestait ces lieux, parce qu’on ne savait jamais sur quoi on allait pouvoir tomber lorsqu’on avait une chambre double.  Certains devaient être en plus sous certaines substances illicites ce qui n’arrangeait rien …

Et il avait continué, comme à son habitude à se montrer désagréable à croire que c’était comme une seconde nature pour lui et qu’il ne savait pas comment faire autrement… Enfin, il se calma, fatigué, las, endolori, mais toujours sincèrement agacé par tout et rien à la fois. Etrangement, elle sembla bien le prendre, mais il grimaça en soupira faiblement en se doutant des questions qui allaient suivre. Oui, effectivement, elle était son médecin, pas Elliott, pas réellement, plus maintenant du moins. Il devait se raisonner, l’écouter, répondre sagement à ses questions s’il voulait un jour peut-être pouvoir remarcher. Mais c’était dur. Il se rembrunit et se referma telle une huitre dès qu’elle parla de l’accident qui n’en était pas un. Certainement qu’il devait répondre comme d’habitude, mais il était las de cette question et il se doutait bien que c’était loin d’être la dernière fois… J’me suis fait agresser c’est tout ce dont je me souviens. il se racla difficilement la gorge avant d’ajouter du coup… je ne peux pas vous raconter grand-chose d’autres. Vous pouvez vérifier si vous ne me croyez pas, j’ai dit la même chose aux flics et à Eliott. quoiqu’il se demandait sur les policiers étaient vraiment venus, ou bien s’il avait totalement rêvé cette partie. Il était bien incapable de le dire, de toute manière cela n’avait certainement aucune importance. En quoi ça changera les choses de toute manière ? Je ne suis pas certain de bien comprendre, les séquelles sont les mêmes, l’adaptation des soins n’a rien à voir avec un accident ou pas. il inspira, certainement un peu plus difficilement cette fois, tentant de retrouver comme il le pouvait son calme. Vous avez d’autres questions ? souffla-t-il, bien conscient qu’il allait devoir y répondre, mais il comptait le faire le plus synthétiquement possible, histoire qu’elle parte le plus rapidement possible. S’il arrivait à garder son calmer, sans déclencher une autre « dispute », avec un peu de chance, cela pourrait être rapide ! Il se passa sa main indemne dans ses cheveux avant de la regarder, attendant qu’elle dise quelque chose, priant silencieusement pour qu’elle n’ait plus grand-chose à lui dire.

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MessageMar 10 Jan - 18:29

Hippocrate et ses amis

 



Sans poser les yeux sur son patient, June laissa échapper un fin sourire. Son cynisme était presque agréable. C'était un langage qu'elle comprenait, pour le pratiquer elle-même régulièrement. Je le ferai avec plaisir, lorsque vous serez remis. S'il se remettait. Mais elle ne doutait pas de son talent en matière médicale. Encore fallait-il qu'il ait suffisamment envie de vivre pour ne pas laisser la lourdeur de la morosité l'entraîner au fond d'un trou qu'il ne remonterait pas.

Une fois les tests de routines effectués et les réprimandes d'usage explicitées, June n'avait eu d'autres choix que d'aborder le cœur du sujet. Et étrangement, la réponse de Matthew ne fut pas celle qu'elle attendait. Non pas qu'elle s'imaginait une effusion de sang, mais vu le tempérament d'Odair, elle s'était parée à toute éventualité. Finalement, il se contenta de lui lâcher une réponse brève et précise. Concrètement, ce n'était pas la peine de lui en demander davantage. Qu'il mente ou non, elle avait posé la question et le reste ne la concernait plus. Elle le fixa tout de même quelques secondes. C'était étrange, cette envie de savoir. Elle qui n'avait pourtant pas de mal à laisser la vie privée des autres de côté dès lors qu'elle ne lui était pas utile. Pour autant, cette fois-ci, elle sentait cette once de curiosité résister. Voire se renforcer. Elle le fixait toujours lorsqu'il reprit la parole. Ses mots la firent sortir de sa contemplation et, comme s'il s'était fait le même constat qu'elle, il la mis devant le fait accompli : Ses questions n'étaient pas aussi pertinentes qu'elle le prétendait. Pourquoi ? A cause d'Eliott ? Peut-être. A moins que ce ne soit cette compassion qu'elle ne laissait vivre que rarement. Mais quoi qu'il en soit, elle n'avait pas l'intention de laisser ce trouble visible aux yeux de tous. Je vous crois, finit-elle par dire d'une voix moins affirmée. Elle laissa une infime seconde d'échapper avant de poursuivre. Et je n'ai pas pour habitude de poser des questions inutiles, alors ne vous souciez pas de leur intérêt. Je ne perdrai pas mon temps à vous les poser si elles n'en présentaient aucun. Mauvaise foi ? Sans doute. Mais le retour soudain de ce ton froid et distant avait été pour elle le seul moyen de balayer sa remarque d'un revers de main. Une attitude qui lui avait souvent permis d'éviter que l'on émette trop de doutes lorsqu'elle n'avait pas envie d'y répondre. Et puis après tout, c'était elle le médecin.

A ces mots, elle fit quelques pas jusqu'à se retrouver au pied du lit de Matthew. Non, je vous laisse tranquille pour aujourd'hui, dit-elle en ayant retrouvé un peu plus de douceur. Mais si vous avez des choses à dire, qu'elles soient d'ordre médical ou non, je ne serai pas loin. Cette affirmation était presque gênante. June était souvent disponible pour ses patients, mais celui-ci la mettait tout de même un peu mal à l'aise. Sans doute en raison de sa proximité avec son frère, mais peut-être aussi parce que l'affaire qui l'avait amenée ici, dans cet hôpital, était des plus floues. Et elle n'appréciait guère les mystères non résolus. Enfin. Elle replaça doucement ses notes là où elles devaient se trouver et posa une dernière fois les yeux sur son patient. Ah si, une dernière question. Elle le fixa quelques secondes. Je peux interdire toute visite à votre chambre pour le reste de la journée. Ou même pour les prochains jours, si vous le souhaitez. Et si sa proposition était sérieuse, elle ne put s'empêcher de sourire avant d'ajouter : mais je ne garantie pas de pouvoir retenir Eliott tout ce temps. Que ce cher monsieur Odair le veuille ou non, il avait un frère inquiet et aimant. Ajoutant à cela qu'il travaillait ici, difficile de le foutre à la porte de façon permanente.


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Matthew Odair
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MessageVen 13 Jan - 17:39

Il n’était pas certain d’être convainquant dans ses « mensonges », mais ce n’était pas bien grave, qu’elle le croit ou non il s’en fichait. Il venait juste de lui faire comprendre qu’il ne dirait rien puisque, soi-disant il ne se rappelait de rien. Matthew espérait ainsi avoir la paix avec cette question et surtout qu’on arrête de lui poser, sinon il risquait très vite de se faire une ardoise avec marqué « je ne me rappelle de rien » dessus, histoire de ne pas avoir à gaspiller sa salive pour rien. Simple, efficace et les gens le trouveraient probablement antipathique d’agir de la sorte mais il s’en foutait, moins on lui parlerait, mieux il se porterait ! Il eut un vague sourire amusé à sa nouvelle répartie. Elle ne se débrouillait pas trop mal le Doc’ ! Malgré tout, je ne vois pas l’intérêt de ces dernières. Chacun doit bien voir midi à sa porte je présume ! dit-il en haussant finalement les épaules. C’était plus fort que lui, même dans cet état pitoyable, il tenait à avoir le dernier mot.

Bientôt, il eut la joie d’apprendre qu’elle allait le laisser tranquille pour aujourd’hui. Tant mieux, parce qu’il n’avait qu’une envie : dormir. Se reposer, ne plus avoir à penser à tout ça, tenter d’oublier la douleur aussi bien physique que morale, tout en espérant ne pas faire trop de cauchemar. Un vrai repos en somme, même s’il savait que c’était loin d’être gagné. Il haussa les épaules, finalement, avant de lui souffler Vous feriez mieux d’aller vous occuper des personnes qui demandent de l’attention, moi je veux juste avoir la paix. Et de toute manière s’il avait une question d’ordre médical –ou autre- il passerait déjà probablement plus par son frère, même si ce dernier n’était pas son médecin attitré. Il n’en avait rien à faire et ne faisait que confiance au jugement de son ainé (ou du moins, il le prenait beaucoup plus en considération que celui de la pauvre June qui faisait pourtant de son mieux). Il inspira un bon coup, en se rappelant qu’elle ne faisait que son travail et tenta donc, à sa manière, et certainement très maladroitement d’arrondir un peu les angles Mais c’est une gentille proposition, que je retiens malgré tout. On ne sait jamais… mais il doutait franchement que cela lui serait utile –réellement utile- un jour. Alors qu’il pensait qu’elle allait –enfin- le laisser en paix, elle lui posa une dernière question, qui cette fois lui fit avoir un léger rire, suivi d’un petit grognement de douleur. Il tenta de se calmer, mais, lorsqu’on connaissait sa mère ou ses sœurs, c’était vraiment une question « stupide », ou du moins très drôle. Vous voulez interdire l’entrée de ma chambre à ma mère, si je le souhaite ? Vous ne savez vraiment pas à quoi vous attendre. On empêche pas ma mère d’entrer là où c’est interdit dans ce genre de moment. Il haussa les épaules. Ils peuvent venir… même si je ne tiens pas spécialement à les voir. à les entendre geindre, pleurer, poser des questions et compagnie… surtout maintenant qu’ils savaient tous qu’il était séropositif. Le seul qui serait probablement le mieux se tenir était Eliott, alors s’il voulait voir quelqu’un en priorité ça serait lui. Ils doivent être déjà assez inquiets comme ça… sans en rajouter une couche supplémentaire. il tenait trop à eux pour jouer au con dans cette situation.

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MessageMar 7 Fév - 14:32

Hippocrate et ses amis

 



Eliott n'avait pas menti sur le caractère de son frère. Peut-être même n'en avait-il pas assez dit. Il était dans un piteux état, mais cela ne semblait que le rendre plus impertinent, plus désinvolte, plus cynique. Une façon de cacher sa douleur ? Qui sait. Mais malgré cela, June avait tout de même réussi à obtenir quelques réponses utiles. Il était peut-être un chieur, mais visiblement il n'était pas idiot.

Lorsqu'elle lui annonça son départ imminent, elle aurait presque pu lire la satisfaction sur son visage. La situation était assez étrange. D'habitude, c'était elle qui se hâtait de quitter les patients avant que ceux-ci ne deviennent trop étouffants. Là, c'était son patient qui la poussait avec plaisir vers la sortie. Soit. Son ego en prenait un coup, bien qu'elle ait été prévenue. Mais elle n'allait pas insister. Je m'occupe de ceux qui ont besoin de soins, qu'ils le veuillent ou non d'ailleurs, conclut-elle, un sourire en coin. Simplement au cas ou il aurait cru que son départ signifiait qu'ils ne se reverraient plus. Il pouvait toujours rêver, il était son patient et elle ne comptait pas l'échanger. Mais pour l'heure, Matthew avait sans doute suffisamment subit d'émotions, de questions et de frustrations comme ça. C'est en partie pour cette raison qu'elle lui proposa de bloquer les visites pendant un certain temps. S'il voulait vraiment être tranquille pour remuer ses idées noires, c'était faisable. Sa réaction changea légèrement de ton. Mais c'était quoi cette famille ? Enfin... Odair ne tenait finalement pas tant que ça à sa tranquillité. June l'observa quelques secondes en silence et décrocha un sourire satisfait. Allez savoir pourquoi, mais ces dernières paroles montraient une facette de Matthew qu'il n'avait pas encore mis en avant. Derrière l'homme affable se cachait tout de même quelques sentiments d'affection, au moins envers sa famille. Et le voir s'inquiéter un peu pour elle la rassurait. Non, elle ne savait pas ce qui avait bien pu se passer pour qu'il atterrisse ici, ni même pour qu'il devienne aussi sombre. Mais ces quelques mots laissaient entendre que tout espoir n'était pas vain. Qu'il était encore capable de surmonter ça sans permettre à la noirceur qui semblait le ronger de l'entraîner si profondément qu'il serait alors impossible de remonter. Mais June avait peut-être trop tendance à espérer que les âmes torturées connaissent un jour une fin heureuse. Ne serait-ce que pour se rassurer sur l'avenir de celui qu'elle aimait.

Elle reprit finalement ses esprits, reposant les yeux sur Matthew. D'accord. Je suis sûre qu'ils ont tous très envie de vous voir. Elle entre-ouvrit la porte et, avant de disparaître, lui lança quelques derniers mots. Quant à nous, et vous en serez ravi, nous ne reverrons très bientôt. Elle tira ainsi complètement sur la poignée, laissant le jeune homme seul avec ses pensées.


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Matthew Odair
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❖ AVATAR : Jack Falahee


MessageMar 14 Fév - 12:38

Je sais bien que vous êtes ici pour me soigner et pas pour cueillir des pâquerettes. lui rappela-t-il, mais il est vrai qu’il n’était qu’à moitié consentant. Il voulait juste retrouver son calme, sa pérennité. Il voulait juste se reposer et il est clair qu’il ne le pouvait pas avec cette femme face à lui. Et j’ai bien compris que cela signifierait qu’on se reverra…. Bientôt. O joie, ô bonheur. Il n’allait pas feindre qu’il était heureux car cela l’ennuyait en réalité plus qu’autre chose. Et si jusque-là il s’était plutôt montré froid et distant avec tout, lorsqu’elle parla de sa famille il changea très légèrement de discours. Il ne voulait pas faire plus de mal à sa famille, il ne voulait pas l’inquiétait plus et même s’il voulait juste être seul il savait qu’il ne le resterait pas longtemps. Il ferait juste en sorte qu’ils ne s’éternisent pas trop, ça  devait être faisable sans trop blesser l’égo de telle ou telle personne. Le secouriste s’était attendu à ce qu’elle réplique quelque chose de plus ou moins cinglant, mais il n’en fut rien… au contraire, elle resta juste sobre. Très  -top-sobre et il en fut presque déçu. Ouais, ils ont tous très envie de me voir pour me bichonner et blablater. Génial. Je meurs d’impatience. ne put-il s’empêcher d’ironiser un peu, espérant que cela lui ferait une pique un peu plus acerbe, parce qu’au final il n’avait qu’on soit tout mielleux et tout gentil avec lui. Il détestait ça.  Il secoua un peu la tête Enfin au moins ils verront qu’ils n’ont pas à s’en faire et que je ne suis pas agonisant. Juste dans un très sale état aussi bien mental que physique, même si pour le premier il faisait tout le cacher. Il ne devait pas craquer, cela ne servirait à rien. Sa mère et ses sœurs avaient déjà dû verser assez de larmes pour toute la famille pour l’année à venir. Il n’allait pas non plus s’y mettre ; il ferma les yeux et pensa à Keaton. Il aurait voulu que son petit ami soit toujours de ce monde, ça aurait été probablement le seul à pouvoir réel le consoler, le seul, qu’il aurait voulu avoir avec lui aujourd’hui malgré ses tendances de drama-queen…. Mais on ne pouvait pas faire revenir les morts. Ouais c’est ça, bon courage avec les autres. Les gens agréables et collants tout ça. Il gloussa, presque compulsivement. Il détesterait être à sa place… mais au moins, maintenant il était seul pendant quelques temps.

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