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And so bare is my heart, I can't hide
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Jezabel Gambino
ADMINE REINE DU SILENCE

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MessageMer 30 Nov - 23:50





And so where does my heart, belong

ft la hermana


Comme si le retour de sa pute ne suffisait pas, il avait retrouvé son costume du parfait connard en prime, comme s’il n’assumait pas tout ce qui s’était dit en Sicile et sa demande en mariage, comme s’il regrettait tout ça et qu’il tentait de le faire payer à la gamine. Non seulement il lui brisa le cœur en mille mais en plus, il ressuscita ses vieux démons et ralluma son envie irrépressible de boire jusqu’à en oublier son prénom. Plus les jours passaient et moins elle se sentait concernée, que ce soit par les préparatifs du mariage ou bien par ce qui se passait chez eux et entre eux. Elle aurait été prête à aller décrocher la Lune pour lui mais à quoi bon ? N’avait-elle pas tenu leur histoire à bout de bras toute seule depuis le début ? Elle ne pouvait être perpétuellement investie de cette mission au détriment de son amour propre et de sa santé mentale. Elle avait assez donné, assez fait et tout ça pour quoi ? Il ne voulait rien entendre, il se défendait avec des arguments qu’elle jugeait fumeux et qui, selon elle, ne faisaient que prouver qu’il ne rêvait que de retrouver sa pute. Elle ne lutterait plus. Elle ignora les appels pour le gâteau de mariage, les entretiens à faire passer aux organisatrices de mariage et tout le reste, elle n’avait plus la force de faire semblant. Elle passait beaucoup de temps avec Cinzia et Lyla, quand elle ne traînait pas avec Amelia et Olivia, profitant un peu de leur bonne humeur pour trouver de bonnes raisons de ne pas se faire du mal, essayant de se convaincre qu’elle n’était pas l’unique responsable de l’échec de son mariage. La salvadorienne n’était pas capable de donner à son époux ce qu’il attendait mais il ne lui offrait pas la moindre chance de rattraper le coup. Elle crut à une amélioration quand il eut l’air plus apaisé et lui proposa de manger avec lui au restaurant, pour papoter et passer un moment à deux mais elle déchanta en voyant le gamin dans le canapé. Elle l’aurait volontiers buté et aurait bien envoyé sa tête et ses mains à sa mère. Qu’il soit un gamin innocent, elle s’en cognait, il méritait la mort, comme sa salope de mère. Elle le savait pourtant, qu’elle aurait dû les tuer à leur emménagement, elle aurait dû écouter son instinct. Elle s’était tenue tranquille à cause de la menace à peine voilée de Gabriele mais qu’est-ce qu’elle en avait à foutre, maintenant ? Il tenta des explications vaseuses qui ne firent que la conforter dans l’idée qu’il n’était qu’un égoïste qui simulait tout pour avoir l’air d’un type bien ! Ce n’était qu’un enfoiré d’hypocrite. Elle s’enfonça dans son silence, pleurant sous la douche, là où on ne pouvait l’entendre, parce qu’elle se sentait abusée et trahie. Elle y prit la décision de mettre un terme à tout ça.



Il ne lui fallut pas longtemps pour remplir un sac de ses affaires et y glisser le cadeau de Luciano. Elle sanglotait en le faisant, en saccageant l’appartement et en faisant de son mieux pour semer Carlo et Damiano. Pleurant à chaudes larmes dans le taxi, elle sortit son téléphone tout juste acheté dans une épicerie et intraçable- elle offrit l’autre à un clodo – pour appeler Cinzia, histoire de lui faire ses adieux proprement. « Je voulais juste te dire au revoir et … » A peine calmée qu’elle repleurait déjà, comme une enfant. « De prendre soin de mon frère, je rentre chez moi, au Salvador, on ne me retrouvera jamais et ce sera mieux pour tout le monde… » Elle ne sut trop comment sa belle-sœur parvint à la convaincre de changer d’avis et de se faire conduire dans le Bronx mais ce fut efficace. Elle lui ouvrit la porte et ses bras quand elle arriva et elle chiala tout son saoul pendant près de vingt minutes avant d’être capable de s’exprimer intelligiblement. Cinzia lui prépara un chocolat chaud et la couvrit d’un plaid avant de s’asseoir près d’elle et de lui poser quelques questions pour comprendre ce qui se passait. C’était le problème avec Jezabel, elle ne disait jamais rien, elle encaissait, encore et encore, jusqu’à passer le point de non-retour, on ne réglait aucun problème de la sorte, aucun ! « Lizzie et Taylor ont loué l’appartement près du nôtre et il n’a rien dit et rien fait ! Il m’a avoué qu’il faisait avec elle ce qu’il ne faisait pas avec moi et j’ai essayé de lui proposer d’autres choses mais il me repoussait, pas comme ça mais c’était ce que ça voulait dire. On s’est disputé, il a refusé de bouger, comme si ça l’arrangeait, qu’il était heureux qu’elle soit là. Là, j’ai compris, il ne m’aime pas, il fait ça parce que c’est son devoir et qu’il a pitié de moi ! » Il lui fallut de longues minutes pour ne pas pleurer à nouveau, c’était difficile mais elle était trop fatiguée et commençait à avoir un début de migraine. « J’ai décidé de ne plus m’occuper du mariage, pour quoi faire ? Et là, je rentre il y a trois jours et il y a le gamin de Lizzie, celui qu’il considère comme le sien, bien sûr ! Je suis de trop dans son quotidien et dans sa vie, je ne me fatiguerais plus. J’ai fait tout ce que je pouvais pour lui et pour nous, mais il s’en fout ! Je vais retourner chez moi, il pourra faire ce qu’il veut, comme il le veut ! Moi, j’aurais la paix ! » Ce qu’elle ne disait pas, c’était qu’après autant d’investissement et de sacrifices, il lui faudrait des années pour tenter de s’en remettre, si elle y parvenait un jour. S’il ne ressentait rien pour elle que de la sympathie, l’inverse était loin d’être vrai, elle en était tombée complètement amoureuse et elle aurait voulu que ça se passe autrement mais il y avait des choses qui ne pouvaient être tolérées ou pardonnées.


 






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Cinzia Herrera
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MessageSam 10 Déc - 17:52





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ft sorella mia


Il y a des jours comme ça où, avant même d’avoir posé le pied par terre, on sait que rien ne se déroulera comme on l’aurait espéré. C’était un jour comme celui-là pour moi. On annonçait de la pluie, je détestais ça. Ça suffisait à me mettre de mauvaise humeur et tout le monde contribuait à me casser les pieds, y compris mon mari. En réalité, la météo n’avait strictement rien à voir là-dedans. Je n’avais toujours pas digéré son coup fumeux qui consistait à m’enfermer dans la cuisine avec Gaby et, accessoirement, à lui présenter des excuses. Il se comportait comme un connard doublé d’un salaud et, contrairement à Jez, je n’étais pas forcée par le mariage à lui trouver des circonstances atténuantes. Certes, son concubinage avec une pute ne me regardait pas. Je n’avais pas le droit de prendre parti aussi explicitement. Mais, je mentirais si je prétendais que ça n’avait aucune incidence sur mon ressentiment à son égard. Outre son manque de respect son manque de respect pour sa femme, il prit également un malin plaisir à m’ignorer durant toute cette période ou je cherchais à les aider. Il me gronda comme une petite fille, ajoutant à son mécontentement une kyrielle de reproches qu’il réitéra sous mon toit. Il était injuste, dénué de bonne foi. Sa plaie ouverte et purulente, c’était sa fierté donc chacun faisait les frais. Ma seule satisfaction, c’était ses efforts vis-à-vis de son épouse. Il l’emmena en Sicile et lui demanda sa main en bonne et due forme. Elle paraissait enchantée et j’y puisais assez de réconfort pour partager sa joie avec elle alors qu’une petite voix en moi me soulignait de me méfier de ce virage à 180°.l J’imaginai souvent qu’il l’endormait pour continuer à s’envoyer en l’air avec sa putain. Puis, forte de mon affection pour lui, je me résignait à considérer sa démarche plus justement. Il aimait sa femme, à sa manière, c’est-à-dire mal, mais il était sincère.

D’après moi, la cause de mon pressentiment, ce n’était pas ce mariage ou sa jeunesse, mais l’impression nourrie par mon jumeau qu’il était inutile et qu’il perdait son temps, ici, à NYC. Pour ça aussi, je lui en voulais, car, pour ce que j’en savais, il ne faisait rien pour creuser son trou si profondément qu’il en deviendrait incontournable, indélogeable. Il se complaisait dans ces émotions néfastes et menait la vie dure à tout le monde, usant et abusant de la maturité toute relative de Jezabel. Sauf qu’à la différence de lui, elle avançait et dans la bonne direction. Elle se battait quand il abandonnait trop facilement son poste en première ligne. Il agissait comme un lâche, comme un général de guerre qui envoyait ses soldats au combat tandis qu’il demeure bien au chaud dans ses quatre murs, à ruminant ses pertes, mais sans jamais prendre part à la victoire. Autant dire que j’appris à redouter les coups de fil de ma belle-sœur. Lorsqu’elle me téléphonait, je respirais une bonne fois avant de décrocher, histoire de me préparer à une mauvaise nouvelle. Elle viendrait un jour et c’était celui-ci, celui où le sort conspirait à me compliquer la vie. Elle rentrait chez elle, mais il en était hors de question. « J’arrive chez moi dans 15 min. Fais-toi déposer là-bas. Ne pars pas comme ça, pas sans avoir au moins dit au revoir à ton frère. Demain, si tu veux, je te déposerai moi-même à l’aéroport, mais ce soir, tu restes avec nous. » Et qu’importe que Manuel me remonte les bretelles. J’assumerais. Ne m’avait-il pas confié la tâche de veiller sur elle ? De m’assurer que ce mariage ne la détruise pas ? J’avais vécu son hospitalisation et son penchant pour l’alcool comme un échec et il était hors de question que je me rende coupable d’un second sans agir.

Je l’accueillis d’une étreinte, l’installai dans mon divan et je lui préparai une boisson ronde et réconfortante pour lui donner l’illusion d’être en sécurité. Elle l’était, d’une certaine manière, mais elle saignait et je n’étais pas celle qui détenait l’antidote à son mal malheureusement. Je ne pouvais que m’asseoir auprès d’elle, l’écouter et m’insurger contre cet abruti. « Comment ça, il n’a rien dit ? Rien fait ? Ça lui a fait ni chaud ni froid ? Il est con ou il le fait exprès ? » Le souvenir de la colère de Mani, pendant notre voyage de noces, à la simple vue de Teresa s’imposa et je ne sus que penser. Il n’avait jamais été question qu’elle meure avant l’accident. Aujourd’hui, au vu de mon expérience, je peinais à comprendre que Lizzie soit encore en vie. « Il attend quoi ? Qu’elle te fasse du mal ? Je le comprends tellement pas. C’est qu’une pute ! Par définition, il y a que le tram qui ne lui est pas passé dessus. » Une rage sourde s’insinua en moi, parce que je gardai pour moi la vision d’horreur de Cristal sur mon territoire et que je réalisais soudainement que ce n’était pas une bonne idée de me taire. Le problème, c’était que je ne jouirais pas d’opportunité d’éclaircir ce que je ressentais avant un moment, pas tant que le couple Gabriele Gambino ne sera pas rabiboché. « Ce n’est pas grave. Moi, je vais aller lui casser la gueule puisque tu ne peux pas le faire toi-même. Il sera capable d’être vexé, mais moi, il ne saura jamais que c’est moi. Je vais appeler Lyla, tout de suite, on va aller lui casser la gueule tellement fort que sa mère ne la reconnaîtra plus. » J’avais déjà mon téléphone entre les mains, mais je me ravisai en entendant la suite de ses explications.

Quel homme, sur cette putain de planète, ferme la porte à une femme disposée à s’ouvrir sexuellement parlant ? Lequel ? Dans notre monde, ça n’existait pas. Les corps à corps endiablés, tantôt doux tantôt le contraire, c’était un mode d’expression, une méthode efficace pour calmer l’animal qui sommeille en chacun de nous qui côtoyons la violence et ses conséquences au quotidien, que ça soit directement ou à travers notre compagnon. « Je comprends que tu n’aies plus envie. Qu’est-ce que tu veux faire de plus ? Je suis à court de conseils… et tu sais pourquoi ? Parce que c’est des conneries. Ce n’est pas ça le problème. Il y a autre chose. Je le sais depuis un moment, mais on ne partage plus rien lui et moi, du coup, je n’arrive pas à mettre la main dessus. Qu’est-ce qui ne va pas ? Il y a quelque chose qui le rend malheureux, mais c’est quoi ? Parce qu’il est évident que ce n’est pas toi et encore plus évident que ça n’a rien à voir avec Lizzie. Franchement, de toi à moi, s’il avait ne fût que l’ombre d’un sentiment pour elle, il ne t’aurait pas demandé en mariage. Je sais que ça peut paraître dingue, que tu dois avoir l’impression qu’il se fout de ta gueule, mais je ne peux pas croire qu’il soit devenu un enfant de salaud comme ça. » admis-je en saisissant sa main. « Je sais que vous avez vos secrets et je n’aimerais pas avoir à rapporter ceux de Mani, mais…si tu veux que je t’aide, il faut que tu me dises c’est quoi son problème. Son vrai problème. Tu comprends ? Parce que pour moi, c’est la source de tout. Ça ne veut pas dire que le trahit, ça veut dire que tu me cèdes la main pour me battre à ta place, du moins, pour évaluer si ça vaut encore la peine de se battre. »


 






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Jezabel Gambino
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MessageJeu 15 Déc - 15:20





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ft la hermana


Partir, c’était se faire plus de mal qu’elle ne lui en causerait. Elle en avait bien conscience, ce qui rendait les choses encore plus difficiles. Elle hésita à tout ranger alors qu’elle étalait leur peu de souvenirs sur la table de la salle à manger. Elle pouvait décrire avec exactitude le moment où il lui offrit tel objet ou bien ce qu’ils avaient fait après ou avant le cinéma, ce qu’il portait et ce qu’il fit pour la mettre à l’aise ou tout simplement la rassurer. Tout ce qui le concernait était important pour elle, sans doute un peu trop, elle aurait souhaité qu’il en soit de même pour lui, qu’il lui accorde autant d’importance que celle qu’il avait pour lui. C’était impossible et même si elle en avait bien conscience, ce n’était pas moins douloureux pour autant, au contraire. Oui, elle aurait pu rester et attendre un miracle, qu’il lui donne ce qu’elle était en droit d’attendre : un peu de passion, beaucoup de considération et des déclarations enflammées. Cela ne ferait que reculer l’échéance parce qu’il n’abandonnerait jamais sa fierté pour elle, elle n’était que la femme qu’on lui avait choisie et qu’il appréciait parce qu’on l’y avait contraint mais ça s’arrêtait là. A vrai dire, elle aurait pu aisément s’en contenter s’il n’était pas perpétuellement engoncé dans sa froideur et sa rigidité. Cette impression de se fatiguer à faire des efforts tandis qu’il poursuivait sur sa lancée sans rien changer à ses habitudes l’étouffait. Combien de sacrifices devrait-elle encore faire pour qu’il envisage de vraiment la voir ? Et on se demandait encore pourquoi elle avait passé le plus clair de son adolescence à se tenir loin de la gent masculine ? Pour avoir le droit à ce genre de traitement après avoir tout donné d’elle-même ? La douce parenthèse sicilienne était désormais bien loin et elle la regrettait. Elle se fichait que New York agisse sur lui comme un catalyseur à mauvaises idées et à mauvaise humeur, que cette ville le bouffait jusqu’aux entrailles, elle n’y était pour rien. Se rendait-il compte qu’elle n’avait pas seulement quitté sa ville natale mais également son pays ? Toutes les villes américaines étaient faites sur le même modèle, il n’y avait pas de quoi être dépaysé, ça lui faisait un problème de moins, sans parler du fait qu’il maîtrisait l’anglais, contrairement à elle et que son plus gros souci aurait pu se régler assez facilement avec un peu de patience et d’objectivité. Il aurait tout le temps de trouver des solutions maintenant qu’elle ne boufferait plus une partie de son temps et de son oxygène.


« J’en sais rien, j’ai presque l’impression qu’il est content qu’elle soit là, avec le gosse ! » Elle marqua une pause alors que la douleur l’étouffait presque. Elle but une gorgée du liquide chaud de son mug et essaya de ne pas se laisser submergée par l’émotion. « Tout ce qu’il a fait c’est se faire passer pour la victime quand on s’est disputés et puis comme il avait vraiment la haine après moi, il a ajouté que de toute façon, c’était de ma faute puisque je lui avais dit d’y aller et que je ne pouvais m’en prendre qu’à moi pour le fait qu’il soit retourné près d’elle. Il croit dur comme fer que j’ai couché avec un voisin, un porc humain qu’il a massacré dans notre baignoire. J’ai dû tout nettoyer moi-même ! Parce que lui, tu comprends, il a le droit mais moi, non ! Il m’a menacée, me disant que s’il arrivait quoi que ce soit à cette pute, il y aurait des conséquences ! » Elle serra la mâchoire, sentant la même hargne l’envahir et cette furieuse envie de lui faire ravaler son air satisfait de petit chef. « Peut-être qu’il attendait simplement que je lui dise à nouveau d’y retourner, comme ça il aurait eu une excuse parfaite et je serais restée chez nous, à l’attendre, comme la pauvre fille que je suis devenue ! » Elle était prête à tout lui pardonner, absolument tout, parce qu’elle l’aimait profondément et sincèrement, il n’aurait eu qu’à lui dire ce qu’elle voulait entendre avec un soupçon de sincérité, il aurait pu jouer les acteurs de théâtre et mentir, elle n’avait même pas besoin que ce soit vrai, seulement qu’il lui donne l’impression qu’elle était aussi importante que l’inverse. Oh, il le lui avait dit plus ou moins clairement, mais c’était loin et la situation de crise aurait exigé un petit effort de sa part. « Tu vas t’attirer des problèmes avec mon frère, ça n’en vaut pas la peine, je vais rentrer et le laisser mener sa vie comme il en a envie. » Elle ne serait pas spectatrice de tout ça, c’était au-dessus de ses forces. La dernière fois, elle s’était assommée avec de l’alcool, allez savoir dans quoi elle tomberait cette fois et combien elle s’abîmerait pour quelqu’un qui ne le méritait pas. « Tant que ton père lui donnera l’impression qu’il ne le voit pas, ton frère ne verra personne ! Il se comporte comme un enfant humilié et rejeté et il essaie par tous les moyens de tracer sa propre voie en espérant que votre père le remarquera au passage. Ca le rend malheureux et quand ton frère est malheureux, il espère que tout le monde suive ! Je ne lui ai rien fait, je mérite mieux que ça alors que je suis là autant que possible ! » Elle aurait volontiers tout fait pour le porter aux nues et qu’il se retrouve propulsé au sommet mais pas dans ces conditions. Il n’y avait pas que l’enfermement et l’isolement, il y avait tout le reste et cette impression qui lui collait à la peau qu’elle aurait beau tout faire, ce ne serait jamais assez. « On l’oblige à se marier et à revenir ici où il n’a rien et on ne lui propose rien. On nous marie à la va vite, pendant une cérémonie au rabais et puis quelques semaines après, on assiste à un mariage princier. Le tien. Il est heureux pour toi mais il se sent méprisé et comment tu veux qu’il pense autrement ? Comment JE pourrais penser autrement ? Mais moi, ça fait longtemps que je sais que mon père ne fera plus rien pour moi. On vous offre une maison, on va probablement mêler Mani aux affaires d’une façon ou d’une autre et Gaby est laissé sur la touche. C’est un gros boulet en ce qui concerne mes rapports avec lui mais pour ce qui est du traitement auquel il a le droit ici, je ne peux qu’être d’accord. Il a tellement de potentiel, il est intelligent et minutieux, il sait ce qu’il fait, il mérite mieux qu’un restaurant. On se fout de sa gueule ! Mais moi, je ne peux rien pour lui, Cinzia ! »


 






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Cinzia Herrera
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MessageLun 2 Jan - 1:29





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Elle était dévastée et ça me rendait complètement dingue. Aurais-je souhaité me distinguer par mon objectivité que j’aurais lamentablement échouée. Je n’essayai pas. À quoi bon ? Je me moquais bien de déterminer dans quelle mesure elle avait engagé sa responsabilité dans son couple qui volait en éclats. À mes yeux, il n’existait qu’un seul coupable : Gaby. Ses silences, ses sous-entendus et son entêtement la tuaient à petit feu. Il le savait, mais il en faisait rien, strictement rien. Il la rabaissait chaque jour un peu plus en déniant son besoin d’appartenance à un groupe où elle trouverait une place utile. Il lui refusait l’accès par égoïsme et l’empêchait de construire une identité solide, ici, à New York, car il ne pensait qu’à lui, qu’à sa fierté et qu’à son mal-être. Or, ce n’est pas ça le mariage. Ce n’est pas aimé avec un grand A non plus, si bien que je manquais cruellement d’arguments pour détromper la gamine impuissante et désespérée qui sanglotait dans mon salon. Bien sûr, je lui aurais affirmé volontiers qu’elle avait tort et qu’il ne ressentait pour sa maîtresse que du mépris, histoire de la rassurer un peu, mais je disposais pour appuyer mon propos qu’une demande en mariage sur laquelle il crachait avant même que les secondes noces ne soient célébrées. C’était maigre comparé aux faits, car elle avait raison. La place de Lizzie n’était pas dans un appartement huppé et voisin aux siens au cœur de Manhattan, mais sur le trottoir de Chicago à tapiner. Elle n’était rien d’autre qu’une pute et c’était pis encore. Comment pouvait-il humilier sa femme à ce point ? N’avait-il donc aucune conscience de la douleur que ce genre de trahison pouvait causer ? De la difficulté à pardonner ? J’avais eu un mal fou à rendre à ma relation amoureuse les titres qu’elle méritait après l’épisode de Los Angeles et ce n’était pas aussi grave. C’était même bien peu de choses comparées à ce que Jezabel endurait. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que je m’anime d’un extrême besoin de violence. « Hé bien, il sera fâché. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Ça lui passera et je suis sûre qu’il peut comprendre. » crachais-je sur le pied de guerre, le cœur palpitant de colère et mon téléphone dans la main. J’étais prête à appeler Lyla. Nous étions particulièrement douées pour remettre les putains à leur place, mais j’arrêtai mon geste tandis qu’elle manifestait à nouveau son désir de rentrer chez elle, là où elle serait accueillie en paria, là où sa vie serait fatalement menacée. Je la savais malheureuse. Je ne la devinais pas à ce point et je me sentis atrocement ridicule. Tabasser cette rivale qui n’aurait jamais dû en être une, ça lui apporterait un soupçon de réconfort, mais ça ne guérirait pas la profonde blessure de son âme. « Chérie, je… »

Le regard fuyant, je cherchai quelque chose d’intelligent à dire pour la soigner, mais les mots n’avaient pas toujours ce pouvoir, pas s’il venait de moi. Les seuls capables de la sauver devraient provenir directement de la bouche de mon frère et c’était terriblement compromis. « Écoute, il n’a aucune excuse. AUCUNE. Et pour le moment, tout ce qui sort de sa bouche, ce ne sont que des conneries. Mais, je me moque de lui. C’est toi qui m’inquiètes. Alors, on va essayer de ne pas broyer du noir et de ne surtout pas prendre de décisions hâtives comme toi qui rentres au Salvador. En tout cas, pas tant que ton frère n’est pas rentré. » Je la serrai dans mes bras et je l’invitai à se confier davantage sur la source de leur mal. Dans le fond, je n’étais pas surprise. Il demeure, même dans le conflit, une espèce de lien particulier entre mon jumeau et moi. Il me suffit de le dévisager pour me faire une idée sur son état d’esprit. Je savais quand il allait mal avant qu’il se comporte comme le roi des cons, ce qui l’empêcha de l’être souvent en matière de relations. S’il ne m’avait pas fermé la porte… j’aurais pu les aider. J’aurais pu intervenir plus subtilement si la manière offensive le dérangeait. Il me refusa les droits légitimes de veiller sur lui et de respecter mes promesses à mon mari à l’égard de sa cadette. « Tu veux que je te dise ? Toi, tu lui trouves encore des excuses, ce qui signifie que tout n’est pas fini et encore moins perdu et que tu ne dois pas rentrer. Il ne mérite pas que tu te sacrifies et c’est ce qui va arriver si tu rentres. Tu as le droit d’abandonner, Jez. Tu as le droit d’abandonner le combat, mais pas de t’abandonner toi et c’est ce que tu t’apprêtes à faire alors que tu vaux beaucoup mieux que ça. » Je lui aurais bien servi le discours habituel qui consiste à convaincre l’autre qu’il y a une vie après une déception amoureuse, mais elle était bleue de lui et c’était sans doute des boniments qu’elle n’avait pas envie d’entendre. Venant de moi, ce serait d’autant plus déplacé que je jurerais sur mon honneur que j’opterais pour la mort si Mani succombait au combat. « Tu vas rester ici aussi longtemps que tu voudras et que tu en auras besoin pour y voir plus clair. De mon côté, je vais réfléchir pour te donner ce que tu veux. » conclus-je en embrassant ses joues. J’étais sur le point de lui proposer un bain chaud quand on frappa violemment à la porte, ce qui me fit sursauter, tandis que l’identité de l'invité en colère ne faisait aucun doute. Je conseillai à la gamine de monter à l’étage et je la rejoignis un peu plus tard afin de débattre de ma conversation avec mon jumeau. Elle n’était pas à la hauteur de mes espoirs. Alors, à défaut d’une bonne nouvelle, je fis front avec elle contre tous les hommes de cette maison.


***


« Je sais que tu n’as pas envie de discuter avec lui, que tu as l’impression d’être encore une fois celle qui fait les efforts, mais il est là. Ça doit entrer en ligne de compte. Et, en plus, tu dois absolument vider ton sac et le faire de manière à ce qu’on puisse l’empêcher de faire semblant que rien ne l’atteint et qu’il n’a rien à dire. Tu n’as pas envie de savoir ce qu’il a sur le cœur ? Tu ne veux pas savoir où se situe exactement la vérité ? » lui expliquais-je avec douceur alors qu’elle ne prétendait pas sortir de son lit ou même quitter la chambre d’ami. « Jez… Tu m’entends ? Tu n’as pas envie de me répondre ? Parce que si tu n’as pas envie d’avoir toutes les cartes en main pour prendre la bonne décision, demande-le divorce, tout le monde gagnera du temps. » Je la houspillais avec agacement, car je la trouvais injuste de se braquer à ce point. Pas à l'égard de Gabriele. Lui, il était le cadet de mes soucis, mais vis-à-vis de moi qui me démenais pour elle et qui me disputais avec mon mari pour rendre justice aux sentiments de ma belle-sœur. Avec le recul, je regrettai lourdement d’avoir tant insisté afin qu’elle assiste à cette médiation. Ce fût un véritable fiasco et, au terme d’une longue conversation avec Manuel, je grimpai à l’étage pour la retrouver, priant qu’elle accepte de m’ouvrir et qu’elle ne se saoule pas avec une bouteille qu’elle aurait cachée dans ses affaires. Ce serait la pire des choses à faire. « Jez, c’est moi. Tu peux m’ouvrir, s’il te plaît ? J’aimerais bien discuter avec toi et te présenter mes excuses aussi. Je n’aurais pas dû te forcer la main, mais j’ai vraiment cru que ça pourrait vous aider. » Je poussai un soupir de soulagement quand elle m’invita à entrer. « Comment tu te sens ? » lançais-je bien consciente que c’était une question idiote. « Et, qu’est-ce que tu as l’intention de faire ? Parce que tu sais, je crois que ce n’est pas une vraie demande de divorce, hein, et je ne suis pas la seule à le penser. »      



 






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