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You're gonna miss me so bad when i'm gone [Holly&Sam]
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MessageJeu 17 Nov - 22:10

Les jours se sont écoulés et se sont transformés en semaines. Depuis, notre dernière soirée passée ensemble, mes rapports avec Sam étaient tendus. On ne se faisait pas la gueule mais ce n'était plus comme avant. Ça se voyait, ça se sentait: j'étais malheureuse et plus que jamais, je souhaitais me retrouver dans le monde d'Harry Potter et d'avoir le retourner de temps. Mais hélas nous n'étions pas dans ce monde. Et je vivais avec la conscience d'avoir fait quelque chose de mal. De terriblement mal. C'était une souffrance constante, elle me tétanisait, elle me donnait mal au bide, me faisant perdre tout envie de rire, de profiter de la vie et de la croquer à pleine dent comme j'avais l'habitude de faire. Hélas. Il n'était pas possible de remonter en arrière. Et je devais vivre en sachant que j'avais franchi un cap avec Sam. Coucher avec lui ne faisait pas partie de mes projets. Bien sûr, j'aimais mon meilleur ami du plus profond de mon cœur. Je l'aimais a en crever. Mais ça ne voulait pas pour autant dire que je cautionnais ce qu'il s'était produit. On avait bu, on avait eu une journée harassante mais cela justifiait-il d'agir ainsi? Je ne crois pas. Ce n'était pas du tout dans mes plans. J'avais paniqué au matin et je n'avais eu d'autre choix que de croire en l'erreur fatale. Oui, les choses n'auraient pas dû se passer ainsi. Nous n'aurions pas dû franchir les barrières de notre amitié pour aller au delà de notre fraternité inconditionnelle. Ce n'était pas ce que j'avais imaginé avec Sam. Et pourtant, le paradoxe était d'être folle de lui. Et bien plus encore sauf que l'on se voyait moins. Il y avait trop de gêne entre nous. Pourtant, j'avais été voir Mani, j'avais discuté avec lui, essayant de trouver une solution dans tout cela. Il m'avait dit d'être franche avec Sam, d'avoir une bonne discussion avec lui. Mais sitôt que l'idée avait germé, j'avais appris qu'il diminuait sa présence au travail. Je ne savais pas qu'il bossait pour Mani, je n'avais pas revu ce dernier d'ailleurs. Aussi, étais-je vraiment persuadé qu'il me fuyait. Ça m'avait vraiment refroidi quand à l'idée de lui parler. Pourtant, au lendemain de notre erreur, il m'avait dit ne pas regretter notre folle aventure nocturne. Mais malheureusement, si ses paroles avaient un sens, les actes me renvoyaient vers une autre idée.

Aujourd'hui, les choses n'ont pas changé. Je ne décolère pas. Je trouve ça dommage et triste. Tout ceci me fait de la peine mais je me garde bien de le lui dire. Que pourra-t-il me rétorquer hein? Il ne bosse plus autant qu'avant à la caserne. Ça me fait chier parce que dans le fond, au boulot, on est une équipe du tonnerre: on fonctionne super bien et ces derniers temps, on m'a attribué un autre coéquipier quand Sam n'est pas là. Je ne l'aime pas et je le lui fais sentir. Bref je suis teigneuse mais c'est pas bien que la solution est évidente: il faut que je lui parle. Il faut dire que j'ai été la première à refuser toute conversation concrète au lendemain, j'ai préféré me dire que c'était une erreur. Aussi, les torts me sont applicables à moi entièrement. Et après mûres réflexions, je me décide à lui parler. Il me manque trop de toute manière, ça devient impossible de vivre sans lui, de ne pas pouvoir lui parler, de rire avec lui, d'entendre le son de sa voix. J'en ai marre de cette gêne et de toute façon, au point où nous sommes, il faut que je lui parle, il faut que je lui avoue la vérité. Je l'aime... Je l'aime à la folie mais si je suis amoureuse de lui, cela ne veut pas dire que je souhaite le perdre. Je lui demanderai la solution à mettre ne place pour que tout redevienne comme avant. Aussi, c'est avec un entrain nouveau que je me prépare pour aller bosser aujourd'hui. D'ailleurs, Sam ne bosse pas bien évidemment mais qu'importe, j'irais chez lui et on verra bien. Aussi, la journée passe. Je suis de meilleure humeur ce qui surprend mon partenaire. Et puis, finalement, la journée touche à sa fin, je prends une douche et m'habille de mes vêtements habituels. Et cette fois-ci, je me rends chez Sam. Durant le trajet, je ne peux m'empêcher d'avoir une boule a l'estomac. J'ai un peu la pression, je ne sais pas comment il va réagir. Mais je tiens bon et je me force à ne pas rebrousser chemin.

Ainsi, je finis par arriver à bon port. Je me trouve devant sa porte et là aussi, je suis pleine d'hésitation. Que dois-je faire? Toquer? Prendre la clé de secours sous le paillasson? J'en sais rien et finalement, je me dis qu'il vaut mieux rester polie. Si d'ordinaire, j'ai été habitué à trouver Sam au lit avec une autre... Là, je crois que je le vivrais mal. Inspirant une grande bouffée d'oxygène, je finis par toquer à la porte, attendant quelques instants. Je n'entends pas de bruit. Sans doute doit-il bosser? Où il est occupé ? Ou pas là... Je commence déjà à mal le vivre mais finalement, la porte s'ouvre et je sens mon cœur bondir dans ma poitrine tandis que je l'observe. "Sam..." Je déglutis difficilement et essaye de rester digne. "Bonsoir... je te dérange peut-être? Je peux entrer?" Je finis par demander. Il s'écarte et j'entre dans ce lieu ô combien familier. Les odeurs assaillent mes narines et durant un temps, j'ai presque envie de me mettre à chialer. Mais je pleure rarement alors ce n'est pas le moment de m'effondrer. Reste digne Holly! "Je suis contente de te voir. Je suis désolée de te déranger mais j'avais besoin de te parler depuis.. La dernière fois. " J'inspire bruyamment et je prends mon courage à deux mains. "Tu me manques Sam et j'ai pas envie de te perdre, putain. Si je pouvais décrocher la lune pour que tout redevienne comme avant, je le ferais. Le problème est que je n'ai pas la solution. Et puis, tu sais, il y a une chose que je voudrais que tu saches.. C'est que je..." Et je me tais, paralysée par une trouille monstre. J'arriverais jamais à lui dire la vérité.
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Sam Haynes
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MessageMar 22 Nov - 15:27

Pendant des années, il avait craint d'avouer ses sentiments à Holly, ne sachant pas exactement quels mots pouvaient décrire ce qu'il ressentait. Pendant des années, il avait préféré garder tout ça pour lui et éviter de la perdre ou de les mettre dans une situation délicatement embarrassante. Bien que beaucoup lui avaient conseillé de se dévoiler afin de ne pas avoir de regrets "plus tard", il avait choisi de faire l'autruche et prétendre que ces questions, ces doutes et ces espoirs n'existaient pas. C'était bien plus facile de jouer à l'ami sans rien tenter et ne pas essuyer un échec et un refus cuisant, que d'affronter la réalité et faire face à la souffrance des mots qu'elle aurait pu lui dire. Des années qu'ils étaient amis. Des années qu'ils se côtoyaient, rigolaient et passaient des soirées entières ensemble sans que jamais rien n'ait dérapé. Des années qu'ils supportaient leurs "conjoints" respectifs, ne les appréciant jamais et ne cherchant jamais à y changer quoique ce soit. Pourquoi les choses avaient-elles changé ? Pourquoi ce soir-là avaient-ils décidé de baisser les armes ? Pourquoi s'était-il laissé emporté par ses sentiments, ses émotions et son coeur ? Pourquoi ne pas avoir réussi à en rire plutôt que de céder à la tentation ? Il n'avait pas les réponses. Il savait juste qu'il ne regrettait rien. Il savait juste qu'il ne pouvait plus prétendre. Il savait juste qu'il ne pourrait pas retourner en arrière. Il savait juste qu'il ne serait plus jamais le même. Qu'il n'aimerait plus jamais pareil. Qu'il ne pourrait jamais plus faire l'amour à une autre femme sans penser à elle - et dire que c'était déjà le cas avant était une bonne blague. A présent, c'était concret. Est-ce que cette nuit méritait de gâcher leur amitié ? Non, bien sûr. Mais à ses yeux, elle ne la gâchait pas. Elle l'améliorait. Qu'en était-il pour Holly ? Il l'ignorait ça aussi, puisqu'elle le fuyait comme la peste - et lui aussi fallait qu'il l'admette. Il avait choisi de prendre du recul au niveau de la caserne. Il avait demandé à prendre quelques jours de congés - acceptés - et il pensait sérieusement à faire un temps partiel. Mani lui avait déjà demandé à plusieurs reprises s'il était intéressé par plus d'heures - notamment pour assurer la protection de sa femme - et il hésitait, hésitait et hésitait encore. Il avait fini par accepter. A conditions qu'il puisse continuer son métier à côté - il ne pouvait pas être lui-même s'il n'était pas secouriste. Aussi avait-il eu pleins de choses auxquelles penser sans que cette histoire avec Holly ne le rende totalement barjot ou malade.

Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle débarque un soir à sa porte. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle ne prévienne pas. Pourquoi, d'ailleurs ? Elle était spontanée, imprévisible et pleine de surprises après tout. C'était totalement elle. Totalement plausible. La revoir après tous ces jours sans qu'ils aient pu parler et échanger le moindre mot le bouleversait un peu trop. Une boule se formait déjà dans son ventre, mais il fit comme si de rien n'était, se décalant pour la laisser entrer. Elle était prête à parler et à mettre les choses au point, mais s'était-elle dit que lui devait l'être ? Forcément, puisqu'il l'était dès le premier jour. Pourtant, non. Il n'était pas prêt. Pas prêt du tout. Pas prêt à entendre toutes ces choses qu'il s'était imaginé entendre. " Je dois partir un peu plus tard. Mais pour l'instant, tu ne me déranges pas, " dit-il simplement. Il avait rendez-vous avec Mani et Cinzia et ne souhaitait pas être en retard, cependant il avait un sacré nombre de minutes d'avance. L'idée de partir les rejoindre en sale état émotionnel ne l'enchantait pas mais il avait la chance de savoir garder pour lui ses émotions - surtout quand il s'agissait de déception, de frustration et de colère. " Tu veux un soda ? Un jus de fruit ? " Il ne proposerait pas d'alcool. Il se dirigea vers la cuisine pour préparer quelque chose à boire, peu importait quoi tant qu'il s'occupait les mains à vrai dire. " Je me demandais quand tu finirais pas réapparaitre. Mais puisque tu es enfin prête pour en parler, je suppose qu'il le faut, " lui lance-t-il en lui apportant son verre, non sans la lâcher du regard. Il était en colère lui aussi, réalisait-il tout à coup. En colère car il l'avait attendu. En colère car il fallait qu'il se plie à sa volonté. En colère parce qu'il savait, suffisait de la regarder, que cette conversation ne lui plairait pas. Pourtant, les premiers mots sortant de sa bouche l'apaisent et le rassurent et il arrive à se détendre un peu. C'était tellement stupide de prendre des pincettes, surtout pour eux deux qui avaient toujours eu pour habitude de tout se dire. Il soupira en passant une main sur son visage, las depuis ces derniers jours. " Je ne sais pas pourquoi tu t'es mis en tête que ça changerait quoique ce soit entre nous, et pourtant Dieu sait que je l'ai longtemps cru. Holly, " dit-il en la regardant. " Nous sommes amis depuis des années. Tu as toujours été là, à mes côtés, dans les bons comme les mauvais moments. Tu ne m'as jamais tourné le dos, et je crois pouvoir dire que j'ai moi-même toujours été là pour toi. A mes yeux, il n'y a rien qui puisse... gâcher notre amitié. Je suis désolé si tu penses que ce qui s'est passé nous éloigne. " Que c'était dur d'accepter les mots qui sortiraient de sa bouche dans les secondes suivantes, mais pourtant il ne pouvait pas ne pas les dire. Il avait besoin de Holly dans sa vie, sans elle il n'était plus rien. " Si tu préfères faire comme si rien ne s'était passé... je l'accepterais. Si tu regrettes et que ça te ronge à ce point, je l'accepterais. Si tu me dis maintenant, " continue-t-il en s'approchant d'elle lentement, " que ça ne signifiait rien et que c'était une monumentale erreur, je l'accepterais. " Non, il ne l'accepterait pas. Mais il ferait avec. Il était à quelques centimètres d'elle à présent. " Que voulais-tu me dire ? " finit-il par lui demander après un temps silencieux interminable. Si elle ne parlait pas, il risquait fortement de perdre les pédales et de commettre de nouveau l'erreur de lui sauter dessus - quoique non, c'était elle qui s'était jetée sur lui la dernière fois. Et il aurait sans doute chuté de nouveau si on n'avait pas frappé à la porte à cet instant. Il ferma les yeux un instant en soupirant avant d'aller ouvrir et de se retrouver nez à nez avec une jeune femme, blonde, inconnue. " Bonsoir, je peux vous aider ? " demanda-t-il après un instant d'hésitation. " Bonsoir... euh... vous êtes Sam Haynes ? " demanda-t-elle timidement. " Oui, c'est moi, " confirma-t-il se demandant bien ce que la jeune fille pouvait lui vouloir. " Je suis désolée de débarquer aussi tardivement, mais j'ai terminé le boulot tard et... enfin bref, je m'appelle Sasha. Sasha Brooks. " Il resta inerte un instant, attendant de savoir où elle voulait en venir. Moment silencieux. Moment awkward. " Je suis votre fille, " lui annonça-t-elle alors sans crier gare. Sam, habituellement difficile à choquer, ne put qu'entrouvrir les lèvres comme pour parler, sans qu'aucun mot ne sorte, et bloquer son regard sur celle qui venait pour sûr de bouleverser sa vie entière.


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MessageVen 2 Déc - 21:59

Je suis super intimidée. J'ai l'impression d'être arrivée chez quelqu'un que je ne connais pas. Le stress est intense, immonde, j'en ai des aigreurs a l'estomac. Je pourrais même gerber sur le sol mais ce n'est pas le but de l'opération. Déjà qu'il me fasse entrer chez lui, suffit à me rassurer. Sa voix m'apaise, me fait du bien et pourtant, elle me fait tressaillir et je ne sais pas quelle attitude vraiment adopter tant je suis mal à l'aise. Il faut vraiment que tout cela change, que nous puissions repartir sur des bonnes bases. Il me manque. Cet homme c'est mon meilleur ami : il est ma famille et mon quotidien. J'ai besoin de lui pour tout ce qu'il est... Alors pourquoi c'est si difficile à dire, pourquoi ça fait si mal que j'ai l'impression que le cœur est aux bords des lèvres, qu'il va exploser. "Un soda c'est parfait." Je me contente de répondre avec un sourire tandis qu'il part me préparer ça. Durant ce laps de temps, j'inspire et j'expire doucement. Et quand il revient, je le remercie et déballe tout ce que j'ai sur le cœur. J'en ai besoin. Ça fait du bien. Cependant, ce n'est pas ce que j'ai envie de lui dire. Oh non... Moi je rêve de tout lui avouer, de lui confirmer que je l'aime a en crever, que lorsque je parle de décrocher la lune pour que tout aille mieux, c'est à moitié vrai. Moi, pour Sam, je ferais tout et n'importe quoi et pour n'importe quelles raisons sans forcément chercher à obtenir le pardon. Je l'aime et ça suffit à ce que je puisse faire tellement de choses, y compris à ignorer l'amour pour me concentrer sur l'amitié. Mais je suis encore hésitante et ce, depuis notre nuit. Je pense, durant certains instants, que Sam l'a autant désiré que moi. Il y a des regards, des gestes et des mots ne trompant pas. Il a clairement dit qu'il avait attendu ça depuis longtemps, sans que je ne comprenne véritablement le sens. Avait-il juste envie de moi afin que je sois un trophée supplémentaire sur son tableau de chasse ou bien était-je le fruit d'un désir incontrôlé et insatisfait depuis de nombreuses années comme le mien ? La question est demeurée entière et encore aujourd'hui, je me pose de nombreuses questions sans trop savoir quoi penser. 

Moi je sais que j’aime Sam. Je me dis que le temps est venu de le lui dire, de briser la glace sur ce secret si longtemps gardé. A force, j’ai parfois l’impression que la terre entière est au courant sauf lui-même. Pourtant, je n’y arrive pas. Je suis encore limitée à cette peur de le perdre, cette idée effrayante qu’il puisse un jour m’échapper et que je ne puisse pas le rattraper. Je ne pourrais pas vivre sans Sam. Je ne pourrais pas avancer dans la vie sans lui. Il est mon pilier, mon sourire quotidien et cette voix que j’entends depuis si longtemps déjà. La même qui finit par me parler, résonnant comme un funeste écho en moi. Je ne sais pas quelle posture adopter, alors je me contente de le fixer, le visage teintée d’une expression neutre. Il finit par me dire qu’il est désolé de ce qu’il s’est passé, du moins pour ce froid installé entre nous désormais. Il est prêt à faire l’impasse sur ça, prêt à tourner la page pour que tout redevienne comme avant. Et étrangement, après avoir parlé à Mani, je me rends bien compte que je ne peux pas faire les efforts nécessaires pour que tout redevienne comme avant. A force, je me rends compte combien je gâche ma vie ainsi, combien je passe mon temps à attendre l’amour d’un seul homme, délaissant celui des autres. Suis-je passée à côté de l’homme de ma vie ? Je ne le pense pas. L’homme de mon existence se trouve en face de moi, se rapprochant de moi pour n’être qu’à quelques centimètres de moi. Bon sang ! A agir ainsi, j’ai presque envie de me jeter sur lui, de laisser la fougue me saisir à nouveau, de me convaincre que cette fois-ci, ça ne sera pas une erreur. Pourtant, je reste sage. Et un sourire apparaît sur mon visage pendant que j’avance d’un pas pour me blottir contre lui. Mon cœur se gonfle d’amour lorsqu’il me demande ce que je voulais dire. C’est si évident : les mots sont au bord de mes lèvres, ne demandant qu’à devenir un son distinct qui voudra dire beaucoup et nous changera à jamais.

Mais quelques coups se font entendre. On toque à la porte et finalement, je n’ai pas la possibilité de l’enlacer. Je me demande qui ça peut bien être et au vu de l’expression de Sam, ce n’est visiblement pas une visite attendue. De toute manière, il m’a parlée d’aller bosser après. Alors… Je le laisse se diriger vers la porte et l’ouvrir, apercevant une jeune femme blonde devant l’encadrement. Elle demande si c’est ici la maison de Sam. Je reste silencieuse l’observant, me demande ce qu’une ado peut bien faire ici. En la dévisageant, j’ai comme un frisson parcourant mon échine. Ce frisson devient presque les symptomes d’une crise cardiaque lorsqu’elle lui dit « je suis votre fille ». « SERIEUSEMENT ?! » Je m’exclame dans un hurlement exaspérée. Non mais c’est quoi ce putain de monde à la con ? Une fille ? Bien sûr, oui !!! A quelle heure ? Depuis quand ? DEPUIS QUAND. « Et t’espères quoi? Qu’il te dise “Luc je suis ton père?!” » Dis-je en m’avancant et en toisant la gamine de tout le mépris don’t je suis capable. Je ne suis pas forcément la personne dotée des meilleures réactions, surtout quand il s’agit de Sam. Je suis peut-être spontanée et surtout, je prends trop les choses à cœur. Je veux dire… C’est quoi ce monde pourri ? J’étais vraiment prête à avouer mes sentiments, à lui dire tout mon amour. Mais visiblement, le destin se joue de moi. Mon regard alterne entre la jeune fille et Sam, et j’ajoute d’une voix froide. « C’est une blague n’est-ce pas ? Parce que si c’est le cas… Ce n’est pas vraiment pas drôle… »
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Sam Haynes
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MessageMar 13 Déc - 8:59

Ces derniers temps, il pensait énormément au passé, au présent et au futur. Au fait qu'il n'aurait sans doute jamais aucun descendant et que son nom disparaîtrait une fois qu'il irait six pieds sous terre. Il lui arrivait de se dire qu'il le regrettait. Il lui arrivait de se dire qu'il avait manqué une tape dans sa vie. Puis, il lui arrivait de penser que c'était pour le mieux. Qu'il n'aurait pas été un bon père. Qu'il n'avait pas la fibre paternelle. Non seulement ça le rassurait et l'empêchait de trop penser et de trop regretter, mais ça l'aidait également à ne pas culpabiliser. Depuis que Mia lui avait confié avoir porté son enfant quelques semaines avant de prendre la décision de ne pas le garder - car ils n'étaient pas destinés à être ensemble et à construire une famille soudée et unie - il n'était pas au top de sa forme. Il ne pouvait cesser de se demander si les choses avaient été différentes, aurait-elle pris une autre décision ? Seraient-ils encore ensemble aujourd'hui ? Seraient-ils parents ? Il lui suffisait de penser à Holly pour savoir que Mia avait pris une douloureuse décision, mais une décision qui avait du sens. Il adorait cette femme et aurait été prêt à tout pour elle, mais son coeur - maudit soit-il - avait toujours appartenu à une autre et ces derniers jours il avait finalement accepté le fait qu'il n'appartiendrait jamais à personne d'autre. Holly était celle qu'il aimait. Celle qui lui donnait envie de se lever le matin, de se coucher le soir, d'affronter les jours qui suivaient - avec le sourire et la bonne humeur - et qui lui donnait envie de croire au possible. Elle était la seule avec qui il souhaitait passer le restant de ses jours, et la seule à qui il ne parvenait pas à l'avouer.

Pourtant, là, tandis qu'elle lui faisait face et que le malaise se lisait clairement dans son regard, il était prêt. Prêt à lui dire qu'il l'aimait. Prêt à lui dire que pour lui ce n'avait pas été une erreur, qu'un coup comme ça. Prêt à lui dire qu'il avait attendu ce moment toute sa vie car il se languissait d'elle. Prêt à lui dire que s'il avait divorcé de Mia, c'était parce qu'il ne pouvait pas envisager d'autre avenir qu'avec elle. Oui, il était prêt. Ce dont il n'était pas prêt cela dit, c'était de la suite de la soirée. De la jeune fille - blonde aux yeux océans - qui viendrait bouleverser son monde d'un coup de massue sur la tête. Ça non. Il n'était pas prêt. Pas prêt à entendre qu'il était père - Oh surprise ! Pas prêt à voir Holly offusquée, outrée et dépassée par les événements. Pas prêt à gérer tout ça d'un coup. Pourtant, il n'avait clairement pas le choix. " J'ai une tête à blaguer ? " s'offusque la jeune femme - sa fille ?! " Je ne suis pas venue pour causer des ennuis, foutre le bordel dans votre petit couple adoré et j'espère bien vous laissez vite régler vos querelles d'amoureux. J'ai juste besoin d'une signature d'un parent, biologique malheureusement. " Elle avait fait tomber le masque de la gêne, laissant découvrir une jeune fille pleine de répondant, de mordant et suffisamment mâture pour obtenir ce qu'elle désirait. Indépendante. Mais qui était-elle ? Il le saurait s'il avait eu une fille... surtout de son âge bon sang. Elle se trompait forcément. " OK. Désolé mais je crois qu'il doit y avoir une erreur, je ne peux pas être ton père. Déjà un, je le saurais. Deux, tu as quoi 16 ans ? Je n'aurais certainement pas attendu tout ce temps pour jouer mon rôle, " pour ne pas dire "je ne t'aurais pas abandonné". " Je ne suis pas là pour vous culpabiliser, je ne vous en veux pas. Mais vous êtes bien mon père. Sam Haynes, le footballer du lycée, le bad boy qui faisait tourner la tête des filles... j'ai eu la merveilleuse chance de rencontrer mes grands parents - à défaut de rencontrer ma mère, Callixte - qui m'ont envoyé sur les roses en me donnant votre nom. " Il écoutait fixement, incapable de prononcer le moindre son tandis qu'elle parlait clairement, avec une légère pointe d'ironie dans la bouche. Elle sortit un stylo et un papier, réitérant sa demande de signature. Sérieusement ?

" Callixte. Ferguson ? C'est ta mère ? " Il se souvenait parfaitement de la jeune fille. Une jolie brunette qui faisait partie de l'équipe des pompom girls, dont les parents plutôt stricts lui interdisaient absolument tout écart possible et inimaginable - notamment de s'approcher de lui. Elle avait été sa première petite amie. Sa première fois. S'il ne l'avait pas aimée comme on aime un grand amour, il l'avait beaucoup appréciée et n'avait jamais joué avec elle. Elle avait quitté le lycée et la ville, sans vraiment dire au revoir ni même lui écrire par la suite et il n'avait pas cherché plus loin. C'était la vie, tout simplement.

Et voilà qu'aujourd'hui il se retrouvait face à son portrait craché - version blonde. Le blond, elle devait tenir de lui. Car plus il la dévisageait et l'écoutait, plus il réalisait qu'elle disait sans doute une vérité effrayante. Les lourds secrets avaient tendance à trop exploser ces derniers temps et il eut la décence de penser qu'à force, il allait en faire un infarctus. " Holly... " dit-il en se tournant vers sa meilleure amie. Comment pouvait-il s'attendre à ce qu'elle soit calme et qu'elle accueille la nouvelle avec le sourire ? Ils devaient parler d'eux. Mais il lui fallait gérer chaque chose en son temps. " Tu veux bien rentrer une minute, Sasha s'il te plaît ? Tu ne vas pas t'attendre à ce que je signe quoique ce soit comme ça, 5 minutes à peine après ton entrée fracassante, hum ? " Si elle s'imaginait qu'il l'enverrait bouler comme ses enfoirés de grands parents, elle serait déçue. " Holly est ma meilleure amie. Et même si ça ne se voit pas comme ça, c'est un régal que de l'avoir près de soi. " Il adressa un regard à la jeune femme, la suppliant de ne pas le condamner, de ne pas hurler ou s'emporter tant qu'ils n'auraient pas de réelle certitude quant à l'identité de la jeune fille - mais clairement Holly était dans tous ses états. " J'ignorais que je... Que je pouvais être papa. Cal est partie sans prévenir, m'a dit qu'elle accompagnait des parents et déménageaient dans une autre ville, et j'avoue que j'ai pas cherché à comprendre et je ne me suis pas du tout douté que. .. " Enfin. Voilà quoi. " Je peux emprunter vos toilettes ? " demande la jeune fille nonchalamment - fronçant les sourcils quand son regard se posait sur Holly. Il lui indiqua la direction de la main et du doigt avant de se passer une main dans les cheveux. Bordel de merde. " Ce n'est pas du tout la soirée que j'imaginais. .. je suis désolé. Sincèrement. Holly... je ne m'attendais pas à ça. S'il te plaît, regarde moi, " lui demande-t-il la sentant sur les nerfs. " Je vais régler cette histoire au plus vite, choc ou pas il faut que je gère ça. .. mais il faut qu'on parle de l'autre soir. Il est hors de question que je passe une semaine de plus sans pouvoir te parler, Holly. Ça a été un enfer ces derniers jours, " lui avoue-t-il sans honte. Comment lui dire ce qu'il a sur le coeur quand une adolescente se trouvait chez lui, prétendant être sa fille ? La minute d'avant, ça semblait adéquat et parfait, maintenant ça semblait déplacé et pas du tout approprié. Tu parles d'une situation délicate.


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MessageDim 25 Déc - 22:23

Sérieusement. SÉRIEUSEMENT QUOI. Une fille putain ! La fille de Sam ! Je n’en crois pas mes yeux, mes oreilles. Mon cœur bat la chamade et je fais de gros efforts manifestes pour ne pas exploser de rage. Franchement, j’étais venue pour faire la paix, pour oser dire ce que j’ai conservé depuis tant d’années. Je n’aurais pas cru que je vivrais cela. Franchement, c’est dans quel film qu’on a vu ça dernièrement, hein ? Franchement, je ne sais pas ce que le scénariste nous veut mais là, ça tient du gros n’importe quoi et JE SUIS HORS DE MOI ! Je vais péter un câble. J’ai presque envie de taper dans un mur mais à défaut d’avoir la satisfaction de voir un trou, je vais juste me boiter la main et ça, vaut mieux éviter. Forcément, je deviens hargneuse avec cette gamine. Elle n’a rien fait mais en tout cas, elle me nique ma soirée et ça me soule. Vraiment. Je serais capable d’être désagréable avec la terre entière de toute façon. J’ai même envie de partir de chez Sam et d’aller pousser tous les gens que je pourrais rencontrer dans la rue. Holly la violente est là. Mais à juste titre. Et en plus, la blonde ne se laisse pas démonter par ma remarque. Non mais elle me cherche là ?! Je la regarde d’un air glacial tandis qu’elle me fait bouillir un peu plus, semblant croire que nous sommes en couple avec Sam, qu’elle ne désire qu’une signature avant de nous laisser tranquille. « Baisse d’un ton et descends de ta chaise… » je grommelle entre mes mains. Ma main me démange presque et je pourrais bien lui foutre une claque dans le gniard. QUAND JE VOUS DIS QUE J’SUIS VENERE D’ABORD ! Elle n’a pas le loisir de répondre que Sam, avec sa douceur habituelle, reprend la parole, visiblement peu convaincu d’être père. « Et je suis bien d’accord ! » Je renchéris en croisant les bras et en regardant l’adolescente. A cet instant, pendant que je la dévisage, je ne peux m’empêcher de ressentir un frisson le long de ma colonne vertébrale. Je me dis que c’est une illusion d’optique, peut-être la mauvaise lumière ou autre… Mais pourquoi a-t-elle un semblant d’expression similaire à Sam.. ? Non ça doit être mon cerveau fatigué. J’ai bossé dur… Oui oui ça doit être ça. Sauf qu’à ce moment où je suis plus ou moins convaincue, la fille, Sasha, reprend la parole communiquant des détails qu’à son âge, elle ne peut savoir. Cela concerne tout ce que Sam a été à l’école jusqu’à ce qu’elle indique que sa mère s’appelait Callixte. « Attends, Callixte.. ? » Je fronce les sourcils, réfléchissant mais Sam répond à ma place confirmant qu’il s’agissait de Callixte Ferguson, premier amour de Sam.

Oh putain… Bien sûr. « Comment ne pas l’oublier… » Je souffle, dépitée. Comment ne pas l’oublier JE VOUS LE DEMANDE !!! J'ai tellement haï cette fille d'avoir été sa première histoire, sa première fois. Tout ça, je m'en souviens d'en avoir pleuré pendant de nombreux jours avant de choisir le meilleur ami de Sam pour ma propre première fois. Qu'ai-je voulu prouver rien? Je voulais juste le rendre jaloux. Je n'ai jamais su si ça a porté ses fruits. Enfin, en tout cas, je me dis que si je peux détester la fille comme j'ai détesté la mère, ça me va!! Je suis vraiment à deux doigts de me casser d’ici. Ça me gave vraiment. En plus, maintenant qu’elle a parlé de cette cruche, je me rends compte combien la ressemblance est frappante. La voix de Sam me déloge de ma fixation sur la gosse. Il a cette voix calme et apaisante, il n'a pas envie que je m'en aille, ça ne peut être que ça : mon regard se porte, neutre et tellement dénué de chaleur. « Je ne pars pas. » Je lui dis d’une voix froide, sans appel. Je comprends qu’il ait besoin de moi. Il a l’air désemparé je dirais. Aussi, partir serait impensable. Je n’ai jamais fait ça envers mon meilleur ami. Ce n’est pas le moment de le faire. Et d’ailleurs, il remet les choses dans ce qu’elles sont, confirmant à cette fille que je ne suis pas la petite amie de son… de son… Argh, j’arrive pas à le dire. Mais en tout cas, j’suis pas en couple avec son daron alors elle descend de sa chaise !!! Cette dernière finit par partir aux toilettes et je trouve ça extrêmement bizarre en soi. Mais je ne dis rien, me contentant de rester droite comme un i. Le cœur saigne. J’ai presque envie de chialer mais je tiens bon. Je vais être forte. Je vais serrer les dents et tout ira bien. Ce ne sera pas la première fois que je pleure pour lui, alors bon… Cependant, je me sens défaillir lorsqu’il s’excuse, puis me demande de le regarder. Mes doigts se crispent et je dois faire de grands efforts pour ne pas flancher. Mes yeux virevoltent vers lui et je l’observe sans rien dire. Mon regard reste froid. Oui, je lui en veux d’avoir fait le con il y a bien des années en arrière. Je lui en veux beaucoup. Mais le pire est que je m’en veux à moi-même également. Tellement, c’est juste pas possible comme ça me bouffe le cœur et l’esprit. Je suis tellement en colère. Je ne sais même pas comment je vais réussir à continuer sans péter un câble, en continuant à garder toutes ces émotions en moi. Le ton qu’il emploie suffit à faire chuter la colère, à me calmer sans pour autant la faire partir complètement « Sam…J’étais venue pour parler de la dernière fois justement.. J’avais besoin de te voir, de te dire la vérité sur pas mal de points. Mais en l’état actuel des choses, je crois bien que ce n’est, ni le moment, ni l’endroit pour parler de tout ça… » Je ravale une boule se formant dans ma gorge. C’est douloureux, j’ai l’impression d’avoir un rhume énorme. « Qu’est ce que tu comptes faire ? Jouer au papa et à la maman ? » Ma voix est accusatrice, mon regard fermé. Bien que l’implosion n’ait eu lieu, que la colère soit redescendue, elle n’est pas pour autant partie. « Je crois bien qu’il faut que je m’en aille. Je risquerais d’être de trop. Je risquerais d’entendre et de voir des choses qui ne me plairont pas… Et je suis vraiment à deux doigts de péter une durite.. » Je ne suis pas la fille parfaite, je suis bourrée de défauts et on pourra aussi dire que je suis égoiste. Je ne pense qu’à moi en priorité et après aux autres. Et effectivement, les ressentis de cette adolescente me semble secondaire. J’irais jusqu’à me dire qu’au pire, elle n’a pas eu de père jusqu’à présent, aussi, elle peut très bien s’en passer encore. Mais je demeure silencieuse, préférant ne pas blesser Sam. La colère me domine plus qu’autre chose. « Appelle-moi quand ça sera plus « calme » Sam. J’ai tant à te dire. »
 
 
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Sam Haynes
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MessageLun 2 Jan - 17:54


Qu'avait-il fait au bon Dieu pour mériter une telle pagaille dans sa vie ? Et il ne parlait pas seulement de l'arrivée de cette jeune fille - prétextant être sa fille. Il ne parlait pas seulement de cette situation ambigüe et apocalyptique entre Holly et lui. Il ne parlait pas seulement de son job et sa possible reconversion totale en garde du corps pour Cinzia Herrera. Il ne parlait pas seulement de Mia et des dernières nouvelles qu'elle lui avait annoncé. Il ne parlait pas seulement de la rencontre violente qu'il avait eu avec Madmax. C'était un tout. C'était une accumulation de choses, choses qui bouleversaient sa vie et son petit monde bien rangé. Alors, certes, une vie bien rangée et bien tranquille pouvait s'avérer morne et triste, mais à l'heure actuelle il aurait donné n'importe quoi pour du morne et du triste. Tout sauf cette explosion en pleine face. Comment pouvait-il être capable de gérer tout cela à la fois ? Comment pouvait-il être un homme amoureux à 100 % quand une jeune adolescente se présentait à sa porte en clamant haut et fort qu'il était son paternel ? Comment pouvait-il gérer les émotions de Holly - et les siennes par-dessus le marché - quand il devait également gérer la jeune adolescente ? Comment pouvait-il être capable de réfléchir posément, sans se prendre la tête et sans se choper une migraine monumentale, quand tout se mélangeait dans sa tête ? Il aurait aimé les satisfaire toutes les deux par des réponses nettes et précises - sans bavure - mais il aurait également aimé qu'elles disparaissent quelques heures là, le temps qu'il remette ses idées en place. Qu'il avale et qu'il encaisse les dernières nouvelles.

Papa. Lui, papa ? Papa. Papa ? Vraiment ?

Fille ou pas fille, père ou pas père, le regard que Sasha et Holly échange en dit long sur leur possible future relation. Impossible. Incurable. Génial. Ça promettait des étincelles - et pas de celles dont il raffolait. Il ignorait pour quelles raisons Holly prenait les choses tellement à coeur et d'aussi mauvaise façon - ou bien était-ce de la jalousie ? Auquel cas il s'en trouvait... étrangement ravi. Il ignorait ce que l'adolescente de son côté pouvait avoir à reprocher à Holly - excepté son agressivité et sa mauvaise humeur évidente contre elle. Oui, d'accord, il pouvait comprendre. Ah, les femmes. Il en avait le tournis. " Tu conviendras que c'est un peu soudain pour que je réponde "bien sûr que je vais jouer au papa". Je ne sais pas du tout ce que je vais faire la concernant, " dit-il en pointant du doigt les chiottes dans lesquels la jeune adolescente venait de s'enfermer. " Mais je sais ce que je veux te dire et ce que je veux faire avec toi. Je n'ai juste pas envie de te le dire et de le faire là, comme ça, alors que cette bombe vient de me tomber dessus. De nous tomber dessus, " rectifie-t-il en la regardant. La sentir si désemparée, si énervée et si frustrée lui était une torture. Il aurait aimé la rassurer, peu importe comment, mais il n'était pas encore certain du comment il pouvait le faire. Elle avait entièrement raison, il leur faudrait du calme, de la sérénité, du temps et de la patience pour avoir cette conversation. Il souffla en passant une main dans sa tignasse en bataille. " Crois-moi, j'aurais préféré que tu restes pour qu'on discute. J'ai déjà l'impression de t'avoir attendu une éternité, " et ce n'était pas si peu dire ! " Mais je dois d'abord tirer au clair cette histoire de paternité. Je passe chez toi demain en fin de journée, d'accord ? " Il était hors de question qu'il attende plus longtemps pour cette conversation.

***

Cela faisait plusieurs minutes qu'ils se défiaient du regard. L'une plutôt à l'aise, décontractée et avec une moue dubitative. Elle avait l'air de se demander ce qu'il attendait pour signer ce fichu papier. Elle avait l'air de se dire qu'il en faisait toute une montagne - toute une montagne ! Lui la fixait intensément, comme pour essayer de repérer les possibles ressemblances, même minimes, entre eux. Il aurait aimé n'en voir aucune, mais clairement... il y en avait. Avaient-ils été aussi stupides ? Aussi naïfs ? Aussi maladroits ? Bordel. Évidemment. Ils étaient jeunes. Innocents. Incompétents. Les erreurs arrivaient si vite parfois, surtout quand on était jeunes. Mais comment avait-elle pu partir sans le prévenir, sans rien lui dire ? Comment avait-elle pu le laisser dans l'ignorance toutes ces années ? Ils n'avaient jamais été ennemis, ils ne s'étaient jamais disputés - bon sang, ils ne s'étaient même jamais rien promis. Comment aurait-il réagi à l'époque ? Il l'ignorait. Il aurait adoré penser qu'il aurait réagi en homme, mais la vérité était qu'aujourd'hui, il en était un. Il y a dix-huit ans, il ne l'était pas. " Je comprends pas pourquoi vous me regardez comme une bête de foire, une illusion ou un prophète. Je ne suis pas venue vous soutirer de l'argent, ni pour que vous vous trouviez une âme paternelle... j'ai juste besoin de ce maudit papier - pour une raison que j'ignore parce que franchement... y a pas plus digne que moi pour avoir mon indépendance. Tout ce que vous avez à faire, c'est signer. Et je sors de votre vie et vous pouvez retrouver votre dulcinée aux airs de Xena, version chien enragé, " lui lance-t-elle finalement. Il eut envie de rire, mais il se retint. " Je suis désolé, Sasha. Je ne suis pas celui que tu attendais. Je ne suis pas le genre d'homme qui signe des papiers à la demande, sans réfléchir ni regarder de quoi il s'agit. Je ne suis pas le genre d'homme à entendre et apprendre qu'il est père - d'une adolescente ou d'une jeune femme d'un quelconque âge - sans en prendre pleinement conscience. Si c'est ma signature que tu veux, va falloir que tu te montres patiente. Il est hors de question que je signe ton papier. Ni ce soir, ni demain. " Elle en resta bouche bée et choquée. " Où est-ce que tu résides en attendant ? Qui est responsable de toi ? Tu as une famille ? Adoptive, je suppose ? " Elle ricana. " En foyer, " lâche-t-elle, plus agressive et plus cassante que la minute d'avant. " Demain, je t'y rejoins. On va voir ce qu'on peut faire, ce qui peut être fait compte-tenu des circonstances. S'ils acceptent que tu viennes vivre avec moi - ton père biologique - j'accepterai de signer ton papier. Mais pas avant que l'on ait appris à se connaitre et que j'ai décidé que tu es apte et capable de vivre par toi-même. " N'était-ce pas la bonne chose à faire ? N'était-ce pas ce que l'on devait attendre de lui ? Il avait beau tourner la situation dans tous les sens, tout lui indiquait de la prendre son sous aile, de la connaitre et de jouer ce rôle qu'on lui avait empêché de jouer.

***

Bien sûr, convaincre la jeune fille avait été un parcours du combattant - et il n'avait pas été surpris. Il ne pouvait qu'imaginer ce qu'elle pouvait ressentir, elle si indépendante et si habituée à être inexistante aux yeux des autres. Pourquoi lui, du jour au lendemain et sous prétexte qu'il était son géniteur, se permettait de diriger sa vie et de décider où elle devait vivre ? Pourtant, c'était ainsi. Lui seul avait ce pouvoir. Mettant le sujet Sasha de côté - après divers entretiens et diverses fiches signées, la jeune fille devait débarquer chez lui le week-end suivant pour une durée de trois mois, à l'issue desquels il serait décidé de la conduite à tenir par la suite - il arrivait chez Holly comme convenu. Il n'était pas certain de devoir lui parler de Sasha et de sa future cohabitation avec la jeune fille - pourtant, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il devrait lui dire. Surtout s'il voulait avoir une chance avec la jeune femme. S'il voulait avoir une chance de la conquérir. Serait-ce un frein ? Encore un obstacle qui les empêcherait d'être enfin ensemble ? Il espérait diablement que non. " Salut, " dit-il lorsqu'elle lui ouvrit, lui adressant un sourire et en entrant sans qu'elle ne l'ait invité - ils n'en avaient pas besoin l'un et l'autre. Il déposa sa veste sur le canapé avant de s'y installer comme s'il était chez lui. Il observa longuement la jeune femme avant de parler de nouveau. " Je suis vraiment désolé pour hier soir. Si tu veux bien, on discutera de ce "problème" plus tard, ou même une autre fois. Je tenais juste à te dire que j'étais désolé que tu aies dû assister à... ça. " Pour ne pas dire à ce fiasco total de sa vie. " Ce soir, je suis tout à toi, " dit-il en lui souriant. " Je veux dire, je te promets que rien ni personne ne viendra nous interrompre - sinon je lui brise les os. Je sais ce que j'ai envie de te dire, mais je ne sais pas encore comment te le dire, alors... si tu veux commencer, " finit-il par lui dire en croisant et décroisant ses doigts, comme un adolescent incertain et en panique devant la fille qu'il adore depuis des semaines, des mois, des années. " Si t'as un truc à boire, je serai pas contre aussi - sans alcool, " précisa-t-il légèrement précipitamment. Il était hors de question qu'ils prennent le risque de perdre le contrôle de nouveau et qu'ils perdent le fil de la conversation - sans doute la plus importante de toute leur vie.



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MessageJeu 12 Jan - 21:59

Et finalement, je suis partie de chez Sam. Je l'ai laissé jouer au papa avec ... sa fille. J'avais vraiment l'impression que le monde était une grosse pute. Je détestais le monde entier, j'ai bien sûr pété ma durite dans la rue, parlant à voix haute un peu comme une folle dingue, insultant le premier connard qui oserait me siffler, je me suis même attrapée avec une mamie voulant ma place assise dans le métro. Ouais, il ne fallait vraiment pas me faire chier. J'étais à bout de nerfs. J'avais vraiment l'impression que je faisais que de la merde. J'ai serré les dents, j'ai rabattu la capuche sur mon visage comme une racaille du ghetto. Et pourtant, quand j'ai entendu le nom de l'arrêt permettant d'aller chez Jo, je n'ai pas cherché à comprendre. Je suis sortie au moment où les portes se refermaient. Heureusement que je connaissais le chemin car ma vue était déjà brouillée. Je n'y voyais plus, harassée par le poids de cette vérité. Il fallait que je me fasse à l'idée que tout s'opposait à ce rêve et alors que je croyais pouvoir l'atteindre, je me rendais compte qu'il y aurait toujours un putain d'obstacle entre-nous. Ça me soûlait. J'étais fatiguée et de surcroît, je ne faisais qu'en pleurer. Moi, la fière Holly, pleurant peu mais serrant trop les dents, je m'étais rendue chez ma meilleure amie dans un état pire que lamentable, ayant conscience de ne pas avoir donné de nouvelles, ayant conscience de ne pas avoir été à la hauteur sur beaucoup de choses. Ça m'avait fait du bien cette visite. Je me sentais bien mieux. Jo avait toujours eu cette faculté formidable de savoir remonter le moral aux gens. Et je me sentais plus sereine, plus encline à affronter Sam qui viendrait chez moi, le lendemain soir. Ça m'avait complètement reboostée ne diminuant pas moins mon anxiété et mon angoisse. Comment ça allait se passer? Est ce qu'on allait encore se disputer? J'espérais que tout se passerait bien. J'espérais que nous puissions avoir un dialogue sans filles, sans rien. Juste lui et moi, tel que nous l'avions toujours été. 

La journée est finie. Elle s'est passée à une allure folle. Il faut dire que je n'ai pas hâte. Disons que j'ai super peur. Que je ne sais pas comment ça va se passer. Je me suis fait la promesse de ne pas m'énerver, de rester calme. Mais c'est compliqué. J'ai l'impression que je vais exploser à tout moment. Je suis sur les nerfs et j'ai l'impression que je vais péter un câble à un moment donné ou un autre. Le poids de mon amour est devenu insupportable. Les sentiments que je ressens pour Sam sont si lourds, je ne sais plus comment les gérer. C'est comme si le fait d'avoir couché avec lui, avait ouvert une brèche et qu'il fallait colmater sans savoir avec quoi. La réalité est autre: je sens que j'ai besoin de lui dire, de cesser de faire tout ça, Sam doit savoir. C'est bien pour cela que je suis autant stressée. Je ne sais même pas comment l'aborder, dans quel état il sera. Je n'en sais rien et je n'ai même pas le temps de réfléchir que cette putain de journée est déjà finie. Je rentre à la maison, heureuse de retrouver le chaton aveugle m'accueillant à coup de frottement contre mes jambes. Il a pris ses repères, il fait des conneries et je constate avec dépit le verre explosé par terre. Les chats c'est le mal, surtout quand il s'agit de faire des bêtises mais je suis contente de le voir. Il apporte de la joie, un instant de répit avant que Sam n'arrive. Je m'occupe comme je peux, nettoyant les bêtises de mon chat, prenant une douche bien chaude et enfilant des vêtements confortables. Et j'attends en battant le pied, assise sur mon canapé. Je me ronge les ongles pour passer le temps, le chat pionçant à côté de moi. Que vais-je lui dire ? Dois-je être énervée ou calme ? Je suis tellement en stress que la moindre contrariété pourrait vite me faire perdre mes moyens. Et d’ailleurs, je fais un bond de trois mètres quand la sonnette retentit, le chaton avec.

Je me relève d’un bond et me précipite vers la porte d’entrée que j’ouvre à la volée. « Hey… » Je le salue, gênée. Je m’écarte pour le laisser entrer. Et si d’ordinaire, c’est un geste ne m’ayant jamais rien fait. Là, je suis toute intimidée. Je referme la porte et pivote pour suivre la silhouette imposante de l’homme entrant dans mon salon et déposant sa veste. Comme il fait toujours, il s’installe sur le canapé, le temps de quelques secondes où je m’accorde encore le répit de l’observer à la dérobée, réalisant combien je l’aime à en crever sur le champ. Je conserve le silence alors qu’il prend la parole s’excusant de ce qui a pu se produire hier soir. Je soupire silencieusement, sentant mon cœur battre un peu plus fort. Ça me met dans des états de stress ces conversations. Surtout quand il me dit des trucs du style « ce soir je suis tout à toi » Purée mais c’est si tentant de lui dire que je le voudrais mais pas pour ce soir, genre pour tout le temps. Mais c’est toujours la même rengaine. La peur est là. Mais ce soir, elle a un gout nouveau : je lui dis fuck. J’en ai marre d’attendre, marre de me faire des nœuds au cerveau. Faut que ça change, c’est tout. Aussi, je le laisse parler jusqu’à ce qu’il m’invite à prendre la parole, puis de me demander un verre. « J’en oublie mon savoir-vivre. » Je finis par sourire, tournant les talons pour aller lui servir un verre de jus de fruit. Je m’en sers un, histoire de ne pas avoir les mains vides. J’amène les verres que je pose sur la table basse. « Je te rassure, c’est sans alcool. » Je finis par dire en souriant, avant d’entendre un bruit de chute d’objets non identifié. Je me redresse pour aller vers la source du bruit. « Ah putain de chat ! » Je râle en constatant que ce couillon est allé se promener sur la commode de ma chambre et forcément, a tout fait tomber. Je le prends dans mes bras et l’amène dans le salon, le présentant à Sam « Je te présente le Ray Charles des chatons. » Ça me fait rire et surtout, ça me donne un peu plus de courage pour la suite… Je prends place, à côté de lui, perdue dans la contempation des verres pleins, grattouillant le chaton pour qu’il fasse pas de la merde pendant mon monologue. « Je suis contente de te voir Sam… Je t’avoue qu’hier, j’ai cru que ça allait partir de nouveau en live. C’est compliqué depuis… La dernière fois. Mais j’en ai ras le cul. Vraiment… J’en ai marre et je sais que c’est entièrement ma faute. J’ai agi comme une conne… J’ai tout foiré, en faite… j’ai fait que de la merde depuis tellement longtemps… Et tu me manques Sam… Tu me manques à un point que je perds pied. Tu ne te rends pas compte combien t’es vital à mes yeux. Combien, tu es un pilier essentiel et depuis, la dernière fois, depuis que nous avons ... Hum enfin… Et bien, j’ai l’impression que tout s’est cassé la figure… J’ai pris conscience de beaucoup de choses. » Je relève le regard vers lui et finalement, inspirant un grand coup, je me sens rougir, bredouillant doucement : « Tu vois… Tout ce que nous avons été, le temps de quelques heures, cette nuit-là… Bah… Ça me manque bien plus que notre amitié. »

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MessageDim 15 Jan - 11:08


Ils se connaissaient depuis qu'ils étaient gamins. Ils avaient tout connu ensemble. Ils avaient fait les quatre cents coups ensemble. Ils avaient essayé la clope ensemble - et ils avaient détesté, toussé et ri. Ils avaient essayé l'herbe ensemble - et ils avaient ri tellement c'était ridicule. Ils avaient bu une quantité d'alcool assez impressionnante ensemble. Ils s'étaient chamaillés, disputés et parfois même avaient chahuté l'un avec l'autre - mais jamais rien ne les avaient séparé. Jamais rien n'aurait pu les séparer. Pourtant, alors qu'il se rendait à son appartement pour mettre enfin les choses au clair, pour enfin se dire la vérité, pour enfin livrer leurs coeurs, Sam avait peur. Peur que leur amitié ne soit pas suffisamment suffisante pour les aider et être la solution à tous leurs problèmes. Bien sûr, ils n'en avaient pas des milliers de problèmes ensemble, mais il en existait un et pas n'importe lequel. Et il s'appelait Sasha. Il allait devoir expliquer à la femme qu'il aimait la décision qu'il avait prise la nuit dernière. Bien sûr, Holly le connaissait par coeur, elle le connaissait mieux que quiconque même, et sans doute saurait-elle même avant qu'il ne le lui dise. Compte-tenu de sa réaction - assez virulente et intense - de la nuit dernière, il se préparait mentalement à la vague de colère, de frustration et d'incompréhension que ne manquerait pas d'avoir Holly. Lui en voudrait-elle ? Et lui, lui en voudrait-il de ne pas comprendre et de ne pas accepter ? Et pourquoi ne l'accepterait-elle pas et ne le comprendrait-elle pas, après tout ? Devait-il vraiment se poser toutes ces questions, craindre toutes ces possibilités de réaction ? Il n'avait pas à penser pour elle, et il devrait affronter la situation telle qu'elle serait. Le coeur battant ou pas, la peur au ventre ou pas. La vérité était que Holly représentait quasiment toute sa vie. Son enfant, son adolescence, sa famille. Elle était sa meilleure amie, celle qui le connaissait par coeur et qui l'avait vu dans les pires situations comme dans les meilleures, celle qui avait pansé des plaies dont personne ne connaissait l'existence, celle qui avait séché des larmes que personne ne l'imaginait verser, celle qui l'avait encouragé, soutenu et prit sa défense envers et contre tout quand il le fallait. Il n'en avait jamais fait moins pour elle, et en cela, ils étaient tout l'un pour l'autre. Sasha serait-elle celle qui viendrait tout détruire ? Tout empêcher ? Tout bouleverser ?

Bordel, il espérait bien que non.

" Tu as un chat ? Depuis quand ? " dit-il surpris mais caressant avec joie la boule de poil qu'elle venait de ramener avec elle. Ami des animaux, il n'en avait pas lui-même pour des raisons évidentes - il n'était que trop peu souvent chez lui. " Comment l'as-tu appelé ? Fallait pas me le présenter, je vais débarquer chez toi tous les jours maintenant, " ajoute-t-il sur le ton de la plaisanterie. Ce petit interlude leur permit sans doute de se détendre et d'être prêts pour la conversation - sans doute la plus importante de leurs vies - qui allait suivre. Accepter l'arrivée d'un chat dans sa vie n'était pas la même chose que d'accepter une adolescente sortie de nulle part. Il n'avait pas le droit de lui imposer ça, il n'avait pas le droit de lui déclarer ses sentiments si longtemps gardés cachés et espérer qu'elle lui saute dans les bras. Il n'avait pas le droit d'attendre qu'elle accepte Sasha comme il avait décidé de l'accepter. Pourtant, il ne pouvait taire cette petite note d'espoir dans sa tête et dans son coeur - et encore moins lorsque Holly lui révélait qu'il lui manquait plus que tout, et plus encore qu'elle ne semblait pas regretter leur nuit d'amour. D'abord surpris, il la regarda un long moment sans rien pouvoir prononcer, se contentant de caresser la boule de poil. Un sourire vint illuminer son visage, lentement, parce qu'il ne pouvait pas ne pas sourire en entendant ses propos. " Tu n'as pas idée de ce que tu viens de faire, Holly, " dit-il simplement en passant une main sur son sourire, comme pour camoufler la joie qu'il ressentait. Devait-il lui parler de Sasha ? Devait-il lui dire qu'il avait décidé que la jeune fille vivrait avec lui jusqu'à nouvel ordre ? Jusqu'à ce qu'il décide qu'elle était prête, vraiment, à s'émanciper ? Bien sûr, elle ne resterait qu'une année avant sa majorité et une année passait vite... mais une année pouvait être aussi très longue. Devait-il lui dire, maintenant, les changements dans sa vie et ce que ça impliquerait pour eux ? Ou devait-il concentrer leur conversation sur eux, et uniquement eux ? " Tu me manques aussi. Je déteste ne pas te voir, ne pas te parler et j'ai détesté devoir prendre mes distances pour te laisser... accepter ce qui s'était passé. J'ai détesté que tu ne répondes pas à mes appels, et je peux te dire que je n'ai pas l'intention de te laisser recommencer, " la prévint-il, histoire qu'elle comprenne qu'il n'avait pas l'intention de la quitter ou de laisser quoique ce soit gâcher ce lien si spécial qui les liait depuis toujours. " Je ne sais pas pourquoi il a fallu si longtemps pour que ça arrive. Je ne sais pas pourquoi maintenant, et pas avant. Je suppose que c'est la vie, mais je te l'ai déjà dit avant... je ne regrette pas ce qui s'est passé. Je regrette juste que ça ne soit pas arrivé plus tôt. Tu es ma meilleure amie, Holly, et rien ne pourra changer ça. Mais plus encore, tu es... " et c'était là tout le challenge de la conversation, c'était là toute la vérité qui devait sortir, c'était là des années de silence et de frustration. " Tu es la seule. T'as toujours été la seule pour moi. Si ça n'a jamais marché avec qui que ce soit, et même avec Mia, c'est uniquement parce qu'aucune d'entre elles n'était toi, " et à ses yeux, il ne pouvait pas lui dire mieux que ça. Il inspira fort avant de souffler et de rire légèrement, nerveusement. " J'ai toujours craint de prononcer cette vérité, j'avais trop peur que ça signerait la fin de notre amitié. Alors que c'est justement de garder le silence et de prétendre que mes sentiments n'existent pas qui risquent de nous éloigner. " Il en avait pris conscience que récemment, et à présent peu importait qu'elle ne soit pas sur la même longueur d'ondes que lui, il avait été honnête et sincère et se sentait libérer d'un poids.




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