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do I miss you ? ~ o. canjura / dans le Bronx
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Sloan K. Redfield
OISEAU DE PARADIS

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❖ AVATAR : James McAvoy

“ We start off with high hopes, then we bottle it. We realise that we’re all going to die, without really finding out the big answers. We develop all those long-winded ideas which just interpret the reality of our lives in different ways, without really extending our body of worthwhile knowledge, about the big things, the real things. Basically, we live a short disappointing life; and then we die. We fill up our lives with shite, things like careers and relationships to delude ourselves that it isn’t all totally pointless. ”
― Irvine Welsh, Trainspotting

MessageSam 12 Nov - 18:21





Do I Miss you ? ◮ Olivia


Baillant à m'en décrocher la mâchoire, j'observe d'un œil morne l'horloge du service. Le temps semble s'être arrêté, chaque seconde s'égrainant avec difficulté, et me faisant vivre un réel enfer. J'ai beau avoir retrouvé mon flingue et mon insigne, le Capitaine refuse toujours de me renvoyer sur le terrain. La "bavure" de la dernière fois a brisé le peu de confiance qu'il me concédait. Pourtant, les services internes ont lavé mon nom, et la psychologue a jugé ma psychopathie suffisamment normale pour donner un avis favorable à mon retour dans le service. Or, cela ne semble pas lui suffire. Je sais qu'il redoute qu'une fois le nez dehors, je descende un autre dealer sous revers d'une filature qui a mal tourné. Sauf que j'ai plus intérêt à garder mes contacts et informateurs en vie : ça rapport bien plus que le salaire de misère que me verse l'Etat. Et puis, ce n'est pas parce que je ne m'émeus pas de tuer quelqu'un que j'ai la gâchette facile pour autant. Au contraire, je déteste buter des gens : le ratio bénéfices et inconvénients balance toujours du côté des inconvénients. D'un, c'est salissant, métaphoriquement et littéralement. Et de deux, un mort ne donne pas de pot-de-vin, ni d'informations...

J'ai vraiment l'impression d'être un clebs enchaîné à sa niche, sous le regard autoritaire de son maître. Seize heures sonnera bientôt, et je pourrai me tirer de là. D'autant que j'ai un rencard avec une charmante demoiselle que je ne raterai pour rien au monde. Olivia Canjura. Je ne supporte pas quand une femme ne me rappelle pas, surtout quand je me suis saigné à lui laisser quelques messages de relance. Un petit rappel à l'ordre s'impose ; je ne voudrais pas qu'elle prenne goût à la liberté...

Et c'est un brin agacé que j'arrive dans le Bronx. Il m'a fallu deux putain d'heures pour traverser le Queens, Brooklyn et le nord de Manhattan. Deux heures à ronger mon frein - pas littéralement bien évidemment -, canalisant avec difficultés la colère qui m'étreignait. Posséder une bagnole à New York est une pure hérésie, mais je supporte de moins en moins de me mêler à la populace dans le métro. Et ne parlons même pas du bus, Q.G. de toutes les vieilles et autres handicapés physiques et sociaux...
Passer deux heures à rouler en première m'a donné des fourmis dans les jambes. C'est donc d'une démarche plutôt engourdie que je sors de la voiture, m'étirant le dos. Je peux encore sentir quelques points de douleur dans le bas. Si ma cheville s'est plutôt bien remise de mon vol plané dans les chiottes du Dreamer, mon dos a beaucoup moins bien encaissé la chute. Cela fait bien un mois, et je continue à me vouter dès que le jour décline. Bref. La démarche digne d'un cowboy ayant perdu sa savonnette en taule, je me dirige vers le premier tabac de la rue pour y acheter un paquet de clopes. J'ai achevé l'ancien en moins d'une heure dans les embouteillages. Cela fait donc plus d'une heure que je n'ai pas fumé, et j'ai tué pour moins que ça.

Inspirant avec calme une énième bouffée de cigarette, j'observe d'un regard fatigué le petit salon de beauté qui renferme et retarde mon rencard. Je vois à travers les vitres Olivia s'affairer. Elle a l'air en forme. Souriante, elle arrache un à un les poils indésirables d'une grosse truie pour laquelle une épilation des sourcils ne changera hélas rien.
Lorsqu'une nouvelle cliente entre dans le salon, j'entends la voix d'une femme lui expliquer que le salon va fermer. Il est bientôt 19h30. Depuis mon arrivée, j'ai eu le temps de me descendre trois cafés et de fumer la moitié de mon paquet de cigarettes. Si bien que je pue le flic à trois cents mètres. Les cernes qui violacent ma peau claire ne trompent jamais.
Et alors qu'un bâillement m'arrache un frisson harassé, je vois Olivia sortir du salon, saluant sa patronne. Je me redresse, difficilement, et d'un pas lourd, je me dirige vers elle. La propriétaire vient de fermer la porte et file en quatrième vitesse, s'excusant auprès de son employée. Un sourire satisfait égaye mon visage : je n'aurai pas à éloigner Olivia de tout témoin. Et à présent que nous sommes que tous les deux, séparés par seulement quelques mètres, je l'interpelle :

« Hey, Olivia ! Ça fait un bail ma beauté ! »

Elle m'a presque manquée.

(c)syndrome



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MessageMer 16 Nov - 17:38

Cela faisait quelques semaines maintenant qu'elle travaillait à l'institut et que Amelia lui avait offert une chance. Car pour elle, c'était une chance que de trouver un job digne de ce nom. Une chance de pouvoir obtenir un poste en si peu de temps, avec une paie qui ne méritait pas qu'elle rougisse et qui lui permettait de se remettre sur le droit chemin en douceur. Amelia était une patronne adorable : patiente, à l'écoute et se donnant corps et âme pour ses clients et clientes et pour Livia que la jeune femme se demandait où elle pouvait puiser toute son énergie. Elles s'étaient liées d'amitié, à tel point qu'il leur arrivait à présent - en compagnie de Jez - d'aller s'accorder une après-midi shopping au moins une fois par semaine. Elles se tutoyaient et connaissaient - du moins en surface car Livia autant qu'Amelia n'étaient pas forcément prêtes à tout déballer, surtout le moche de leur histoire - une grande partie de leur passé. C'était donc le coeur en joie et le sourire aux lèvres qu'elle se réveillait le matin pour aller travailler. Son père lui avait offert un vélo pour la féliciter - il était hors de question à ses yeux que sa petite fille chérie aille au boulot à pieds, que ça fasse dix ou vingt minutes à tout casser. Elle avait beau lui avoir promis de faire attention, il n'avait rien lâché jusqu'à ce qu'elle cède. Et on cédait souvent face au patriarche Canjura. C'était le vélo où son père qui l’emmènerait chaque matin et viendrait la récupérer chaque soir. Elle n'avait pas réfléchi plus loin, préférant garder un minimum d'indépendance et de liberté. Elle adorait son père. Elle adorait sa mère. Elle adorait ses frères et ses soeurs. Mais la couver et la surprotéger n'était pas ce dont elle avait besoin. Elle avait besoin de leur soutien bien sûr, mais plus encore de leur amour et de leur confiance - chose qu'elle devait récupérer et seul le temps le lui permettrait. Elle avait trop souvent bafouer les liens de la famille et avait commis trop d'erreurs pour exiger de leur part cette confiance qu'elle désirait tant. Aussi rongeait-elle son frein et fermait-elle sa bouche.

" J'ai une cliente qui vient pour se faire épiler les sourcils, tu te sens d'attaque pour essayer ? Ou tu préfères qu'on s'entraîne encore un peu ? " lui demanda Amelia dans le milieu de l'après-midi. Cela faisait près de quinze jours que sa patronne avait proposé de lui apprendre les bases de l'esthétique. Livia n'avait pas hésité, désireuse d'apprendre et d'être plus utile encore à son amie. Après tout, gérer ses plannings, sa paperasse et le rangement du salon ne lui prenait pas autant de temps qu'elle ne l'aurait cru au premier abord - ou alors apprenait-elle tout simplement vite comme elle l'avait assuré. Elle se sentait capable de pouvoir gérer quelques cours d'esthétique, bien que l'idée lui fasse légèrement peur. " Si je ne peux pas être prête au bout de quinze jours, je suppose que je ne pourrais jamais l'être, " plaisante-t-elle. " Je suis à côté de toute façon, si tu as besoin de moi tu n'as qu'à demander. Mais, si tu veux mon avis, tu es plus que prête. C'est une cliente régulière et elle n'a pas rendez-vous normalement mais elle est tellement fidèle et la moitié de notre clientèle, je la lui dois, alors je n'ai pas pu lui refuser... " " Tu as bien fait ! Si elle n'a pas peur de laisser une débutante s'occuper de son visage, je suis d'attaque, " dit-elle avec le sourire. Le stress était un sentiment qu'elle apprenait à gérer et à accepter - et aussi étrange que celui puisse paraitre, c'était une sensation qui la galvanisait et lui donnait la force d'aller au bout des choses. Pendant si longtemps, elle s'était crue incapable de gérer les émotions fortes, puisant de l'aide dans la drogue. Parfois, elle se demandait comment elle avait pu être si naïve et si stupide - mais le passé était le passé, et le passé l'avait mené où elle était aujourd'hui. Il fallait bien trouver du réconfort dans tout ce que l'on pouvait.

Au final, elle n'eut pas besoin d'appeler Amelia à la rescousse. La cliente était une jeune femme adorable, bavarde au possible et qui mettait tout le monde à l'aise en peu de mots et peu de minutes. Livia avait pris son temps, certes, mais était parvenue à un excellent résultat - qui plut autant à Amelia qu'à la patiente, de quoi être fière de sa première fois. Grisée de cette journée agréable, c'est avec le sourire et le coeur en joie qu'elle quitta l'institut et son amie. Rien n'aurait pu lui gâcher son plaisir - rien, sauf lui. Elle l'avait quasiment oublié. Ou bien s'évertuait-elle à le faire ? Sloan avait ce je-ne-sais-quoi qui le caractérisait bien, qui le rendait unique et qui effrayait la jeune femme. Elle n'avait jamais su lui dire non. Elle n'avait jamais su se délivrer de lui. Elle n'avait jamais eu l'occasion de le faire d'ailleurs. Ils s'étaient rencontrés quelques années plus tôt - deux ans environ si sa mémoire ne défaillait pas, ce qui était moins certain. Et s'il était flic, c'était la drogue qui les avait réunis. Elle, consommatrice excessive. Lui, spécialisé dans son trafic. Cela lui avait été tellement facile de soumettre Livia à son pouvoir. Il n'avait eu qu'à la prendre sur le fait accompli - en plein achat, en plein ébat ou en pleine consommation illégale. Et il avait joué un long moment avec ses nerfs, menaçant sa liberté. Il avait fini par lui proposer de devenir son indic' personnel - lui et rien que lui - contre son silence. Qu'aurait-elle pu faire ? Qu'aurait-elle dû faire ? A cette époque, et à ce moment précis, elle n'avait pas vu d'autre alternative et avait accepté. Et pendant bien deux ans, elle avait joué son rôle à la perfection - l'aidant à coffrer pas mal de trafiquants et stoppant un certain nombre de réseaux. Cependant, elle avait vite compris que le jeune flic ne cherchait pas seulement à les coffrer. Ils avaient plus de points communs qu'ils ne le pensaient au final.

Le revoir remuait tout un tas de souvenirs qu'elle aurait préféré ne pas avoir à ressasser. Elle se battait chaque jour contre elle-même et contre ces maudits souvenirs - et même s'il lui fallait les affronter, elle aurait largement préféré qu'il sorte de sa vie une bonne fois pour toute. Elle avait laissé un message quelques mois plus tôt, lui annonçant qu'elle partait en cure et qu'elle ne lui serait donc plus d'aucune utilité. Devant couper les ponts avec tout le monde durant ce laps de temps - téléphone, ordinateur, etc. - elle n'avait pas attendu de réponse et n'avait pas cherché à en obtenir. Elle avait bien "vu" les divers appels qu'il avait laissé lorsqu'elle était sortie, mais n'avait jamais rappelé. A ses yeux, il finirait bien par comprendre qu'elle était inutile et qu'il devait se trouver quelqu'un d'autre pour obtenir des réponses et des informations. Apparemment, il était plus persévérant qu'elle ne l'aurait cru. " Salut, " dit-elle simplement, le sourire disparut et la moue suspicieuse mais ne s'arrêtant pas de marcher pour autant. Elle avait choisi la marche à pieds ce jour-là - et tout à coup elle le regrettait amèrement. " Que fais-tu ici ? " lui demande-t-elle simplement. Légitime. " Tu avais besoin d'une séance esthétique ? " lance-t-elle, osant l'humour pour détendre ses nerfs aussi certainement que pour lui prouver qu'il n'avait plus affaire à la même personne - au cas où il n'aurait pas compris.


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Sloan K. Redfield
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“ We start off with high hopes, then we bottle it. We realise that we’re all going to die, without really finding out the big answers. We develop all those long-winded ideas which just interpret the reality of our lives in different ways, without really extending our body of worthwhile knowledge, about the big things, the real things. Basically, we live a short disappointing life; and then we die. We fill up our lives with shite, things like careers and relationships to delude ourselves that it isn’t all totally pointless. ”
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MessageSam 26 Nov - 16:43





Do I Miss you ? ◮ Olivia


« Je ne me suis pas tapé deux heures de bouchon pour t'entendre faire du cynisme 'Livia... »

Ok, je ne m'attendais pas à ce qu'elle saute de joie en me voyant débarquer sans prévenir à son taff, mais de là en essuyer son ironie déplacée, il y a un pas que je ne lui autorise pas à franchir. Peut-être qu'elle croit pouvoir se planquer derrière son humour douteux, mais je la débusquerai bien vite. Un esprit aussi faible ne peut m'échapper très longtemps. Olivia a beau faire comme si rien ne s'était passé, essuyant d'un revers de main nos années passées à jouer au flic et à l'indic, je ne la laisserai pas se défaire de notre histoire commune. Elle m'a été bien trop utile pour que je l'oublie. Et elle devrait s'en sentir flattée. Mais non, au lieu de cela, elle joue au con. Sauf qu'à ce jeu, je suis le roi incontesté : on ne fait pas plus salopard dans le genre. Après, si elle est prête à perdre quelques dents dans cette petite joute, je veux bien être fair play, même si ce sera beaucoup moins drôle...

« Alors, comme ça, tu t'es enfin décidée à avoir un vie digne de ce nom ? »

Tout en lui balançant mes saloperies, j'observe la devanture du salon d'esthétique, pinçant légèrement les lèvres afin de lui faire croire à un semblant d'admiration. Mais j'ose espérer qu'elle me connait suffisamment pour savoir qu'il n'y a là que du dédain.
Je trouve quand même dommage que nos retrouvailles soient si glaciales. Olivia faisait partie des gens que j'appréciais ; sachant que j'apprécie les marionnettes et les influençables. Et puis, notre petit deal a permis à ma carrière de décoller. Quelque part, je lui dois pas mal de choses. Mais la reconnaissance et la gratitude ne sont pas vraiment des sentiments que je sais éprouver. Je préfère rester odieux et sarcastique. Au moins, elle ne se sentira pas trop dépaysée.

« Je t'offre un café, une bière, de l'eau ? On sera mieux assis au calme que plantés au milieu du trottoir, tu ne crois pas ? »

A vrai dire, je ne suis laisse pas vraiment le choix. J'ai beau lui proposer, dans la forme, mon ton est sec et quelque peu injonctif. Je me demande d'ailleurs à quel point elle va être conciliante. Après tout, vu le silence par lequel elle a tenté de disparaître de ma vie, je doute qu'elle soit ravie de revoir ma gueule. Ses sourires ne tiennent pas plus de deux secondes, et un ressentiment certain commence déjà à contracter son visage. D'ici peu, je suis convaincu qu'elle désirera ma perte, le plus douloureusement possible. Et notre grande histoire d'amour pourra enfin reprendre ! Ah, Livia, tu m'as quand même manqué... et ça, tu vas aussi le payer.

Entamant notre avancée vers un "Diner" à l'angle de la prochaine rue, je pose sur elle un regard amusé. Elle ne semble pas franchement réjouie de cette petite balade à venir. Pensive, je l'imagine replonger dans le flot épais de ses souvenirs, sans aucun nostalgie. Oui, je suis associé à une sombre période de sa vie, à laquelle elle vient juste d'en réchapper. Elle doit avoir les boules...

« Je comprends que tu ne sois pas ravie de me revoir, mais sache qu'il ne s'agit que d'une visite de courtoisie disons... Cela faisait un moment que je n'ai plus eu de nouvelles, et je m'inquiétais... Tu as l'air en forme en tout cas. »

Je doute que ma prestation soit très convaincante : j'ai toujours eu du mal à me fendre d'un sourire amical et sincère.

(c)syndrome



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MessageDim 4 Déc - 17:28


La liberté avait un goût de délivrance, et on s'habituait très facilement à elle. Trop facilement peut-être. Cela faisait plusieurs mois maintenant que Livia n'avait pas touché à une seule drogue - pas même à une goutte d'alcool. Plusieurs mois qu'elle n'en ressentait pas le besoin - mais faut dire qu'elle s'était éloignée de toute tentation, anciennes relations douteuses et compagnie. Entourée de sa fratrie et de sa famille, ils s'évertuaient à l'aider du mieux qu'ils pouvaient et contrairement à avant, elle les laissait faire car elle était prête à s'en sortir. Prête à reconnaitre qu'elle avait besoin d'aide et de soutien. Prête à reconnaitre que sans eux, elle n'y parviendrait pas. C'était si facile d'oublier ceux qui avaient fait partie de sa vie avant qu'elle ne se foute ce coup de pied aux fesses. Si facile ne plus penser à eux - ou à elles. Si facile de se concentrer sur le présent pour mieux oublier le passé. La seule fois où elle avait failli flancher était lors de la soirée qu'elle avait passé avec Jez et Amelia, quelques jours plus tôt. Se retrouver face à son passé morbide et à un ancien "client" à elle avait été la pire des hontes de sa vie. Elle aurait aimé disparaitre à cet instant-là, même si ses amies ne l'avaient pas jugé et avaient pris sa défense. Le mal était fait, et la honte et l'horreur avaient pesé lourd sur ses épaules le reste de la soirée. Avant, elle n'aurait pas hésité à fuir et à prendre une dose pour apaiser sa conscience, son mal-être et ses doutes, mais elle était restée forte et digne. Elle avait continué à sourire à ses amies et avait fait de son mieux pour passer une bonne soirée en leur compagnie.

Mais se retrouver face à un homme qui - sans avoir été un client, sans avoir été son amant, sans avoir été son mac' - ne chercherait qu'à la rabaisser et à lui rappeler ces mauvais souvenirs, cette ancienne vie chaotique, c'était très mauvais pour la jeune femme. Elle n'avait d'ailleurs pas cherché à le re-contacter pour cela. Elle n'avait pas cherché à lui faire savoir comment elle allait. Ils n'étaient pas amis. Il ne souhaitait pas qu'elle s'en sorte. Il ne voyait pas en elle une femme digne de ce nom. Il l'avait toujours vue comme un pion dans ses combines machiavéliques. Car si Sloan était un flic renommé, bien que craint et peu apprécié, il était également un grand consommateur de ces drogues qu'il pourchassait tant. Elle le savait, il savait qu'elle savait et en cela sans doute, elle restait une menace pour le jeune flic. Mais ce n'était pas cela qu'elle craignait en le voyant. Il était la première personne qu'elle recroisait de son ancienne vie, la première personne à l'avoir connue au fond du trou, et la première personne à n'avoir jamais tendu la main pour l'aider à s'en sortir. Au contraire, le fait qu'elle baigne dedans ne pouvait que servir ses intérêts à l'époque - et il le lui avait fait comprendre plus d'une fois. A son intonation, elle tressaillit, effaçant malgré elle le sourire qu'elle affichait pour donner le change. Après tout, elle n'était plus une droguée, encore moins son indic' personnel. Et il ne détenait plus rien contre elle qui aurait pu lui offrir ce pouvoir qu'il avait auparavant sur elle. " J'ai décidé de changer, oui, " confirme-t-elle d'une petite voix, baissant les yeux par crainte d'affronter son regard. Qu'elle détestait se sentir démunie et faible face à lui, alors qu'elle reprenait confiance en elle et qu'elle parvenait depuis peu de temps à s'imposer de nouveau face au monde. Elle n'avait plus de honte à avoir. Elle n'avait plus de crainte à avoir. Pourtant, Sloan réveillait toutes ces craintes à la fois en une seule fois. C'était plus compliqué à vivre que prévu. " Il fallait bien que je fasse quelque chose pour m'en sortir. N'est-ce pas ce que tu souhaiterais pour n'importe qui dans ma situation ? " feint-elle de demander, cherchant au plus profond de lui-même une once de compassion et de compréhension, mais sachant pertinemment qu'elle n'en trouvera pas. Sloan n'était pas un flic, et encore moins un être humain, comme les autres. Il était impitoyable et ne reculait devant rien, ne ressentant jamais remord, jamais culpabilité. Elle avait vite compris qu'elle ne représentait que peu de choses pour le jeune homme, et l'avait accepté avec une facilité déconcertante à l'époque. Elle ne s'accordait que peu de chance, peu de crédit et encore moins de force à cette époque. A présent, elle était fière de ce qu'elle avait accompli et voulait le montrer à quiconque croirait le contraire. " C'est que... " commence-t-elle à vouloir refuser et éviter de passer plus de temps avec lui. Sachant qu'il ne la lâcherait pas de toute manière, elle soupira avant d'accepter. " Un chocolat chaud fera l'affaire. Mais je n'ai que très peu de temps, on m'attend chez moi, " le prévient-elle, au cas où il aurait de mauvaises idées derrière la tête. Son père connaissait toute l'historie de sa vie à présent et avait tendance à la surprotéger depuis qu'elle était retournée à la maison. Si elle tardait trop, il n'hésiterait pas à débarquer dans le coin et à la chercher jusqu'à ce qu'il mette la main sur elle - et ça risquait d'être folklorique. Javier était aussi intense dans ses réactions que dans l'amour qu'il éprouvait pour chacune de ses filles - et ce n'était pas un euphémisme. Elle avait craint d'ailleurs qu'en apprenant que sa dérive avait débuté à la suite d'une agression sexuelle plus que perverse par un gang rival de la MS13, il ferait lui-même une enquête personnelle plus poussée pour remettre la main sur eux. Or, il ne semblait pas engagé dans une vengeance de ce genre, ce qui la rassurait.

Une fois installées à une table du Diner, non loin de son lieu de travail, elle ne parvient toujours pas à se détendre complètement. Crispée, un mal de dose menace d'apparaitre et elle se permet de souffler avant de passer une main légèrement froide sur la nuque comme pour l'aider à se détendre. " Je comprends que tu ne sois pas ravie de me revoir, mais sache qu'il ne s'agit que d'une visite de courtoisie disons... Cela faisait un moment que je n'ai plus eu de nouvelles, et je m'inquiétais... Tu as l'air en forme en tout cas. " Mensonge. Mensonge. Mensonge. Mensonge. Elle se le répète inlassablement dans sa tête pour ne pas se laisser aller à le croire. Pour ne pas le laisser gagner à l'embobiner comme il l'a si bien fait autrefois. Elle l'avait trop longtemps cru, trop longtemps écouté et trop longtemps laissé le pouvoir sur elle. Mais soit. Il s'engageait sur cette route, et elle n'avait pas l'intention de lui offrir ce qu'il désirait - soit une Livia qui le supplierait de la laisser tranquille, le supplierait de ne plus ressasser ces souvenirs douloureux et dégueulasses, le supplierait de ne plus jouer à ce jeu. Il n'attendait que cela, elle en était certaine. " Je vais bien, en effet. Il n'y a rien de plus satisfaisant qu'un combat mené à bien jusqu'au bout, et j'y suis parvenue cette fois. J'ai trouvé un job plutôt cool, avec une patronne plutôt cool. Je ne peux pas me plaindre, je dois le reconnaitre. Un chocolat chaud pour moi, merci, " demande-t-elle à la serveuse venue prendre leur commande. " Je ne pensais pas te voir ici, je dois l'avouer. J'étais persuadée que tu aurais déjà retrouvé un indic' digne de ce nom - je suis sûre que ça ne manque pas dans les rues. " Et ils n'avaient jamais été proches au point qu'il vienne s'inquiéter de son état de santé. Certes, elle l'avait fréquenté plus sa propre famille pendant deux ans, mais cela ne signifiait pas un instant qu'il représentait plus pour elle. " J'aimerais pouvoir dire que tu as l'air en forme, ou que tu as l'air fatigué mais à vrai dire... tu n'as pas changé. " Mais elle oui, et c'était ce qu'elle souhaitait qu'il comprenne à cet instant - elle n'était plus une marionnette, plus un pion et encore moins sa chose. Il ne pourrait plus l'utiliser comme avant, sans craindre de représailles car elle se battrait jusqu'au bout. Elle riposterait cette fois. Elle n'avait plus besoin d'une dose, et donc plus besoin d'argent facile, pour aller mieux. Son chocolat enfin servi, elle touilla quelques secondes avant de le boire - limite d'une traite. Plus vite elle finirait, plus vite elle pourrait le quitter.

Pour de bon.

" Mes souvenirs sont plutôt vagues sur certains points, mais s'il y a une chose que je me rappelle, c'est qu'il n'y a jamais eu de réelle affection entre nous. Tu ne t'es jamais soucié de ce que je pouvais ressentir. Alors... visite de courtoisie ou non, je pense qu'il est légitime que je me pose des questions et ne sois pas entièrement à l'aise de te voir, " finit-elle par lui dire, plus franche et directe que dans le passé, plus spontanée et arrivant à articuler plus d'un mot à la suite. Oui, elle avait changé.


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Sloan K. Redfield
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MessageDim 18 Déc - 22:35





Do I Miss you ? ◮ Olivia


A t-elle vraiment changé ? Si elle s'évertue à le penser et à y croire, je ne peux qu'émettre des réserves. On ne change jamais vraiment, et on le décide encore moins. On peut se bercer d'illusions, mais le naturel revient toujours au galop. Nos faiblesses sont des cicatrices dont on ne se débarrasse jamais. On peut y mettre autant de crème hydratante que l'on veut, ou même transformer la balafre en un tatouage, il n'en reste pas moins que la cicatrice demeure à jamais graver dans la chair. Le reste n'est qu'artifice et mensonge. Une façon de créer sur des ruines. Mais on ne peut rien construire sur des ruines...
Alors quand Olivia essaye de réveiller l'empathie atrophiée qui doit sommeiller quelque part en moi, je ne peux qu'avoir un sourire crispé. Est-ce que je souhaite son bonheur ? Non, je ne crois pas. A vrai dire, l'épanouissement moral des gens qui m'entourent m'indiffère totalement. Soyons francs : je n'accorde d'intérêt qu'à mon propre bonheur. Mais le reconnaître est une force. Qui peut vivre de l'épanouissement des autres ? Personne. Au mieux, après quelques instants de compassion mièvre, la jalousie et l'envie prennent le pas. Si le bonheur est l'objectif ultime d'une vie, nous devons nous battre contre le reste du monde afin d'assurer la pérennité de notre bonheur, car comme le disait un certaine philosophe français, la liberté de chacun s'arrête où commence celle d'autrui. A partir de là, comment être pleinement heureux quand notre liberté est brimé par un autre qui poursuit le même but ? L'empathie et la compassion sont deux belles conneries inventées pour canaliser la haine que nous inspire l'autre ; une façon de sublimer la violence en en faisant quelque chose de socialement admis. Et au final, personne n'est heureux. Alors oui, je le confesse : mon bonheur ne doit pas dépendre des autres, si bien que leur existence m'indiffère afin que rien n'altère ma liberté. Sauf que la contre-partie de cette philosophie de vie est que faute d'accepter qu'on brime ma liberté, je brime celle des autres. Ma relation avec June en est un pur exemple. Je l'ai aliénée à mon bon vouloir, éprouvant un plaisir certain à l'enchaîner. Mon bonheur passe par l'altération de la liberté des autres.
Donc non, je ne souhaite pas son bonheur tant qu'il ne concorde pas avec mes objectifs.

A contre cœur, Olivia me suit jusqu'au Diner. Une fois assis, elle essaye de se départir du dégoût que je lui inspire pour tailler le bout de gras. Elle a beau se défendre de mon emprise, je la sens déjà douter de sa capacité à sortir indemne de tout ça. Me reconnaître un tel pouvoir est grisant. Un sourire satisfait illumine mon visage tandis qu'elle essaye de se rassurer.

« Un double expresso, » demande-je à la serveuse sans détourner le regard de celui d'Olivia. « Bien, c'est bien. En même temps, tu ne pouvais que t'élever... » Rappelons-lui gentiment à quel point elle fut un déchet. « Je suis impressionné Olivia, mais forcément un peu déçu quelque part : on faisait du bon boulot ensemble. » Mon sourire devient plus carnassier. Ma visite de courtoisie est purement intéressée ; je me tape de savoir comme elle va et si elle se plait à son nouveau taff. Je ne veux qu'une chose, qu'elle se laisse manipuler aussi facilement qu'auparavant. Et si sa nouvelle situation lui donne des ailes, je n'hésiterai pas à les lui arracher histoire qu'elle se rappelle ce que ça fait de tomber.

Méfiante, Olivia m'avoue ne pas comprendre le pourquoi de ma venue. Enfin, elle feint de ne pas comprendre, car au fond d'elle, je suis convaincu qu'elle commence à apercevoir tous les tenants et les aboutissants de cette rencontre : reprendre contact, entrer à nouveau dans sa vie, y prendre une place importante et jouer avec elle. Tout ça, elle le sait, même si elle se refuse certainement encore à l'accepter.

« Je ne dirai pas qu'il n'y avait aucun affection. Je ne serai pas là sinon. Peut-être que tu m'intéressais pour de mauvais desseins, mais tu m'intéressais quand même. Et c'est toujours valable. » Olivia a eu la bêtise de laisser le loup entrer dans la bergerie ; et à présent, le pauvre mouton qu'elle est tremble face aux crocs aiguisés du prédateur que je deviens peu à peu. « De toute façon, on ne peut pas réécrire l'histoire. Mais ce nouveau chapitre nous appartient, et t'appartient Olivia. Je en te veux aucun mal. Je veux même t'aider. » M'enfonçant lentement dans la banquette, je sors une enveloppe froissée de ma poche et la balance sur la table. D'une main nonchalante, je saisis la tasse de café qui vient d'arriver. J'hume le café avant de souffler légèrement dessus. Mon attitude respire un calme absolu. Un calme factice, car au fond de moi, l'impatience bouillonne. Olivia trouvera dans cette enveloppe son casier judiciaire recomposé par mes soins : y figurent tous les crimes et délits dont elle est responsable et que j'ai étouffé. Et, entre nous, il y a largement de quoi l'envoyer en taule pour un petit moment. Elle y trouvera aussi une liasse de billets. 300$ en petites coupures. « Je peux t'aider Olivia. »

(c)syndrome




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I'm a puppet on a string. Tracy Island, time-traveling. Diamond could've shaped heartaches. Come to find you four in some velvet morning. Years too late. She's a silver lining lone ranger riding. Through an open space. In my mind when she's not right there beside me. I go crazy 'cause here isn't where I wanna be. And satisfaction feels like a distant memory. And I can't help myself. All I wanna hear her say is "Are you mine?" + R U MINE ?

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MessageMar 27 Déc - 10:45


Livia ne se prétendait pas plus maligne que les autres. Pas plus intelligente. Pas plus dégourdie. Ni même plus futée. Elle avait longtemps fait de mauvais choix, qui l'avaient eux-mêmes menés à faire de mauvaises rencontres. Si l'agression qu'elle avait subi à ses quatorze ans avait été le déclencheur de tout cet enfer, elle réalisait depuis peu que ce n'était pas une excuse. Beaucoup de personnes avant elle, et malheureusement beaucoup encore après elle, subissaient des agressions similaires ou non sans que cela ne leur gâche entièrement la vie. Bien sûr, on n'en ressortait jamais entier, et l'expérience nous changeait indéniablement. Mais la drogue, l'alcool ou même le sexe ne pouvaient pas aider à surmonter la pente. Ils aidaient juste à camoufler une mal-être pendant un temps. Dieu savait à quel point Livia avait eu besoin d'oublier la douleur et la souffrance, autant physique que morale. Et, pendant un temps, c'était la seule chose dont elle avait eu besoin. Non, Livia ne se prétendait pas plus forte que n'importe qui d'autres - au contraire ! Combien de temps lui avait-il fallu pour se sortir de son addiction ? Combien d'essais avant d'échouer ? Combien d'espoirs avant de déchanter ? Elle avait eu le temps de décevoir pas mal de membres de sa famille. Elle avait eu le temps de perdre le peu d'amis qu'elle était parvenue à se faire plus jeune. Elle avait eu le temps de perdre confiance en elle et en ses capacités. Elle avait eu le temps de se croire moins bien que les autres et elle avait eu le temps de croire mériter ce qui lui arrivait. Elle s'était auto-flageller pendant des années, et à présent c'était terminé. Le chemin était long, et parsemé d'embûches. Elle avait déjà croisé quelques souvenirs de son passé quelques semaines plus tôt - et elle avait passé l'épreuve plutôt fièrement, sans rechuter, ni même sans en avoir envie. A présent, elle faisait face à son pire ennemi et à celui qui l'avait malgré tout maintenu en vie ces dernières années. Excepté Lyla, qui ne pouvait décemment jamais laissé tomber sa petite soeur quoiqu'il lui en coûte, Livia n'avait jamais été proche de qui que ce soit d'autre que Sloan. Il avait été son bourreau autant que l'épaule sur laquelle se pencher quand elle en avait le plus besoin - oh il ne lui tapait jamais le dos pour la rassurer, il ne lui adressait jamais un compliment pour calmer ses doutes et ses craintes et il ne l'avait jamais réellement aidée à arrêter la poudre blanche. Mais il l'avait écoutée quand elle en avait eu besoin, il avait toujours répondu présent quand elle l'appelait et il lui avait évité tout un tas de problèmes. A ses yeux, cela signifiait beaucoup même s'il ne lui inspirait que peur, doute et dégoût.

Du bon boulot ensemble. Ils faisaient du bon boulot. Cette idée lui donne des frissons et elle déglutit difficilement. Elle tente de rester digne, mais elle ne peut empêcher la honte de son passé enlaidir son regard. Il sait où appuyer pour faire mal, même avec de simples mots anodins. Et même si elle n'a pas envie de le laisser faire, de le laisser gagner, elle se sent démunie et faible à côté de lui. " Je suis certaine que tu peux faire équipe avec n'importe qui d'aussi... dévoué que je l'ai été, " dit-elle simplement, à défaut de trouver un autre mot plus approprié. La vérité était qu'elle avait été dévouée. Elle avait été dévouée parce qu'il avait été le seul à lui apporter ce dont elle avait le plus besoin à l'époque : la liberté et la dose dont elle avait besoin. " De toute façon, tu n'as pas bien d'autre choix. Je n'ai plus aucun contact avec ce monde-là. Et je ne compte pas y remédier, " lui dit-elle plus fermement, bien que tremblante et délicate. Elle se rendait bien compte que niveau crédibilité, elle avait du boulot à faire. Et il appuie encore plus sur la corde sensible, la forçant à baisser ses barrières. Il était doué pour cela, il l'avait toujours été et elle n'avait jamais su se libérer de son pouvoir. Parce qu'il savait quels mots utilisés pour l'atteindre. Peut-être avait-il raison ? Peut-être était-il sincère ? N'avouait-il pas que les raisons pour lesquelles il l'avait approchée avaient été mauvaises ? N'avouait-il pas, malgré tout, qu'il l'appréciait ? Peut-être n'était-il pas qu'un flic sans coeur ? Peut-être avait-il une réelle affection pour elle ? Serait-elle assez stupide et assez naïve pour le croire ?

Livia était de nature positive et optimiste, avant. Livia était de nature à croire en l'être humain, avant. Livia était une joie de vivre et se promettait à une avenir glorieux, avant. La vie réservait parfois des surprises que l'on n'attendaient pas, des surprises que l'on aurait préféré ne jamais connaitre. Pourtant, la jeune femme qu'elle était devenue - craintive, méfiante et désabusée - désespérait de croire en la bonté de chaque personne rencontrée. Alors, elle se détend légèrement, décidant de croire en ce qu'il dit. Alors, elle se permet de lui adresser un léger sourire, comme pour le remercier. Alors, elle se permet de croire en son bon côté car, pour elle, le pardon est la clé de la rédemption. " Merci. Je ne pense pas avoir besoin d'aide, mais c'est agréable de savoir que si j'ai besoin, je peux compter sur toi, " dit-elle, sans doute naïvement. Que dire de plus, de toute façon ? L'enveloppe qui lui fait face la fait froncer les sourcils. Incompréhension. Que pouvait-elle contenir ? Avant, elle contenait des billets contre échange d'informations capitales. " Je ne comprends pas... je n'ai pas besoin d'argent. J'ai un travail maintenant, et je m'en sors très bien toute seule, " dit-elle doucement, sans hostilité aucune mais sans faire le moindre geste vers l'enveloppe. " Et comme je t'ai dit, j'ai arrêté toutes ces... conneries. Je ne peux plus rien t'apporter. Je ne peux plus te servir à grand chose. " Excepté être son amie, ce qu'elle avait semble-t-il compris quelques minutes plus tôt. Mais il ne semble pas décidé à reprendre l'enveloppe. Alors elle la prend, doucement et comme si elle contenait un produit dangereux. Elle est épaisse. Elle l'ouvre. Et aperçoit des papiers, accompagnés de billets. Elle n'a pas besoin de regarder de quoi il s'agit, car elle comprend finalement ce qu'il en est. " Tu m'as apporté mon casier judiciaire. Une façon pour toi de me dire qu'il n'existe plus ? " demande-t-elle naïvement.

Croire en l'humanité, croire en la bonté, croire en son prochain.


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“ We start off with high hopes, then we bottle it. We realise that we’re all going to die, without really finding out the big answers. We develop all those long-winded ideas which just interpret the reality of our lives in different ways, without really extending our body of worthwhile knowledge, about the big things, the real things. Basically, we live a short disappointing life; and then we die. We fill up our lives with shite, things like careers and relationships to delude ourselves that it isn’t all totally pointless. ”
― Irvine Welsh, Trainspotting

MessageDim 22 Jan - 20:41





Do I Miss you ? ◮ Olivia


Mon Dieu, mais ce n'est pas humain d'être aussi con. Ou naïf. Je ne sais pas. La différence n'est pas toujours évidente à faire. Souvent, l'adage "trop bon trop con" s'associe à des personnalités influençables et naïves, plutôt faibles. Et Livia correspond assez bien à ce profil de bon pigeon. Suffit juste de savoir l'appâter.

On a toujours besoin d'argent. Le désir de l'homme est par définition illimité, alors il y a toujours quelque chose à désirer, à acquérir, à acheter. Livia vit dans une philosophie de bonne sœur. Un comble quand on connait son passé de dépravée. Putain, même l'enfer n'aurait pas voulu d'elle. Non pas qu'elle soit une femme machiavélique et aux bas instincts. Au contraire, elle est ce que l'innocence et la générosité font de pire : un pantin, un jouet mis à disposition, un moyen pour certains types d'arriver à leurs fins. Des types comme moi. Ne me laissez jamais voir les fils qui raccordent votre corps à votre esprit, car je ne saurai que m'en emparer, dissociant les deux entités pour y imposer ma loi et mes règles. Et bien qu'elle me dise ne plus avoir aucun contact avec le monde qui m'intéresse, insistant sur sa volonté d'en rester éloignée, je ne peux que sourire en apercevant les fils s'échapper de son corps. M'en saisir ne sera peut-être pas aussi aisé que la première fois, peut-être que ce pantin me résistera un peu, mais je finirai pas avoir une main mise sur chacun de ses mouvements.
Bon, il est temps de replacer les choses dans leur contexte, et d'ôter la sucette sucrée du bec de cette gamine qui a grandi trop vite.

« Une manière pour moi de te dire que rien ne disparait jamais, et qu'on est bien loin d'une quelconque prescription de ces divers délits et crimes. »

Alors que je porte ces accusations, ma voix devient grave et sérieuse. Je veux lui faire comprendre que, pénalement, elle a encore beaucoup de souci à se faire, et que, de fait, je suis son meilleur ami comme son pire ennemi. A voir lequel de ces deux rôles elle me forcera à endosser.

« Tu sais, te couvrir m'a mis plus d'une fois dans une merde noire. Et... je n'aime pas parler de dette, mais... mais tu as une dette envers moi Livia. Et là, j'ai besoin de toi. »

A voir si le jeu des sentiments suffiront à l'appâter. Saupoudrer un fond de culpabilité d'un soupçon de créance, mélanger le tout avec un arôme naturel de crédulité, et vous obtenez le parfait moyen de piéger votre pigeon. Or, je pressens le doute et l'hésitation envahir la jeune femme.
D'une main plus ferme, je vais glisser l'enveloppe sous le nez d'Olivia, à la limite de la table, juste avant qu'elle ne lui tombe sur les jambes. Elle prendra cet argent. C'est nécessaire à ce qu'elle se sente encore un peu plus redevable. Je dois l'imprégner d'un sentiment de dette.

« Et je ne te parle pas de me servir, mais de m'aider. J'aimerai savoir que je peux compter sur toi Olivia. »

Je le confesse, j'essaye de l'achever avec un puppy eyes. Mais bordel, il faut qu'elle cède, qu'elle accepte de me suivre. J'ai besoin d'elle. Vraiment. Car au-delà de simplement ré-asseoir mon emprise sur elle, je suis convaincu qu'elle pourra m'aider à coincer quelques gros poissons. Et ça, j'en ai besoin. Pour ma carrière.

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MessageSam 28 Jan - 13:06


" J'suis dans la merde, Ksenia. Dans la grosse merde, " qu'elle répétait sans cesse depuis plusieurs minutes, tournant en rond tel un lion en cage et faisant les cents pas comme si sa vie en dépendait. Et à cet instant, elle avait bien l'impression que c'était le cas. Elle avait bien l'impression que tout lui échappait, jusqu'à sa liberté. " J'me suis faite chopper. J'me suis faite surprendre, comme une imbécile et comme une débutante, " qu'elle se plaignait au bord des larmes, se frottant énergiquement les bras. Ils étaient camouflés par une veste bien trop large pour elle, mais il n'y avait pas besoin d'être un génie pour imaginer ce qu'ils dérobaient au regard de tous. " Il a de quoi me foutre en taule pour un moment, Ksenia. Il a de quoi me faire plonger pour un tas de trucs - il me les a cités, mais je me rappelle plus exactement... " qu'elle explique à son amie autant qu'elle le peut, difficilement, en raison de sa mémoire défaillante et de ses idées confuses. Parfois, parfois seulement, elle savait et admettait que c'était la merde qu'elle s'injectait ou qu'elle sniffait qui était en cause - et qu'il fallait qu'elle arrête. Mais la volonté et la détermination l'avaient quittée il y avait bien longtemps - et elle avait fini par accepter qu'elles ne reviennent jamais. Ksenia était sa seule véritable amie, la seule qui puisse réellement la comprendre à 100 %, la seule qui sache ce par quoi elle passait chaque jour. La seule à qui elle puisse réellement se confier. " J'ai bien cru qu'il allait m'enfermer d'ailleurs, que j'étais foutue. Il a parlé, longtemps, et je n'arrivais pas à écouter au début - trop paniquée et trop effrayée par ce qui venait de se passer... puis il m'a forcé à l'écouter. Il m'a proposé de taire ce qu'il avait vu et ce que je faisais si j'acceptais de l'aider, " qu'elle finit par lâcher en s’asseyant sur ce qui leur servait de canapé depuis quelques mois. Les yeux injectés de sang, les membres tremblants, elle ne peut que regarder son amie et dire fataliste : " quel autre choix j'avais ? " Parce que l'instinct de survie, l'instinct de conservation est plus fort que tout.

***

Elle avait fait d'énormes efforts - et d'énormes progrès - depuis qu'elle était sortie de cure. Chaque jour, ce n'était pas simple, mais chaque jour elle avançait pas à pas. Chaque jour, elle ne flanchait pas - ou plus. Chaque jour, elle apprenait à s'apprécier de nouveau. Chaque jour, elle apprenait à avoir confiance de nouveau. En elle, autant qu'aux autres. Chaque jour, elle apprenait à croire en l'être humain. Et en une seule phrase, ce long parcours du combattant s’effritait et s'effondrait. Sloan était le mal réincarné à ses yeux. Il était flic et représentait la loi, la bonté et la justice, mais son coeur et son esprit ne valaient pas mieux que les siens jadis. Il était corrompu, et elle n'aurait jamais dû l'oublier, elle n'aurait jamais dû s'imaginer qu'il puisse être différent, agir différemment avec elle. Encore une fois - retour dans le passé - elle tombait dans le piège et se montrait stupide à ses côtés. Et le pire était que, à ses yeux et au plus profond d'elle-même, il disait vrai. Elle lui devait sa liberté. Elle lui devait sa vie aussi, car plusieurs fois il lui avait évité la mort. Elle lui devait bien plus qu'il ne lui devait au final - et c'était bien là le problème. Là où elle ne lui aurait jamais demandé la monnaie de sa pièce, lui en profitait dans son propre intérêt. Pourquoi était-elle surprise ? C'était Sloan. " Je vois... " dit-elle finalement après avoir ravaler sa salive. Elle n'osait plus le regarder, parce que le regarder revenait à se soumettre et à lui confirmer qu'elle avait compris, qu'elle n'avait pas le choix. Percevoir la victoire dans son regard lui serait insupportable, aussi gardait-elle les yeux rivés sur l'enveloppe qui lui faisait face. Elle bataillait intérieurement, entre celle qui avait envie de lui dire de dégager de sa vie, de lui foutre la paix et de l'oublier, et celle qui était faible, se soumettait et savait pertinemment qu'elle ne serait jamais gagnante avec cet homme dans sa vie - cet homme qui ne semblait pas décidé à sortir de la sienne. Au bout de plusieurs secondes, voire minutes, elle releva la tête et affronta son regard - car elle n'avait pas le choix de toute façon. Si elle avait envie de hurler, de pleurer ou de le frapper, elle se retint. " Je ne plaisantait pas plus tôt. Je n'ai plus aucun contact avec ce monde-là. Je n'achète plus, je ne consomme plus. Je ne vois pas comment je pourrais t'aider... et ça ne veut pas dire que je ne veux pas t'offrir mon aide, ni que je refuse de le faire, mais... " commence-t-elle doucement avant de comprendre ce qu'il pourrait lui demander, lui exiger. " Tu t'en moques... Tant que je renouvelle avec ce monde, tant que je me remets à acheter et à fréquenter les pires espèces de cette ville, tu t'en moques... " murmure-t-elle plus pour elle-même. Il la forcerait, elle n'en doutait pas, il la forcerait à replonger. Elle avait du mal à respirer tout à coup, se sentait oppressée et perdue. Sans avoir toucher à quoique ce soit, elle s'excusa avant de sortir pour prendre une bouffée d'oxygène. Sans surprise, il l'avait suivie et sans surprise, elle l'attendait. Elle s'adossa à un mur quelques pas plus loin, se forçant à reprendre son calme, à reprendre le contrôle de son corps, de ses nerfs. " De tous ceux que j'ai pu rencontrer dans ma vie - et il y en a eu beaucoup trop - ne doute jamais, Sloan. Tu es le pire de tous, " lui dit-elle le regard rempli de haine et de dégoût, autant que de crainte et de reconnaissance mêlées. Clairement, elle acceptait de l'aider car elle se sentait mise au pied du mur, obligée et forcée pour garder sa liberté et pour laisser sa famille tranquille - mais cela ne l'empêcherait certainement pas d'exprimer sa rancoeur et sa haine envers ce bourreau éternel.



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MessageDim 12 Fév - 18:59





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Je m'en fous, très clairement. Je m'en branle qu'elle ait à re-côtoyer la lie de l'humanité pour m'être utile. Et non, ça ne m'émeut pas une seule seconde. Que les choses soient claires, j'aime bien Olivia. Mais pas le prototype lobotomisé en rehab qui me fait face : cette petite poupée n'est pas le pantin désarticulé que j'ai connu. Et en l'état, je ne peux rien faire d'elle. Alors oui, très clairement, je m'en tape qu'elle souffre à l'idée de redevoir plonger dans ce monde d'horreurs, car au final, elle s'y retrouvera plus confortable qu'elle ne l'aurait cru. Et qui sait, autant, elle m'en remerciera.

Avant que je ne puisse répondre quoique ce soit, la petite brune s'enfuit du diner. M'enfonçant brièvement dans le canapé, j'esquisse un sourire satisfait : c'est presque trop facile. Je bois le café que la serveuse vient de m'apporter, ignorant sa brûlure, avant de balancer un billet de 5$ sur la table et de sortir à mon tour.

Sans grande surprise, Olivia n'est pas allée bien loin. A croire qu'elle m'attend. Je ne pensais pas avoir une telle emprise sur elle. Déjà. Si rapidement. Cela augure de beaux lendemains. D'un pas confiant, je m'approche d'elle, incapable de me départir d'un sourire carnassier. Le loup est à nouveau entré dans la bergerie, et la biquette préfère accepter son sort plutôt que de se défendre. Une stratégie de survie. Enlever au loup le plaisir de la chasse, il se laissera rattraper par l'empathie, même si induite par un mépris certain.

« Oh, je n'en doute pas. Le contraire m'aurait presque blessé... »

Lui faisant à présent face, j'incline légèrement la tête sur le côté, singeant une attitude compatissante. Je suis mort au moins huit fois, et de terribles façons. Il suffit d'observer la haine avec laquelle elle me fustige. Puis, d'un mouvement sec, je plaque ma main près de son visage, lui bloquant très clairement - et très symboliquement - une issue. Je m'avance d'un pas, pénétrant sauvagement sa sphère privée. Je veux qu'elle comprenne qu'elle ne se débarrassera pas de moi tant que je ne l'aurai pas voulu.
Cette soudaine proximité éveille en moi un étrange désir de domination et de triomphe qui commence à me dépasser. Me mordant légèrement la lèvre inférieure, je baisse la tête. De ma main libre, j'enfonce l'enveloppe dans la poche avant de son pantalon, déchirant à moitié le papier. Ouvrant à nouveau la voie, j'abaisse mon bras levé, à la recherche de la petite cartouche dans laquelle je trimballe toujours un peu de coke. Le capuchon ôté, j'inspire la poudre, sentant aussitôt les cristaux brûler la cloison nasale qu'ils remontent. Braquant la tête en arrière afin de faciliter le chemin, je range la cartouche dans ma poche et braque à nouveau mon regard dans celui de la petite brune. Un sourire mauvais, déjà plissé par la coke, anime mon visage.
Je finis par me détourner d'Olivia. Puis, d'un pas nonchalant, je m'éloigne légèrement, mes mains à la recherche de mon paquet de clope et d'un briquet. Mes doigts rencontrent alors un pochon d'amphétamines, de MDMA. Faut vraiment que j'arrête ne me balader avec une véritable pharmacie sur moi. « Attrape ! » alerte-je Livia tout en lui envoyant le pochon. Les mains enfin libres, j'allume une clope et commence à tirer dessus nerveusement. L'effet du café sublimé par la coke entame mes mouvements de légers tremblements. Ah, putain, ce que je me sens bien ! « Comment va ta sœur Livia ? Elle a fini par accoucher ? » balance-je, sur le ton presque innocent de la discussion. Me retournant vers la jeune femme, je lui ordonne d'un mouvement de tête de m'accompagner durant ma petite marche.

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MessageLun 20 Fév - 17:48


Son âme est partagée en deux à cet instant. Son coeur est partagé en deux à cet instant. Elle a l'impression d'avoir deux voix dans sa tête qui se disputent - un ange, un démon. L'ange qui lui assure qu'elle peut refuser la proposition - l'exigence - de Sloan. Qu'elle peut encaisser ce qu'il a contre elle. Qu'elle gagnerait plus à affronter la prison, la tête haute. Le démon qui lui assure qu'elle ne serait jamais assez forte pour supporter l'enfermement, que cet espace clos la forcerait à replonger encore plus fort, plus loin et cette fois sans possibilité de sortie de secours. Qui lui assure qu'elle peut accepter sa proposition - que cela ne veut pas forcément dire qu'elle doive retomber dans la déchéance d'antan. Qu'elle peut se contenter de "faire semblant". Qu'elle peut prétendre être de nouveau accroc et de nouveau dans le besoin, sans pour autant se laisser aller à replonger. Se sent-elle assez forte ? Se sent-elle assez solide ? Est-elle prête ? Rien n'est moins sûr. Aucun ancien toxicomane ne peut prétendre être prêt un jour à en plaisanter, à jouer avec le feu en prenant le risque de retoucher à cette merde. Mais alors qu'elle tergiverse, qu'elle pense, qu'elle réfléchit et qu'elle se prend la tête, il attend patiemment et il attend sans ciller, sans broncher, sans regret, sans pression, sans honte. Il aime être celui qu'il est, réalise-t-elle. Il aime le pouvoir qu'il détient sur elle, elle le ressent. Il aime pouvoir la manipuler, pouvoir faire d'elle son pantin attitré et adoré. Cela le rend fort, sûr de lui. Et elle s'en veut, et elle se déteste de lui offrir ce cadeau sur un tableau d'argent. " Que veux-tu que je fasse avec ça ? " demande-t-elle la boite dans les mains. " Que veux-tu que je fasse exactement, Sloan ? Qui dois-je contacter ? Qui dois-je piéger ? Où ? Quand ? Comment ? " demande-t-elle piégée, soumise et désireuse d'en finir au plus vite avec ce face-à-face qui n'a déjà que trop duré. Elle devient blême lorsqu'il évoque Lyla - comment savait-il tout ça ? Comment pouvait-il savoir qu'elle était enceinte ? Pourquoi osait-elle même se poser la question ? Il était flic, et non seulement il était flic et détenait les cartes pour obtenir réponses coûte que coûte, mais il était suffisamment machiavélique et sadique pour rechercher ses points faibles. Elle ne répondit pas, se contentant de le regarder, le dégoût et la peur dans les yeux. " Comment va ta fiancée, Sloan ? Elle a fini par te quitter ? " Oui, car s'il connaissait sa vie, elle ne connaissait elle-même suffisamment pour lui balancer cette pique. Elle avait déjà croisé la jolie June - cela avait été plutôt explosif et lui avait apporté des réponses à ses questions plus que n'importe quels autres propos sortant de la bouche de Sloan. " Ne t'approche pas de ma famille, ne les mêle aucunement dans tes affaires et j'en ferai autant de mon côté te concernant, " lui dit-il simplement tandis qu'il n'appréciait visiblement pas qu'elle ose évoquer celle qui partageait sa vie - du moins en quelque sorte. " Maintenant, si ça ne te dérange pas, tu me dis ce que tu veux, quand tu veux et comment on se contacte - j'aimerais rentrer chez moi. Et ne plus voir ta tête avant un long moment, " ose-t-elle ajouter quoiqu'il lui en coûte. Elle était pleine de haine, de colère et de rancoeur - et elle avait besoin de l'exprimer haut et fort.

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MessageDim 5 Mar - 20:37





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Un frisson presque douloureux parcourt mon dos. La fatigue accumulée réserve un accueil des plus mitigés à la caféine et à sa consœur cocaïne. L'énergie artificiellement induite n'arrive qu'à mordre des muscles déjà trop éprouvés. La dernière parcelle raisonnable de mon esprit me demande d'aller me coucher, et d'essayer de dormir plus de trois heures. Une parcelle bien trop minoritaire pour être écoutée, d'autant que la coke couvre ses objections. Je me sens bien, légèrement cotonneux, malgré une vigilance accrue.
C'est alors que j'entends Livia me demander ce qu'elle doit faire de "ça". Quoi "ça" ? De la came que je viens de lui filer ? De l'argent que je lui ai donné ? Des nouvelles missions dont je l'oblige ? Sûrement de tout ça. Olivia joue les enfants perdus, mais elle sait pertinemment ce qu'il lui reste à faire. On n'oublie pas aussi facilement le trafic de drogues, ses rouages et ses pontes. Livia tente encore de résister, ce qui est tout à son honneur... Bien que je n'ai pas grand chose à en foutre de son honneur.

« J'en sais rien Livia. Prends en, ça te détendra un peu ! Et qui sait, autant ça t'aidera à réfléchir ! » balance-je, le ton aussi neutre que si elle me demandait quel jour on était. « Je reviendrai vers toi pour te donner quelques directions une fois que je serai un peu plus au clair moi-même. Alors, fais en ce que tu veux. Juste évite de la jeter à la poubelle, c'est de la bonne, très bien raffinée et pure à 50%. »

Tandis que je reprends ma marche, je croise le regard choqué d'une vieille femme. Un rictus mauvais fend mon visage, alors que mon regard intime à la vieille de détourner le sien et de vaquer à ses occupations. Sa bouche fripée se referme. Et baissant les yeux, elle reprend sa route, tentant certainement de chasser ce moment de sa mémoire. Vu la qualité de ses neurones, ce ne devrait pas être difficile.
A peine la vieille écartée de notre discussion, voilà qu'Olivia répond à mon attaque par une contre-offensive des plus mal choisies. Je m'arrête à nouveau et me retourne vers la jeune femme.

« Comme tu le sais, Livia, on a beau vouloir me quitter, on n'arrive jamais à se débarrasser de moi. Je suis du genre collant... »

D'une main rendue tremblante par la coke, je tire sur ma cigarette, avalant avec la fumée le soupçon de colère que l'autre conne a réussi à attiser en me parlant de June. Je n'ai pas envie d'en parler, et encore moins avec elle. Elle est très certainement fière de son petit coup de pute. Je n'ai aucune idée de comment elle a pu être au courant de cette histoire, mais peu m'importe : sa menace ne prend pas.

« Amuse-toi Olivia. Vas-y, implique-la ! Hormis la détruire encore un peu plus, ça ne changera rien. Et ne joue pas au monstre Livia, tu n'es pas crédible un instant ! Comment peux-tu essayer de sauver la vie d'une sœur et d'une mère en menaçant celle d'une femme qui veut me quitter et dont, c'est triste à dire, je n'ai rien à foutre... »

L'emportement ayant porté ma voix indique le contraire. Mais j'espère que la peur de la possibilité que je touche à sa famille suffira à faire taire ses prétentions sur la mienne. A condition que je considère June comme de la famille. J'en sais rien. Je ne sais vraiment pas si cela me ferait quelque chose s'il lui arrivait malheur par ma faute. Me sentirais-je coupable ? Honteux ? Ou indifférent ?

Lassée par les implications de nos retrouvailles, Olivia me demande une nouvelle fois ce que je veux. Un soupir exaspéré accompagne un filet de fumée. Je m'avance vers elle, d'un pas mou. Avant d'arriver à son niveau, je jette mon mégot dans le caniveau sans prendre la peine de l'éteindre.

« Donne-moi ton numéro, » ordonne-je en tendant à Livia un ticket de caisse ainsi qu'un stylo. « Je te recontacte avant la fin du mois. D'ici là, repose-toi ! Et profite de ta famille, » glisse-je, non sans cynisme. « On se reverra bien assez tôt. »

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MessageSam 1 Avr - 9:43


Il n'avait pas tort. Il avait même totalement raison. On ne se débarrassait jamais de lui - il était bien trop sadique et machiavélique pour ça. Elle était trop peu crédible en vilaine et ne savait pas réellement menacer les gens - encore moins ceux qu'elle estimait innocent. Elle n'oserait jamais aller jusqu'à partir à la rencontre de la jeune femme qui avait le courage de partager sa vie - partager étant un grand mot. Elle n'oserait jamais aller jusqu'à lui faire du mal pour l'atteindre, lui. Elle n'oserait même jamais l'atteindre, lui. Qui était-elle alors ? Était-elle faible ? Tellement faible qu'elle ne pouvait rien faire d'autre que lui obéir et suivre ses ordres ? Tellement faible qu'elle craignait d'être en possession de cette drogue qu'il lui offrait, craignait plus que tout de l'utiliser ? Tellement faible qu'il avait su où appuyer pour la faire faillir ? Tellement faible qu'elle en tremblait de la tête aux pieds, intérieurement aussi assurément qu'extérieurement ? Fuck him. Elle n'était pas faible. Elle n'était plus faible. Elle ne serait plus jamais faible. Elle serrait la boite dans sa main, comme pour se donner de l'assurance et comme une envie de détruire ce qu'elle contenait et qui avait fait sa vie durant des années. Fuck him. Qu'il la croit faible, qu'il la croit à sa mercie, qu'il la croit obéissante et malléable. L'époque où il pouvait faire ce qu'il désirait d'elle était révolue - elle se le promettait. Il n'obtiendrait d'elle que l'apparence d'une aide qu'elle ne désirait pas lui offrir. Mais il ne la détruirait pas. Il ne la détruirait plus. Elle s'en faisait la promesse - même si le doute persistait dans son coeur quant à sa capacité à garder la tête hors de l'eau. Fuck him. Elle ne répondit rien à ses attaques et son emportement - elle avait bien compris qu'elle aussi, elle avait touché son point faible et cela lui donna des ailes. Mais elle ne souriait pas. Elle ne criait pas victoire - puisqu'elle n'irait jamais trouver June. Elle était juste ravie et soulagée de voir qu'il était POSSIBLE d'atteindre ce coeur de pierre. De voir qu'il existait une faiblesse sous cette apparence force froide.

Sloan Redfield était humain après tout.

***

Elle avait attendu plusieurs jours. Elle avait attendu, patiemment, sans cesser de vivre, sans cesser de travailler et de profiter des instants avec sa famille et ses amies. Elle avait attendu qu'il se manifeste - sursautant à chaque pas qui la menait chez elle le soir en sortant du boulot. Jetant des coups d'oeil partout autour d'elle quand elle partait le matin de bonne heure. Son téléphone ne la quittant jamais. Elle lui avait donné son numéro - principalement parce que, tôt ou tard, il l'aurait trouvé et ne l'aurait pas lâchée. Elle n'avait pas encore trouvé de solution à son problème, LUI, mais elle ne désespérait pas encore d'en trouver une. Un jour, un jour quelqu'un lui fera payer le pouvoir qu'il pensait détenir sur elle. Un jour, un jour quelqu'un ou quelque chose lui permettra de la libérer de son emprise. Elle devait y croire, elle devait s'y cramponner à cet espoir. Elle n'avait pas d'autre choix - sinon elle sombrerait de nouveau. Et il en était hors de question. HORS DE QUESTION. Perdue dans ses pensées, elle ne sentit pas sa présence immédiatement tandis qu'elle grimpait les marches qui la séparait de la maison - silencieuse car ses parents étaient chez son frère pour le week-end. Elle sursauta au moment où elle allait tourner la clé dans la serrure, quand il décida de se manifester. " Putain de merde ! " jura-t-elle sous l'effet de la surprise, de la peur, du choc. Elle ferma les yeux un instant avant de les rouvrir et de reprendre son calme. " Je croyais que tu avais pris mon numéro pour éviter de te déplacer. Tu l'as perdu ? " qu'elle ose demander, légèrement piquante et pertinente. Elle se sent bien plus faible face à lui, et elle sait déjà qu'elle courbera l'échine - mais elle ne peut s'empêcher de se rebeller et d'essayer. " Comment as-tu su où je vivais ? " finit-elle par demander, suspicieuse et extrêmement dérangée qu'il sache à présent où il pourrait venir l'emmerder dès qu'il le voulait.

Il fallait qu'elle déménage, et vite.


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Sloan K. Redfield
OISEAU DE PARADIS

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“ We start off with high hopes, then we bottle it. We realise that we’re all going to die, without really finding out the big answers. We develop all those long-winded ideas which just interpret the reality of our lives in different ways, without really extending our body of worthwhile knowledge, about the big things, the real things. Basically, we live a short disappointing life; and then we die. We fill up our lives with shite, things like careers and relationships to delude ourselves that it isn’t all totally pointless. ”
― Irvine Welsh, Trainspotting

MessageMer 5 Avr - 21:20





Do I Miss you ? ◮ Olivia


J'ai toujours eu l'orgueil de me féliciter d'être insupportable. Amener les gens en un temps record à leur point de rupture me confère un pouvoir largement sous-estimé : celui d'être dans le contrôle de la situation. Ainsi, à l'usure, j'arrive quasiment toujours à obtenir ce que je veux. Des victoires qui me permettent de gagner de vraies guerres. La patience est mère des vertus, dit-on, et en cette qualité - tout en étant corrompue -, elle engendre un réel pouvoir sur les autres. Après tout, tout vient à point à qui sait attendre...
Et je peux vous dire que j'en épuise du monde, ma patience étant de l'endurance là où l'usure gagne les esprits dont j'espère triompher : tous finissent par abandonner et me donner raison, même contre leur gré. Tous, sans exception. Et Olivia intègrera ce club de privilégiés. Lutter ne sert à rien, et si elle se leurre encore en se pensant assez forte pour me résister, elle goûtera l'amère saveur de la déception. Je finis toujours par triompher, et je ne donne pas cher de sa peau dans ce combat perdu d'avance.

Assis dans une voiture banalisée, j'achève une énième clope, le regard facilement distrait après l'heure perdue à attendre. Olivia n'est toujours pas rentrée chez elle, et je commence à désespérer de la voir débarquer. Pourtant, selon ses horaires de boulot, elle devrait déjà être là. Livia s'est enfermée dans une routine désespérante, digne d'une octogénaire ayant oublié toute notion de plaisir et de "fun". Je peine à croire qu'elle ait entièrement réussi à renier son ancien mode de vie caractérisé par l'excès, la frénésie et l'effervescence. La filer durant plusieurs heures au cours des dernières semaines m'a littéralement déprimé. Et bien qu'elle doit penser cette nouvelle stabilité salvatrice, je ne peux m'empêcher de croire qu'un bon coup de pied dans sa fourmilière bien organisée lui redonnerait le goût d'un rythme de vie plus déstructuré.

Alors que je venais de me perdre dans la contemplation d'un fessier franchement généreux, j'aperçois dans le rétroviseur la silhouette élancée d'Olivia gravir avec empressement les marches de son escalier. Écrasant une nouvelle clope à même le tableau de bord, je sors de la voiture, parcourant à grandes enjambées silencieuses les quelques mètres qui me séparent d'Olivia. Je n'ai même pas le temps d'articuler la moindre phrase d'introduction que la jeune femme sursaute et se retourne, expulsant sa frayeur. Un sourire amusé fend mes lèvres, et je me contente d'un regard narquois en guise de salutations. Puis, l'agacement prend le pas. Apparemment, Olivia n'est pas ravie de me voir débarquer chez elle.  Elle devra pourtant composer avec.

« Je ne voulais pas que tu m'oublies... et que tu trouves l'excuse d'un numéro inconnu pour ne jamais décrocher. »

Faire pression.
Je m'avance d'un pas souple, presque félin, afin de l'acculer contre la porte de la maison. De sa maison familiale.
La surprise de ma venue ne passe toujours pas, et c'est avec une anxiété palpable qu'elle me demande comment je connais son adresse. Arquant un sourcil, je réponds, moqueur :

« Ah, je ne t'ai pas dit ? Je suis flic... »

Question con, réponse con. Mais bien qu'user de cynisme n'est pas pour me déplaire, j'ai des choses autrement plus importante à lui dire.

« Tu m'invites à rentrer ? On ne dérangera personne... »

(c)syndrome




_________________


I'm a puppet on a string. Tracy Island, time-traveling. Diamond could've shaped heartaches. Come to find you four in some velvet morning. Years too late. She's a silver lining lone ranger riding. Through an open space. In my mind when she's not right there beside me. I go crazy 'cause here isn't where I wanna be. And satisfaction feels like a distant memory. And I can't help myself. All I wanna hear her say is "Are you mine?" + R U MINE ?

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do I miss you ? ~ o. canjura / dans le Bronx
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