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Un amigo es una luz
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Manuel Herrera
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MessageDim 30 Oct - 22:08

 



brillando en la oscuridad

ft el hermano



Au moment où on l’informa de l’incendie qui avait touché le cabaret, il décrocha son téléphone pour prendre des nouvelles de son ami, apprenant au passage que sa femme avait été prisonnière des flammes et qu’il s’en était fallu de peu. Il proposa son aide et lui apporta tout son soutien, l’invitant à venir dîner chez eux le temps que Lyla sorte de l’hôpital et lui offrant son aide en cas de besoin. Luciano était comme un frère, une extension de lui-même, parfois, parce qu’ils se comprenaient en un regard et qu’ils partageaient bon nombre de valeurs et de principes. Leur amitié s’était construite naturellement et presque instinctivement. Ils se voyaient le plus souvent possible et s’appelaient régulièrement, parfois pour des choses importantes et d’autres simplement pour plaisanter pendant quelques minutes au téléphone. Leurs sorties entre hommes n’étaient pas rares mais moins nombreuses que par le passé, ils étaient désormais des hommes mariés tous les deux, ce qui ne les empêchait pas de s’installer au studio porno quand les filles étaient casse couilles ou d’aller manger quelque part pour s’installer dans un coin du Gato Negro, le regard épousant la piste sans pour autant se mêler à la foule des danseurs, pour ne surtout pas se laisser tenter par les danseuses. Mais c’était surtout dans les moments difficiles que leur amitié prenait tout son sens. Ils étaient là l’un pour l’autre, au-delà même de leur partenariat d’affaire. Ils étaient un soutien inébranlable pour l’autre. Cette attaque contre Luciano n’étant pas anodine, il avait mis un point d’honneur à le voir tous les jours, passant prendre des nouvelles de Lyla avec un bouquet de fleurs et quelques mots gentils, s’apercevant que tant qu’elle restait loin de Cinzia, leur relation était plus que cordiale. Il veillait sur son frère de cœur et non de sang comme sur un trésor, cherchant avec lui qui pourrait être à l’origine d’une pareille folie, qui était assez stupide pour ne pas vérifier qui abritait l’endroit au risque de tuer la femme et l’enfant à naître du boss et de s’attirer ses foudres. Qu’on puisse s’en prendre à sa famille rendait Mani complètement malade et il savait par avance que ça le rendrait fou. Fou de rage ou fou, tout simplement fou. Il n’avait rien de plus précieux que sa femme et son fils à venir et oser tenter de leur faire du mal c’était se faire un ennemi redoutable qui vous traquerait sans relâche et vous éliminerait inévitablement.


Qui aurait pu prédire qu’on s’en prendrait à la prunelle de ses yeux ? Qui aurait pu envisager que ça arriverait avec tout ce qu’il mettait en place pour éviter ça ? Certainement pas lui et encore moins que ça viendrait de l’une de ses anciennes conquêtes. Son monde s’écroula et il ne vivait plus que pour les résultats des analyses et les diagnostics des médecins. Ils ne savaient pas si elle reprendrait conscience un jour, si elle serait en pleine possession de ses moyens, ou pas, seul le temps leur dirait, et lui, ça le rendait malade parce qu’il n’avait pas la moindre prise sur tout ça. Il était impuissant et tout son pouvoir, tout son argent ne pouvaient rien contre ça. Il passait ses jours et ses nuits à l’hôpital, il se traîna tout de même à la maternité pour offrir ses félicitations à son ami et à sa femme pour retourner auprès de la sienne, constatant qu’il n’y avait pas eu le moindre changement en son absence, malheureusement. Ca faisait désormais près de dix jours qu’il ne bougeait pas de sa chambre, il se changeait et se lavait ici, dormait dans un fauteuil inconfortable quelques heures par jouer et s’alimentait de ce qu’il trouvait dans le distributeur du couloir à côté de la chambre. Personne n’était parvenu à le faire décoller de là, personne n’avait trouvé les arguments pour ça mais demain, il n’aurait plus le choix. Il avait fait son possible pour organiser une cérémonie et des obsèques à son fils, il se devrait d’être là. Il n’y aurait pas de repas, ni de veillée, ni quoi que ce soit qui l’obligerait à rester loin d’elle trop longtemps mais il devait bien ça au petit, une tombe, une cérémonie, la preuve qu’il avait bel et bien existé. On frappa quelques coups à la porte et celle-ci s’ouvrit sur Lucky qui avait le même air déterré que lui. « Salut, ‘mano, comment tu vas ? » lui lança le salvadorien en se levant pour le serrer dans ses bras. « Tu as réussi à joindre le prêtre ? Je ne captais plus ici et mon chargeur est mort… » Et il ne voulait pas quitter la chambre, peut-être qu’il aurait mieux fait de rentrer pour se reposer mais à quoi bon. « T’as une sale tête ! Tout va bien ? » s’inquiéta-t-il, se disant que quoi qu’il ait à raconter, ce serait toujours plus divertissant que les bips des machines qui maintenaient sa douce en vie.


***



Devant le miroir de sa chambre, il se dévisageait, ne se reconnaissant pas, probablement parce que ce qui dansait dans ses yeux n’était pas toujours là habituellement. On l’attendait en bas, Jandro, Muñez, Lyla et Lucky. Il n’avait pas envie de faire ça, il aurait préféré rester terré quelque part ou bien s’occuper de torturer Teresa jusqu’à ce qu’elle supplie de le tuer pour recommencer. Oui, ça aurait été bien mieux que de se confronter à cette putain de réalité. Cela faisait déjà trois fois que Jandro l’appelait du bas des escaliers et qu’il faisait mine de ne pas avoir entendu. Il se laissa tomber sur le petit banc rembourré qui se trouvait là, les yeux rougis par les larmes et prostré, se dit que s’il demeurait dans le silence, on finirait par l’oublier, définitivement. La porte s’ouvrit, on avait dû s’esquinter dessus mais il n’avait rien entendu. Le visage familier d’une des rares personnes qui ne le jugerait jamais passa l’entrebâillement. Il entra pour de bon quand il vit que le jefe avait abandonné toute sa superbe au profit d’une détresse presque palpable. « Je ne peux pas faire ça, Lucky ! Je ne peux pas ! Regarder le cercueil de mon fils s’enfoncer dans la terre ! Je ne peux pas ! Il n’a même pas pu pleurer, respirer ou même rire ! Il n’a pas pu ! Par ma faute ! Et je devrais aller là-bas, jouer les victimes alors que si j’avais fait ce qu’il fallait, on en serait pas là ! Qu’est-ce que ta sœur va penser quand elle va se réveiller ? Hein ? Elle voudra partir ! Et je ne pourrais rien faire contre ça parce qu’elle aura raison ! » Il essuya ses joues d’un revers de mains, fit de même avec ses yeux, gardant un minimum de dignité parce que c’était tout ce qui lui restait.






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El policía tiene su fin, el ladrón roba para vivir.
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Luciano Gambino
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La cruauté est essentielle si l’on veut conserver le pouvoir. Sans elle, on apparaît faible et les adversaires en profitent. Comme les chiens : celui qui aboie le plus fort devient le chef de meute. [Saviano]

MessageSam 5 Nov - 21:02

 



brillando en la oscuridad

ft el hermano




L’accident, ou plutôt la tentative d’assassinat, dont ma petite sœur victime nous plongea tous et toutes dans une rage profonde. Mes frères, rancuniers, ne dormaient plus. Ils cherchaient un coupable à blâmer et se jetaient mutuellement la faute au visage. Gaby, arrivé tardivement à cause de son voyage de noces, mais sans qu’on ait vraiment le temps ni le besoin de le prévenir, se rongeait les sangs au point d’en devenir hargneux. Ça li ressemblait peu. Il demeurait toujours maître de lui-même habituellement. Il nous faisait tous flipper. Mon père, bien qu’enchanté par la naissance de son premier petit fils, n’affichait de regards tendres qu’à ce dernier. Le reste du temps, plus belliqueux que jamais, il le consacrait à appeler Manuel et à mobiliser ses troupes à son service pour étancher notre soif commune de vengeance. Ce n’était pourtant pas la priorité de Manuel pour le moment. Bien sûr, il rêvait de voir Teresa morte, il devait par ailleurs imaginer mille façons toutes plus cruelles et tordues les unes que les autres afin d’éteindre sauvagement la flamme de sa misérable vie. Ça devait être d’autant plus vrai à chaque fois qu’il posait les yeux sur sa femme, inerte, et reliée à des machines pour subvenir à ses besoins et la maintenir envie. Mais ça, ne lui ramènerait ni son épouse ni son bébé et, je supposais que ça l’occupait assez pour qu’il se fie à la délégation chargée de retrouver la coupable de ce merdier. J’étais moi-même particulièrement inquiet pour ma Maruzella.

Je regrettais d’avoir creusé entre elle et moi, autrefois si proche, un fossé désormais insurmontable. Je l’avais délaissée par crainte d’interférer dans sa relation avec mon seul ami et son unique amour. Elle l’aimait démesurément. C’était beau et angoissant à la fois. Je redoutais tant le moment où je ne la verrais plus comme ma petite sœur, mais comme une femme, celle d’un autre, celle qui ne pleurerait plus ses malheurs dans mes pantalons, mais sur l’épaule de son amant, que je choisis lâchement de couper le cordon fraternel prématurément. Alors, pousser la porte de cette chambre et la voir dans cet état, c’était une épreuve douloureuse que je combattais en me rendant le plus utile possible à son mari. Soutenir Manuel, c’était primordial au nom de notre amitié et pour la bonne suite une fois que la Cinzia reviendrait à elle. Je veillais donc à garder mes problèmes pour moi et à afficher des sourires rassurants que j’accompagnais de bonnes nouvelles autant que faire se peut. Mes visites à l’hôpital se rythmaient des mêmes rituels. Je signais le front e la blessée, je l’embrassais, j’étreignais Mani et je tirais une chaise pour m’asseoir à ses côtés. Lyla pourvoyait à sa faim, lui apportant tous les jours de quoi manger. Quant à moi, j’effectuais pour lui des tâches banales comme ramasser son courrier, aérer la maison ou travailler depuis son salon tandis qu’une femme de ménage entretenait les lieux. « C’est bon ! J’ai eu le père Edgardo. Il sera là. Tout est réglé. Il te transmet ses amitiés et il passera vous voir après l’office de ce soir. » rassurais-je mon ami pour ensuite me soucier de ma petite soeur.

« Alors ? Rien de neuf de son côté ? » Aucun événement particulier ne troublait cette détestable routine qui s’installait dans notre vie à tous. Rien pour nous rendre plus optimistes. « Ça va, si ce n’est que Javier est ingérable. J’ai bien réussi à le convaincre d’en envoyer un en taule et un de maquiller la mort d’un autre en suicide, mais il a obtenu d’un gars toutes les informations qu’il lui manquait. On a dû employer des moyens que je te laisse imaginer. C’était un tenace en plus. C’était très amusant, mais je n’ai pas pensé trente secondes que ça agirait sur mon beau-père comme une femme à poil devant un mec abstinent depuis des années. Il est intenable et je n’arrive pas à le canaliser. » soupirais-je en envisageant les répercussions que ça pourrait avoir sur nous tous. « Crois-moi, pour l’avoir vu à l’œuvre, je comprends mieux qu’il ait si bien accueilli ma relation avec sa fille chérie. Il est assez malin pour ne pas juger un homme sur ce qu’il est lui-même, mais là, il ne raisonne plus. Je l’accompagne quand je peux. Je le fais surveiller pour pouvoir intervenir s’il se montrait imprudent, mais je crains la catastrophe. » Elle arriverait tôt ou tard. J’en étais convaincu. J’ignorais simplement la forme qu’elle prendrait. « Et toi ? Comment tu te sens ? Tu as une gueule de déterré, mon frère, celle d’un type qui a pas vu la lumière du jour depuis des lustres. Il faut que tu sortes d’ici un peu. Il faut que tu te retrouves avant que ça gangrène. » Inutile de lui répéter que sa conjointe aurait besoin de lui. La mienne était passée par là avant moi. Il n’empêche qu’il demeurait réticent à l’idée de quitter cette pièce, mais il devait à tout prix nourrir la bête en lui avant que sa colère ne devienne dévastatrice.

« Mani » Je posai ma main sur son épaule pour attirer pleinement son attention. « Elle se réveillera pas maintenant, pas si tu n’es pas sà. J’en suis certain et dans le fond, tu le sais aussi bien que moi. Reste là, ça va rien arranger du tout. Tu sais ce qu’on dit ? Que le coma, c’est un mécanisme du corps pour mieux supporter la douleur. » J’avais lu l’information dans un magazine santé pour les hypocondriaques dans la salle d’attente de mon enfoiré de dentiste. « C’est trop tôt. Alors, viens avec moi, Javier est en train de péter les plombs, chez toi, c’est une bombe à retardement. Viens avec là où il est en train de jouer à l’exécuteur et négocions avec lui, ensemble, on n’est jamais plus efficace que comme ça, pas vrai ? » conclus-je en lui adressant un sourire encourageant, espérant que la corde sensible ait vibré un minimum. Fondamentalement, je n’avais pas expressément besoin de lui, mais tous les moyens étaient bons pour le sortir de sa coquille. « Il a mis la main sur un type. Il est avec lui en ce moment. On ferait d’une pierre plusieurs coups comme ça. Allez, viens, ça va te faire du bien. » Je me levai pour que le geste lui serve d’impulsion. La Maruzella serait toujours là à son retour, bien malheureusement, d’une certaine manière, serais-je tenté de penser.  


***


J’enfilai un costume blanc et une chemise blanche, non par défiance, mais pour mettre à l’honneur l’innocence de mon neveu mort prématurément. Comme tous ceux réunis autour de mon beau-frère pour l’aider à surmonter cette épreuve, j’avais le vague à l’âme. Ettore était ma planche de salut, à l’imagine de sa mère et je bénissais le ciel de m’avoir offert ce cadeau qui m’empêchait de détester la terre entière. Je le haïssais également, de s’être montré si dur envers le couple Herrera. Il ne méritait pas ça, surtout que Cinzia dormait toujours et que les jours avançant, je redoutais de plus en plus qu’elle ne s’éveille jamais ou avec de terribles séquelles qui l’empêcheront de mener une vie normale. Certes, cette peur, je ne la partageais qu’avec mon épouse. Elle trouvait toujours les mots pour me rassurer, et en mêlant à la foule d’invités rassemblés pour l’enterrement du premier-né de la maison, mon instinct me dictait, en constatant l’absence du père parmi les convives, qu’il lui serait autant utile qu’à moi. En poussant la porte de sa chambre, j’en eux la confirmation et, face à sa détresse, j’oubliai mes propres angoisses. Il n’en avait pas besoin. « Tout le monde t’attend, Mani. Il faut que tu penses à te montrer. » lui conseillais-je posément en prenant place à ses côtés, l’oreille tendue vers sa complainte. Je l’intégrais si bien. Dieu m’en garde, je devinais son mal-être, mais il était de ceux pour qui je suis capable d’empathie. « Je ne vais pas te mentir en te sortir le laïus habituel qui consiste à dédramatiser en pensant te faire du bien. Ce qui arrive, c’est une tragédie, mais ce n’est pas de ta faute, Mani. Teresa est une folle comme on n’en tous côtoyer. Ce qui est arrivé, ça nous pend au nez. Un jour, j’ai retrouvé Caitlin, un couteau sous la gorge de Lyla. Si je n’étais pas arrivé à temps, elle l’aurait tuée et je m’en serais voulu d’avoir laissé le loup entré dans la bergerie, mais on ne peut pas se blâmer d’avoir eu une vie avant de se ranger, on ne peut pas non plus s’en vouloir parce que les autres ne veulent pas entendre qu’il ne nous intéresse plus. On ne peut pas se forcer en espérant imaginer les ramener sur le chemin du bon sens. » Je lui rappelai également que j’avais organisé une agression envers ma femme, qu’elle aurait pu mal tourner, que j’avais juste joué de chance. « Qu’est-ce que tu te dis ? Que tu aurais dû la tuer pour ne pas que ça arrive ? Mais, autre chose serait arrivé, parce qu’on peut retarder la main de Dieu, mais on ne peut pas l’arrêter. Nous n’en sommes pas capables. »

Certes, nous nous octroyons souvent ses privilèges, mais nous n’étions que des hommes, ses instruments pour maintenir l’équilibre entre le bien et le mal. « Tu sais, la chance, elle tourne. Tout s’arrangera, parce que tu es un type fort, Mani. Tu vas prendre ta souffrance à bras-le-corps et tu vas en faire quelque chose. Je le sais. Tu vas apprendre à vivre avec ça, parce que ma sœur t’aime comme une dingue, qu’elle ne t’en voudra pas et parce que tout ce que tu fais, c’est pour elle, pour l’aider à s’en sortir. Alors, ce n’est pas facile, je sais, ou plutôt, je m’en doute. Mais, il y a des tas de belles choses que vous attendent encore. Et quand elle se réveillera, elle te le rappellera, pas tout de suite, mais ça arrive. Accroche-toi à cette certitude, parce qu’elle ne te quittera pas. Elle n’en est pas capable. Ce n’est pas dans l’ordre naturel des choses. Tu es ce qui compte le plus à ses yeux, bien plus que tout le reste. C’est sa fatalité. » Je me levai pour lui servir un verre d’eau que je lui tendis d’une main assurée avant de retrouver ma place. « Quand cette journée sera terminée, Mani, tu ne retourneras pas à l’hôpital tout de suite. Tu partiras avec Jandro, tu feras ce que tu as à faire pour que personne n’oublie que ce qui t’arrive, ce n’est pas la fin de ton règne. Tu vas leur rappeler à tous et ensuite, tu te souviendras que ce qui arrive aujourd’hui, ce n’est pas la mort de quelque chose, mais le début d’une autre. OK ? »







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“Vos parents vous ont souvent dit de ne pas jouer avec moi. Je suis la contradiction. Je suis le feu de sang-froid. Toujours avec le sourire, toujours avec les brûlures, tous les jours à quelques centimètres de la rupture. Petit sauvage est né dans la jungle de béton. Il y a les rêves que l'on fait. Il y a les rêves qui nous font. ”

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Manuel Herrera
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MessageSam 12 Nov - 0:27

 



brillando en la oscuridad

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Il avait conscience que passer le plus clair de son temps ici n’était pas la meilleure des façons de l’aider à revenir mais il tenait absolument à être là quand elle ouvrirait les yeux, qu’il soit le premier qu’elle verrait. Il ne pouvait supporter l’idée qu’elle puisse se sentir seule et désorientée après une longue période de coma. Quel genre de mari aurait-il été ? Il était suspendu aux bips des machines et à ses prunelles, priant tous les jours pour qu’elle s’éveille et redonne un sens à sa vie. Pour elle, il mit tout e stand-by pour être présent. Il lui parlait parfois pendant des heures, lui racontant les dernières nouvelles ou bien lui expliquant ce que Lyla lui avait apporté à manger. Lui parler c’était garder l’illusion qu’elle n’allait pas si mal que ça et entretenir l’espoir qu’elle finirait par lui revenir. « Merci ‘mano ! » Sans le soutien indéfectible de ses proches, il n’aurait jamais tenu le choc. Ils se relayaient tous pour lui venir en aide d’une façon ou d’une autre, certains plus que d’autres et Lucky avait été à la hauteur de l’affection que le salvadorien nourrissait pour lui. « Non, toujours les mêmes nouvelles. » conclut-il un peu dépité avec une once de désespoir dans le fond de la voix. Pour le moment, il ne pouvait envisager d’abandonner tout espoir, cela remettrait trop de choses en question et n’importe qui aurait déjà pu prédire que ça tournerait mal. Mais si elle devait ne jamais revenir à elle, il serait comme un orphelin. Sans but et sans aucune raison supplémentaire de vivre pour répandre le bien, il laisserait la pire part de lui prendre le dessus et ça se terminerait de la pire de façons. Javier, il l’avait presque oublié, lui et sa croisade désespérée pour venger sa fille déjà perdue. C’était tellement absurde et pourtant, personne mieux que le fils Herrera n’aurait pu le comprendre. Pourtant, son imprudence et son incapacité à entendre les conseils de ses proches concernant la nécessité de se montrer le plus mesuré possible pour éviter la moindre déclaration de guerre dont personne n’avait besoin pour le moment, devenaient dangereuses pour tout le monde. Si même Lucky ne parvenait pas à lui faire entendre raison, c’était que les choses ne tarderaient plus à dégénérer. Mais tout le monde savait qu’il valait mieux ne pas plaisanter avec Javier Canjura. « Tu voudrais qu’on aille lui parler tous les deux ? Je me dis que dans notre malchance, on a quand même une once de chance, je te laisse imaginer ce que ça aurait donné si tous les autres Canjura avaient été mis au courant ! Je n’aurais rien pu enrayer par le biais de l’autorité et j’aurais dû abîmer cette famille… Mais il va falloir qu’on lui fasse entendre raison avant qu’il ne nous mette vraiment dans la merde. » Il n’aurait pas la patience de bouffer les conneries du mexicain mais il ferait de son mieux et passerait à la menace si cela devenait nécessaire.


« Je sais mais je passe tout mon temps ici, je veux être là quand elle ouvrira les yeux. Je ne me pardonnerais pas d’être ailleurs, comme s’il existait quoi que ce soit de plus important qu’elle et d’être là, à ses côtés ! » Il jeta un regard à sa femme qui n’était que l’ombre d’elle-même et se demanda ce qu’il ressentirait si le fait qu’il ne soit pas là l’aidait justement à sortir du coma, comme le message qu’il n’avait apporté dans sa vie qu’un morceau de chaos qui ne faisait que grossir au fil du temps. Si cela devait arriver, il prendrait les décisions qui s’imposaient pour sa sécurité et son bonheur. Il se leva de sa chaise, lentement, le dos ankylosé, et se pencha sur elle, caressa son visage et embrassa ses lèvres. Il lui promit de revenir bientôt et lui susurra qu’il l’aimait avant de suivre son meilleur ami et frère vers l’endroit où se terrait le père Canjura, passé maître rédempteur depuis peu. Prendre l’air le revigora un peu, autant que pouvoir fumer une cigarette en plus d’une minute parce qu’il craignait qu’elle se réveille pendant ce laps de temps. Il avait fait promettre à l’infirmière de lui passer un coup de fil s’il y avait le moindre changement en son absence. Javier était un artiste du massacre et il était au début de sa nouvelle œuvre quand ils débarquèrent. Il les accueilli d’un sourire et vint les saluer, parfaitement détendu, comme s’ils se retrouvaient pour une partie de golf. « Y a tout ce qu’il faut si vous voulez participer ! » Mani observa le fils de pute suspendu au-dessus du sol par des chaînes et en dépit de ses supplications, ne bougea pas d’un cil. « Javier, on peut parler ? » lui lança-t-il alors qu’il lui tendait une pince. Le sourire du patriarche s’affadit mais il hocha positivement la tête. « Tout ça, on le comprend et on le soutient mais il faut le faire intelligemment, Javier, ou tu vas nous attirer des emmerdes. Pas seulement une guerre entre gangs mais si ça se sait, ils vont revenir pour s’en prendre une nouvelle fois à ta famille ! » « MA FAMILLE ? Je la protègerai, je les tuerais jusqu’au dernier s’il le faut ! Je les éradiquerais ! » « Mais avant ça, ils auront peut-être brûlé ton appartement, violé une autre de tes filles ou bien tué un de tes fils ! Javier, tu sais comment ça marche, ne te fais pas ça et écoute-nous ! On te donne tous les moyens que tu pourras demander mais fais ça bien ! » « C’est pour ça que vous êtes venus ? Si c’était pour ça, vous pouvez repartir, j’assumerai les conséquences de mes choix ! » « Javier, si ça tourne mal, ce sera autre chose que des conséquences ! Je devrais te faire payer pour la merde dans laquelle tu m’auras mis ! Tes fils vont être les premières victimes de ça ! Je suis venu ici en ami, ne m’oblige pas à partir sur une menace ! » Il leur avait tourné le dos pour trier ses outils et cacher son trouble, Mani en profita pour donner un coup de coude à Luciano pour qu’il trouve le bon bouton sur lequel appuyer.


***


Tout ça le rendait malade. Ces événements, le contexte, l’enterrement. Il n’avait pas la force de se confronter à tout ça. « Elle nous a provoqués plusieurs fois et je n’ai pas réagi, j’imaginais qu’elle se calmerait mais au moment où elle a manigancé tout ça avec ton frère, j’aurais dû la descendre. Et je ne peux pas m’empêcher de voir la responsabilité d’Achille qui lui a mis tout un tas de conneries en tête ! Et regarde maintenant !  Lui est revenu, comme si de rien était, sa famille va bien, tous ses enfants vont bien et moi, j’ai plus de fils et ta sœur est entre la vie et la mort ! Tôt ou tard, Lucky, il devra payer ! » Parce qu’à l’heure de faire le bilan et les comptes, il fallait être juste. Le visage entre les mains pour cacher ses larmes, il essayait de puiser en lui et en l’amour qu’il avait pour Cinzia, la force d’affronter tout ça. Il était exténué et au bout du rouleau, tout ça lui coûtait tellement. Il essuya son visage, les mots de son ami faisant leur bout de chemin et il finit par se redresser. Il avait raison, exposer sa faiblesse de la sorte ferait pire que mieux, il devait reprendre contenance et se reprendre en mains, surtout. « Tu as raison, il faut que je me secoue, elle va avoir besoin de moi ! » Il n’avait pas le luxe de passer sa vie à pleurer sur son sort ou alors, d’autres y verraient l’occasion de blesser à nouveau les siens. Il serra Luciano dans ses bras, lui murmurant un merci avant de le suivre pour se mêler à tous ces gens qui avaient fait le déplacement pour marquer leur soutien et leur respect. L’idée de se retrouver seul chez lui l’angoissait, il prit le parti de n’y passer que pour l’essentiel, le reste de son temps se divisait entre l’hôpital et ses obligations. Il ne lâchait jamais son téléphone et faisait en sorte de s’installer près de sa femme dès que son emploi du temps le lui permettait. Qu’elle revienne à elle et réinvestisse leur nid d’amour fut une véritable bénédiction dont il profita autant que possible. Malheureusement, comme si le sort s’acharnait contre eux et leurs proches, Lyla disparut, victime des choix égoïstes de son père. Ce fut plusieurs jours de stress intense alors qu’il faisait en sorte de soutenir Luciano de son mieux. Il avait parfois l’impression qu’il allait devenir complètement fou et tant qu’ils n’étaient pas certains de ce qui était réellement arrivé à sa femme et comment elle allait, il n’était pas question de l’autoriser à basculer. Ils ne réalisèrent l’implication des méfaits de Javier qu’avec la version de sa fille. Il fallait prendre des mesures, il devait trouver une façon de réparer ses erreurs ou Dieu seul ne serait pas capable de sauver sa peau. Lorsque le couple Gambino débarqué pour récupérer leur petit bonhomme, il profita des retrouvailles des filles pour inviter Lucky à le suivre dans son bureau pour une discussion. « Comment elle va ? » demanda-t- il avec un intérêt sincère en s’installant dans le fauteuil près de son ami. « Et toi, ça va ? Ecoute, je sais que c’est un peu le bordel pour le moment mais faut qu’on parle de Javier et de ce qu’on va faire, on ne peut pas laisser les choses comme ça. On l’avait prévenu, il n’a pas écouté, il doit payer ! On ne peut pas lui laisser croire qu’il peut décider seul quand ça nous implique ! Regarde ce qui est arrivé à Lyla ! Heureusement que vous êtes mariés, je n’ose pas imaginer ce que ça aurait donné dans le cas contraire ! Il nous est redevable et doit trouver une façon de nous rembourser. Comme ça te concerne de près, je te suivrai quoi que tu décides. »






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Luciano Gambino
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MessageDim 20 Nov - 19:14

 



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Face à un Javier belliqueux qui ignorait savamment mes mises en garde et celle de Mani que j’avais réussi à sortir de sa tanière aseptisée, je me fis deux réflexions de taille. La première, c’était que nous n’étions pas trop de deux pour le raisonner contrairement à ce qu’en pensais au départ. La seconde, c’était qu’on en pouvait pas gagner à tous les coups. Mon beau-père balayait tous nos arguments avec politesse, sans pour autant me délester du poids de l’inquiétude. En bout de course, je jouai mon fils au tapis, lui rappelant qu’il avait besoin de son abuelo mais je n’obtins rien d’autre qu’un sourcillement et un battement de cil. Il était plus agacé par la menace sous-entendue que par l’idée de priver un bébé d’un point de repère. La corde sensible reliée à son cœur ne vibra pas d’une mélodie assez forte pour couvrir le chat entêtant de la vengeance. En quittant l’entrepôt, je jetai à Manuel un regard qui en disait long sur le fond de ma pensée. Il la partageait. Ça puait gravement la merde et ce n’était qu’un début. Pour tout avouer, je fus presque surpris qu’il prenne la peine d’honorer la mémoire de mon neveu parti trop tôt. Il avait l’air tout à fait normal. C’était le type courtois et sage que j’avais rencontré quelques années auparavant. Mon meilleur ami, par contre, n’était plus que l’ombre de lui-même et ne lui confessant mes erreurs grossières pour tarir ses larmes, j’osai à peine imaginer son état si d’aventures ma sœur s’endormait définitivement. Il serait dévasté et humainement, amicalement, je comprendrais toutes ses tentatives pour se rendre justice, mais le soldat de Cosa Nostra redoutait les conséquences sur notre association puisque mon frère servait de pansement à sa culpabilité.

Exagérait-il ? Non ! Bien sûr que non. J’étais en tout point d’accord avec sa vision des choses. Mon aîné souffla si fort sur les braises de la relation qu’entretenaient Manuel et Teresa qu’il alluma un brasier incontrôlable. Là où je le trouvais dur, c’était concernant sa propre responsabilité. Il se démenait pour la Cinzia, pour son bonheur et pour son sourire. Il ne lésina spas sur les moyens. Il s’était montré meilleur fiancé que je n’e l’avait été pour ma femme. Il ne méritait pas un tel acharnement destructeur sur son équilibre. Alors, tandis qu’il se reprenait, fort de mes conseils, sans doute, je lui fis une promesse. La promesse d’un frère à un autre : « Concentre-toi sur ta femme, qu’elle revienne nous casser les couilles comme elle sait si bien le faire et laisse-moi m’occuper d’Achille. Il ne l’emportera pas au paradis, mais il faut que tu sois patient. Tu as confiance en moi ?" m’enquis-je bien résolu à lui servir de main armée ou de tête pensante. J’en connaissais plus que lui sur les rouages de mon organisation et elle ne pouvait se permettre de pardonner la trahison de l’aîné de la fratrie Gambino. Je n’en perdais pas seulement des galons – cadet de mes soucis -, j’y laisserais surtout ma foi au Divin et à sa bienveillance. Or, nous ne pouvions pas nous le permettre. Pas moi. Quel sens donnerais-je à mes choix si je n’étais plus persuadé d’être l’ombre sans laquelle la lumière n’existe plus ?

Certes, Lyla n’était pas mourant dans un lit d’hôpital, mais rien ne certifiait qu’elle était encore envie, ce n’est l’espoir. Il dépendant directement de ma rapidité d’action et de la vitesse à laquelle je déposerai mes atouts sur la table. J’avais la chance d’être bien entouré, mais ça ne me rassurait pas vraiment. J’étais bien trop en colère contre le sort pour ne pas songer au pire. Cinzia s’était réveillée il y a peu. Nous sortions enfin d’une période émotionnellement compliquée. Personne n’avait besoin de ce kidnapping, Mani moins que les autres. Pourtant, il quitta le confort de son foyer nouvellement reformé pour m’accompagner dans mes démarches dont le seul but était de retrouver ma femme en pleine santé. Choquée, oui, mais sans la moindre trace de blessure. « Je te remercier Mani. Pour ce que tu fais. Je te revaudrai ça. » exprima-t-il tandis qu’il se retrouvait au casino. Jez abattit un travail formidable sous l’œil mi-désapprobateur mi-impressionné de son mari. Nous avions toutes les informations nécessaires à sortir mon épouse des griffes de ses ravisseurs. Le tout, c’était de définir un plan d’action et de faire taire ma rage envers Javier. Je lui en voulais du fond du cœur. Je le détestais de toutes mes forces et je faillis bondir de ma chaise pour lui arracher les yeux si Manuel ne m’en avait pas empêché en m’entraînant à l’écart. « Restez calme ? Comment veux-tu que je reste calme ? Tu as envie d’être calme, toi, quand tu vois Achille ? Parce que moi, j’ai  envie de leur tirer une putain de balle dans la tête. » crachais-je en frappant mon poing dans un mur, me blessant au passage, mais ne ressentait aucune douleur. «  Et si elle était … S’ils l’avaient… comment est-ce que tu veux que je vive avec ça, Mani ? Je savais qu’il y avait des chances pour que ça dégénère et qu’est-ce que j’ai fait ?" Le seul mérite de cette question, c’était la réponse instantanée que je formulai. « Rien. Je n’ai rien fait. » Ça me fit l’effet d’une douche froide et je me calmai sur le champ. « Et pourquoi parce que je vis comme si j’étais intouchable, comme si j’étais au-dessus de ça, même de l’enfer. » Je m’avachis sur la première chaise à disposition et j’autorisai ma lassitude à habiller mes traits pour la première fois depuis quarante-huit heures et des poussières. « On s’est disputé avant qu’elle s’en aille. Pour être tout à fait précis, je lui ai demandé de partir. Entendons-nous, je ne l’ai pas mise dehors, je lui ai conseillé de sortir prendre l’air par pur égoïsme. Elle accapare le petit. Elle s’épuise toue seule à tout régenter comme si j’étais un minable qui ne peut pas s’occuper de son fils. Elle doit croire que je suis juste bon à tirer et c’est de bonne guerre. Je voulais juste passer du temps avec mon fils et tu sais ce qui me rend fou par-dessus le marché ? C’est de me dire qu’elle vénère son père alors qu’il ne vaut pas mieux que moi, sauf qu’il n’a pas pu protéger tous ses enfants lui non plus. Regarde où il en est. Mais, je ne suis personne pour le juger. Je ne sais pas veiller sur ma femme, pourquoi je ferais un bon père ? » déclamais-je le cœur en miettes. » Je n’ai pas besoin de lui pour retrouver ma femme. Je ne veux pas de lui, Mani. » Cet ami fidèle avait raison cependant. Nous n’étions pas en position de renoncer à un bras armé par fierté, mais ça se paiera et cher. Très cher.


***


Retrouver ma femme saine et sauve me consola en partie de mes tourments, mais ils étaient toujours là, bien présents, ce qui me rendait irascible. Pour avoir le sentiment d’avancer, je m’employai à honorer ma dernière promesse à Manuel. Je cherchais un moyen de nourrir sa rancœur en espérant rassasier la mienne, mais si j’avais en poche bien plus que l’ombre d’une idée déjà négociée avec Ettore, je poussai la porte de Manuel, les mains pleines de sang de mon beau-frère tout juste refroidi. J’étais également heurté par le comportement de mon épouse. Jouer les pères de famille, elle coupait les couilles de tous les hommes Canjura. Les miennes, j’ignorais si elle les écrasait ou non. Je n’avais pas encore statué sur la question. J’étais perdu. Je n’arrivais plus à faire la part des choses entre ce qui partait de bonnes intentions, dépendait de sa peine, relevait de sa dévotion envers moi ou ce qui découlait surtout de l’appel du pied de la vérité. Autant dire qu’être forcé de s’arrêter chez le couple Herrera pour récupérer notre enfant tombait à pic. Si le chef de maison n’avait pas eu la l'idée du siècle de nous écarter de l’effusion d’émotions émanant des filles, je l’aurais sollicité moi-même, et tandis qu’il refermait la porte de son bureau derrière nous, je poussai un profond soupir. « Elle va. C’est tout ce que je peux en dire. Et vous ? Vous avez l’air d’aller mieux, surtout la Maruzzella. » m’enquis-je avant d’entrer dans les conversations sérieuses.

« Non, on ne peut pas lui laisser croire qu’il a tous les droits surtout, et s’il est bien conscient d’une chose, c’est qu’il n’est plus en position de négocier quoi que ce soit maintenant que sa famille vole en éclats. Prépare-toi, Mani, car les fils Canjura sont au courant de tout et quelque chose me dit qu’ils ne trouveront pas le repos tant que tous les gars de la 18 ne seront pas six pieds sous terre. » Il voyait très bien où je voulais en venir. C’est à sa porte qu’ils frapperont. » Le problème, c’est que je suis complètement aveuglé par la rage. Il y aurait que de moi, je le tuerais pour cette multitude d’affronts dont il s’est rendu coupable directement et indirectement. » Je lui rapportai l’incident qui se produisit moins de vingt minutes auparavant chez chez mes beaux-parents. « Et il a laissé faire. Il a laissé le soin à sa fille de prendre ma défense et je ne sais pas quoi en penser. Il s’est servi de moi et d’elle surtout. Elle a sauté à pieds joints dans le traquenard. Je n’aurais jamais pu imaginer qu’il serait aussi lâche. Quant à Lyla, je lui en veux d’avoir été assez idiote pour agir sans réfléchir, comme si j’avais besoin d’elle pour laver mon honneur. C’est triste à dire, mais elle m’aime trop parfois, tellement qu’elle ne réfléchit plus… à quand elle ferait mieux de se taire pour ne pas me faire passer pour un con. Je me fous d’avoir buté ce connard, tu sais. Il ne méritait pas mieux que ça. Mais, je déteste qu’elle se soit sentie obligée de justifier mon geste comme si j’étais en tort. Tu comprends ? » Je n’en doutais pas. Rien n'était plus capital que l’honneur pour Manuel, hormis sa femme en fonction des circonstances et qu’elle ne soit pas coupable d’avoir marché en dehors des clous.

L’honneur, il était au centre de cette conversation, car Javier n’était pas le seul qui devait être recadré. Chill comptait parmi cette liste. « Tu te souviens ? Je t’ai dit que je ferais mon affaire de mon frère.  J’ai eu une idée. Mon père voulait t’en parler lui-même, mais je ne veux pas que tu sois pris au dépourvu du coup, je le devance, mais je compte sur ta discrétion. Il ne m’a pas à la bonne ne ce moment. » J’attendis qu’il acquiesce avant de poursuivre. « Il t’a pris quelqu’un de cher avec ses manigances. J’ai dit à mon père que c’était le genre d’affront qui pourrait mettre en péril notre association et tu ne seras pas étonné d’apprendre qu’il le sait. » Il lui avait par ailleurs présenté sa sympathie, pour ne pas utiliser un autre mot qui lui correspondait peu. « Il est totalement conscient de tout ça, mais il te l’a déjà dit. Quoi qu’il en soit, il ne s’oppose pas à ce que tu lui prennes quelqu’un qui compte pour lui. Pas de la même façon bien entendu. Mais, Bianca est une gamine correcte. Tu sais le mal que ça peut engendrer que de coincer une jeune femme dans un mariage, et pas seulement pour elle. C’est malheureux, mais c’est la fille de son père. On peut tourner les choses de n’importe quelle manière pour rendre le tout moins cruel, mais la vie est ce qu’elle est, il y a toujours des dommages collatéraux. Ce serait donc avec qui tu le souhaites et quand tu le voudras…" J’espérais seulement qu’il ne choisirait pas un homme violent. Bianca est si innocente encore, dans tous les sens du terme. Ça me fendait le cœur, mais il faut casser des oeufs pour faire une bonne omelette, c’est bien connu.  







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“Vos parents vous ont souvent dit de ne pas jouer avec moi. Je suis la contradiction. Je suis le feu de sang-froid. Toujours avec le sourire, toujours avec les brûlures, tous les jours à quelques centimètres de la rupture. Petit sauvage est né dans la jungle de béton. Il y a les rêves que l'on fait. Il y a les rêves qui nous font. ”

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Manuel Herrera
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MessageSam 26 Nov - 22:56

 



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S’il avait été en pleine possession de ses moyens et que l’accident de Cinzia ne l’avait pas autant sonné, il aurait insisté pour donner une leçon à Javier et le calmer définitivement. Au lieu de ça, il le laissa faire, se disant qu’il finirait bien par entendre raison, tôt ou tard, qu’il aurait un regain de conscience et qu’il arrêterait ses conneries. C’était visiblement trop demander. Il invitait Luciano au calme mais à sa place, il aurait eu l’impression de devenir fou. On s’en prenait à ce qu’il avait de plus cher, à ce qu’il aimait plus que lui-même et pour des hommes de leur trempe, ce n’était pas anodin, loin de là. Elle ne devait son kidnapping qu’à la stupidité et l’imprudence de son père. Son expérience dans le milieu criminel n’était pas une raison suffisante pour justifier son choix de faire cavalier seul et d’outrepasser ceux qui avaient plus de pouvoir que lui. N’importe qui d’autre aurait dû mourir pour pareil affront. Mani se demandai encore pourquoi il le gardait en vie, le simple fait qu’il continue à respirer était une insulte et une façon de montrer sa faiblesse aux yeux du monde. Pour l’heure, il se focalisait sur la nécessité de retrouver sa belle-sœur avant que son mari ne perde pied et ne soit plus aux commandes de sa personne. Après, ils pourraient penser aux punitions qui s’imposaient et qui seraient inévitables. « On s’occupera de ça quand on aura retrouvé Lyla, Lucky, chaque chose en son temps ! Elle a plus besoin de toi que son père n’a besoin de payer pour le moment ! » Ils se complétaient bien et ce depuis qu’ils se connaissaient, il avait parfois l’impression que son ami était dans sa vie depuis toujours. Quand l’un était exalté, l’autre se faisait la voix de la sagesse pour limiter la casse et éviter les drames et parfois, il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre. LA restait l’une de leurs pires erreurs et pourtant, ils avaient tenté de faire ça bien. Ca ne pouvait pas marcher à tous les coups. « Lucky… » Il posa une paume pleine de compassion et de douceur sur l’épaule de son frère d’une autre mère. « Ce n’est pas de ta faute, elle était protégée et elle paie pour les conneries de son père. Tu as mis en place tout ce qui pouvait être fait pour sa protection, tu ne peux pas porter la croix d’un autre ! Je suis sûr que c’est ton nom qui l’a protégée et je suis certain qu’elle va bien ! Tu verras ! » Il priait tous les saints de lui donner raison parce qu’il ne se pardonnerait jamais d’avoir bercé son ami de faux espoirs. Comment récupérerait-il Cinzia si d’aventure Lyla n’était plus de ce monde ? Non, il fallait que tout aille pour le mieux ou bien son monde se désagrégerait encore un peu plus. « Tu auras la possibilité de régler ce point de détail avec elle, tu verras ! Je suppose qu’elle avait ses raisons de s’occuper du petit comme ça, elles les portent des mois, ça ne doit pas être évident mais je doute qu’une fille comme elle épouserait un type qu’elle juge minable. T’as déjà vu comment elle te regarde ? On dirait que t’es le messie, frère ! T’as fait ton maximum, tu le fais encore, on n’est jamais infaillible malheureusement ! Mais tu vas voir, tout va rentrer dans l’ordre, même si pour ça, on a besoin de lui ! Ca ne m’enchante pas plus que toi ! Crois-moi ! »



***



Retrouver Lyla fut un soulagement, même s’ils n’étaient pas les meilleurs amis du monde, il avait l’impression que prenait fin le cycle de catastrophes et ça faisait un bien fou. Il n’aurait pas eu la force d’annoncer une mauvaise nouvelle à sa femme. Il eut le plaisir de garder le petit avec eux une nuit de plus, profitant d’un petit aperçu de ce qu’aurait pu être leur vie avec le petit Manuel. Des enfants, ils finiraient bien par en avoir, il en était certain. Ils seraient de bons parents, il suffisait de les voir avec le petit bout de chou qu’on leur confia. Malgré tout, cette situation leur avait mis un peu de baume au cœur, précisément ce dont ils avaient besoin pour remonter la pente et émerger du trou sans fond dans lequel ils chutaient depuis que Teresa avait pété une durite. Il aurait aimé que ce soit aussi bénéfique pour son meilleur ami et sa femme qui débarquèrent en affichant des gueules de six pieds de long et son instinct lui laissait entendre qu’il y avait eu une dispute. Alors qu’elle venait à peine de rentrer ? Comment était-ce possible ? Il soupira et entraîna Lucky dans son bureau, ce serait plus facile pour lui tirer les vers du nez et tenter de temporiser le truc, si Lyla n’avait pas poussé le bouchon trop loin, il ne fallait pas déconner non plus. « Oui, avoir Ettore avec nous a fait du bien, il est vraiment chouette comme petit. Il a dormi avec nous, ta sœur a pris soin de lui et a pu réparer l’affront qu’elle pensait vous avoir fait, en ne venant pas le voir. » Il esquissa un sourire en croisant les bras et en jetant un regard entendu à son invité. « J’en fais mon affaire, je ne risque pas d’avoir trop de mal à les faire rester dans le rang, ils sont moins cons que leur père et n’ont pas ce sentiment de toute puissance qu’il va falloir effacer définitivement, parce qu’il nous a fait passer tous les deux pour des cons. Mais tu ne peux pas le tuer, Lucky, tu imagines la peine que ça ferait à ta femme ? Il faut trouver une alternative, laquelle, je ne sais pas encore ! » admit-il alors qu’il savait bien quelle frustration on pouvait ressentir en ne punissant pas le responsable de tous ses malheurs mais il y avait des fois où il fallait à tout prix laisser couler. « Bien sûr, je l’aurais sûrement aussi mal pris que toi mais moi je vois ça avec du recul et je me dis qu’elle a seulement voulu faire front avec toi, parce qu’on pointait des doigts accusateurs sur vous deux. Alors ouais, elle a fait ça maladroitement mais son but n’était pas de faire gagner son père ou de te faire passer pour un con. Est-ce que c’est bien juste de lui en vouloir d’avoir agi sans réfléchir alors qu’avant-hier encore elle était enfermée avec un cadavre et qu’aujourd’hui, on accuse son mari de tout ça ? Je sais pas, y a un truc qui a dû sauter dans sa tête mais lui en vouloir, Lucky, c’est pas la bonne option. » Parce qu’elle aurait besoin de lui en cette période de faiblesse et que vu comme ça tournait, il ne lui resterait bientôt plus que lui, il risquait de causer plus de dégâts qu’autre chose et à terme, la pousserait peut-être vers les Canjura. Mieux valait ne pas imaginer ce que ça donnerait si cela devait arriver. Lui ne supporterait pas que Cinzia décide de choisir les Gambino plutôt que lui et il ferait en sorte de s’imposer à elle, d’une façon ou d’une autre mais surtout de la pire des façons. Et parce que Luciano et lui se ressemblaient beaucoup pour ne pas dire trop, il savait pertinemment qu’il agirait de l’exacte même façon. « N’apporte pas de l’eau au moulin de tes beaux-parents, indirectement mais quand même ! Tu en as parlé avec Lyla ? »


Il se leva, ouvrit un petit frigo qu’il avait mis là pour les longues heures durant lesquelles il peignait et sortit une canette de soda pour son ami et une pour lui. Il la lui tendit avant de poser son séant sur le bord du bureau, se trouvant plus à l’aise pour regarder Lucky droit dans les yeux. Il remercia son ami de l’attention d’un hochement de tête et d’un sourire, l’écoutant attentivement. La proposition faisait sens même si elle le surprenait quelque peu et à vrai dire, il aurait préféré qu’Achille paie en personne, cette pauvre gamine n’avait rien à voir dans cette histoire et lui rappelait un peu trop Jez pour qu’il oppose un oui franc et massif en se montrant enjoué et reconnaissant. « Je ne sais pas si c’est la meilleure des options, tu as vu ce que ça a donné avec Jez et ton frère ? Ils sont tombés amoureux ou croient l’être pour se faciliter la vie mais c’est pas un cadeau ! Tu vas me dire, justement mais Bianca ne m’a rien fait et ne m’a rien pris et si l’idée de faire souffrir des innocents ne m’a jamais posé de problèmes, je vois le truc sous un autre angle. A cause de ma sœur et puis c’est la nièce de Cinzia, elle va en faire une maladie, Lucky ! Je ne sais même pas à qui je pourrais la marier, c’est encore une enfant ! » Il fixa un moment le sol, se disant que ce n’était pas une vraie solution et que ça n’apaiserait jamais sa peine d’avoir perdu son fils et qu’Achille n’aurait jamais à endurer ce qu’il vivait depuis des mois. « C’est négociable ? » s’enquit-il en relevant les yeux sur son ami. « Parce que je trouve qu’une fois de plus, il s’en tire bien, il fait tuer mon fils et il revient comme ça, on marie sa fille, à un bon parti et il peut encore la serrer dans ses bras et la voir être heureuse et moi, tout ce que j’ai perdu, il me le rembourse comment ? Cette idée me déplaît… »






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mundo pequeño y es así

El policía tiene su fin, el ladrón roba para vivir.
Otro día en la semana, no puedo dormir
Mucho lo que consumí: bazuco y marihuana
Ofendido y señalado por la sociedad,
Criado y educado por la calle claro esta.
Ya ves, cual es mi camino,


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Luciano Gambino
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La cruauté est essentielle si l’on veut conserver le pouvoir. Sans elle, on apparaît faible et les adversaires en profitent. Comme les chiens : celui qui aboie le plus fort devient le chef de meute. [Saviano]

MessageMar 29 Nov - 22:36

 



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J’aurais aimé être aussi certain que Manuel que je n’avais pas ma part de responsabilité dans le rapt de ma femme. Peut-être aurais-je pu dormir plus tranquille, pour peu que j’arrive à fermer les yeux plus de dix minutes dérobées au temps et parsemées au cours de ces journées de folie consacrées à essayer de retrouver mon épouse. J’y mettais tout mon cœur, tout mon acharnement et toute ma patience. Je n’en avais plus assez en stock pour supporter la présence de Javier. Il m’était détestable. Je lui en voulais presque autant qu’à moi-même. Il avait été l’élément déclencheur de toute cette merde en me démontrant que je n’étais pas à la hauteur de mes promesses. Je ne parvenais même pas relativiser, songeant que je pourrais en tirer profit pour améliorer les défaillances d’un système de sécurité bancal, car j’étais aveuglé par la peur de perdre ma conjointe et rongé par un besoin violent et irrépressible de vengeance. Irrépressible, pour moi, pas pour Mani. Il me persuada d’accepter la situation et mis en sourdine les hurlements de ma conscience. Il me rappela que l’essentiel, c’était de retrouver ma femme en vie.

Nous travaillâmes main dans la main pour atteindre notre objectif et je recommençai à vivre dès l’instant où je pus la tenir dans mes bras. Une partie du problème se régla de suite, je me sentais mieux et j’y voyais à nouveau plus clair les jours à avenir. C’était décidé. Javier aurait à ramasser les pots cassés qu’il n’aurait jamais plus l'opportunité de recoller. J’aurais pu envisager de ce que Mani et moi passion un accord avec lui, mais je n’avais pas besoin de compter autour de moi un lâche et inconséquent, plus après ce qui se déroula sous son toit sans qu’il n’intervienne. Ce fut l’un des premiers sujets que j’abordai avec Manuel en toute confidentialité, après que je lui assurai qu’il rassure ma sœur, il n’y avait pas d’affronts possibles entre nous, pas après ce qu’elle avait traversé. C’était même étonnant qu’elle ne replonge pas après avoir été confrontée à mon fils et, par extension, tout ce qu’elle aurait dû vivre et dont elle fut privée. « Je n’en doute pas, mais je n’aurais pas voulu qu’il te prenne au dépourvu alors que j’étais au courant. C’est ça la famille, c’est se filer les bons tuyaux. » Je cognai mon cœur par deux fois et je lui adressai un signe de la main qui signifiait, dans leur langage, à la vie à la mort. « Je sais que je ne peux pas le tuer, mais ça me ferait un bien fou, tu n’as pas idée. Il faut le museler par contre. Il faut l’attacher et s’assurer qu’il ne jouera plus les justiciers, quoique je doute qu’il recommence compte tenu du merdier qu’il a provoqué. Victoria est morte. Lyla est dans les trente-sixièmes dessous. » Et moi, je venais de vivre le plus ignoble des affronts de toutes les parties, même de celle qui détient mon équilibre entre les mains.

« Elle a voulu faire front. Ça me fait une belle jambe. Ça remet tout en question, Mani, et c’est ça le problème, pas que je lui en veux. Qu’est-ce qui va se passer si on bosse ensemble et qu’elle s’imagine que notre interlocuteur me manque de respect ? Elle va se mettre devant moi et lui tirer une balle dans la tête en m’en tirant une dans le pied ? Je sais qu’elle m’aime et peut-être bien qu’elle a voulu bien faire, mais à quel point je suis censé lui faire confiance si elle ne sait pas garder sa place ? Et non, je n’en ai pas discuté avec elle. Pas encore. Je l’ai bouffée dans la voiture et elle m’a présenté des excuses, comme un robot… qu’est-ce que tu veux que je lui dise maintenant ? C’est peine perdue. Mais, je le ferai. OH OUI ! Je le ferai. » Si j’avais été plus enclin à l’impliquer réellement, au lieu de retarder l’heure de lui confier une petite affaire en mon nom, plutôt que de lui proposer des miettes dans l’unique but de la garder près de moi le plus souvent possible… si je ne l’avais pas écartée à cause de l’incendie, je ne me poserais sans doute pas cette question. À moins que je détienne les réponses, mais que je refusais de les entendre… « je me suis battu pour en arriver là et je me bats tous les jours pour conserver ce que j’ai, tout simplement parce que je ne me le dois pas, pas rien qu’à moi. » J’avais profité d’une erreur commise par mon frère. Ce n’était pas grave en soi. C’était les règles du jeu. J’avais été élu presque démocratiquement devant d’autres prétendants au trône de la famille Gambino, parce que j’étais le sous-chef en lace, le type chargé des relations publiques. C’était un atout. Est-ce que ça sous-entendait que j’avais à remercier Achille ? Non ! Je conspirais à son déclin mérité avec mon père et pour ma sœur, son mari et à la mémoire de leur fis disparu. J’étais prêt à tous les sacrifices pour leur rendre justice et sauver l’honneur de l’organisation comme des miens, y compris ignorer ma peine de jeter une innocente que j’aimais profondément dans la fosse aux lions.

Dans l’absolu, la réaction de Mani à cette proposition était rassurante. S’il acceptait cet embryon de proposition, il veillerait à ne pas la détruire. Bien sûr, son moteur, c’était l’histoire personnelle de sa sœur et son amour inconsidéré pour son épouse. Il ne le cachait pas et c’était tout en son honneur. « Attends, tu viens de me donner trois bonnes raisons de refuser. Ta sœur, ta femme et Bianca. C’est parfait. Tu n’es obligé de rien. C’est la solution la moins appréciable pour nous tous, tu sais. On aime cette gamine. Elle fait partie de la famille. Il n’y a pas qu’Achille qui souffrira de ça. On souffrira tous, même toi, ça te désolera appartement. Don, oui, c’est négociable. Tout est négociable et tiens-toi pour dit que ce n’est jamais que la première partie de ce que prévoit mon père. Il n’est pas question qu’il reste à New York. En réalité, il n’est plus question qu’il gère quoi que ce soit d’important pour Cosa Nostra. Le problème, c’est que c’est lui qui a renégocié la collaboration avec la Sicile. Il a des contacts qu’il garde précieusement, du moins, on le suppose, c’est la raison pour laquelle on le caresse dans le sens du poil comme ça. Sinon… ça fait longtemps qu’il aurait disparu de la circulation. Mon père veut être sûr qu’il ne va pas y perdre des plumes en se précipitant. On peut ne pas la marier, mais la retirer de l’autorité de son père. Mon père peut le faire. En fait, c’est toi qui décides. Alors, réfléchis à ce que tu veux… tant que tu gardes en tête qu’on ne laissera pas les choses comme ça, Mani, c’est le plus important. » Je me levai, prêt à lever pour mettre un terme à cette conversation, pressée par l’envie de retrouver mon fils que j’avais à peine eu le temps d’embrasser. « Si je le pouvais, je te rendrais tout ce qu’il t’a pris sans hésiter une seconde. »  


***


Ma dernière discussion avec Lyla nous avait du bien. Je repris confiance en nous aussitôt que j’acceptai que Mani avait raison. J’étais trop dur avec cette femme dévouée qui méritait mieux que mon intransigeance. Je lâchai donc du lest et, maintenant qu’elle avait enfin arrêté d’allaiter Ettore, je songeai sérieusement à ce que les affaires reprennent. J’avais ouï dire, de la bouche de mon beau-frère, que lui et ma sœur entamaient ensemble la longue ascension vers le mont de la réussite et l’expansion des affaires de Mani.  J’étais heureux pour eux et je saisis exactement ce que ça voulait dire. C’était l’heure idéale pour sortir le bar des calls-girls de notre poche. Je passai donc un coup de fil à Manuel pour que nous puissions nous mettre d’accord sur les derniers détails. C’était entendu : on leur annonçait séparément et puis, on s’organisait une discussion débrief autour d’un bon whisky et en fumant un cigare, le cigare de la décontraction. Nous le méritions bien et nous nous retrouvâmes dans ce bar select où je m’occupai de réserver une table VIP. Le Salvadorien m’y attendait déjà et je le saluai d’une étreinte en lui présentant des excuses pour mon retard. « Le petit n’est pas bien. Il a de la fièvre, mais rien d'alarmant d'après Lyla. Les dents ou un rhume. J'ai fait genre : ça va. Mais, j'en mène pas larage en fait. Du coup, Lyla avait prévu de voir la Maruzella aujourd’hui, mais elle a annuler. » Je présumais qu’il était déjà au courant. Ma sœur était une pipelette et il était sa victime préférée. « Alors ? Comment ça s’est passé ? Tu lui as dit ? Tu l’as emmenée sur place ? Est-ce qu’elle était contente au moins ? » La connaissant, elle avait dû se laisser emporter par son enthousiasme et parler, encore et encore, jusqu’à lui coller la migraine. « Lyla se demandait ce qu’on foutait là, j’ai laissé planer le suspens, mais elle avait l’air contente. Elle a dit qu’elle me présenterait une liste de doléances dès qu’elle aurait le temps d’en discuter avec ta femme qui a prévu de fêter ça au Gato Negro….Bientôt….Tu vois le genre ? Parfois, je douterais presque que c'est une bonne idée. » ricanais-je en accueillant avec choix l’arrivée du serveur qui prit notre commande et ouvrit devant nous une boîte de cigare aussi cher que les boutons de manchette du premier connard venu.






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Manuel Herrera
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MessageDim 11 Déc - 15:49

 



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Il remercia Luciano d’un hochement de tête, en effet, la famille c’était se protéger les uns les autres et partager les informations. Il était heureux de faire partie de la même famille que son ami, même s’il l’avait toujours considéré comme un frère. Ce qui expliquait sans doute qu’il ait lui-même pensé à mettre Javier Canjura hors d’état de nuire de la seule façon efficace possible et qui serait une solution définitive. Il ne supportait pas son attitude vis-à-vis de son beau-frère et encore moins de lui, il le trouvait gonflé et franchement inconscient. Difficile, dans ces conditions, de ne pas encourager son meilleur ami à foncer et à lui faire payer. Il serait devenu fou si le père de sa femme l’avait mise en danger parce qu’il n’était pas foutu d’écouter ou de faire de bons choix et il aurait sans doute lancé une véritable vendetta, au péril de sa vie et de son équilibre. Quand il était question de Cinzia, il perdait tout sens de la mesure. Sa raison s’envolait et laissait parler son cœur et sa peur de la perdre. Cette crainte existait depuis qu’il réalisa combien il pouvait l’aimer et ne fit que s’accentuer au fil du temps mais elle prit de telles proportions après l’accident et la perte de leur bébé. La vie ne tenait à rien, il aurait pourtant dû s’en souvenir, lui qui venait d’un des pays les plus dangereux du globe et pourtant, il s’était reposé sur ses lauriers, il avait pris ses aises, se sentant en terrain conquis à New York. Grave erreur et ça leur avait coûté un enfant, il aurait pu y perdre sa femme et toute sa santé mentale et il n’était pas question de permettre que ça arrive de nouveau. Pourtant, il prit le recul nécessaire pour son frère de cœur et pour le bien-être de son couple. Il ne pouvait l’encourager dans la mauvaise direction, pas alors qu’il venait de vivre un drame et qu’il ne ferait qu’en ajouter un autre à l’équation en massacrant celui qui ne méritait que ça. Il ne savait pas vraiment dans quel état se trouvait Lyla mais une chose était sûre, mieux valait que son époux s’assure qu’elle serait de son côté quoi qu’il décide avant de s’avancer dans une telle voie. Ca ne changeait rien aux  faits, Javier devait payer et comprendre quelle était sa place sur l’échiquier mais le buter serait peu judicieux et Mani avait la certitude que ça attirerait un paquet d’emmerdes à son interlocuteur.


« On va se charger de graver le message dans son cerveau, t’en fais pas pour ça ! » Il comptait convoquer les fils Canjura pour prendre la température et voir ce que tout ça donnerait, il ne se faisait pas de soucis pour Muñez, il était probablement le plus sensé de tous mais Angelo et Miguel l’inquiétaient. Il écouta patiemment Luciano déverser sa frustration et sa colère, comprenant sa réaction mais se promettant de faire ce qui serait le mieux pour lui et il avait besoin de se réconcilier avec Lyla ou il ne serait jamais complètement à ce qu’il faisait et ce serait dangereux pour lui. « Au fond de toi, tu sais que c’est faux et qu’elle tiendra sa place ! C’est déjà ce qu’elle fait, je pourrais même prendre le cabaret comme exemple. Je comprends complètement ce que tu ressens et pourquoi tu le prends comme ça mais n’oublie pas qu’elle vient de vivre trois jours en enfer, laisse-lui du temps et sois un peu indulgent, elle ne peut pas toujours faire ce que tu attends d’elle. Ce serait ça, être un robot. Si Cinzia faisait tout ce que je veux, crois-moi bien que je m’emmerderais. Ca me fout parfois en rogne, je me dispute avec elle et après coup je me dis que c’était stupide, elle m’a vexé mais elle fait tout pour moi, pour que je sois bien. C’est la seule personne au monde qui m’aimera quoi que je fasse et quoi que je dise, elle mérite que je sois plus coulant et conciliant. » Le message n’était pas très subtil mais il espérait qu’il l’entendrait et serait capable de le mettre en application, sinon, sa femme s’assurait des jours difficiles. Que la conversation dévie sur un autre sujet brûlant ne fut pas réellement un soulagement, cela ne faisait que réveiller ses envies de meurtre. « Ton père compte la marier malgré tout ? » Parce que c’était important d’obtenir une réponse à ce propos, il pourrait toujours lui épargner bien des tracas en lui choisissant un homme bien et bon, un homme qui prendrait la peine d’apprendre à la connaître et de lui laisser le temps dont elle aurait besoin. « Si c’est le cas, je verrai ce que je peux faire mais ça me fait mal au cœur, je vois ma sœur qui se débat, parce que sa place n’est pas ici et j’ai beau apprécier ton frère, il ne fait rien pour qu’elle voit ça différemment… Je me dis que faire subir ça à une autre gamine, c’est vraiment chercher à s’attirer les foudres de Dieu. » Il ne parlait jamais du couple de sa sœur, il ne livrait jamais ce qu’il en pensait vraiment, même pas à sa femme, de peur que ça ne soit suffisant pour la remonter comme une horloge et qu’elle parte en croisade mais il avait des yeux et des oreilles et il n’appréciait pas ce qu’ils lui rapportaient.

Gaby était un brave gars, sérieux et droit qui en voulait au monde entier de sa situation actuelle et qui avait désigné sa femme comme victime privilégiée, ce qui avait tendance à titiller le côté protecteur de Manuel. Mais il ne pouvait plus rien pour elle, il ne pouvait que tenter de lui filer des conseils et de lui faire croire que tant qu’elle ne ferait pas d’efforts, il ne changerait pas mais au fond, il se demandait parfois si Gabriele le méritait vraiment. Sa sœur était un boulet, il était le premier à le dire mais elle ne demandait rien de sorcier. De l’attention, de l’amour et de la considération. Il n’avait eu de cesse de lui dire qu’elle avait besoin de s’occuper ou bien elle deviendrait intenable mais il ignora volontairement son conseil, grave erreur. « Merci, ‘mano ! » lui dit-il en le serrant dans ses bras après qu’ils se soient levés tous les deux, prêts à rejoindre les filles au rez-de-chaussée.



***



Si Cinzia se plaignait sans cesse du fait de ne plus pouvoir fréquenter sa meilleure amie comme avant, il se rendit compte que ses rendez-vous avec Luciano s’étaient raréfiés depuis leur mariage respectif. Il fut donc heureux de répondre à l’invitation et s’installa dans ce bar à la déco particulière mais où l’ambiance était bonne. Il serra son ami dans ses bras avant de faire signe à la serveuse pour qu’elle vienne prendre leur commande. « Normal, c’est tellement petit qu’on se dit que ça va avoir du mal à surmonter ça mais il ira bien, si Lyla te le dit, je pense que tu peux lui faire confiance. D’ailleurs, tu sais que si tu veux organiser une sortie avec elle, ça nous ferait plaisir de garder le petit, une soirée, une nuit, enfin ce qui te conviendra. Ca nous a fait drôle de ne plus l’avoir ! » Il s’était attaché au petit bout de chou et les jours qui suivirent, il lui fallut un temps d’adaptation alors que la perte de son propre fils le hantait. « Et bien, elle a eu beaucoup à dire sur la question mais elle était hyper contente, je crois qu’elle a surtout pensé au fait qu’elle allait bosser avec Lyla et là, je te raconte pas les points que j’ai gagné, rien que pour ça, ça en valait la peine ! » Il sourit, bombant le torse alors que Lucky posait la vraie question. Sur le long terme, cela risquait d’être compliqué pour leurs nerfs à tous les deux mais ils devaient lâcher du lest, c’était impératif, pour ne pas gâcher leur mariage. « Cinzia a besoin de se changer les idées, alors je vais prendre sur moi. Je ne vais pas me plaindre qu’elle sorte un peu plus, il était temps ! Et faut voir le côté positif, on pourra s’organiser ça plus souvent ! » Il fit un geste de la main pour désigner l’endroit dans lequel ils se trouvaient. « Alors, vous en êtes où pour Bianca et pour son père ? Ca m’a travaillé, j’ai appelé ma sœur pour lui demander son avis, sans citer personne, elle a été catégorique, elle trouve ça dégueulasse. Ce qui ne m’encourage pas vraiment à aller dans ce sens, comme tu peux t’en douter. Je bosse pas mal avec ton frère, d’ailleurs. T’es sûr que tu ne veux être qu’investisseur dans cette histoire de banque ? Y a vraiment pas mal d’avantages à tirer de ça ! » Il s’enfonça dans le fauteuil une fois avoir saisi son verre, en buvant une gorgée pour ajouter : « Ton frère et ma sœur se sont retrouvés chez nous. Elle a failli repartir au Salvador pour le planter là, ça a été un bordel sans nom. Si personne ne lui trouver un vrai truc à faire, Luciano, j’ai peur de ce qu’il adviendra d’elle. Je sais que je n’ai pas à me mêler de ça, qu’ils sont mariés mais ça se passe pas si bien que ça et j’ai pas l’impression que le problème vienne vraiment d’elle mais de sa vie professionnelle à New York. Et comme elle partage son intimité, il le lui fait payer. Mais ça ne va pas pouvoir durer et ça me rend fou, je reste impartial et objectif quand je suis avec eux, pour ne pas que Cinzia fasse quoi que ce soit mais je le vis mal. »






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Luciano Gambino
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MessageMer 14 Déc - 0:42

 



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Il réclamait mon indulgence, me rappelant que ces deniers jours n’avaient pas été une sinécure pour ma femme. Un kidnapping, c’était traumatisant.  Alors, oui, il avait certainement raison et son conseil était judicieux, comme souvent, mais ça ne me lavait pas de cette angoisse qui ne me quittait plus depuis le premier jour. « Elle tiendra sa place tant qu’elle sera bien dans sa tête, mais c’est une femme, Mani. Les femmes ne sont jamais bien dans leur tête longtemps. Elle réagisse beaucoup à l’émotionnel et même si Cinzia, Lyla ou Jez sont différentes de la majorité d’entre elles, elles fonctionnent et fonctionneront toujours à l’émotionnel. Toujours. Et c’est ça qui est dangereux. Dans notre vie de tous les jours, j’aime qu’elle me tienne tête, mais j’aime aussi qu’elle me confie ce qu’elle ressent, ce qui est sans doute le meilleur moyen de les garder son contrôle, parce qu’on les rassure et qu’elles en ont besoin. Mais, Lyla ne parle pas. Elle ne me dit rien de ce qu’elle ressent et voilà le résultat. L’émotionnel, toujours l’émotionnel. Ça ne les rend pas plus efficaces, mais beaucoup plus dangereuses, pour les autres, pour elles et surtout pour nous. » Pour nous, c’était différent, en particulier pour Mani et moi.

Notre insouciance, nos pères la fauchèrent en plein vol pour faire des nous des êtres redoutables de cruauté. Le peu d’humanité qu’il nous restait, nous l’avions confiée à nos compagnes, car elles devinrent garantes de ce qui y a de plus beau en nous quand on tomba amoureux d’elles. Il n’empêche que dans la précipitation, sous la pression ou sous l’inquiétude et, donc, dans l’émotionnel, tant qu’il demeurait autour de nous un pilier sur lequel nous appuyer, nos épouses, mes frères, Jandro ou autre, nous ne perdions pas en productivité. C’était plutôt le contraire, parce que nous étions des hommes, des hommes conditionnés pour être intransigeants, généreux par nécessité, mais hermétiques à la pitié, au pardon, aux mots et à la fragilité. Nous ne sommes pas sujets à la sensiblerie. Nos conjointes, dès l’instant où on s’attaque à leur foyeret à leur raison de vivre, ne réfléchissent plus. Elles cognent, elles hurlent, réclament justice, se mettent en danger, tout comme nous, par la même occasion. Certes, elles sont loyales et incorruptibles, mais elles ne sont pas toujours en mesure de gérer leur émotion. C’était pire quand un enfant, chair de leur chair, entrait dans l’équation. Alors, de combien de rapts, d’attentats ou d’agressions sera victime ma femme si je prends le risque d’être tolérant au point d’ignorer ma rage et les conséquences de son audace chez ses parents ? Je n’en doutais pas une seule seconde, mais de combien d’autres pourraient-il souffrir si elle me traitait comme un incapable ? Si elle l’insinuait dans l’esprit des mal-pensant ? Si elle me mésestimait avec panache ? Si elle donnait du grain à moudre à mes détracteurs ou à ces gens envers lesquels je ressens une profonde colère ? Ces gars qui pourraient me vouloir du mal ? Ces ennemis qui prient pour ma chute et qui n’hésiteraient pas à l’utiliser parce qu’elle est mon talon d’Achille ? Combien de temps sera-t-elle en sécurité si elle me présente comme un faible ? « Je ne parlerais pas comme si j’avais ne fût-ce qu’une vague idée de ce qui se passe dans sa tête, mais c’est le néant. Et j’ai essayé pourtant. Est-ce que Cinzia te dit systématiquement tout, Mani ? Et si elle ne le faisait pas et qu’elle te foutait la honte de ta vie comme ça, qu’est-ce que tu te dirais ? Tu ne te dirais as qu’elle n’a pas confiance en toi, tout simplement ? » Et, accessoirement, tu n’aurais pas envie de lui coller une bonne raclée pour lui remettre les idées en place, se garda-t-il de préciser. Cette conversation était déjà bien assez difficile.

Les événements les plus récents traités, il convenait de discuter de l’avenir d’une gamine chère à mon cœur, mais dont le destin était scellé. Certes, j’imaginai cette vengeance, mais ça relevait surtout de l’hypothèse, de l’éventualité, de la dernière manœuvre à envisager pour laver l’honneur de Manuel. Mon père avait cependant moins de scrupule. Rien d’étonnant. Il était prêt à sacrifier sa propre fille dans un mariage. Il le fit subir à son cadet. Pourquoi épargnerait-il Bianca ? Que Manuel accepte de lui choisir un époux n’y changeait rien. Il avait pris sa décision sans se préoccuper de l’impact que ça aurait sur sa famille. Bien sûr, j’édulcorai la vérité, non pas à cause de Manuel, mais parce qu’elle m’était pénible à supporter à moi aussi. « Je crois oui ! En tout cas, il n’avait pas l’air de plaisanter lorsqu’il m’en a parlé. Je peux essayer de le retarder » Sans certitude que ça fonctionnerait. « Histoire de voir ce que tu  peux et ce que tu veux faire de cette information, mais à mon avis… » Je grimaçai et je dodelinai de la tête en faveur de la fatalité. « Mais il y a peu de chance qu’on puisse mettre la main devant, même si je sais qu’on lui prépare des moments difficiles. Quant à Dieu, mon père ne craint pas ses foudres, Mani. Qui est-ce qu’il craint ? » ricanais-je pour alléger l’atmosphère. « De toute façon, dis-toi bien que, quoi qu’il arrive, mon frère n’en aura plus pour longtemps à se pavaner à New York. Je ne sais pas ce qu’il lui prépare, mais je sais ce qu’on essaie de sauver et ce que ça peut nous rapporter, à tous… toi y compris, quand tu auras envie d’étendre plus loin encore qu’aux États-Unis d’Amérique. » Je le remerciai à mon tour et, si je lui serrai la main, je conclus tout de même par une accolade.


***

L’ambiance était à mille lieues de ce à quoi nous étions habitués. En général, nous nous retrouvions au studio de porno, au Gato Negro ou au cabaret. J’avais néanmoins envie et besoin de changer d’air et d’atmosphère. J’avais l’impression de ne rien faire, à part balayer la merde des autres, celles de couillons qui rêvent d’intégrer ce que nous nous évertuons à décrire comme un mythe – c’était ma place depuis que mon père me ramassa au commissariat – ou celle d’Achille, c’était du pareil au même. La première m’amusait beaucoup plus cependant. Sans doute parce que la situation était temporaire et que je retrouverais bientôt mes titres de noblesse auprès de mon père, dès qu’il aurait décoléré et réalisé que, non, ma nuit au cachot n’avait rien provoqué de fâcheux. Si je n’en avais pas été certain, je n’aurais pas accepté la proposition de Manuel de déposer Ettore à ses bons soins afin de profiter de ma femme. Je n’aurais pas non plus confié à mon épouse la gestion d’un bar à champagne. « Le regard de Lyla, quand je lui ai annoncé, ça valait de l’or et même si je sens qu’on va rempiler vers le même genre de situation qu’avant nos mariages, ça valait le coup. Elles le méritent, toutes les deux, et pas seulement d’être ensemble, mais d’avoir un truc où elles sont libres de faire plus ou moins ce qu’elles veulent. » Car il était entendu que nous gardions un œil sur elle. Ce n’était pas à cause d’un manque de confiance quelconque, mais juste pour préserver ce dont nous avions le plus besoin pour demeurer en équilibre. « De toute façon, essayer de les garder enfermées, c’était signé l’arrêt de mort de notre couple. On le sait tous les deux. Je suis content que ça se passe comme ça. » conclus-je un peu frileux vis-à-vis de la tournure que prenait cet entretien amical. Bianca et Gabriele sont des sujets brûlants pour moi. Je m’inquiétais autant du sort de l’un que de l’autre. Quelquefois, j’avais l’impression que ma famille perdait son cap et, d’après moi, Achille en était l’unique responsable. Il avait ouvert la voie vers l’insubordination. Mon cadet ne s’en rendait peut-être pas compte, mais il marchait sur ses traces et s’il ne prenait pas grade, il y laissera des plumes sans que je ne puisse rien y faire. « La banque ! Je me demandais quand tu me poserais cette question et je t’avoue que j’ai failli revenue sur ma position quand j’ai appris que tu y étais, mais je n’ai pas envie de finir castré. » Conscient que je que ma réponse était des plus laconique, je pris le temps de réfléchir au meilleur moyen d’exprimer le fond de ma pensée et la réalité des faits sans discréditer mon petit frère, car il était assez intelligent que pour mener ce projet à son terme afin que tout le monde y gagne. Tout le monde, sauf mon père.

« Si tu veux mon avis sur le rachat, je peux te garantir que ce n’est pas un coup foireux. Ça représente des risques, comme tout ce qu’on fait en essayant de détourner la loi ou des fonds. Mais, ce n’est pas seulement solide sur papier. Je présume que tu sais tout ça déjà, mais je pensais que c’était bon de te le redire avant d’amorcer la suite. Mon frère est vraiment doué avec les chiffres, il compense comme ça ce qui lui manque en éloquence parfois. Ceci étant dit, le problème, c’est qu’il emprunte une pente dangereuse vis-à-vis de mon père. Je ne pense pas qu’il soit assez naïf que pour s’imaginer qu’il n’est pas au courant, mais il n’a toujours pas demandé audience. Je crois qu’il veut arriver avec tout en main, parce qu’il est persuadé que c’est comme ça qu’il va gagner son estime, tout ça parce qu’il ne veut pas admettre qu’il l’a déjà et depuis longtemps. C’est sans doute à cause de ce même sentiment qu’il rencontre tellement de difficultés avec ta sœur… et je ne comprends pas. Je ne comprends pas comment il ne met pas plus de bonne volonté à changer son fusil d’épaule. Si ça ne marche pas avec ta sœur, pourquoi ça marcherait avec mon père ? Il est persuadé qu’il a une tare qui l’empêche d’être apprécié de mon père et, pour ta sœur, comme il ne s’aime pas, il ne veut pas accepter qu’elle l’aime. C’est aussi simple que ça. » J’espérais du fond du cœur que je livrerais à mon ami des indications pour mener à bien la lourde tâche qu’était de gérer les états d’âme de sa sœur, la bêtise de mon cadet et toutes les complications que ça devait certainement engendrer pour son couple.

« J’ai pris ta sœur avec moi une fois ou l'autre pour la sortir de son quotidien de merde, mais il m’a pété une durite. Tout ce qui vient de moi, il le prend mal. Il croit que je veux le rabaisser, mais il a l’air d’avoir confiance en toi et peu importe l’état de sa relation avec la Maruzella, il a confiance en elle aussi. Si vous arrivez à lui entrer dans le crâne qu’il faut qu’il arrête de marcher tout seul, qu’il peut compter sur le soutien de tout le monde, de sa famille, y compris de sa femme, alors… alors peut-être qu’on pourra lui soumettre l’éventualité d’inviter ta sœur à rejoindre les filles sur le bar à champagne. Elle ne sera pas de trop… Pour Jez, je m’en occupe. Elle se fie à moi. Elle sait que je suis de son côté. Je vais essayer de la raisonner et de lui ôter du crâne qu’elle peut se barrer, parce qu’un jour, ça tournera mal. » Dépité, je soupirai, malade que les choses tournent comme ça. « Ça ne me dit rien qui vaille pour Bianca, parce que… parce que son père a marqué son accord sur le mariage arrangé. Elle n’est pas encore au courant, parce que rien n’est joué pour le prétendant. À ce propos, mes parents vous invitent à souper, demain soir, ma mère a certainement appelé ma sœur déjà. Tout ça me rend malade, mais je ne suis pas surpris. On s’en doutait, n’est-ce pas ? »







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“Vos parents vous ont souvent dit de ne pas jouer avec moi. Je suis la contradiction. Je suis le feu de sang-froid. Toujours avec le sourire, toujours avec les brûlures, tous les jours à quelques centimètres de la rupture. Petit sauvage est né dans la jungle de béton. Il y a les rêves que l'on fait. Il y a les rêves qui nous font. ”

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Manuel Herrera
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MessageVen 23 Déc - 23:26

 



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Ils avaient du contrôle sur tous les pans de leur existence, il avait veillé à ce que ce soit le cas pour leur sécurité et leur santé mentale et pourtant, ils avaient choisi de s’unir à de femmes qui échappaient complètement à leur contrôle. Ils se débrouillaient pour régir certains aspects de leur vie mais ils ne pouvaient les soumettre totalement à leur volonté ou à leurs prérogatives et c’était tout l’intérêt de ces mariages. A quoi bon se dégoter une femme qui dira toujours oui et qu’il sera si facile de manœuvrer qu’on finira par s’ennuyer en cinq minutes ? Ils aimaient les disputes et les difficultés et elles restaient assez malléables pour accepter leurs choix de vie douteux et les aimer malgré tout. Néanmoins, il était entièrement d’accord avec l’analyse de Luciano, les femmes étaient perpétuellement dans l’émotionnel, ce qui leur compliquait la vie et qui pouvait rendre des moments simples terriblement chaotiques mais ça faisait justement partie des charmes de leur mariage. Même si, ça avait quelque chose d’angoissant parfois et Manuel aurait donné cher pour être perpétuellement dans la tête de Cinzia pour savoir ce qu’elle ressentait, pensait et voulait. Sans cet effet de surprise qui le foutait parfois en rage, il aurait sans doute oublié son idée farfelue de partager toute sa vie avec la même femme. « Oui, je me dirais que je ne sais pas ce qu’on fout ensemble puisqu’elle a des secrets pour moi et je suppose qu’elle en a encore, le simple fait d’y penser me rend malade ! Mais elle a cru pendant un temps qu’elle avait un cancer, une erreur de diagnostic envoyé à la mauvaise personne. Tu sais ce qu’elle a fait ? Elle a coupé les ponts avec moi, j’ai dû aller la déterrer chez tes parents et lui tirer les vers du nez, je ne l’ai pas loupée ce jour-là, elle en a pris pour son matricule, parce que je refuse de partager ma vie avec une femme qui me met à l’écart de la sienne. Pourtant, je ne peux pas toujours l’obliger à me dire ce qu’elle ressent parce que selon les situations, elle ne sait pas verbaliser. C’était le cas après son séjour à l’hôpital et le coma. Je marchais sur des œufs, j’essayais de deviner et c’était pas évident mais pour qu’elle se livre, Lucky, faut qu’elle fasse un point sur ce qui se passe en elle et elle n’est peut-être pas encore prête à ça. » Il marqua une pause, essayant de voir si ses explications faisaient leur bonhomme de chemin chez son meilleur ami, n’étant pas certain d’avoir vraiment été clair ou bien d’une aide quelconque.


« Si j’étais toi, j’attendrais de ne plus être en colère après elle pour parler de ça, tu verras qu’il y a une explication plus simple que celle que tu échafaudes déjà dans ta tête ! Nos femmes sont des oiseaux rares, si elles n’avaient pas confiance, on n’aurait jamais pu leur passer la bague au doigt, ne va pas te mettre des conneries en tête, Lucky, tu vas aggraver la situation et tu vas le regretter quand tu te rendras compte de ce qui se passe vraiment ! » Herrera était d’ailleurs passé maître en la matière, il se sentait toujours tellement con de s’être imaginé le pire pour s’apercevoir que c’était si simple et innocent mais il suffisait d’une fois, de sous-estimer le problème pour que ce soit la merde ! Et ce serait la merde si on mariait Bianca de force, il pouvait déjà le sentir, il n’osait imaginer quel effet cela aurait sur Cinzia. « Je vais y réfléchir mais il vaudrait peut-être mieux qu’on voit ensemble pour lui trouver quelqu’un de correct plutôt que ton père la refourgue à quelqu’un d’autre et qu’elle tombe sur un malade. C’est encore une gamine, une gamine de l’âge de ma sœur… Je ne voudrais pas qu’il lui arrive du mal, je ne me le pardonnerais pas. » Depuis quand était-il aussi sensible ? Une gamine allait être mariée, la belle affaire, ça ne l’avait jamais particulièrement ému avant ça mais les choses n’étaient plus les mêmes depuis qu’on avait obligé sa sœur à se plier aux quatre volontés des patriarches Gambino et Herrera. Gaby n’était pas un mauvais bougre, bien au contraire, mais il aurait préféré qu’elle se réveille toute seule et se trouve quelqu’un qu’elle aurait choisi. « Tiens-moi au courant alors, ‘mano, on verra en temps voulu, moi, je vais essayer de préparer ta sœur et la mienne à ce qui se prépare. Je vais devoir faire ce que je peux pour qu’elles ne me fassent pas porter le chapeau de quoi que ce soit, parce que je vais mal le vivre. Crois-moi, je préférerais que personne ne soit plus marié dans ces conditions ! »



***



« Et je ne sais pas pour toi mais quand elles passent beaucoup de temps ensemble, elle est pleine d’idées et de bonne volonté pour tout ce qui se pratique à poil. Ce n’est pas négligeable ! » souligna-t-il en souriant, se remémorant qu’il devait à Lyla bien des évolutions dans leur vie sexuelle, il ne lui serait jamais suffisamment reconnaissant pour tous les bons conseils et les cours pratiques qu’elle avait donné à sa meilleure amie. Oui, les faire bosser ensemble était un bon calcul, tant que leur relation ne prenait pas plus de place que leur vie de couple, il ne se plaindrait pas. Il ne voyait plus vraiment la mexicaine comme un frein à leur relation ou bien un boulet à leur jambe et il était surtout ravi que leur nouvelle association leur permette, à Luciano et à lui, de se retrouver un peu plus souvent. Se voir en face à face était beaucoup plus simple pour parler affaires. « Castré ? Comment ça, castré ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils d’incompréhension. En effet, il avait confiance en Gabriele et ses atouts d’homme d’affaires mais un projet aussi juteux aurait dû susciter plus d’enthousiasme et d’excitation chez Luciano qui flairait toujours un bon plan, s’il devait retirer ses billes, c’était le moment de le lui dire. Une brouille familiale, voilà ce qui maintenait l’aîné à distance, il respira un peu plus librement et se dit que sa position ne l’obligeait aucunement à reculer, il n’était pas concerné. « Je vois… Tu sais, je crois qu’il  s’emmerde à New York et qu’il essaie de se faire remarquer dans l’espoir que ton père lui trouvera une place, tu vois ? Il est borné, et ça pose souci avec ma sœur aussi, tout ça prend des proportions démesurées et ça devient difficile à gérer pour tout le monde. J’ai essayé de le raisonner et de lui donner des conseils, il est allé la chercher avant qu’elle ne rentre. » Il hésita un moment, se passant une main dans les cheveux, se demandant si c’était prudent d’en parler avant de se dire que ça finirait par se savoir de toute façon. « J’en parlerai avec ta sœur pour qu’elle essaie de calmer le jeu mais ça devrait aller mieux, mon père lui a proposé de prendre part à nos affaires et de gérer le transport de la marchandise. Je ne sais pas trop ce que ça donne dans le détail et ce qu’il a répondu mais j’ai des doutes sur le fait qu’il laisse Jez intégrer notre affaire avec les filles. Il la forme pour le restaurant et je crois qu’il veut la garder au plus près de lui et surtout à l’œil. A sa place, je ferais pareil, je n’aurais pas envie qu’elle ait la possibilité de se barrer une autre fois… Je me suis disputé avec elle, parce que je défendais Gaby alors si tu pouvais papoter avec elle et tenter de savoir si elle a l’intention de recommencer. Une fois, ça passe mais deux, ça risquerait de mal finir. Gaby a ses limites. » Il soupira, se pinça l’arête du nez, ne pouvant cacher sa lassitude et son inquiétude. Il aurait souhaité que sa sœur n’ait pas à subir tout ça et dans son malheur, sa chance avait été de tomber amoureuse de son mari imposé et qu’il succombe aussi à ses charmes de sale gosse, sans ça, elle aurait enduré l’enfer sur terre. Ce n’était déjà pas bien folichon.


« Je vais m’occuper de ça alors, je ne peux pas la laisser dans l’expectative. J’en ai parlé avec ma sœur et elle est contre, mais elle me dit qu’il vaut mieux un bon choix plutôt que le fruit du hasard et je suis assez d’accord. Je vais proposer mon cousin. Il a l’air effrayant et sanguinaire mais je n’ai aucun autre de mes hommes qui traitera mieux une jeune fille que lui. Il a beaucoup fréquenté ma sœur, il l’adore, je sais qu’il la verra un peu dans Bianca et qu’il fera gaffe. Il ne la forcera pas, il ne la brusquera pas et c’est ce qu’on a tous besoin de savoir… Sans ton accord, je n’en parlerai pas à ton père ! J’avais pensé à Muñez mais je ne suis pas sûr que ce soit un cadeau pour elle comme pour lui ! » Il avala quelques gorgées de son verre, jetant un œil aux gens qui s’agitaient autour d’eux. Toutes ces histoires le fatiguaient par avance. « J’aurais aimé qu’on puisse faire quelque chose mais c’est visiblement impossible… On fera au mieux alors… Pour parler de quelque chose de plus festif, j’ai cru comprendre qu’on se retrouverait pour Noël chez tes parents mais le jour de l’an, vous faites quoi ? Parce que je me disais qu’on pourrait partir tous ensemble quelque part, non ? »








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MessageLun 2 Jan - 23:40

 



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Une phrase suffit à Manuel pour résumer ce que je ressentais : à quoi bon vivre avec ma femme si elle me tenait à l’écart de sa vie ? De ses émotions ? De ses traumatismes, en particulier ceux dont je me sentais directement coupable. Je ne pus dès lors réprimer un haussement d’épaules qui signifiait : « ah, tu vois… » tandis qu’il me rapportait une expérience de son histoire avec ma sœur. Je n’avais pas été informé de ce diagnostic de cancer. Qui l’était ? Mani semblait être la seule personne à avoir été mis dans la confidence. De prime abord, c’était un signe de foi. La suite était cependant beaucoup moins réjouissante. Il avait fallu brûler ma cadette pour qu’elle parle. Elle agissait exactement comme ma propre épouse, ce qui m’étonnait à peine, mais qui ne m’agaçait pas moins pour autant. « Tu essaies de me dire que je suis trop pressé, c’est ça ? » Je n’avais pas besoin qu’il acquiesce. Je lisais entre les lignes. La mise en garde était plutôt claire finalement, mais je me justifiai de mon comportement par ma culpabilité. Cette vieille pute, il la connaissait aussi bien que moi. Elle lui avait fait du gringue après l’accident de ma sœur et, aujourd’hui, je constatais à quel point elle était perfide. D’un sein à l’autre, elle changeait de visage et de forme. Le mécanisme était néanmoins toujours le même et mes conseils de l’époque à mon meilleur étaient valables pour moi aussi. Comment Lyla pourrait-elle se relever si elle avait le sentiment que je l’abandonnais ? Que je la jugeais ? Comment pourrait-elle avoir envie de me parler de ce qu'elle ressentait si mes émotions prenaient trop de place ? J’en regrettais cette colère qui grondait dans mon cœur et dans mes veines. Il aurait mieux fallu que je ne précipite rien, que je ne l’oblige pas à rendre visite à ses parents, à se confronter à son père et à affronter le deuil de sa sœur. J’aurais pu m’y rendre seul pour les soutenir si, d’aventures, on m’avait ouvert la porte, ce dont je doutais sérieusement. J’avais mis la charrue avant les bœufs, ça me désolait, mais je ne pouvais pas revenir en arrière. Le mal était fait et mon prochain combat serait de dompter mon courroux afin de rétablir dans mon couple un climat de confiance. « Ouais. Je vais essayer de ne pas me focaliser. » admis-je enfin avant d’aborder un sujet trop affligeant à mon goût. Personne n’était ravi par le mariage suivant qui serait célébré. Ettore y paraissait insensible, mais il se targuait de ne pas avoir de choix. Bianca était la fille d’un impudent, elle devait être gardée son contrôle et en laisse pour éviter les risques d’insubordination qui accompagne quelquefois l’émancipation. « Je ne te demanderai pas un droit de regard sur qui tu choisiras, mais quand il a parlé de la marier, j’ai sauté sur l’occasion pour insister sur tout le mal qu’Ettore vous a causé. J’ai aussi insisté sur l’importance de le dégager du décor le plus rapidement possible et ça avance. En revanche, pour ce qui concerne Bianca et pour être tout à fait honnête avec toi, je l’ai autant fait pour elle et pour moi que pour toi. Je savais que ça ne te plairait pas par rapport à Jezabel. Je sais aussi que la Maruzella ne le prendra pas bien du tout. Prends donc le temps qu’il faudra pour préparer tout le monde. N’oublie pas que si Lyla n’est pas encore au courant et si je sais qu’elle n’approuvera pas, elle peut t’être d’un grand secours pour aider ta femme à digérer la nouvelle. » Car si nous avions besoin de certitude complémentaire, l’adversité renforça leur amitié.

Le bar à champagne, il ne fit que l'accentuer encore, ce qui les rendait parfois aussi chiantes qu'amusantes. Elles étaient plus complices, plus solides et, donc, plus casse-pied que jamais. L’avantage, comme le soulignait Manuel, c’était qu’elles étaient également plus imaginatives que jamais. Un peu comme Gabriele pouvait l’être dès lors qu’il s’agissait de détourner les règles de mon père à son profit, sans créer le moindre mal pour autrui, mais se mettant tout de même en danger. Cette banque, ce n’était pas une mauvaise idée en soi. Si j’avais pu, j’aurais signé à deux mains. J’offris donc à ce projet toutes les lettres de noblesse qu’il méritait lorsque le sujet fut abordé par Mani. Je ne mentais pas. J’étais transparent avec lui, assez pour lui confier mon inquiétude par rapport aux agissements de mon cadet et des conséquences pour moi si j’avais l’audace de le soutenir. « Ne le crois pas, sois-en plutôt sûr. La petite vingtaine. Il est doué avec les chiffres. Il les voit, il les retient. Il calcule vite. Le casino, à Chicago, c’était toute sa vie. Alors, ouais, parler Porchetta et Pecorino, ça n’a aucun intérêt pour lui. Je crois que le casino l’a bien préparé à la gestion d’une banque… » Après tout, c’était plus ou moins la même chose. Les gens s’y ramenaient avec leur maigre économie ou le pactole – selon le cas – et ils le jouaient en bourse, en titres ou en actions. La seule différence, c’était qu’au Casino, ils le dépensaient eux-mêmes. Il n’y avait aucun fils de pute en col blanc pour décider à leur place où s’investirait leur argent. « Mais rien ne l’a préparé à vivre ici, à New York, marié et sans la moindre responsabilité qui lui donnerait pas l’impression d’être de trop. Tu veux mon avis ? Je ne comprends pas comment on les renvoie par à Chicago. Ils auraient pu s’épanouir ensemble. Elle n’aurait jamais eu à partir de chez eux, car il serait resté celui qu’il est et qu’il a toujours été. Il est en train de se perdre dans cette ville. Il ne sait plus où il n’en est ni ce qu’il veut vraiment. Il a perdu toute identité. » Et Dieu sait comme ça peut être important. Ettore, qui est loin d’être un imbécile, le savait pertinemment lui aussi. Alors, pourquoi ? Ça n’avait aucun sens. À moins qu’il se justifie dans ce qu’il pourrait éventuellement apporter à Rafaël, dans un premier temps, et à Cosa Nostra, ensuite ? « Des affaires avec ton père ? » répétais-je pensif. « Mais, qu’est-ce qu’ils préparent ? Ton père et le mien ? Ils ont quoi en tête ? Il lui a proposé quoi ?  » ça me posait question et je ne fus pas surpris que Manuel soit autant dans l’ignorance que je ne l’étais moi-même. « Et, t’en fais pas pour ta sœur, je m’en charge. C’est la mienne aussi après tout. » Je lui balançai une tape amicale dans le dos, une de celle qui rassure, une de celle dont j’aurai fatalement besoin dès que nous discuterons de ma nièce. La pauvre, elle me faisait mal au cœur. Elle était à mille lieues de s’imaginer ce qui lui pendait au nez.

« Oh, n’essaie pas de me convaincre qu’il est quelqu’un de bien » assurais-je à mon meilleur ami, mon frère, tout ça à la fois. « C’est pour lui que ce ne sera pas un cadeau finalement. Elle est tellement innocente encore. Je ne dis pas qu’elle ne voit ou n’a jamais vu personne, mais c’est encore une petite fille. Je ne suis pas sûre qu’elle ne joue plus à la poupée. » Tout dans son attitude laissait présager qu’elle avait, au mieux, échangé quelques baisers avec un prétendant quelconque, mais qu’elle n’avait jamais cherché à attirer le regard des hommes. « Muñez, ce serait une mauvaise idée à mon avis. Déjà parce que ma femme va en faire une maladie et ensuite parce qu’il est aussi enfant qu’elle peut l’être parfois. » avouais-je sans jugement de valeur, juste par constat. Je passais assez de temps avec mon beau-frère pour savoir que le mariage, ce serait faire de lui un malheureux de plus. « On devrait peut-être partir au Salvador pour le Nouvel An, avec tout le monde, je veux dire, Jandro, Bianca, Jez, Gaby, vous, nous… ça ne peut faire de mal à personne, quoiqu’il faudra prévenir ma sœur avant si tu veux mon avis, où elle va s’en faire une maladie et elle va tirer la gueule pour les fêtes. » Puisqu’entre nous rien ne tombait jamais dans l’oreille d’un sourd, il avait été convenu que nous l’annoncerions à la Cinzia ensemble avec une Lyla au fait par rapport à la situation en soutien. Elle ne serait pas de trop. Ça se confirma tandis que ma petite sœur quitta la pièce. Était-ce cette histoire de mariage arrangé qu’elle essayait deaire payer à Manuel en sortant aussi souvent avec MA femme ? Que Lyla coure les chemins et écument les bars et les boîtes avec moi, c’était une chose, mais loin de moi, ç’en était une autre. Je cherchais désespérément après elle, revivant par ailleurs une expérience traumatisante de notre relation, quand Mani m’appela, excédé, autant que je pouvais l’être moi-même. « Oui, je viens de voir son post-it. Un post-it. Elle se fout de ma gueule, je crois. Tu es en route ? » Visiblement oui, je pouvais distinguer des coups de klaxon à travers le téléphone. « Je prends ma voiture pour la récupérer et je la ramène ici. Rendez-vous dans trois heures là où tu sais. Ça doit cesser maintenant. Il faut leur couper les ailes avant qu’elles ne s’envolent. » J’arrivai au studio porno à l’heure plus ou moins convenue et dans un état de rage indescriptible, si bien que je déposai une bouteille de tequila sur la table basse du petit salon que nous nous étions aménagé pour profiter du spectacle. Il m’y attendait déjà dans une colère similaire à la mienne et j’oubliai toute bienséance. « OK. J’ai réfléchi aux options en chemin. » J’avalai mon verre cul sec et je m’installai à ses côtés. « Idée n°1 ; on se barre trois jours sans elles, sans donner de nouvelles. Idée n°2 : on les enferme pour qu’elles se souviennent que leur petite affaire dépend de nous, de notre bonne volonté et de leur comportement, que rien n’est immuable. Idée n°3 : abstinence aussi longtemps qu’elle après LA. Idée n°4 : on fait tout à la fois. Alors ? Tu préfères quoi ? Je te laisse trancher parce que moi, j’opterais pour la quatrième tellement je suis fou furieux. »







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“Vos parents vous ont souvent dit de ne pas jouer avec moi. Je suis la contradiction. Je suis le feu de sang-froid. Toujours avec le sourire, toujours avec les brûlures, tous les jours à quelques centimètres de la rupture. Petit sauvage est né dans la jungle de béton. Il y a les rêves que l'on fait. Il y a les rêves qui nous font. ”

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Manuel Herrera
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MessageJeu 12 Jan - 13:39

 



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Ce mariage, il pouvait le sentir dans ses tripes, ça allait foutre une merde de tous les diables et il n’y aurait pas grand-chose à faire pour limiter les dégâts. Personne ne comprendrait que Lucky et lui avaient tenté de limiter les dégâts en jetant leur dévolu sur un époux qui serait en mesure de prendre soin de la gamine sans la brider complètement et sans la transformer en esclave et en femme soumise. Elle pourrait peut-être même poursuivre ses études et travailler, s’il arrivait à aborder le sujet franchement avec Jandro. Mais on ne retiendrait pas ça, non, on se contenterait de voir qu’il avait participé à toute cette mascarade, peu importait la façon, il l’avait fait et il s’attendait déjà à des représailles. De la part de sa femme mais également de sa sœur. Elle le croyait surpuissant, elle se dirait qu’il avait abandonné avant même de tenter quoi que ce soit pour éviter un autre drame au sein de leur famille. La vérité c’était que Manuel ne pouvait rien contre ce mariage et s’il n’avait pas eu à choisir l’époux de Bianca, on s’en serait probablement pris à lui en insistant sur le fait qu’il n’avait pas bougé le petit doigt pour empêcher ce qui était sur le point d’arriver. Sa conscience aurait moins de mal avec l’idée que la gamine épouse Jandro qu’avec l’idée de ne rien avoir fait pour la sortir de là. Il appréciait Gabriele de plus en plus, à force d’apprendre à le connaître et de le fréquenter mais s’il n’était pas tombé amoureux de Jez, il était certain que les choses auraient mal tourné. Parce qu’ils étaient si différents l’un de l’autre, parce qu’ils n’attendaient pas les mêmes choses de la vie et qu’on avait un mal fou à tirer quoi que ce soit de Jez quand elle n’était pas complètement acquise à votre cause. Malgré tout, il n’en démordrait jamais, ce mariage arrangé avait été la pire chose pouvant tomber sur le coin de la gueule de sa cadette et encore maintenant, quand il la voyait se débattre dans une relation qu’on lui imposa, il en avait un pincement au cœur, parce que ce n’était pas sa place. Il regrettait de ne pas avoir été capable de s’opposer à son père pour la prendre auprès de lui à New York et lui offrir une place qu’elle aurait su tenir comme personne. Et peut-être qu’elle aurait tout de même rencontré Gaby et que ça aurait fonctionné. Il ne croyait pas vraiment au hasard, pas plus qu’il pensait possible de se forcer à tomber amoureux de quelqu’un, ils étaient faits pour être ensemble en dépit du fossé qui les séparait mais il aurait aimé que les choses se passent plus naturellement et certainement pas en petit comité, au Salvador, sans ses amis et ses points de repère, dans la discrétion la plus totale, comme s’il s’agissait là d’un secret honteux. Il ne savait toujours pas comment il lui annoncerait la nouvelle et ça l’empêchait de dormir.


« Je ne doute pas vraiment de ses compétences, bien au contraire mais comme toi, je ne comprends pas pourquoi on l’oblige à rester ici, ça a l’air de le tuer de l’intérieur… » Il eut un peu de mal à comprendre pourquoi on l’envoyait gérer des affaires aux Etats-Unis aussi et pourtant, il y était allé et avait fait en sorte de se faire une place mais son statut était différent. Il était le fils aîné Herrera et il avait la lourde tâche de porter l’héritage de son père et sa fierté, il n’avait pas le droit de tout gâcher et on ne l’y avait pas envoyé pour la gloire. Contrairement à Gabriele qui cherchait un sens à sa présence en ville et qui devenait fou. « Je ne sais pas ce qu’ils trafiquent, je ne les suis plus depuis un bail ! Mon père a proposé à Gaby de gérer l’arrivée de notre marchandise à Chicago, si j’ai bien compris et il leur a offert une maison à Chicago, en guise de cadeau de mariage. Je ne sais pas s’il s’est enfin aperçu que ma sœur comptait un peu pour lui ou pas mais il était temps. Je suis passé chez eux pour prendre un café et il m’en a parlé, ma sœur ne me dit pas grand-chose, elle est encore en colère contre moi. » expliqua-t-il, tristement. Il détestait cette situation, surtout qu’il était de son côté depuis le début mais il ne pouvait se permettre de lui dire la vérité, sous peine de foutre un merdier sans nom dans son couple, ça ne le regardait pas. Il soupira, se dit qu’elle reviendrait quand elle serait prête. Il l’espérait. « Merci, ‘mano ! » glissa-t-il à Luciano en se renfonçant dans son siège et en essayant de ne plus penser à tout ça. Un problème à la fois, c’était largement suffisant. « Tu serais surpris de la patience et de la gentillesse qu’il peut avoir en magasin, à côté, je suis un sale gosse capricieux ! » Il pouffa de rire et essaya de se débarrasser de sa lassitude d’une main sur son visage. « Il va prendre ça comme un honneur mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que je vais lui gâcher la vie, à lui aussi, en choisissant à sa place. Il ne me diras jamais non, jamais, et si je ne crois pas qu’il ait quelqu’un d’autre ou une relation sérieuse, peut-être que je vais le priver de rencontrer celle qui lui faut… Ces mariages arrangés, il va falloir les bannir, tôt ou tard, ça me rend fou ! » Certains voyaient ça comme l’opportunité de se lier à une autre famille et d’y gagner d’un point de vue business, d’autres considéreraient ça comme une promotion mais ce n’était pas vraiment le cas. Ca ne servait jamais les principaux intéressés. « Et crois-moi, je n’ai pas envie d’avoir Lyla sur le dos pour me faire la morale ! » Il éclata de rire, ce qui le délesta un peu du poids qui pesait sur ses épaules et lui fit du bien. « Je ne sais pas, ça va sembler suspect et ça va déclencher une tempête sans précédent. Soit on prévient tout le monde avant, soit on évite de les prendre avec nous comme ça, j’ai l’impression que tout le monde va se douter et je n’ai pas envie de me retrouver à me prendre la tête avec le groupe femme de ce petit voyage ! »


Ils leur annoncèrent la nouvelle et ce fut la catastrophe et si Lyla tenta tant bien que mal d’arrondir les angles, Mani fut déterminé à ne surtout pas s’occuper de l’annoncer à sa petite sœur. Il aurait beau se justifier tant qu’il voudrait, si sa propre femme le prenait comme ça, sa sœur ne le prendrait pas mieux. Il préféra la jouer façon lâche et passer un coup de fils à Gaby pour qu’il lui annonce la nouvelle en personne et pour que les conséquences soient pour sa pomme. Il ne sut trop si ce fut une bonne raison pour Cinzia de sortir aussi souvent ou bien si elle se contentait de suivre ses conseils et de s’amuser mais elle était de moins en moins là quand il rentrait et ça commençait à le rendre malade. Le fait qu’elle sorte ne le gênait pas tout à fait, au fond, elle avait mérité le droit de profiter de la vie et de s’amuser après la perte de leur enfant mais qu’elle le fasse tous les jours, ça, c’était un autre problème. Il la récupéra dans un bar homo et la colla dans la voiture pour lui bouffer le nez tout le temps que dura le trajet jusque chez eux. Il savait bien que lorsqu’il serait plus calme, il la laisserait remettre le nez dehors de temps en temps, tant qu’elle était là pour partager ses repas et pour s’occuper de lui mais pour le moment, il ne trouva rien de mieux que de lui intimer l’ordre de rester chez eux et de la coller sous bonne garde pour être certain qu’elle ne se tirerait pas. Pour sa sécurité, mieux valait qu’elle n’ose pas ou il ne répondrait plus de rien. Il prit la route pour rejoindre son meilleur ami à leur lieu de rendez-vous. Il fumait joint sur clope et clope sur joint pour tenter d’éteindre sa nervosité et quand Lucky apparut, il n’eut même pas la force de se lever pour lui donner l’accolade. « Je ne sais pas, ‘mano… Je l’ai poussée à prendre l’air et à voir du monde, je ne peux pas l’empêcher de travailler, seulement de se traîner après, ça, tu peux être sûr que pour le moment, c’est pas près de se reproduire. Mais ouais, j’aime ton idée de nous barrer comme ça, sans donner de nouvelles et l’abstinence ! Putain, ça va être difficile mais il est hors de question qu’elle continue à me tenir par les couilles comme ça ! Ecoute, j’ai entendu dire que Gaby retournait à Chicago pour voir un peu comment gérer le truc pour mon père, on aura qu’à partir avec lui, il ne dira rien à Cinzia, tu peux en être sûr ! On se fait une petite semaine sans elles, sans donner de nouvelles, rien, NADA ! Elles vont voir que même si elles bossent, NOUS on est plus importants que le reste et puis bien sûr, en rentrant, pas de réconciliations sur la table à manger. On va les laisser gamberger, culpabiliser et s’excuser, se dire qu’il y a un problème, qu’elles en sont la source. Et si elle ose me balancer que je la trompe, crois-moi qu’elle va s’en souvenir ! » Il sortit son téléphone tandis que son ami versait de l’alcool dans de petits verres, quand Gaby décrocha, il lui demanda quand il partait et si ça le gênait d’avoir des compagnons de voyage. Il lui assura qu’ils ne se mêleraient de rien et feraient leur vie de leur côté et il accepta, promettant de ne rien dire. « Dans deux jours, ça nous laisse le temps de mettre tout ça en place ! »


Il rentra pas mal éméché cette nuit là, prit une douche et se coucha sans un mot, quand il s’éveilla le lendemain, il joua au roi du silence, mangeant avant de partir bosser, se disant que ce serait bien plus drôle de faire son sac à la dernière minute. Il descendit avec à quelques heures du départ alors qu’elle était au boulot et il ne lui laissa qu’un vulgaire mot sur un bout de papier lui disant qu’il avait des affaires à régler et qu’il ne savait pas quand il rentrerait. Il retrouva son meilleur ami à l’aéroport, un sourire triomphant aux lèvres alors qu’ils s’occupaient de faire enregistrer leurs bagages et leurs billets. « J’ai hâte qu’elle rentre pour trouver ce putain de mot ! Qu’elle comprenne quel effet ça fait de rentrer dans une maison vide ! Et toi, ça a donné quoi de ton côté ? » s’enquit-il . « J’ai regardé un peu ce qu’on pouvait faire à Chicago, frère, ça va être un truc de fou et puis on va secouer un peu Gaby, histoire qu’il nous traîne là où il aimait aller ! S’il n’est pas trop occupé à envoyer des trucs dégoulinants à ma sœur ! Ils sont fatigants ces deux là ! »






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mundo pequeño y es así

El policía tiene su fin, el ladrón roba para vivir.
Otro día en la semana, no puedo dormir
Mucho lo que consumí: bazuco y marihuana
Ofendido y señalado por la sociedad,
Criado y educado por la calle claro esta.
Ya ves, cual es mi camino,


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Luciano Gambino
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La cruauté est essentielle si l’on veut conserver le pouvoir. Sans elle, on apparaît faible et les adversaires en profitent. Comme les chiens : celui qui aboie le plus fort devient le chef de meute. [Saviano]

MessageVen 27 Jan - 21:49

 



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Décidément, Gaby était au cœur de toutes les conversations. Je menai plus ou moins la même avec mon épouse, bien qu’il ne s’agissait pas de questions d’affaires, mais du traitement qu’il réservait à Jezabel. Il n’était pas tendre avec elle. Il l’obligeait à se cantonner à un rôle aussi déplaisant et peu valorisant que le sien, ici, à New York. Parfois, je me demandais si ce procédé n’était pas une façon de se sentir moins seule face à ce qu’il vivait comme de l’adversité. Qui serait-il si elle réussissait là où il échouait ? ça méritait réflexion. C’était même plutôt humain – pour ne pas dire masculin – comme réaction, mais gagnerait-il à les rendre tous deux malheureux ? Qu’espérait-il en tirer ? Autant son association avec Manuel avait du sens à mes yeux, autant je ne percevais pas quels étaient les tenants et aboutissants de son attitude et il n’était pas le seul mystère à m’intriguer ces derniers temps. Que Rafael et Ettore s’entendent comme queue et chemise, c’était une bonne chose. Ça facilitait la vie de tout le monde, à commencer par celle de ma sœur et de son mari. En revanche, ma curiosité souffrait de ne pas être tenu au courant de ce qu’ils préparaient ensemble et qui rejailliraient forcément sur nous tous. La preuve étant, Gabriele était impliqué dans des projets autres que ceux de Cosa Nostra et je doutais sincèrement que mon père n’y soit pas mêlé indirectement. Lui non plus, je ne le comprenais pas, si tant est qu’il ait déjà été aussi facilement déchiffrable qu’un livre pour enfant. « Je présume qu’elle est en colère à cause du mariage de Bianca. Lyla le voit d’un très mauvais œil. Et, Cinzia, elle a finalement encaissé ? Vous en avez parlé ? Parce que j’ai bien cru qu’elle allait nous tuer du regard. » ajoutais-je en me rappelant que nous avions frôlé la crise, ce jour-là, et que je serais bien naïf de l’imaginer loin de nous. « J’espère qu’elle ne pourrit pas la vie » Sous-entendu, qu’elle ne t’en tient pas pour responsable. « Et, si c’était le cas, prend patience. Elle finira bien par se rendre compte que tu as choisi le meilleur parti, preuve que si tu avais pu, tu t’y serais opposé, comme nous tous… » Songeur, je m’efforçais de ne pas me projeter vers le jour et, surtout, la nuit du mariage. Pour ma nièce, il n’était pas question de déroger aux règles comme Cinzia le fit avant elle. Cette dernière était folle amoureuse. L’impatience eut raison de sa bonne volonté. La dernière des Gambino, ce serait une autre paire de manches et je souhaitais, du fond du cœur, qu’elle ne joue pas les mauvaises têtes le moment venu. Ça pourrait aisément se transformer en véritable catastrophe pour l’avenir. Et, en parlant de catastrophe…

A quel moment nos largesses, forgées par de bonnes et louables intentions, étaient-elles forcément synonymes de liberté ? Pourquoi s’étaient-elles retournées contre nous à une telle vitesse ? Le retour de manivelle était douloureux, trop, compte tenu que nous agissions surtout pour leur bonheur et leur bien-être. Était-il donc vrai que les femmes sont incapables de se contenter de ce qu’elles ont ? La sienne était donc un spécimen comme les autres ? Et sa sœur ? C’était une déception pour lui. Il se sentait dans la peau d’un couillon sur lequel on bave dès qu’il a le dos tourné. Quelquefois, il ferme les yeux et il croit reconnaître les ricanements et les railleries de ces deux meilleures amies, fières d’elle, fières d’avoir renversé la vapeur. Elle pensait avoir gagné la partie ou avoir l’avantage ? Pauvres idiotes. Nous étions loin d’avoir jeté l’éponge et nous sommes les seuls à pouvoir prononcer le dernier mot, celui de la sentence. Elle serait pénible et douloureuse. Elle avait été pensée comme ça et j’étais bienheureux que Manuel abonde dans mon sens. « Non, mais attends, tu sais que Lyla m’a chié une pendule parce que ma mère aurait remis en question son rôle de mère ou, plutôt, son efficacité en tant que bonne mère. Et, là, elle case le petit à la première occasion pour se saouler la gueule… et elle s’étonne que je suis venue la chercher et elle hurlait quand je suis parti parce que je l’ai enfermée dans l’appartement. Non, mais, sérieusement, elle s’imaginait quoi ? Comment ont-elles pu croire qu’on allait les regarder faire sans rien dire ? Sérieux ? » J’étais autant en colère qu’éberlué par leur audace et leur bêtise. Elles chutèrent de quelques échelons à l’échelle de mon estime. Quant à Mani, dans un état similaire au mien, apporta sur la table le « concret » dont nous avions besoin pour parfaire mon plan de vengeance. Chicago avec mon frère. Parfait. Une semaine, c’était encore mieux. Partir dans deux jours, c’était beaucoup trop long par contre. Je rappelai séance tenante. Gaby m’expliqua alors qu’il devrait impérativement partir avec Jez si nous nous éclipsions ce soir. La petite ne me dérangeait pas, bien au contraire. « Hé bien, on dirait que tu vas pouvoir discuter une bonne fois avec ta sœur et régler ce qui vous oppose, car on part ce soir et elle vient avec nous. Ça te va comme ça ? » Ce n’était que de l’intendance de toute façon. Il n’y aurait pas mort d’hommes ou rupture. Au pire des cas, leur petit manège rendrait les réconciliations plus compliquées au départ, mais je ne doutais pas qu’elle n’en serait que plus intense, à condition que je parvienne à oublier qu’elle me traita de connard. Je n’en étais pas un avec elle. Ses caprices, je les exauçais dès que possible. Je me coupais en mille pour que les plus fantasques deviennent réalisables. Elle n’exagérait pas seulement, elle se montrait particulièrement injuste. Elle jouait les victimes et ça me faisait un mal de chien. Elle mélangeait tout.


***


« Tu vois, quand je vois tous ces petits culs, je me dis que je comprendrais si Lyla me demandait si je l’avais trompée. Je ne sais pas où je trouve une volonté pareille pour la fidélité. » affirmais-je en louchant sur les fesses rebondies d’une beauté à couper le souffle de n’importe quel homme, aussi bien pensant soit-il. Cette fille, elle avait tout l’attirail nécessaire à exciter un homme, un fantasme ambulant. « Surtout, que je sais qu’elle le croit… qu’elle va m’accuser… je lui rendrais presque service en m’y collant. Au moins, je ne ferais pas d’elle d’une menteuse. » La réponse tenait en une phrase : j’étais éperdument amoureux de Lyla, et réfuter l’idée même qu’elle puisse me manquer ne suffisait pas à la faire disparaître. Je pensais à elle, souvent, voire tout le temps. Il aurait fallu me brûler au fer rouge pour que je le lui avoue, mais les faits étaient là malgré les fessiers et les poitrines rebondis qui remuaient sous mon nez. « tu sais, je dis ça, mais ce n’est pas aussi drôle qu’avant. » admis-je après un verre de plus. L’alcool me déliait la langue. « Et, Jez et Gaby n’aident pas à dégouliner de mièvreries comme ça. C’est presque indécent, je trouve. » Ils nous avaient habituées à plus de réserve. C’était étonnant, ravissant, mais frustrant. « Je ne regrette pas d’être parti, hein. Elles avaient besoin d’une leçon, mais je me dis qu’elle a peut-être essayé de m’envoyer un message en se comportant comme ça. Ma mère pense que qu’elle refoule sa peine suite à la mort de sa sœur et je me dis de plus en plus que c’est possible et que, dans ce cas, j’ai pas fait ce qu’il fallait. Elle avait l’air de gérer. J’ai essayé plusieurs fois d’en parler avec elle, elle m’a assuré que tout allait bien, mais si elle refoule vraiment, j’aurais peut-être dû insister ou me montrer plus attentif. Je sais pas. En tout cas, je me dis que j’aurais dû réagir plus tôt au lieu de laisser les choses dégénérés comme ça… » Maintenant que nous étions plus à l’écart de la fête à fumer une cigarette devant l’établissement, je me laissais aller à des confidences sans honte. « Non seulement, parce qu’on sait que ce sont des femmes et qu’elles ont besoin qu’on leur rappelle l’essentiel, mais aussi parce que c’est mon rôle, en tant qu’époux, de veiller à ce que rien ne la chagrine ou, au moins, qu’elle sache que je suis là pour l’écouter quand elle en a besoin, comme je le lui chante depuis des mois. » J’allais loin dans le raisonnement. Je me coupais en mille pour son bonheur, mais la distance aidant, j’étais moins prompt à la vengeance qui justifierait qu’elle s’écrase pour espérer nous rabibocher. Je n’aimais pas ce qu’il se passait et, la tête comme les yeux loin de la tentation, je prenais certainement un peu trop de recul. « Elle ne te manque pas, à toi ? Ta femme, pas la mienne, bien sûr. » jugeais-je bon de préciser à cause d’un début d’ébriété. « Tu ne te demandes pas ce qu’elle fait et comment elle se sent ? Parce que moi, j’ai beau être remonté contre Lyla, je t’avoue que je suis inquiet. Si ma mère a raison, je vais récupérer un vase brisé en rentrant. Mon but, c’était qu’elle se morfonde, bien sûr, mais c’est peut-être un peu trop cher payé. Elle en a peut-être déjà trop vu par ma faute pour lui infliger ça. Je ne sais pas trop. Je me pose la question. » Et, par la même occasion, je la lui retournais.

Mani avait souvent démontré une forme de sagesse qui me faisait parfois défaut et l’inverse était également vrai. Il me plaisait à penser que nous étions l’un l’autre les deux faces d’une même pièce. Un cerveau à partager, mais que nous n’exploitions pas toujours de la même manière. Son avis m’intéressait donc, bien que je craignais de me découvrir une tendance fleur bleue qui me déplairait. Je chercherais à la cadenasser, estimant que mon mariage m’avait rendu plus faible et qu’il était temps de redresser la barre, à moins que je ne parvienne à segmenter ce que j’étais dans ma vie avec elle et dans celle de gangster. Ce n’était pas impossible. C’était même d’autant plus vérifiable que je ne cachais pas qu’elle était ma part manquante d’humanité. « Allez, viens, on va rentrer boire un dernier verre au casino et claquer du fric en jouant. Ça vaut mieux que de mater des culs sans saveur. Et puis, tu as rendez-vous avec mon frère demain. D’après ce que j’ai pu comprendre, vous allez rencontre Don Anastasiia. C’est un drôle de type, mais il n’est pas méchant. Il a juste l’air d’être sorti tout droit d’un vieux film ou d’une époque complètement révolue, mais c’est quelqu’un de solide. » confirmais-je tandis que nous quittions cette boîte sans grand intérêt finalement. Le lendemain, Jezabel et moi profitâmes que nous étions seuls pour discuter de son couple et de ses projets. Le mien, je n’y fis pas mention. Je n’avais aucune envie de plomber l’ambiance. Elle avait l’air d’aller bien mieux que la dernière fois où nous nous étions rencontrés. Enjouée, elle me fit visiter la maison qu’elle reçut en cadeau, bien que je saisis aisément qu’elle avait détesté devoir remercier son père. La seule raison expliquant son engouement, c’était que la joie de Gabriele. Ils rentrèrent sur le coup de midi. Nous prîmes le temps d’aller manger un morceau en ville et dès que les amoureux s’éloignèrent pour vaquer à des occupations dont je ne voulais rien savoir. « Alors ? » lançais-je à Manuel en attendant qu’on nous serve un café. « ça s’est passé comment ? Tu as obtenu ce que tu voulais ? » Au moins, cette escapade aura servi à quelque chose.








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“Vos parents vous ont souvent dit de ne pas jouer avec moi. Je suis la contradiction. Je suis le feu de sang-froid. Toujours avec le sourire, toujours avec les brûlures, tous les jours à quelques centimètres de la rupture. Petit sauvage est né dans la jungle de béton. Il y a les rêves que l'on fait. Il y a les rêves qui nous font. ”

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Manuel Herrera
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MessageJeu 2 Fév - 18:01

 



brillando en la oscuridad

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Il n’y avait bien que Luciano pour le comprendre et pour entendre ce qui le rendait fou sans le juger ou lui sortir un conseil à la psychologie certaine mais qui le foutrait en rogne parce qu’il n’exagérait pas. Il n’abusait pas. Il faisait de son mieux pour aller à l’encontre de son éducation et de l’homme qu’il était afin d’assurer une vie heureuse à sa femme et elle le remerciait en tirant sur la corde et en lui faisant regretter de jouer les hommes modernes. Ce n’était pas vraiment son truc de faire le jeu des féministes, pas qu’il ne trouvait pas normal que les femmes puissent faire ce qu’elles souhaitaient mais pour ça, il fallait qu’elles n’aient rien à se reprocher en tant qu’épouse. Du moins, ça, c’était sa vision des choses, déjà bien plus évoluée que celle de son père. Et à dire vrai, il était beaucoup moins exigeant que Rafael qui voulait absolument que sa femme soit là où il l’avait décrété et c’était souvent à la maison. Manuel, quant à lui, voulait respecter la nature de Cinzia, il savait qu’elle avait besoin de voir du monde, de se sociabiliser pour être heureuse et d’avoir l’impression d’être utile et il comprenait ça et le respectait mais il ne voulait pas en souffrir d’une façon ou d’une autre. Il ne voulait pas avoir à courir après elle pour avoir le droit de la voir un peu alors que les autres avaient la primeur du reste de son temps. Qu’avait-il, lui ? Une maison vide, des plats à réchauffer et une rancœur tenace. Bien sûr, il aurait pu faire les choses autrement plutôt que de débarquer comme une furie dans ce bar gay pour la récupérer et la faire rentrer mais il était impulsif et surtout quand il était question de leur couple. Il ne voulait plus faire de concessions quand il estimait que la coupe était pleine et c’était le cas. Visiblement, il n’était pas le seul et Lucky était même allé plus loin. Il lui jeta un drôle de regard, n’étant pas bien sûr de comprendre. « Attends, rembobine ‘mano, tu as enfermé Lyla dans l’appart ? » Il avait les yeux écarquillés, se disant que c’était typiquement un truc dont il était capable mais qu’il avait encore été capable de se mesurer pour éviter le pire et pour ne surtout pas se mettre en tort. « Elle va être folle de rage, tu vas rien pouvoir en tirer. Si tu te mets en tort, Lucky, ça va brouiller le jeu et te retomber dessus. Pourquoi tu l’as enfermée ? Où tu veux qu’elle aille ? » Oui parce que la question méritait d’être posée, lui ne s’était pas imaginé que sa femme pourrait profiter de l’occasion pour mettre les voiles, non, ça ne l’avait même pas effleuré et à vrai dire, il doutait que ce soit le genre de Lyla. Elle était bien des choses mais la loyauté était sa raison de vivre, il ne la voyait pas empaqueter ses petites affaires pour se barrer et pour aller où ? Elle était en froid avec ses parents ! « Ouais, va juste falloir lui dire de la fermer et de ne rien dire aux filles, sinon elle va tout gâcher et si tu veux mon avis, elle va me casser les couilles et me dire que je suis un gros naze. Elle prendra pas ma défense ou ne cherchera pas à savoir ce qu’il s’est passé, je passe ma vie à lui dire que Gaby a raison… » Il soupira et se leva, se disant qu’il ferait mieux de se préparer à partir. « On va faire en sorte de s’amuser, c’est tout ce qui compte, hermano ! »



***



Ce fut presque naturellement qu’ils se retrouvèrent dans la boîte de strip la plus exotique de la ville pour loucher sur des culs et des seins énormes, ce qu’ils adoraient tous les deux. Avec une bonne bouteille, ça passait toujours mieux et s’ils tentèrent d’y traîner Gabriele, il refusa en souriant, poliment, préférant retrouver sa femme et sans doute éviter une dispute. Pourquoi un homme se pointerait dans ce genre d’endroit alors qu’il était en ville avec sa femme ? Et pourquoi un homme marié se retrouverait à fréquenter un endroit pareil quand il estimait avoir tout ce dont il pouvait rêver chez lui ? Manuel soupira, gâchant tout seul son plaisir, perdant son sourire alors qu’il se demandait ce qu’elle faisait et si, au fond, tout ça servait à quoi que ce soit. Il aurait pu envisager d’en sauter une ou deux, juste pour profiter et de se défaire de cette frustration tenace mais il savait qu’elle ne disparaîtrait pas à force de coups de rein et de toute façon, ce serait trop dangereux. Il apprenait encore les rudiments de la fidélité et s’il avait le malheur de replonger, il ne pourrait plus revenir en arrière. « Je me pose exactement la même question depuis tout à l’heure, pourquoi ne pas le faire puisqu’elle va me casser les couilles avec ça ? Et puis je pense à toute la merde que ça va brasser et crois-moi, ça me calme. » Il n’avait pas toujours été aussi catégorique. Autrefois, il se disait qu’être l’homme d’une seule femme, c’était bon pour les vieux mais pas pour les hommes en pleine possession de leurs moyens. Mais pourquoi se perdre avec une autre quand il était déjà si compliqué d’en gérer une seule ? C’était une raison pour le faire ça, non ? Il commençait à être trop bourré et défoncé pour avoir un raisonnement logique. « Putain mais eux, ils me fatiguent ! Il est allé lui acheter des fleurs chaque jour depuis qu’on est là et il l’emmène dans un restaurant différent chaque jour et à se tripoter comme ça, ils me donnent envie de leur attacher les mains avec du scotch. » Les gens amoureux, quand vous étiez en pleine débâcle sentimentale, c’était à gerber. « Ne sois pas trop dur avec toi, Lucky ! Tu as fait ce qui te semblait bien sur le moment ! Tu ne peux pas deviner si elle ne te parle pas et elle ne l’a pas fait ! Mais ouais, peut-être qu’elle refoule et peut-être qu’elle est vraiment mal, faudrait essayer d’en discuter avec elle, calmement. Ca ne lui ressemble pas vraiment de faire garder le petit et de sortir comme une célibataire. »



Et ça ne ressemblait pas non plus à sa propre femme, maintenant qu’il abordait le sujet mais qu’est-ce qui pouvait la perturber au point qu’elle passe sa vie loin de lui ? Avait-il fait quelque chose qui… Choisir un mari à Bianca, ce qui le rendait insupportable, par la force des choses. Il soupira et se pinça l’arête du nez. « Si mais ma colère ne se dissipe pas, parce qu’elle m’accuse de tout, à chaque fois, alors que j’essaie de limiter la casse et putain, je ne voulais pas plus qu’elle que Bianca se marie… Et cette histoire de LA qui revient systématiquement sur le tapis, elle ne se rend même pas compte que ça me blesse, parce que j’ai l’impression de n’être qu’un gros con. J’ai pas besoin qu’elle me renvoie ça chaque fois qu’on se croise. Je commence à me demander si elle ne sortait pas autant pour éviter de me voir, justement. » Il invita Luciano à le suivre à l’extérieur et roula un joint dans l’entrée, en tira la première taffe avant de le tendre à son meilleur ami. « Ta femme est solide Lucky et le pire qu’elle ait vu est arrivé avant que vous ne vous mettiez ensemble, tu ne lui as apporté que du bon. N’en doute pas, essaie seulement de l’aider à faire son deuil et tu verras, tout ira pour le mieux ! » Il lui donna une petite tape dans le dos et alluma une cigarette pour l’échanger contre son joint. « Je me dis que j’espère qu’elle s’en veut et qu’elle n’en profite pas pour sortir encore plus, parce qu’alors, ça n’aura servi à rien mais pour le moment, je suis encore tellement en colère. J’espère seulement qu’elle va se rendre compte que ma colère n’est que le résultat de la manière dont elle me blesse depuis des semaines. Parfois, je me dis que la pire chose qui lui soit arrivée, c’est de tomber sur moi ! » Il ricana d’un rire sans joie qui lui brisa le cœur. C’était quelque chose qui lui venait souvent en tête, il avait abîmé une jeune femme innocente avec son âme d’une noirceur abyssale. Et si elle était malheureuse, il pouvait se dire merci. Ce mariage était peut-être la pire erreur de la vie de Cinzia, pour lui, ça n’avait été que bonheur et satisfaction mais elle n’avait rien en mains qui pouvait l’amener à penser la même chose. Absolument rien. « J’ai envie de voir personne. On devait acheter quelques bouteilles, prendre un stock de bouffe et faire la fête dans ma chambre d’hôtel, t’en penses quoi ? Si tu préfères aller jouer, alors on ira jouer ! » Il pouvait bien faire ça pour son frangin d’adoption. « Ouais, il paraît que c’est une figure centrale ici, alors je me dis qu’il pourra m’ouvrir tout un tas de portes, j’ai déjà pris du retard dans mes plans d’expansion, j’avais prévu que tout roule et pas que tout parte en couille à cause d’une pute qui se mettrait en tête qu’en tuant ma femme, elle me récupérerait. Tu vois, à la place de ta sœur, rien que pour ça, j’aurais demandé le divorce ! » Une dispute pareille et il repassait en revue toutes les fois où il avait merdé et ce n’était pas forcément très agréable. La conclusion était même terrifiante, il comprenait qu’elle lui en fasse baver, il ne méritait rien d’autre.



***



« Il réfléchit, je n’ai rien pu obtenir de plus et j’ai une putain de gueule de bois mon frère, laisse tomber ! » Il allait devoir manger comme un porc pour éponger l’alcool de la veille, il était prêt pour ce défi. « Je dois retourner à LA pour les affaires sur la côté Ouest, j’aimerais que ça prenne ici également, que j’ai quelque chose de concret à donner à mon père. Il me prépare un truc, je le sens. Ca va me tomber sur le coin de la gueule prochainement et j’aurais besoin que tu veilles sur ta sœur pour moi, pendant ce temps. Faudra que tu dédramatises au maximum ou elle va soit m’en vouloir, soit… Je ne sais pas. J’essaie de limiter la casse et il va me faire payer pour la perte du bébé et donc mon manque de prudence, pour mon kidnapping et j’en passe… Que je ne sache pas précisément ce qu’il veut faire avec Gaby, ça pue, ça veut dire qu’il m’en veut et personne n’a envie que Rafael Herrera lui en veuille pour quoi que ce soit ! » Il ricana nerveusement et récupéra son café qu’il but d’une traite. « Je devrais avoir une réponse dans la journée, je te dirai ce qu’il en est. Pour le studio, je sais que c’est bientôt la saison des récompenses et notre deuxième film va bientôt sortir, ce serait bien de se lancer à la conquête du marché. J’ai pas réussi à dormir cette nuit et j’ai pas mal cogité et mis en ordre toutes mes idées pour nos affaires, suffit de pas grand-chose. La rénovation de South Bronx est bientôt terminée, il va me falloir un nouveau projet d’envergure pour injecter mes fonds sans trop éveiller les soupçons. »






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Luciano Gambino
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La cruauté est essentielle si l’on veut conserver le pouvoir. Sans elle, on apparaît faible et les adversaires en profitent. Comme les chiens : celui qui aboie le plus fort devient le chef de meute. [Saviano]

MessageJeu 16 Fév - 23:31

 



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Contrairement aux apparences, je n’enfermai pas Lyla pour lui rappeler que JE commandais et qu’elle était donc soumise à mon autorité. Ça, ce n’était rien de plus que ce que mon égo beuglait pour ne pas admettre que j’étais mort de trouille. Je ne reconnaissais pas mon épouse. Elle n’avait plus rien de la jeune femme altruiste et bienveillante qui s’inquiétait et s’occupait de moi comme si sa propre vie en dépendait. Elle parlait peu, sortait beaucoup, ignorait son fils et ne manifestait que peu d’intérêt pour mon emploi du temps. Que je sois là ou non ne changeait pour elle strictement rien. Alors, naturellement, malgré cette immensité de confiance en moi, j’envisageai tout de même la possibilité qu’elle puisse chercher une bonne raison de me quitter. Je n’imaginais pas vraisemblable qu’elle puisse avoir rencontré quelqu’un d’autre. Elle serait perdante à tous points de vue. Il n’existait meilleur mari que moi et, qui plus est, les espèces aussi rancunières et radicales que moi étaient réputées rares. Alors, oui, peut-être m’étais-je mis dans mes torts. Peut-être avais-je tendu à mon épouse un bâton pour me battre ou pour se venger. Je prenais néanmoins le risque. « Je ne sais pas, mais je sais que celle qui vit chez moi et avec moi n’est pas ma femme. Elle a son visage, ses formes, son sourire, mais ce n’est pas elle. Et comme je ne connais pas cette fille-là, j’ai paré à toutes éventualités pour ne pas aggraver les choses. Je n’aurais jamais cru dire ça un jour, mais je me fous qu’elle me présente des excuses. Je me moque de me mettre en tort. Ce que je veux, c’est qu’elle parvienne à exprimer ce qui la transforme à ce point et qu’elle m’en parle. Et, si pour y arriver, je dois m’excuser moi-même, je le ferai. C’est la mère de mon fils et ma fierté ne va pas le nourrir et l’aider à grandir, si tu vois où je veux en venir. » Quiconque m’aurait connu avant ma paternité n’en reviendrait pas de tant de sagesse. Je me surpris moi-même tandis que les mots quittaient mes lèvres. « Et pour qu’elle m’en parle, il faut qu’elle réfléchisse, seule, loin de ses copines, loin de Cinzia, loin de son frère, loin de tout et de tout le monde. Je le fais pour son bien, tu sais. Je ne le fais pas pour moi, même si indirectement j’en profite. » admis-je alors qu’il était entendu que nous partirions bel et bien avec mon frère et son épouse. J’adorais Jez. Elle était intelligente, souriante – la plupart du temps – et charmante. Sa parole donnée, j’étais presque content qu’elle soit de la partie, mais toutes ses démonstrations dégoulinantes de bons sentiments et de mièvreries me tapèrent rapidement sur les nerfs. Le pire, c’était que Gaby faisait son jeu – à moins qu’il l’ait initié ? – à roucouler en permanence, à distribuer des baisers sur ses joues ou sur ses mains, à la couvrir de cadeaux et à se glisser des ‘’je t’aime, mon amour’’ à tout bout de champ. Il me donnait des envies de meurtres. J’aurais bien pressé leur visage l’un contre l’autre durant un baiser afin qu’ils meurent étouffés.

Alors que Mani et moi aurions pu nous amuser, enfin seuls, à draguer de la pétasse pour redorer le blason de notre pouvoir de séduction, ma femme m’obsédait. Que faisait-elle ? À quoi pensait-elle ? Entendait-elle mes intentions ? Me détestait-elle ? Préparait-elle ses valises dans l’unique but de partir dès que j’aurais poussé la porte de notre maison ? Toutes ces questions sans réponses étaient un réel frein à toute tentation. L’aurais-je souhaité que j’aurais été incapable d’écarter les cuisses d’une autre et je n’étais visiblement pas le seul. Mon meilleur ami n’était pas plus fringant que moi. Certes, nos histoires sont différentes, mais les faits n’en sont pas moins identiques. Nous nous efforcions d’être compréhensifs et à l’écoute des besoins de nos épouses, des besoins autres que celui de nous tourner autour perpétuellement. Et pour seuls remerciements, nous n’obtenions que complications, silence et reproches en tout genre. Nous baignions dans la mare poisseuse de l’injustice et ça nous frustrait terriblement. Mani plus que moi finalement. Les causes présumées du comportement de ma sœur, il la détestait autant qu’elle. Il n’en voulait pas du mariage de Bianca. La Cinzia était dès lors particulièrement dure avec lui. « Je comprends que ça te blesse. Un jour, j’ai ramené des fleurs à Lyla qui m’a accusé d’avoir recommencé. Depuis, elle n’a plus jamais reçu un bouquet et n’en recevra jamais plus d’ailleurs. Mais, je sais aussi que c’est moi qui ai provoqué ça chez elle. Est-ce que je peux lui en vouloir de se méfier ? La confiance, ça se gagne en se montrant irréprochable. On ne l’a pas été. Alors, ouais, ça dure et c’est blessant. Ça renvoie une putain d’image de nous, mais je me dis qu’on l’a peut-être cherché. Mais, ça ne doit pas entrer en ligne de compte pour déterminer si tu es fait pour elle ou non. Tu la rends plus heureuse qu’elle ne l’a jamais été. J’ai grandi en partie avec elle. Elle vivait dans un donjon. En lui cédant du terrain sur tes principes, tu lui as offert le monde, Manuel. » Toutes proportions gardées, bien entendu, mais pour une Sicilienne, travailler était un putain de privilège. « Alors, enlève-toi de la tête que tu as été la pire des choses qui lui soient arrivées. On sait très bien comment ça se serait terminé si tu étais resté dans l’anonymat. Elle aurait été mariée, de force, à on ne sait trop qui, en fonction des alliances de mon père. Là, elle a eu tout le loisir de tomber amoureuse de toi. Tu l’aimes aussi. Ça a été presque immédiat entre vous. Un  coup de foudre. Tu es et tu seras toujours ce qui lui est arrivé de mieux. Quant à Teresa, elle est la seule responsable. C’est elle qui a appuyé sur le champignon. C’est encore elle qui était dans la voiture. Tu ne peux pas te reprocher d’avoir eu une vie avant la Cinzia et encore moins la folie d’une salope. » Et moi, dans tout ça, moi, moi qui n’avais pas pu sauver sa sœur et été incapable d’éviter le kidnapping de mon épouse, je troquais peu à peu ma colère contre de la culpabilité. Sans alcool, un peu d’herbe et mon meilleur ami à mes côtés, j’aurais sans doute appelé ma femme pour prendre la température et confirmer mes certitudes. L’enfermement et mon indifférence lui délieraient bien la langue tôt ou tard, non ? Il le fallait ou je m’assurais des moments difficiles dont je n’avais pas besoin. « Ouais ! Tu as peut-être raison, oui. » soupirais-je sans plus me préoccuper des filles à moitié nues à l’intérieur de cette boîte de striptease. « On va s’arrêter prendre une bouteille et rentrer à l’hôtel. » Nous refîmes le monde une bonne partie de la nuit que nous occupâmes également en blagues ridicules destinées à perturber le couple amoureux – trop amoureux – qui nous accompagnait. C’était puéril, mais excessivement drôle et efficace.

Le lendemain, attaqué par une migraine, je traînassai au lit tandis que Manuel se rendait à une réunion « diplomatique. » Il reparut avec une gueule de déterrés, si bien que j’imaginai le pire, mais ce n’était que la conséquence de leur folle soirée. « Réfléchir, ça peut vouloir dire oui. Gaby en pense quoi ? » Je demeurai attentif malgré cette gueule de bois qui m’assommait. « Je veillerai sur elle, oui, mais…toi, ne dramatise pas. Je ne sais rien non plus, alors que mon père me tient au courant de presque tout… Peut-être que le secret n’a rien à voir avec toi. Peut-être qu’il essaie simplement de tester Gabriele. » Il était tellement réfractaire à l’idée d’entrer dans le moule de la famille Gambino que ce n’était pas idiot. « Bien que je t’accorde que les récents événements ne sont pas du genre réjouissant pour les hommes d’affaires qu’ils sont. » Bien plus souvent que pères d’ailleurs. « On devrait peut-être envisager de le proposer à des maisons de production à LA.  C’est florissant là-bas. Si tu dois y aller, autant en profiter. Cosa Nostra a des contacts dans le milieu du cinéma. Traditionnel, mais c’est un petit monde. Je devrais bien en trouver un capable de m’ouvrir une porte ou l’autre. On rentre, on règle les choses avec nos emmerdeuses et puis on s’organise ça. Ça marche ? » Une virée à LA, c’était toujours l’assurance de passer un bon moment, en particulier si les filles étaient avec nous. Nous aurions tout le loisir de lui rappeler combien nous les adorions, combien elles étaient les seules à compter, combien il n’était plus utile pour elle de se souvenir d’une expérience qui n’avait plus lieu d’être. J’aurais aimé que mon épouse ne l'oublie pas. Elle aurait évité de me vexer en me demandant combien de gonzesses j’avais sautées. Comme si j’en étais encore capable ? Sérieusement ? Je ne vivais et ne respirais que par ma femme. Ça se vérifia au retour de Chicago. Sa détresse était si envahissante que je renonçai à mon désir compulsif d’obtenir des excuses. J’en formulai le premier, pour l’avoir cloîtrée à l’appartement, mais je veillai surtout à ce qu’elle s’ouvre enfin à moi. Ça fonctionna plutôt bien. Nous avancions à nouveau dans une direction acceptable, roulant tout droit sur la route de nos vies, ce qui n’était pas vraiment le cas pour Manuel. Il fallut du temps à mon beau-frère et à la Maruzella pour trouver un terrain d’entente. Du moins était-ce ce que me rapporta Gabriele. Une mauvaise nouvelle me terrassa au point que je demeure informé dans le bureau de mon père, avec lui, à discuter d’une solution. Il n’y en avait aucune. Je le quittai dépité et, dans ces cas-là, je trouvais systématiquement le chemin de la maison de mon meilleur ami. Ce serait d’autant plus facile de m’épancher puisqu’il était déjà au courant. La Cinzia m’accueillit en me serrant si fort dans ses bras qu’elle manqua de me fêler une côte. Je l’embrassai sur le front avec émotion tandis qu’elle m’invitait à rejoindre son mari au jardin. Il était en prise avec cette serre qui avait raison de lui. Je la taquinai donc, le plus enthousiaste possible, mais le cœur n’y était pas vraiment. « Tu devrais abandonner ou faire appel à un jardinier. Une serre ! Qui aurait cru qu’un truc pareil résisterait au grand Manuel Herrera. » Je lui offris une accolade fraternelle et lui arrachai des mains son mode d’emploi.

J’avais besoin de m’occuper l’esprit, histoire de garder sous cloche ce qui m’agitait et que je gérais de moins en moins bien à mesure que les heures défilaient. « Je suis désolé de ne pas être venu plutôt, mais j’avais tout un tas de paperasses désagréables à remplir. Lyla m’a traîné chez un notaire. Ça a été le moment le plus pénible de mon existence. Je te jure, un passage à tabac est moins douloureux. » ricanais-je sans joie. Ce qui m’arrivait n’avait strictement rien d’amusant, mais je m’efforçais de dédramatiser pour le bien de mon épouse. J’en oubliai qu’ici, dans cette maison, j’étais libre d’exprimer mes émotions. « Ça va vous deux ? Ta santé ? » m’attardais-je néanmoins en politesse avant d’en venir au fait. « Lyla est chez ses parents. Elle veut régler les choses pour partir tranquille. J’ai préféré passer ici. J’n’ai pas envie de lire l’inquiétude sur leur visage quand elle leur annoncera. J’ai déjà bien assez avec la mienne. Je suis tellement en colère en plus. Ça aurait pu dégénérer et elle n’a pas besoin de ça. À quoi ça sert d’être le fils d’Ettore Gambino si je ne peux pas empêcher ça ? Il dirige la moitié de la ville, il a plus d’influence que le maire lui-même et il n’arrive pas à trouver de solutions. Ça me fout les boules et ça alimente ma paranoïa. J’ai un putain de mauvais pressentiment. J’ai peur qu’elle ne revienne pas ou qu’elle ne soit plus tout à fait la même et que ça nous impacte. » C’était la part égoïste de ma personnalité qui parlait, mais qui pourrait m’en blâmer ? « Et puis, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire sans elle ? Je ne suis pas armé pour m’occuper d’un même sans sa mère. » admis-je ensuite dans un soupir plein de désespoir. « J’avais pris rendez-vous avec le type d’Hollywood pour la semaine prochaine. Qu’est-ce que tu veux que j’y aille ? Je vais faire quoi de mon gamin ? Je ne peux pas le déposer chez ma mère. C’est devenu une vraie fontaine. Et, je ne peux pas te demander de laisser Cinzia ici. Vous avez traversé des moments difficiles, c’n’est peut-être même pas réparé encore. Elle le vivrait trop mal si tu partais à LA sans elle. » Pour tout ce que ça réveillait en mauvais souvenir chez elle et je comprenais parfaitement. « J’ai déjà l’impression que ma vie est mise entre parenthèses qu’elle n’est pas encore partie. Et, c’n’est pas ça le plus douloureux, tu sais. Ce qui me fout en l’air, c’est de me rendre compte qu’elle est mon essence et que si elle n’est pas là, mon moteur va tomber en panne. J’n’avais pas conscience qu’elle me tenait autant par les couilles avant ça. Je ne sais pas si c’est grave. Je sais juste qu’il ne faut pas que ça change ou on ne se relèvera jamais de cette épreuve si c’était le cas et que ça me fait l’effet d’être… d’être… une couille molle. » Je noyai le poisson de ma peine en lui donnant quelques instructions pour monter sa serre, mais je ne l’y trompai pas vraiment, car il déposa son bout de ferrailles pour me tendre son joint. « Si tu as une expédition punitive à mener prochainement, j’en serai, Manuel. J’ai au moins besoin de ça ou je vais devenir complètement fou. »









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“Vos parents vous ont souvent dit de ne pas jouer avec moi. Je suis la contradiction. Je suis le feu de sang-froid. Toujours avec le sourire, toujours avec les brûlures, tous les jours à quelques centimètres de la rupture. Petit sauvage est né dans la jungle de béton. Il y a les rêves que l'on fait. Il y a les rêves qui nous font. ”

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Manuel Herrera
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MessageJeu 23 Fév - 12:27

 



brillando en la oscuridad

ft el hermano




S’il entendait quoi que ce soit aux raisons de Lucky ? Bien entendu ! Ils étaient meilleurs amis, ce n’était pas par hasard, il avait parfois l’impression de partager le même cerveau avec lui. Il semblait logique qu’il ait tenu à prendre un risque pareil en enfermant Lyla chez eux s’il avait l’impression de ne plus avoir le moindre contrôle sur la situation. C’était une réponse logique de la part d’hommes comme eux, il n’aurait pu en être autrement. Cependant, il doutait que ça fasse réfléchir Lyla, il était certain que le sicilien rentrerait et la trouverait plus en rage que lorsqu’il était parti. Si Lyla et Cinzia s’entendaient comme larrons en foire et étaient semblables sur bien des points, elles ne réagissaient pas du tout de la même façon aux mêmes événements mais leurs craintes n’étaient pas les mêmes, pas plus que leur passé. Il se garda bien de jouer les oiseaux de mauvaise augure en alarmant Lucky mais il ne faisait aucun doute que ce ne serait pas vraiment facile pour lui de faire un retour fracassant chez lui. De son côté, le salvadorien espérait que Cinzia aurait pris la peine de réfléchir et d’arrêter de se monter des films sur comment il la trompait sans vergogne. Il était fatigué de se justifier, il détestait ça. C’était le genre de torture psychologique que son père lui faisait subir et ça l’insupportait au plus haut point. On pouvait remettre en question sa moralité mais certainement pas ses promesses et ses engagements. Il lui avait promis qu’il se tiendrait à carreau, il n’y avait pas de raisons de douter de sa parole. Lui avait-il déjà donné une bonne raison de douter ? Il ne put réprimer un éclat de rire à l’anecdote de Luciano. Il imaginait la scène et ça n’était que plus hilarant mais il en était là, avec Cinzia. « On a fait un écart, une fois et on va nous le ressortir à chaque fois ? Quand on voudra pas sortir la poubelle ou bien se farcir un repas avec unetelle ou untel qu’elle n’aura pas vu depuis mille ans ? Faut pas déconner ! On n’était pas mariés, on s’est excusés, faut passer à autre chose ! C’était une pipe en plus, putain… Je me sens persécuté et accusé à tort et ça commence à me rendre fou ! Tout prétexte est bon pour qu’elle me le ressorte, moi ça m’use ! » Il n’était pas de mauvaise foi, il ne niait pas qu’il avait merdé mais ce n’était pas en lui jetant son erreur perpétuellement au visage que ça changerait quoi que ce soit au passé. « Je ne sais pas, frère, je regarde tout ça et je me dis qu’elle aurait sans doute moins souffert avec quelqu’un d’autre. On n’est pas là pour leur rendre la vie impossible mais pour améliorer leur existence et leur apporter un peu plus de bonheur qu’elles ne peuvent avoir toutes seules. Et j’ai l’impression de faire tout le contraire. » Et lui offrir la possibilité de bosser après l’avoir privé de ses plans de carrière dans le journalisme, ce n’était franchement pas le Pérou. Elle avait l’air si malheureuse avec lui parfois, notamment dans ces moments où elle croyait dur comme fer qu’il pourrait la trahir à nouveau. Elle ne s’en rendait pas compte mais elle faisait peser sur ses épaules une nécessité de perfection qu’il gérait mal.


Il crut, comme son meilleur ami, qu’il pourrait tout régler une fois rentré mais ce fut pire, il y eut une gradation dans l’horreur jusqu’au point culminant qui lui fit l’effet d’une douche froide. Il ne se pardonnait déjà pas grand-chose mais il eut un mal fou à avaler les faits. Il aurait pu lui faire tellement de mal, il ne voyait pas ce qu’il n’avait pas fait mais tout ce qu’il eut envie de faire tandis qu’elle le provoquait et qu’il répondait de la façon la plus stupide et instinctive qui soit. Il aurait largement préféré préparer leur voyage à Los Angeles pour promouvoir ce nouveau film et bosser sur de nouveaux projets de business, histoire d’étendre son domaine d’activité. Au lieu de ça, il errait comme une âme en peine et essayait de convaincre sa femme de prendre ses jambes à son cou. Il passait beaucoup de temps au Gato Negro pour le travail et voyait régulièrement Gabriele pour ce projet à Chicago. Il évitait d’inviter le couple Gabriele Gambino, sachant qu’il ne supporterait pas de les voir roucouler alors qu’il traversait une période difficile dont il ne savait pas vraiment comment sortir. Il n’arrivait pas à se pardonner et commençait à se demander si Cinzia n’avait pas raison de se méfier de lui et de ce qu’il était capable de faire malgré ce qu’il avait pu promettre. Heureusement, une conversation plus ou moins animée plus tard et une grippe carabinée par-dessus le marché eurent raison de ses réticences. Il ne se pardonna pas vraiment, parce qu’il n’y avait aucune excuse pour ce genre de comportement mais il acceptait de se détester tant qu’elle compensait avec l’amour qu’elle pouvait lui donner. Après des jours gaspillés dans le fond de son lit à lutter avec la fièvre et les courbatures, il fut heureux de pouvoir bouger à nouveau et en profita pour aller se vider la tête dans le jardin et tenter de mettre sur pied cette putain de serre qui refusait de se soumettre. Il était sur le dossier depuis des mois maintenant et abandonnait à chaque fois avec la furieuse envie d’y foutre le feu. Il pouvait sentir qu’ils se préparaient des semaines voire des mois difficiles depuis que la nouvelle du départ de Lyla était tombée. Il avait plus que jamais besoin de se détendre et de se vider l’esprit pour être capable d’aider au mieux Luciano. Ca allait être difficile pour tout le monde mais surtout pour lui. Il se mettait aisément à sa place et il pouvait affirmer avec certitude que si sa femme était envoyée à l’autre bout du monde, loin de lui et sans certitude de revenir, il n’aurait jamais été capable de la laisser partir.


« Cette salope refuse de se plier comme sur le mode d’emploi, je suis retourné au magasin pour leur dire qu’il y avait peut-être un souci de malfaçon et ils m’en ont donné une autre, le même problème se pose, je crois que c’est de moi que vient la malfaçon ! » Il ricana et serra le sicilien dans ses bras, lui tapota le dos avant de le relâcher et de le laisser disposer du mode d’emploi tandis qu’il secouait le voile de la serre et tentait de trouver un sens à tout ça. « Je vais la monter tout seul, si je fais appel à quelqu’un, ce sera un échec et les échecs, j’aime pas ça ! » Et c’était un putain de trucs que des tas de débiles montaient sans trop de mal, alors pourquoi pas lui ? « T’excuse pas, ‘mano, ça va, y a pas mort d’homme ! Je vois pas ce qu’un notaire pourrait faire pour vous, elle n’a pas de patrimoine, si ? » Il n’était pas très branché paperasse, il avait tout un tas d’employés qui s’occupaient de ça pour lui, à part la comptabilité, il ne fallait pas lui parler du reste, ça lui collait une putain d’angoisse de compétition. « Ca va, on a essayé de régler le truc et ça a failli mal tourner, je ne te le cache pas mais ça va. J’ai eu la grippe, pendant deux semaines ! Forme virulente du virus ! J’ai cru que j’allais crever ! Putain de pays de cons, j’étais jamais malade avant ! Mais ta sœur a bien aidé, heureusement que je l’ai ! » Il esquissa un petit sourire et se garda bien d’en rajouter une couche, son meilleur ami allait regarder sa femme partir à l’autre bout du monde, loin de lui et de toute la protection qu’il pouvait lui garantir, il n’avait pas besoin d’entendre la moindre déclaration d’amour. « Ton père va bien finir par trouver une solution mais l’armée, c’est pas évident, faut du temps et vous en manquiez mais relax, Lucky, je suis certain qu’une solution va arriver, ne te rends pas malade, ok ? Et puis son premier service a fait d’elle ce qu’elle et c’est comme ça que tu l’aimes, pas vrai ? Alors elle ne peut te donner que plus de raisons de l’aimer en revenant ! Ca va aller, j’en suis sûr ! » En réalité, ça pouvait tourner si mal en un temps record et elle devait le savoir, sinon elle n’aurait jamais pris la peine d’aller voir ses parents pour tenter de renouer et leur pardonner. Peut-être qu’elle sentait que cette mission serait la dernière et qu’elle avait besoin de mettre ses affaires en ordre. C’était horrible et il ne voulait pas attirer le mauvais œil sur la famille de son quasi frère, il préféra penser à autre chose et ne surtout pas nourrir les craintes et la paranoïa de son interlocuteur.



« Sinon, on peut partir tous ensemble à LA avec le petit, Cin s’en occupera pendant qu’on gère nos affaires. Ca fera du bien à tout le monde et puis le petit sentira pas trop le départ de sa mère. Tu en penses quoi ? Ca te changera les idées, Luciano ! » C’était peut-être un peu risqué, il cèderait peut-être à toutes les tentations pour faire passer son sentiment d’abandon mais Manuel se promit de veiller sur lui et de l’empêcher de faire quoi que ce soit qu’il pourrait regretter. Le salvadorien rit de bon cœur quand il lui parla de ce qu’il ressentait et qu’il se sentait mal de donner autant d’importance à sa femme. « Bienvenu au club, frère ! T’es pas une couille molle, t’as une famille et tu y tiens, y a rien de mal à ça ! Mais faut pas te rendre malade ! Déjà, on en est tous là et puis, Lyla est une fille solide. Elle est revenue une fois, c’était la seule survivante, crois-moi, de là-haut, quelqu’un veille sur elle et à mon avis il ne la lâchera pas de sitôt ! Elle va revenir, y a personne qui pourrait l’empêcher de revenir pour toi et le petit, crois-moi ! » Et elle avait plutôt intérêt ou bien il faudrait plus qu’une petite cuillère pour ramasser son meilleur ami. Il n’était pas prêt à perdre sa femme, comme lui, il s’engageait pour la première fois et perdre tout ça à cause de la décision d’un autre, ce serait une grande claque en pleine gueule. « On verra ce qu’on peut faire pour ça mais je te propose déjà de m’aider à monter cette putain de serrer et à planter mes putains de légumes ! On verra pour aller péter des genoux un peu plus tard. Tu sais quoi, mangez ici ce soir. Ok ? Ca fera plaisir à Cinzia ! »


***



Il finit par venir s’installer chez eux, il avait ses raisons mais ça rassurait tout le monde et il était près de son fils, surtout. Mani pouvait garder un œil sur lui et s’assurer qu’il ne pétait pas une durite, même s’il avait toutes les raisons du monde de le faire. Ils passaient un maximum de temps ensemble, Mani lui proposant systématiquement de l’accompagner, où qu’il aille et quoi qu’il fasse. Les semaines passaient et Lyla ne donnait toujours aucune nouvelle et il suffisait de poser les yeux sur le visage de son mari pour le savoir. « Je dois passer au magasin pour acheter tout un tas de conneries de jardinage, viens avec moi ! Et puis on pourra aller au restaurant tous ensemble ce soir, quand on aura trouvé de quoi embellir mon jardin ! Ouais, bêcher, ça défoule, avoue que tu adores ça ! Avoue que tu penses à t’acheter une serre ! » Il ne lui laissa pas vraiment le choix, il lui tendait déjà sa veste et il le poussa doucement mais sûrement dans la voiture. « On va en profiter pour aller acheter quelques trucs pour que tu puisses continuer à faire tes pâtisseries. C’était vachement cool, je savais pas que tu faisais ça, ça te dirait pas de t’installer chez nous pour me nourrir ? » Il éclata de rire, essayant de détendre l’atmosphère et de ne surtout pas lui demander comment il allait, tout le monde le faisait, il devait être fatigué !





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mundo pequeño y es así

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Criado y educado por la calle claro esta.
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