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Sam Haynes
LILAS

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❖ AVATAR : Tom Hardy.



MessageVen 26 Aoû - 8:15


La journée avait à peine débutée, et ils n'avaient pas encore été appelés pour un quelconque accident - et tant qu'ils n'étaient pas voulus et attendus quelque part, ils prenaient souvent le temps de boire un café tout en vérifiant le matériel nécessaire à leurs déplacements. Il arrivait parfois qu'ils ne se déplacent que deux ou trois fois dans la journée, mais ces jours-là étaient tellement rares qu'il leur fallait s'assurer d'avoir de quoi faire pour au moins quatre jours. Tout pouvait arriver dans la vie - et très souvent, plus souvent qu'on ne le pensait, c'était négatif. Combien d'horreurs avaient-ils vus depuis qu'ils exerçaient ? Beaucoup trop. Combien d'accidents par jour avaient-ils rejoint depuis qu'ils exerçaient ? Il avait arrêté de compter au bout de troisième jour. Leur vie ne tenait qu'à un fil, à tous, et si cela n'avait pas suffit Sam profitait d'autant plus de ce que la sienne avait à lui offrir. " Je ne sais pas pourquoi tu adores débarquer chez moi au petit matin, donuts et café en mains, quand je suis en compagnie d'une jolie femme. Vraiment, je ne sais pas, " dit-il, sarcastique et ironique. Bien évidemment, il savait qu'elle y trouvait de l'amusement. Qu'elle s'amusait de la réaction de la jeune femme dans son lit. Il ne lui en tenait pas rigueur car, habituellement, les jeunes femmes ne restaient qu'une seule nuit et cela lui convenait. Il n'arrivait pas à se caser, il n'arrivait pas à envisager de relation sérieuse. Il n'avait pu l'envisager qu'avec Mia - mais même là, il savait au fond de lui que ça ne marcherait pas. Plus jeune, il avait pensé y arriver avec Victoria - et il se demandait souvent si cela aurait pu être le cas si elle avait été quelqu'un d'autre qu'une Canjura. Mais avec des "si", on allait partout et on n'allait nulle part. " Je dois avouer cela dit que c'était plutôt drôle de la voir sortir du lit, outrée et totalement nue, te hurlant dessus comme une furie : non mais qu'est-ce qu'elle fout là celle-ci ?! Tu te prends pour qui, connasse ?! Sérieusement, mais vous êtes des malades ! - Ouais... j'avoue, c'était un spectacle de toute beauté, " continue-t-il en farfouillant dans son sac de secours et énumérant mentalement tout son matériel afin d'être sûr qu'il ne lui manquerait rien. Il avait vérifié la veille et une fois encore en arrivant quelques minutes plus tôt - mais il était perfectionniste et ne voulait prendre aucun risque. Il allait enchaîner sur la suite, quand l'alarme retentit, annonçant une urgence dans le Bronx, près d'un supermarché. Dans ces moments-là, ils ne réfléchissent pas cent ans et referment leurs affaires, se lancent un regard, prennent leur café et grimpent dans le camion. Généralement, ils alternent les tours de conduite - et c'est au tour de Sam aujourd'hui. " Accroche-toi, je suis en forme et je compte bien appuyer sur la pédale. J'ai passé une merveilleuse nuit qui m'a détendu et m'a fait un bien fou, " dit-il en lui lançant un clin d'oeil, ignorant quant aux effets que cela peut avoir sur la jeune femme.

Sam est drôle. Intelligent. Amusant. Charmeur. Il ne se prend pas la tête et vit à fond. Il est curieux. Il est attachant. Il est loyal. Mais il peut être également complètement idiot et aveugle. A ses yeux, Holly est CELLE qu'il n'aura jamais. Celle qui ne partagera jamais les sentiments qu'il a pu éprouver pour elle - car il tente depuis des années de les refouler et de les ignorer, et il est persuadé d'y arriver royalement. Elle est intouchable. Holly, c'est sa meilleure amie. Celle qui l'a vu pleurer, être malade comme un chien, vomir - malade ou lors d'un lendemain de cuite, et ça ils en ont connu bien des masses. C'est celle qui le connait par coeur et l'accepte et l'aime comme il est. Il ne l'aime pas moins, et ne la respecte pas moins. " Comment ça se fait d'ailleurs que tu sois venue si tôt chez moi ce matin ? Tu n'étais pas avec... avec... " dit-il, faisant celui qui cherche alors qu'il sait parfaitement. " Avec le grand nigaud ? " termine-t-il, souriant. Il n'aime pas le copain de Holly. Il n'aimait pas celui d'avant. Ni celui d'avant. Il n'aime pas ceux qui sont passés dans son lit. Il les trouve nuls, ringards, indignes d'elle. Aucun n'est assez bon à ses yeux - et pour cause : elle n'est faite pour personne d'autre que lui. Il comprend son désir d'indépendance et sa vision de la vie : en profiter sans prise de tête, mais il ne peut s'empêcher de détester la voir avec ces hommes. Imbécile. " On arrive, " annonce-t-il quelques minutes plus tard. Certaines personnes sont présentes, intriguées et légèrement terrifiées. Il évalue la situation en quelques regards et entend pour la première fois l'homme, à l'origine de l'appel de secours.

" J' vouz dis d'pas m'abbrocher ! " entend-on à l'intérieur du supermarché. Un homme saoul, de toute évidence. Ou une personne aux capacités mentales plutôt réduites. " Hdilf vous jdfjjg foutre ! " Sam descend du camion et se dirige à l'arrière, tout comme Holly. Ils échangent un regard avant d'ouvrir la portière et de récupérer les sacs avant de se diriger à l'intérieur vers les cris. " Bonjour tout le monde, nous avons reçu un appel, dites-nous ce qu'il se passe. Quelqu'un a besoin d'aide ? " s'enquérit-il en observant toutes les personnes présentes. Certains sont choqués. D'autres énervés. Une jeune femme apeurée lève le doigt vers la caisse, les larmes aux yeux. Il pose le regard sur l'homme à l'origine de tout ce bordel, et ne le lâche plus des yeux. " Holly, va voir derrière la caisse, j'imagine que c'est le responsable et qu'il doit avoir besoin de soins. Je gère Monsieur, " pour ne pas dire "l'autre enfoiré". " t'vas où, s'lope ! Laiz-le pourrir tranquille ! " que l'homme hurle en se jetant sur Holly avant qu'elle ne parvienne à contourner la caisse. Tout se passe à une allure bien trop vive pour que Sam n'empêche l'ivrogne d'attraper la jeune femme - et il voit rouge.

On ne touche pas à Holly.

Il dépose son sac et attrape le bras du soulard qui, sous l'effet de l'alcool, titube légèrement mais reste ferme. " Lâchez-là, Monsieur, " dit-il simplement, d'une voix calme mais remplie de menaces. " Lâchez-là, immédiatement. Ne me forcez pas à me répéter, " ajoute-t-il. Il se doit d'être calme et professionnel. En-dehors de ses fonctions, il n'aurait pas hésité à user de son poing pour le maîtriser, mais il était encore parfaitement conscient que le moindre geste déplacé lui vaudrait une suspension. " Hdilf vous jdfjjg foutre ! " répond l'homme tout en essayant de balancer son poing dans la gueule de Sam - mais heurtant Holly à la place.


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il en faut peu pour être heureux
Vraiment très peu pour être heureux. Il faut se satisfaire du nécessaire. Un peu d'eau fraîche et de verdure que nous prodigue la nature, quelques rayons de miel et de soleil.  ©️ by anaëlle.

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MessageSam 27 Aoû - 8:43

Bon sang de bonsoir, je suis de trop bonne humeur ce matin. Je me suis réveillée, j’avais le smile et j’ai fait la connerie de me tourner sur le côté droit. Oh mon dieu. Un homme. Bordel de merde. Bon. Je la refais. Bon sang de bonsoir, je suis de trop bonne humeur ce matin. Je me suis réveillée, j’avais le smile et heureusement pour moi, j’ai ouvert les yeux et me suis trouvée face contre le côté gauche. Sans vue masculine. Ce qui en soi n’est pas forcément une vue désagréable. Mais bon, moi les réveils matinaux en couple, ce n’est pas mon truc. Je trouve ça niais, trop romantique ou alors, il faudrait que ce soit avec Sam. Mais bon Sam… C’est Sam. Et on n’y touche pas. Vingt ans d’amour pour un même homme et il n’a jamais rien compris cette tête de gland. Pourtant, le fait de me rappeler ce détail fâcheux n’entache en rien ma bonne humeur. Je suis heureuse de me lever et encore plus en pensant à mon meilleur ami. C’est suffisant pour que je m’extirpe du lit doucement, ramassant ma nuisette traînant non loin que j’enfile à la vite tout en fonçant dans la salle de bain. Une douche, je me prépare et je me coiffe. Puis, une fois que j’ai terminé, je sors de nouveau silencieusement pour ne pas éveiller mon mec. C’est à ce moment où je récupère mon sac à main que je vois l’heure. Ah ouais quand même. C’est un peu tôt. Il me reste encore deux bonnes heures avant de commencer. Mais qu’à cela n’en tienne, je me décide à faire ce que je kiffe le plus : réveiller Sam. Alors sans bruit, sans poutoux, ni claques sur les fesses, je quitte l’appartement en verrouillant la porte. Et je me retrouve très vite, dehors, devant le perron de mon immeuble. Je salue la fleuriste en train d’ouvrir, je vois aussi le laitier pas loin. Ah mon dieu, mais comme j’aime ma ville, mon quartier, c’est tellement vivant et je suis tel un petit papillon qui virevolte. Il s’arrête d’abord devant ce vendeur ambulant de café. Je lui en prends deux ainsi que deux donuts. Et c’est ainsi paré de mes armes redoutables que je me rends chez mon meilleur ami. Il ne m’a pas envoyé de texto de bonne nuit hier, c’est donc qu’il a dormi tard. Etant donné qu’il ne fait pas la fête – sous risque de peine de mort violente – sans moi, il a dû donc se taper une fille. Et ce que j’aime le plus, c’est aller le réveiller et foutre la fille dehors. Moi, folle ? Jamais. Amoureuse, oui. Et psychopathe mais c’est pas le but du sujet.
***

« Tu me connais Sam, j’aime me la jouer originale ! » Je lui réponds dans un grand éclat de rire. Passé le réveil et la vision délicieuse du postérieur de mon meilleur ami, on n’a pas cessé d’en parler et d’en rire. Quiconque nous verrait d’un point de vue extérieur, se dirait que nous sommes complètement cons. Mais dans le fond, je crois qu’on se moque bien de l’avis des autres. « Je serais incapable de t’expliquer pourquoi j’aime ça. J’sais pas, p’t’être parce qu’elles vont faire des têtes bizarres. Et s’énerver. Tu sais que ta pétasse de ce matin, elle louchait quand elle me parlait. Franchement, j’sais pas comment tu les sélectionnes.  » Je pose ma main sur ma joue et secoue la tête légèrement avec un air faussement blasé. « Pauvre enfant. » Mais je ne garde pas cet air longtemps que j’explose de rire. Rire qui est de courte durée lorsque nous avons une alerte. Ni une, ni deux, je saisis mon sac et grimpe du côté passager. Je mets la ceinture de sécurité parce que Sam roule toujours comme un fou. « C’est parti mon kiki… » Je souffle avec un petit sourire. L’allusion de Sam sur la vitesse/nuit/folie me fait sourire. « Et puis tu as droit à un donut et un café espèce de gros patapouf ! » Je lui dis tout en tirant la langue.
Et nous démarrons vers le lieu de l’urgence se trouvant au supermarché.

Une fois sur place, nous analysons la situation assez rapidement. Il s’agit surtout d’un homme complètement pété qui parle mais donc on ne comprend pas ce qu’il essaye de dire. Je lève les yeux au ciel et marmonne : « Est-ce vraiment une heure pour boire ? » Je pose mon sac et me dirige vers l’homme en levant les mains en l’air en signe d’apaisement. « Monsieur, je vais vous demander de vous calmer. » Je lui dis calmement. Il me répond quelque chose mais je ne parle pas le langage bourré en n’étant pas bourrée. « J’vous comprends pas là. » Mon air blasé suffit à caractériser mon incompréhension. Non mais les gens d’aujourd’hui… Je vous jure… C’est affreux. Sam me demande d’aller voir derrière la caisse et je hoche la tête avant de faire ce qu’il me dit. Mais je n’ai pas le temps de faire plus que l’autre alcoolo me fonce dessus et me chope par derrière. « MAIS LACHEZ-MOI ! » Je braille tandis qu’il me hurle à l’oreille des paroles incompréhensibles tout en me soufflant une haleine plus que puante. « Monsieur vous puez ! » J’ajoute même si je pense que ce n’est pas ce qu’il y a de mieux à faire. Sam est là et semble voir rouge. Il tire une tête. On dirait qu’il va tuer l’autre. D’ailleurs, il lui demande de me lâcher. Et je le trouve terriblement sexy. C’est comme dans les films d’ailleurs, je pourrais lui sauter dans les bras et tout. Sauf que l’alcoolique se décide à lui répondre tout en enserrant sa prise sur moi. Je ne comprends que son dernier mot et mon visage s’éclaire : « Ah il a voulu dire « va te faire foutre » je suis trop… AAAAIEUUUUUH !!! » Je m’exclame soudain lorsqu’il tente de frapper Sam mais me frappe moi. C’est suffisant pour que je me dégage tout en posant la main sur ma joue douloureuse. « ÇA VA PAS LA TÊTE ESPECE DE GLAND ! » Je m’énerve tout en lui claquant une gifle retentissante. Il ne se calme pas comme je le pensais mais au contraire, il s’énerve tellement à gesticuler dans tous les sens que je pousse un cri apeuré et trottine pour me mettre derrière Sam. Derrière lui, mes lèvres près de son oreille, je bredouille : « Bon, je vais m’occuper du responsable. Euh… Salut ! » Dis-je avant de tourner les talons et d’aller vers la caisse. Il y a effectivement le pauvre homme et il a une vilaine entaille sur le front. Des badauds sont autour de lui et s’écartent pour me laisser passer. « Salut, je suis Holly t je vais m’occuper de vous ! » Je lui dis avec un grand sourire tout en ouvrant mon sac. Je sors des compresses, de l’eau oxygénée et je lui demande avec quoi il l’a frappé. Le pauvre homme me répond qu’il lui a tapé la tête avec une bouteille de vin. « D’accord. Bon serrez les fesses, ça va piquer. » J’ajoute tout en posant la compresse pour nettoyer la plaie et aviser de la profondeur. Peut-être il a besoin de soins ou d’un simple pansement. Pendant ce temps, je m’inquiète pour Sam : « Hey Sam, t’as besoin que j’appelle les flics ou tu maitrises ? » Je dis en sortant juste ma tête au-dessus des caisses pour observer Sam, mon preux et sexy chevalier.
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Sam Haynes
LILAS

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MessageLun 29 Aoû - 8:40


Depuis des années qu’ils exerçaient l’un et l’autre ce métier, ils avaient pu vivre des situations frisant l’hilarité ou la folie. Ils avaient l’habitude des patients difficiles à traiter – qu’ils soient saoule ou simplement aveuglés par la colère – ou grièvement blessés et plaçant leurs vies entre leurs mains, ils avaient été préparés et endurcis à toutes épreuves. Sam ne prétendra jamais ne plus avoir peur, car la peur était nécessaire pour faire du bon boulot, elle donnait des forces et l’adrénaline suffisante pour rendre leur travail intense en émotions. Le plus difficile était de contrôler cette peur pour ne pas la laisser prendre le dessus, et c’était là la complexité de leur travail – le moindre stress et la moindre erreur pouvait être fatal. Ils étaient chanceux de pouvoir travailler ensemble – non seulement ils faisaient une excellente équipe dans la vie de tous les jours depuis leurs dix ans, mais ils se connaissaient tellement que sur le plan professionnel, ça roulait comme sur des roulettes. Pourtant, au tout début leur chef était sceptique quant à les laisser bosser ensemble. Il n’était pas forcément à l’aise de leur complicité – c’est que ça pouvait mal se passer sur le terrain, et si l’un était en danger, et si l’autre était impliqué et le meilleur pour la fin, et s’ils tombaient amoureux ? Ils avaient ri après un moment d’hésitation. Impensable. Impensable. Le fait est qu’on avait vite compris qu’ils étaient professionnels aussi sûrement qu’ils étaient meilleurs amis. Aussi pouvaient-ils tout se permettre l’un avec l’autre, le bon comme le mauvais. « Et si elle avait été LA femme de ma vie, huh ? Si elle était la future mère de mes enfants ? Si elle avait été la seule à pouvoir me supporter toute une vie ? » tentait-il de la culpabiliser. Sans y croire. Si cela avait été le cas, ce fut la jolie brune qui se serait réveillée à ses côtés. Mais cela, il le garde soigneusement pour lui. Il ne peut s’empêcher de rire en entendant la critique de Holly concernant la jolie blonde partie telle une furie quelques heures plus tôt. « Tu devrais le savoir depuis le temps, je les aime endurante, sexy et délurée. Et si possible, » ajoute-t-il un sourire en coin, « peu farouche ». Il aimait voir Holly réagir aussi jalousement, même si elle prétendrait sans doute le contraire. Parfois, il avait l’impression que la jeune femme détestait autant ses conquêtes que lui pouvait haïr les hommes qui entraient dans sa vie. Parfois, cela lui donnait l’envie de tout lui dire et tout lui confier. Mais il finissait toujours par se dégonfler, trouvant excuses après excuses pour ne rien lui révéler. Après tout, Holly était le genre de femmes à savoir ce qu’elle voulait et à de donner les moyens pour l’obtenir. Si elle avait partagé ses sentiments, elle n’aurait jamais attendu aussi longtemps. Non ? Avant de pouvoir réfléchir plus à même à cette idée, le travail les rappelait à l’ordre et il engouffra le donut avec gourmandise dans sa bouche avec un sourire béat et les jours gonflées grossièrement pour la remercier. « Tu trouves que j’ai grossi ? Parce qu’on m’a fait la remarque l’autre soir au Gato, et j’avoue que y a certains pantalons que j’ai du mal à fermer depuis quelques jours. .. » Loin de se prendre la tête ou de paniquer à l’idée de prendre du poids, il ne laisse aucune miette de son petit déjeuner. « Toi en revanche, t’as l’air d’avoir maigri… qu’est-ce qui se passe, tu as l’appétit d’un ours d’habitude, y a de l’eau dans le gaz ? » demande-t-il, inquiet et en même temps avec espoir. Car rien ne lui ferait plus plaisir que d'apprendre qu'Holly et son "petit ami" se séparaient. Mais cela aussi, il le garde pour lui.

Ce n’était pas comme s’ils n’avaient pas déjà traité ce genre de cas auparavant. Les ivrognes, ils connaissaient, et que trop bien d’ailleurs. Sam avait beau adorer faire la fête jusqu’à plus soif, il ne comprendrait jamais comment on pouvait finir autant au fond du trou. Il n’avait pas à comprendre cependant, il gardait bien pour lui ses préjugés, il était là pour aider – même si le type en question lui donnait envie de lui foutre son poing dans la gueule. Sam n’était pas quelqu’un de violent – sauf si on l’y poussait. Et il fallait pousser fort pour que ça arrive. En l’occurrence, le fait de s’en prendre à sa partenaire. « J’vous comprends pas là, » continue Holly, et il aurait sans doute pu rire dans d’autres circonstances devant son air ahuri et blasé. « Il n’y a rien à comprendre, ma belle, il a bu et il a la haine contre tout le monde, » dit Sam en posant son sac à terre, afin d’être plus à l’aise pour le maîtriser – il avait beau fait deux fois son poids, il ne fallait jamais sous-estimer la force d’un saoulard. La peur et la douleur, ils ne connaissaient pas sous l’influence de l’alcool. « Monsieur, vous puez ! » que crie Holly tandis qu’il tente de faire lâcher prise à « pue-merde ». La scène aurait pu être comique – aurait pu seulement – ils en rigoleraient sans doute plus tard, d’ailleurs Holly semblait plutôt prendre tout ça dans ce sens, mais lorsqu’elle reçu le coup à sa place, il sentit la colère monter et crut ne pas être capable de la contrôler. Ce fut l’humour d’Holly qui sauva son agresseur, auquel cas Sam l’aurait sans doute mis plus bas que terre. Il se contenta d’attraper plus fermement son bras pour le retourner dans son dos, et l’immobiliser du mieux qu’il pouvait compte-tenu des circonstances. « Va falloir te calmer maintenant, tu comprends ce que je dis ? » dit-il doucereusement menaçant, tandis que l’homme se débat de tout son poids et de toute la haine que l’alcool le laisse libérer. Il se passe plusieurs minutes d’ailleurs, Sam bloquant les bras de l’agresseur fou, et l’agresseur fou gesticulant dans tous les sens, avant qu’Holly ne réapparaisse tout sourire. « Hey Sam, t’as besoin que j’appelle les flics, ou tu maîtrises ? » plaisanterait-elle presque. Il lui rétorque un sourire de toutes ses dents sans pour autant relâcher l’ivrogne qui ne cesse de crier des paroles incompréhensibles. « Ne me force pas à utiliser la manière forte, tu veux ? Calme-toi et tout ira bien. Estime-toi chanceux que je ne t’ai pas fracassé la tête au sol après avoir osé porter la main sur ma partenaire, » continue-t-il de parler avec l’enragé, tentant tant bien que mal de le calmer par tous les moyens. La police a dû être appelée et ne saurait tarder, mais il comprend qu’il va devoir faire quelque chose s’il veut éviter tout débordement et avoir d’autres blessés sur les bras. Sans d’autre choix, il force l’homme à s’allonger sur le sol – le frais lui fera sans doute du bien – et le maintient de tout son poids – et c’est un sacré poids. « T’as tout gagné, je peux rester comme ça un long moment sans problème. Pas sûr que toi tu tiennes. Bon, et toi ma belle tu t’en sors ? » demande-t-il nonchalamment à la jeune femme, sans doute occupée à rafistoler le blessé qui se cache à l’arrière de la caisse. De là où il se trouve, il ne voit rien. Il a l’impression d’avoir couru un marathon – preuve qu’il doit se remettre au sport et vite. Entre le poids qu’il a pris et le coup de chaud qu’il vient d’avoir, ça devient urgent. « La police arrive, Monsieur. Je suis désolée, je vous aiderai bien mais… je ne suis pas sûre d’être à la hauteur. Je vous gênerai plus qu’autre chose, » vient le voir une jeune femme, rousse et à la peau délicate, les yeux de biche et le sourire timide aux lèvres. Ses mains maintenant les bras de l’ivrogne tandis qu’il bloque ses genoux et ses jambes des siennes, il lui répond d’un grand sourire. « Je doute que vous puissiez me gêner un jour, Mademoiselle, » flirte-t-il ouvertement, la faisant rougir. De plaisir ? Peu important, il ne le faisait pas pour l’inviter à manger ou à boire, mais parce que ça faisait partie de sa nature. « Tu vas te fatiguer avant moi, je peux te le garantir, alors cesse de gigoter dans tous les sens, tu vas finir par te casser un bras, » se penche-t-il de nouveau vers l’alcoolisé. « Sam, tu veux bien te relever et nous laisser faire notre job. Nul doute qu’on le fera mieux que toi, » entend-il alors. « Sois pas jaloux, avoue que je m’en sors pas mal, non ? » répond-il en riant légèrement. Et même s’il est tentant de maintenir cet imbécile violent, il se relève pour laisser la police faire son job et s’en aller faire le sien.

« Est-ce que ça va ? » demande-t-il en arrivant près de Holly, occupée à poser une gaze sur la blessure du responsable. « Regarde-moi deux secondes, » exige-t-il de la part de Holly, afin de voir sa joue sans doute légèrement tuméfiée. Ses doigts se posent sur son visage et comme chaque fois qu’il la touche, il sent de l’électricité. Tellement habitué à présent, il ne sursaute pas. Il fait avec. « J’ai bien cru que j’allais lui foutre la raclée de sa vie, » dit-il alors en la relâchant, estimant qu’à part un hématome elle n’aurait rien de grave. « Qu’est-ce qui s’est passé exactement ? » demande-t-il au propriétaire, tout en préparant le brancard qui l’amènerait jusqu’à leur ambulance.


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MessageJeu 1 Sep - 10:37

Mon dieu mais qu'est ce que Sam peut être bête parfois. Franchement, je le regarde médusée, donuts dans la bouche et je suis tellement choquée que j'en oublie de mâcher. « 'es 'é wieux? » Mais je me tais et lève un doigt vers lui pour lui préciser d'attendre que je finisse ma bouchée avant de rétorquer. « T'es sérieux? » J'ajoute quand ma bouche est plus libérée. Mon regard est surpris lorsqu'il semble me faire croire que la connasse dans son plumard serait - attention, on ouvre les guillemets, on cesse de boire, on pose le couteau et pour les épileptiques, cessez même de lire - serait la FEMME DE SA VIE - fermez les guillemets. Je suis choquée. « Tronche de cake, la zoophilie c'est interdit! » J'ajoute en secouant la tête. « En plus elle était hyper moche! Je l'imagine tellement en train d'avoir un orgasme et de faire une tête de demeurée! » Et je fais une grimace bizarre avant d'éclater de rire. Parce que Sam et moi, c'est ça. Des vannes, des réparties et beaucoup d'affection aussi. Toutefois, je dois dire que lorsque l'on parle de ses pouffiasses, je ne me gêne pas pour dire les choses telles que je les penses, de façon crue, vulgaire et choquante. Mais je m'en moque. Avec Sam, c'est toujours brut. C'est ainsi et parler de ma vie sexuelle et de la sienne ne m'a jamais posé problème. On s'aime comme ça. Et ce dernier me rappelle d'ailleurs son type de femme - qui n'est absolument pas moi il faut dire *sigh* - et je le regarde avec un petit sourire en coin. « Ah oui, je vois t'es plutôt dans le style guenon. » Et je me remets à rire tout en buvant une gorgée de mon café. Cette conversation me dérange mais de toute manière, tout me dérange, je voudrais tellement plus mais finalement, je reste dissimulée derrière mon statut de meilleure amie pour la vie. M'enfin, c'est la vie. J'aurais pu dire une femme comme moi, mais j'aurais trop pris un terrain glissant alors je préfère boire et manger jusqu'à ce que mon coéquipier évoque son tour de taille qui semblerait avoir augmenté. « Tu te fais vieux mon petit! » Je lui réponds en faisant secouer ma chevelure. « Dieu merci, je reste encore potable! » Mais dans le fond, Sam n'a pas grossi. Sam est beau à en crever. Sam, si je le pouvais, je lui sauterais dessus dans le camion. Mais ce n'est pas le cas et il vaut mieux ranger dans un coin de ma tête tous ces plans érotiques que je me suis imaginée. Ce n'est pas le moment de me retrouver en chaleur. On a une urgence et de surcroit, mon meilleur ami finit par dire que je suis plus mince. Pourtant, je ne fais pas gaffe. « Non, je bouffe toujours autant! Mais il m'arrive de sauter des repas. Comme le repas du soir quand j'ai un invité ... » Je souris en coin comme si j'étais en train de laisser supposer que je m'envoie plus en l'air que je ne mange. Mais ce n'est pas ça. « Il aime bien me faire savoir qu'il est à la maison, chez moi. Et quand c'est ça, bah je fais comme si j'avais une super soirée et je vais me bourrer la gueule jusqu'à ce qu'il me dise par texto qu'il est rentré. » Un petit rire nerveux franchit mes lèvres et je préfère clore sur le sujet rapidement: « Bon allez on a une urgence! Donc accélère Toretto s'il te plaît! »

***

Et finalement, nous en sommes là. Et malgré ma joue douloureuse, je m'affaire à soigner le gars qui s'est fait agressé. Il n'a pas l'air de comprendre ce qu'il lui est arrivé. Et puis, il faut dire que j'entends Sam immobiliser le gars et je trouve ça tellement sexy. Il semble maîtrisé la situation alors je peux continuer à m'occuper de mon blessé. Pendant ce temps, je n'ai pas la vision de Sam mais j'entends ses paroles et ... Oh mon dieu... Je ferme les yeux et me mords les lèvres. « Mmmmh... » Je gémis doucement. « Madame? Tout va bien? » Oui parce qu'à trente sept baluches, c'est madame et plus mademoiselle. Le gars m'observe bizarrement tandis qu'un sourire franchit mes lèvres. « Mais écoutez le immobiliser cet homme! C'est franchement... Trop ... Mignon... Et ... Trop sexy! » J'ajoute en minaudant tandis que je continue d'appliquer des compresses. La plaie n'est pas profonde et nécessité juste un bon pansement et un peu de repos. Je pourrais le dire mais je suis bien trop occupée à sourire comme une débile en étant les cris, les coups, les bruits de chocs. Mais c'est un combat ou quoi? Et soudain, il me demande si ça va. Alors je sors ma tête de derrière les caisses, avec le sourire comme d'habitude. « Ouiiiiiiii! » Et je ne sais pas si c'est mon cri ou non mais l'homme semble s'énerver et Sam s'énerve aussi. je l'entends mettre à terre, enfin je suppose surtout.  « Rhoooo il est tout énervé pour moi... » Ma voix n'est que murmure. Et je pose ma main sur mon coeur face au type que je soigne. « Mon héros! » Je continue à marmonner quand l'homme commence à rétorquer: « Mais je ne suis pas... » Mais un doigt posé sur sa bouche par mes soins l'intime au silence. « Chut... Écoutez! » Mais juste à ce moment là, il y a une PUTAIN de voix de fille et je me relève juste pour voir une espèce de rousse venir vers lui. Non mais elle veut quoi elle d'abord. Je redescends et finit de soigner l'homme jusqu'à ce que je finisse par me redresser. Mais entre temps l'équipe médicale est arrivée ainsi que la police. Tout le monde est là. Et Sam est aussitôt tranquille. On finit par se retrouver et là il touche ma joue pour voir le coup que je me suis prise. Ses mains sur mon visage me font l'effet d'un volcan en éruption. Je demeure stoïque tandis que tout se tord dans une agréable sensation frissonnante dans mon bas ventre. « Mmmmh... Ça va! » Je minaude avec un air de vétéran ayant combattu la guerre du Vietnam. « Si je meurs, sache que tu es  sur mon testament Saminou! » Et je ferme les yeux avec mon sourire de débile parce que je trouve que ses mains sont si douces sur ma peau. OWi VAZY CONTINUE. Mais ce crétin lâche le tout et je me retrouve comme Shadow dans l'Incroyable Voyage. Je le suis du regard quand il se rapproche du responsable s'en sortant avec un bon bandage sur le front. Il lui demande ce qu'il s'est passé. Et le pauvre type, après un coup d'œil bizarre pour moi, raconte que le type est venu acheté des bouteilles, qu'il n'avait pas l'argent nécessaire. Il s'est énervé. Lui aussi. Tout le monde s'est énervé. Bim. BAM. BOUUUUM. On arrive. Et fin de l'histoire.

« Je suis déjà fatiguée... » Je baille a m'en décrocher la mâchoire tandis qu'on quitte le lieu. On va vers notre véhicule pour rentrer. C'est comme Ça. Pour l'instant ça a commencé sur les chapeaux de roues et le reste de la journée peut très bien se poursuivre ainsi ou bien devenir plus calme. La police s'occupe du reste et les pompiers ont ramené le blessé à l'hôpital pour de plus amples examens. « T'as eu une touche on dirait! » J'ajoute avec un petit sourire en faisant référence avec la rouquine. « Tu as pris son numéro de téléphone? » Je demande sans aucune indiscrétion. Après tout, je veux être au courant de tout et puis, de toute façon, Sam me dit tout. C'est comme ça. Je glisse un bras autour du sien et on se rend vers notre véhicule. Je suis toujours tactile avec lui. C'est notre manière de procéder. On se touche. On se réconforte et on se frappe aussi. Je monte côté passager et lui côté conducteur. Et il démarre. J'observe le cadavre de mon café. Il est vide et j'ai bien envie d'un autre café. Je me sens d'humeur à m'endormir de nouveau. Peut-être est-ce le coup, ma joue est un peu douloureuse il faut dire. Et en plus, je vais me taper un bleu dégueulasse. Mon portable vibre et je regarde qui m'envoie un message. Mon mec. Il veut qu'on aille au cinéma ce soir. Il y a un film qu'il aimerait regarder. J'aime bien le cinéma. Au moins ça permet d'éviter de se parler mais pour l'instant, je ne sais pas si j'ai envie ou non. Je suis indécise et en manque de café. « Alors... » Je commence à dire en tournant le visage vers Sam. « Tu as lui donné ton numéro? » Je lui demande d'une voix curieuse faisant allusion à la rouquine.
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Sam Haynes
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MessageDim 4 Sep - 14:02

S’il aimait son côté déluré, extraverti et libéré, il détestait lorsqu’elle parlait ouvertement de ses prouesses sexuelles, ou de ses allusions plus qu’évidentes concernant la gente masculine. Holly aimait les hommes, Holly aimait le sexe et Holly ne s’en cachait pas. Il ne la jugeait jamais pour cette attitude désinvolte et légèrement provocatrice, mais il bouillait intérieurement de jalousie – et la jalousie, c’était une notion absolument inconnue à son répertoire. Il n’était pas du genre à douter ou à s’emporter sous prétexte qu’un homme reluquait d’un peu trop près sa conquête du moment. Par contre, il était le genre à montrer les crocs et à mordre si l’on sait faire du mal à celles qu’il aimait – en l’occurrence Holly et Mia. Avec Holly, c’était beaucoup plus compliqué à gérer. Il les insultait tous intérieurement, et tâchait de garder le sourire en toutes circonstances – surtout s’il les rencontrait. Il les maudissait tous intérieurement, et écoutait sagement les confidences de sa meilleure amie. Elle ne se rendait jamais compte des émotions qui faisaient rage dans le cœur et la tête de Sam – et il préférait que cela reste ainsi. Il était prêt à endurer ce supplice si cela lui permettait de garder intact leur amitié. Elle avait toujours été là pour lui, dans les bons comme dans les mauvais moments, et sans elle il ne serait sans doute pas devenu celui qu’il était aujourd’hui. « Jamais une femme ne me ferait sauter de repas pour ma part, la bouffe… c’est sacré, » rétorque-t-il à la jeune femme. On le surnommait souvent « Joey » quand il s’agissait de la nourriture, car si Sam était un homme bien et adorable, il se transformait en véritable goinfre sans pitié quand il s’agissait de manger. Ceci expliquait sans doute le surpoids. Il adressa un clin d’œil complice à Holly tandis qu’il appuyait sur la pédale pour accélérer à la Toretto – films qu’ils affectionnaient tous deux pour diverses raisons : rigolade, vitesse, bagnoles, femmes dénudées et hommes baraqués.

« Ne me parle pas de testament, tu veux. On ne plaisante pas avec ces choses-là, » lui répond-il en fronçant les sourcils tandis qu’il tient son visage entre ses mains. Savait-elle combien de fois il avait imaginé prendre son visage entre ses mains ? Savait-elle combien de fois il avait imaginé toucher sa peau qui semblait si délicate et douce ? Savait-elle combien de fois il avait tremblé de peur de la perdre un de ces jours à cause de ces cinglés ? Non, évidemment que non, pensa-t-il. Puisqu’il ne lui confiait rien de ses sentiments, elle ne risquait pas de savoir. Il la relâcha, à contrecœur, et se maudit d’être aussi con et lâche. Pourquoi craindre de la regarder dans les yeux et de lui dire tout simplement « et si on allait jouer au docteur toi et moi quelques heures ? » l’air taquin qu’il utilisait avec chacune de ses conquêtes. Il lui suffisait de se pencher et de goûter à ces lèvres qui semblaient le hanter jours et nuits depuis tant d’années. Non. Parce qu’il est con. Parce qu’il est lâche. « Ton testament, hum ? Et j’hériterai de quoi exactement ? » demande-t-il taquin, plus détendu en réalisant qu’elle aurait sans doute qu’un hématome – mais rien de brisé. « Si tu oses me parler de cette chose que tu appelles ta bagnole adorée, je te raye du mien, » ajoute-t-il avant qu’elle ne réponde quoique ce soit. Sa voiture était bonne pour la casse selon lui, car chaque semaine une réparation était obligatoire. Holly avait du mal à l’abandonner et à la quitter, tant de souvenirs avec ce tas de ferrailles. Elle l’estimait comme son bien le plus important, en particulier car elle était la première chose qu’elle avait acquise lors de son premier salaire. « Si tu ne t’étais pas levée aux aurores pour me rejoindre dans le lit, et si tu avais profité d’un peu plus de temps pour dormir, tu ne serais pas aussi fatiguée, » lui dit-il en souriant. Pour sa part, il était crevé mais c’était tout à fait naturel après une nuit comme celle-ci. Il sourit de plus belle en repensant à la jeune femme et à sa souplesse incroyable. « Tu as eu une touche on dirait ! » entend-il Holly lui dire tandis qu’ils grimpent dans sa voiture et qu’il sort de sa rêverie. Il la regarde comme s’il ne comprenait pas de quoi elle parlait, ce qui est le cas à cet instant. « Tu as pris son numéro de téléphone ? » continue-t-elle et il met plusieurs secondes à se remémorer la jolie rousse. Que Holly l’ait remarqué le surprend et le fait sourire. « Je ne connais même pas son prénom. Je l’avais même presque oublié, » dit-il naturellement. Il était peut-être un charmeur invétéré et collectionnait sans doute plus de conquêtes que la normale, mais il ne couchait pas avec toutes les femmes qu’il rencontrait. La jolie rouquine n’était pas revenue le voir après l’arrivée des flics, et il n’avait pas cherché à la trouver non plus. Un téléphone vibre et il observe Holly tandis qu’elle déverrouille son portable et lit le message – de l’autre imbécile sans doute. La jalousie le ronge de l’intérieur mais il ne dit rien tandis qu’il démarre, plus lentement qu’à leur arrivée. « Alors… tu lui as donné ton numéro ? » redemande-t-elle, curieuse. « Je vais finir par croire que tu aurais aimé que je le lui donne ou qu’elle me donne le sien pour te le donner à toi, » rigole-t-il. « Non, la rouquine ne fera pas partie de mon tableau de chasse, malheureusement. Mais la journée n’est pas finie, » ajoute-t-il, confiant et taquin. « Que voulait Mr Parfait ? Tu lui manques déjà beaucoup trop ? » enchaîne-t-il, mi-rieur, mi-sarcastique. « Il voulait s’assurer que nous n’étions pas enfermés dans un cagibi à faire des bêtises, toi et moi ? » l’imbécile étant légèrement jaloux et paranoïaque le concernant. Comme si Holly pouvait avoir envie de faire des bêtises avec lui dans un cagibi ou ailleurs… « S’il le souhaite, je lui enverrais la photo de la magnifique blonde – au style guenon – à mes côtés. Si ça peut le rassurer… » plaisante-t-il, à défaut de pouvoir clairement dire ce à quoi il pense.






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MessageJeu 8 Sep - 9:13

J’en fais sûrement des tonnes avec Sam mais je m’en fiche. J’ai toujours été ainsi depuis que l’on se connait, depuis toujours même. Et avec tout le monde. J’ai toujours été quelqu’un de très extravertie, de bruyant se faisant remarquer pour un rien. Un vrai clown en somme. Ça toujours été facile de se lier aux autres, de pouvoir rencontrer des gens et se lier d’amitié avec eux. Et Sam, dans le fond, est un peu pareil, quoi que « légèrement » plus calme. Peut-être parce qu’il vieillit lui aussi, qu’il approche de la quarantaine je n’en sais rien. Moi aussi, c’est ce qui m’arrive mais je dois dire que je ne suis nullement inquiète. Il est vrai que mon horloge biologique ne cesse de tourner et qu’il viendra un jour où avoir un enfant sera compromis. Mais j’ai déjà la solution. Je me ferais congeler mes ovules pour mes quarante ans. J’organiserais une enveloppe au taf et chacun y mettra ce qu’il veut afin que je puisse avoir un enfant. C’est que ça coute cher les frais médicaux !  Il faut dire aussi que pour l’instant, je ne me vois pas avec un enfant. Il faudrait avoir une situation stable. Et même si j’ai mon job, mon travail, que je m’assume seule, je me dis qu’un enfant a besoin d’un père et que pour l’instant, ma vie amoureuse est juste… Euh comment dire ? C’est le bordel. Parce qu’il faut que je sois franche quand même ! On ne peut pas dire que je sois accro à mon mec, s’il ne m’appelle pas, je ne donne  pas de nouvelles à moins d’avoir besoin de lui. Ce n’est pas sympa, je le sais bien. Mais c’est plus fort que moi, je ne suis pas amoureuse et je ne compte pas l’être. Le seul qui me fasse vraiment de l’effet, c’est celui-là même qui est en train de me demander ce qu’il héritera dans mon testament. De beaucoup de choses, j’ai même écrit une lettre dans lequel je lui avoue la vérité sur mes sentiments, mon amour, tout ça. Mais en dehors de ça… « Comme je sais que tu n’aimes pas ma voiture, je t’ai juste demandé de la mettre à la casse. Et sinon, je te lègue ma collection de rhum antillais que je conserve au chaud depuis que nous sommes allés aux Caraibes ! »

Mon dieu mais ces vacances, je m’en souviens comme si c’était hier. On est parti à la dernière minute, profitant d’une réduction de malade et on a passé des vacances de rêve. Vous avez déjà vu le film « les bronzés » ? Bon et bien, c’était pareil à part que nous étions ivres tous les soirs, qu’on a passé des moments de malade et souvent eu des trous de mémoire affreux le lendemain. Mais bon sang, on avait ri et j’ai ainsi eu une splendide collection de rhum lorsque nous sommes revenus de nos vacances. Mais je m’égare et c’est embué dans mes souvenirs que nous montons dans la voiture. Nous évoquons la touche de Sam, cette rouquine déguuelasse l’ayant approché de près. En grande jalouse que je suis, je joue à la bonne copine et je pose les questions qu’il faut, ignorant ainsi le message que mon gars vient de m’envoyer. Intérieurement, je jubile à l’idée qu’il n’ait rien pris. De toute façon, les rousses c’est moche Et ça pue du minou paraît-il aussi, je me contente de minauder avec un petit sourire compatissant « Ce sera pour une prochaine fois mon beau ! » J’ajoute en me calant un peu plus contre le siège. Je ne peux, cependant, m’empêcher de me raidir lorsqu’il me demande ce que voulait mon copain. Sa phrase suivante déclenche mes rires même si au fond, j’en mourrais de pouvoir faire une chose pareille. Dans un cagibi… Avec lui... C’est très tentant et je ne suis qu’Holly, son unique et seule meilleure amie de toujours. Parce que bon la Mia a autant d’importance à mes yeux que la propreté dans les égouts. « Tu pourras lui envoyer toutes les photos possibles et inimaginables qu’il ne te croira pas. » Et c’est vrai, il a souvent des doutes à ce sujet, il a l’impression que pendant le boulot, je suis juste en train de m’envoyer en l’air avec tous mes collègues. J’ai souvent du mal à lui faire comprendre que non, en tant que secouriste, nous sauvons des gens et nous ne participons pas à des orgies. « Mais là, il voulait simplement me proposer d’aller au cinéma ce soir mais pffff… » Mon visage se teint d’une expression de profond ennui. « ça me dit trop rien d’aller au ciné. Ça te dirait qu’on sorte ce soir ? Juste toi et moi ? » Je me suis tournée vers lui, afin de lui faire face. Ma position me permet de lui faire les yeux doux. On dirait presque le chat potté. « ça me dit tellement rien de le… » Mais je me tais lorsque la radio centrale crachote et que nous entendons mon supérieur dire « A tous les secouristes, merci de vous rendre dans la zone du Bronx. Un incendie a pris naissance dans un immeuble. Il a été maîtrisé mais il y a des blessés, alors merci de vous rendre tous sur place devant l’urgence. » Etant donné que nous ne sommes pas très loin, je décroche la radio et réponds « Haynes et Stevens au rapport. On s’y rend de suite. » Bien entendu, je n’ai pas besoin de dire à Sam d’appuyer sur le champignon. Il le fait sans souci. Et nous voici partis sur les lieux d’une toute nouvelle urgence. « Bon, ben le repos c’est pas maintenant.. » je marmonne.

Le trajet suit son cours et nous arrivons sur les lieux de l’urgence. Un incendie a pris naissance dans un vieil immeuble. Il s’est propagé dans bon nombre d’appartements. Le sinistre a été maitrisé par les pompiers mais il y a du monde à secourir et c’est un peu le chaos encore. On arrive avec nos sacs en essayant de voir qui a besoin de notre aide. On se dirige alors vers une femme tentant d’immerger. Elle est sonnée et d’après ce que me dit l’un des pompiers, elle s’est pris un choc contre le front. L’explosion liée à l’incendie a été assez violente. C’est là qu’elle semble reprendre contenance et arrive à bredouiller, avec un très fort accent hispanique : « Mon bébé… Armoire… Aidez… » Mon regard se fronce. « Comment ça ? Madame, vous m’entendez ? Qu’est-ce que vous voulez nous dire ? » J’échange un regard à Sam. « Mon bébé… Dans armoire… Cave… Pas papiers… » Et je vois son visage se crisper sous une peur intense pendant que mon sang ne fait qu’un tour. Il y a souvent des immigrés à New York, encore plus dans les quartiers pauvres de la ville. Je ne sais pas si elle dit vrai ou non, mais je choisis de la croire et je me redresse pour faire face à Sam. « On devrait aller voir Sam. Ne serait-ce que pour en avoir le cœur net. On ne risque rien après tout, le feu a été maîtrisé. » De toute façon, qu’il soit d’accord ou non, j’y vais. Il est vrai qu’il y a toujours un risque d’autant plus que l’incendie est né d’une explosion. Il n’y a pas eu de morts mais juste des gens blessées et beaucoup de choqués. L’incendie a pris naissance en haut de l’immeuble alors que nous devons aller vers les caves.
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Sam Haynes
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MessageDim 11 Sep - 21:25


Holly était une femme dynamique, pleine de vie, extravertie, déconneuse et naturelle. Si elle prenait soin d'elle, elle ne se maquillait jamais à outrance ni ne portait de vêtements trop provoquant. Elle savait parfaitement se mettre en valeur, et c'était cet ensemble entier qui faisait craquer la gente masculine. Sam ne pouvait nier qu'elle était la plus belle femme qu'il connaissait - Mia le giflerait sans doute s'il l'entendit dire une chose pareille - et il ne pouvait pas juger les hommes qui s'intéressaient à elle. Il pouvait les haïr. Les traiter de tous les noms. Mais il les comprenait bien plus qu'il ne le prétendait. Ce qu'il appréciait le plus, c'était de voir Holly se lasser de ses conquêtes, aussi assurément qu'il se lassait des siennes. Elle avait déjà eu de longues relations - le genre qui peut durer toute une vie. Elle avait même failli se marier - comme lui. Mais jamais cela n'aboutissait à quelque chose de concret. C'était aussi déchirant que rassurant pour Sam. Il aurait aimé qu'elle soit heureuse, épanouie, amoureuse et même qu'elle fonde cette famille tant désirée. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être soulagé et heureux d'être voir que ça ne marchait jamais. C'était égoïste et malhonnête, il s'en rendait bien compte et plusieurs avaient déjà tenté de lui ouvrir les yeux et de le pousser à parler de ses sentiments à son amie. Il s'en sentait tout bonnement incapable. Ridicule. Il rit légèrement, non seulement à cause de son ridicule mais également aux paroles de Holly, concernant sa voiture qui ne tient plus la route et leur voyage aux caraïbes quelques années plus tôt. Il aurait pu profiter de ce voyage pour tout lui avouer. Il aurait pu profiter de ce voyage gagné à un jeu télévisé - la seule chance qu'ils aient eu au jeu jusque-là - pour lui dire la vérité, toute la vérité. Mais là encore, il avait esquivé et s'était dégonflé. Ils avaient ri. Ils avaient bu. Ils avaient fait la fête - et ils avaient même partagé leurs couches avec d'autres personnes. " Il te reste encore de ce rhum, sérieusement ? J'étais persuadé que tu l'avais déjà liquidé. Ça me touche, vraiment. C'était un voyage aussi mémorable que toi, et je serais plus que flatté et ému de cet héritage, " lui dit-il, mi-sérieux et mi-amusé. L'idée même de perdre Holly lui était insupportable, mais si elle plaisantait sur le sujet, il lui fallait en faire de même.

" Ça te dirait qu'on sorte tous les deux ce soir ? Juste toi et moi ? " Il n'avait pas de quoi sauter au plafond. Il n'y avait pas de quoi avoir le coeur battant la chamade. Il n'y avait pas de quoi imaginer quoique ce soit. Pourtant, son coeur rata un battement et il dû ravaler sa salive avant de répondre. " Comment ça se fait que tu préfères passer ta soirée avec moi plutôt qu'avec lui ? Le cinéma, c'est plutôt romantique non ? " Même si ce n'est pas la soirée idyllique qu'il offrirait à Holly s'il devait l'emmener à une soirée en amoureux. Non. Holly, elle méritait du grandiose. Elle méritait qu'on se plie en quatre pour lui offrir la soirée de sa vie. Il ne l’emmènerait pas au cinéma. Il ne l’emmènerait pas au restaurant. Il l’emmènerait dans la nature, un coin isolé et découvert pour profiter du clair de lune et du ciel étoilé, avec vue sur la ville illuminée. Il lui préparerait un picnic à la Sam Haynes - ce qui ne volerait pas bien haut mais elle serait forcément touchée par son effort. Il la ferait rire. Sans doute qu'il préparerait aussi un petit jeu de piste à la fin de la soirée pour qu'elle le retrouve à un endroit précis si elle voulait la surprise qu'il lui réservait.

Oui, Holly méritait le grand jeu.

" En même temps, le repos ça ne nous correspond pas tellement, " surajoute-t-il en mettant la sirène et en appuyant de nouveau sur l'accélérateur. Il détestait quand il s'agissait d'incendie. Généralement, il y avait plus de victimes que de simples blessés. S'ils devaient faire le compte de morts qu'ils avaient dû voir dans leurs vies et dans leurs carrières, ils seraient d'accord sur ce point : le feu était leur pire ennemi. " Est-ce que ça va aller ta joue ? Tu n'as pas trop mal ? " lui demande-t-il tout en se garant sur les lieux du crime. Il y avait du monde. Les pompiers s'affairaient à arrêter le feu - les flammes étaient déjà maitrisées et la fumée noire annonçait la fin d'un incendie plutôt immense. Quelques secouristes étaient déjà là et tentaient d'aider au maximum les blessés - certains au premier degré, d'autres un peu plus importants. On pouvait voir des personnes pleurer, d'autres choqués. Les journalistes étaient à l'affût du moindre scoop susceptibles de les intéresser et Sam ne put s'empêcher de grimacer en les voyant. Tels des vautours. " Allez, c'est parti, " dit-il plus pour lui-même que pour Holly. Il devait se concentrer et mettre de côté ses propres émotions et ses propres sentiments - ce genre de situations n'était jamais simple à encaisser. On n'en sortait jamais réellement indemnes. Ils s'approchèrent du bâtiment, et une femme vint les accoster - ils ne l'avaient pas vu quelques minutes plus tôt, elle semblait se cacher et tenter de passer inaperçue. " Sans papier, " avoue-t-elle, en détresse et les larmes aux yeux. Et s'ils n'étaient pas médecins à proprement parler, ils avaient fait le même serment qu'eux : aider en toutes circonstances, même quand c'était compliqué.

" On devrait aller voir Sam. Ne serait-ce que pour en avoir le cœur net. On ne risque rien après tout, le feu a été maîtrisé. " Un enfant, caché dans un placard dans un bâtiment en feu. Il y avait peu de chance qu'ils ne le retrouvent - vivant du moins. Mais oui, ils se devaient d'y aller. " Enfile ton masque, il va falloir faire vite. Ils ne nous laisseraient jamais y aller seuls tant qu'ils ne l'ont pas décidé, " ce qui revenait à dire qu'ils allaient entrer sans permission. C'était risqué, mais tous les pompiers étaient occupés et s'acharnaient à limiter les dégâts - ils ne pouvaient pas leur demander de l'aide pour secourir un gosse possiblement caché dans un placard. Ils n'étaient pas sûrs de ce qu'ils trouveraient. " Comment s'appelle-t-il ? " demande-t-il à la femme au bord de la crise de nerfs. " Myron, Myron, " répète-t-elle sans cesse. Il jette un regard à Holly et d'un signe de tête lui dit d'entrer à sa suite. Il n'entend pas les pompiers ni les forces de l'ordre lui dire de ne pas entrer tant que le périmètre n'était pas officiellement hors danger. Ils montent, ils grimpent et appellent le garçon. Le masque leur permet de respirer sans s'étouffer, sans risquer d'avaler de la fumer, mais l'odeur est tout de même insupportable. Enfin, ils arrivent à l'endroit indiqué par la femme aux larmes de suie. La pièce est plus que carbonisée. Le placard est plus que carbonisé. Aucune chance que le gamin ait survécu à pareil monstre. Dépité, dégoûté, énervé, ému du plus profond de son âme, il se retourne vers Holly. " Tu peux sortir si tu veux, je vais m'en occuper, " lui propose-t-il délicatement. S'il est troublé, il le sait, c'est un supplice pour la jeune femme.





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MessageVen 16 Sep - 18:33

Confortablement installée dans le fauteuil, je m'agrippe à la poignée du siège parce que Sam a accéléré. Forcément, nous avons une urgence. J'ai le coeur qui bat un peu fort et ça me fait toujours cet effet-là. En plus, c'est un incendie et on ne sait pas forcément ce qu'on va y trouver. Des brûlés. Des intoxiqués. Des blessés. Des familles effondrées. Même si je sauve des vies, je vois aussi des situations dramatiques. Et c'est un peu l'envers du décor. Dans toute chose positive, le négatif vient forcément faire chier. C'est le cas pour les médecins aussi. Ils sont confrontés à leur échec et il est difficile. Mais j'ai choisi ce métier, il me plait et à force, j'ai fini par m'endurcir comme jamais. Aussi, je suis solide comme un roc. J'ai une famille, des amis adorables, un meilleur ami adorable et un petit ami... Hum.. On en parle de lui? Pffff... Franchement, je ne sais quoi dire et j'aime pas trop parler de lui. Même si c'est de lui qu'on parle. Je ne regarde pas Sam pendant que je parle de mon mec. Bien au contraire, ça me gêne. Pourquoi il en a parlé d'ailleurs? Sam est bien trop curieux. Et il est vrai que je fais pareil aussi. Je suis incapable de tenir ma langue dans ma poche et donc forcément, il en fait de même. Aussi, j'explique le plan que mon gars me propose. Aller au cinéma. J'aime bien pourtant et comme dit Sam, c'est romantique. Maiiiiiis. « Non, mais ça ne me dit rien de le voir. J'ai pas envie de jouer au couple ce soir... » Mon visage se tord d'une petite moue dégoutée. Il est gentil mon mec. Mais trop peut-être. Je crois qu'il doit bien m'aimer même si on ne se l'est jamais dit. Moi, il est hors de question que je mente et donc, il n'entendra jamais ces fameux trois mots. Ces derniers ne sont réservés qu'à l'amour de ma vie, à cet amour inaccessible que je finis par dévisager parce qu'il me pose tout un tas de question concernant mon gars, mais pas concernant mon invitation. « Et puis, pourquoi on parle de lui. » Un coup de poing est envoyé dans son bras. « T'as même pas dit si tu voulais sortir avec moi ce soir? On se met minable et de toute façon, demain on ne bosse pas alors... » Un sourire malicieux se forme sur mes lèvres tandis que je bouge dans tous les sens, levant les bras en l'air. Bref, une folle. « Doooooonc, toi et moi, on sort. Tu n'as pas le choix Haynes. »

Et si dans la voiture, l'ambiance est bonne enfant. Ce n'est absolument pas comparable à ce qu'on découvre sur les lieux de l'intervention. L'incendie est maîtrisée mais il y a cette femme: son enfant est encore à l'intérieur. Sam et moi décidons de rentrer dans l'immeuble sinistré. Mon meilleur ami me tend un masque parce qu'il est évident que nous allons avoir des soucis d'air. « Merci Sam. » Je le mets et sers la sangle sur le derrière de mon crâne. Ainsi en place, tous deux armés de nos sacs de secourisme. On entre donc dans le lieu sinistré. La fumée est importante et c'est une véritable fournaise. Je serais même tentée de me mettre en t-shirt mais il y a encore des braises, l'endroit est chaud et mon épaisse veste me protège. « Putain, la chaleur. » Je m'exclame. Tout est suffocant et malgré nos masques, je sens que l'air est irrespirable. Je ne sais pas si c'est une bonne idée ce que l'on fait. On aurait dû être sage et attendre mais la vie d'un enfant est en jeu. Et j'espère de tout coeur le retrouver vivant. Pourtant, au vu des débris noircis, le sinistre est passé par là, il a tout dévoré sur son passage et nous avons cette impression jusqu'à ce que nous entrons dans la fameuse pièce. « Oh non.... » Je murmure tandis que je constate le lieu complètement ravagé par les flammes. Il y a cette grande amoire aussi. Elle tient bon encore mais les traces de feu sont plus qu'évidentes. « Myron? » je demande en me rapprochant de Sam, imperceptiblement. Je serre mes poings de toute mes forces. Et le silence est le seul bruit entendu. C'est incroyablement difficle et j'entends Sam me dire qu'il va s'en occuper. Sam a compris autant que moi. Sam, par le son de sa voix, est ému et ça, je peux le reconnaître d'entre mille. On est jamais préparé à cela. « Non, je reste avec toi. »

Il me semble impossible de le laisser seul ici. C'est pas ça mon job. Je dois rester et je me tiens à côté de lui, frêle mais forte tandis qu'il ouvre la porte dans un craquement de planches mortes. Et là, nous découvrons le cadavre noirci par les flammes, roulés en position foetale. A-t-il souffert? Je n'en sais rien. Je ravale une boule dans ma gorge tant je me sens mal à cet instant. Des morts, j'en ai vu mais je ne suis jamais prête à la vision d'un cadavre. Qui plus est, un enfant. J'ouvre mon sac et en sort une couverture de survie. Je ne cherche pas à sauver une vie qui n'est plus mais au moins l'envelopper et le ramener au légiste. C'est trop cruel de le laisser ainsi. « Tiens... » Je tends la couverture à Sam qui l'enveloppe avec des gestes doux. Je ne dis plus un mot et je dois battre souvent des paupières pour chasser les larmes menaçant de tomber. Le plus dur reste à venir. Le moment où il faudra sortir. Ce qu'on finit par faire, Sam tenant le corps dans ses mains. Il est tout petit et c'est sans mot que nous sortons, escorté par les pompiers venus nous prêter secours et s'assurer que nous en sortirons indemne. Toutefois, les blessures du coeur ne pouvaient être réparées. On remet le corps au légiste mais il est impossible d'ignorer les hurlements déchirants de la maman. Je me contente de m'éloigner et d'enlever mon masque. Il y a une ambulance vide non loin, et je me dirige afin de trouver un peu d'intimité. Je prends juste une bouteille d'eau pour boire. Je n'ai plus les mots. Je suis vidée et ce n'est que le début de la journée. Je sais qu'il me faudra retrouver la force nécessaire pour continuer. Ma force, elle est plus loin et je lui prends une bouteille d'eau. Je me dirige vers lui. Le sourire est là mais il est forcé et douloureux. « Tiens, tu devrais boire Saminou. » Je murmure d'une voix étrangement rauque. Je remarque qu'il a de la suie sur sa joue et Je lève le bras doucement pour le lui enlever. Sa présence me rassure dans le fond. « Ça va? » Je me contente de dire. Pour ma part, je n'ai qu'une hâte que cette journée prenne fin et qu'il soit l'heure de décompresser pour mieux oublier.
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Sam Haynes
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MessageDim 18 Sep - 20:32


Bien sûr qu'ils pouvaient sortir ce soir. Bien sûr qu'ils pouvaient se mettre bien - l'alcool étant leur ami commun. Bien sûr qu'ils pouvaient passer la soirée à rire. A parler. A refaire le monde. A échanger leurs doutes, leurs espoirs et leurs rêves. Comme au bon vieux temps. Holly était sa meilleure amie - elle le connaissait par coeur, tout comme il la connaissait par coeur - et il ne lui tournerait jamais le dos. Sam était quelqu'un de loyal et d'entier quand il s'agissait de ses amis. Il ne pouvait pas en dire autant de ses conquêtes amoureuses puisqu'il avait du mal à s'engager - la raison, il la connaissait mais il la gardait pour lui. Il aurait cependant souhaité passer un tout autre genre de soirée avec Holly. Le genre que son imbécile de petit ami ne semblait pas vouloir passer avec elle. " Si je n'ai pas le choix, Stevens... Alors, oui, on sort ce soir. Et si je rencontre la jolie rouquine de nouveau - ou une toute autre jolie jeune femme, je compte sur toi pour me rappeler à l'ordre. Ce soir, toi et moi et c'est tout, ok ? " Parce que, lorsqu'il buvait un peu trop, il s'oubliait un peu. Plusieurs fois il avait craint d'ailleurs que l'alcool ne le force à révéler ses véritables sentiments à Holly. Il avait craint d'être trop honnête. La chance qu'il avait été que, généralement, Holly le suivait dans sa cuite et ne se souvenait jamais de rien le lendemain - ou le faisait-elle exprès ? Il l'ignorait, quoiqu'il en soit elle n'avait jamais rien dit. " T'as de la chance, je bosse pas ce soir au Gato - Mani m'a offert ma soirée car j'ai bossé plus de cinq jours d'affilée la semaine dernière. Il fallait que je décompresse un peu après la disparition de Mia... " lui raconte-t-il naturellement. Il évite le plus possible d'évoquer son ex-femme à Holly, car de toute évidence elle ne la porte pas dans son coeur. Il a toujours pensé que c'était dommage, les jeunes femmes auraient pu être d'excellentes amies, il n'en doutait pas un instant. Il ne comprenait donc pas l'animosité qui les habitait toutes les deux. Bien que Mia lui ai clairement fait comprendre ce qu'elle en pensait... Mais s'il s'imaginait une seconde qu'il y avait des chances pour que Holly soit jalouse de Mia, soit jalouse de toutes ces femmes qui entraient dans a vie, s'il imaginait une seconde qu'Holly pouvait avoir quelque sentiment pour lui - de ceux qu'il désirait tant qu'elle éprouve - il ne savait pas du tout comment il réagirait. Comment il gèrerait la situation. Il s'était tellement convaincu qu'elle ne pouvait pas l'aimer de la sorte, cette idée faisait partie de lui à présent. Il était destiné à être un éternel célibataire toute sa vie - et aussi morose que cela semblait être, il avait fini par l'accepter.

Mais accepter la mort d'un petit garçon, c'était différent. C'était plus difficile. Plus complexe. Plus dur à encaisser. Plus injuste encore que d'aimer une femme qui ne nous aimait pas en retour. Il avait déjà vu des gosses mourir - un feu, un écroulement, une noyade, une blessure par balles. Il ne fallait jamais croire que la mort touchait ceux qui le méritaient, ni ne touchait ceux qui arrivaient en fin de vie. Non, la mort touchait tout le monde - ce n'était que pur hasard et destin malheureux. En ce qui concernait Myron, c'était difficile à accepter car à ses yeux il payait le prix de la négligence de ses parents. Bien évidemment, il ne blâmait pas les parents de Myron - il blâmait le fait qu'ils l'aient enfermé dans ce placard pour éviter d'être expulsés. Pour éviter de quitter un pays qui n'hésiterait pas à les renvoyer chez eux. Il blâmait ce même pays de se montrer si durs et si impartiaux avec ces gens qui ne désiraient rien d'autre qu'un endroit où se sentir en sécurité. " Non, je reste avec toi. " Il blâmait ce feu qui avait fait des ravages et tuer trop de monde en si peu de temps. Il était en colère et triste. Que Holly décide de rester auprès de lui le rassure. Il détestait devoir supporter cette épreuve seul, même s'il désirait la protéger paradoxalement de ce spectacle difficile. Le petit garçon avait dû souffrir le martyr. Enfant, il s'était brûler au premier degré la jambe gauche - il en gardait une cicatrice vivace. Il se souvenait encore de la douleur. Oui, le petit garçon avait dû souffrir atrocement, et cette idée lui donna la nausée. " Merci, " dit-il à Holly lorsqu'elle lui apporta la couverture de survie. Le petit garçon n'avait pas survécu mais il méritait une sortie digne et un enterrement digne de ce nom. Il méritait d'être ramené à sa famille, d'être pleuré. Il n'avait pas hâte de trouver sa mère, inquiète et pourtant déjà résignée - il l'avait lu dans son regard. Il n'avait pas hâte de lui apporter son petit garçon, méconnaissable, inerte et prendre conscience de sa mort brutale et fortement douloureuse. Mais il n'avait pas le choix. Il n'avait pas le choix que de sortir, en compagnie de Holly et des pompiers venus leur donner un coup de mains. Il n'avait pas le choix que de déposer le corps sur un brancard et de le laisser au médecin légiste au lieu de l'amener à sa mère. Il n'avait pas le choix que d'entendre les cris et les pleurs de cette mère qui ne dormira plus jamais paisiblement, se sentant coupable de la mort de son fils. Oui, leur job pouvait être extrêmement difficile parfois.

C'est tel un automate qu'il se dirige vers l'ambulance - qui n'est pas la leur mais qui est vide - et vers Holly. Il ne remarque pas tout de suite qu'elle lui tend une bouteille d'eau, ni qu'elle lui essuie la joue d'une main délicate. Il ferme les yeux un instant, ouvre la bouteille et boit au goulot - entièrement. " C'est un de ces jours où je déteste notre job. " Il regarde le monde qui les entoure, les urgentistes, les médecins, les secouristes, les blessés, les pompiers, les flics. Tous venus pour aider, pour secourir, pour guérir, pour accompagner, pour soulager. Il se rappelait également que c'était ça qui rendait leur job beau et nécessaire. " Toi, comment tu vas ? " finit-il par demander à Holly. Elle sait se montrer forte, mais il la connait. Elle camoufle fort bien ses véritables sentiments et émotions. Si lui est ému et anéanti par le petit Myron, il lui faut le multiplier par 1 000 pour elle. " Ça te dit de rester à la maison ce soir, juste toi et moi ? Tranquille devant un bon film et une bonne bouteille de rhum ? " lui propose-t-il d'une voix douce. Une soirée dehors, à picoler et à s'amuser lui semble dérisoire et totalement déplacée tout à coup. " Pizza et rhum, notre combinaison préférée. Je te laisse même choisir le film si tu veux, " ajoute-t-il en lui souriant, le visage couvert de suie et en sueur. Il perçoit sa douleur et sa tension, et au lieu de dire quoique ce soit, il se penche et la prend dans ses bras. " Je te ramène à la caserne dans cinq minutes. Cinq minutes. Laisse-toi aller pendant ce temps. " Lui-même avait les larmes aux yeux, larmes qui ne coulaient pas mais qui étaient parfaitement visibles. Il avait hâte de quitter ces lieux pour retrouver le calme et la paix de la caserne - à défaut de pouvoir rire aujourd'hui, ils pourraient évacuer le stress et la peine.





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MessageMer 28 Sep - 9:10

Et dire que j'étais tellement heureuse ce matin. Je me suis levée avec une patate, j'étais prête à réaliser mes rêves et à affronter le monde, les blessés, les connards. J'étais prête à couver des yeux Sam comme je sais si bien le faire. J'étais prête à beaucoup de choses mais pas ça. Myron est un enfant bon sang. Il est innocent. Il a rien demandé à la vie. IL est né ainsi et il dépendait de quelqu'un pour survivre. Là, ça n'a pas suffit. J'ai pourtant un moral d'acier. Je me suis endurcie. Je suis capable de voir des carambolages monstrueux et des corps en miette. Je suis capable de laisser quelqu'un s'en aller, lui faire comprendre que tout ira bien pour ne pas qu'il panique durant sa mort. Mais un enfant.... cela m'est impossible et difficile à admettre. C'est douloureux mais à un degré inimaginable. Je me suis repliée un peu, le temps de boire et d'ignorer les cris déchirants de la mère. Je pense qu'on va bientôt s'en aller d'ailleurs. Il faudra juste donner nos identités à la police et puis, une fois rentrés, il faudra faire ce rapport. J'en frissonne déjà d'avance. Je sais que ça ne sera pas évident. Ni une partie de plaisir. Je me sens si lasse. Vidée. Et heureusement, Sam arrive bien vite. Je lui passe une bouteille d'eau et essuie cette suie posée sur son visage, la mine triste. Je demande comment il va bien qu'il semble secoué. On est jamais prêt pour ça. Il rappelle les raisons d'haïr notre job. Et je suis d'accord avec lui, me contentant de hocher la tête. La gorge est nouée. J'ai bien envie de chialer mais je vais me contenter d'une gorgée d'eau. J'ai encore l'impression d'avoir de la suie dans la bouche malgré le masque. J'étouffe mais c'est sans doute pour une autre raison. Sam finit par me demander comment je vais. Et soudain, je le déteste pour ça. Moi qui lutte contre les larmes, c'est comme s'il ouvrait les vannes des pleurs. Sam me connait si bien. Il doit voir combien je lutte, combien c'est difficile pour moi de rester stoïque et de ne pas broncher. Je voudrais rester impassible mais je crois que je souhaite l'irréalisable. « Je sais qu'on a fait notre maximum. On ne pouvait pas faire mieux. Mais je sens triste de me dire qu'il ne grandira jamais, qu'il a dû souffrir et je.... » Je me tais subitement, ravalant mes larmes. Je me mordille la lèvre très fort pour oublier la douleur sourde du cœur. Je ne veux pas pleurer... Je ne veux pas... La voix de mon meilleur ami me ramène à la surface de la terre. Sam évoque notre soirée de ce soir et propose qu'en lieu et place du bar, on reste à la maison devant un film, une pizza et du rhum. Je sais qu'affronter le monde dans un bar sera difficilement. On a déjà connu ça mais on ne s'en remet jamais. Surtout à cet âge où il paraît évident que le manque d'un enfant se fait ressentir. J'ai pas d'enfant et la mort de Myron éveille cette phobie de ne pas en avoir. C'est pire que la mort cette peur. Et mon job me le ramène en pleine figure. « Ça me va... » Je lui réponds avec un petit sourire triste. Il faut être fort maintenant. « Avoue que tu dis ça parce que tu baves devant ma collection de rhum. » J'essaye de rire mais il se meurt instantanément. Mon visage se décompose doucement et Sam décide de me prendre dans ses bras. Je sens que la digue cède. Et il m'offre la possibilité de craquer un peu. Je me laisse aller, pleurant tout mon soul durant le temps que  m'offre mon meilleur ami. « C'est qu'un ... enfant... » Ce sont les seuls mots que j'arrive à dire. Les sanglots m'étreignent trop. Ça fait du bien et mes bras posés dans son dos s'accroche à lui. Je ne veux pas le quitter. Je ne veux pas être seule. Je veux qu'il soit là ce soir. Je vais boire plus que de raison. Mais c'est pas grave, à ma manière, je vais exorciser Myron.

***

Le reste de la journée aura été étrange. Des interventions à gogo. Nous avons été là, nous avons sauvé des vies et Il n'y a pas eu de morts. Mais je ne peux m'empêcher d'être dans un état second. Je pense à beaucoup de choses. Myron a été un électrochoc et je réalise que l'âge avance. J'ai trente sept ans bon sang. Ça passe vite et l'instinct maternel s'en ressent encore plus. Je ne suis pas maman mais je suis humaine et ça y fait beaucoup. La journée passe plus vite que jamais et le soir arrive. J'ai proposé à Sam qu'on prenne la douche au taf. Histoire qu'on sorte propre et qu'on aille juste directement chez moi. Il ne reste plus qu'à se poser sur le canapé et à commander nos pizzas. À la fin de la journée, le moral finit par revenir. De toute manière, nous n'avons pas le choix. C'est juste le choc qui demeure grand au début et puis, il faut vivre avec. Le sourire est là, un peu crispé mais il est là. On arrive chez moi, je pose mes affaires, coupant le téléphone et en mettant la clé dans la serrure. Je n'ai pas envie que l'autre couillon arrive à l'improviste. J'ai pourtant décliné son invitation mais ne sait-on jamais. « J'ai pas envie qu'il débarque l'improviste. » Je déclare face à l'œil observateur de Sam. Même que je mets la petite chaîne à la con pour ne pas ouvrir la porte en grand. Je veux juste me vider la tête rien de plus. J'ai troqué mes vêtements de civile pour des vêtements plus amples et plus confortables. Et je m'affale dans le canapé comme une carpette. « Aaaaah... ça fait du bien. » Je tourne la tête vers Sam, le regardant avec un bien être proche de l'extase. « J'en ai rêvé toute la journée. » Mais ce soir, j'ai un invité VIP et ce n'est pas le moment de chômer. Je me redresse doucement et prends la bouteille de rhum. J'ai déjà préparé les bouteilles et les verres en arrivant. Alors maintenant, il n'y a plus qu'à se servir. Cette fois-ci, point de jus de fruit, d'ananas, de coca. On boit pur. Je lui tends le verre, prends le mien. Il y vient le moment solennel de trinquer. « Cette fois-ci, je vais être sérieuse. Après cette journée de malade, je crois qu'on va éviter de trinquer à la santé des autres. On va juste se contenter de trinquer pour ... nous. » Un sourire timide s'étire sur mes lèvres, je sens mes joues rougir parce que c'est pas mon fort les déclarations. « Alors sache que je suis contente de bosser avec toi. Je n'aurais pas pu rêver mieux comme coéquipier. Je trouve que nous sommes une bonne équipe a tout point de vue. T'es parfois chiant, je suis toujours obligée de te reprendre... » A ce stade, j'ai commencé à rire. « Tu fais toujours de la merde, tu roules comme un fou et tu schlingues la virilité quand tu transpires... Mais je ne te changerais pour rien au monde! » On finit par trinquer et je bois mon verre cul sec. J'avais soif et je crois que j'ai bien besoin de planer un peu. « Tu veux quoi comme  pizza? » Je demande plus tard en regardant le dépliant du pizzaiolo se trouvant non loin de chez moi. Après quelques verres pour être bien, je découvre combien je suis affamée. Je pourrais manger trois pizzas d'un coup!
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Sam Haynes
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MessageVen 30 Sep - 18:15


Il n'y a pas de formation pour ça. Il n'y pas de cours particulier pour ça. La mort, on l'apprend sur le tas. L'injustice, on la ressent sur le tas. La culpabilité, elle apparaît sur le tas. L'impuissance, on la rencontre sur le tas. Personne ne pouvait prétendre aider à comprendre les émotions que l'on pouvait ressentir dans ces moments-là. Personne. La première fois que Sam avait eu affaire à la mort, il avait à peine 23 ans, et il débutait dans le métier. C'était un accident de la route. Un terrain accidenté si immense qu'il n'avait pas pu échapper à ce massacre, toute aide étant la bienvenue. Il avait tremblé tout du long. Il avait désiré être ailleurs tout du long. Il avait eu envie de vomir tout du long. Il avait regretté de s'être engagé dans ce métier tout du long. A la fin de la journée, il s'était senti las et les diverses émotions qui le traversaient menaçaient d'éclater à n'importe quel moment - il ignorait jusque comment. Son responsable - à présent chef - s'était installé à ses côtés de lui avait raconté sa première fois. Identique en tout point à la journée qu'il venait de vivre à son tour, cela lui avait permis d'évacuer le stress, la colère et le sentiment d'impuissance qu'il ne connaissait pas jusque-là. Il devait être préparé à la ressentir au quotidien à présent. Et c'était en cela que son responsable avait fait l'effort de s'installer avec lui. De partager son passé avec lui. Pour qu'il comprenne que, malgré les difficultés et tous les inconvénients du métier, les avantages et la reconnaissance valaient tout l'or du monde. Ça non plus, on ne l'apprenait pas en cours. Ça non plus, on ne pouvait pas l'apprendre par une tierce personne. Et lorsque Holly s'était engagée dans la même formation quelques mois après lui, il avait hésité à lui déconseiller ce chemin. Il connaissait sa sensibilité, sa vulnérabilité et sa joie de vivre. Mais devant son enthousiasme et sa détermination, il s'était incliné. Elle était aussi combative, forte et têtue comme une mule. Mais il ne l'avait pas préparée à ce qui l'attendait - laissant le destin faire son boulot et l'expérience prendre le relais. Lui aussi s'était installé à ses côtés, et lui avait parlé de sa première fois. C'était ainsi que ça fonctionnait. C'était ainsi qu'on s’entraidait. C'était ainsi qu'on ne finissait pas dans la dépression.

Cette fois-ci n'était pas différente. Cette fois-ci était une expérience difficile à rajouter à leur longue liste. Un nouveau drame. Une nouvelle impuissance. Un nouvel échec. Ce n'était pas le premier, et ce ne serait malheureusement pas le dernier. Devaient-ils se laisser aller et déprimer de toute cette horreur et cette injustice ? Devaient-ils s'empêcher de vivre pour autant ? A ses yeux, non, au contraire il leur fallait vivre chaque minute sans rien regretter. Profiter d'avoir la chance d'être en vie tant qu'on l'était. Holly avait la même philosophie de vie - ce qui rendait leur équipe parfaite car ils se comprenaient sans avoir besoin de se parler. Pourtant, il sentit une faille différente chez son amie. Comme si cette fois-ci était plus difficile que d'autres. Comme si cette fois-ci, elle aurait plus de mal à s'en remettre. Pour quelles raisons ? Il était incapable de se l'expliquer. C'était instinctif.

" Heureusement, demain on ne bosse pas - je crois bien que c'est une première d'ailleurs. Je veux dire qu'on a le même jour de congés dans la semaine, " dit-il tout en se rhabillant après avoir pris une bonne douche. Si les douches sont séparées, les vestiaires sont mixtes et l'endroit propice aux rapprochements et aux amitiés naissantes mais, là où pompiers et secouristes papotent et lancent des rumeurs. " Et heureusement, je suis pas de service ce soir, " ajoute-t-il en évoquant le Gato Negro. Il adorait y bosser, mais avec une journée pareille,  il remerciait le ciel de lui offrir un moment de répit pour se reposer - ou boire plus que de raisons avec sa meilleure amie pour oublier les malheurs de la vie. Dans ces moments-là, il réalisait à quel point c'était ridicule de se plaindre que Holly ne lui appartenait pas. " Comme d'habitude, je suis prêt avant toi, " lance-t-il avec un sourire taquin. " Je t'attends à la voiture, on ira directement chez toi. De toute façon je dois avoir encore des fringues qui traînent, " argumente-t-il ce fait étant comme une évidence pour eux, amusant pour ceux qui les entouraient. Il n'attendit pas qu'elle lui réponde, occupée à enfiler un t-shirt avec lequel elle semblait galérer - ce qui le fit rire - et s'installa dans la voiture après avoir salué les autres collègues. Il prit le temps de souffler, de pencher la tête en arrière un instant et d'évacuer le stress et la tension qui parcouraient ses muscles.

Dire qu'ils allaient bien était faux, mais ils avaient besoin de sourire et de prétendre que c'était le cas. Histoire de ne pas craquer et de ne pas sombrer dans la folie. C'était leur quotidien, ils avaient choisi ce métier et à leur manière, ils ne le regrettaient pas. Comme pour tout, il y avait du bon et du mauvais, des avantages et des inconvénients. " Tu n'as pas envie de le voir à ce point ? Ou tu crains qu'il ne me trouver à moitié nu sur ton sofa, " plaisante-t-il lorsqu'elle barricade la porte derrière eux. A vrai dire, il préfère tout autant que l'autre ne débarque pas à l'improviste. Il risquait de se dévoiler un peu trop après plusieurs verres d'alcool - et il n'avait pas envie de laisser parler sa jalousie. Et il était plutôt ravi que Holly ait choisi de passer cette soirée avec lui, il avait conscience que la journée avait été aussi éprouvante pour elle et qu'elle était - tout comme lui - très éprouvée. Et le choisir pour décompresser et penser à autre chose, oublier et faire le deuil, le flattait. Habituellement, elle se jetait corps et âme dans une relation torride - généralement un soir seulement - avec des hommes qui ne la méritaient pas. " Cette fois-ci, je vais être sérieuse. Après cette journée de malade, je crois qu'on va éviter de trinquer à la santé des autres. On va juste se contenter de trinquer... pour nous, " et il ne peut que lever son verre plein en signe d'approbation. Holly n'est pas du genre démonstrative - pas comme on l'imagine. Elle est tactile et ne se gêne jamais pour le prendre dans ses bras, lui ébouriffer les cheveux ou encore le tenir par le bras quand ils marchent dans la rue. Mais faire des discours, des discours sérieux et sincères, elle a plus de mal. Aussi l'écoute-t-il attentivement et se sent touché qu'elle se livre ainsi. Il a beau savoir qu'elle tient à lui, l'entendre est toujours agréable. " Tant de compliments, je suis presque gêné. Presque seulement, " dit-il avant d'avaler cul sec son verre. Grimace. Frisson. Et chaleur interne. " T'es pas mal dans ton genre aussi, Stevens. Et même si tu débarques quasiment chaque matin dans mon lit en faisait fuir les possibles femmes de mes rêves, je ne te changerai pour rien au monde non plus, " la taquine-t-il en souriant avant de les resservir. " On prend la totale. Poulet, fromage, jambon, je veux de tout - on n'a pas eu le temps de manger à midi avec cette journée de malade et je meurs de faim. Pas toi ? " A vrai dire, il se sentait capable de manger un boeuf entier tellement il crevait la dalle. Il ne lui restait qu'un pain au chocolat datant du matin et pour une bête comme lui, c'était ridicule. " J'ai l'impression que ça fait une éternité qu'on n'a pas passé de soirée rien que tous les deux, en fait. " Et à bien y réfléchir, c'est le cas. " Généralement, on part chacun de notre côté avec des conquêtes quelconques pour déstresser. Tu sais quoi ? Je suis content d'être rentré avec toi ce soir, " lui confie-t-il naturellement. Avant de beuguer, de se tourner vers elle et de sourire. " Je veux dire, c'est pas comme avec les autres - mais tu m'as compris. " Après tout, il devait être le seul à venir chez elle sans qu'elle ne souhaitait le voir dans son lit. Malheureusement.

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MessageLun 3 Oct - 21:48

Sincèrement, je n’aurais pas pu être mieux qu’en cet instant. C’est vrai on a eu une journée pourrie. Moralement, je me suis pris un sacré coup. Mais il faut tenir bon. Il faut continuer. IL faut rester fort pour ceux qui restent et ceux qui sont partis. Mais ça n’a rien d’évident et nous ne sommes que des humains. Ce soir, et plus qu’un autre soir, j’ai besoin de la présence de mon meilleur ami. J’ai besoin d’avoir quelqu’un que j’aime avec moi. Je n’ai pas envie d’être seule, pas envie de faire semblant à jouer à l’amoureuse transie avec quelqu’un que je ne connais pas tellement. Avec Sam, je peux être moi et bien que je taise la véritable nature de mes sentiments pour lui, je sais, qu’en sa compagnie, je vais passer la meilleure des soirées et que tout ira mieux demain. Dieu merci, on ne bosse pas parce que je compte me mettre minable. J’ai appris à exorciser mes démons ainsi. Vodka. Gin. Tequila. Ils sont souvent devenus des amis quand ça n’allait pas forcément bien. Et là, je n’ai nul besoin de ça. Il y a Sam. Mais bon, boire un coup, c’est souvent notre dada. Ça nous rappelle les souvenirs, les soirées ensemble, le nouvel an de nos dix-sept ans ensemble et ça, ce n’est pas rien. Et puis, c’est Sam, le même qui sait me faire hurler de rire alors que je suis en train de barricader ma porte d’entrée. Je songe même à caler une chaise contre la poignée afin qu’elle ne puisse pas trop descendre. Mais d’un autre côté, je me dis qu’il va me prendre pour une psychopathe. Pourtant, ce serait con que mon mec surprenne un autre mec à poil dans mon canapé. « Je tiens à préserver sa santé mentale Saminou. Imagine il voit ton corps de bel Apollon allongé sur mon divan… Il risquerait de se sentir tellement… démuni… » J’ajoute en venant dans sa direction, avec un grand sourire. Oui, parce qu’il faut le dire, je l’ai déjà vu à poil. Et ça a toujours été un régal pour les yeux. Cet homme est juste… Parfait de toutes les manières possibles et inimaginables. Mais il est inaccessible. La simple idée de ce rêve qui ne deviendra jamais réalité, suffit à m’attrister mais je me reprends bien vite et ne fais pas de cérémonie pour commencer la soirée.

Je nous serre et j’en profite pour porter un toast. D’ordinaire, je ne suis pas forcément franche mais là, j’ai besoin de dire combien je suis heureuse d’être avec lui, tous les jours. Il y a des amis qui ont du mal à se voir et moi, j’ai la chance infinie de pouvoir le voir tout le temps. Et ça, putain, c’est de l’or en barres. Il se dit presque gêné de mes compliments et pour seule réponse, il se mange une claque sur le haut du bras. « Hey, je t’interdis de te moquer ou je te finis à la moulinette, macho ! » Mais mon sourire ne rend pas la menace… menaçante ! Et puis, je cesse de respirer dès lors qu’il porte un toast pour moi. Et c’est émerveillé que je le regarde pendant qu’il dit des tas de choses gentilles. Je pourrais presque chialer mais je n’ai pas envie de pleurer, je veux juste parler, rire, chanter et surtout BOUFFER. Parce que j’ai tellement faim que je serais capable de bouffer un cheval entier. On s’interroge sur ce qu’on va prendre comme pizza. « On devrait en prendre une en plus. Juste au cas où la première ne suffit pas à combler notre faim. Parce que je te jure, j’ai tellement la dalle que je pourrais manger tout ce qui me passe devant moi. » Je me tais, l’observant d’un œil malicieux, de haut en bas. « Oui même toi cowboy ! » Et je rigole doucement. Non rectification. JE MINAUDE COMME UNE POULE. Et c’est dans un raclement de gorge que je me ressaisis. Sam choisit alors ce moment-là pour enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie, évoquant toutes ces nombreuses fois où on s’est réconforté séparément. Le scénario s’est souvent répété. Il est parti dans son coin, je suis partie de mon côté avec un gars qui n’aura jamais été Sam. La vie est triste. Alors pour la peine, je bois cul sec mon nouveau verre que je repose bruyamment sur la table basse dans un choc sourd. La vie est triste. Ouais. Ou pas je dirais. Est-ce l’effet de la tequila ou non ? Je n’en sais rien. En tout cas, je vois Sam se reprendre parce que de la manière dont il a dit, on a l’impression que je suis une conquête. Ce qui, en soi, ne me dérange pas. Enfin, peut-être que je le devrais ? Je n’en sais rien. Je bave tellement sur mon meilleur ami depuis si longtemps à vrai dire… Parce que j’ai presque comme une lueur d’espoir qui me vient alors. Je remplis de nouveau nos verres tout en appelant pour commander nos pizzas. Je prends même une pizza au nutella pour le côté gourmand. « Ils nous livrent dans une demi-heure. » Et je pose le téléphone avant de revenir m’asseoir. Je m’étale un peu plus. Ma pause pourrait être considérée comme sexy et je secoue même les cheveux comme si j’étais dans une pub de l’Oréal. « Alors… Comme ça… Tu me vois au même niveau que tes conquêtes ? Je suis bien surprise ! » Mon sourire s’élargit. Je le taquine bien entendu. Bon il est vrai que je crèverais d’envie que ce soit le cas, qu’il me voit autrement que sa simple meilleure amie. Mais bon, on ne peut tout avoir dans la vie. « C’est que tu es un vrai coquin dis donc ! » Et je ne peux me retenir de rire à gorge déployée. Je le regarde avec un regret plus qu’évident dans le regard. « Ah mon Saminou, quand tu t’y mets, tu les sors les unes plus belles que les autres. » Je remplis son verre et ajoute : « Tiens, je crois que tu as encore soif. Faudrait pas se déshydrater ! » Je bois mon verre un peu plus doucement mais je crois que le mal est fait et que la tequila, après une journée éprouvante et sans manger, a fait son chemin trop vite. « Mais tu sais moi aussi, je suis contente de ne pas être rentré avec un inconnu ce soir… » Et le petit raclement de gêne accompagne ces paroles tellement sensées à mes yeux.
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Sam Haynes
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MessageDim 9 Oct - 22:04


Il avait souvent eu des occasions d'avouer à Holly la nature de ses véritables sentiments. Aux bals de fin d'année, notamment car ils finissaient toujours par y aller ensemble - trouvant ces fêtes stupides et superficielles. Ils prétendaient y aller en tant qu'amis, alors que lui désirait l'embrasser et même danser avec elle. Il aurait été prêt à danser avec elle. Pour elle. Et c'était beaucoup dire car Sam ne dansait pas. Il gigotait et se trémoussait tel un dindon mais il n'avait jamais su danser correctement et dignement. Il avait passé des semaines à s'entraîner à l'aise de son grand-père - et ils avaient ri pendant des jours devant la maladresse et le cas désespéré qu'il représentait. Son grand-père avait moins ri cependant quand il lui avait avoué ne pas avoir eu l'occasion de mettre à exécution ses prouesses. " Je ne t'ai pas élevé pour être une couille molle mon garçon ! Non d'une pipe en bois, à mon époque c'était tellement plus simple. On invitait une fille, elle acceptait et on finissait toujours pas l'épouser dans l'année. Sam, " lui avait-il dit d'un ton grave mais Sam n'avait pu s'empêcher de rire face à la spontanéité de son papi. " Ne passe pas à côté de quelque chose de beau simplement parce que tu as peur, s'il te plaît. " Et il passait à côté depuis tant d'années qu'il avait fini par en prendre l'habitude. Fallait croire que la leçon n'était pas apprise et que sa peur était bien plus tenace qu'il ne voulait l'admettre. Il se rappelait souvent toutes ces occasions, lors de soirées arrosées où ils finissaient dans le même lit à moitié nus ou encore quand elle osait ouvertement le complimenter sur son physique ou sa personnalité. Il finissait toujours par se dire qu'il était son meilleur ami depuis toujours et qu'il était évident qu'elle l'aimait tel qu'il était, sans limite et sans gêne. Après tout, il l'aimait tout autant - juste plus qu'il ne le voudrait. Et à cet instant plus encore car elle tentait de cacher sa vulnérabilité et sa sensibilité sans parvenir à le lui cacher à lui. Il voyait clairement son besoin d'oublier et de penser à autre chose sous peine de craquer nerveusement et fondre en larmes. Il serait l'épaule sur laquelle elle pourrait se poser, l'oreille attentive dont elle aurait besoin pour exprimer ce qu'elle ressentait. Il pourrait être ce dont elle avait le plus besoin au monde à cet instant, il n'avait jamais rien désiré d'autre après tout même s'il lui était difficile de le reconnaître. " On devrait en prendre une en plus. Juste au cas où la première ne suffirait pas à combler notre faim. Parce que je te jure, j'ai tellement la dalle je pourrais manger tout ce qui passe devant moi, " prétexte-t-elle pour négocier une pizza en plus - comme elle le faisait souvent. Il arqua un sourcil avec une mimique amusé, ses propos pouvant prêter à confusion. Mais là où il pensait plaisanter, elle mit la barrière plus haute encore dans son délire. L'effet de cette idée fut instantané et gênant, d'autant plus que l'attitude de son amie semblait différente. Elle avait bon nombre de fois plaisanter sur le sujet, et il n'avait jamais vu là le moindre signe de vérité, pourtant elle souriait et rougissait - oui il en aurait mis sa main à couper elle rougissait même si elle tentait de couvrir sa gêne par de la désinvolture et une assurance qu'elle feintait. Hallucinait-il ? Avait-il tellement envie d'y croire qu'il percevait mal les signes qu'elle lui envoyait ? Il n'avait jamais cru une seconde possible qu'elle puisse éprouver une quelconque attirance pour lui, certainement pas sur le plan sexuel et encore moins sur le plan sentimental - gamins elle lui avait assez répété qu'il avait des dents tordues et qu'il ressemblait à un nounours qu'elle avait envie de garder près d'elle pour toujours. Était-ce le genre de choses que l'on disait à son potentiel amoureux ? Il en doutait. " Ah oui, à ce point ? Tu n'as pourtant pas bu tant que ça pour dire des bêtises de ce genre, " rit-il en avalant une gorgée de sa bière, non sans la quitter des yeux. Ce qu'il avait perçu quelques secondes plus tôt l'intriguait. Et il était bien décidé à en découdre - n'avait-il pas attendu suffisamment longtemps pour enfin trouver une réponse à ses interrogations et espoirs ? Il pensait tout de même encore que le choc de la journée, les émotions décuplées et la vodka y étaient pour beaucoup. " Si je te voyais comme mes conquêtes, Holly, il y aurait bien longtemps que je t'aurais mise dans mon lit, " rétorque-t-il avec une évidence même et une assurance certaine. De son côté, Holly semblait plus excitee6et énervée que d'habitude, le resservant et gigotant dans tous les sens. " Si j'avais su que l'idée d'être dans mon lit te faisait cet effet, je n'aurais pas hésité une seconde, " plaisante-t-il encore - toujours plus pour observer ses réactions. Pourquoi tentait-il de trouver des réponses ce soir ? Pourquoi après tant d'années d'hésitation et de doute se lançait-il ? Peut-être parce que, pour la première fois depuis des années, il avait perçu une possibilité dans le regard de la belle brune. Une possibilité qu'elle n'était pas indifférente. Une possibilité inespérée. Une possibilité tant attendue. Devait-il faire comme si de rien n'était et faire l'autruche ? Il n'avait plus envie de prétendre. Il allait sur ses 40 ans et bientôt les regrets seraient irréversibles et éternels. " Je sais pas si c'est la faim, la tequila ou moi qui te rend si nerveuse ce soir, mais tu ne tiens pas en place. Je te rassure, je n'abuserai jamais de toi. Sauf si tu me le demandes, " ajoute-t-il avec un clin d'oeil tout en finissant son verre d'une traite. La situation était plutôt comique et irréelle. Ils seraient trouvés maintes fois ainsi, ensemble seuls à siroter de l'alcool, mangeant des pizzas et plaisantant sur le reste du monde qui n'était pas eux. Sans jamais que ça ne dérape et qu'ils soient gênés. Pourtant son coeur battant la chamade, c'était inhabituel et nouveau. Il hésita quelques secondes après sa dernière révélation avant de répondre et de réagir. " Continues comme ça et je vais finir par croire que tu me veux vraiment dans ton lit, Holly. " Et plus si affinités ? Eut-il envie de rajouter. L'heure était aux vérités et pourtant il avait dû mal encore à avouer celle-ci, la plus importante de toute. Oui, il la désirait. Oui, il pouvait le lui avouer. Le lui prouver. Oui, sexuellement ils vivraient sans nul doute quelque chose d'extraordinaire. Mais était-ce la seule chose qu'il voulait ? " Et tu sais quoi ? " demande-t-il finalement, pris d'une soudaine impulsion. " J'en ai un peu marre de prétendre que ça me gênerait, " avoue-t-il enfin en se redressant pour l'approcher. Lentement. " Tu n'as qu'un mot à dire, et j'arrête. Qu'un mot à dire, et on oublie que je suis en train de m'approcher de toi pour t'embrasser. Qu'un mot à dire et on passe une bonne soirée à boire, se goinfrer et rire du monde qui nous entoure. " Il lui offrait la possibilité de dire non.  De le repousser. De le gifler même. Le plus dur serait qu'elle éclate de rire en lui demandant s'il plaisantait. Il avait totalement oublié, égoïstement, qu'elle était en couple et que sa démarche pourrait la mettre dans l'embarras. Lui aussi avait eu une journée éprouvante et sans nul doute que ce trop pleins d'émotions, de prise de conscience, l'avait secoué plus que de raison. Il n'était qu'à quelques centimètres de ses lèvres qu'il rêvait d'embrasser depuis des années. La tension était palpable et il avait l'impression que son coeur allait exploser, aussi certainement qu'une autre partie de son anatomie - et il en était gêné pour la première fois de sa vie ! Rien n'aurait pu l'arrêter. Sauf la sonnerie de la porte d'entrée. Annonçant que leur repas était arrivé.

Putain de merde.

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MessageLun 24 Oct - 14:49

Mon dieu.. Mon dieuuuu. MON DIEUUUUUUU. Et non, je ne suis pas en train de chanter, dans ma tête, la chanson d'Edith Piaf. Je suis en train de me répéter cela mentalement parce que je crois que c'est la seule chose qui me vient à l'esprit. L'air autour de moi semble se raréfier. Et j'ai très chaud tout à coup. J'ai l'impression que les vêtements que je porte sont en laine alors qu'à la base, je suis simplement vêtue d'un short et d'un t-shirt un poil trop grand pour moi. Oui, je sais, ce n'est pas suffisant pour me donner chaud et aussi, ce n'est absolument pas sexy. Mais je pars d'une principe que la sexytude - autrement dit l'attitude sexy 'spèce d'inculte va - ne se tient pas par la petite culotte que je porte. Bien au contraire, être sexy, c'est un mode de vie. C'est se promener les cheveux au vent, vêtue de ma tenue de secouriste, le regard confiant et le sourire mutin. Mais là, avec Sam, je n'ai absolument rien d'attirant. je suis chez moi. Je suis assise en tailleur, façon première de la classe, la gueule en vrac et en plus à moitié pétée par la téquila. Tout ça pour dire, que je fais de la peine, mais je ne fais plus attention. A vrai dire, je ne sais plus trop quel jour on est, pourquoi je bois et mange un pizza et pourquoi AUSSI je passe mon temps à dire autant de merde avec Sam. Franchement, mes allusions sont plus que lourdingues et dans deux minutes, si je n'ai toujours pas fermé ma gueule, je vais lui sortir ce mythique "ta mère est une voleuse, parce qu'elle a volé toutes les étoiles pour les mettre dans tes yeux". Je suis en train de le draguer de façon outrageusement évidente. Franchement, je devrais me taire, inspirer, expirer, aller dans ma chambre, m'allonger en PLS entre le lit et l'armoire tout en attendant que la mort arrive. Mais non, nous sommes comme dans ces films romantiques où la greluche est incapable de se la fermer ou le greluchot, lui, rentre dans son jeu. Parce que Sam, déjà, a employé deux fois le terme "mettre quelqu'un dans son lit" autrement dit MOIII. Et qui plus est, la deuxième fois, c'est parce que j'y suis allée tellement franco que franchement...
Voilà...

Je continue de minauder, rougissant un peu trop. Je trifouille le bas de mon t-shirt parce que je ne suis plus capable de rien. "Il fait chaud, dis donc!" Et je secoue mes mains comme un ventilateur en regardant la télé, allumée et bloquée sur un programme devenu insignifiant. "Et tu sais quoi?" J'ai un réflexe si fort que je tourne la tête dans sa direction en m'exclamant: "Ouiiii?" Et là, Sam me fout sur le cul lorsqu'il dit en avoir marre de prétendre qu'aller plus loin le gênerait. Mon sourire se fige, le laissant continuer à parler tandis qu'il se redresse pour se rapprocher de moi. Et c'est à ce moment-là que je réalise que s'il s'approche de moi, s'il laisse son souffle rencontrer le mien, s'il laisse ses lèvres aller à la rencontre des miennes, je pourrais avoir ce que je désires le plus dans ma vie. "Sam..." Ma voix n'est que murmure et je déglutis avec difficulté. Je l'observe comme je ne l'ai jamais regardé auparavant. Un regard empli d'une vérité et puis de peur. Oui, j'ai tellement idéalisé cet instant que je me dis que je me fais des idées, que c'est la téquila mais au fur et à mesure que l'espace se raccourcit, mes idées ne sont plus très claires. Juste un mot et il arrête. "Juste... un... mot... mais je .. ne sais ... pas... quoi... dire...Enfin... J'ai... pas... envie ... de dire... quoi.. que ... ce ... soit..." Je murmure comme l'asmathique dans Malcom, fermant les yeux comme une adolescente prépubère qui va recevoir son premier baiser. Je sens sa respiration un peu plus forte que d'habitude sur mon visage. Je vais embrasser Sam! Oh putain de bordeeeeeel. Et alors que je croyais que je réaliserais le rêve de ma vie, la sonnerie de la porte d'entrée se fait entendre, me faisant sursauter comme jamais. Mon rêve se brise immédiatement quand mes yeux se rouvrent et que je réalise qu'il est en face de moi. "Euh..." Je déglutis ne décrochant pas mon regard du sien. "Je vais aller chercher ... le repas..." Et je me redresse d'un bond, prenant des billets traînant sur la table. Je suis rouge comme une pivoine, j'ai chaud et je suis très en colère contre le connard qui sonne. La porte s'ouvre en grand sur une Holly au regard noir. Je prends les pizzas sans un mot, lui colle un billet de cinquante dollars sur la poitrine et le pousse légèrement pour qu'il dégage avant de refermer la porte dans un claquement sonore. Je ne me retourne pas de suite fixant le blanc de la peinture. Je ne sais pas ce qu'il faut que je fasse, dois-je hurler, pleurer? Mon dieu... Mais qu'est ce qu'il se passe? Pourquoi, tout à coup, tout change, pourquoi ce soir et pas un autre? Pourquoi... J'entends un bruit de mouvement au loin, dans le salon. Et je finis par tourner les talons avec mes pizzas dans les mains. Mon coeur bat la chamade et je ne sais pas ce que je vais voir ou entendre. Il dira qu'il est désolé. Il s'en ira peut-être et cette idée suffit à me faire monter les larmes aux yeux. Non.. Non... Je ne veux pas qu'il s'en aille. C'est impossible. Ma cadence s'accélère et je déboule avec les pizzas face à un Sam debout qui m'attendait. Mon regard cherche le sien. Et tout devient clair. Enfin pas trop, parce que je suis bleue mais suffisamment pour que je pose les pizzas sur mon buffet, pour que j'aille dans sa direction et l'embrasse fougueusement, mes bras s'enroulant autour de lui. Je crois que j'ai rêvé un nombre incalculable de fois la manière dont on s'embrasserait. En grande romantique, j'avais toujours imaginé une scène pareille à N'oublie Jamais. Sous la pluie, parce que c'est mignon. T'es trempé, ton maquillage coule mais c'est pas ça le plus important, je dirais. C'est surtout que comme on est habillé et trempé, il faut se déshabiller... OH YEAH. Mais en l'occurence, ça ne se passe pas ainsi. On est pas trempé mais j'ai plus d'expérience qu'une Rachel McAdams des années 20, et donc mes doigts descendent le long de son torse, effleurant ce corps tant de fois admiré mais jamais touché, se glissant sous son haut pour m'accaparer et m'enivrer un peu plus de la douceur de sa peau contre la paume de mes mains. "Je te veux Sam... Je te veux maintenant..." Mes lèvres murmurent ces mots contre les siennes. "Tout de suite....".
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Sam Haynes
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MessageMar 25 Oct - 17:04


La faire bégayer. La faire rougir. Lui faire battre le coeur plus fort. La voir chavirer. Tout ce dont il avait rêvé, et plus encore. Il avait eu l'impression d'halluciner en percevant ce désir évident qui transparaissait dans ses traits - avait-il été aveugle tout ce temps-là ou se découvrait-elle aujourd'hui même un intérêt pour lui ? Il ne parvenait pas à croire qu'il eut pu être aveugle un jour la concernant. Non, il aurait forcément perçu cet intérêt-là puisqu'il avait tant voulu lui inciter ces émotions et ces sentiments. Pourtant, ils étaient plusieurs à lui avoir répété maintes et maintes fois que la jeune femme le considérait bien plus que comme un simple ami. Cela dit, un intérêt sexuel ne voulait pas forcément dire qu'elle le considérait plus que comme un ami, pensa-t-il. Il secoua la tête pour reprendre ses esprits avant qu'il ne perde la tête. Le désir s'était emparé de lui aussi soudainement qu'une bouteille de whisky l'aurait rendu saoul. Il aurait aimé avoir les idées claires avant de poursuivre plus loin ce qu'il avait engagé avec Holly ce soir - car clairement, c'était engagé. Son souffle saccadé et ses joues roses ne démentaient pas. Cette fois, il ne pouvait pas nier l'évidence ni prétendre que les autres avaient tort. Il ne pouvait pas se cacher derrière leur amitié pour expliquer sa réticence à lui avouer ses sentiments. Il ne pouvait pas se cacher derrière des excuses bidons pour éviter d'avoir à faire face à son désir ardent. Car il se consumait pour elle, il le réalisait d'autant plus à cet instant que tout son corps lui faisait mal à crever tellement il touchait au but. Enfoiré, le but n'était pas seulement de toucher le corps de Holly, l'embrasser à perdre la raison et lui faire l'amour une nuit entière - le but était qu'ils étaient faits pour être ensemble. L'aimer pour toujours, elle et personne d'autre, et être aimé d'elle pour toujours, d'elle et personne d'autre. Était-ce si évident à dire cela dit ? Était-ce si simple à admettre ? Il s'était écoulé à peine cinq minutes le temps qu'elle aille chercher les pizzas tant attendues et à présent tant oubliées, et qu'elle revienne près de lui. Il aurait aimé trouver les mots adéquats pour expliquer ce qui venait de se passer - en plaisanter ou sérieusement se dévoiler ? - mais il ne sut quoi dire, la gorge nouée et le coeur battant. Ce ne fut que lorsqu'elle déposa les pizzas comme elle le faisait avec ses propres vêtements après une journée harassante - les jetant comme de vieilles chaussettes partout dans la pièce sans se soucier d'où ça tombait - et qu'elle se précipita sur lui qu'il respira de nouveau. Sentir ses lèvres sur les siennes, enfin ! Sentir ses mains sur sa peau, enfin ! Le temps qu'il réalise que Holly était en train de le tripoter et de l'embrasser fiévreusement, il s'écoula plusieurs secondes, voire plusieurs minutes. Loin de la repousser, au contraire, ses mains vinrent se poser sur sa nuque et sa hanche pour la maintenir contre lui, et ses lèvres ne cessèrent pas un instant de jouer avec celles, pulpeuses et délicieuses, de la jeune femme. S'il était délicat et hésitant au premier abord, la fougue de la jeune femme et son désir plus qu'évident à présent pour lui lui firent perdre la tête. Trop longtemps. Un désir trop longtemps frustré. Il avait l'impression que plus il l'embrassait, plus il en aurait envie et c'était grisant, nouveau et trop fort. Trop, trop d'un coup. Pourtant, il ne parvenait pas à s'arrêter. Sa main se perdit dans ses cheveux, l'autre sous son t-shirt trop ample. La peau de sa meilleure amie le brûlait mais il ne pouvait tout simplement pas arrêter de la toucher - il aurait maudit quiconque l'aurait forcé à stopper. " Bon sang Holly... " dit-il dans un souffle tandis qu'elle tentait d'une main tremblante de lui ôter son t-shirt. " J'en ai envie depuis trop longtemps, " souffle-il de nouveau, faufilant ses mains sous son t-shirt et caressant sa peau douce, lentement mais sûrement il les fit remonter jusqu'en haut de son dos pour les faire redescendre. Quand elles atteignirent son postérieur - Dieu qu'il avait rêvé pouvoir le toucher un jour ! - il la souleva de terre et se dirigea vers le canapé, le lit étant trop loin à son goût. Peu importait qui ils étaient à présent. Peu importait qu'elle soit sa meilleure amie. Peu importait qu'il soit son meilleur ami. Peu importait qu'ils agissaient sous l'effet des émotions de la journée et qu'il leur fallait réfléchir aux conséquences de leurs actes. Peu importait qu'ils fassent les choses à l'envers - qu'il aurait dû l'inviter à dîner, attendre qu'elle rompe avec son abruti de petit copain ou qu'il l'embrasse passionnément devant chez elle avant de rentrer chez lui. Ils étaient là. Et ils avaient envie l'un de l'autre - et rien d'autre n'avait d'importance. Il ne se lassait pas de la toucher, de la faire frémir et frissonner, de l'entendre soupirer son nom et de sentir ses mains sa peau, provoquant un désir plus ardent encore. Il lui ôta son t-shirt, devenu trop gênant, et n'hésita qu'une énième de seconde avant de goûter au parfum de sa peau - trop longtemps désirée. Il frôlait sa peau de ses doigts, pour la caresser plus intensément la minute d'après. Lui-même avait les joues en feu et se sentait trop à l'étroit dans ses vêtements, mais avant de perdre totalement la raison, il fit un effort surhumain pour la regarder droit dans les yeux. " T'es sûre ? " dit-il d'une voix rauque, trahissant toute volonté d'arrêter. Clairement, il espérait qu'elle dirait OUI et ne souhaitait lui offrir qu'une échappatoire illusoire avant de partir de nouveau à la conquête de son corps. Lui faire l'amour était tout ce dont il pouvait penser à cet instant. Et une fois l'obstacle de leurs vêtements effacé, c'est avec frénésie et passion qu'ils explorèrent mutuellement leurs corps, tant désirés par l'un et l'autre depuis trop longtemps, et qu'ils ne firent plus qu'un.

***

Et c'est une fois que le désir est assouvi et que la passion est consumée que l'on reprend ses esprits et qu'on réalise ce que l'on vient de faire. Le coeur toujours battant, la peau moite et totalement épuisé, il n'ose pas bouger. Allongé sur le corps aussi inerte que le sien de Holly, il a l'impression d'avoir parcouru un marathon. Avait-il connu expérience aussi intense et aussi satisfaisante ? JAMAIS. Et pourtant, il en avait de l'expérience. Et il en avait connu des "excellentes". Comment pourrait-il jamais faire l'amour à une autre femme après ça ? Quel idiot ! Devait-il se lever, la libérer, se rhabiller ? Ah, c'était simple de penser au sexe et de se laisser aller dans la passion, mais y avait plus personne après pour prendre ses responsabilités. Il se souleva légèrement, plaçant son front contre celui de la jeune femme, dans un geste réconfortant. " Désolé... je sais que je ne suis pas un poids plume, " dit-il en souriant, riant à moitié, " j'ai besoin d'une minute pour retrouver l'usage de mes jambes, " avoue-t-il naturellement. A vrai dire, il attend surtout un signe, un geste, un mot de la part de la jeune femme qui l'orienterait sur la conduite à tenir - car pour la première fois de leurs vies, ils sont en terrain inconnu.


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MessageSam 5 Nov - 11:51

J’ai laissé parler mon cœur, franchissant le cap dans notre relation. Il est vrai que j’ignore ce qu’il découlera, comment on réagira au lendemain. Mais à la rigueur, je dirais que je m’en fiche. Mes émotions me dictent de franchir cette étape. Je suis affamée, je suis bouleversée émotionnellement. Et boire aussi vite de la tequila n’aide pas. En réalité, si cela change aujourd’hui, c’est uniquement parce qu’il y a eu tant de coincidences venant se mettre sur mon chemin. Je crois en la fatalité des destins, en cette logique de se dire que tout est écrit, que la vie nous fait emprunter tant de chemins nous menant parfois des chemins plus escarpés, pentus ou en descente. Parfois, on va droit au mur, on est sonné mais dans notre douleur, on se rend compte qu’il y a un autre passage. Ainsi est la vie. Je dois, cependant, dire qu’avec Sam, je ne pense pas, sur le moment, à aller droit dans un mur. Je songe uniquement à l’instant présent, à la fatalité de nos vies. Il fallait que ce soit ce moment, il fallait que j’exorcise ma peine et l’horreur de ce matin. Avec du recul, plus tard, je me dirais que c’était une erreur. Mais pourquoi me le dire maintenant quand tout prête à ce que ça arrive. Je ne réfléchis plus, je laisse mes pulsions prendre le dessus. Et le plus beau dans tout ça, c’est que Sam me confirme en avoir tout autant envie. Il n’a pour seule réponse qu’un sourire de ma part. Mais pas un sourire moqueur, taquin ou condescendant. Non juste le sourire d’un bonheur intense, un sourire de femme amoureuse qui se collera un peu plus contre lui. Mon corps s’électrise au contact de ses mains et je me laisse être soulevée, appréciant un peu plus cette proximité nouvelle. Je ne sais pas où il m’emmène quand je sens qu’il se déplace. Mais je retrouve bien vite la sensation d’être allongée sur une surface moelleuse. Je devine par l’étroitesse que je suis sur le canapé mais qu’importe, je n’ai dieu que pour Sam et son regard de braise, ses lèvres partant à l’assaut des miennes. Cependant, il finit par me demande si je suis vraiment sûre de moi, de ce que nous sommes en train de faire. Mue par un instinct d’amour et d’envie ardente, je ne réfléchis pas longtemps. Mon cerveau est fatigué de sa journée, il ne cherche pas à comprendre. « J’ai jamais été aussi sûre de moi… » Et mes lèvres plongent vers les siennes. Et je suis alors happée par l’étreinte de son corps bougeant à l’unisson avec le sien, transportée par un plaisir désormais assouvi. Je crois que je n’ai jamais autant pris mon pied avec quelqu’un. Il est certain que je me suis laissée emporter par cet amour me faisant vibrer. Je me trouve dans un rêve éveillé où je sens le cœur de Sam battre contre le mien. C’est si beau que je pourrais en pleurer.

***

Nos corps repus restent liés par le seul contact de nos peaux collées l’une à l’autre. Mon cœur bat encore la chamade et ma respiration est saccadée. Je garde les yeux fermés, un sourire aux lèvres avant de les ouvrir, je ne réalise sans doute pas encore bien. C’est Sam putain ! Je viens de faire l’amour à mon meilleur ami ! Mais mon cerveau est encore embrumé de cette tequila, de ce tourbillon de plaisir m’ayant saisie. Je suis sur un petit nuage. Ceci dit, je me dis que je redescendrais sur terre au lendemain. En attendant, Sam pose son front contre le mien. Il s’excuse d’être lourd, ce qui me fait rire. « T’inquiète, ça ne me dérange pas.. » Ma main se lève et caresse doucement sa joue râpeuse. Si je pouvais recommencer, oh mon dieu… Mais bien sûr que oui. J’en redemande encore et encore. Encore nébuleuse, je me contente de rire pendant qu’il retrouve l’usage de ses jambes. « Prends pas trop ton temps non plus… J’ai trop la dalle. Et je sais pas toi, mais les pizzas sentent vraiment trop bons ! » Et finalement, l’appel du ventre est plus fort que tout. On finit par se redresser, et je me lève sentant que mon corps vacille légèrement. « Ouuuups ! » Je m’exclame en me rattrapant in extremis. Et là, j’éclate de rire à nouveau. Mhhouiii.. Je crois que je suis encore bien au dessus de mon corps haha ! Je prends nos pizzas et les amène – toute naked – sur la table basse avant de me poser à côté de Sam. J’enfile juste ma culotte et mon t-shirt et n’attend plus pour bouffer comme une porcasse ma pizza. Je la dévore et tout semble être naturel… Un vrai couple quoi. Sauf que voilà, c’est mon meilleur ami et je tôt ou tard, je ferais face à toutes mes peurs le concernant. C’est vrai quoi… Je n’ai pas envie de perdre Sam. J’y tiens comme à la prunelle de mes yeux et le perdre me fera beaucoup de peine. Aussi, je m’installe confortablement dans mon état d’éthylisme avancé, riant avec lui, m’amusant, laissant parfois mes lèvres rejoindre les siennes. Je dirais que je passe la meilleure soirée de ma vie. Et puis, une fois repus, c’est tout naturellement que mon corps vient se fondre au sien à nouveau, que ma main se glisse dans la sienne afin de l’amener vers mon lit. Et si la première fois, c’était un mélange de passion et de frénésie, cette fois-ci, c’est doux, c’est plein de gestes tendres. Nos corps s’unissent, encore une fois mais tout est différent. A bout de force, je finis par m’endormir dans les bras de Sam.

***

Je finis par me réveiller, éblouie par les rayons du soleil. Je n’ai pas fermé les volets. Et je sens un bras m’enserrer. Je ne dis rien, me contentant d’ouvrir un œil, de sentir mon crâne être plus que jamais lourd. « mmhh.. » Je marmonne d’une voix d’australopithèque. Et je tourne la tête pour me rendre compte qu’à côté de moi, se tient Sam, endormi. OH MY FUCKING GOD. Qu’est-ce qu’il fait là ? Et pourquoi, il est torse nu ? C’est pas que le paysage soit moche mais quand même, le peu que j’ai bougé, je me suis aperçue que je ne portais AUCUN vêtement. Et là, tout me revient. La soirée. Les pizzas. Nos ébats. OH MON DIEU. Je me redresse tout à coup en m’exclamant : « PUTAAAAAAAIN ! » Le drap glisse et je le relève pour me cacher la poitrine. « Sam, mon dieu !!! Mais qu’est-ce qu’on a fait ?! » Je hurle ce qui réveille le gros nounours se trouvant dans MON lit. Je décide de sortir carrément du lit et enroule le drap autour de moi, affichant la nudité de Sam. « Oh mon dieu !!! » Je hurle en cachant le visage de mes mains. Voilà que je deviens prude. et choquée.
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Sam Haynes
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MessageLun 7 Nov - 7:52


S'il avait su qu'elle serait consentante - et même plus encore - il n'aurait sans doute pas attendu si longtemps avant de se lancer. Mais était-ce vrai ? Il serait du longtemps voilé la face quant à ses sentiments, sans doute n'aurait-il rien tenté du tout. Cela faisait des années et des mois que Mia le considérait déjà comme en couple avec sa meilleure amie, le forçant sans cesse à être honnête avec lui-même et à accepter ses sentiments. Les affronter. S'il préférait les taire et prétendre qu'ils n'existaient pas, c'était bien pour éviter de perdre la seule femme qui avait réellement compter dans sa vie. Il n'avait pas connu sa mère - son père lui répétant sans cesse que c'était sa faute d'ailleurs - et même s'il n'était pas du genre à se laisser aller et à se laisser abattre, il devait reconnaître que la culpabilité ne le quittait jamais. Holly avait été la seule fille - et maintenant femme - à lui apporter ce réconfort que personne d'autre n'était parvenu à lui apporter. Mia avait joué son rôle bien sûr et même encore maintenant, la jeune femme avait une place plus qu'importante dans sa vie. Malheureusement - ou pas ça dépendait de quel point de vue on se positionnait - il ne pouvait rien contre ses sentiments. Il n'avait pas su aimer Mia comme elle le méritait et comme il le voulait. Il n'avait pas su construire sa vie avec une autre femme parce qu'il en aimait indéniablement une autre. Malgré tous ses efforts et toute sa volonté, il n'était pas parvenu à combler ce vide et à oublier la jeune femme. Il avait fini par comprendre que cela n'arriverait sans doute jamais. Qu'il était destiné à finir seul, à défaut de lui avouer ses vrais sentiments. D'affronter la réalité. Pourquoi ce soir, tout changeait ? Pourquoi osait-il enfin être honnête et sincère ? Pourquoi n'avait-il plus aucun doute ? Pourquoi ce soir, et pas avant ? Pourquoi ce soir et pas un autre ? Certes, ils avaient eu une journée éprouvante. Certes, ils avaient bu - surtout Holly. Mais ce n'était pas la première journée éprouvante et difficile qu'ils vivaient ensemble. Et ce n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient chez elle, à boire. Ils n'avaient plus eu envie de réfléchir, plus eu envie de mentir, plus eu envie de se restreindre. Peut-être était-ce aussi simple que ça. Peut-être que le destin le voulait ainsi et qu'il valait mieux ne pas se poser de questions. Peut-être devaient-ils profiter et apprécier, sans se prendre la tête.

Mais au cri soudain de Holly au petit matin, les certitudes de la veille n'existaient plus et laissaient place au doute et à la réalité. Il n'était pas totalement réveillé encore, mais la réaction de sa meilleure amie l'avait sortie d'une sorte de torpeur qu'il n'avait pas envie de quitter pour l'instant. Il ne lui fallut que quelques secondes avant de réellement réaliser ce qui se passait. Les souvenirs de la veille lui revinrent tel un boomerang. La chaleur de sa peau, la douceur de son parfum et le plaisir intense qu'il avait ressenti à la toucher enfin. Et plus encore, ce sentiment d'avoir enfin trouvé la personne qui était faite pour lui - si des doutes avaient existé dans le passé, ce n'était plus le cas à présent. Sauf que les cris de Holly ne semblaient pas être d'accord avec ses idées à lui. Paniquée et - seigneur - horrifiée, elle se cachait à présent de sa nudité. " On a fait pleins de choses, ma belle. Pleins de choses qui ne semblaient pas te terrifier et te choquer, " répond-il dans son demi-sommeil nullement mal à l'aise de sa propre nudité. " Holly. .. S'il te plaît reviens dans le lit et cesse de hurler. Pourquoi tu paniques ? " finit-il par demander en se frottant le visage afin de se réveiller totalement. Contrairement à son amie, il était prêt à en découdre et à affronter la réalité des choses - sans stress et sans peur alors que celle-ci même l'avait empêché pendant des années à s'exprimer et à être honnête. " Holly, je sais qu'on a bu - beaucoup - mais ne me dis pas que tu ne te rappelles de rien. Et que tu regrettes, " dit-il en la regardant cette fois parfaitement réveillé. " Parce que moi je n'ai aucun regret, " avoue-t-il, sincère. Ils avaient mis tant de temps à sauter le pas, à présent fallait-il qu'il soit prêt et elle non ? Il refusait de le croire. Sans cela, aurait-il agi différemment la veille ? Elle était si réceptive et si expressive dans ses bras, il avait du mal à croire qu'elle puisse ne pas ressentir la même chose que lui. Pourtant, à mesure que le temps passait, le doute s’immisçait comme au bon vieux temps. " Je vais finir par croire que tu n'as jamais eu homme plus laid et plus nu que moi dans ton lit... dois-je te rappeler Mike Sanders ? " tente-t-il de détendre l'atmosphère avec un peu d'humour. " Je vais faire du café, " finit-il par décider en se levant et se moquant éperdument de sa nudité. Ils avaient pu en profiter toute la nuit, la gêne ne devait plus être de mise entre eux.

Alors qu'il s'affairait en cuisine, tout en réfléchissant et maudissant la machine à café qui ne semblait pas vouloir fonctionner, il l'entendit arriver derrière lui. Quelque chose le gênait et lui faisait dire qu'il n'aimerait pas ce qu'il entendrait. Il avait compris qu'elle n'était pas prête à accepter ce qui s'était passé. Qu'elle n'était pas prête à affronter la réalité. " Je vais aller me rhabiller et rentrer prendre une douche, " dit-il sans se retourner. Il attendit quelques secondes avant d'appuyer sur start. Que dire de plus ? Il craignait qu'il n'y ait rien d'autre à dire pour l'instant. Elle avait besoin de temps et d'assimiler tout ce qui s'était passé. Et finalement, lui aussi. Il la regarda un instant avant de retourner chercher ses vêtements. Quelques minutes plus tard, il était fin prêt et, pour la première fois en plus de 20 ans d'amitié se retrouva incapable de trouver ses mots. Après hésitation, il soupira et passa le pas de la porte - incertain sur l'avenir.


TOPIC TERMINÉ 

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Vraiment très peu pour être heureux. Il faut se satisfaire du nécessaire. Un peu d'eau fraîche et de verdure que nous prodigue la nature, quelques rayons de miel et de soleil.  ©️ by anaëlle.

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