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Acte II - It's hard to explain
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MessageLun 6 Juin - 3:44






Acte II - It's hard to explain
feat. Natalia

Le soleil printanier a pointé le bout de son museau depuis plusieurs heures déjà, juste pile poil à l'orée de son chemin circulaire habituel dans le ciel de la grosse pomme. Un fruit encore clairsemée ça et là de tâches intempestives et résiduelles de quelques derniers nuages nocturnes. Il a fait son perpétuel parcours d'Est en Ouest l'astre rondouillard; il s'est trimballé entre ces deux pôles sans déroger une seule fois aux règles immuables de mère nature, qui a imposé le réveil ancestral de l'être humain à cette femme épuisée. Jade n'a posé ses yeux sur ce bal terriblement incessant et d'une lenteur sans pareille qu'en ayant tenté vainement de fumer une clope ; juste avant de se rappeler que chaque paquet disponible dans ce nouvel appartement a soigneusement été caché, dissimulé, planqué par le maître des lieux soucieux de ne pas faire subir un tabagisme passif aux deux nouveaux êtres qui habitent désormais ici depuis presque 6 mois. Elle en fantasme à force de cet instant, elle le rêverait presque de pouvoir s'en délecter de cette foutue cigarette, de ce beau et long tube de papier bourré de plantes, de goudron et d'un tas d'autres substances bordelement nocives mais terriblement relaxantes. Elles lui manquent ces inspirations, cette façon de prendre son temps, de clore ses narines, de laisser des volutes de fumée toxique aller et venir dans ses alvéoles, les brûler, les détruire tout en imprimant sa chevelure de feu, nouée en une queue de cheval négligée dont des mèches désinvoltes tombent en cascade devant son front, d'une odeur âcre et froide. A la place de tout cela, elle n'a qu'un café, qu'une tasse à l'effigie de la petite sirène qui dégage des tourbillons de chaleur d'un breuvage noir et fort. Elle en soupire, se met en tête de trouver une cigarette coûte que coûte, quitte à fouiller dans les frocs sales d'un Elijah encore ronflant dans la chambre à coucher. « Il va falloir tenir votre langue les gars, parce que là, clairement, maman en a un grand besoin et papa va pas être content du tout, il risque d'être sacrément casse couilles si il sait que j'cherche dans ses poches. ». Elle murmure, leur souffle son agacement de ne rien trouver avant de choper le précieux sésame et de l'allumer à la fenêtre afin de finir de contempler toute l'effervescence de la ville qui commence à s'agiter devant elle. Elle regarde d'un œil presque fasciné comme toujours ce perpétuel mouvement. Les travailleurs qui entrent et qui sortent de leurs bureaux, les bouchons le long des routes qui se forment avant de s'évanouir et les métros qui débordent d'humains...
« Jade ? »  La jeune femme se retourne, jette sa clope par la fenêtre dans un geste machinal de panique tout en tentant de faire disparaître la fumée dans une nuée de battements de mains peu graciles et clairement gauches. « C'était qu'une clope ; une seule, les petits sont pas à côté puis merde j'en ai b'soin aussi ! C'est ...euh qu'est ce qu'il y a? » La mine inquiète du quadragénaire remplace le début de revendications syndicales de la rousse incendiaire. « C'est Dougall, il a été sévèrement touché cette nuit, Liam vient seulement de me prévenir. Faudrait que tu ailles jeter un coup d’œil pour savoir si il peut éviter l'hosto...Mackenzie les a laissé le mettre au Paddy en urgence. Ils n'osent pas le bouger. Je vais rester là avec les garçons si tu veux... » La famille de cœur remplace n'importe quelles petites querelles. La croix celtique tatouée sur leur main les démange fortement dans ces moments là. Et c'est donc sans hésitation que la jeune femme acquiesce tout en quittant son balconnet avant de se mettre brusquement à s'agiter.
Le salon, la cuisine, la chambre, la salle de bain, la cuisine et le salon. Retour à la case départ, encore et encore. Une fois, deux fois, trente fois. Un regard et puis une vingtaine sur l'horloge et les instruments de chirurgie basique fourrés dans un sac. Elle ne compte plus, vraiment plus du tout la répétition de ses gestes affolés qui essaient d'être rapides, précis et qui pourtant ne sont qu'un ramassis de conneries inutiles si on l'observe. Elle ne se rend même pas compte de cette java endiablée qu'elle exerce un peu partout dans l'appartement de ses pieds qui frottent le sol. C'en est limite jusqu'à s'en faire brûler les talons sur ce parquet froid et miraculeusement propre depuis la naissance des deux mômes qui gazouillent de la voir courir ainsi en cherchant son matos. Elle voit, aperçoit furtivement du coin de l’œil les murs l'entourer, la contourner, presque s'écarter, la laisser passer alors qu'elle avance encore et encore, tourne, vire et repart. Le paysage silencieux et austère des pièces d'un blanc douteux ne bouge pas autour d'elle, pas un meuble ne s'ébranle, pas un vêtement ne traverse ce chemin emprunté de plus en plus rapidement. Le gros chien noir sur le canapé n'est rien, il n'est qu'une ombre, qu'une masse qu'elle ne fait qu'apercevoir et pour qui elle doit être être agaçante dans son manège de mouvements aériens et angoissés mais Judas, le terre-neuve de 70 kilos, ne bronche pas, il ne remue pas même une seule de ses oreilles.
Les doigts courent le long des parois, frôlent les imperfections murales, les cloques de peinture et elle traîne une nouvelle fois jusqu'à la salle d'eau dans laquelle, cette fois-ci, elle reste pour de bon afin de retirer cette chemise masculine XXL tâchée de Nutella. La jeune femme se glisse dans la baignoire, laisse le bruit de l'eau l'asperger, retentir et l'envahir entièrement avant d'en finir en quelques secondes chrono et d'en attraper sa serviette tout en observant son reflet dans le miroir. Ses pupilles perçantes dévorent furtivement l'image de cet abdomen encore un tout petit peu rebondie en face d'elle, celle de ces cicatrices encore profondes des tortures infligées dans un passé malheureusement pas encore assez lointain... Elle ne se supporte guère mieux avec le temps, elle et sa grossesse passée ; elle et ces lacérations béantes fraîchement rosées, débarrassées à peine de leurs croûtes de sang...
Et puis, elle passe à la vitesse supérieur, ne s'attarde pas sur le négatif afin d’exécuter ses besognes importantes du jour. Jade s'habille, pique le manteau énorme mais chaleureux d'Elijah, claque la porte après avoir pris avec elle son sac médical. L'ancienne infirmière se tient droite, marche rapidement, s'arrête et se gratte élégamment le nez dans un air absent, laissant tomber son bras sans se soucier de son balancement violent contre sa hanche, attendant sagement les paupières gonflées de fatigue devant la rame du métro située à 200 mètres de chez elle et qui semble ne pas désemplir. Elle attend là, laisse les passants la bousculer elle et sa mine de bébé qui fait ses dents ; l’œil humide, les pommettes creuses, les joues tout de même rondes et la bouche en moue rosée qui contraste avec son teint plus pâle que d'ordinaire. Le métro s'arrête dans un crissement aigu, Jade grince la mâchoire sous ce bruit singulier, avance, s'assoit et colle son front contre la vitre dégueulasse avant de pouvoir sagement fixer en silence les lumières des tunnels régulières et passagères. Quelques minutes sans un mot, sans un regard pour le reste des personnes dans le wagon. Quelques minutes à profiter d'un calme quasi total avant d'entre apercevoir les premiers pilonnes d'une station en plein air qui sonne pour elle la course à la vie. Et elle descend, tout simplement, de cette boîte de sardine puante, et elle accélère de plus en plus le pas, ne traînant en aucun cas des pieds, laissant son pas naturellement traînard, gauche, saccadé et hautain au placard tout comme les couleurs excentriques de ses tenues. Elle est discrète dans ces moments là, pas d’œillades mutines et puériles, pas de sourires, pas d'étonnement enfantin devant quelque chose de nouveau dans le quartier. Elle reste dans son monde, dans son objectif, dans les premiers calculs d’étendue de la blessure et de morphine à piquer pour extraire à la pince la ou les balles logées très certainement non loin de quelques points vitaux. Elle oublie les environs, l'odeur de moisissure et de cuisine grasse qui lui parvint aux narines en approchant de ce quartier aux petites ruelles nombreuses. Elle marche jusqu'à l'entrée du Paddy dans laquelle elle rentre sans ménagement, défonçant tout sur son passage...oubliant que les hommes se trouvent dans l'arrière boutique.
Là, devant elle, Natalia descend les chaises des tables et se retourne soudainement sur cette arrivée fracassante qui verrouille d'ailleurs derrière elle. L'air con, l'ambre des iris parcours la pièce à la recherche d'un cadavre en devenir et d'un ou deux barbus jouant la virilité fragile à ses côtés...personne. « Ils sont où ? » Elle a hésité un peu mais bon après tout cette nana fait partie de la MOB non ?...






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MessageDim 12 Juin - 22:42

Acte 2 - It's hard to explain
Natalia & Jade
Till then I’ll be pouring out my soul. Just a few things I see with my eyes closed



Un lundi matin de plus ponctuer par le son strident d’une machine, un réveil compliqué alors que le jour est encore profondément endormi et que le sommeil ne semble pas vouloir se dissiper. Elle tape sur son réveil pour le faire, taire et éviter de réveiller l’enfant profondément endormie dans la pièce d’à côté puis se retourne et enfoui sa tête dans son oreiller en grommelant quelque chose que le tissu rend totalement inaudible, mais elle ne s’y attarde pas, le risque de sombrer dans la somnolence est trop bien trop grand et risqué. Il faut dire que la fatigue rythme particulièrement son quotidien ces dernières semaines et la rend irritable et grognon, si seulement elle pouvait avoir une nuit, une seule, sans interruption aucune, juste une nuit pour pouvoir reprendre son souffle, elle n’en demande pas plus. C’est sur cette pensée qui faisait chaque matin son chemin dans son esprit qu’elle se leva sans hâte, mais avec la ferme intention de passer une bonne journée.

Natalia se dirigea dans sa cuisine et alluma la cafetière avant de jeter un œil a la pendule suspendu de travers sur le mur et qui affichait 6 heures. Elle s’était déjà, à plusieurs reprises, fait la remarque, mais pour autant ne l’avais pas remis en place, ce n’était qu’un détail et elle n’était pas du genre bourrée de toc ou obsédé par le rangement et l’ordre, cela aurait été un peu compliqué avec son fils qui aimait à laisser traîner, chaussures, jouet, crayons de couleur et autres dessins un peu partout dans l’appartement, encore hier, elle avait retrouvé un crayon violet dans le réfrigérateur, allez savoir comment il s’était retrouvé là….elle sourit lorsqu’elle referma le frigo et déposa le jus de fruit sur le comptoir, elle avait une heure devant elle pour se préparer ensuite elle réveillerait le petit et la journée pourrait vraiment commencer. Une douche d’une bonne dizaine de minutes, c’était au moins ce qui lui fallait pour faire disparaître les dernières traces de fatigues de son visage, Elliott s’était encore réveillé deux fois cette nuit, elle avait l’impression d’être revenue cinq ans en arrière lorsqu’il ne faisait pas encore ces nuits et qu’il devait être nourrie toutes les trois heures, une période éprouvante pour toutes les jeunes mères, mais encore plus lorsque vous êtes complètement seule pour apprendre à vous occuper de ce petit être à qui vous avez donner vie. Ils étaient donc revenue en arrière, les nuits animées de pleurs et de cris, tout ca a cause d’une bande d’abrutis qui avait ce jour-là décidé de malmener de pauvres gens, y compris un enfant innocent pour quelque foutu billets verts. C’était un traumatisme latent, elle commençait seulement à comprendre que si elle-même avait pu se persuader que ce n’était qu’un coup de malchance, qu’elle était en sécurité, il n’en était certainement pas de même pour son enfant et il allait falloir qu’elle se résolve à l’emmener consulter une psychologue, encore fallait-il que son père soit en mesure de financer une telle chose, car elle, elle ne l’était pas. Elle se promit silencieusement alors qu’elle observait son reflet dans le miroir qu’elle appellerait son mari pour le lui en parler, ce n’était pas la première fois qu’elle s’intimait de le faire, mais depuis ce soir-là, elle avait plutôt eu tendance à faire profil bas et à se cacher derrière son travail, ses horaires décalés et la fatigue, c’était plus facile que de faire face à ce manque et ce qu’elle pouvait bien sentir ressurgir petit à petit sans être sûr que c’était quelque chose qu’elle souhaitait risquer une fois de plus.

Lorsque la jeune femme se fut coiffée, légèrement maquillée et avait enfiler un jean clair et un pull léger curieusement encore d’un blanc éclatant malgré les lavages répétés, elle reprit le chemin de la cuisine pour prendre et apprécier ces cinq dernières minutes de répit, c’était un instant qu’elle aimait toujours, en général, elle s’asseyait près de la fenêtre du salon et regardait le jour s’installer sur le Queens, les rues étaient encore désertes et New-York tout entière semblait encore dormir paisiblement, une oasis calme et orangée avant que le bruit, la foule et la vie ne reprenne possession de la grosse pomme tout entière.

7H l’heure pour elle de laisser derrière elle le silence et ses pensées les plus pesantes pour devenir une maman à plein temps, elle déposa sa tasse dans l’évier et se rendit dans la chambre de son fils, le réveillant doucement à grand coup de baiser et de mot doux chuchotés à l’oreille. Groggy et ensommeillé, le petit garçon marmonnait les yeux clos, mais avec un demi-sourire sur les lèvres, cela lui en rappelait un autre, mais a contrario de cette bouille qu’elle avait le loisir de contempler à l’infini chaque jour que dieu faisait, elle n’avait pas eu beaucoup l’occasion de voir l’autre depuis très longtemps. « Allez mon trésor, il faut se préparer pour l’école, maman va te préparer du chocolat pendant que tu enfiles tes habits ! Tu le fais tout seul ? » « naaan c’est toi maman. » « Je croyais que tu étais grand, mais j’ai dû me tromper. Elle fronça les sourcils et mima une moue réfléchie. Dans ce cas, je vais peut-être dire à oncle jo que tu es trop petit pour jouer aux jeux vidéo. Ca c’est sûr qu’il va être déçu ! » Elle tapa sur ses cuisses et se leva. « Je suis pas un bébé, je peux jouer aux jeux et je peux aussi m’habiller d’accord. » Elle lui adressa un sourire et plaqua ses poings contre sa taille. « Ahh je préfère ca, allez hop hop hop, je t’attend dans la cuisine. »

Lorsqu’il fut fin prêt à partir, Natalia traversa le couloir et frappa quelques coups à la porte de sa voisine et amie Ryan qui avait bien voulu déposer son fils à l’école pour 8 H 30, elle lui confia donc son bien le plus précieux, colla un baiser sur sa joue et un sur le front d’Elliot et fila prendre le métro. La rame comme d’habitude était pleine à craquer, l’heure de pointe avait montré le bout de son nez, amenant avec elle le flot de travailleurs tirés à quatre épingles, les adolescents en chemin pour asseoir une culture qui devrait formater leur avenir et les mères de familles débordés par les gesticulations de leurs enfants. Elle s’était calée dans un coin, regardant avec vigilance sa montre à mesure régulière, elle ne voulait pas être en retard, il était rare que la jeune femme face l’ouverture du Paddy, mais elle savait que cela demandait une certaine organisation et qu’il lui fallait donc être relativement ponctuel si elle ne voulait pas se retrouver emmerder pour gérer tout ca, toute seule.

Lorsqu’elle était arrivée et à sa grande surprise le bar n’était pas vide, une espèce d’armoire à glace barbue était en train de faire le pied de grue assis au bar, un verre devant lui. « Je peux vous aidez ? » Elle fronça les sourcils et se figea devant lui les mains sur les hanches. « Pose pas de question ca sera déjà pas mal et interdiction d’aller fouiner dans l’arrière-salle si tu veux pas que ton boss te foute dehors ? capish ? » Lui répondit-elle avec un air menaçant qui ne l’effraya pas une seule seconde, en déposant le trousseau de clé du bar devant lui. Elle leva les mains devant elle et roula des yeux. « Pas que ca m’intéresse de toute façon, par contre je vais avoir besoin de deux trois trucs dans l’arrière-salle et puisque je ne peux visiblement pas me rendre à votre petite sauterie, je vais me contenter de faire une liste de ce qu’il faut me ramener, donc balai, pelle, chiffon et le produit bleu, oh et une caisse de bière. » Il leva les sourcils et se renfrogna. « Je suis encore censé ouvrir non ? » Elle passa derrière le bar, posa son sac et sa veste et commença à vider le lave-vaisselle. « Ouai, je vais aller te chercher tes trucs, t’as cas user de ton temps pour me resservir un verre. » Elle secoua la main dans sa direction, non sans s’arrêter dans ses tâches pour lui signifier que oui et l’entendit disparaître derrière. Elle termina sa tâche, et entrepris de descendre les chaises des tables quand une tornade rousse pénétra par la porte qu’elle avait oublié de verrouiller en arrivant. La Suédoise s’interrompit et la regarda pendant quelques secondes, elle savait très bien qui elle était, elle l’avait vu à plusieurs reprises traînée au Paddy avec celui qui était désormais son nouveau patron, si elle avait bien compris, mais jusqu’ici rien n’avait été officiellement dit aux membres du personnel. Natalia s’empressa d’aller fermer la porte derrière elle et cette fois-ci, elle la verrouilla.

Est-ce qu’elle devait le lui dire ? Après tout, elle avait l’air particulièrement sur les nerfs, peut-être que justement l’autre grand machin n’avait rien à foutre ici. Putain si y avait bien un truc qui l’agaçait ici, c’était toute les combines qui se tramaient et auxquelles elle ne voulait pas prendre part, ni même connaître quoi que ce soit, elle voulait juste faire son taf sans risquer de se faire virer parce qu’elle a dit un mot de trop. Ainsi, elle resta silencieuse un moment avant de finalement lâcher quelque chose de plutôt neutre, histoire de tâter le terrain. « Ca dépend qui vous cherchez à vrai dire. » La rouquine précisa plus ou moins sa pensée et Talia se dit que de toute façon, c’était la femme du boss et qu’elle ne pouvait en aucun cas être mise en faute pour leur présence, ce n’était après tout pas elle qui leur avait filé les clés de l’endroit. « Alors je pense que c’est dans l’arrière-salle que vous devriez aller faire un tour. » Au moment même ou elle lâchait cette information, son précédent interlocuteur fit sa réapparition les bras charger de ce qu’elle lui avait demandé. Voilà qui n’était pas plus mal, ils pourraient ainsi tout deux se débrouiller sans elle.




© Gasmask
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MessageMar 2 Aoû - 14:43






Acte II - It's hard to explain
feat. Natalia

L'odeur de la veille n'a pas quitté les lieux. Le bois respire encore, par toutes ses alvéoles brunes, les nombreuses effluves d'alcools perpétuellement renversés entre des rainures millénaires qui emprisonnent le liquide sous leur surface, s'assombrissent avec le temps et les passages fréquents des coudes qui se lèvent à peine pour humecter le bout de lèvres sèches. Le verni éraflé se mélange et suinte tout en donnant à l'endroit son cachet et sa chaleur singulière. Jade respire fort tout cet amas particulier, cet univers olfactif qu'elle ne sait appréhender que trop bien sans parvenir à être dégoûtée – bien au contraire. Sans avoir ce genre de petite boule qui monte vite pour se loger au travers de la gorge quand on y est pas habitué, parce qu'elle y a tant traîné dans ses jeunes années et puis même encore pas mal aujourd'hui.
Les bars elle les connaît bien, par cœur même. Ce sont de bonnes connaissances. Ils sont un peu comme de vieux potes, à lui avoir fait péter les quatre-cent coups ; du genre à l'avoir faite venir à eux sans même téléphoner pour lui tenir vigoureusement la main, de leur pan de mur coloré par les néons grésillants, quand elle n'allait pas bien. Ils ont été présents quand elle en avait besoin dans ses années d'obsession envers Andrew, dans ces années où bouffer liquide était largement préférable que de rentrer dans un taudis merdique plein de fuites, perché en haut du Bronx à une seule chambre pour elle, sa tante et son frère. Ils ont été une source infinie de réconfort dans un désert de solitude aux oasis bien rares. Elle leur a tenu les piliers, les a serré fort pour ne pas tomber quand sa tête tournait trop pour prendre une décision dans le maigre but d'essayer d'annihiler les sentiments pompés par son cœur maintes fois cisaillé. Elle a testé au moins une fois tous les culs de leurs chaises branlantes en se sentant assez à l'aise ensuite pour insulter, de son esprit enfantin, les tauliers derrière leur comptoir ou bien d'autres mecs tout aussi, ou un peu moins, paumés qu'elle. Elle s'y est souvent planqué chez eux, s'est faite tenir les cheveux quand elle évacuait toute sa misère et sa tristesse. Les bars, elle les respecte parce qu'ils lui ont permis d'être de passage un peu tous les jours dans le tunnel sombre que certains savent se trimbaler en permanence comme un boulet de béton armé. Ils lui ont permis d'amasser les erreurs simplement que quelques heures le soir, couvrant alors sa longue carcasse du secret propre au voile que la nuit laisse derrière son passage. Ils lui ont permis de ne pas tomber plus bas, de ne pas finir dans un caniveau à se piquer, à se pavaner à poil avec la moitié de ses dents et des trous dans la gueule. Ils lui ont permis de se tenir debout le jour, de diffuser des sourires blancs d'arnaqueuse sans avoir plus envie de briser son reflet une fois nue face au miroir. C'est un peu grâce aux bars qu'elle a tracé proprement un sillon profond au lieu d'une route de surface, c'est un peu grâce aux bars qu'elle se tient là, avec une condition, une famille et des types assez confiants pour l'appeler elle quand ils se prennent une balle dans le buffet.
Cet air familier, elle en fait gonfler ses poumons encore encrassés, embués par la fumée épaisse de la clope qu'elle s'est juste enfilé avant. Elle en fait siffler ses narines, en pince sa bouche de façon à tirer tous les traits inquiets de son visage ovale vers le bas ; et ça teint ses pommettes d'une délicieuse couleur rosée, une teinte légère de rouge qui perce sur le pastel blafard ambiant de son épiderme. Les dents mordillent, et enfin elle expire, elle recrache de façon bruyante et non dissimulée dans l'espoir de retrouver une contenance plus calme que la java endiablée que son thorax danse excessivement après cette course effrénée jusqu'ici. Le stresse lui ensert la gorge, la panique tente de s'écraser contre le mur de sang froid qui veut se construire brique après brique, seconde après seconde, juste le temps de demander où les irlandais se trouvent, où la mort se planque probablement attendant comme un vautour qu'un de ses frères par alliance ne canne malgré le fait qu'il soit une foutue charogne. Elle regarde Natalia, grande, belle, mince, le dessous des yeux fatigué mais la beauté intacte d'une femme qui, elle aussi, trace et creuse bien à fond son chemin. « Baaah les gars ! Ils sont où ? » Le ton solennel et professionnel de la brunette fait un peu tiquer l'ancienne infirmière habituée à copiner avec tout le monde ici mais elle ne préfère pas relever.
Bien évidemment elle est loin de se douter qu'Elijah a claqué sa réserve personnelle d'argent sale de mercenaire dans les lieux, et bien évidemment elle est loin d'imaginer un seul instant que pour jouir de ce droit de propriété il va, dans quelques semaines, lever sagement les mains en rentrant dans un commissariat où son portrait robot trône dans les bureaux depuis presque un an comme un tableau de maître.
« Alors je pense que c’est dans l’arrière-salle que vous devriez aller faire un tour. » Jade acquiesce et ordonne à ses deux cannes longilignes d'aller dans le dit endroit au moment même où Mackenzie sort les bras chargés, la barbe hirsute et l’œil noir. « Prends tes trucs et fait plus chier et magne toi pour que Killian puisse servir à l'heure. Et Jade t'en a mis du temps putain ! Il t'a pas emmené en bagnole l'autre con ? Pas la peine de protéger vos marmots chez vous pendant X temps t'aurais pu les poser dans un coin avec lui pour surveiller putain ! Bon ramène ton cul fissa il est d'l'autre côté et toi là regarde ailleurs, sers moi un verre j't'ai dis ! » L'ambre s'écarquille de surprise tout en switchant entre la serveuse et la masse de muscles qui feule presque comme un tigre tout en faisant mille gestes après avoir jeté ses encombrants à travers la pièce. « Hey tu vas t'calmer, t'es en stress j'sais bien mais pas la peine de s'énerver comme ça, t'sais très bien que j'arrive à rien quand quelqu'un fait sa tête de con comme toi. » C'est tout ce qu'elle peut faire face à cela, parce que dans le fond, le temps presse clairement et la défense des bonnes manières lui importe peu ; quand on connaît ces gars là on sait pertinemment que le moindre grain dans la machine peut les rendre totalement hors circuit niveau gentillesse. « Bon j'ai besoin d'un max de lumière pour voir exactement l'étendue des dégâts alors on va l'allonger bien droit sur le bar. Natalia tu peux tenir la porte le temps qu'on l'porte ? » Mackenzie commence à siffler quelque chose entre ses incisives quand il voit la brunette s'avancer vers la porte mais il se voit vite bousculé par une tornade rousse qui le pousse à rentrer dans l'arrière salle pour en sortir quelques secondes plus tard avec le fameux Dougall gémissant. « J'ai plus d'morphine, vous avez niqué mes stocks avec vos conneries et j'peux plus r'tourner à l’hôpital pour en chourer maintenant donc...En d'autres termes va falloir serrer les dents mon vieux » Elle sort de son sac une paire de gants en latex qu'elle enfile maladroitement après avoir déchiré la chemise du blessé et tâché ses mains du liquide rouge qui ne cesse de s'écouler. « Bon, j'arrive à bien voir la balle toujours à l'intérieur donc c'est qu'apparemment c'est pas profond, on peut éviter l'hosto, la retirer et recoudre. » Elle renifle bruyamment et commence à prendre une chaise pour se mettre debout dessus afin de surplomber de son mètre quatre vingt le bar devenu table d'opération. De petites perles de sueurs viennent parsemer son front dégagé tandis qu'elle regarde les deux personnes valides devant elle. « J'ai besoin d'un pichet de flotte pour nettoyer rapidement la plaie et d'un volontaire pour l’assommer ou au moins lui mettre un truc dans la bouche et l'tenir pour pas qu'il ameute tout l'quartier...normalement avec la douleur il d'vrait s'évanouir rapidement. » Ce genre de paroles réalistes lui filent la nausée et elle commence à trembler un peu, à appréhender la réussite de cette opération pourtant déjà exécutée plus d'une fois sur Elijah. Et tandis qu'elle commence à faire les premiers gestes, sa voix entame une comptine qu'elle chante régulièrement à ses deux fils afin de se détendre tout en regardant le plafond afin de se concentrer au mieux sur les sensations dans ses doigts qui fouillent et déclenchent une salve de hurlements. « Et sinon comment va ton fils Natalia ? »






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MessageVen 5 Aoû - 23:58

Acte 2 - It's hard to explain
Natalia & Jade
Till then I’ll be pouring out my soul. Just a few things I see with my eyes closed



Elle était bien jolie même dans l’urgence, pas le genre tout droit sorti d’un magazine, non, elle avait quelque chose de plus… Authentique, elle avait l’air d’avoir vécu pas mal de trucs du genre qui vous marque jusqu’au corps, Natalia reconnaissait cette apparence de femme qui avait fini par se blinder, elle savait que ce genre d’attitude envahissante, détaché et ce voile de froideur léger qui pouvait transparaître sur les sourires et les regards ne provenait que d’épreuves, elle portait souvent la même. La jeune femme n’était pas idiote, elle se doutait bien de ce qui pouvait se passer dans la pièce derrière laquelle le gros bras irlandais s’était échappé, néanmoins, elle n’avait pas la moindre intention de le laisser paraître, il était plus judicieux de jouer les parfaites idiotes et de se contenter d’astiquer les tables et de nettoyer les verres salis par le calcaire, mais qui ne dérangeait jamais les clients en quête d’évasion derrière les litres de liquide ambrée qu’ils ingurgitaient les uns après les autres. Distante et ignorante c’était celle qu’elle était derrière ses murs, c’était aussi et elle en était persuadée ce qui lui avait jusqu’ici permis de conserver son job et rester loin des problèmes inhérents à ce lieu de rencontres interdites que représentait le Paddy.

Jade s’empressa de se diriger vers l’arrière-salle mais son pas pressé fut stoppé net par le retour soudain de l’homme que la jeune femme avait trouvé assis au bar quelques minutes plus tôt. Celui-ci ne s’était visiblement pas décidé à se montrer un peu plus aimable, mais ici rien d’étonnant, il n’avait pour la pauvre serveuse aucune considération, ni aucun intérêt, elle n’était probablement qu’une paire d’yeux de trop dans le coin. Elle se mord clairement la langue pour ne pas l’envoyer se faire foutre, son verre, elle lui collerait bien dans la gueule, mais elle n’en fera rien, en d’autre circonstance, elle lui aurait probablement fait ravaler les couilles un peu trop imposantes qu’il essayait si fort de poser sur la table, mais dans l’immédiat, elle avait besoin de pouvoir payer ses factures et nourrir son gamin alors elle se contenta de lui lancer un regard dénué de tout intérêt, attrapa ce qu’elle lui avait demande de ramener. Elle n’écoute pas vraiment le reste de leur échange ou tout du moins que d’une oreille, difficile de se détacher d’une animation offerte sur un plateau quand c’est absolument le seul attrait présent à des kilomètres à la ronde et tant pis si c’est le genre de spectacle dont elle se passerait volontiers. La Suédoise décharge ses bras derrière le comptoir et entame les gestes répétitifs et insignifiants qui lui incombe avant d’ouvrir les portes du bar, ce n’est qu’à la mention de son nom qu’elle relève son regard et le dirige vers la tornade rousse. Elle pose le chiffon jaunâtre qu’elle tient entre ses mains et s’exécute, retenant un sourire amusé au vu de la réaction de ce connard de leprechaun acariâtre, l’ignorance est le meilleur des mépris après tout. La femme du boss revient soudainement avec un autre type à l’air mal en point, son teint est entre le vert et le gris et la douleur déforme les traits de son visage, empêchant Talia de pouvoir affirmer si elle l’avait déjà vu ici ou non. Il faut dire que bien que renfrogné et plutôt solitaire, elle est néanmoins extrêmement observatrice et avait un œil sur tout et tous, mais là non son visage dénaturer ne lui ramenait aucune bribe de souvenirs éteints.

Curieusement à voir la jeune femme s’affairer sur le blesser, Natalia n’eut pas de mouvement de recul particulier, la seule chose qui lui vint en tête à voir tout ce sang s’écouler était seulement qu’elle n’ouvrirait sans doute pas en temps et en heure. Étrange quand on prenait en compte la scène qui se déroulait sous ses yeux, cela pourrait sans doute paraître inconsidéré et extrêmement insensible à quiconque pourrait entendre ses pensées, mais en tout état de choses, elle n’en avait rien à foutre, elle avait déjà assisté à ce genre de chose par le passé au sein du club et si sur ce bar s’étendait un des frères de son mari, ce serait sans doute une autre histoire, mais ce n’était pas le cas et le sort de ce pauvre type ne lui faisait ni chaud, ni froid. Concentré, la rousse opère des gestes qui ne semblent pas lui être inconnus, ses doigts s’agitent comme une pianiste en plein concerto, rien ne semble la dérange, ni le bazar qui l’entoure, ni les regards rivés sur elle et encore moins les gémissements de son cobaye, c’est assez impressionnant à regarder, l’agilité qu’elle démontrer est hypnotique et quand elle semble enfin prendre conscience de son public, elle se décide à les mettre à contribution. « Je me charge de l’eau. » Lance-t-elle n’ayant pas la moindre envie de jouer les gros bras qu’elle n’avait de toute évidence pas pour empêcher l’homme de bouger. Se faufilant derrière Jade encore debout sur sa chaise, elle attrape un pichet vide et le rince rapidement, elle glisse ses doigts sous le jet d’eau afin de vérifier que le liquide qui s’écoule n’est pas chaud et en rempli le contenant avant de le tendre d’un geste stable au médecin improvisé qui à entamer une comptine enfantine qu’elle connaît bien pour l’avoir chanté à Eliott lorsqu’il n’était encore qu’un bébé. La mélodie qui s’échappe des lèvres de la jeune femme rend la scène cryptique presque insensé, comme tout droit sortie d’un des films d’épouvante qu’elle aime à regarder pour se faire peur, les cris couvrent un peu la berceuse et renforcent un peu l’incongrue de la situation et tandis que l’autre gros con maintien son pote sur le bar avec difficultés, voilà que Jade vient lui demander des nouvelles de son gamin et déclenche un regard furieux chez Mackenzie, regard que Natalia ne peut s’empêcher de remarquer.

« Hum bien, un peu difficile après l’histoire de la banque, mais il va bien. Les choses s’étaient révélées bien moins compliquées qu’elle ne l’aurait pensé de primes abords, mais c’était aussi ce qui l’inquiétait. L’enfant ne parlait guère de ce qui s’était passé ce jour-là, en tous les cas pas à elle et bien qu’elle eût conscience qu’il s’était pleinement exprimé sur toute cette histoire auprès de son père, l’idée même qu’il puisse garder des séquelles psychologiques d’un tel événement lui tordait l’estomac. Et les jumeaux ? T’as réussi à les caler niveau sommeil ? Je sais que ca avait été pénible pour moi avec le petit alors avec deux, j'ose pas imaginer… » Un raclement de gorge vint l’interrompre, elle reporta son regard vers l’autre abruti. « C’est pas un salon de thé, vous parlerez de vos mioches un autre jour, vous voyez pas qu’il est en train d’en chier là. » Natalia le regarda de façon machinale puis l’ignora tout simplement avant de poursuivre. « J’ai essayé pas mal de truc si t’as besoin, je pourrai te filer un ou deux tuy… » « Tu comprends pas le français ou quoi ? Faut que je te la refasse en Ikea peut-être ? LA FERME ! » Derrière le bar, la jeune femme serra les poings, dieu sait à quel point elle avait envie de les lui coller en pleine tronche. « Je comprends parfaitement, j’en ai juste rien à foutre que ca te pose un problème, tu vois pas que discuter ca l’aide à se concentrer sale con ! » L'homme esquissa un geste brusque, plein de violence sous-jacente, mais il arracha un cri et un sursaut à son frangin d’armes ce qui l’arrêta net dans son geste. Décidément, elle n’avait pas la même patience avec tout le monde, et ce, n’était pourtant pas faute d’essayer.




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Acte II - It's hard to explain
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