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Arsonist´s Lullaby ▬ Matthew
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MessageJeu 7 Avr - 14:50

►Arsonist´s Lullaby◄
Matthew & Taylor


Dimanche 3 Avril, vers 19 heures ▬ Je suis entrain de surveiller ma bouffe d’un air distrait tout en lisant mon bouquin sur la chirurgie cardiaque. Je parcoure les lignes sans manquer de vérifier si ma viande n’est pas entrain de cramer. Je ne suis pas un cordon bleu mais je me débrouille. Rare sont les fois où j’ai VRAIMENT le temps de me faire un vrai plat, alors quand ça arrive, j’en profite. D’autant plus que demain je suis en repos.
Mais cette fois, je ne cuisine pas pour moi toute seule mais pour deux… Je ne sais pas à quel moment son Karma a décidé de lui chier dessus, mais après l’ex croisé à deux reprises, elle se retrouve avec un cadavre de papy de 80 ans dans le salon. Je ne sais pas si je devais rire ou non d’ailleurs, entre l’improbable et le glauque.
Elle vit ici le temps que l’on refasse les travaux dans son appart’, que l’assurance règle d’urgence ce qu’il y a réglé et il était de toute façon évident qu’elle puisse crécher ici autant de temps qu’elle le souhaitait. Honnêtement, ça ne fait pas de mal de trouver un peu de compagnie le soir en rentrant et Daya est vraiment une nana avec qui j’apprécie passer du temps. Elle est bien la seule ex de mon frère que j’aime encore aujourd’hui.

Mon portable vibre et sans lâcher les lignes des yeux, je sors mon téléphone de ma poche et jette un regard furtif sur l’écran.

Stacy.

Je marque un temps d’arrêt avant de décrocher.

— Allo ?
— Taylor, c’est moi.

Sa voix tremble, presque enrouée.

— Ca n’va pas Stacy ?
— Je… Désolée de n’pas t’avoir appelé avant mais il fallait que je te prévienne d’un truc. Tu es chez toi ?

Elle tourne autour du pot, tarde un peu à m’annoncer ce que je sens être une très mauvaise nouvelle.
Je ferme cette fois mon livre et le dépose sur ma table avant de baisser le feu de cuisson, téléphone toujours non loin de l’oreille.

— Qu’est-ce qu’il y a, dis-moi.
— C’est Keaton.
— … Merde. Quand ça ?

C’est un pavé dans l’estomac avec la sensation que tout votre organisme chute vers le bas. Je me recule et m’adosse contre le meuble derrière moi, me grattant machinalement le front.

— Il y a quelques jours à peine.
— Je n’savais pas qu’il allait aussi mal. Je suis désolé Stacy.

Et je le suis sincèrement. Je ne connaissais pas aussi bien Keaton qu’elle ou même Matthew mais pour être sortie avec elle quelques mois et pour avoir continué à venir la voir en toute amitié par la suite, j’ai eu plusieurs occasions pour le voir, lui parler un peu.
Tout ne se passe pas toujours mal avec nos ex’, la preuve en est avec nous deux où nous avons arrêté la relation d’un commun accord pour ensuite, quelques semaines après, se dire que finalement, resté potes pourraient être pas mal.

— Il n’est pas mort de sa maladie. Elle s’arrête un instant, inspirant d’un souffle tremblant et mon cœur se serre. Il s’est suicidé. C’est Matthew qui l’a trouvé.

Je lâche un juron dans un murmure qu’elle seule peut entendre, mains sur le front. Je me mords l’intérieur de la joue, un peu déboussolée par la nouvelle mais aussi touchée par l’état de Stacy qui retient un sanglot au téléphone. J’me sens mal, j’me sens con et surtout, inutile. Qu’est-ce que vous voulez dire dans ces moments-là ? Que vous êtes désolé ? La mort peut être aussi brutale que douloureusement douce. Et même si la vie prend largement le pas sur les décès, il m’est déjà arrivé de devoir accompagné mon titulaire face aux familles pour leur annoncer la triste nouvelle ou même de devoir le faire moi-même.

— Taylor ?
— Oui ?
— Est-ce que tu peux venir à la maison, s’il te plait ?

Je ne me vois pas lui dire non et je n’en ai pas envie. Je me sens moi-même un peu prise au dépourvue et surtout, je pense à Matthew. Je suis plus proche de Stacy que de lui mais ça n’empêche rien au fait que je l’adore. Qui aurait cru avec son caractère à la con ?

— J’arrive d’ici une petite demi-heure, ok ?

On raccroche et je prends cinq minutes pour m’y retrouver dans tout ça.
Est-ce qu’on peut réellement en vouloir à Keaton d’avoir fait ça ? Personne ne peut réellement se mettre à la place d’un malade à qui il ne reste que quelques semaines à vivre, à peine. Les jugements trop hâtifs sur le suicide ont le don de me foutre hors de moi et je ne parle même pas des critiques.

Je prends une inspiration et me défais de mon pyjama pour le remplacer par un jean, une chemise et un gilet épais, puis je laisse un mot à Daya pour lui dire qu’il ne reste plus qu’à réchauffer la bouffe et que je reviendrais sûrement un peu tard dans la soirée. Voir pas du tout, tout dépend de comment évolue les discussions là-bas…

Stacy n’habite pas très loin de chez moi, j’enfourche mon vélo après avoir logé des boules quies au creux de mes oreilles et commence mon trajet, le cœur un peu à l’envers. C’est pas le genre de visite nocturne que nous aimons donner franchement…
Il fait doux et j’essaie au moins d’apprécier le trajet avant de voir la maison des Odair, après quinze bonnes minutes à pédaler tranquillement. Mon estomac se crispe lorsque j’arrive devant, déposant mon vélo contre un murer.  

Bon. Je leur dis quoi ? Mes condoléances pour commencer, ça serait une bonne chose. Mais à Matthew ? Je peux être quasiment certaine que si je lui sors un discours à la con, il va sûrement me renvoyer chier avec classe. C’est dingue à quel point on se sent moins maitre de soi lorsque le sujet nous concerne et non plus des patients avec qui vous êtes obligés de prendre un certain recul.
Je grimpe les marches et finis par sonner, attendant à ce que l’on vienne m’ouvrir. Je ramène mes cheveux en une queue de cheval ayant soudainement beaucoup trop chaud.
Des bruits de pas, la porte qui se déverrouille.

— Salut Jess’.
— Oh Taylor…

Elle ne s’attendait visiblement pas à me voir.

— Oui, je sais il est l’heure du dîner mais Stacy m’a appelé et m’a demandé de passer. J’affiche un sourire un peu penaud, voir triste. Mes condoléances pour Keaton.
— Merci… Viens, entre. Elle est au téléphone et je dois aussi passer un coup de fil mais tu peux l’attendre dans le salon.
— Ok, merci.

J’entre à sa suite, me défaisant de mon gilet soudainement prise d’assaut par la chaleur de la maison. Mais aussi par l’ambiance pesante qui y règne.
Je n’sais pas pourquoi j’ai toujours eu la sensation que cette maison était bourrée de vie, de joie, d’humeurs diverses. Pourtant, tout me semble plus froid et plus morne. Comme si les pièces avaient perdues de leur couleur, de leurs peps. Le fait de savoir que Keaton est mort est peut-être tout simplement la seule raison à ce changement de vision, qui affecte ma propre humeur.

Je m’installe sur le bord du canapé, gilet sur les genoux et je n’ai pas tellement le temps de trouver le temps long que quelqu’un entre dans la pièce.
Matthew est là, le visage… comme à son habitude. Quasi-inexpressif. Un genre qu’il se donne.

— Hey. Je me lève en déposant mon gilet sur le canapé. Stacy m’a appelé.

Je ne lui demande pas si ça va, parce que ça ne va pas. Il vient de perdre son mec, qui en plus d’être malade, s’est suicidé. Comment est-ce ça pourrait aller ? Plus tard peut-être. Ou alors maintenant, s’il a réellement réussi à se blinder en si peu de temps, à accepter l’idée.
Je prends conscience que je ne sais rien du suicide, ni quel méthode Keaton a employé. On s’en fou non ? Le résultat est le même : Il n’est plus là.

— Mes condoléances Matthew. Je m’approche de lui, bras croisés sous ma poitrine. Tu tiens le choc?

Il peut me renvoyer chier, me dire que ça va, qu'il veut pas en parler. Tout comme il peut faire l'exacte inverse. Ça fait des mois que l'on se connait, je pense que nous ne sommes plus à ça aujourd'hui.
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Matthew Odair
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MessageJeu 7 Avr - 18:37

Les jours passaient et il avait juste l'impression qu'ils étaient sans fin, sans aucune saveur. Il n'avait plus envie de rien, juste d'avoir la paix le temps que la douleur passe, le temps qu'il arrive à s'en remettre et surtout qu'il oublie cette dernière image de son petit ami. Mort plein de sang. A chaque fois qu'il avait l'image en tête des nausées le prenait. Il n'arrivait plus à trouver le sommeil convenablement se sentant bien trop coupable pour cela... mais il ne voulait pas d'aide, ni de ses amis, ni de ses proches. Il pourrait surmonter ça tout seul, un jour, il en était certain, mais pour l'instant il se débattait surtout pour ne pas plonger la tête sous l'eau et c'était compliqué, trop compliqué. Dimanche, jour où normalement il allait manger chez ses parents avec ses frères et sœurs lorsqu'il ne travaillait pas... sauf qu'aujourd'hui il avait décliné l'invitation. Il ne voulait pas de leur pitié, de leurs questions débiles. Non il n'allait pas bien. Non il ne voulait pas en parler. Déjà qu'il n'était pas très sociable, il se refermait de plus en plus sur lui-même. Être seul ne l'avait jamais dérange bien au contraire, il appréciait le silence, la solitude... mais aujourd'hui il réalisait qu'il avait quand même besoin de quelqu'un avec qui vivre à ses côtés. Il avait besoin de quelqu'un qui l'aime, qui ne soit pas de sa famille, quelqu'un sur qui il pouvait compter quoiqu'il arrive. Keaton avait toujours rempli parfaitement son rôle malgré toutes leurs disputes, malgré leur grosse différence de caractère. Keaton était loin d'être un petit ami parfait mais il l'avait aimé à en crever et, aujourd'hui il ne savait plus trop quoi faire de sa carcasse. Il n'avait plus personne de qui s'occupait, il n'avait plus personne contre qui râler, il n'avait plus personne à écouter parler de choses futiles, il n'y avait plus personne dans son lit. Et c'est probablement comme ça qu'il finirait sa vie. Seul. Désespérément seul. Il avait réussi à faire fuir Cinzia, et il savait qu'il avait un trop gros caractère de merde pour que quelqu'un d'autre puisse le supporter comme Keaton l'avait fait... et quand bien même il trouvait cette perle rare, qu'est-ce que serait leur relation ? Il ne pourrait pas faire subir à une personne qu'il aimerait ce qu'il avait vécu avec Richter. Maintenant qu'il était séropositif, il ne pouvait pas mettre d'autres vies en jeu. Il ne pouvait pas demander à quelqu'un de le voir décliner, de prendre des risques pour lui. Ça serait injuste...

Matthew, ouvre s'il te plaît, sinon je défonce ta porte. Papa et maman t'attendent, s'il te plaît ils s'inquiètent beaucoup pour toi fais au moins une apparition de quelques heures !

Gary... qui était venu et s'il aurait pu faire entendre raison à n'importe qui d'autre dans sa famille, il savait qu'à l'aîné de la famille c'était impossible et que ce dernier serait capable de le traîner jusqu'à chez les parents par la peau du cul. Grognant quelques vacheries, il alla quand même ouvrir tenant un peu trop à sa porte pour qu'elle soit défoncée.

Rentre. Je suis dispo' dans cinq minutes.

Pas de bonjour ni rien, à la place, il jeta juste un regard glacé à son frangin. Il alla se préparer et le suivit toujours sans un mot. Il n'avait rien à dire et si quelqu'un s'attendait à ce qu'il vienne pleurer sur son épaule, ça serait rappé aussi, il avait vidé tout son stock de larmes durant les premiers jours, lui qui ne pleurait normalement jamais. Il était juste retourné dans sa phase où il ne montrait plus ce qu'il ressentait. C'était plus simple, pour tout le monde. Lorsqu'il arriva à la maison, sa mère le prit tendrement dans ses bras mais ne fit aucun commentaire visiblement rassurée de voir qu'il était entier, en vie et pas dénutri. Eliott était comme d'habitude aux abonnés absents mais le reste de ses frères et sœurs étaient bel et bien présents. Joie Bonheur.

Leur tronche triste, désappointées et compagnie lui donnait plus envie de se tirer une balle qu'autre chose. Sérieusement, est-ce qu'au moins ils n'auraient pas pu faire comme si tout allait bien ? Il savait que ses parents tout comme Gary, même s'ils appréciaient Keaton n'avait jamais été trop chaud qu'il fréquente quelqu'un ayant le SIDA, c'était trop dangereux. Et maintenant, voilà qu'ils semblaient tous tristes, mais pour Matt c'était juste feint. Au fond d'eux ils devaient être bien joyeux qu'il soit enfin mort, ainsi leur "bébé" n’attraperait jamais cette merde. Si ils savaient.... Odair n'arrivait plus à avoir un "bon" jugement; quelque chose de bien rationnel bien trop bouffé par sa rage, sa culpabilité et sa tristesse.
Il suivit sa mère pendant un moment en cuisine, parce qu'elle voulait absolument lui donner plein de bon petits plats à emporter. Il n'osa pas lui dire qu'il n'en voulait pas et qu'elle pouvait se les mettre là où il pensait. Ce n'était pas de la bouffe qui l'aiderait à aller mieux ou qui LE ferait revenir. Mais il ne voulait pas blesser sa mère, il ne voulait pas la faire pleurer parce qu'il était mal, alors il se contenta de la laisser, grommelant à peine un "merci". Il put enfin se "débarrasser" d'elle lorsqu'elle trouva autre chose à faire et il se dirigea vers le salon où Taylor se trouvait. Il fronça un peu les sourcils se demandant ce qu'elle faisait-là. Est-ce qu'elle s'était remisse avec Stace ? Possible... même s'il n'y croyait pas.

Salut Taylor ! souffla-t-il tandis qu'elle s'approchait de lui. Il allait dire autre chose lorsqu'elle lui dit LA phrase qu'il ne pouvait plus entendre, ou plutôt les phrases. Que tu sois désolée ou pas, même si c'est gentil, ça ne le fera pas revenir. lui répliqua-t-il presque du tac au tac.

Il savait qu'elle avait voulu se montrer gentille, il savait que c'était ce qui se disait à ce genre de moments... mais ce n'était que des conneries. Il devait se calmer, ne pas l'agresser, mais c'était actuellement le seul moyen qu'il avait trouvé pour se protéger, pour pas que les autres voient à quel point non ça n'allait pas. Il inspira un bon coup tenta de retrouver un semblant de calme.

De toute façon je n'ai pas le choix. Ça ira, ça passera. ou pas. Mais si ça peut te rassure,r je ne compte pas faire de conneries ou de trucs totalement stupides. Ce n'est pas mon genre. Et comme il ne voulait pas en dire plus, il lui souffla Et toi ça va comment ? Et qu'est-ce que tu fais là si ce n'est pas indiscret ?

C'était la seule qui semblait ne pas avoir trop pitié dans cette maison, autrement dit la seule avec qui il pourrait "parler" un minimum. Il ne voulait pas qu'on le prenne avec des pincettes ou autres. Il ne voulait pas que les choses changent !

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MessageVen 15 Avr - 11:34

— Que tu sois désolée ou pas, même si c'est gentil, ça ne le fera pas revenir.

Ca, fallait s’y attendre. Surtout venant de sa part à lui.
Et encore, j’ai de la chance parce qu’il prend le temps de me souligner que c’est gentil. Une autre personne se serait vu se faire envoyer chier comme de la vulgaire merde.
Il a l’air complètement épuisé, vanné, agacé, lassé. Et j’peux même pas lui en vouloir parce qu’il a raison. Quoi que je fasse, quoi que je dise, rien ne ramènera Keaton. Il est mort, point. C’est une fatale évidence qui n’est que pure injustice mais c’est comme ça et rien ne pourra changer les faits.
Mais c’est pas une raison pour le laisser tomber lui parce qu’il pourra bien me renvoyer chier autant qu’il le voudra, ça ne change rien au fait que je le connais un minimum pour savoir que ce type n’est pas un monstre insensible. Il veut garder la face et c’est tout en son honneur.

— De toute façon je n'ai pas le choix. Ça ira, ça passera.
— Ça passe toujours, il parait.

Parce qu’effectivement, on n’a pas le choix.

— Mais si ça peut te rassurer je ne compte pas faire de conneries ou de trucs totalement stupides. Ce n'est pas mon genre. Il soupire, bras croisés sur la poitrine alors que je glisse les mains dans mes poches. Et toi ça va comment ? Et qu'est-ce que tu fais là si ce n'est pas indiscret ?

Ce que je fais là ?
Etonnant qu’il ne s’en doute pas vu les circonstances.

— Je sais que tu n’feras pas de connerie, t’as encore beaucoup trop de temps devant toi pour nous emmerder. Ça serait du gaspillage.

Et Matthew ne louperait jamais une bonne occasion d’emmerder son monde avec ses humeurs grincheuses et son humeur de vieux papy. J’crois que c’est aussi pour ça que je l’apprécie, parce que j’ai trouvé bien plus râleur que moi et croyez moi que quand je veux, j’ai un sacré level.
Je hausse les épaules, sourire aux lèvres.
Je n’fais pas semblant, je respecte juste sa volonté de passer à autre chose. Je ne suis pas du genre à le presser, à lui tirer les vers du nez et c’est parfois la plus mauvaise méthode quand tu veux pousser quelqu’un à parler sur ce qui ne va pas. Si Matthew a besoin de normalité pour passer le cap, alors…

— Ca va, pas mal crevé à cause des heures de boulots et de révision mais au moins, je n’vois pas le temps passé.

Parce que l’ennui, je déteste ça.
Et j’aime bien cette maison qui est, étrangement, très calme. A part quelques bruits de pas à l’étage, ceux de ses sœurs en plein appel téléphonique, je n’entends rien d’autre qu’un vide et ça fait du bien.

— J’ai de la compagnie en ce moment… Une amie a vu son plafond s’effondrer dans son salon avec un vieux de 80 ans, mort depuis déjà un bail. Je t’épargnerais les détails sordides mais j’avoue que sur le coup, je n’savais pas si j’avais envie de rire ou de pleurer pour elle.

Parce que si la situation a tout pour être hors norme et clairement pas commune, il faut aussi penser à tous les détails derrière. Refaire le plafond à neuf, tout nettoyer et dégager l’odeur de mort de son appartement. Je ne sais pas combien de temps ça va prendre pour qu’elle puisse reprendre possession des lieux, mais j’espère pour Daya que ça se fera rapidement. Même si l’avoir à la maison de temps en temps est assez cool.

Je viens m’assoir sur le bord du canapé où je m’y laisse lourdement tomber, Matthew me ferait presque oublier qu’il a retrouvé son petit ami mort il y a peu.
Mon regard se plante dans le sien.

— C’est Stacy qui m’a appelée. Elle avait besoin de me voir et de parler avec ce qu’il s’est passé. J’étais entrain d’attendre qu’elle termine son coup de fil.

Je hausse les épaules d’un air distrait avant de reprendre.
La situation était presque gênante, voir un peu lourde. J’veux bien croire qu’il n’veut pas tellement en parler mais faire semblant, c’est pas mon truc.

— J’ai compris que t’avais pas forcément envie de t’étaler sur le sujet mais tu sais aussi que j’aime pas faire semblant et faire comme si de rien n’était Matt’. Donc si jamais l’envie te prend d’en parler, fais le. Je suis pas là pour pleurer sur ton sort même si j’admets que ça me fait chier pour toi et pour Keaton parce que je l’apprécie…appréciais beaucoup. Mais je m’inquiète quand même pour toi.

Même si ça l’emmerde, même si ça le fait chier, je ne vais pas faire genre à ses côtés. Il me connait maintenant suffisamment pour savoir que la franchise est un de mes points forts même si ça ne m’apporte pas toujours de bonnes choses mais entre lui et moi, il n’y a jamais eu d’hypocrisie.

— Même si je sais que tu arriveras à faire avec d’ici quelques temps.

Parce qu'il est comme ça, qu'il a un caractère qui lui permet d'encaisser peut-être un peu plus vite les choses que d'autres.
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Matthew Odair
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MessageDim 17 Avr - 11:17

Il avait vraiment envie de leur fait bouffer leurs mots, à tous. A la prochaine personne qui lui dirait ce genre de conneries imbuvable. Il tenta quand même de ne pas trop s'énerver même si ses nerfs étaient à fleur de peau et que crier sur quelqu'un lui ferait le plus grand bien. Ses parents, sa famille ou Taylor n'y étaient pour rien, il devait se contenir un minimum. Personne au final n'y était pour rien, il était seul coupable, il n'avait pas su être assez là, assez aimant certainement pour ne pas lui donner envie de se suicider. Il était le seul à blâmer, avec la maladie. Matthew ne tenta pas à rajouter que de toute façon que cela aille ou pas, il n'avait pas le choix. Il irait mieux un jour. Il ne savait pas encore trop quand ni dans quelles circonstances mais un jour ces plaies aujourd'hui à vifs cicatriseraient. La réplique de son amie lui soutira un faible sourire.

Ouais parait-il que ça passe toujours, même si pour l'instant j'ai franchement du mal à y croire.

Pour de multiples raisons qu'il n'avait pas spécialement envie d'évoquer ! Il tenta quand même de la "rassurer" en lui faisant comprendre qu'il n'allait pas assez ma pour faire quelque chose d’insensé. Trouvant qu'on avait assez parlé de lui il avait de suite enchaîné avec des questions sur elle.

Je sais que tu n’feras pas de connerie, t’as encore beaucoup trop de temps devant toi pour nous emmerder. Ça serait du gaspillage. 

Il retint de justesse un petit rire jaune. Toute la vie devant soi. Ou pas. Mais il ne pouvait pas lui dire le mal qui le rongeait actuellement. Il devait la préserver elle, et sa famille. S'il était en deuil eux aussi, pas la peine d'en rajouter une couche. D'autant plus qu'aujourd'hui, après ce qui s'était passé avec ses "aveux forcés" à Cinzia, il n'osait plus. Il avait peur de les perdre de la même façon  qu'il avait perdu sa soit-disant meilleure amie, parce qu'il avait merdé. Il s'était perdu lui-même dans ses non-dits et ne savait plus comment faire pour en sortir et d'un côté il n'en avait même pas envie. Il tenta quand même de lui faire un petit sourire, tentant tant bien que mal d’essayer d'y mettre un tant soit peu de bonne volonté, qu'elle ne se sente pas trop seule.

Oui, c'est sûr, qui serait-là pour râler après ? Promis, un jour je t'apprendrai mon art ! Tu verras, tu n'y es pas très loin, avec un peu d'effort et de mauvaise volonté tu pourras presque me surpasser.

Il lui fit un petit clin d’œil. Il savait pertinemment que tout comme lui, elle râlait énormément, mais ni l'un ni l'autre n'était réellement méchant, cela faisait juste parti de leur caractère mais les gens avaient beaucoup de mal à s'y faire. Étrange, lorsqu'on savait que certaines personnes étaient les rois ou reine pour s’apitoyer sur leur sort, pour être faible et lâcher à la moindre difficulté. Il détestait ce genre de personnes geignarde !

Ca va, pas mal crevé à cause des heures de boulots et de révision mais au moins, je n’vois pas le temps passé. 
C'est toujours quand c'est comme ça, mais fais quand même attention à ne pas arriver au burn-out, cela ne t'avancerait à rien bien au contraire !

Sans qu'il puisse s'en empêcher son côté "grand frère" protecteur était ressorti.

J’ai de la compagnie en ce moment… Une amie a vu son plafond s’effondrer dans son salon avec un vieux de 80 ans, mort depuis déjà un bail. Je t’épargnerais les détails sordides mais j’avoue que sur le coup, je n’savais pas si j’avais envie de rire ou de pleurer pour elle. 

Il grimaça. Cela lui rappelait certaines interventions ou ça puait (empestait) le mort, et il avait eu l'impression d'emporter cette odeur partout sur lui durant toute la journée. Il la plaignait un peu cette fille qu'il ne connaissait pas, parce qu'entre les travaux, et surtout l'odeur -sans compter certainement le traumatisme-, cela allait coûter cher.

Si elle est chez toi c'est qu'elle est en vie et en bonne santé ! Elle aurait pu se recevoir le toit et le vieux sur la tronche.

Il essayait de plaisanter, plus ou moins avec de la réussite. Elle n'avait toujours pas vraiment répondu à sa question, mais il se doutait qu'elle allait y venir à un moment où à un autre. D'ailleurs, rapidement elle était venue s'asseoir à côté de lui et elle commença à le fixer. Il détestait quand elle faisait ça mais ce n'était pas ce simple geste qui allait lui faire perdre un peu de contenance.

C’est Stacy qui m’a appelée. Elle avait besoin de me voir et de parler avec ce qu’il s’est passé. J’étais entrain d’attendre qu’elle termine son coup de fil.  "ce qu'il s'est passé" ? C'est certainement une façon d'"évoquer Keaton.  Matthew ne moufta pas d'un poil  et préféra attendre sagement la suite. Il voyait pas qu'elle n'allait pas en rester là ! J’ai compris que t’avais pas forcément envie de t’étaler sur le sujet mais tu sais aussi que j’aime pas faire semblant et faire comme si de rien n’était Matt’. Donc si jamais l’envie te prend d’en parler, fais le. Je suis pas là pour pleurer sur ton sort même si j’admets que ça me fait chier pour toi et pour Keaton parce que je l’apprécie…appréciais beaucoup. Mais je m’inquiète quand même pour toi.  Même si je sais que tu arriveras à faire avec d’ici quelques temps. 
Il n'y a rien à dire Taylor. Il a attendu que je me casse une heure à la caserne pour se flinguer. Il en avait des nausées rien qu'à y penser mais il continuer, tentant de garder une voix "morne"; neutre mais c'était difficile, c'était quelque chose qui le touchait en plein cœur Tu n'as pas à t’inquiéter pour moi Tay', il n'y a de toute façon rien à faire. Tu ne pourras pas le faire revenir et c'est la seule chose qui m'aiderait réellement. Il faudra juste du temps... beaucoup de temps probablement, mais j'ai toujours sûr que ça se finirait plus ou moins comme ça. Qu'on se rait pas heureux "toute" la vie, qu'il y avait un compte à rebours au dessus de sa tête. Je le savais en commençant à sortir avec lui. Il soupira avant de se passer une main dans les cheveux mais c'est vrai que je crois que je ne m'étais pas préparé à ce qu'il se tire dans la tronche.

Il eut un petit rire difficilement qualifiable. Cette situation lui donnait l'impression de devenir barge. Il essayait de voir ce qu'il aurait pu faire de plus pour Kea, et la réponse était... à la fois tout et rien. Rien, parce que sa manière il l'avait aimé de toutes ses forces, Richter savait comment il était. Il savait qu'il n'était pas démonstratif, bourru, un peu un connard sur les bords tout comme son petit ami savait qu'il l'aimait plus que tout. Mais "tout", dans le sens où il aurait pu en faire plus pour lui. Lui montrer plus d'affection ou ce genre de truc qu'il trouvait plus ou moins débile. La vérité c'est qu'il n'en savait trop rien.

A part ça, je ne vois pas trop ce qu'il y a à dire Taylor ! Il la regarda en quoi avant de lui souffler A moins que tu ais une question plus précise à me poser ?

Il n'avait pas envie d'en parler, mais si c'était pour rassurer tout le monde, après tout pourquoi pas ? Il préférait que ce soit Taylor qui se charge de cette tâche qu'une de ses frangine. Il n'avait pas à prendre des pincettes dans ses réponses au moins avec sa petite amie. Et maintenant, il pensait que la jeune femme avait été envoyée comme "intermédiaire".
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MessageMer 27 Avr - 12:23

Je crois que si le vieux lui était tombé sur la tronche, Daya se serait coulé dans un bain désinfectant pour 24 heures d’affilées. D’autant plus que j’ai cru comprendre qu’il était déjà bien entamé par le temps et donc par le microsystème que nous développons grâce à la mort et à la décomposition.
Joie et bonheur.
Concernant son mauvais caractère, vu le mien je ne pense pas avoir besoin de cours mais j’acceuille la blague d’un sourire franc. J’ai un sacré caractère mais celui de Matthew dépasse largement le mien et quand il m’évoque la mauvaise foi, je prends conscience que c’est l’un des traits qui le représente le plus. Je ne sais pas si c’est une question de fierté ou non mais c’est ce qu’il est et je ne me suis jamais gênée pour le lui dire sans détour tout comme lui en s’est jamais gêné pour me claquer dans la tronche que j’étais chiante à râler pour rien.

La discussion prend une toute autre tournure puisque tourner autour du pot n’est pas mon genre et ça n’est pas pour ça que je suis là. Qu’il veuille que je me comporte comme si tout était normal, aucun problème mais je ne peux pas faire non plus semblant. Que je le veuille ou non, je me retrouve à pieds joints dans toute cette merde sans pour autant le regretter. Stacy est une ex mais c’est avant tout une amie. L’une des rares personnes avec qui j’ai gardé contact malgré les circonstances. Il ne faut pas croire que les couples se séparent toujours avec des raisons catastrophiques qui mènent à la haine. Ca n’était pas le cas pour nous deux en tout cas.
Et puis j’aime bien Matthew, il sait pertinemment que je ne le regarderais pas avec pitié mais ça ne m’empêche pas de le confronter un peu à la réalité.

— Il n'y a rien à dire Taylor. Il a attendu que je me casse une heure à la caserne pour se flinguer.

La vérité m’éclate un peu à la gueule sans que je ne le voie venir et je suis scotchée par la nouvelle. Je ne pensais pas que Keaton en était à ce point-là… Et quand je repense au fait que c’est Matthew qui la trouvé dans cet état, j’ai le cœur qui se serre. Pas de pitié ok, mais merde, quand même…

— Tu n'as pas à t’inquiéter pour moi Tay', il n'y a de toute façon rien à faire. Tu ne pourras pas le faire revenir et c'est la seule chose qui m'aiderait réellement. Il faudra juste du temps... beaucoup de temps probablement, mais j'ai toujours sûr que ça se finirait plus ou moins comme ça. Qu'on se rait pas heureux "toute" la vie, qu'il y avait un compte à rebours au dessus de sa tête. Je le savais en commençant à sortir avec lui… mais c'est vrai que je crois que je ne m'étais pas préparé à ce qu'il se tire dans la tronche.

Pour le moment, je ne bronche pas et ne prononce pas un mot. J’en suis foutrement incapable avec ce qu’il me dit là. Je reste assise sur le bord du canapé, mains croisés sur les genoux alors que je le regarde sans ciller. Qui pourrait être préparé à ça de toute façon ? De retrouver son mec avec la cervelle étalé sur les murs ? Personne. Même en étant au courant, personne ne pourrait réussir à être prêt face à ça. C’est une vision d’horreur qui doit vous coller à la rétine pour les mois à venir. Encore plus lorsque c’est un proche comme pour Matthew.
En médecine, j’ai bien vite apprit que nous n’étions jamais réellement prêt à faire face à la mort d’une personne qui vous ait chère et proche.

— A part ça, je ne vois pas trop ce qu'il y a à dire Taylor ! A moins que tu ais une question plus précise à me poser ?

Je fronce les sourcils, un peu étonnée par sa question avant de lui répondre.

— Non, je veux juste être sûre que tu ne gardes pas tout ça de ton côté pour nous péter un câble dans deux semaines ou même un mois.

Il sait que je retiens rarement ce que j’ai à dire et entre Matthew et moi ça n’a jamais posé de problème. Sûrement l’une des raisons pour laquelle je me le permets encore ce soir.

— Tu es aussi bien placé que moi pour savoir que l’esprit humain n’est pas fiable. On est à l’abri de rien, encore moins d’un pétage de câble avec ce que tu as vu et enduré. T’es pas le genre à te plaindre ou même à pleurer sur une épaule mais là c’est pas une simple contrariété… Keaton est mort d’une sale manière. Je sais que t’as pas envie d’en parler mais évacue au moins les choses d’une autre façon et ne reste pas dans ton coin.

Je lui lâche ça sans reproche, sans agressivité. Je fais juste état d’une réalité qu’il ne voit peut-être pas de là où il est. Enfermé dans sa bulle de douleur, je ne sais pas ce qui est son quotidien si ce n’est le manque intense de Keaton. J’affiche un demi-sourire tranquille sans le lâcher du regard.

— Si jamais t’as besoin de parler à quelqu’un d’autre que moi ou ta famille, je connais une psychiatre qui sait gérer ce genre de truc. J’enchaine avant qu’il ne se braque ou même qu’il ne prenne mal ma proposition. Et je t’arrête tout de suite : J’te prends pas pour un taré ou pour un déséquilibré. Voir un psy ne veut pas dire que t’es pas stable mais parfois parler à quelqu’un de totalement neutre permet d’évacuer des choses que tu ne veux pas exposer à tes proches. Et je n’dis pas que tu en as forcément besoin, juste… Penses-y. C’est tout.

J’ai confiance en Daya pour savoir gérer un état et un « traumatisme » comme celui que vit Matthew. D’autant plus qu’elle a toujours été très respectueuse de ses clients et jamais elle ne m’a lâché d’informations compromettantes sur eux, sur leur vie. Elle est douée, je la lui recommande sans hésitation.
Il le dit lui-même, il lui faudra un paquet de temps avant qu’il n’accepte de vivre avec ça et qu’il continue de construire sa vie sans y voir que le mauvais côté.

— Ne mets pas ta famille à l’écart. Je sais que ça t’emmerdes que tout le monde se soucie de toi et que tu as déjà tes propres émotions à gérer mais essaie de ne pas les maintenir trop à distance.

Parce que j’ai cru comprendre que c’était le cas. Pas de contact, à peine quelques mots échangés avec mauvaise volonté et j’en passe. Je suis franche sur toute la ligne avec lui sans jamais n’hausser le ton, lui exposant calmement les faits. On ne peut pas reprocher à Matthew de vouloir faire son deuil tranquillement dans son coin mais je le connais suffisamment pour savoir à quel point il peut être bourru dans un état comme le sien, et ce pas de la plus belle des façons.
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Matthew Odair
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MessageVen 29 Avr - 21:49

Comment est-ce que parler pouvait améliorer les choses ? Qu’est-ce qu’elle voulait qu’il dise ? Comme il venait de lui faire la remarque il n’y avait rien à dire. Il n’y avait pas de point retour. C’était fini. Mort. Terminé. Même avec toutes les prières, tous les espoirs, toutes les chandelles allumées, même avec tous les pleurs, les jérémiades et tout ce qu’on voulait rien ne pourrait atténuer sa douleur, rien ne pourrait faire revenir Keaton. Et au fond c’était peut-être mieux comme ça, il avait assez souffert, au moins, maintenant il reposait en paix mais cette idée, étrangement ne l’aidait pas vraiment à se sentir mieux. Enfin si les autres pensaient que ça l’aidait d’en parler est-ce qu’il ne pouvait pas faire cet effort pour eux ? Et au final surtout pour lui, pour avoir la paix. Une fois qu’ils auraient eu ce qu’ils voulaient, ils ne viendraient peut-être plus lui demander sans cesse les mêmes questions auxquelles Odair n’avait pas envie de répondre. Vu la façon dont elle le regarda soudainement elle ne devait pas être au courant de tout, et cela ne l’empêcha pas de continuer, bien au contraire, maintenant qu’il était lancé, autant en finir. Il déballa un peu tout ce qui lui venait à l’esprit, lui rappelant qu’il savait à quoi s’attendre en sortant avec lui, qu’il mourrait jeune d’une façon ou d’une autre… mais malgré tout, il est vrai que jamais l’ombre d’un instant il n’avait pensé à ce genre de suicide salasse. Plein de sang. Plein de cervelle. Il eut encore une fois un haut le cœur qu’il eut bien du mal à maitriser. Au fur et à mesure qu’il parlait, il se sentait de plus en plus. Parler fait du bien, mon cul oui. Ou alors il n’était pas comme les autres, il n’avait pas certains mécanismes. Qui était le con qui avait inventé cette phrase ? Il avait fini le tout en lui demandant si elle avait une question plus précise à lui poser. Elle avait le droit après tout il n’avait pas grand-chose à cacher. Elle savait qu’il allait mal et sa mort… et bien il venait de lui dire plus ou moins ce qui s’était passé.

Non, je veux juste être sûre que tu ne gardes pas tout ça de ton côté pour nous péter un câble dans deux semaines ou même un mois.

Il soupira doucement. Il avait bien envie de lui répondre qu’il ne péterait pas de plomb, qu’il pouvait lui promettre qu’il se sentait juste vide et déprimé mais que ça lui passerait… mais au final est-ce qu’elle n’avait pas raison ? Est-ce qu’à un moment donné il n’allait juste pas péter un plomb. Il suffisait de quelques minutes, quelques secondes de laisser aller pour perdre totalement le contrôle.

Tu es aussi bien placé que moi pour savoir que l’esprit humain n’est pas fiable. On est à l’abri de rien, encore moins d’un pétage de câble avec ce que tu as vu et enduré. T’es pas le genre à te plaindre ou même à pleurer sur une épaule mais là c’est pas une simple contrariété… Keaton est mort d’une sale manière. Je sais que t’as pas envie d’en parler mais évacue au moins les choses d’une autre façon et ne reste pas dans ton coin.
Si tu parles de pleurer t’inquiètes pas je crois que j’ai vidé mon cotât pour les dix prochaines années. Il n’était pas du genre à chouiner, mais là ça avait été vraiment plus fort que lui. Les larmes ne servaient à rien mais elles faisaient du bien. Il n’y avait pas de honte à pleurer malgré ce que certains pouvaient croire, du moment que ce n’était pas pour un rien. ça te va comment moyen d’évacuation ? Je ne vais pas non plus aller me bourrer la gueule, ça serait le meilleur moyen de faire une connerie. Il eut un petit sourire triste avant de continuer Certains m’ont conseillé d’aller voir ailleurs, de passer du bon temps pour passer à autre chose, mais comment est-ce que je pourrais faire ça Taylor ? Il se passa une main dans les cheveux avant de soupirer Kea’ est… était la seule personne que j’ai connue, et j’ai pas spécialement envie de me laisser aller comme ça. Tu en penses quoi de cette idée à la con ?

Il avait toujours été fidèle, il n’avait eu d’yeux que pour son petit ami, même les derniers temps quand la maladie de le rongeait, même quand Richter ne supportait plus son physique, sa cachexie, les plaques rouges et le reste. Même si on ne lui disait pas de refaire sa vie, juste de sortir, faire des rencontres, tirer un bon coup ce n’était pas du tout son style de faire ça. Il était certainement trop réservé et avec un trop gros balais dans le cul pour ça de toute manière. Un peu trop pudique. Taylor le connaissait assez pour lui dire quelque chose d’un minimum avisé sur cela. Il ne l’écouterait pas forcément, mais au moins il aurait entendu ce qu’elle avait à dire sur le sujet. Et c’était sans compter le fait qu’il cachait toujours sa séropositivité. Il ne pourrait pas risquer de contaminer quelqu’un d’autre, c’était un connard souvent égoïste mais il n’était quand même pas ce genre de personnes.

Si jamais t’as besoin de parler à quelqu’un d’autre que moi ou ta famille, je connais une psychiatre qui sait gérer ce genre de truc. Et je t’arrête tout de suite : J’te prends pas pour un taré ou pour un déséquilibré. Voir un psy ne veut pas dire que t’es pas stable mais parfois parler à quelqu’un de totalement neutre permet d’évacuer des choses que tu ne veux pas exposer à tes proches. Et je n’dis pas que tu en as forcément besoin, juste… Penses-y. C’est tout.
Je sais très bien que t’es pas forcément barge si tu vas voir un psy mais… Je ne sais pas. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je ne crois pas que ce genre de truc soit fait pour moi. Je ne sais même pas ce que je pourrais bien raconter. Et je te répète encore une fois, sincèrement, ça ne le ramènera pas. Mais j’y penserai, tu peux même me donner de suite son numéro ou son adresse, enfin son contact si tu veux.

Au moins en cas de besoin il l’aurait sur lui-même s’il doutait plus que fortement qu’il allait s’en servir ! Mais essayer, faire une séance à part un peu d’argent, qu’est-ce que cela lui couterait ? Rien. Au contraire cela rassurerait ses proches cela ne pouvait qu’autre bénéfique pour être de nouveau tranquille.

Ne mets pas ta famille à l’écart. Je sais que ça t’emmerdes que tout le monde se soucie de toi et que tu as déjà tes propres émotions à gérer mais essaie de ne pas les maintenir trop à distance.
Je ne peux pas. Je ne veux pas qu’ils me voient comme ça. Je n’ai pas à leur imposer ça. Ils ont déjà vécu pendant dix ans la déchéance de Kea’. Il renifla doucement avant de reprendre Je ne peux pas me montrer « faible », ils ont déjà chacun leur vie à gérer. Il ne faut pas qu’ils s’inquiètent à chaque moment de la journée sur ce que je peux bien faire… Il se passa une main sur le visage et particulièrement sur les yeux tentant de chasser les larmes Tu veux pas qu’on aille faire un tour, il fait chaud ici.

Comme ça si jamais il avait besoin de pleurer, ils ne le verraient pas comme ça. Taylor c’était quand même différent… Il savait qu’il poussait se laisser un peu plus aller…

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MessageSam 7 Mai - 13:36

- Si tu parles de pleurer t’inquiètes pas je crois que j’ai vidé mon cotât pour les dix prochaines années. Ca te va comment moyen d’évacuation ? Je ne vais pas non plus aller me bourrer la gueule, ça serait le meilleur moyen de faire une connerie. Certains m’ont conseillé d’aller voir ailleurs, de passer du bon temps pour passer à autre chose, mais comment est-ce que je pourrais faire ça Taylor ? Kea’ est… était la seule personne que j’ai connue, et j’ai pas spécialement envie de me laisser aller comme ça. Tu en penses quoi de cette idée à la con ?
- Que c’est une idée à la con.

Une idée stupide et complètement conne que l’on peut proposer à un type qui vient de perdre son mec atteint du Sida.
Sans déconner, ils n’avaient pas mieux en stock à lui proposer que de se taper le premier mec qu’il croise alors qu’il vient de perdre le sien il y a peu ?

- Keaton vient de mourir, c’est pas une raison pour se la jouer portes ouvertes au premier type qui passe. Ce sont des conneries, les écoutes pas. Gère tout ça comme toi t’en as envie, les plans culs ne résolvent pas tous les problèmes.

Ca se saurait. J’ai encore du mal à croire qu’on ait pu lui proposer un truc pareil pour passer à autre chose… Que ca soit pour la maladie de Keaton ou sa mort, je trouve ça… je sais pas. Irrespectueux ? Comment tu peux pousser ton pote à se taper quelqu’un d’autre et à tromper son mec ?
On va dire que c’est une philosophie de vie que je ne connais pas, ça sera plus simple. Et cette philosophie à la con m’agace.

- Je sais très bien que t’es pas forcément barge si tu vas voir un psy mais… Je ne sais pas. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je ne crois pas que ce genre de truc soit fait pour moi. Je ne sais même pas ce que je pourrais bien raconter. Et je te répète encore une fois, sincèrement, ça ne le ramènera pas. Mais j’y penserai, tu peux même me donner de suite son numéro ou son adresse, enfin son contact si tu veux.
- Je te file ça oui. Tu verras, c’est quelqu’un de bien, elle sait ce qu’elle fait.

Daya est une personne de confiance et c’est son nom que j’inscris sur ticket de caisse froissé que je sors de ma poche alors que je m’empare du stylo posé sur la petite table du salon. Je griffonne son numéro de téléphone et l’adresse de son cabinet. J’espère que Matthew y trouvera une aide s’il décide d’aller la voir. Ca ne fait jamais de mal de parler à quelqu’un de complètement neutre vis à vis de sa vie.
Mais avant les personnes neutres, il y a aussi la famille… Celle que Matthew doit se charger d’éloigner au plus possible pour garder la face.

- Je ne peux pas. Je ne veux pas qu’ils me voient comme ça. Je n’ai pas à leur imposer ça. Ils ont déjà vécu pendant dix ans la déchéance de Kea’.

Je l’entends renifler alors que je termine d’écrire l’adresse du cabinet de Daya. Je le regarde, surprise… Ses yeux rougissent, il est là, presque fébrile.

- Je ne peux pas me montrer « faible », ils ont déjà chacun leur vie à gérer. Il ne faut pas qu’ils s’inquiètent à chaque moment de la journée sur ce que je peux bien faire…

Dire que cette image n’est pas entrain de me fendre le cœur en cinquante morceaux serait mentir. Celle de Matthew, s’appuyant d’un pied sur l’autre, un peu paumé, tremblant, les yeux embués de larmes. Rare sont les fois où ce type laisse paraître une fracture, une once de faiblesse donc lorsque ça arrive, ça vous touche bien plus que la normal.

- Tu veux pas qu’on aille faire un tour, il fait chaud ici.
- Ouais. J’envoie un texto à Stacy avant.

Juste pour lui dire que je suis bien là mais dehors avec son frère pour discuter un peu. Sous-entendant de ne pas nous déranger et que je m’occuperais d’elle après, pour que nous puissions discuter elle et moi, qu’elle puisse elle aussi vider son sac.
Je range mon portable dans la poche de mon jean et suis Matthew sur le perron, gilet sous le bras.
Il fait toujours aussi doux que tout à l’heure et c’est agréable malgré les circonstances de notre présence ici. Je connais la famille Odair depuis tellement de temps que ça me paraît naturel d’être là pour eux. Que ça soit pour Stacy ou Matthew, peu importe. C’est un peu comme une seconde famille quand j’y pense.

Je m’installe contre un muret, mains dans les poches et jette un regard en biais à Matthew. Il me retourne l’estomac de tristesse, j’ai les épaules lourdes et le cœur qui pèse tout autant. J’aime pas le voir comme ça mais s’il a besoin d’évacuer les choses, ça n’est pas moi qui le jugera. Pleurer ne fait de mal à personne, même au plus robuste.

- Si jamais t’as besoin de prendre du recul sur tout ça, hésite pas à venir quelques temps chez moi. T’es le bienvenu à la maison quand tu veux.

Je me débarrasse des boules quies que j’avais conservé depuis tout à l’heure, prenant garde à évaluer la sonorité à l’extérieur. Il n’y a pas un chat dehors, la seule chose que j’entends ce sont les quelques bruits de circulation au loin mais rien qui ne vient m’agresser de trop près ou trop fort. Je les range dans une petite boite que je glisse dans la poche de mon gilet.

- Tu vas t’en sortir Matthew. Laisse toi le temps qu’il faut, c’est tout.

Combien de fois ais-je vu des familles s’effondrer à l’annonce de la mort d’un de leur proche ? J’aime pas cette image, j’aime pas non plus quand nous devons leur annoncer le pire mais ça fait partie du boulot, j’ai aussi signé pour ça. Et quoi qu’en pense les gens, je sais être diplomate, avoir du tact et faire preuve de douceur. Seules les personnes ne me connaissant pas pourraient en douter.
Je sors d’une autre poche – oui, ça en fait des poches – une sucette que je tends à Matt’.

- T’en veux une ? C’est à la pomme.

Je le laisse accepter ou non, ne devant pas être étonné par mon geste en ayant connaissance pour mon addiction aux sucettes. Je n’pars jamais sans en avoir deux ou trois dans ma poche, c’est con mais c’est un réflexe que j’ai pris quand j’ai commencé mes études en médecine. Je partais tous les matins avec une de ces friandises dans la bouche.
J’en déballe une pour moi que je glisse entre mes lèvres.

- Si tu veux on pourrait se faire un weekend tous les trois avec Stacy ? Histoire de changer d’air pour aller se perdre dans la campagne ou un truc comme ça. Je crois que j’ai jamais fais de randonnée de ma vie.

Détails à la con mais je me dis que ça ne pourrait faire de mal à personne d’aller se perdre dans un lieu isolé de tout bruit et de toute civilisation. Ma proposition survient comme ça, sans que ça ne soit calculé. A lui de voir s’il est d’accord ou non.
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MessageDim 8 Mai - 12:08

Ah ! Comme quoi il n’était pas le seul à trouver que c’était une idée à la con d’aller voir ailleurs pour se changer les idées ! il était rassuré et se sentait quand même un peu plus « normal », il avait eu l’impression de sortir des énormités à ses amis lorsqu’il avait dit clairement non. Il lui fit un vague sourire. Heureusement qu’elle était là et qu’elle avait de bons conseils. « Portes ouvertes », ce n’était tellement pas son genre, c’était même plutôt le contraire. Il était plus frigide, pudique que la moyenne, alors effectivement ces quelques mots dénotaient totalement.

Tu me connais, avant que je cède à ce genre de « pulsions » il me faudra plus que quelques verres dans le nez.

Beaucoup plus même, même si bourré il était plus câlins avec les personnes dont il était proche. Ce n’était pas vraiment son genre, et il ne voyait pas en quoi ce genre de relations était si importantes dans une vie. Enfin il ne se voyait pas poser la question comme ça, c’était… ça serait juste trop étrange. Il avait donc préféré changer de sujet en disant qu’il acceptait d’avoir l’adresse de sa psy… il n’était absolument pas sûr d’y aller. Il n’en avait même pas envie mais après tout, peut-être qu’il en avait réellement besoin. Il n’en savait rien et pour l’instant ce n’était pas vraiment la première de ses préoccupations.

Je te file ça oui. Tu verras, c’est quelqu’un de bien, elle sait ce qu’elle fait.
C’est une de tes ex ? demanda-t-il lorsqu’elle l’encensa avant de bien vite se reprendre Enfin non, je ne veux pas savoir au final ! Ce ne me regarde absolument pas, c’était de la curiosité mal placée.

Et si le sujet n’était déjà pas simple ici, évoquer sa famille était plus compliqué. Il ne fallait pas qu’il se remette à chouiner débilement, cela ne servirait à rien. Cela ne lui ferait même pas de bien. Il ne voulait pas les inquiéter. Il ne voulait pas leur imposer encore plus, après 10 ans à avoir vécu la mort progressive de son petit ami. Ça serait injuste de se laisser aller. Il devait juste… juste tenter de tout cacher, de résoudre ça par lui-même, seul, comme il en avait l’habitude. Il pourrait s’en sortir, probablement… Il devait tenir au moins la journée et ce soir, s’il le voulait il pourrait craquer : une fois qu’il serait seul, mis à part si Noah était là. Il inspira un bon coup tentant ainsi de retrouver un semblant de sang-froid et il lui demanda si elle ne voulait pas aller se balader un peu. Prendre l’air, se rafraichir mais surtout s’éloigner des siens. Le temps qu’elle envoie un texto à Sta’, il avait commencé à se diriger vers la porte.

Ils s’installèrent un peu plus loin, histoire que personne ne sorte et vienne les voir. Il avait besoin de paix. Mais même l’air soi-disant si revigorant ne pouvait rien faire comme son humeur maussade. Il avait l’impression de se noyer, d’être totalement submergé par des sentiments contradictoires.

Si jamais t’as besoin de prendre du recul sur tout ça, hésite pas à venir quelques temps chez moi. T’es le bienvenu à la maison quand tu veux.
D’accord, et tu me connais, je ne serai pas trop bruyant ! Il lui fit un petit clin d’œil. [color=teal]C’est vrai qu’à part ses disputes avec Keaton, il était plutôt quelqu’un de discret. Elle n’aurait pas trop de mauvaises surprises avec lui [b]Mon voisin, Noah, je ne crois pas que tu l’ais déjà rencontré. Il m’a proposé de .. devenir son coloc. Il grimaça un peu Kea’ l’aimait bien, il craquait même sur lui… il l’a dragué plusieurs. Enfin tu connais Keaton avec un coup dans le nez, il drague tous les mecs qui passent. Ou presque. C’était avec nostalgie qu’il disait cela. D’autres auraient été fous de rage, il n’avait jamais bronché… c’était juste des mots. Il avait confiance en Richter, il avait toujours su que ce n’était que des mots qu’il n’y aurait rien de plus. Je ne sais pas si c’est une bonne idée… Retourner à l’appartement, dans la chambre me rend malade à chaque fois… mais en même temps déménager… même si c’est pour l’appartement en face, je ne sais pas. Je ne suis pas sûr d’être fait pour la coloc’.

S’il disait ça à une de ses sœurs, il était certain qu’elles iraient voir Noah pour lui demander des explications et… elles n’avaient pas leur langue dans leur poche. Il ne voulait pas que Benson se sente mal alors que sa proposition partait juste d’une bonne intention.

Tu vas t’en sortir Matthew. Laisse toi le temps qu’il faut, c’est tout.

Il secoua la tête. Doucement. Non, il ne s’en sortirait pas. Il ne pourrait pas. S’il arrivait à oublier cette douleur, il faudrait qu’il change de métier. Il ne pourrait être jamais avec personne, mais elle ne pouvait pas comprendre. Sentant comme une crise d’angoisse arriver, il inspira un bon coup. Il était foutu. Sa vie, son futur. Ce mot n’existait pas pour lui. Dans quelques années, dizaines d’années il serait rayé de la carte comme Lui.

Merci. dit-il en saisissant la sucette. Il la déballa avant de la mette à la bouche tout en écoutant la proposition qu’elle lui faisait. Si on arrive à se trouver un week-end où on ne bosse pas tous les trois pourquoi pas.

Il laissa quelques secondes en suspension. Il fallait qu’il lui dise. Eliott était trop sensible pour qu’il lui en reparle. Il n’avait plus de contact avec Cinzia… Il inspira avant de souffler, le regard dans le vide.

Non. Je ne m’en sortirai pas Taylor. Pas au sens le plus global du terme. Il fit une petit grimace sans s’en rendre compte. Je suis séropositif… alors… dès que j’en aurai le courage, il faudra que je démissionne de mon boulot… quant aux relations, je ne pourrais pas faire revivre à quelqu’un ce que j’ai vécu avec Keaton. Alors, même si un jour, j’arrive à l’oublier, je suis de toute façon condamné. Il inspira un bon coup avant de lui souffler. Ne leur dis pas, ils ne sont pas au courant et c’est mieux comme ça. Tant qu’ils ne savent rien, il y a encore de l’espoir pour eux.



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MessageMar 17 Mai - 16:00

- D’accord, et tu me connais, je ne serai pas trop bruyant ! C’est vrai qu’à part ses disputes avec Keaton, il était plutôt quelqu’un de discret. Elle n’aurait pas trop de mauvaises surprises avec lui. Mon voisin, Noah, je ne crois pas que tu l’ais déjà rencontré. Il m’a proposé de .. devenir son coloc.
- Sérieux ? Toi, en coloc’ ?

Je le regarde, clairement surprise et à en juger par sa grimace, j’suis presque rassuré de voir que j’le connais quand même suffisamment pour savoir que cette idée ne l’enchante pas des masses.

- Kea’ l’aimait bien, il craquait même sur lui… il l’a dragué plusieurs. Enfin tu connais Keaton avec un coup dans le nez, il drague tous les mecs qui passent.
- Le genre de mec ultra amoureux quand il a bu.

Je ne le connaissais pas aussi bien que Matthew mais j’ai quelques souvenirs où j’étais resté sur le cul de le voir dragué tous mecs qu’il jugeait plutôt à son goût alcoolisé. Mais Odair avait l’air de s’en foutre, de lui faire un minimum confiance pour savoir qu’il ne franchirait pas la limite… J’me suis imaginé à sa place et j’suis pas certaine que j’aurai eu son calme si ça avait été ma nana.
Quoi qu’il en soit, parlé un peu de Keaton a l’air de lui faire un peu de bien.

- Je ne sais pas si c’est une bonne idée… Retourner à l’appartement, dans la chambre me rend malade à chaque fois… mais en même temps déménager… même si c’est pour l’appartement en face, je ne sais pas. Je ne suis pas sûr d’être fait pour la coloc’.
- Pour sûr qu’il va falloir que le mec soit prêt à se coltiner ton vieux caractère de merde. Je ricane, taquine, même si ce que je lui dis est malgré tout une part de vérité. Après, tu peux peut-être essayer de trouver un autre appartement dans le coin ? Si jamais tu n’sens pas la colocation. Tout dépend de la personne avec qui tu es… Je t’aurai bien proposé, mais vu la taille de mon appartement, tu risques vite d’y péter les plombs et finirait par se bouffer la gueule.

On se connait suffisamment pour savoir ce qui est compatible ou non. J’adore Matthew, vraiment, mais j’suis pas certaine que lui et moi réussissions à se supporter en colocation. Et j’ai certainement pas envie de mettre notre amitié en péril pour ça. Par contre, j’peux l’aider à trouver un appartement s’il le veut, ça, c’est dans mes cordes.
Mon regard glisse vers mon ami et je finis par l’encourager avec quelques mots. Lui faire comprendre que le temps fera son œuvre, qu’il finira par aller mieux même si ça ne sera jamais vraiment l’éclate quand il repensera à Keaton.
C’est pas comme une rupture, ça ne se règle pas comme ça d’un claquement de doigts, avec quelques discussions. Ici, Keaton est mort. Un suicide en plus de ça.

Sucette en bouche, je lui propose même un weekend tous les deux ou tous les trois avec Stacy, histoire de décompressé loin de tout ça.

- Si on arrive à se trouver un week-end où on ne bosse pas tous les trois pourquoi pas.
- Cool ! J’verrais avec mes chefs si j’peux glisser un jour ou deux ou si j’peux échanger une garde avec un collègue.

Chose faisable à mon sens et étant quelqu’un de droit et qui tient toujours sa parole, je pense que Bryan ou même Taystee seraient d’accord pour échanger. C’est pas comme si c’était la première fois que ça arrivait en plus de ça. On fait comme on peut pour se dépanner ou se filer un coup de main. Si nous ne pouvons pas compter sur la reconnaissance ou nos heures de sommeil pour réussir à avaler une journée parfois longue de 48 heures, on peut au moins compter les uns sur les autres.

- Non. Je ne m’en sortirai pas Taylor. Pas au sens le plus global du terme.

Je joue avec le bâton de ma sucette avant de relever la tête vers lui, surprise par ce retournement de sujet.

- Je suis séropositif… alors… dès que j’en aurai le courage, il faudra que je démissionne de mon boulot… quant aux relations, je ne pourrais pas faire revivre à quelqu’un ce que j’ai vécu avec Keaton. Alors, même si un jour, j’arrive à l’oublier, je suis de toute façon condamné. Ne leur dis pas, ils ne sont pas au courant et c’est mieux comme ça. Tant qu’ils ne savent rien, il y a encore de l’espoir pour eux.

Soit mon cœur s’est arrêté de battre. Soit j’ai arrêté de respirer.
Mais l’un dans l’autre, c’est le sol qui se dérobe sous mes pieds alors que je me prend un mur de béton en pleine gueule. De face. Violemment de préférence.

- Tu t’fou de moi ?

C’est la première réaction que j’ai alors que je le fixe sans ciller.
Oui, il s’fou de moi. Matthew a un humour très particulier et on n’le suis pas toujours et même si là, il dépasse les bornes, surtout avec ce qu’il vient de se passer, j’suis prête à lui pardonner pour peu qu’il me dise que c’est une blague.
Dis-le que s’en est une, putain.

Bien sûr que non. Nous n’sommes pas dans un film, dans une série ou un livre, où tout finit bien. Où tous ces problèmes n’existent pas.

- Attends. Je me redresse, je crois que le souffle me manque mais je m’interdis de paniquer. Ou pire, le voir déjà mort. Depuis quand tu sais ça Matthew ? Tu l’as chopé avec Keaton ?

Respire. Une question à la fois.
Je le détail des pieds à la tête, de la tête aux pieds.
Pas toi, merde.
Si t’as pas mis de capote alors que tu le savais, j’te tue.

Je me ressaisis, je suis entrain de finir mes études pour être toubib donc même si la nouvelle est aussi mastoc qu’un bloc de béton à vous péter le cœur en deux, je n’ai pas le droit de penser comme une personne qui ne connait RIEN de cette maladie.

- T’es déjà entrain de suivre le traitement ou pas ? Tu l’as commencé combien de temps après que tout ça s’est déclaré ?

Autrement dit, dis-moi que tu as tout prit en charge à temps. Parce que j’aime pas quand il me dit qu’il est condamné. Nous ne sommes plus en l’an 50 mais en 2016, là où les traitements sont suffisamment puissant pour permettre à un séropositif de ne pas réellement déclarer la maladie et d’avoir une espérance de vie quasi normale. Peut-être que le VIH n’a pas encore déréglé tout son système immunitaire et que ça devrait aller.
J’attends le plus patiemment tout ce qu’il a à me dire et il me connait, il a plutôt intérêt à ne pas me baratiner. Pas avec ce genre de nouvelle qui me donne l’impression qu’un troupeau d’éléphants m’écrase la cage thoracique.
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Matthew Odair
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MessageMer 18 Mai - 20:39

Ouais, il était sérieux, lui en coloc et il ne savait toujours pas quoi en penser. C’était sûrement une mauvaise idée, il en était même presque totalement certain. Il n’était pas fait pour vivre avec quelqu’un qui le connaissait si peu, mais en même temps c’était une « opportunité » en or. Pour l’instant il ne se revoyait pas revivre dans son appartement, mais il restait quand même proche de son chez lui et c’était assez pratique pour le boulot, il restait à côté de la caserne. Noah était plutôt quelqu’un de gentil, d’agréable à vivre, il n’y avait pas à dire mais… mais il y avait ce mais qu’il ne savait pas expliquer. Combien de temps Benson le supporterait-il ? Combien de temps avant qu’il ne regrette son acte généreux ? Et pire s’il commençait à s’attacher au flic, ça ne serait pas possible à vivre. Il se le refusait. Il avait peur de tout ça, de tout ce que cela incluait, de tous ces changements. Matthew soupira finalement doucement avant de souffler.

Ouais, et le pire c’est qu’il sait que ça ne va pas être une sinécure pour lui ! Je ne sais pas trop quoi en penser. Tu vas c’est un gentil gars et j’ai peur qu’il le regrette et qu’il n’ose pas m’en parler après… pour ne pas me blesser ou pas. Je pense que c’est son genre, même si je ne le connais pas tant que ça au final.

Odair continua sur sa lancée en disant que Keaton aimait bien ce voisin et qu’il l’avait souvent complimenté. Il eut un petit sourire triste à ce souvenir, même quand il se comportait comme un con, ce genre d’attitude de Richter allait lui manquer… et sûrement beaucoup plus qu’il ne le pensait.

Le genre de mec ultra amoureux quand il a bu.
Ouais, celui qui vante les mérites des poutrelles des autres gars. C’était d’ailleurs généralement beaucoup plus gênant pour les autres que pour moi !

Il aurait certainement pu en parler pendant des heures durant mais à quoi bon ? Il ne devait pas remuer ce genre de souvenirs et plutôt les enterrer s’il voulait pouvoir passer à autre chose. Pour l’instant il n’y arrivait clairement pas. Il se rendait encore trop souvent à son ancien appart même si cela le rendait malade, juste pour rester assis dans le canapé, même si le soir il retournait chez Noah. Il était perdu. Il se sentait sombrer même s’il était trop fier pour l’avouer. Il sombrait, mais s’accrochait quand même fermement aux souvenirs de Keaton.  Finalement il avait repris la parole sur ses doutes, ses craintes et compagnie. Et il ne fut pas déçu de la réponse de son amie :

Pour sûr qu’il va falloir que le mec soit prêt à se coltiner ton vieux caractère de merde. Après, tu peux peut-être essayer de trouver un autre appartement dans le coin ? Si jamais tu n’sens pas la colocation. Tout dépend de la personne avec qui tu es… Je t’aurai bien proposé, mais vu la taille de mon appartement, tu risques vite d’y péter les plombs et finirait par se bouffer la gueule.
Je t’aime trop pour que tu vives avec moi. Autrement dit, j’suis un peu trop associable et con dans la vie de tous les jours, ma jolie, oublie cette idée. Je crois que je ne veux pas déménager… Je ne suis pas prêt pour ça, mais rester c’est m’enfoncer. Tu vois c’est un casse-tête. L’appart voisin est le meilleur compromis pour que mon esprit soit un minimum en paix ! Enfin, laisse tomber ! J’arriverai bien à faire la part des choses rapidement. Pour l’instant c’est impossible mais quand ça ira « mieux », tout me semblera sûrement plus clair.

Il lui fit un petit sourire ; avant d’acquiescer doucement lorsqu’elle parla d’un week-end tous les deux avec Stace’ en plus ! Il lui avait souligné qu’avec leurs différents horaires, gardes, cela serait sûrement compliqué. C’est vrai qu’échanger des gardes était tout à fait possible ! Ca ne serait même sûrement pas trop compliqué mais il n’était pas certain que quelqu’un voudrait lui rendre ce service et il était hors de questions qu’il joue sur la carte de la sensibilité ! En tout cas, il ne voulait pas blesser la jeune femme et lui montrer juste qu’il était de bonne volonté.

Je verrai ce que je peux faire de mon côté aussi.

Pendant ces quelques instants l’ambiance avait été plus détendue jusqu’à ce qu’elle parle de s’en sortir. Et cette fois c’était trop. Beaucoup trop à supporter. C’était trop lourd à porter, il avait besoin de lui dire. Comme Eliott, elle comprendrait que ça ne servirait à rien d’en faire un plat, elle avait ce recul que sa famille n’aurait pas. Pas besoin d’y mettre les formes, il n’en avait pas la force, alors il lui déballa tout en deux ou trois phrases. En moins de deux minutes, elle avait eu le résumé. Bien courte période par rapport à l’annonce qu’il venait de faire.

Tu t’fou de moi ? Comme seule réponse, il secoua la tête négative. Il était sérieux. Des plus sérieux même. Attends. Depuis quand tu sais ça Matthew ? Tu l’as chopé avec Keaton ?
Depuis Juillet… Il grimaça avant de soupirer Et disons que c’est probablement Keaton.. à 99%, mais je n’en suis pas totalement sûr. Ca faisait dix ans qu’on faisait attention… Mais il suffit d’une inattention, n’est-ce pas ? On s’est toujours protégés mais ce n’est faible à 100%, ça a aussi pu être un jour où il s’est blessé et que j’ai voulu le soigner en ayant des plaies… tout comme ça peut-être avec le boulot. Mais quoiqu’il en soit, ça devait arriver. Comment est-ce que je pouvais espérer en réchapper ?

Il avait l’impression de se répéter, mais cela semblait si logique pour lui qu’il avait du mal à comprendre comment les autres ne trouvait pas ça presque « normal ».

T’es déjà entrain de suivre le traitement ou pas ? Tu l’as commencé combien de temps après que tout ça s’est déclaré ?
J’ai toujours fais des dépistages tous les trois mois, vu qu’il était déjà déclaré… ça me semblait le plus logique pour vérifier que tout était de mon côté et que je puisse me soigner le plus rapidement possible. Donc environ trois mois. J’ai largement été pris à temps et ne t’inquiètes pas je suis sous traitement.

Il jeta un coup d’œil vers la porte d’entrée, avant de souffler plus doucement comme s’il craignait que les murs aient des oreilles.

C’est une des raisons pour lesquelles je ne veux pas qu’ils soient au courant. Tout est sous contrôle. Tu les connais, ils s’inquièteront plus que nécessaire pour moi et je ne veux pas leur faire ça.

Et il rabâchait toujours ce discours. C’était probablement une mauvaise idée, la réaction de Cinzia l’avait prouvé ce mensonge/omission était mauvais mais il ne pouvait se résoudre à tout leur dire. Il la pointa du doigt avant de lui souffler

Et tu n’as pas intérêt à leur en parler, ou j’te fourre mon saucisson au fin fond de ta gorge pour être certaine que tu ne pourras plus parler. Il se tut quelques instants Bien sûr, je parlais du salami qu’a prévu ma mère pour dîner. Il essayait de plaisanter, mais c’était juste nul, il le savait. De toute façon niveau humour il était toujours à la ramasse. Tiens d’ailleurs en parlant de gras, de charcuterie et compagnie, est-ce que pendant tes stages tu n’aurais pas croisé un bon phlébologue pour prendre rendez-vous pour ma mère… Entre ce qu’elle bouffe, son cholestérol et ses « jambes lourdes », il faudra qu’elle voit quelqu’un… et j’avoue que là ce n’est pas trop mon domaine. J’aurais bien demandé à Eliott, mais je préfère déjà avoir ton avis en premier.

Ou pas. A vrai dire c’était le pire détournement de sujet qu’il pouvait faire pour ne plus avoir à parler de lui… et tant qu’il était dans la médecine et ses réjouissances, il continua

Et toi ton hyperacousie, tu arrives à gérer, même avec tes gardes ?


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MessageMer 25 Mai - 16:19

- Depuis Juillet… Et disons que c’est probablement Keaton.. à 99%, mais je n’en suis pas totalement sûr. Ca faisait dix ans qu’on faisait attention… Mais il suffit d’une inattention, n’est-ce pas ? On s’est toujours protégés mais ce n’est faible à 100%, ça a aussi pu être un jour où il s’est blessé et que j’ai voulu le soigner en ayant des plaies… tout comme ça peut-être avec le boulot. Mais quoiqu’il en soit, ça devait arriver. Comment est-ce que je pouvais espérer en réchapper ?
- Putain.

Nouveau soupire, main sur le visage.
J’ai confiance en lui, je sais qu’il est responsable et qu’il ne fera pas le con en prenant des risques… Mais ça me frustre. Ça me rend triste et ça me bouffe.
Je garde ma sucette à la main, soudainement trop nauséeuse pour supporter quelconque goût de sucre.

- J’ai toujours fais des dépistages tous les trois mois, vu qu’il était déjà déclaré… ça me semblait le plus logique pour vérifier que tout était de mon côté et que je puisse me soigner le plus rapidement possible. Donc environ trois mois. J’ai largement été pris à temps et ne t’inquiètes pas je suis sous traitement.

Je lâche un soupir de soulagement.
Ça, c’est déjà une bonne nouvelle et ses chances de pouvoir vivre une vie correcte et normale est beaucoup plus grande qu’une personne ayant vu toute son système immunitaire bouffé par le virus. Le fait que Matthew soit sous traitement depuis le début pourra au moins lui permettre de vivre sereinement sa vie… Enfin, sereinement. Disons, au mieux.

- C’est une des raisons pour lesquelles je ne veux pas qu’ils soient au courant. Tout est sous contrôle. Tu les connais, ils s’inquièteront plus que nécessaire pour moi et je ne veux pas leur faire ça.

Je suis par réflexe son regard vers la porte d’entrée avant de revenir vers lui, glissant finalement de nouveau la sucette entre mes lèvres. J’hausse les épaules, pas tellement d’accord mais il fait ce qu’il veut. J’ai pas à lui dire quoi faire, je peux seulement donner mon avis.

- Je sais bien… Mais ne tarde pas trop pour leur dire. Ne serait-ce que pour ta propre sécurité, on ne sait jamais ce qu’il peut t’arriver demain. Qu’ils soit au courant serait peut-être mieux, non ?

C’est à lui de voir, pas à moi.

- Et tu n’as pas intérêt à leur en parler, ou j’te fourre mon saucisson au fin fond de ta gorge pour être certaine que tu ne pourras plus parler.
- J’te d’mande pardon ? Je tourne brutalement mon regard vers lui.
- Bien sûr, je parlais du salami qu’a prévu ma mère pour dîner.
- C’est ça ouais. Si t’y tiens encore, j’te conseille de la garder sagement ranger dans ton froc au cas où un scalpel trainerait dans la poche de mon gilet. C’est pas parce que t’as le sida que tu peux tout te permettre.

C’est Matthew, ça me fait rire. Il est comme ça, un humour brute de décoffrage pas toujours très logique mais il essaie, c’est déjà une bonne chose.
Visiblement, moi aussi. Délicatesse zéro, mais il sait que c’est bon enfant. Il n’y a qu’avec lui que je peux me permettre ce genre de chose.

- Tiens d’ailleurs en parlant de gras, de charcuterie et compagnie, est-ce que pendant tes stages tu n’aurais pas croisé un bon phlébologue pour prendre rendez-vous pour ma mère… Entre ce qu’elle bouffe, son cholestérol et ses « jambes lourdes », il faudra qu’elle voit quelqu’un… et j’avoue que là ce n’est pas trop mon domaine. J’aurais bien demandé à Eliott, mais je préfère déjà avoir ton avis en premier.

Je lui colle une claque derrière la tête – enfin une claque… - avant de le pointer du doigt, faussement accusatrice.

- Eh parle pas comme ça de ta mère, elle est adorable comme tout en plus.

Encore une fois, c’est Matthew. En plus d’avoir l’air d’un grognon, ce type n’a aucun filtre entre le cerveau et la bouche. C’est l’une des raisons pour laquelle il a très peu d’amis mais moi ça me fait marrer. Je n’suis peut-être pas très objective sachant que si quelqu’un d’autre me faisait ça se prendrait sûrement ma main dans la gueule.

- Et toi ton hyperacousie, tu arrives à gérer, même avec tes gardes ?

Je croque dans le reste de ma sucette en acquiesçant.

- Ca va oui. Les médocs m’aident plutôt pas mal à atténuer tout ça et les boules quies aussi. Je n’dis pas que c’est facile tous les jours mais ça reste gérable. C’est juste à moi de faire attention et de ne pas faire la con. J’esquisse un sourire et jette mon bâtonnet dans la poubelle à côté de moi. Et encore, j’ai pas connu le pire…dis-toi que j’vais pas tarder à faire un tour en pédiatrie. Je saigne déjà des oreilles…

La porte ouverte aux pleures. Je suis contente à l’idée de tenter l’expérience de la pédiatrie, puisqu’il va bien falloir que je prenne une décision prochainement. M’occuper des gosses ne me dérangent jamais, même pour les plus bruyants mais je sais déjà que les journées risquent d’être bien plus compliqué qu’aux urgences où les adultes savent mieux gérer leur douleur.
Ou pas. Certains font peur à voir.

- Pour ta mère je peux sûrement me débrouiller pour trouver un bon phlébologue oui. J’ai entendu parlé d’un médecin là où je bosse, il serait pas trop mal apparemment. Tu veux que j’te choppe son numéro ? Je hausse les sourcils, sourire en coin. Décidément, j’te refais tout ton répertoire médical ce soir. Mais j’en ai un autre à te conseiller.

Je me tourne légèrement vers lui, bras croisés sur la poitrine, l’air plus que sérieuse.

- Un chiantologue. Peut-être qu’il pourra faire quelque chose pour ta connerie et ta mauvaise humeur chronique…

Je ricane en le poussant légèrement de l’épaule, taquine. On pourrait presque croire que Keaton n’est pas mort, qu’il est toujours là à attendre Matthew chez eux. On pourrait presque croire qu’Odair ne vient pas de m’annoncer qu’il a le VIH.
Les idées me reviennent en douceur mais j’essaie de garder le cap. Il n’a pas besoin que je pleurniche sur ses épaules, ni que je me lamente mais j’peux pas m’empêcher de le regarder, sourire triste aux lèvres.

- Si jamais t’as besoin, t’hésite pas à venir à la maison, ok ? Je serais contente de te voir un peu plus souvent.
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MessageSam 28 Mai - 17:07

Au moins Taylor avait la décence de ne pas lui sortir les conneries habituelles qu’il avait pu entendre « mais il ne faut pas dire ça, tu aurais pu passer à côté ». Bien sûr que non, ça aurait été trop simple. Faire attention ne suffisait pas forcément et de toute manière maintenant, il était trop tard pour revenir en arrière et s’il avait le don de pouvoir remonter dans le temps, il ne savait réellement pas quel jour ils avaient commis cette « erreur » fatale. Quoi qu’il en soit, il tenta de rassurer au mieux son amie, de lui montrer qu’il avait toujours sût ce qu’il faisait notamment en faisant très régulièrement des tests de dépistages pour pouvoir prendre des médicaments si jamais il était séropo ! Pour lui c’était juste de la logique, une sante on a qu’une, et il voyait bien les dégâts que cela causait à son petit ami, il ne voulait pas subir la même chose… surtout qu’avec l’avancée de la médecine, aujourd’hui les choses étaient même plus facilement gérable, même si c’était un bien grand mot. Il finit par parler de sa famille, sur le fait qu’il tenait qu’ils ne soient pas informés pour l’instant. Il se doutait que comme les autres, elle lui allait lui dire qu’il faisait une lourde erreur, il le savait mais il ne voulait pas lire la crainte de le perdre dans leur regard. Il ne se sentait pas le courage de leur annoncer ça, d’affronter leur question, leur inquiétude.

Je sais bien… Mais ne tarde pas trop pour leur dire. Ne serait-ce que pour ta propre sécurité, on ne sait jamais ce qu’il peut t’arriver demain. Qu’ils soit au courant serait peut-être mieux, non ?
Je ne sais pas… Je ne sais pas du tout. Tu sais comme est ma mère, elle s’inquiète de la moindre chose, est-ce que tu penses vraiment que lui dire va servir à quelque chose ? A part à la faire mourir d’inquiétude. Imagine si je finis un jour à l’hôpital toutes les questions qu’elle va se poser… Et dès que je serai malade, ça sera un drame. C’est trop de choses pour le moment, ils ont vu trop de choses avec Kea’, ils ne savent que trop bien tout ce que cela implique. Il soupira Il faudra que je leur dise mais j’essaye de trouver le bon moment depuis des mois… mais il n’est jamais là. Je ne sais pas comment aborder le sujet avec eux… vu que ça fait un moment que je le sais maintenant. Et… Il marqua un arrêt avant de souffler je ne veux pas qu’ils lui en veuillent.

Bien sûr il parlait de Keaton, même mort, ses parents pouvaient très bien lui en vouloir de l’avoir contaminé. Matthew ne voulait pas que sa famille ait ce souvenir péjoratif de son petit ami. Alors il était un peu perdu dans ce qu’il devait faire ou pas. Pour tenter de se reprendre, il lança une phrase qui était censée être de l’humour… mais là encore il s’était totalement planté –non, il ne serait probablement jamais quelqu’un de marrant-.

C’est ça ouais. Si t’y tiens encore, j’te conseille de la garder sagement ranger dans ton froc au cas où un scalpel trainerait dans la poche de mon gilet. C’est pas parce que t’as le sida que tu peux tout te permettre.
Roh ? Alors c’est un mythe ? Je suis tellement déçu ! Enfin bon, j’aime la charcuterie, mais quand même, le saucisson est mieux sur la table…

Il avait failli ajouter « ou dans ma bouche », mais il trouvait que ça faisait trop, et surtout trop faux. Il n’était pas du genre à faire ce genre de vanne habituellement, il était au contraire plutôt coincé, frigide, c’était par contre du Keaton tout craché de dire ce genre de choses ! Il avait donc tenté de reprendre sur quelque chose de plus sérieux en demandant à son amie si elle connaissait un bon médecin pour sa mère, certes le portrait qu’il venait de décrire d’elle n’était pas forcément des plus flatteur… mais c’était juste la stricte vérité. Il n’y avait rien de méchant là-dedans. Il se reçut néanmoins une petite tape derrière la tronche qui le fit légèrement ricaner

Eh parle pas comme ça de ta mère, elle est adorable comme tout en plus.
Tu sais très bien que j’adore ma mère Tay’ ! C’est juste la vérité sans aucune diplomatie, c’est tout.

Il adorait réellement sa maman et faisait tout ce qu’il pouvait pour la protéger, un peu comme avec ses sœurs, d’où ses cachotteries sur sa maladie. Il s’y prenait sûrement comme un manche à balai mais les femmes savaient qu’il les adorait et c’était certainement le plus important pour lui, pour eux. Que sa famille sache que même s’il ne parlait pas souvent « bien », même s’il était désagréable, trop franc trop sarcastique c’était juste sa façon habituelle d’être. Ce sujet-là clos, il ne tarda pas à lui parler de sa maladie à elle. L’écoutant attentivement, il grimaça légèrement lorsqu’elle lui dit qu’elle irait certainement bientôt en pédiatrie, effectivement cela risquait d’être dur à gérer pour elle suivant les journées ça en était même un peu inquiétant.

Tu en as parlé à ton futur lieu de stage pour qu’ils soient au courant ou pas du tout ? Et ce n’est pas moi qui vais te blâmer si tu me dis non… Je ne pourrais que comprendre !
Pour ta mère je peux sûrement me débrouiller pour trouver un bon phlébologue oui. J’ai entendu parlé d’un médecin là où je bosse, il serait pas trop mal apparemment. Tu veux que j’te choppe son numéro ?. Décidément, j’te refais tout ton répertoire médical ce soir. Mais j’en ai un autre à te conseiller. Et là, il sentait la vanne à venir grosse comme une maison, il lui fit signe d’y aller qu’il était prêt. Il se demandait néanmoins ce qu’elle allait bien. Un chiantologue. Peut-être qu’il pourra faire quelque chose pour ta connerie et ta mauvaise humeur chronique…

Est-ce qu’il était censé mal le prendre ? Peut-être qu’un autre aurait tiré la tronche, mais lui se mit juste à ricaner. C’était drôle comme vanne, horriblement vrai et drôle !

Roh arrête ! Tu me trouverais chiant à mourir si j’étais tout mielleux, gentil et adorable ! Il y en a assez des types comme ça ! Il lui fit un petit clin d’œil avant d’ajouter Je suis bien comme je suis, au moins on ne vient pas trop me faire chier !
Si jamais t’as besoin, t’hésite pas à venir à la maison, ok ? Je serais contente de te voir un peu plus souvent.
T’inquiètes, j’ai bien compris que t’avais envie que ma mauvaise humeur vienne te tenir compagnie ! Je sais, je suis un véritable bout en train, à côté de moi tu te trouveras toute mignonne et gentille… et ça remonte le moral ! Il lui sourit avant de la prendre tendrement dans ses bras et de lui déposer un léger baiser sur la joue Tu me diras quand tu es libre dans les soirs à venir quand tu n’es pas de garde et on verra ce qu’on peut se faire d’accord ! En attendant, je crois qu’on va bientôt nous attendre pour manger… Il laissa passer quelques instants avant d’avoir un léger sourire aux lèvres et d’ajouter ... dont du saucisson.

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MessageMer 1 Juin - 14:13

Ce que m’explique Matt’ prend son sens, surtout en ce moment. Ne pas vouloir dire à sa famille qu’il a le VIH est dangereux, voir un poil égoïste mais les raisons qu’il me donne se valent et de toute façon, je n’suis pas là pour le juger mais pour le soutenir. Je suis sincèrement touché de le voir me confier ce lourd secret et il sait qu’il peut compter sur moi s’il a besoin de quoi que ce soit. J’espère juste que son état de santé se maintiendra et que le traitement sera tout aussi efficace qu’il doit l’être.
Mes yeux glissent sur lui, sur ses traits et je me surprends à avoir la trouille de le perdre.

La discussion se poursuit sur un ton beaucoup plus léger et j’me dis qu’il a sûrement plus besoin de ça que de ressasser les drames de sa vie. Keaton est mort depuis trop peu de temps pour réussir à faire abstraction mais si pour l’espace de quelques instants Matt’ peut oublier sa douleur alors je ferais en sorte que ça arrive.

- Tu en as parlé à ton futur lieu de stage pour qu’ils soient au courant ou pas du tout ? Et ce n’est pas moi qui vais te blâmer si tu me dis non… Je ne pourrais que comprendre !
- Juste à mon chef de service et à mon titulaire. Sinon, non. Ca m’fait déjà chier de devoir en parler, j’ai pas envie que l’on soit plus coulant avec moi à cause de ça. Et puis, tant que ça ne me pousse pas à faire des conneries, on s’en fou.

Tant que je ne mets pas la vie de mes patients en danger à cause de ça alors, tout va bien. Je sais où sont mes limites, ce que je peux me permettre ou non et il est vrai que de faire des études de médecine avec une hyperacousie est assez stupide comme choix mais moi j’ai la chance d’avoir un traitement qui fonctionne, qui apaise les sons et les douleurs alors pourquoi m’arrêter de vivre ? Je n’dis pas que je pourrais assister à des concerts ou que je pourrais passer 4 heures dans un centre commercial bondé de monde mais je peux au moins prétendre être apte à faire le métier que j’aime.

En parlant de métier, je conseille quelques trucs à Matthew pour sa mère mais aussi pour lui, pour sa chiantise avérée, tout en lui offrant un sourire taquin.

- Roh arrête ! Tu me trouverais chiant à mourir si j’étais tout mielleux, gentil et adorable ! Il y en a assez des types comme ça ! Je suis bien comme je suis, au moins on ne vient pas trop me faire chier !
- C’est pas faux. Je hausse les épaules avant d’ajouter. En réalité, si t’étais comme ça, j’crois que je t’aurai déjà giflé depuis longtemps.. Donc t’as raison, reste un connard moi ça m’va très bien.

Large sourire, je le pousse gentiment de l’épaule, glissant mes mains dans les poches mon gilet.

- T’inquiètes, j’ai bien compris que t’avais envie que ma mauvaise humeur vienne te tenir compagnie ! Je sais, je suis un véritable bout en train, à côté de moi tu te trouveras toute mignonne et gentille… et ça remonte le moral !
- Ah mais j’ai aucun problème avec l’idée que l’on me voit comme une râleuse et une emmerdeuse. Au contraire !

J’emmerde même ceux qui n’en sont pas content. J’ai toujours eu ce caractère grande gueule, têtue, qui ne se laisse pas faire. Ca n’a pas que des avantages, je mentirais si je disais que c’était le cas mais ça n’est pas pour autant que ça me pose problème.
Je me redresse et me crispe l’espace d’une seconde lorsque Matthew me prend dans ses bras, avant de me laisser aller pour lui rendre son étreinte. J’ai pas l’habitude, je n’aime pas non plus quand les gens me touchent mais le contact me dérange beaucoup moins lorsque ce sont des personnes comme lui ou même comme Daria.
Je lui rend son bisou sur sa joue mal rasé, sourire aux lèvres, essayant de lui transmettre toute mon affection dans ce geste tendre. C’est rare, qu’on en profite.

- Tu me diras quand tu es libre dans les soirs à venir quand tu n’es pas de garde et on verra ce qu’on peut se faire d’accord ! En attendant, je crois qu’on va bientôt nous attendre pour manger… dont du saucisson.
- Je vais d’abord aller voir Stacy pour parler un peu avec elle. Elle avait vraiment l’air d’en avoir besoin tout à l’heure. On descendra vous rejoindre un peu après. Je t’appellerai dès que j’ai une soirée de libre, compte sur moi.

J’esquisse un sourire, prenant la direction de la porte d’entrée avant de me retourner, le pointant du doigt.

- Et toi, fais gaffe au saucisson. Ne l’mange pas avec "la mauvaise bouche"...

Je ricane, presque fière de ma blague stupide et franchit la porte pour me diriger vers les escaliers menant à la chambre de Stacy. Plantée devant la porte, j’ai l’impression que je viens de faire une lourde chute. Passant d’un moment tranquille, presque serein avec Matthew pour arriver maintenant ici, devant la réalité pour me rappeler que non, tout n’est pas rose, pas quand Keaton s’est foutu une balle dans la tête.
Je prend une profonde inspiration et frappe trois fois à la porte.

- Stacy ? C’est moi.

J’entends des bruits de pas, la porte s’ouvre et à la seconde où je croise son regard humide, j’ai le cœur qui se serre. Je n’aime pas la voir dans cet état, je n’aime pas la voir aussi triste. J’entre, ferme, derrière moi et la prend aussitôt dans mes bras, la serrant contre moi. Peut importe si elle doit y pleurer la nuit, je resterais tranquillement ici jusqu’à ce qu’elle s’apaise.

- FIN POUR MOI -

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