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Lyla Gambino
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MessageDim 17 Jan - 22:32





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J’avais fait en sorte que tous les passagers blessés et choqués que Matthew et moi avions transportés jusqu’à l’hôpital, soient pris en charge avant moi. Ma veste était imbibée de sang et j’étais blême mais je me fichais de mon état tant que j’étais sûre que Florence voyait quelqu’un pour être sûre qu’elle se remettrait de ses brûlures, tant que j’avais la certitude que Cinzia était en sécurité et que … Je m’évanouis alors que j’arpentais le couloir pour la énième fois, rattrapée de justesse par une infirmière et transportée dans une chambre pour qu’on voit l’étendue des dégâts. Je repris connaissance alors qu’on me recousait soigneusement. La balle avait visiblement été extirpée mais ça ne rendait pas le moment plus agréable pour autant. Je fixai le médecin qui finit par poser les yeux sur moi, un sourire énigmatique aux lèvres. « Qu’est-ce que tu as encore dit pour te prendre une balle ? Hein Lyla ? Calibre de la police en plus ! C’est la folie ici depuis quelques heures, un vrai merdier à Times Square, t’étais là-bas ? » « Ouais, les flics ont commencé à devenir tarés, je leur ai dit que j’étais secouriste, je suppose que j’étais trop basanée, ils ne m’ont pas cru. Un problème que tu connais bien, pas vrai, Clay ? » Il soupira et acquiesça. Qui pouvait bien imaginer qu’un afro américain avait pu trouver le pognon pour faire des études et devenir médecin ? Des tas de gens éduqués mais certainement pas les membres de la police de New York. Si je mettais la main sur le fils de pute qui avait tiré, il allait se souvenir de mon visage et de mon nom. Enfoiré de merde ! Je serrai les dents alors qu’il faisait les derniers points, me disant que j’allais avoir mal pendant des semaines et que je pouvais dire adieu à l’ambulance pour un moment. Quand c’était des criminels, ça foutait la haine mai c’était pire quand on se faisait canarder par des putains de collègues qui étaient supposés être là pour nous protéger. « Va falloir te reposer, tu peux appeler la caserne, tu as fini ta garde ce soir. Tu as quelqu’un pour venir te chercher ? » « Non, je vais rentrer en taxi. » dis-je au moment où des cris montaient de devant la porte, je me penchai pour voir deux agents de sécurité essayant de contenir une véritable tornade. Je me dis qu’il y avait vraiment un concours du plus pénible ce soir avant de reconnaître la voix de Luciano, ou plutôt ses cris. « Fais le rentrer, Clay, il est avec moi ! » Il haussa un sourcil, souriant à nouveau. « Avec toi, hein ? Depuis quand y a des types avec toi, sans uniforme ? » « T’as pas envie de savoir. » « Si, si, au contraire ! » « Je t’expliquerai une autre fois, allez, fais-le rentrer avant qu’il ne massacre la moitié du personnel ! » Il ricana, m’informant qu’il gueulait depuis son arrivée pour trouver des proches. Ça ne m’étonnait pas de lui.

Il entra en trombe dans la chambre, paniqué. « Tout va bien ! Ta sœur est avec Tony et Dante, et elle va bien et moi, c’est juste une égratignure. » Mon ami Clayton nous rejoignit, se faisant le plus discret possible, terminant mon pansement. Habituellement, les infirmières s’occupaient de ça mais j’avais la chance de connaître une des figures de proue du service et d’être amie avec lui par-dessus le marché. Ca servait d’avoir des relations ! Sans ça, j’aurais sans doute été examinée à l’arrache dans les couloirs surpeuplés et par un interne, de surcroît. Fallait bien qu’ils se fassent la main ? La panique de Luciano m’angoissait terriblement et étant faible, j’étais plus encline à faire une crise d’angoisse. « Calme-toi, ok, ça va, je te jure que ça va. » affirmai-je en pressant sa main. J’ignorais toujours si je devais lui raconter tout en détails ou pas, je craignais sa réaction, c’était comme avec mes frères, je minimisais toujours la vérité pour éviter de les voir partir en croisade et risquer de se mettre dans la merde par ma faute. J’étais en vie, c’était tout ce qui comptait. « J’étais en poste pour l’illumination du sapin de Times Square. Y avait une bombe et ça a été la panique, j’ai essayé de faire ce que je pouvais mais c’est parti en couille dès la coupure d’électricité. Tout le monde voulait récupérer quelque chose ou se sortir de là, un chaos sans nom. J’ai sorti qui j’ai pu de là. Merci Clay. » Il me fit un salut militaire et sortit, m’offrant la possibilité de me rhabiller. « Tu peux m’aider à enfiler cette chemise de médecin, s’il-te-plaît ? Ils ont dû couper mon t-shirt pour me soigner. Comment tu savais où j’étais ? Je suis contente que tu sois là mais c’est pas prudent qu’on nous voit ensemble, Lucky, je peux appeler quelqu’un pour me récupérer et me remmener à la maison. » J’aurais voulu me blottir dans ses bras et l’embrasser mais les murs étaient faits de vitres et Dieu seul savait qui il pouvait y avoir dans cet hôpital. « Tu es fâché ? Pourquoi ? Ne sois pas fâché, je n’ai pas la force de me battre avec toi ce soir, j’ai envie d’aller me coucher. Si tu gardais cette dispute pour plus tard, hm ? Et tu utilises toute ton énergie pour me préparer un thé et me masser les pieds, tu peux aussi me porter comme une princesse jusqu’à la voiture en me déclamant des poèmes. Non ? Dommage ! » Je ricanai, posant ma veste sur mes épaules. « Je dois passer à la caserne prévenir que je suis blessée et que je dois rentrer. »






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Luciano Gambino
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MessageJeu 21 Jan - 18:09





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La soirée avait pourtant bien commencé. Au terme d’un repas de famille, une table de poker s’était improvisée dans la salle à manger, mais mes frères et moi eûmes à peine le temps d’entamer la seconde manche que nous étions tous happés par l’inquiétude. Ma sœur était à Times Square. Rien que ça aurait pu suffire à ce que je fonce là-bas pour tenter de la récupérer, mais elle ne fut pas la seule raison à mon empressement à me rendre sur place. Je dus batailler pour approcher au plus près du danger, stoppé par un gringalet de pompier. Je le menaçai, le houspillai, lui promis une mort lente et douloureuse pour qu’il me fiche la paix et qu’il s’intéresse vraiment à sa véritable urgence : sortir les innocents de ce merdier. La mienne, en revanche, c’était de mettre la main sur Lyla qui demeurait introuvable. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il y avait trop de monde. Les visages se confondaient et moi, pour la première fois depuis une éternité, je cédai à la panique. J’arrêtais toute femme – en uniforme ou non – qui aurait pu lui ressembler de près ou de loin. Je ne crachai jamais aussi souvent son prénom depuis notre première rencontre. Dès que je croisais un flic, je lui agitais sous le nez une photo de la Cinzia et de la Mexicaine dans l’espoir qu’on me confirmerait qu’elles étaient en sécurité ou, mieux encore, qu’on me désigne l’endroit où elle se terrait d’un signe de la main. Il n’était jamais qu’une bande d’incapables. Tous autant qu’ils étaient. Je crus pourtant approcher du but lorsque l’un d’entre eux blêmit en observant l’image depuis l’écran de mon téléphone portable. En d’autres moments, je l’aurais malmené sans m’inquiéter des conséquences, mais mes nerfs ne survivraient pas à une nuit au cachot cette fois, pas tant que je n’aurais pas obtenu ce que j’étais précisément venu chercher ici. Je respirai enfin plus librement quand Manuel, visiblement contrarié, m’informa qu’on lui avait ramené ma sœur saine et sauve et que d’après elle, ma dulcinée avait été envoyée à l’hôpital. Mon soulagement fut cependant de très courte durée. La connaissance, cette admission était bien plus qu’une mesure de précaution. Non ! Lyla ne faisait jamais dans la dentelle. Qu’est-ce qu’une intervention d’envergure sans une blessure par balle ? Je fulminai tout au long du chemin vers le quartier de Brooklyn. J’étais convaincu que, d’une façon ou d’une autre, c’était entièrement de sa faute. Elle avait dû provoquer, se sentant pousser un manche entre les cuisses. J’étais furax en pénétrant dans le service des urgences. Je l’étais plus encore lorsqu’on me conseilla de me calmer et d’attendre sagement qu’on me la retrouve. Et je crus exploser quand on me refusa l’accès à sa chambre. Je crachai une panoplie de jurons dans toutes les langues que je maîtrisais, prêt à en découdre, jusqu’à ce qu’on autorise enfin à entrer.  Bande d’enfoirés. Comme si j’en avais vraiment besoin. Je les aurais tous assommés les uns après les autres pour leur condescendance si la pâleur de Lyla ne m’avait pas sauté aux yeux.

« Une égratignure. Bien sûr. Tu te prends une balle dans le bras, mais c’est une égratignure. Et mon cul, c’est du poulet ? » persiflais-je sans trouver assez de douceur en moi pour éteindre ma colère et la couvrir d’affection. Elle m’était interdite. La pièce n’était pas sécurisée et il y avait bien trop de monde, en ce compris ce type qu’elle semblait connaître, mais qui aurait perdu ses mains pour l’avoir touchée s’il n’était pas médecin. Ça me déplaisait. Terriblement. Mais moins que le récit de sa folle soirée. « Arrête de jurer tes mensonges. Tu ne vas pas bien. Tu es blanc bougie. Putain, Lyla, mais qu’est-ce que tu as foutu ? Comment, parce qu’un sapin se met à brûler, tu t’y es prise pour te faire tirer dessus. C’était un évènement familial. C’est ce que tu m’avais dit… et maintenant, tu jures ? Tout ça, ça ne serait pas arrivé si tu avais accepté que je t’accompagne, mais non. Non, tu as préféré me tenir à l’écart de ça, évidemment. » En réalité, c’était davantage à cause de sa situation que de la mienne, mais j’étais encore trop agité pour ressusciter ma bonne foi. Même ses doigts jouant avec les miens ne m’apaisaient qu’en partie. Assez pour que je décide d’ôter mon pull pour l’en couvrir. « Tiens. Enfile ça plutôt. Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser te balader dans les couloirs le dos à moitié à l’air. C’est qui ce Clay ? Non, mais parce que moi, la seule fois où ça m’est arrivé d’appeler une infirmière par son petit nom, c’est après l’avoir sauté dans un placard à balai. Du coup, je me demande à quel point vous vous connaissez… Tu vois ? » maugréais-je entre mes dents, jaloux, mais un peu plus calme à l’idée qu’elle n’ait pas à rester ici des jours durant. « J’ai eu Mani au téléphone. C’est ma sœur qui lui a dit. » L’aidant à descendre de son siège, je l’observai déposer sa veste sur son épaule sans rien cacher de ma mauvaise humeur. Elle n’était pas entièrement dirigée contre elle, mais elle n’y était pas totalement étrangère non plus. J’étais incapable de répondre à ses plaisanteries, jusqu’à ce qu’elle fasse du zèle. « Là, c’est pour ça que je suis fâché. À cause de ce putain de boulot qui te met en danger et auquel tu as l’air de tenir plus qu’à ta vie. Pourquoi est-ce que tu serais obligée d’aller là-bas, hein ? Tu ne peux pas te contenter de téléphoner et d’envoyer quelqu’un récupérer tes affaires ? Ton frère par exemple ? Ou ta mère… Non ! il faut que tu ailles là-bas, pour leur sucer la queue avec des excuses, parce que tu es mise en arrêt, alors que c’est toi qui viens de gâcher ta vie pendant que ton putain de boss gérait l’intendance. Ça me casse les couilles. Tu me casses les couilles à ne pas être foutue de voir le danger arriver de loin. »




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Lyla Gambino
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MessageLun 25 Jan - 22:33





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Mon métier m’avait permis de garder pied et d’avoir quelque chose auquel me tenir depuis mon retour du front. J’étais revenue irrémédiablement changée et pour supporter ce que j’étais et ce que j’avais laissé derrière moi, il me fallait au moins ça pour tenir le coup. C’était psychologiquement très dur mais en sauvant des vies tous les jours et en aidant mon prochain, j’avais l’impression de faire quelque chose qui comptait vraiment, quelque chose qui donnait du sens au cadeau que mes frères d’armes m’avaient fait en donnant leur vie pour que je conserve la mienne. Et si je n’avais pas été si pieuse, j’aurais sans doute décidé de vivre à cent à l’heure et de m’envoyer tout ce qui bougeait, j’aurais fait en sorte de vivre chaque seconde comme si c’était la dernière. A défaut de me dévergonder, j’avais choisi de tourner ma vie vers les autres et de leur accorder tout mon temps et mon énergie. Mon temps libre, je l’occupais autrefois à aider mon père avec les chiens élevés pour le combat et maltraités, à soigner ces pauvres bêtes qui se trouvaient parfois aux portes de la mort. Je faisais du bénévolat dans une maison d’aide aux femmes sortant de prison voulant se réinsérer et trouver une manière de s’en sortir autrement que par les gangs et les armes. La majorité d’entre elles retrouvait le chemin de la MS13 au premier entretien d’embauche qui se soldait par un refus catégorique. Mais on arrivait à en sortir d’autres, on arrivait à leur offrir une autre voie, à elles et à leurs enfants. Je n’hésitais jamais à accepter de faire des gardes supplémentaires pour aider un maximum de personnes et je tendais toujours la main, presque trop naturellement. A côté de ça, j’étais une véritable emmerdeuse qui ne savait pas fermer sa gueule, j’avais un caractère de merde et je n’hésitais pas à dire quand quelque chose me dérangeait et j’avais un don inouï pour me retrouver en plein milieu d’une situation de merde. Parfois, je les provoquais, parfois je me retrouvais embrigadée là-dedans par un pur concours de circonstances. Là, je m’étais contentée de faire mon boulot et d’essayer de limiter les dégâts, je terminai avec une balle dans l’épaule parce que n’importe quel abruti pouvait porter un badge et un flingue. J’étais une grande fille et si je souffrais le martyr, je savais prendre sur moi pour revoir l’ordre de mes priorités. Je ne voulais pas penser à tous ces détails pratiques pour le moment, comme la manière dont je rentrerais chez moi ou bien ce que je dirais au patron, je pensais avoir le temps de cogiter dans le taxi mais mon cher et tendre en avait décidé autrement et si sa présence aurait pu apaiser mes angoisses, sa colère ne fit que les accentuer. Le calmer, c’était faire de mon mieux pour éviter une crise.

« Ah oui ? Ça expliquerait pourquoi j’adore mordre dedans. » déclarai-je avec un large sourire, j’entendis Clay pouffer mais reprendre aussitôt son sérieux, il avait parfaitement compris qu’il valait mieux faire profil bas le temps que mon compagnon se calme. S’il me passait mes traits d’humour déplacés, n’importe qui d’autre risquait de se manger un violent coup. « Bien évidemment, j’ai fait tout ça exprès, juste parce que je voulais que tu viennes me chercher pour me ramener à la maison, comme le chevalier servant que tu es. Et tu vois, ça a marché ! » ajoutai-je en adoptant le ton de la confidence, comme si je lui faisais part d’un secret. Je ne comptais pas parler avec lui des détails de mon agression, je ne comptais pas avoir la moindre conversation sérieuse avec lui alors qu’il se trouvait dans un état pareil et qu’il n’écouterait et ne retiendrait rien. J’userais inutilement ma salive et ça me coûterait beaucoup trop d’énergie. Lorsqu’il exprima ouvertement sa jalousie, mon sourire qui ne quittait pas mes lèvres depuis que j’avais lancé ma première boutade s’épanouit. Si j’avais été en forme, j’aurais souligné le fait que du fait de sa relation avec une irlandaise, il était mal placé pour me faire des crises de jalousie, au lieu de ça, je me dis que l’humour serait une fois de plus la réponse adéquate. « Je n’ai sauté aucune infirmière dans un placard à balais, j’ai quand même un standing à tenir… Ne fais pas cette tête, Clay est un ami qui me file un coup de main avec mes cours de médecine, je lui ai rendu quelques services et il est toujours prêt à me dépanner. Clay est marié depuis 5 ans à une magnifique femme qui s’appelle Kendra et qui est délicieuse ! Mais j’aurais peut-être dû lui parler des infirmières et du placard à balais, il aurait pu te rencarder et t’en trouver une de choix, parce que la grosse Ruth, je ne suis pas sûre qu’elle te plairait ! » Je ricanai de ma propre connerie, surtout à cause de la tête qu’il faisait et je me fis un mal de chien. Je m’arrêtai net et grimaçai, me disant que je devais vite m’asseoir dans une voiture avant de m’écrouler. « Amorcito… » susurrai-je en allongeant le i exagérément, comme nous aimions tant le faire. Je lui pinçai la fesse, seule chose que je pouvais me permettre ici et je le traînai à sa voiture dans laquelle je me laissai tomber, à bout de forces. Mon téléphone sonna et je ne pris pas la peine de répondre, de peur que la situation dégénère avec Luciano et je n’avais vraiment pas besoin de ça. « Je ne voulais pas t’inquiéter, cariño ! Je suis désolée de t’avoir fait peur mais je te promets que je n’ai rien fait ! Quand j’ouvre ma gueule à tort et à travers, je le dis mais ce n’était pas le cas. Maintenant j’aimerais bien passer à la pharmacie, prendre les médicaments de la prescription de Clay et rentrer pour que tu dormes près de moi. On pourrait faire ça ? » Il avait cette mine renfrognée qui signifiait que je ne m’en sortirais pas si facilement. « Ce n’est pas à cause de mon travail mais des flics j’aurais pu me prendre une balle perdue en plein South Bronx, j’aurais pu mourir en Afghanistan et pourtant, je suis toujours là ! Je suis increvable, tu ne le vois pas ? Allez, souris un peu ! »






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MessageVen 5 Fév - 16:26





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Bien sûr, en pénétrant dans la chambre, je savais parfaitement qu’elle aurait besoin d’autre chose que de ma mauvaise humeur. Malheureusement, dès l’instant où j’appris la nouvelle, l’inquiétude m’envahit. Elle ne fit que grandir, encore et encore, durant mon expédition au cœur même du danger qu’à l’heure où l'on m'informa enfin qu’elle était saine et sauve. Pour moi, c’était un véritable exploit, mais le soulagement ne parvint pas à supplanter l’angoisse qui m’étreignit avec autant de gourmandise. Elle était toujours là, serrant mon estomac comme un étau, incapable à contrôler. Pour l’éteindre, je cherchai un coupable et j’en trouvai deux : Lyla et ce boulot de merde. Secouriste, ce n’était pas un métier pour femme, aussi valeureuse soit-elle. Elle n’y entendait rien cependant. J’avais bien tenté la méthode douce pour lui entrer dans le crâne d’en changer, mais comment m’avait-elle remercié pour ma patience ? En se bornant à enchaîner les gardes et en surenchérissant avec des cours de médecin… Je me jurai mille fois qu’une fois que j’aurai l’opportunité de lui demander sa main, tout ça serait terminé. À la minute même où elle me dira oui devant eux, j’utiliserai la manière forte pour qu’elle abandonne ses lubies sans intérêt de surcroît. Elle ne divorcerait pas. Elle ne manquerait de rien. Elle n’aura qu’à s’inquiéter d’elle et surtout de moi. Elle contestera sur le moment par fierté, mais elle s’y ferait… Peut-être y percevra-t-elle un avantage certain. Quelle femme n’apprécie pas d’avoir tout le temps qu’il faut pour s’occuper d’elle ? J’avais hâte d’y être, histoire que je retrouve ma sérénité de célibataire que sa poisse légendaire troubla. Elle pouvait bien donner la main à ma sœur. Il traînerait une merde sur un trottoir qu’elles marcheraient dedans. Le pis, finalement, c’était qu’elle paraissait s’en amuser. J’avais toujours transi d’anxiété et elle se foutait de ma gueule. Je lui jetai un regard noir, mes doigts serrant le montant en fer de son lit d’hôpital tellement fort que mes phalanges blanchirent. Sans la présence de ce mec, que je haïssais sans le connaître, je l’aurais envoyé chier avec mauvaiseté et au mépris du respect que je nourrissais pour elle. « Arrête ça. » lui chuchotais-je sérieusement, la colère enflammant mes pupilles, impatient de la ramener. « Est-ce que j’ai l’air d’avoir envie de rire ? » lançais-je froid au possible, ce qui ne semblait pas la convaincre de cesser son petit jeu détestable. Elle me tournait en dérision. Une fois grimpée dans la voiture, elle en prendrait pour son grade. Elle n’était à mon sens aucunement drôle – elle l’était habituellement. Je l’aurais presque décrite condescendante et j’agrippai son poignet un peu brusquement tandis qu’elle me pinçait les fesses, comme on s’acharne sur les joues d’un gosse. Je ne pipai mot supplémentaire jusqu’à mon Italienne où j’explosai d’une rage contenue.

Pour moi, impulsif à souhait, ça me demandait un effort considérable. J’apprenais, luttais, mais j’étais tellement impliqué émotionnellement que ne pas hausser le ton trop fort devint rapidement compliqué alors qu’elle évita de décrocher le téléphone. « Tu ne réponds pas ? C’est peut-être ton boss ou un de tes collègues qui s’inquiète de savoir où tu en es… Peut-être qu’il est pressé de s’enfermer avec toi dans les vestiaires pour que tu suces une autre queue que la mienne. Tu avais rencard ce soir ? C’est pour ça que tu ne voulais pas que je sois là et que tu l’as fait dans mon dos ? » Je lui jetai un regard sombre. Elle ne répliqua pas et au lieu d’exiger réponse, je gravis un échelon supplémentaire sur l’échelle de la jalousie. « C’est aussi pour ça que tu ne m’as appelé pour que je vienne te chercher. Tu avais prévu qu’il vienne te chercher ici, c’est ça ? Depuis combien de temps est-ce que tu te fous de ma gueule, Lyla ? Pourquoi ? À cause de Caitlyn ? » Cette fois, c’est moi qui ne l’autorisai pas à prendre la parole. J’enchaînai en coupant le moteur allumé plus tôt. « Ne te fatigue pas à répondre. Je n’ai pas besoin que tu m’endormes avec tes mensonges. Descends de cette voiture. » Je sortis du véhicule, j'en fis le tour et j’ouvris sa portière aussi vite. « Tu voulais rentrer te reposer ? Il ne fallait pas jouer avec mes couilles. Descends de cette putain de bagnole. » Je voyais bien qu’elle était complètement épuisée, mais j’étais aveuglée par ma fierté et ma possessivité. Je répétai mon ordre impératif une fois de plus, le verbe bien plus haut. Elle s’exécuta alors que je réitérais en hurlant, ma voix résonner en écho. « On remonte. Je veux voir la gueule de ton type. Je veux aussi que tu la voies une dernière fois en état de te plaire… Tu crois qu’il est increvable, comme toi ? Il est quoi ? Flic ? Pompier ? Secouriste ? Médecin ? » crachais-je à deux doigts de lui demander à quel point elle était certaine de l’être. C’était néanmoins le genre de menace qui gâcherait tout et si j’étais ivre de rage, je parvenais encore à me souvenir de l’essentiel.

Grimacerait-elle de douleur que je ne le remarquai pas vraiment. Par contre, tandis que sa veste tombait de ses épaules, je constatai avec effroi que la plaie saignait. Je connaissais la souffrance d’une balle dans le corps. Je savais aussi que c’était pénible à guérir, que ça laissait de vilaines cicatrices sur la peau. Ça pouvait être insoutenable et je redescendis en partie après avoir frappé dans mes pneus à coups de pied. « Là, regarde ce que tu m’obliges à te faire avec tes conneries. Tout ça parce que tu ne veux pas admettre que c’est un boulot de merde. Tu vaux tellement mieux que ça sérieux. Combien de ces gens que tu sauves te remercier ? Un seul t’a-t-il déjà salué dans la rue avec reconnaissance ? Personne ! Je préférerais encore que tu passes tout ton temps dans le Bronx pour distribuer les repas que de savoir que tu bosses avec tous ces mecs qui sont même pas fichus d’empêcher que tu te prennes une balle dans le buffet. Si j’avais été là, ça ne serait jamais arrivé. Et ne me dis pas que c’est à cause de Caitlyn. Ça ne prendra pas. J’aurais pu être là incognito juste de façon discrète, mais non, tu es tellement sûre de toi que tu ne rends même pas compte qu’à chaque fois que tu vas bosser, ce n’est pas seulement toi que tu mets en danger, mais moi aussi… » Elle avait pris tellement de place que je ne saurais quoi faire sans elle. « Tu es juste trop égoïste pour t’en rendre compte. Tu me les brises… mais à un point. » conclus-je en refermant la portière, m’y appuyant et allumant une cigarette.  




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Lyla Gambino
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MessageSam 6 Fév - 15:58





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Moi non plus, je n’avais pas particulièrement envie de rire alors que ma blessure me faisait un mal de chien et lançait, encore, et encore. La douleur pulsant à un rythme régulier, s’éteignant pour revenir plus forte que jamais. Ca me faisait tourner la tête et me donnait la nausée mais je focalisais toute mon énergie sur lui et ses humeurs, sauf que je n’avais visiblement pas emprunté le bon chemin. Je ne comprenais pas, d’habitude, l’humour désamorçait sa colère avec un réel succès. Là, j’avais plutôt l’impression que ça attisait son ressentiment et je commençais à me sentir fatiguée. J’allais devoir marcher sur des œufs jusqu’à ce qu’il se calme et je me sentirais frustrée parce que j’aurais pris sur moi alors que ma première réaction aurait été de l’envoyer se faire foutre et de s’exciter tout seul, que ça ne m’intéressait pas de me farcir ses crises alors que je n’étais pas bien et que j’avais encore tout un tas de trucs chiants à régler pour qu’on ne me fasse pas chier. Ça lui passait au-dessus, ça ne m’étonnait pas, il ne voyait que son petit intérêt, comme d’habitude. Je le soupçonnais même de trouver sacrément commode toute cette histoire avec Caitlyn, deux femmes rien que pour lui, c’était le pied, non ? Principalement alors qu’il était parvenu à me faire accepter la situation et je me demandais doucement si je ne m’étais pas fait baiser, dans tous les sens du terme. Sa mauvaise humeur commençait à déteindre sur moi et maintenant que la lassitude s’en mêlait, ça puait sacrément. Il me rappelait les raisons qui m’avaient fait renoncer à l’appeler. Je savais pertinemment comment ça tournerait et je ne voulais pas me battre avec lui, surtout pas alors que nous nous trouvions dans une situation aussi compliquée. Il s’était pointé et j’étais en colère contre lui, pas parce qu’il était là, sa simple présence me rassurait toujours, mais parce qu’il m’en mettait plein la gueule sans raison. Que croyait-il ? Que j’allais céder au moindre de ses caprices et que j’allais tout abandonner pour lui ? Je l’avais déjà fait avec ma vertu, mes principes et ma dignité, j’avais assez donné pour tenir à garder mon emploi et ce qui me permettait de conserver un minimum de vie sociale. Pour le moment, il ne m’offrait que l’ombre et le silence. Je ne m’épanouissais que dans la lumière et la joie, il ne m’honorait pas suffisamment des siennes pour que je me sente en confiance totale et que j’accepte de tout lui céder sans protester. J’avais beau savoir que ce n’était pas de son fait, la situation n’en était pas moins difficile à vivre pour moi. Je grimaçai quand il se saisit brusquement de mon poignet mais je ne dis rien, priant pour qu’une fois que je serais installée dans la voiture, il démarre et me permette d’aller me reposer. C’était visiblement trop lui demander.

Si j’avais été préparée à ce qui sortirait de sa bouche, je n’aurais jamais accepté de m’asseoir sur son siège passager. Mes yeux s’écarquillèrent alors que j’étais bouche-bée par la violence de ses attaques. Mon cœur se serra et si j’avais encore eu l’énergie de le faire, je serais sortie de mes gonds pour le remettre à sa place. Les dents serrées, je sentais que mon épaule me faisait plus mal, de minute en minute, alors que ma gorge se serrait et que les picotements habituels du début de crise d’angoisse faisaient leur apparition. J’étais fragile, un rien pouvait me déclencher une montée d’angoisse. Affligée par le délire complet dans lequel il nageait, je me sentais perdre pied. Il affirmait, ni plus ni moins, que j’étais une salope et ça me faisait presque autant de peine que de le voir m’abandonner régulièrement pour rejoindre sa grosse, l’autre connasse qu’il s’envoyait à côté de moi. La seule salope qui se trouvait dans cette bagnole, c’était lui. Descendre ? Après la crise qu’il me faisait ? Je crus mal entendre et j’eus un mal fou à trouver la force de me remettre sur mes jambes flageolantes. Pourtant, je sortis de la voiture alors qu’il me l’ordonnait pour la énième fois, en hurlant cette fois. Je le vécus comme une humiliation et je soutins son regard alors qu’il allait toujours plus loin dans son délire, si j’avais été en pleine forme, il se serait mangé la gifle de sa vie parce que je l’aimais assez pour ne pas vouloir lui coller un coup de poing. Je faillis lui répondre qu’il était surtout moins con que lui mais je ravalai mon fiel, parce que je n’avais pas les forces nécessaires à ce qui suivrait, la douleur m’étouffais presque, à moins que ce ne soit ma bouffée de peur pure et inexplicable qui me privait du peu d’énergie qu’il me restait. La sueur perlait à mon front et pourtant, je le défiais toujours du regard sans un mot. Je finis par ramasser ma veste pour la remettre sur mes épaules. « T’es là maintenant et pourtant, regarde ce que tu me sers depuis que tu es arrivé ! Des accusations, des reproches, des insultes et des humiliations, je préfère la balle !  La salope égoïste que je suis en a assez entendu pour ce soir, elle va se débrouiller pour rentrer, pour éviter de te casser les couilles ! T’auras qu’à cracher ton venin à ta petite-amie officielle, ça lui fera sûrement plaisir entre deux coups de rein. » Je sentais que je peinais de plus en plus à respirer mais je retardais l’échéance au possible, je refusais de me retrouver en position de faiblesse maintenant, pas après tout ce que Je m’étais mangé dans la gueule. J’avais l’impression que j’allais mourir mais ça ne m’empêcha pas de lui tourner le dos et de me diriger vers la sortie du parking. Je finirais par appeler mon frère pour qu’il vienne me récupérer et je rentrerais chez mes parents, j’aurais tout le temps du monde de chialer comme une gamine sans que personne ne me voie. Je retenais ma respiration, comptant jusqu’à dix, ces moments ne faisaient qu’accentuer la douleur mais ils repoussaient l’imminence de cette montée. A bout de force, je laissai échapper quelques larmes alors qu’une main agrippait mon bras, je tournai la tête pour me cacher le plus possible parce qu’il tenait mon seul bras valide. « Lâche-moi, tu me fais mal ! Je ne veux pas rentrer avec toi ! Je n’ai pas envie de t’offrir d’autres occasions de me dire à quel point je suis stupide en plus d’être une traînée ! » Mais je ne le devais qu’à moi-même, j’avais couché avec lui et refusé d’attendre le mariage, il me rangeait dans la même catégorie que toutes les autres, presque à raison. Je ne sus trop comment il s’y prit mais je me retrouvai sur le siège passager, dos à lui, autant qu’il était possible de l’être dans une voiture. Je lui en voulais pour chaque horreur qui était sortie de sa bouche.





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MessageMar 9 Fév - 17:42





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Plus elle paraissait hébétée, plus mon inconscient me hurlait de la fermer, tenant ainsi pour argument que cette paranoïa ne me rendait pas seulement odieux, mais complètement stupide. Étais-je seulement capable de l’entendre ? Pas le moins du monde. Je le saisis quand elle ramassa sa veste pour ensuite sortir de ma voiture. Bien sûr, par pure mauvaiseté, je fus tenté de lui cracher de se magner le cul à dégager de ma vue, que je n’avais pas besoin d’elle, que je ne me sentais jamais mieux que lorsqu’elle était à des kilomètres. Mais, je me ravisai tandis que la jalousie me collait encore à la peau. Et si j’avais raison ? Si toutes mes accusations n’étaient pas que folie ? Et s’il y avait une part de vrai et qu’elle partait que le retrouver ? Cette simple idée me décida à la rattraper au milieu du parking de l’hôpital. « Des insultes ? Quelles insultes ? » m’enquis-je à retardement. Elle était passée à autre chose, elle. Elle avait déjà pris la fuite, mais j’aurais préféré crever plutôt que d’exprimer à voix haute que j’étais désolé pour mon comportement et pour toutes ces horreurs que je lui balançai sans vergogne. « Oui, j’ai dit que tu me cassais les couilles et oui, j’ai laissé sous-entendre que tu étais une égoïste. Mais non, je n’ai pas dit que tu étais une salope ou une traînée. Je ne l’ai pas dit. D’accord ? Je ne l’ai même pas pensé. » Ce qui était passablement vrai. C’était le mieux que j’avais lui offrir, en plus d’un soupçon de douceur difficilement discernable. Je faisais un effort néanmoins. « Allez, on rentre. On discutera de tout ça une autre fois, quand tu seras un peu plus calme. » Car, bien entendu, rien de tout cela n’était de ma faute. Sans ce regard noir qu’elle m’opposa alors que je la sentais à deux doigts de me céder et de faire demi-tour, je me serais enfoncé dans ma mauvaise foi, mais je ne me risquai pas. « Allez, fais pas ta mauvaise tête. Tu ne tiens même plus debout. » insistais-je d’une voix mielleuse. Sans doute savait-elle qu’elle n’irait pas bien loin, à pied, le bras en écharpe et la tête perdue dans le brouillard des médicaments, puisqu'elle me suivit. Je l’installai le mieux possible, mais je ne prononçai plus le moindre mot, ni dans la voiture ni de retour à l’appartement. Je me contentai de lui préparer de quoi manger et de lui servir un thé chaud qu’elle but à petites gorgées devant la télévision.


***


Je laissai passer quelques jours avant de l’aborder autrement qu’en la couvrant de cadeaux pour me faire pardonner ou en la soignant comme une enfant. J'accédai à tous ses caprices de malade. J’étais le plus disponible possible et puis, une fin de soirée monotone où elle tua l’ennui en se reposant et parce qu’il me paraissait qu’elle allait beaucoup mieux -  ou qu’elle ne m’en voulait plus, je la réveillai après avoir dressé la table et après nous avoir préparé quelque chose à grignoter. J’embrassai tour à tour son épaule nue, son cou, ses joues, son nez, son front et sa bouche délicatement. « Tu as bien dormi ? » m’enquis-je penaud, un sourire charmeur au coin des lèvres tandis qu’elle ouvrait enfin les paupières. « Parce que je me suis dit qu’on pourrait peut-être sortir ? J’ai préparé de quoi manger. Ensuite, on va prendre une douche et puis je voudrais t’emmener quelque part. Un endroit qui me tient tout particulièrement à cœur. Ça te tente ? » En réalité, cette démarche n’était que la genèse d’un plan machiavélique pour la détourner doucement, mais sûrement de son métier de merde et pour lui ôter de la tête que ma situation avec Caitlyn m’enchantait. L’Irlandaise et moi avions partagé beaucoup de choses, mais jamais elle n’avait eu le privilège de fouler le sol du cabaret ou d’être mêlée d’une façon ou d’une autre à ma communauté. Pour elle, j’étais juste un petit employé lambda dans un casino, un type banal qui mène une vie simple à New York. « Je suis sûr que ça va te plaire. » Du moins, si elle arrivait à mettre sa jalousie de côté et ce n’était pas gagné.

L’aidant à se relever du fauteuil, je la guidai vers la cuisine pour lui décrire ce que j’avais moi-même concocté pour nous deux. J’avais gentiment invité ma sœur à rester le plus loin possible de l’appartement. Je lui avais dit en ces termes : « Profite pour trouver un moyen de et faire pardonner pour toutes les conneries que tu accumules. », ce qui m’aurait valu d’être blessé à coup de clé si je n’avais pas rattrapé le projectile avant qu’il ne m’atteigne en plein front. Nous mangeâmes à la hâte, discutant de tout et de rien. Nous nous préparâmes sans aborder de sujets qui fâchent, en particulier mes propos quelques soirs plus tôt. Dans la voiture, après que je lui ai une fois encore offert une robe de circonstances, je l’emmenai chez moi en feignant d’être un inconnu parmi la foule. Mes employés me traitèrent comme tel par ailleurs. Les ordres étaient stricts. Aucune de mes filles – comme elles se plaisaient à m’appeler, bien que je ne touchai jamais l’une d’elles – ne se précipita vers moi pour que j’entende leur doléance pour ensuite être renvoyée auprès de Carolia. Nous profitâmes du spectacle comme le commun des mortels. « Ça te plaît ? » lui chuchotais-je à l’oreille d’une voix suave. Aurait-elle parlé de vulgarité qu’elle m’aurait surprise, mais sait-on jamais. « Moi, j’aime cette ambiance. Je trouve qu’il y a une certaine poésie dans ce qu’elles font. Je veux dire, elle se balance pas au milieu d’un podium en remuant le cul jusqu’à ce qu’on glisse un billet dans la ficelle de leur string. C’est interdit par la maison. Ce n’est pas seulement fait pour régaler le regard des hommes, mais pour que le plaisir des femmes aussi. Du moins, c’est ce que le patron raconte… Je le connais plutôt bien je dois dire, mais je ne viens pas souvent à cette heure-ci. »






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MessageVen 12 Fév - 21:59





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Je le maudis tout le long du trajet de retour et j’en fis de même me concernant, parce que je n’aurais jamais dû lui montrer ma faiblesse et accepter de repartir avec lui, j’aurais dû lui tenir tête et rentrer de mon côté, pour lui donner une leçon. Au lieu de ça, je le suivais après qu’il s’en soit donné à cœur joie. Si j’en avais eu la force, j’aurais été folle de rage, au lieu de ça, j’étais fâchée et épuisée par ses conneries, autant que blessée d’ailleurs, d’autant plus parce qu’il essayait de me faire porter le chapeau pour cette situation merdique. Il se proposa de m’aider à sortir de la voiture mais je l’ignorai et une fois dans mon appartement, j’aurais voulu qu’il choisisse d’aller dormir chez ses parents mais il se mit en tête de me préparer à manger et du thé alors que tout ce que je souhaitais, c’était qu’il me fiche la paix et qu’il me laisse aller me coucher. La douleur étant insupportable, je passai une première nuit difficile qui ne s’arrangea pas à la vue de ses cadeaux qui signifiaient qu’il ne dirait pas qu’il était désolé mais qu’il ferait en sorte de m’assommer suffisamment en m’achetant des choses pour que j’oublie qu’il avait été un véritable connard. J’empilai tout dans un coin du salon, refusant d’ouvrir quoi que ce soit ou même de m’y intéresser, ce qui sembla le frustrer puisqu’au fil des jours, il y en avait de plus en plus et de plus en plus encombrants. Mais sa première victoire arriva quand je fus incapable de me préparer seule, terrassée par un élancement qui me coupa le souffle et qu’il prit les choses en mains, sans poser de questions, se montrant doux et attentionné, se proposant pour changer mon pansement. Epuisée, je le laissai gagner et acceptai, ce qui m’obligea à recevoir ses cadeaux et à ne plus pouvoir les entasser dans un coin de l’appartement. Je faisais tout mon possible pour ne surtout pas me faire avoir par son sourire et toutes ses petites attentions mais je perdais tout contrôle quand j’avais les yeux rivés sur lui, torse nu, un plateau dans les bras au petit matin. Comment était-ce possible de lui en vouloir ? Pour ça il aurait déjà fallu que je me souvienne de ce qu’il avait fait précisément et ça devenait compliqué dès qu’il me montrait un peu trop de peau. Il s’en sortait bien, comme à chaque fois et je pouvais déjà prédire que dès qu’il me laisserait l’occasion de me venger, je ferais en sorte qu’il s’en souvienne. La vie était un peu trop facile pour lui. Il me malmenait à sa guise et moi, je revenais au galop dès qu’il me sifflait et qu’il avait décidé que la crise devait se terminer. Bien que le fait que certains de ses efforts soient totalement désintéressés m’aidait à ne pas trop ressentir de frustration teintée d’impuissance de lui donner tout ce qu’il voulait sans qu’il n’ait à faire grand-chose et surtout pas à s’excuser.

Les réveils comme ça étaient rares, surtout parce qu’il n’était jamais là à cette heure de la journée, toujours dans un coin de la ville, à bosser pour le compte de son père ou bien avec sa deuxième femme à qui il offrait énormément de son temps, bien plus qu’à moi. J’en profitai pour lui demander de s’allonger près de moi que je puisse m’enivrer de son odeur alors qu’il cédait à tous mes caprices et que ça ne durerait pas éternellement. « Oui, ça me tente, dès que je trouve la force de sortir du lit. » marmonnai-je, le nez dans sa nuque. Je finis par me mettre en route, lentement mais sûrement, rejetant l’idée d’une douche à deux, ça allait mal finir et nous ne serions plus capables de quitter l’appartement avant le petit matin. Mieux valait prévenir que guérir. Je m’occupai de lui mettre ses boutons de manchette et il ferma ma robe et me passa ces bijoux hors de prix dont il m’avait fait cadeau. Je me sentais comme un sapin de Noël mais j’évitai de lui dire, au cas où il m’aurait fait un caca nerveux à propos de l’illumination de Times Square, on n’était jamais sûr de rien. Je fus étonnée de me retrouver dans un cabaret et si les femmes seins nus ne me branchaient pas vraiment, je fus renversée par quelques numéros burlesques qui me ravirent les yeux et me firent applaudir assez fort pour que ma douleur se réveille. « Oui, surtout les numéros burlesques, ce sont mes préférés. » lui répondis-je en m’approchant de son oreille, quittant la scène des yeux pour quelques secondes. Je me doutais qu’il venait régulièrement et le fait qu’il connaisse le patron ne me rassurait pas le moins du monde. Je savais qu’il y avait des règles strictes sur les mensurations de toutes les danseuses, du moins pour celles qui ne pratiquaient pas le burlesque. Elles étaient toutes plus belles les unes que les autres, ça ne pouvait qu’animer ma jalousie. « Et tu connais le patron hein ? » repris-je en haussant un sourcil alors que je me tournai complètement vers lui, ce qui signifiait qu’il avait plutôt intérêt à ne pas répondre de travers à mes questions ou il aurait le droit à une jolie démonstration de jalousie. « Pour ses danseuses ? Elles sont belles pas vrai ? » Il ouvrit la bouche et je sus, à l’air qu’il affichait, que ça allait me foutre en rogne, je l’arrêtai net en lui coupant l’herbe sous le pied. « Laisse tomber, je n’ai pas envie de me gâcher la soirée et le spectacle. » J’étais frustrée de ne pas pouvoir faire ce que je voulais en public à cause de Caitlyn, savoir qu’il venait ici régulièrement et ne pas pouvoir envoyer un message à tout le monde, à savoir qu’il était avec moi, ne m’apaisait pas du tout. C’était même tout le contraire. Il dut lire dans ma tête grâce à ce don hors du commun qui l’aidait à savoir quand je minimisais un événement pour qu’il ne se fasse pas de mouron et attrapa mon menton pour m’embrasser avant de m’annoncer qu’ici, nous étions chez lui. « Vraiment ? » m’exclamai-je, surprise. « Et alors, avec les danseuses ? » repris-je avec un sourire en coin. « Oh, ça va, j’ai le droit de me poser la question, ce n’est pas comme si tu n’avais jamais insinué qu’il s’était passé quelque chose avec un des gars de mon boulot ! Alors c’est à toi ? Dis, on peut visiter les coulisses ? J’aimerais voir les costumes ! »





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MessageDim 21 Fév - 19:50





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Jamais je n’aurais dû lui permettre de me tirer avec elle dans mon lit. Maintenant qu’elle se pressait contre moi, son souffle caressant mon cou, la seule idée qui me venait à l’esprit nous enfermerait dans mon appartement jusqu’à ce que je sois contraint de la ramener chez elle. Malgré les excuses qui persuadaient son père qu’elle était partout, sauf en rendez-vous intime avec moi, nos occasions pour nous retrouver physiquement étaient rares. Une chance que j’y tenais à ce projet. Lui montrer où je bossais, avec qui je le faisais, c’était important pour moi. C’était une façon de désamorcer sa possessivité et de prendre la température sur ce qu’elle était prête à faire ou non pour moi, pour mes affaires, pour l’honorable société. À l’heure où nous nous préparâmes enfin, je me souviens m’être fait la réflexion que j’aimais toutes ces attentions uniquement tournées vers ma petite personne. Elle rajustait mon nœud de cravate, fermait mes manchettes, me gratifiait d’un baiser sage et je fondais comme neige au soleil. Même sa jalousie, alors que j’admettais passer du temps dans ce cabaret où je l’emmenai avec plusieurs idées derrière la tête, me touchait en plein cœur.

Je la fauchai de ce besoin de l’embrasser presque insoutenable tandis qu’elle bougonnait encore un peu. « Tu devrais être contente que je tue le temps ici plutôt que dans un bordel. Il n’y a pas de pousseuses à la consommation parmi ces femmes. » Je grimaçai. Elle aussi. Les raisons étaient différentes, je l’attrapai donc par l’épaule pour la rapprocher de moi. « Allez, arrête de faire ta mauvaise tête. Même toi, elles te font rêver » la taquinais-je ensuite avant de lui révéler mon rôle dans cet établissement dont je n’étais pas peu fier. La clientèle valait son petit pesant d’or et j’attirai machinalement son attention sur certains d’entre eux. « Tu vois, le type là-bas ? Dans le quartier VIP ? C’est un magistrat. Juge d’application des peines. Tu reconnaîtras peut-être là-bas le procureur et celui-là à la table juste à côté, c’est le président du syndicat des flics de New York. Et toutes les femmes qui les accompagnent sont les leurs. Pas de maîtresses ici. Ils viennent là, passer un bon moment dans un endroit où on leur assure toute discrétion moyennant quelques services parfois, parce qu’ils connaissent bien le patron, moi en l’occurrence, et qu’il veille toujours à ce qu’ils soient traités comme des rois. » C’était une version un peu simpliste. Ils étaient à notre botte pour bien d’autres raisons, mais il ne m’appartenait pas de confesser ces petites manigances-là. « Ne me regarde pas comme ça. C’est vraiment à moi. » Plus ou moins, mais une fois encore, je la dispensai des détails soporifiques. » Et oui, elles sont toutes très belles, mais non, je ne les ai pas culbutées. Elle travaille pour moi, ce sont des artistes et c’est leur seul intérêt pour moi. Je ne vais même jamais me perdre dans les coulisses. Je peux faire une exception néanmoins. Le temps d’une visite, à condition que tu essaies les costumes ou quel plaisir j’en tirerais moi ? » conclus-je par un clin d’œil amusé et goguenard.

Puisque nous n’étions pas venus uniquement pour nous divertir, je me décidai enfin à appeler une serveuse, qu’elle offre en mon nom une bouteille de champagne d’un grand cru à l’homme qui représentait l’une des raisons justifiant cette soirée. Ce fut fait et moins de cinq minutes plus tard, son épouse et lui zigzaguaient entre les tables avec la ferme intention de nous remercier de vive voix. « Tu m’as bien dit qu’à l’illumination, les types qui vous ont agressé ma sœur et toi étaient flics, c’est juste ? » Elle opina du chef. « Dans ce cas, il est temps que justice soit faite. C’est le moment de rassembler tes souvenirs et pas de panique, je sais ce que je fais. Tu dis la vérité et je me chargerai du reste. D'ailleurs, ne parle que si tu y es invitée, je peux compter sur toi ? » La bienséance exigea que nous nous perdions en compliments et en présentation, mais je déposai rapidement le problème sur la table. « Il s’avère que ma compagne a récemment été agressée par balle par un des policiers de la ville. Elle vous racontera tout si ça vous intéresse. Dans le cas contraire, nous devrons agir autrement, mais elle comme moi, nous aimerions éviter de mêler la justice à cette petite histoire. Ce serait fâcheux et nous sommes de vieux amis vous et moi. Vous savez que ma famille et moi avons toujours eu beaucoup de respect pour vous et pour le travail réalisé par la police de New York pour rendre cette ville plus sûre. Il n’est dès lors pas question que nous laissions ces hommes courir les rues en toute impunité alors qu’ils ont failli tuer une secouriste dans l’exercice de ses fonctions. »

S’il porta son verre à ses lèvres, il se garda de boire la moindre gorgée de peur de s’étouffer. Sa femme, qui n’avait pourtant pas son mot à dire, fut la première à chercher à connaître les détails de cette histoire. Son mari, pantois, se sentait pris au piège à juste titre. Moi, j’incitai Lyla à parler et à ne surtout rien oublier. « C’est fâcheux » commenta monsieur le président. « C’est le moins qu’on puisse dire. Vous pensez pouvoir faire quelque chose pour nous ? » Sous-entendu, pour vous ? « Bien sûr. Je comprends la démarche et c’est mon rôle d’éradiquer la vermine » dont il faisait par ailleurs partie. Mon père finança sa campagne. Il ne pouvait rien nous refuser. « Si Mademoiselle est en capable de les reconnaître, nous pourrions peut-être fixer un rendez-vous. Je lui présenterai les photos des dossiers de candidature. Si elle les identifie, j’agirai. »Satisfait, je hochai de la tête. Nous nous saluâmes avec la même bonhomie que précédemment, mais ils ne s’attardèrent plus vraiment. « Viens, je t’emmène visiter mon bureau. J’ai des choses à te montrer. » En chemin, je lui présentai quelques-unes des figures de proue de l’établissement. Sur place, je l’invitai à s’asseoir. « Je  sais ce que tu es en train de te dire, mais je ne peux pas me permettre de laisser qui que ce soit s’en prendre à toi sans agir. Il en va de ta sécurité, de la mienne et de ma réputation également. C’est sans risque évidemment. »





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MessageDim 28 Fév - 20:05





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Contente qu’il passe pas mal de son temps avec des femmes magnifiques qui se promenaient toujours dévêtues ? JAMAIS ! C’était comme si je lui disais que je bossais à la caserne pour pouvoir me rincer l’œil en toute impunité à l’heure des douches, que je prenais, bien entendu, avec mes collègues. Je voyais déjà sa tête et ses remarques. Pourtant, je me contentai de lui lancer un regard en biais qui en disait long. Je ne savais pas encore si je voulais lui faire confiance sur ce point-là, ma jalousie me criait que faire confiance à un homme, c’était le début de la fin, mais la naïve que j’étais avait envie de se dire que l’homme qu’elle avait choisi avait suffisamment de respect pour elle afin de ne pas lui faire de mal en se perdant dans les bras d’autres femmes. « Ça va, je te crois. » Finis-je par dire en levant les mains, signe que je ne voulais pas me battre avec lui, pas ce soir. Mais il y aurait d’autres occasions, j’en étais certaine. Il était bel homme, je n’étais pas la première sur le dossier et mes concurrentes ne reculeraient devant rien pour obtenir ses faveurs, mariés ou pas. J’en connaissais des coriaces qui estimaient ne rien avoir à perdre tant que l’argent coulait à flots. J’espérais ne jamais me retrouver dans cette situation, car je pouvais déjà prévoir que ça tournerait mal. « Tu vois, ce n’était pas si dur à dire. » Répliquai-je avec un large sourire en posant ma main sur sa nuque, amusée par sa dernière remarque que je récompensai d’un baiser moins sage que le précédent. « On va prendre quelques costumes pour la fin de soirée, je vais appeler Maria qu’elle dise à mon père que je dors chez elle pour l’aider à nettoyer ce soir et demain pour l’anniversaire de son fils. Sauf si tu veux commencer ce soir à tuer le temps dans un bordel. Je ne voudrais pas gâcher ton petit planning. » Ajoutai-je en le relâchant, lui donnant un petit coup de coude dans les côtes avant de ricaner. J’en profitai pour poser à nouveau les yeux sur ceux qu’il me montra un peu plus tôt et qui étaient les grosses légumes de la ville. Il fallait savoir bien s’entourer pour être capable de tout obtenir facilement et on ne pouvait pas l’enlever aux Siciliens, ils savaient prendre leurs contacts dans les hautes sphères de la société. J’avais toujours estimé que c’était ce qu’il manquait à la MS13 avant l’arrivée tonitruante du jeune Manuel Herrera qui redora le blason d’un gang appauvri et malade qui était plus vu comme un fléau que comme une porte de sortie vers un avenir meilleur. À son arrivée, il aurait presque pu me convaincre de rentrer dans ses rangs si je n’avais pas été certaine de ne pas supporter le traitement que l’on réservait aux femmes et si je m’étais aimée un peu moins. À l’époque, je rêvais encore d’un meilleur avenir pour moi basé sur les études et la réussite professionnelle.

« Tu sais très bien que j’ai une confiance aveugle en toi. » Je pressai sa main, il pouvait prendre ça pour un oui, même si je n’étais pas très à l’aise avec l’idée de me plaindre à un supérieur hiérarchique de ce flic, chez moi, on ne réglait pas vraiment les problèmes comme ça mais je ne trouvai pas le temps de m’en occuper en personne ou avec un de mes frères, autant dire que ça tombait à pic. Je les saluai avec un large sourire et politesse, complimentant madame sur sa robe et sa beauté, ce qui sembla la mettre immédiatement dans ma poche, ça ne devait pas lui arriver souvent vu la tête qu’elle se payait mais un peu de gentillesse ouvrait plus de porte que de l’indélicatesse. Je lui fis le récit de ma folle nuit à Times Square et elle me demanda maints et maints détails sur ma vie de secouriste et sur l’issue de tout ça, je me gardai de parler de la dispute mais je soulignai le fait que je récupérais à peine un peu de mobilité avec mon bras. Elle sembla effarée et le fit comprendre à son époux qui me proposa ce qui me semblait être une bonne idée. Ils prirent congés non sans que je les salue chaleureusement, remerciant monsieur avant de me réinstaller, me demandant si je n’avais pas fait de bourde, ce qui était ma spécialité. Cette idée persista parce qu’il m’invita à le suivre dans son bureau, j’allais probablement passer un sale quart d’heure. J’avais oublié un détail ? Parlé sans y être invitée ? Je l’avais embarrassé ? Les possibilités étaient vastes. Assise dans un des fauteuils, je tapotai ma jambe avec inquiétude. « Ah non, non, je pensais que tu n’étais pas content de ce que j’avais dit ou fait et e craignais de t’avoir mis dans une sale posture. » Je ricanai, me sentant ridicule. Ces choses ne faisaient pas partie de mes habitudes, forcément, j’avais tout à apprendre. « Je comprends… J’aimerais que tu m’accompagnes, tu sais, pour aller voir les photos. Je n’apprécie pas trop le commissariat. » Je laissai le silence s’installer, réfléchissant à ce qu’il venait de se passer, ne pouvait réprimer une question qui me paraissait fondamentale. « Tu crois qu’il aurait pris ça plus au sérieux si j’avais été ta femme plutôt que ta compagne ? »

***

Il s’arrangea pour que je n’aie pas à me rendre au pays des poulets, il le fit venir à lui avec ses bouquins pour que je puisse identifier le responsable de mon arrêt de travail. Il ne me fallut pas les feuilleter tous pour trouver celui que je cherchais. Je pensais avoir oublié son visage, ces traits particuliers et qui s’étaient effacés dans ma mémoire mais non, un coup d’œil me suffit. « C’est lui, là ! » Le petit claquement de la langue qu’il fit ne me dit rien qui vaille. « L’officier MacMillan, son père est sénateur et a toute une partie de la ville dans sa poche, ça va être compliqué d’intenter quoi que ce soit contre lui, il est intouchable. » Pour lui, l’affaire était déjà close, il récupérer son bouquin qu’il referma d’un coup sec et je me dis que ce n’était pas la peine de me replonger dans tout ça pour donner une issue pareille à cette affaire. « S’il était question de votre femme, monsieur Harris, vous auriez reculé au premier obstacle ? Je me permets de poser la question parce que j’ai l’impression que vous profitez pleinement des avantages que vous confèrent certaines de vos amitiés mais que vous oubliez que l’amitié ne peut exister sans réciprocité. Loin de moi l’idée d’affirmer que vous n’avez pas fait votre maximum mais je ne peux m’empêcher de trouver ça décevant. » ne pus-je me retenir de lui envoyer en le fixant droit dans les yeux, sentant son malaise s’accroître alors qu’il tirait sur le col de sa chemise et qu’il était des œillades inquiètes à mon fiancé. J’avais sorti mes pincettes en diamants pour l’occasion, priant pour ne pas avoir froissé mon cher et tendre.







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MessageSam 12 Mar - 22:28





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Andrea chantait souvent comme un péan que la communication était l’essence d’un couple. Il la préconisait franche et sincère pour éviter les malentendus. Moi, je le croyais sur parole, mais ce n’était pas un réflexe pour moi. Mes méthodes étaient plus sournoises. Je surprenais Lyla pour générer en elle des réactions spontanées, quitte à réveiller sa jalousie. Elle m’amusait, car elle était facile à éteindre. Ce petit non-dit sans conséquence à propos du cabaret nous permit même de rire ensemble et de prévoir des projets haut en couleur pour la soirée. En revanche, cette rencontre avec ce haut-gradé de la police de New York, elle la crispa bien plus que je ne l’aurais souhaité. Sans ça, jamais je ne l’aurais emmenée dans mon bureau pour discuter avec elle en me fiant aux conseils de mon frère alors que je m’imaginais qu’elle m’en voulait pour ce cadeau empoisonné. La réalité, c’était qu’elle craignait simplement d’avoir commis un impair, un de ceux qui auraient provoqué ma colère. Marchait-elle toujours sur des œufs avec moi ? Redoutait-elle systématiquement que je m’énerve pour un oui ou pour un non ? Elle me donnait l’impression d’être un tyran, mais au lieu de m’en offusquer, je la tirai vers moi pour la serrer dans mes bras. « Relax, Principessa, tu as été parfaite. Je t’ai emmené là parce que je voulais être certain que ça ne t’avait pas trop remué de te remémorer tout ça. J’aurais dû te prévenir que c’est ce que j’avais en tête, mais… » Quelle explication lui offrir ? Je n’ai pas jugé utile de lui accorder voix au chapitre, car cette attaque par balles me blessa dans mon orgueil autant qu’elle, si pas plus ? Que lui demander son avis pour ces faits qui la concernaient directement ne me traversa pas l’esprit ? Que j’étais perpétuellement dans le contrôle et que si je faisais de mon mieux pour essayer de préserver son indépendance, je n’avais ni la force ni l’envie de changer du tout au tout ? Ce serait maladroit, alors je m’abstins.

Je me gardai bien d’ajouter également que je me moquais bien que ce fils de pute gratiné agisse. Tout ce qui m’intéressait, c’était connaître l’identité de son agresseur. Le reste, je m’en chargerais. J’étais bien assez malin et assez grand pour mener à bien mes petites vengeances personnelles. « Et, rassure-toi, on n’aura pas besoin d’aller au commissariat. Tu me vois y mettre les pieds ? Il faudrait que tu te retrouves avec la gueule en vrac et complètement ivre pour que j’y mette les pieds de mon plein gré. » la taquinais-je en lui rappelant un vieux souvenir. « Il viendra à nous. Je ne lui donne pas deux jours pour me téléphoner et se pointer ici. Alors, pour être certain qu’on le ratera pas, tu vas devoir me supporter pendant au moins quarante-huit heures, H24. Si tu as des idées pour tuer le temps, c’est le moment ou jamais.» Moi, j’en avais plein. Alors, je l’embrassai à pleine bouche, mes mains redécouvrant ses formes et s’attardant sur ce fessier dessiné pour mes paumes. « Sois patiente et fais-moi confiance. Un jour, je te présenterai comme ma femme et le monde se prosternera à tes pieds. » exagérais-je en partie tandis que je débarrassais mon bureau. Les costumes, nous les récupérâmes plus tard pour terminer ailleurs la petite fête entamée ici même.


***


Confortablement assis dans l’un des fauteuils qui décoraient mon bureau, j’observais la secouriste tourner les pages des livres de recensement des flics de la ville avec une attention toute particulière. Je ne quittais pas ses lèvres des yeux, espérant entendre les mots qui arrivèrent enfin, au terme d’une éternité. Elle l’avait reconnu et je me levai sans aucune précipitation. Le cœur y était, mais si je me montrais trop agité, le gratte-papier se douterait que mon intention première n’était pas de recourir à la justice. On ne pouvait pas lui faire confiance et j’en avais la preuve aujourd’hui encore. Cet officier était bien né. Il tenait entre les dents une cuillère en argent. Un intouchable de plus, pour le système, pas pour moi, ce que Lyla ne semblait pas le comprendre visiblement. Elle ramassa les armes déposées plus tôt à ses pieds pour livrer sa façon de penser tout de go à Harris. Il se décomposa. Un sourire se dessina au coin de mes lèvres. J’étais mitigé entre l’agacement qu’elle parle à ma place et la fierté qu’elle s’accoutume aussi bien au discours qui était nôtre. « Il faut que vous compreniez, je… » « Ce n’est rien. Nous comprenons. Nous sommes déçus, il faut bien l’admettre, mais ce n’est pas bien grave. » « Je peux tout de même essayer de voir comment je peux agir…» insista-t-il, vraisemblablement inquiété par la menace sous-entendue de la Mexicaine. Elle n’avait pas le pouvoir de nouer ou de délier des alliances vieilles de plusieurs années, mais rien ne l’empêchait d’en jouer. N’était-ce pas les règles finalement ? «Rentrez chez vous maintenant. Retournez voir votre femme. Emmenez là au restaurant. » Je déposai une liasse de billets entre ses mains. « Et, si vous voulez un conseil, dites-lui que Lyla n’a pas pu le reconnaître. Elle avait l’air affectée par son histoire. Ce serait dommage de la décevoir. Les problèmes de couple démarrent de si peu de choses parfois. » Il me remercia et prit congé, mal à l’aise dans ses baskets.

Je refermai à clé derrière lui et servit deux verres de Tequila sans piper mot. Je ne recouvrai l’usage de ma voix qu’une fois assis en face de ma future épouse. « C’était malin, mais pas vraiment utile. En réalité, ça va même me ralentir un peu. Ce n’est pas grave, mais essaie d’éviter à l’avenir. Il n’y a rien de plus trompeur que les apparences chez les Gambino. Je n’ai jamais envisagé que ton agression se règle autrement que comme il a commencé. Il me fallait son identité, c’est tout. » lui expliquais-je en lui tendant la main, qu’elle ne se mette pas en tête que j’étais fâchée. « Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit le fils de quelqu’un d’important, mais ce n’est pas un problème. On va d’abord s’occuper de lui. Ensuite, on se chargera du gamin. » Je passais deux coups de fil : un à Da Vinci, qu’il se renseigne un maximum sur cette famille. Je voulais qu’il déterre tous leurs petits secrets, car il y en aurait, et un paquet. Le second était pour ma sœur qui, bien entendu, ne répondit pas. « Tu sais où est la Maruzella ? Je n’arrive pas à la joindre et je vais avoir besoin d’elle. Quant à toi, j’aimerais bien que tu fasses quelque chose pour moi. La femme de Harris, elle eut l’air sensible à ta cause. Rapproche-toi d’elle. Fais en sorte de devenir sa confidente. Je te dirai où tu pourras la trouver, mais ça doit avoir l’air d’être le fruit du hasard. Essaie de faire vibrer sa corde sensible. Apitoie là sur ton sort. On ne sait jamais, elle pourrait nous être utile. Tu te sens de faire ça ? »





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MessageVen 18 Mar - 7:34





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Je sentais bien que tout ceci avait un but précis mais Luciano ne me confiait rien avant d'avoir eu confirmation de choses qui me dépassaient. Alors, forcément, j'avais l'impression que tout était un test et que je si je me loupais, je perdrais sa confiance et son intérêt, si ce n'était davantage encore. Sans le vouloir, il me mettait une pression monstre avec tous ses secrets et ces espèces de projets dont il ne m'avisait toujours qu'au dernier moment, de peur, probablement, que je ne fasse tout capoter bêtement. On ne pouvait pas affirmer que j'étais la subtilité incarnée mais je faisais de mon mieux pour le rendre fier et ne surtout pas être une gêne pour lui. Et il y avait ces fois où j'avais l'impression de ne pas le connaître aussi bien que je le croyais, ces moments où j'apprenais de nouvelles choses sur lui qui prenaient une place immense dans son existence et dont je n'avais jamais été avisée. Ces découvertes réveillait ma culpabilité et me faisait me demander quel genre de petite amie j'étais de ne pas tout savoir, sur le bout des doigts, à propos de l'homme que j'avais l'intention d'épouser. J'en arrivais même à me demander si je n'ignorais pas tout ça parce que j'étais trop focalisée sur moi-même, à son détriment. Pour ma défense, je me contentais de me dire que je ne me mêlais de rien pour lui laisser l'opportunité de décider à quoi il voulait me mêler et de quoi il voulait me tenir à l'écart. Partager sa vie avec quelqu'un ne signifiait pas que l'on devait nécessairement connaître tout de l'autre et prendre part à chacun de ses projets, il fallait qu'une pointe de mystère demeure, ne serait-ce que pour entretenir la passion. Mais il y avait des inévitables, comme le fait de chercher à venger l'autre après un affront ou une agression. Je pensais que Lucky ne chercherait pas à savoir ce qui était arrivé durant ma garde mais c'était mal le connaître, j'avais été blessée, sa soeur s'était retrouvée dans une sale posture également, il y avait de quoi voir rouge. J'aurais sans doute réclamé vengeance beaucoup plus tard et avec des moyens beaucoup plus limités, je n'eus pas besoin d'y penser puisqu'il prit les devants et fit les choses mieux que bien. J'ignorais ce qu'il attendait réellement de moi et quel était le plan, peut-être sur si j'avais été mis au parfum, j'aurais pu avoir la sensation de ne pas être en totale roue libre et de risquer de le vexer. Je ne comptais pas m'attribuer son influence ou son pouvoir, je ne comptais pas non plus grignoter un peu de tout ce qu'il possédait ou briller à sa place, j'avais surtout improvisé. Alors je pris pour moi la remarque qu'il fit à son associé concernant les problèmes de couple si vite arrivés. J'avais foiré ce qui s'apparentait à un test et je me demandais déjà comment j'allais pouvoir rattraper le coup. Il essayait de m'aider et de faire en sorte de trouver le coupable de ma blessure et je faisais du grand n'importe quoi, pas étonnant qu'il soit refroidi.

« Oh ! Tu me rassures, je pensais que j'avais complètement foiré... Mais comme je ne savais pas vraiment ce que tu voulais, je pataugeais en eaux troubles. » avouai-je pour venir me nicher au creux de ses bras, contente qu'il ne me fasse pas payer mon petit accès de confiance en moi. « On, ça veut dire moi aussi ? » m'enquis-je en levant les yeux sur lui, histoire d'être sûre qu'il ne me laisserait pas à l'écart. Si cette histoire le concernait indirectement, c'était moi qui m'étais mangé des semaines d'immobilisation et de douleur, j'espérais bien pouvoir coller un petit coup de pied ou de poing. Il m'expliqua ce qu'il prévoyait et si j'aurais apprécié un peu d'action, j'acceptai de prendre part à cette histoire de la manière qui lui convenait le mieux, lui laissant les rênes de ce qu'il avait l'habitude de gérer, bien plus que moi. Chez moi, les choses étaient beaucoup moins sophistiquées et il fallait que mon frère prenne toute la partie tactique en main pour éviter le massacre. Il me semblait donc naturel de laisser Luciano s'en occuper pour moi. Il m'indiqua où je pourrais trouver la femme de notre cher ami et je ne manquai pas de me présenter à son club de lecture avec, sous le bras, le livre qu'il fallait lire pour cette session. Elle m'accueillit avec un large sourire et me fit une place près d'elle, me chuchotant des remarques marrantes à l'oreille et me convia à un déjeuner en fin de semaine avec quelques unes de ses amies, des femmes de notables qui pétaient plus haut que leur cul parmi lesquelles je faisais tâche, même si je pris soin de cacher mes tatouages et d'avoir l'air détendu. Quelques verres de vin aidant ainsi que cette façon toute particulière qu'elle eut de me prendre en amitié et sa langue se délia. Elle m'avoua que je lui faisais penser à sa petite soeur, morte des années plus tôt, renversée par un chauffard alors qu'elle se rendait en cours à bicyclette. Elle m'en parla longuement, pleurant à chaudes larmes, le nez plein de morve et les yeux pleins de vin blanc, je la serrai contre moi, me disant que Lucky m'en devrait une. Il ne me fallut pas plus de deux semaines et demie pour qu'elle avoue que son mari l'aimait d'un amour sans bornes et que parfois, elle aurait préféré qu'il la trompe plutôt que d'accumuler les dettes de jeu comme il le faisait. Il n'avait aucune limite et leurs finances s'en ressentaient. Entre ça et leur fille qu'ils devaient entretenir pour qu'elle continue à se tenir à l'écart de leur vie, elle et la communauté – ou secte – qu'elle avait créée et qui ferait tâche dans le cv quasi parfait de monsieur. Je pris ma mine la plus compatissante et je lui dis que la vie n'avait rien de drôle, j'inventai des histoires sur un oncle qui avait fini dans un piteux état à cause du jeu et elle me promit qu'elle ferait en sorte d'en toucher deux mots à son Willy avant que je ne prenne congés. Mon premier réflexe fut d'appeler Luciano pour lui confier ce que j'avais appris et de lui demander ce qu'on allait faire maintenant.

Les choses s'étaient enchaînées à un rythme effréné, si bien que nous ne trouvâmes pas le temps de nous occuper de ce petit con de fils à papa. Quand bien même, entre l'histoire de ma potentielle contamination et des anxiolytiques, il aurait fallu beaucoup de volonté pour convaincre Luciano de m'impliquer dans quelque chose de ce goût-là alors qu'il avait crié à voix haute qu'il n'avait pas la moindre confiance en moi puisque je me camais. Ce problème était toujours en suspend, comme une barrière transparente entre nous qui se faisait sentir quelques fois plus fortement que d'autres. Autant dire que je ne m'attendais pas à ce qu'il monte chez mes parents pour vérifier lui-même quelle tenue j'avais décidé de mettre après son coup de téléphone. Il se permit de fouiller dans mon armoire et d'en sortir celle qu'il préférait, celle qui avait l'air la plus chère et la plus belle. « Je ne vais mettre que le collier... » tentai-je mais il me jeta un regard qui me suffit à prendre la boîte entière et à la poser sur la robe, en signe de bonne foi. Je ne voulais pas le contrarier et encore moins me disputer alors que j'étais quasi certaine que nous allions nous défaire d'un de nos principaux problèmes, du moins il l'était avant qu'un autre prenne sa place. Puis un autre... Puis un autre après lui. « Je ne te l'ai pas dit mais je te trouve très beau. » lui dis-je dans l'ascenseur de l'immeuble de mes parents, essayant de me montrer sympathique. Je n'eus pas vraiment l'impression que ça détendit l'atmosphère mais j'avais essayé. Il m'ouvrit la portière et je m'installai dans la voiture, ayant l'impression d'être prête pour le carnaval. « Je crois savoir où on va mais est-ce qu'il y a des choses que je dois savoir ? Des choses que je ne dois pas faire ou dire ? »








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MessageDim 27 Mar - 22:43





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Je détestais l’idée qu’elle puisse se mettre la pression à cause de l’une ou l’autre de mes manigances. Ça me donnait cette impression d’être si exigent que je finissais par l’angoisser, tellement insupportable que je la stressais sans en avoir la vocation. J’avais vraiment l’ambition de croire que j’avais plus à lui apporter que des tracas pour des broutilles protocolaires. En lui permettant de rencontrer un ponte de la police, mon but était de lui rendre justice et de la familiariser peu à peu avec mon monde, avec ce que j’étais, avec ce qu’elle serait susceptible d’endosser comme rôle au quotidien en l'épousant. Certes, il y avait celui que tenait ma mère, soutenue par une Antonella qui était plutôt douée pour organiser et écouter les Italiennes les plus malheureuses. Elle l’était d’autant plus maintenant qu’elle avait frôlé le divorce. Pour ma femme, j’aspirais à quelque chose de plus grand. Je voulais qu’elle marche avec moi, main dans la main, pas simplement dans mes pas, effacée par mon ombre. Elle avait les reins pour ça. J’en étais persuadé, car si ce n’est quelques maladresses, elle savait garder sa place. Je veillais donc à la rassurer comme je pouvais en l’embrassant et la berçant entre mes bras. « Non ! On, c’est un prénom indéfini qui désigne tout le monde et personne à la fois. Ça peut être moi et Dante. Ou, toi et moi. Ça te plairait ? » Évidemment. Ce serait sans doute la première d’une longue série. Du moins, cela aurait dû l’être si nous ne nous étions pas retrouvés dans cette situation compliquée à propos de ses médocs. C’était dommage. Nous avions dû reporter à plus tard la chute du sénateur et de fils. En d’autres temps, j’aurais songé que ce n’était que partie remise. Là, en allant la récupérer chez ses parents, choisissant sa tenue pour qu’elle soit la plus belle, je me demandai si je parviendrais à me montrer sympathique avec elle, cette histoire n’étant que réglée provisoirement. Certes, nous avions discuté, mais ça n’enlevait rien à l’amertume dans le fond de ma gorge. Sur cette question, elle m’avait surtout manipulé et, si je finissais toujours par y trouver un avantage, j’étais encore dans la phase où je me sentais comme le roi des cons. Non. Pis encore. Le dernier des cons. « Ta robe est belle aussi. C’est moi qui te l’ai offerte non ? » Elle hocha de la tête et j’ajoutai : « Ouais ! ça ne m’étonne pas. J’ai du goût. » Elle ne le prit pas franchement bien. Faut bien l’admettre, car c’était particulièrement indélicat. La froisser, je l’avais voulu sur le moment, mais je le regrettais déjà et je tentai de me racheter. « Quoique, en te regardant bien, je me dis que c’est parce que c’est toi qui la portes. » Je la gratifiai d’un clin d’œil, mais j’eus le sentiment qu’il m’en faudrait un peu plus. « Ça va. Excuse-moi, mon cœur. » commençais-je en la tirant vers moi, bien avant de démarrer le moteur de la voiture. « Je suis un peu sous tension, parce que je n’aime pas ce que tu vas voir aujourd’hui et je n’aime pas ce que je vais être obligé de faire de toi. » L’exhiber pour qu’une bande de connards puisse constater la grandeur de la famille Gambino, c’était tellement indigne d’elle. «Tu vas me dire, tu me manipules, je te manipule, je suppose que c’est normal. Parce que, c’est ce qu’on fait, n’est-ce pas ? On se sert l’un de l’autre pour faire en sorte que notre couple fonctionne bien. » Derrière ce sous-entendu se cachait surtout une question : était-ce normal ? Était-ce de cette façon que fonctionnaient les couples ?

Jetant un coup d’œil à ma montre, j’ouvris la portière arrière. Je laissai grimper mon chien, celui de ma fiancée et ma dulcinée ensuite pour l’inciter à prendre place sans plus trop traîner. « Sans vouloir te mettre la pression, faut qu’on se bouge maintenant. Hier, avec Mani, on s’est dit que ça vous plairait, à ma sœur et toi, de rendre une petite visite en tête à tête aux Irlandais et surtout, à l’Irlandaise. Je suppose que Caitlyn et toi vous avez beaucoup de choses à vous dire. Il faut juste que tu ne l’abîmes pas au point de la laisser inconsciente. Personne n’en a terminé avec elle, surtout pas, mon père. Elle a pris son fils. Ils ont failli abîmer sa fille. Tu te doutes bien que tu ne pourras pas lui asséner le coup de grâce, alors je me suis dit que ça pourrait te faire plaisir. » lui chuchotais-je embêté. J’aurais tant aimé lui en donner plus. « Pour le reste, quand tout le monde arrivera, tu verras que c’est chacun sa place en réalité. Mais, ce n’est pas compliqué, c’est comme à la maison. Ma mère, puis ma sœur… Etc. Le but, c’est de leur montrer qu’en gros, vous vous moquez bien de leur sort, sauf de temps en temps. Vous discutez de tout et de rien, vous mangez, vous buvez. En fait, tout est permis. Vous pouvez même descendre nous embrasser si vous voulez. On fait des pauses pour manger et là, vous faites des tournantes entre vous. Ouais. C’est tout ce que tu dois savoir, c’est que tout est plus ou moins permis tant qu’il y a de la dignité dans ce que vous faites. Et, que tu n’oublies pas non plus qu’on n’est pas encore marié. Donc, il faut éviter de froisser mon père. Tu crois que ça va aller ? » lui demandais-je en prenant la route. « Tu veux passer chercher quelque chose avant ? Tu veux qu’on passe par le Bronx chercher ta batte de baseball ? Ou le coup de poing américain que ma sœur t’a offert ? » Je lui jetais des œillades frénétiques, inquiets, tout simplement parce que je craignais de remuer de vieux souvenirs douloureux.

***
Existe-t-il plus angoissant que le regard d’une centaine de lesbiennes – à moins que je n’exagère – posé sur vous, vous qui empiétez sur leur terrain ? Vous qui n’avez strictement rien à foutre dans les toilettes pour gonzesses, exclusivement pour gonzesses, et d’en sortir comme si nous étions les bienvenus ? Oui ! Le coup de fil que reçut Mani pour nous avertir que l’objet de notre quête était dans une merde monstrueuse. Lyla – sous l’impulsion de la Maruzella, j’en étais convaincu – n’avait rien trouvé de mieux à faire que de voler la caisse qu’un ami à Mani nous prêta bien volontiers. Elle était du genre estampillée. C’était donc une très mauvaise idée, mais les filles ne brillaient certainement pas par leur jugeote lorsqu’elles étaient en colère. Étant donné que négocier avec les gars qui les encerclaient n’était pas vraiment de mon ressort, je me dirigeai vers ma fiancée – qui me détestait toujours – non sans avoir salué les types qui les récupèrent. « Tu vas bien ? Ils ne t’ont rien fait ? » Mes mains glissèrent dans son dos avec précaution pour ne pas la brusquer. « Il s’est passé quoi exactement ? » Plus tard, je lui chanterai le refrain concernant son manque de génie, mais pas tout de suite. J’avais un couple à sauver avant.





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MessageSam 2 Avr - 22:10





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Nous étions formidables, capables de nous engueuler alors que nous nous approchions d’un de nos buts. Il n’y avait que nous pour être aussi cons ! Pourtant, j’essayais vraiment de me montrer la plus facile possible après sa scène concernant les anxiolytiques, je ne voulais plus de dispute de ce goût-là, plus qu’il disparaisse pendant des jours sans un mot, ça me mettait dans tous mes états et je ne le supportait pas. Visiblement, j’aurais même pu faire une danse du ventre que ça n’aurait pas éteint cette sourde colère qu’il nourrissait à mon égard et ses remarques désobligeantes ne laissèrent planer aucun doute sur la question. Il me présenta bien vite ses excuses et je me dis que je pouvais passer au-dessus. Il avait beau ne pas me croire, nous faisions tous les deux des concessions en permanence et c'était comme ça que nous fonctionnions le mieux. Quand l'un de nous deux arrêterait de faire des efforts, l'autre se dirait que ça ne servirait plus à rien et nous aurions perdu mais pour l'heure, je comptais faire en sorte que ce jour n'arrive jamais. Il appelait ça de la manipulation, j'appelais ça arrondir les angles et prendre sur soi pour s'accorder avec le caractère de l'autre. Quand je cherchais à le manipuler – jamais pour mon bon plaisir mais souvent pour nous rapprocher l'un de l'autre – j'en avais pleinement conscience. Je l'aimais trop pour vouloir le modeler à ma convenance, de toute façon, j'étais certaine que je n'en aurais jamais été capable, il m'aurait vu arriver à des kilomètres, moi qui n'étais pas franchement la reine de la subtilité et s'il me manipulait ? Probablement, parfois je le réalisais et d'autres peut-être pas mais ce n'était que pour mon bien, parce que j'étais trop têtue pour entendre ce qu'il me criait parfois. Il fallait au moins ça pour que j'entende raison. C'était de bonne guerre et tant que ça nous tirait vers le haut, il ne pouvait pas y avoir de mal. « C'est pas grave, poussin, c'est un moment important et délicat, tu es nerveux, je comprends. » Je déposai un baiser sur sa joue avant de lui sourire, me blottissant contre lui. « Oui, on fait en sorte de bien fonctionner et de s'aider l'un l'autre. Il n'y a rien de mal à ça tant qu'on y trouve notre compte. Mani et Cinzia font ça tout le temps ! Comment tu crois qu'il a obtenu d'elle qu'elle dise oui si facilement ? Et comment tu crois qu'elle a fait pour qu'il ne jure que par elle alors qu'il était connu pour papillonner à droite et à gauche, hm ? » Je le sentis soulagée et je lui serrai la main pour qu'il arrête de s'inquiéter de détails.


« Ca me fait très plaisir, rien que de pouvoir être là et prendre part à tout ça ! Merci à toi ! » Je saisis son menton pour qu'il lève les yeux alors qu'il avait l'air presque déçu, je voulais qu'il voit mon grand sourire avant que je ne l'embrasse et que je ne grimpe dans la voiture. « Ne pas froisser ton père, ok, c'est noté. On peut tout faire avec dignité, c'est noté aussi ! Je vais me contenter d'embrasser ta main ou ta joue alors, on verra bien. Mais si j'avais su que j'allais avoir le droit de lui dire quelques mots avant son grand voyage, j'aurais pris une tenue de rechange. Ca va aller, ne t'en fais pas, je vais gérer ça au mieux et si je vois que je suis perdue, je te fais signe. Faudrait un truc discret. Un clin d'oeil ? Ils vont croire que j'ai un problème mécanique. » Je ricanai, sentant une pression monstre sur mes épaules, comme toutes les premières fois, c'était terriblement angoissant mais je savais que Cinzia et Carolia ne seraient pas loin et que personne ne manquerait de me rappeler à l'ordre. « Pas besoin, je vais improviser. » Je laissai Cinzia s'entretenir avec notre chère amie, elle avait perdu plus que moi et souffert bien plus aussi, elle méritait de passer la première et de faire de cette putain ce qu'elle voulait. Elle me la laissa presque entière et je lui offris mon plus beau sourire, lui montrant ma bague de fiançailles. « Ca, tu vois, c'est moi qui récupère la place qui me revient de droit ! Je pourrais te frapper et te faire cracher tes dents les unes après les autres mais Cinzia a fait ça tellement bien qu'elle l'a fait pour nous deux. Mais tu sais, je te pardonne, non, vraiment ! » Je sifflai, mon chien rappliqua et je lui ordonnai d'attaquer, elle se fit dessus immédiatement, hurlant alors que je pensais qu'il ne lui restait plus suffisamment d'énergie pour ça. Il ne fit que lui érafler les jambes mais elle devint hystérique ce qui m'amusa beaucoup. Je rappelai Trejo avant qu'il n'entame vraiment sa chair et de la déchiquette. J'agrippai mon futur époux par le col pour l'embrasser à pleine bouche avant de m'éloigner d'elle et de me concerter avec Cinzia sur la place que je pouvais occuper, attendant que les autres arrivent. La suite ne m'appartenait pas. J'assistai au spectacle sans ciller, même si les viols me heurtèrent terriblement, je m'agrippai à mon chien en faisant mine de le caresser distraitement, prenant exemple sur les femmes qui m'entouraient et qui étaient d'une dignité qui semblait me faire défaut. Mais il y avait une chose que nous avions tous en commun et que je pouvais comprendre, c'était la vengeance. Pour les nôtres, il n'y avait pas la moindre limite à la vengeance, pas la moindre ! Je ressortis de là, convaincue mais épuisée.


***


L'alcool me rendait plus téméraire mais ça ne m'empêchait pas de ressentir cette pointe de terreur dans un coin de mon être et qui me renvoyait les images de mon agression par flashs. J'avais beau être fâchée contre mon abruti de fiancé, j'espérais qu'il viendrait me cherche parce qu'il n'y avait que lui en qui j'avais confiance, si on omettait de parer des hommes de ma famille et il était le seul qui me sécurisait. Je me félicitai de ne pas avoir fumé de joints, j'aurais sans doute eu la joie de me taper une crise d'angoisse ici, face à ces enfoirés à la mine patibulaire qui nous regardaient comme si nous étions leur menu du soir. Je vis un taxi se garer près de nous et lorsque je découvris les traits du Salvadorien, je fus soulagée, c'était bien la première fois de ma vie que j'étais contente de voir sa gueule de connard. Mais mon système de défense se mit en veille et ma peur panique disparut dès que je distinguai Luciano. J'aurais pu lui sauter dans les bras si je ne m'étais pas souvenue que j'étais en colère contre lui ! Il avait de la chance, enfin J'AVAIS de la chance, un verre de plus et je l'aurais probablement violé quelque part, dans un coin, décrédibilisant tout ce que nous faisions depuis le début avec Cinzia pour nous faire entendre et qu'ils réalisent quelle monumentale erreur ils avaient fait. J'hésitai à me défaire de sa prise, nous étions sous le feu du regard de pas mal de types et je ne voulais pas lui faire honte, je ne voulais pas qu'on puisse dire quoi que ce soit sur lui à cause de moi, je le laissai faire, gardant ses mains sur moi alors qu'elles en avaient touché une autre et que ça avait failli mal se terminer. « Oui, oui, ça va ! On était juste perdues et ils sont sortis de nulle part, je suppose qu'on est sur leur territoire et comme la voiture ne passe pas inaperçue, ils croyaient qu'on l'avait volée. N'importe quoi ! Qui voudrait voler un truc pareil ?! Pour autre chose que punie deux crétins ! Hein ? » Je lui lançai un regard brûlant, j'avais fait en sorte qu'il soit le seul à pouvoir m'entendre, toujours pour cette histoire d'apparences. Mais je regrettai amèrement de m'être débarrassée si facilement de a bague de fiançailles, elle aurait pu me servir, ce soir. J'esquissai un geste pour rejoindre Cinzia qui s'approchait du taxi mais on me retint par le bras, me faisant comprendre que je ne rentrerais pas avec elle. Je soupirai et grimpai du côté passager alors que le connard qui m'avait privé des clés, les fourra dans la main de mon compagnon. Je laissai passer quelques minutes, le front contre la vitre à regarder défiler les lampadaires, me disant que j'aurais donné cher pour un verre ou deux. « Merci d'être venu, je commençais à paniquer et toutes les idées que j'avais pour nous sorti de là étaient merdiques... On voulait juste aller acheter des tacos, je meurs de faim ! Et j'ai soif et j'ai l'impression que ma soirée se finit trop brutalement... D'ailleurs pourquoi vous avez laissé la voiture devant, comme ça ? Vous étiez où ? » m'enquis-je, entretenant une conversation presque normale avec le Sicilien mais il fallait se méfier, un rien et je sortirais de mes gonds. Rien n'était oublié, seulement mis en suspens pour le moment.







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Luciano Gambino
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MessageJeu 7 Avr - 23:18





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C’était vrai. J’étais nerveux, mais pas forcément pour les raisons qu’elle serait en droit d’imaginer. Je ne souffrais d’aucun remord à l’idée de supplicier cette rousse qui, un soir venu, oublia son rôle de victime au profit d’un autre indescriptible. Glisser un couteau sous la gorge de Lyla avait été une terrible erreur. Je la maudis pour ça, la Mexicaine aussi, et c’était probablement l’une des innombrables causes à mon état presque fébrile. Tenir mes promesses était normal. Je lui avais juré qu’elle n’assisterait pas seulement, qu’elle participerait à l’abri des regards. Qu’arriverait-il si elle n’était pas capable de s’arrêter à l’heure de sa vengeance ? Si elle blessait Caitlyn plus qu’autorisé, qu’adviendrait-il exactement ? Je n’osais même pas imaginer la rage de mon père. Elle serait sans précédent. Il en voudrait à Lyla. Or, j’avais bel et bien l’intention de l’épouser. Au-delà de cette crainte-là se mélangeaient celles qui concernaient directement notre relation. Communiquions-nous comme il le fallait ? Étions-nous en train de nous construire autour de l’équité ? De la manipulation ? Jouissions-nous de ce petit quelque chose d’enviable par rapport aux communs des couples lambdas qui, au restaurant, n’échange que quelques mots à propos du menu pour ensuite s’enfermer dans cette solitude qu’il combe grâce à leur téléphone portable ? Notre façon de gérer nos conflits me laissait toujours un arrière-goût amer, bien qu’en soi, le résultat était plutôt positif. Il me paraissait que nous en sortions un peu plus fort, plus unis, plus complices parfois, si tant est que ça soit possible ou à condition que ma définition soit correcte. Était-ce autorisé notre conjoint de nous rassurer avec peu de chose ? Un rire ? Une caresse ? Un baiser ? Une attention tendre et particulière ? Manuel et Cinzia étaient-ils un exemple d’ailleurs ? Et, toutes ces questions, valait-elle vraiment la peine que je leur consacre autant d’énergie ? Non ! Elle avait raison. Chuchoter à l’oreille de l’autre était normal. Je n’étais pas le dernier à guider ma dulcinée en utilisant des voies détournées. L’inverse existait. Si ça fonctionnait ? Où était le mal ? Que pourrais-je y faire de toute façon ? J’avais l’impression qu’elle était faite pour moi. Devant cette pauvre fille, alors que Lyla s’amusait à la terroriser avec son chien, je serais littéralement tombé amoureux d’elle si ce n’était déjà fait. C’était certainement un peu plus fort chaque jour. C’était à se demander comment j’avais pu oublier l’intensité et la sincérité de ce que je ressentais pour elle en débauche, et pas seulement parce qu’elle méritait mieux qu’une telle trahison – bien que c’était indéniable – mais parce que j’étais en train de gâcher la seule chance qui m’était donnée de ne pas sombrer dans la folie pure. Lyla tenait le pot de vie complètement droit et je l’avais blessée. Autant dire que la culpabilité me rattrapa à une vitesse fulgurante.

Avant que quelques connaissances à Manuel vérifient auprès de lui l’identité des deux audacieuses qui nous tirèrent notre caisse, je n’avais strictement aucune idée de ce que je pourrais mettre en place de plus pour adoucir la peine de Lyla, la ramener à moi et provoquer son pardon. Pourtant, parce que j’étais un gars malin, particulièrement doué pour retourner une situation à mon avantage et « inscrupuleusement » couillu, je me pointai la tête baissée, la queue entre les jambes, mais en jouant les figures protectrices. J’avais craché sur nombres de promesses, mais pas celles-là. Tant qu’elle marcherait à mes côtés, rien ne pourrait lui arriver. Pas de recadrage par des types dangereux. Pas de viol collectif non plus. Tout ce qu’elle appréhendait, la terrifiait, l’empêchait parfois de dormir la nuit, avec moi, ça n’existait plus. Certes, je l’approchai délicatement, veillant à ne pas me montrer trop intrusif, histoire de ne pas la pousser à me chasser. Mais, je lui chuchotai quelques mots rassurants à l’oreille avant de l’entraîner avec moi dans la voiture prêtée plus tôt à Mani. Ma soeur s’était déjà insérée dans le taxi. Mani avait besoin de discuter avec elle, tout comme il m'était nécessaire de reprendre ma place de sauveur dans la vie de ma fiancée. Peut-être se souviendrait-elle de son amour pour moi, omettant au passage sa rancœur. « Ne me remercie pas. C’est mon rôle de veiller à ce qu’il ne t’arrive rien. Qu’est-ce que tu croyais ? Que j’allais te laisser là parce que tu as volé la caisse ? » Une idée de la Cinzia, j’en étais convaincu, mais je m’abstins. Je ne les imaginais pas amantes, mais leur lien était si étroit que si j’avais le malheur d’accabler la cadette, Lyla sauterait de cette bagnole en marche. «Quand on a reçu le coup de fil, j’étais mort d’inquiétude. Je suis rassuré que tu n’aies rien. Je te jure, j’ai bien failli virer le chauffeur pour conduire moi-même. Je n’avais même jamais remarqué que les feux de signalisation était si longs. Je suis sûr, ils sont plus courts à New York. » plaisantais-je pour tâter le terrain. Je n’avais pas l’intention de lui sortir le grand jeu. Elle n’était pas en état, mais j’étais bien décidé à tenter ma chance pour amorcer les prémices d’une réconciliation. « On a laissé là pour s’infiltrer dans cette boîte de nuit. On est passé par la porte des toilettes. Mani m’a fait la courte échelle. Vous n’y étiez plus. On s’est fait jeter comme des malpropres par une dizaine de vigiles qui avait avalé trois armoires à glace chacun avant de venir bosser. On a préféré ne pas tenter le diable puisque vous n’étiez pas là. La priorité, c’était de vous retrouver… » Je soupirai, mal à l’aise à l’idée de lui avouer qu’on voulait vérifier que leur mise en scène en était bien une. « J’ai eu peur, tu sais. J’ai peur que tout ça ait réveillé des trucs pas cool. Ça me rassurerait si tu me laissais m’assurer que tout va bien pour toi cette nuit. » lui proposais-je en me stationnant devant un petit restaurant ouvert jour et nuit, qu’elle puisse rassasier son envie de tacos et étancher sa soif. « On mange un bout, puis on rentre à l’hôtel. Je me ferai tout petit. On ne discutera pas. Je suis le roi des connards, je sais que c’est ce que tu penses et tu as toutes les raisons pour ça, mais je t’ai fait des promesses. Je t’ai promis que tu dormirais tranquille tant que je serais là et jusqu’à preuve du contraire, je suis toujours là. » Je lui jetai un coup d’œil avant de quitter la voiture. « Tu sais, je pourrais t’en faire des tas d’autres des promesses. Je les tiens en général. Tu le sais ça ? Pas vrai ? Il suffirait juste que tu me laisses le bénéfice du doute… » J’ignore ce qui la convainc le plus dans ce discours sincère, mais je réinvestis les lieux, sans que ma nuit soit pour autant aussi colorée que je ne l’avais imaginé. Je me souviens que, durant cette insomnie, je réalisai que lui cacher mon tête-à-tête avec mon ex avait été une effroyable erreur. Si elle l’apprenait – et tout se sait toujours – ça serait une véritable catastrophe. Mais, comment lui en toucher un mot désormais ? Comment, sans provoquer une rupture avérée cette fois ?

***
Le mariage en petit comité approchant, nous n’avions plus qu’à régler les derniers détails du plan de table. Ce n’était pas bien compliqué comparé à ce qui nous attendrait lorsque nos autres noces, les plus « officielles », celles qui réuniraient nos amis les moins intimes et les privilégiés que mon père souhaiterait y voir, mais je jugeai – peut-être à tort – que c’était l'instant idéal pour aborder ce sujet qui me taraudait depuis notre retour de Los Angeles : Amber. J’avais par ailleurs longuement réfléchi à la meilleure façon de m’y prendre. Normalement l’information devait être enrobée dans du beau tissu, mais le moment venu, j’optai pour la tendresse. Ma main autour de son épaule, la tête penchée sur un croquis un peu grossier de la salle, j’embrassai sa tempe, sa joue et son cou pour attirer son attention. Ça ne tarda pas. L’abstinence étant difficle, la moindre marque de douceur était une invite à de sages câlins. Cette fois, pourtant, je ne tentai pas d’en profiter. « On pourra faire une pause après si tu veux, mais je voudrais te parler de quelque chose qui commence doucement à me rendre un peu nerveux. » Et Dieu que je l’étais. Je ne savais ni où regarder ni par où commencer. « Je ne me suis jamais engagée sérieusement avant toi, mais il y a tout de même une fille avec qui j’ai partagé un petit peu plus qu’une nuit. Si tu veux que je te raconte ce que nous étions, je répondrai à toutes tes questions. Tu as le droit de savoir, même si je pense que ce n’est pas du tout comparable avec ce qu’on a vécu. Je ne sais même pas l’importance qu’elle a pu avoir à cette époque, mais il s’avère qu’après des années de silence, je l’ai vue récemment et je n’ai pas envie que tu l’apprennes de quelqu’un d’autre que moi. Alors… voilà, c’est dit. » conclus-je comme si j’allais pouvoir m’en tirer grâce à un baiser et une question concernant sa plus vieille sœur.








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MessageDim 10 Avr - 21:27





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« Je n’en sais rien, t’aurais pu être fâché et décider de me laisser dans ma merde. » lâchai-je avec sincérité, me disant que Ruben, lui, l’aurait fait sans hésitation. J’étais une gamine inconséquente à l’époque, je n’en faisais qu’à ma tête et j’étais ingérable, mais parfois, ça me dépassait et j’aurais simplement eu besoin qu’on me remette dans le droit chemin avec un mot gentil ou une remontrance délicate, ce que fit mon frère Muñez mais pas le type que j’allais épouser. Si nos débuts furent fantastiques, je me rendais compte, avec le recul, que nos bons souvenirs n’existaient pas vers la fin de notre relation et que je pédalais dans le vide à l’époque, m’esquintant à essayer de faire en sorte que notre couple perdure mais étant la seule que ça inquiétait vraiment. J’avais fini par enfermer tout ça dans une boîte que je rangeai dans les tréfonds de ma mémoire mais avec un peu d’alcool et une situation merdique comme celle que j’avais vécu ce soir, et tout remontait à la surface pour un comparatif qui jouait en la faveur de mon fiancé. J’avais de la chance ! Mon merci était naturel et normal et même s’il s’était comporté comme un con, il était là, il se bornait à être là, m’assurant qu’il ne m’abandonnerait pas, c’était tout ce dont j’avais besoin. « T’étais plus inquiet qu’en colère ? » lançai-je, un sourcil relevé et un petit sourire en coin, essayant de savoir si tout ça lui avait mis les nerfs ou pas et essayant de deviner si j’allais bouffer des reproches pour le reste de la soirée. Je cherchais surtout à savoir si j’allais dormir avec Cinzia une nuit de plus ou pas ! J’estimais que s’il avait le droit d’être en colère, il n’était pas en position de me faire la morale, pas pour le moment. Je ne pus réprimer un rire quand il me décrivit ce qui s’était passé dans la boîte et comment ils s’étaient fait éjecter, je ne m’attendais pas à moins de leur part et j’avais été grisée de savoir qu’ils étaient à nos trousses. J’avais l’impression de compter pour lui, vraiment et même si tout ça était motivé par la culpabilité et probablement la crainte des conséquences si je me tirais et que je rompais, j’avais assez d’importance pour qu’il fasse des trucs délirants, rien que pour moi. Je n’étais pas la seule à être complètement mordue au point de perdre tout sens commun, au point de foutre à la porte de ma chambre mon fiancé avec ses vêtements, sa bague et du mépris, lui offrant ni plus ni moins qu’une invitation à me tromper une bonne fois pour toute. Je me fis violence, essayant de combattre la culpabilité. Je me recroquevillai sur mon siège quand il me demanda s’il pouvait revenir, au moins pour cette nuit, ne sachant pas quoi lui répondre, réalisant que je ne me sentais pas bien du tout. « En général ? Sauf quand il s’agit de me tromper ? » répliquai-je froidement, mon agressivité étant un des signes révélateurs de mon anxiété. « Je n’ai pas besoin de promesses que tu ne tiendras pas, juste que tu te tiennes à ce que tu dis et que je reste la seule. Je ne veux pas dire la seule que tu aimes mais la seule avec qui tu couches ! »

Il entreprit de sortir de la voiture, sans doute pour se laisser le temps de penser à tout ça et de se préparer psychologiquement à la suite, peut-être même pour se laisser le temps de trouver une réponse mais je le retins par la manche. « Je suis angoissée. J’ai peur et je ne sais pas de quoi, j’ai besoin que tu restes avec moi cette nuit parce que tu as dit que tu m’aiderais avec ça, pas vrai ? Et si je faisais une crise ici, dans ce restaurant. » Mon regard n’exprimait plus la moindre détermination ou la moindre colère, seulement de l’inquiétude. « J’ai vraiment cru qu’ils allaient nous violer, tu sais… Si tu pouvais t’assurer de tenir toutes tes autres promesses comme celle d’être toujours là pour me protéger, Lucky, il n’y aurait plus de problème. » repris-je, hésitant à sortir de la voiture, ayant terriblement froid tout à coup. Je pris une grande inspiration et je sortis de la voiture, tirant sur ma robe que je ne trouvais plus du tout aussi confortable et magnifique qu’auparavant. Je n’attendis pas qu’il me propose quoi que ce soit et e m’agrippai à son bras pour avancer jusqu’au restaurant et trouver une place pour déguster la commande qu’il alla passer pour nous, parce que le simple fait de me trouver là me demandait beaucoup d’énergie.

***

Tout se mettait enfin en place, j’avais hâte de pouvoir vivre avec lui et de profiter de notre proximité pour puiser un peu là-dedans pour me sentir aussi bien que je le devrais. Je me sentais oppressée par l’autorité parentale et j’étais épuisée de courir partout pour tout mettre au point, sans parler de ma frustration qui me compliquait la vie et dont j’étais l’unique responsable. Je lui dis clairement, il n’était pas question qu’il se passe quoi que ce soit avant notre nuit de noces, nous avions assez déconné et attendre un peu ne nous ferait pas de mal. Oui, tout ça, c’était dans le merveilleux pays de la théorie, dans les faits, c’était beaucoup moins drôle. Je lui faisais vivre un véritable enfer en tentant d’éteindre mes propres besoins. Le sexe par téléphone, si ça pouvait être drôle quand on n’avait pas le choix, l’était beaucoup moins quand on savait que son cher et tendre était à seulement quelques pas de là, dans la chambre de son frère. Je ne comptais plus les fois où ça faillit déraper et je décidai de prendre le parti de le toucher au minimum et de façon peu tendancieuse. Le simple fait de l’embrasser réveillait chez moi tellement de choses qu’il me fallait plusieurs minutes pour me calmer. Dans ces moments-là, j’oubliais le pourquoi de tout ça. Et puis il disait ou faisait quelque chose qui me renvoyait la raison dans la gueule, comme un boomerang. Je crus qu’il allait me parler de l’abstinence quand il commença par m’annoncer qu’un truc le rendait nerveux. J’aurais préféré, j’aurais pu retirer mes fringues et lui proposer d’en finir après ses baisers qui m’allumèrent, après qu’il m’ait expliqué, je n’en avais plus du tout envie. Il m’embrassa pour noyer le poisson mais je ne comptais pas le laisser s’en sortir si facilement. « Pourquoi ce serait un problème que je l’apprenne de quelqu’un d’autre ? Qu’est-ce que tu entends par « tu l’as vue ? », hm ? Et d’ailleurs c’est qui ? Et je ne comprends pas pourquoi tu l’as revue ! Une ex, c’est fait pour être détestée, pas pour être vue ! Il s’est passé quoi ? Vous êtes allés où ? Vous avez fait quoi ? » Je ne lui laissais aucune chance, pas cette fois. J’avais besoin de savoir si LA était un cas isolé ou pas, parce que sinon, ce n’était plus la peine que je me fatigue à continuer cette connerie de plan de table. « Tu l’as baisée ? Ce qui expliquerait pourquoi tu insistes sur le fait que toi et moi c’est tellement mieux que tout ce que tu as eu avec elle. C’est quoi un petit peu plus qu’une nuit ? » Derrière la jalousie se cachait de la panique pure et énormément de douleur, celle que j’avais refoulé à Los Angeles et qui devenait ingérable quand je le voyais près d’une autre, qui qu’elle soit. « Des années de silence et elle ressort au moment où on se fiance et où on va se marier ! C’est pas une putain de coïncidence ça ? Tu voulais vérifier que tu ne faisais pas une connerie ? » Je sentais que j’allais me mettre à pleurer, je baissai les yeux, les mains tremblantes, triturant un bout de feuille, focalisant toute mon attention sur ça pour ne surtout pas craquer.

***

Il travaillait toute la nuit, il m’avait dit qu’il serait au cabaret et je n’avais posé aucune question, il ne restait que deux jours avant le mariage et si j’avais hâte et que je me sentais confiante parce que j’étais persuadée qu’il ne me laisserait pas affronter tous ces gens toute seule, avec la honte de devoir leur annoncer qu’il ne viendrait jamais, tout ça fut ternie par ma rencontre inopinée avec un Ruben particulièrement en forme. Vindicatif comme jamais, il avait entendu pour notre mariage et venait s’assurer de foutre la merde dans ma tête. Il fut déçu de constater que son opinion ne m’intéressait pas, je fus davantage contrariée d’apprendre ce qu’il allait raconter sur mon compte, prétendant qu’il s’agissait là de détails de notre vie lorsque nous étions encore ensemble. L’idée que cela puisse faire du tort à Lucky me rendit malade et après avoir ruminé pendant des heures, je pris ma voiture et mon chien pour traverser la ville et le rejoindre. Il était en réunion, ça dura une bonne heure et demie où j’attendis, sentant l’angoisse gonfler mais tenant bon parce que je refusais de lui faire honte en me recroquevillant dans un coin. De quoi il aurait l’air, d’épouser une tarée comme moi ? Je me récitais des chansons, des poèmes et toutes ces choses qui m’aidaient à penser à autre chose, focalisant mon attention sur ma respiration, comptant et faisant de mon mieux pour ne pas devenir complètement folle. J’étais tellement concentrée qu’il fallut qu’il s’agenouille devant moi et me touche l’avant-bras pour revenir à moi, en sursautant. « Je suis désolée, j’aurais dû appeler mais je n’ai pas réfléchi. Tu as un autre rendez-vous ? Sinon je peux repasser ou attendre dans la voiture que tu aies terminé ! » Il me fit entrer dans son bureau et fit de son mieux pour me ménager, craignant sans doute que je sois là pour annuler notre mariage après mûre réflexion, il était loin du compte. « Je ne me sens pas très bien et comme tu as dit que je devais compter sur toi pour ça… Par téléphone, dans ces-là, ça ne sert à rien ! » avouai-je, me sentant ridicule. « Ça n’a rien à voir avec le mariage, tu sais. Cette peur-là, elle vient de moi. Lucky, je ne veux pas te faire honte. Tout le monde sait que je ne suis pas vierge, j’veux dire, que j’ai déjà eu un mariage avorté et les gens parlent… Et pas toujours les bonnes… Ruben est allé raconter des trucs, sur moi, sur lui et moi. Des détails de notre vie à ce moment-là, la majorité des choses est fausse et exagérée mais ça va te porter préjudice et c’est de ma faute. Mes frères en ont forcément entendu parler et je prie pour que ça ne vienne pas aux oreilles de mon père… Et toi, qu’est-ce que tu penserais de moi après ce genre de trucs ? »







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MessageDim 1 Mai - 23:08





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ft Joe la panique



Moi ? Fâché après elle ? Si je n’avais pas fourré ma queue dans le fond de la gorge de la première pétasse venue, j’aurais certes été en droit de l’être, mais pas ce soir. Elle s’était mise en danger par ma faute, et si je ne l’admettais pas encore ouvertement j’en étais tout à fait conscient. Au contraire, jamais je n’aurai insisté sur mes promesses tout au long du repas, après l’avoir tirée avec douceur de la voiture, un sourire bienveillant sur les lèvres. Si elle voulait des tacos, je les lui offrais. Cette nuit, Lyla avait sur moi tous les droits, sauf celui de sous-entendre que nous approchions de la fin de notre histoire. Pour la retenir, je sombrai dans le mélodramatique et la guimauve, sans honte, parce que j’étais sincère, et que si j’étais incapable de m’agenouiller littérairement devant elle, devant qui aurais-je pu le faire ? Nous allions nous marier. Ça n’avait jamais été aussi actuel et concret que depuis notre retour de Los Angeles. Elle le méritait. C’était elle que je voulais. Elle me pardonnait. Tout aurait dû être parfait désormais, mais rien ne dure jamais. Parmi les cartons d’invitation, un nom jurait, celui de mon ex que j’avais vu récemment. Je l’avais même invitée au restaurant, et c’était bien là le problème. J’alléguai, fort de mes bonnes intentions, que je ne la trahirais plus et si je n’étais pas totalement persuadée que partager un repas avec une vieille amie – c’était exactement ce que mon ex était devenue – ne méritait pas un esclandre ou une dispute, je n’en étais plus vraiment certain. Comment me fier à mon jugement ? N’avais-je pas considéré qu’une pipe n’était rien de grave avant d’être confronté à sa peine et à sa déception ? À quoi devais-je m’attendre cette fois ? Bon sang ! J’aurais nettement préféré ne jamais avoir à aborder le sujet avant qu’elle n’ait dit oui. J’étais habité d’un mauvais pressentiment, mais je me lançai dans la bataille, nerveux, supposant les questions qu’elle m’opposerait en toute légitimité, les réponses qu’il conviendrait de soumettre à son jugement et au risque qu’elle ne croie pas le moins du monde en ma bonne foi. « Parce que si tu l’apprends de quelqu’un d’autre, ça voudrait dire que j’ai quelque chose à cacher. Non ? Ce n’est pas comme ça que ça se passe en général ? » m’enquis-je complètement perdu par sa réaction. Pour une fois que j’étais convaincu de faire les choses correctement, je me prenais une soufflante. C’était tellement frustrant. « Et je l’ai vue comme on voit quelqu’un. Enfin, pas comme toi et moi on se voit, mais comme quand on regarde avec les yeux. Elle s’est retrouvée dans mon bureau par hasard, du moins ça y ressemblait, mais je ne l’attendais pas. Je lui ai pas filé un rencard si c’est ce que tu entends par la voir. Enfin, on a été mangé un morceau, mais ce n’était pas prévu, c’est surtout parce que j’avais faim et qu’un de mes hommes n’a rien trouvé de mieux à faire que de la secouer. Je n’avais pas envie d’avoir des emmerdes, alors, je me suis dévoué.» Son expression changea et je compris instantanément que j’en avais trop dit ou pas assez. Si j’avais pu, je me serais levé et je me serais barré après avoir exigé qu’elle choisisse trois questions, les plus importantes, les seuls auxquels je répondrais, mais je n’aurais pas eu le temps d’enfiler ma veste que je me serais ramassé un coup de chaise. Je pris donc sur moi pour me montrer le moins évasif possible.

« Calme-toi, ma puce, tu t’alarmes, mais il n’y aucune raison pour que tu t’inquiètes. Je vais te raconter, mais promets-moi de ne pas m’interrompre. » Elle hocha de la tête et moi, je quittai la chaise pour récupérer dans le bar une bonne bouteille et deux verres. « Tout d’abord, c’est elle. » Je fis glisser l’un des cartons en direction de ma future femme – si tout allait bien – avant de désamorcer chez elle toute envie de me couper la parole en si bon chemin. « Et je ne la déteste pas. J’aurais pu vu la façon dont elle m’a jeté comme si j’étais un putain de gosse incapable de comprendre ce qui lui arrivait, mais ça n’a pas été le cas. J’ai ressenti de la pitié pour elle, du mépris, mais pas un soupçon de peine ou d’angoisse à l’idée qu’elle puisse me manquer. C’est pour ça que je te dis que ça n’est pas du tout comparable avec ce qu’on vit. Elle a eu un accident, pendant une garde, par ma faute, je savais que ça aurait pu arriver, mais je n’ai jamais cherché à la protéger. Je ne voyais pas l’intérêt. Je ne voulais pas qu’il lui arrive quelque chose pour autant, mais je n’ai ressenti aucune culpabilité suite à son accident. Pas un soupçon. » À me replonger dans mes souvenirs, une ombre passa sur mes traits, mais elle n’avait rien à voir avec de la tristesse. Je réalisais simplement à quel point j’avais pu être monstrueux avant de rencontrer Lyla, la seule femme de cette Terre qui fût un jour capable de me ramener vers l’humanité, exception faite de ma petite sœur, de ma mère ou de ma Nonna. « Je l’ai revu au cabaret. Elle prenait des photos. Mes gars ont dû s’imaginer qu’elle était flic. Ils l’ont malmenée et quand je suis arrivé, je t’avoue que j’ai été surpris de la trouver là. Ça faisait deux ans que je n’avais plus eu la moindre nouvelle et que je ne lui en avais pas donné. » En réalité, je savais ce qu’elle faisait, mais davantage pour me préserver d’une envie de parler que d’assouvir ma curiosité ou ma jalousie. « J’ai voulu faire amende honorable et je l’ai invitée à manger. Je n’ai jamais cherché à savoir si une page était à tourner ou pas. Je ne l’ai jamais vraiment ouverte. Et je ne l’ai pas baisée non plus. Pour quoi faire ? Je vais me marier avec toi. j’ai pris le risque de te perdre une fois déjà, ce n’est pas pour recommencer. Et puis, même sans ça, je déteste les espressos réchauffés. » conclus-je plutôt fier de mes explications avant de saisir qu’elle n’en avait pas fini avec moi. « Sa mère est italienne. C’était une amie à ma mère. On s’est rencontré comme ça. On est resté ensemble quoi, trois ans ? Cinq. Je ne sais même plus. Tout ce que je sais, c’est que je ne me posais pas beaucoup de questions sur ce qu’il allait advenir de nous. J’avais d’autres projets. Elle était juste là et c’était bien comme ça. » J’avalai mon verre cul sec et je lui pris la main pour embrasser chacun de ses doigts. « Mon ange… je n’insiste pas sur le fait que toi et moi c’est différent pour te jouer du violon, mais parce que c’est vrai. Qu’est-ce que tu crois ? Je ne t’ai pas demandé en mariage parce que tu avais l’air d’y tenir. Je l’ai fait parce que je suis persuadé que tu es celle qu’il me faut… Ce qui s’est passé avant toi n’a aucune espèce d’importance et après toi, il n’y aura plus rien. Il faut que tu me fasses confiance, bébé. Il le faut ou alors, tout ça… » Je désignai les plans qui s’étalaient sur la table. « Ça ne rimera plus à rien. »


***

Habituellement, lorsque Lyla se présentait au cabaret pour demander audience, j’abandonnais tout pour la recevoir. Pas cette fois. Si ça avait un rapport avec les rumeurs que Ruben s’amusait à laisser courir sur leur histoire ? Indirectement. Oui. Mais ce n’était pas vraiment comme elle l’entendait. Lorsque j’eus vent de cette information par Manuel, je mis en branle une machine plus grande et bien mieux huilée que ses pauvres neurones pour recueillir un maximum d’informations à son sujet, car plus j’en saurais, mieux je pourrais contre-attaquer. Malheureusement, je n’appris rien de très probant si ce n’est une information. Une seule. Une du genre qui m’obligea à me renverser sur ma chaise, tombant des nues et me demandant comment une fille comme ma fiancée avait pu se laisser embrigader dans une telle histoire. Au moins, je comprenais mieux certaines de ses attitudes aux prémices de notre vie sexuelle. Sa manière de tout offrir sans recevoir était révélatrice de son apprentissage. C’était plus clair, et si je ne l’aimais pas de tout mon être, je l’aurais plaint. Vraiment. Là, j’étais simplement heureux qu’elle me soit apparue comme une évidence. J’avais bien mieux à lui apporter, et si j’en doutai à une époque révolue, ça s’imposait d’autant plus à moi comme une révélation à présent. « Non ! Ne t’inquiète pas. J’allais rentrer de toute façon et j’avais l’intention de passer par chez tes parents. » Je me retins de lui préciser que j’avais à lui parler moi aussi. Elle se serait inquiétée et il n’était pas question que je sois à l’origine d’une angoisse quelconque, qu’elle soit violente ou non. Je préférais l’entraîner dans un endroit où elle se sentirait plus à l’aise et à l’abri des regards : mon bureau. Je l’installai dans mon fauteuil, plus confortable que n’importe laquelle des chaises à disposition et, lui servant un verre d’eau, je me posai ensuite sur mon meuble pour lui faire face et l’écouter attentivement.

« Je sais. Je suis au courant. Et ce n’est pas grave. Tout le monde se tape complètement de ta virginité. Je veux dire, si ça ne me préoccupe pas moi, ça ne préoccupe pas ma famille non plus. Je sais que c’est difficile à croire parce qu’ils en font tout un foin par rapport à Cinzia, mais c’est différent. C’est l’honneur de toute la famille qu’elle tient entre ses mains, pas toi, parce que tu n’es pas leur fille. Tu connais l’histoire de Gloria non ? Tu as l’impression que ma mère ne l’aime pas ? Regarde Antonella ? Elle était plus vierge que de l’huile d’olive, tout le monde la méprise. La valeur, ça se gagne. Ce qui m’inquiète, et ce qui devrait t’inquiéter, c’est ton père et moi, si je n’avais pas été au courant et que je n’avais pas déjà réfléchi à des solutions. Sauf que je vais avoir besoin de ton aide pour ça et si tu ne te calmes pas, on ne va pas pouvoir avancer. Allez, viens… » Je me penchai vers elle pour la serrer dans les bras. Je la soulevai également, afin de retrouver ma place et de l’inviter sur mes jambes. Je lui chuchotai d’innombrables mots doux entrecoupés de « je t’aime » à l’oreille jusqu’à ce qu’elle s’apaise enfin. Elle avait l’air épuisée, mais nous avions un chantier en cours. « Ça va mieux ? Parce que j’ai besoin que tu me confirmes quelque chose. J’ai besoin aussi que tu me dises tout, absolument tout ce que tu sais de lui. Je ne te jugerai  pas. Tu le sais ça ? » Elle grimaça, mais j’insistai en venant au fait. « Tu te souviens de l’espèce d’hermaphrodite qui se balade sur mon terrain en permanence ? Et bien, il prétend connaître ton ex. Il dit que lui, il ne l’a jamais touché, mais qu’il connaît d’autres types, de vrais mecs, avec lesquels il aurait eu une aventure. J’ai besoin de savoir si c’est vrai. J’ai aussi besoin de savoir qui ils étaient… Car je ne connais qu’un seul moyen d’enrayer une rumeur. Tu te souviens ? Il faut en créer une, et plus elle s’approche de la vérité, plus ça marchera. Rappelle-toi la réaction de ma sœur avec notre histoire du couvent. Mais, pour que ça marche, il faut que tu aies confiance en moi. »  









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MessageMer 18 Mai - 21:37





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Il était normal de vouloir préserver ce que l’on possédait et surtout, de le préserver du regard des autres et de la tentation qu’ils représentaient. Principalement quand on se retrouvait à vivre quelque chose de beau, quelque chose capable de nous enchanter et de nous montrer la vie sous un autre jour. J’aurais pu parler de ma relation avec Luciano pendant des heures et pas pour mettre en avant ce qui nous opposait mais pour lister tout ce qui avait changé depuis qu’il était entré dans ma vie. Je me sentais bouffie de confiance et de bonheur. Je le lui devais. A la manière dont il me voyait, la manière dont il m’aimait et à la place qu’il m’avait naturellement offerte dans sa vie. Je comprenais petit à petit que ce qu’il y avait eu avant n’était pas normal, logique ou même bien. Il m’apprenait des choses qui auraient dû être des réflexes pour une jeune femme de mon âge, surtout après des années de relation suivie… Il m’avait montré tout un versant des relations amoureuses que je n’avais jamais imaginé et pour ça, je voulais le garder jalousement pour moi, lui et tout ce qu’il savait. Je l’aimais à m’en faire mal et ça signifiait que ma jalousie, inhérente à ma personnalité, était proportionnelle à cet amour sans bornes que je nourrissais à l’égard du Sicilien. Il entrait dans une pièce et je ne voyais plus que lui, on prononçait son prénom et je me surprenais à sourire sans raison et à lui envoyer un message. J’étais mordue et irrécupérable mais ça me plaisait, beaucoup moins quand je me retrouvais à me demander si je n’étais pas trop excessive pour lui et que c’était la raison pour laquelle il revoyait ses ex, pour faire un petit comparatif qui jouerait en ma défaveur. J’en étais malade. Si je le perdais, je ne sombrerais pas de honte mais de douleur. Je ne pouvais pas le laisser partir, qu’allais-je devenir sans lui ? « Généralement, Lucky, on le dit avant de le faire ! Comme chaque fois que je t’appelle pour te dire où je vais et avec qui ! » Peut-être que cette comparaison lui parlerait et qu’il verrait où je voulais en venir, parce que m’en parler maintenant me donnait vraiment l’impression qu’il avait quelque chose à cacher et ma parano n’avait vraiment pas besoin de ça. Je grimaçai, mauvaise qu’il ait pu en emmener une autre au restaurant, une salope qu’il avait déjà tirée de surcroît, sans même m’en parler pour me lâcher ça avant le mariage et ajouter qu’il n’avait pas eu le choix. S’il y avait bien quelqu’un qui avait le choix, c’était lui mais je me gardai bien de rebondir là-dessus, il y avait d’autres détails que je désirais avoir et pour lesquels je ne le lâcherais pas. J’avais l’impression de lui avoir tout dit de moi et je vivais mal qu’il ait pu me cacher ça, surtout après sa réaction pour ma prise d’anxiolytiques.

Il fit glisser un carton d’invitation vers moi, celui d’Amber et je vis rouge. Je sentis la jalousie m’étreindre et me couper le souffle, il m’en fallut de la volonté pour ne pas me lever, ramasser l’invitation et aller la lui faire bouffer. C’était donc de lui qu’elle parlait sans cesse et en qualificatifs peu flatteurs, de lui dont elle se plaignait à longueur de temps et que j’avais fini par surnommer « le connard ». Nous n’étions pas tombées sur la même personne visiblement et si avec elle, il avait été ce qu’il pouvait être de pire parfois, avec moi, c’était tout le contraire. Il avait su me sublimer, m’aider à m’épanouir alors qu’il avait fait d’elle une aigrie handicapée. Mon expression déplaisante se mua en sourire mauvais dont je ne pus me défaire tandis qu’il se débattait avec ses explications qui me semblaient trop maladroites pour ne pas être vraies. « Alors c’est toi, l’enfoiré dont elle ne cessait de me rabattre les oreilles ! Le type dont elle était éperdument amoureuse et qui n’avait pas la moindre considération pour elle ?! » lançai-je sans pouvoir dissimuler mon amusement ainsi que mon sentiment de supériorité. Elle pouvait venir tous les soirs de la création dans le cabaret pour faire mine de prendre des photos histoire de se rapprocher de lui mais j’obtins ce qu’elle ne parviendrait jamais à lui soutirer, pas même en essayant de lui inspirer toute la pitié du monde. Je m’étais toujours bien entendu avec elle mais savoir qu’elle avait couché avec Lucky et qu’elle avait entretenu avec lui une relation plus ou moins longue, c’était pour moi le signe que je devais couper tout contact de façon définitive. « Bien sûr que je suis celle qu’il te faut, déjà parce que j’ai mes deux bras et ensuite parce que elle et moi, on n’a pas du tout rencontré la même personne ! » Je me levai, essayant de me remettre de mes émotions en m’approchant de lui pour venir l’embrasser, profitant qu’il soit assis pour ne pas avoir trop d’efforts à faire. « Je te fais confiance ! Tu crois que j’ai accepté ta demande en mariage parce que tu avais l’air d’y tenir ? » ne pus-je m’empêcher de lui répliquer en reprenant ses mots et en me moquant gentiment de lui. « Je suis jalouse, ce n’est pas une question de confiance, du moins pas te concernant. J’ai peur qu’elles se rendent compte de combien tu me rends heureuse et qu’elles cherchent à me prendre ça et donc toi ! Ça me rend malade de l’imaginer ! » expliquai-je en caressant sa tête. « Je vais quand même me faire un plaisir de la désinviter, ça va me purifier, c’est important ! »

***

Ruben comptait me rendre la vie impossible, j’ignorais ce que je lui avais fait, après tout, c’était lui qui avait décidé de mettre fin à notre relation, tout en cherchant à entretenir ce que je nourrissais autrefois pour lui, par pur narcissisme. J’avais toujours gardé précieusement ses secrets les plus sombres, j’avais toujours fait en sorte de rester à l’écart et de ne me mêler de rien et ça lui convenait parfaitement, jusqu’à ce que je trouve quelqu’un, jusqu’à ce qu’il me voie heureuse et que ça lui donne envie de dégueuler. Au point où il eut le besoin d’aller étaler une partie de notre intimité sur la place publique, m’humiliant davantage encore. « C’est vrai, tu t’en fous vraiment ? » demandai-je, le regard d’une fille complètement paumée alors qu’il m’attirait à lui pour tenter d’enrayer ce qui s’annonçait comme la crise du siècle. Je n’avais clairement pas besoin de ce genre de pression en plus du reste, en plus de celle que je me mettais toute seule sur les épaules et en plus de celle que ma mère faisait peser sur mes épaules par-dessus le marché. Je profitai de la chaleur que dégageait son corps alors que j’avais les mains glacées, j’étais morte de fatigue et j’aurais aimé rentrer pour dormir, après une crise ou ce qui s’y apparentait, j’étais à ramasser à la petite cuillère. J’hochai la tête pour lui signifier que je me sentais un peu mieux mais je ne pus m’empêcher de gigoter quand il exigea que je partage avec lui les moindres secrets de ma vie de couple avec Ruben. Ce n’était pas rose et j’avais enfermé ça dans un coin de ma mémoire pour être capable de continuer à avancer. Je triturai mes mains et me levai pour faire les cent pas, repoussant le flot d’images qui me venait et que je ne pouvais endurer, pas pour le moment. « J’ai confiance en toi Lucky, tu le sais… Je n’ai jamais rien dit, parce qu’on aurait forcément imaginé que le problème venait de moi et cette fois encore, on pensera la même chose. Est-ce que le problème vient de moi ? » J’avais besoin d’être certaine que je ne tentais pas de me rassurer, en vain. Les images revenaient, les souvenirs s’entremêlaient et m’obligèrent à m’arrêter devant la fenêtre pour essayer de m’ancrer à la réalité alors que je me sentais sale et coupable, ce n’était pas faute de m’être répété que je n’y étais pour rien. « J’ai fait tout ce que j’ai pu pour que ça fonctionne… Tout ! Mais son problème c’est qu’il n’accepte pas ce qu’il est et qu’il pensait qu’en prenant une fille au berceau, il aurait peut-être moins de mal mais la vérité c’est que j’étais surtout sa victime. Tu sais que je suis jalouse ! Pendant un temps, je sentais qu’il me trompait, je suis devenue folle, il m’a cognée mais ça ne m’a pas empêché de creuser et de le suivre. J’ai fini par trouver ce que je cherchais. Il était au lit, à poil, avec un autre type, quand l’employé de l’hôtel m’a ouvert la chambre ! » Un rire sans joie m’échappa et je collai ma tête à la vitre, cognant plusieurs fois avec désespoir. « Je voulais le quitter mais il m’a fait remarquer que je n’étais plus vierge et que de ce fait, je ne trouverais pas un seul homme bien qui voudrait de moi, sans parler de la déception pour mes parents. Dit comme ça, ça a l’air ridicule, pas vrai ? J’avais 17 ans, j’étais encore une gamine et je pensais que tout pouvait être réparé quand on aimait, je n’ai pas compris qu’il ne m’aimait pas. Il m’a convaincu avec cette histoire de mariage pour mieux m’abandonner… J’ai perdu tellement de temps avec lui, tellement ! Du temps et un pauvre gamin qui n’avait rien demandé ! »

Je soupirai et me tournai vers lui, me sentant vide, terriblement vide. J’étais la personne la plus stupide qui soit et j’en avais conscience. « Si tu veux en savoir plus, va voir Chino Garcia, il vit dans Brooklyn, sinon, certains copains de mon frère Santi le connaissent bien. Ryan McPherson a aussi eu une relation suivie avec lui. Santi pourra te dire où il crèche. » Mon chien s’était précipité à mes pieds, collant sa tête à mes jambes pour me réconforter. « Ce qu’il raconte à propos de plusieurs types est faux, j’ai jamais couché qu’avec lui, et toi maintenant. J’ai toujours refusé ses idées de trucs à plusieurs, je trouvais tellement bizarre qu’il veuille faire ça avec d’autres mecs alors que tous les types que je connaissais avaient des délires lesbiens. Tout ce qu’il raconte est exagéré et ce sont des choses qu’il m’a obligée à faire en me manipulant, me faisant du chantage ou en me menaçant. »








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Luciano Gambino
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MessageMar 24 Mai - 0:26





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ft Joe la panique



Elle n’était jamais contente. Je choisissais de lui confier un pan de ma vie d’antan qui resurgit récemment sans que je ne demande rien à personne, elle m’accablait de reproches. Il s’en fallut de peu pour que je soupire et que je l’abandonne là avec ces questions et sa mauvaise foi. La mienne serait-elle contagieuse ? Elle essayait de me faire croire que j’aurais dû la prévenir avant, chose impossible, puisque je n’avais rien prémédité, en oubliant qu’elle ne l’aurait certainement pas toléré. Elle aurait tenté de me l’interdire par jalousie, je la connaissais. Tout comme je devinais aisément qu’elle aurait été ma réaction : j’aurais grossi le trait pour lui rappeler qu’elle n’avait aucune décision à prendre en mon nom. Personne ne pouvait m'empêcher d’agir en me liant les pieds et les poings. Si, aujourd’hui, je le lui accorde plus souvent, c’est uniquement par culpabilité à cause de LA. Or, le soir où j’emmenai Amber au restaurant, j’étais aussi innocent qu’un nouveau-né. Je n’avais commis aucun acte irrépressible envers notre couple, mais elle aurait pu m’y pousser d’une certaine manière. À quoi bon se tenir à carreau si notre conjoint se convainc que toutes les femmes représentent des menaces parce que son compagnon est un coureur de jupons ? « Oui ! Mais, c’est parce que toi, tu sais qui tu vas voir et quand tu vas le voir. Moi, je ne le savais pas, ça s’est improvisé comme ça. » admis-je de bonnes compositions avant d’entrer dans les détails sur ce qu’Amber et moi avions étiez, sur l’intensité de notre histoire, sur la manière dont elle avait compté, sur mon implication dans son accident. Lyla aurait-elle voulu me cacher son mécontentement qu’elle n’aurait pas pu. La possessivité irradiait de tout son être et moi, ça me flattait.

Rien n’était plus rassurant à mes yeux que ces manifestations d’amour, même si c’était malsain, même s’il était des façons plus positives d’obtenir des confessions. « Elle exagère. C’est elle qui avait un problème. Il aurait fallu que je tourne autour d’elle. C’est bon… je n’avais pas que ça à foutre. » me défendis-je non pas vexé, mais soucieux de rétablir la vérité afin que ma fiancée ne s’imagine pas, à l’aube de notre mariage, que mon intègre nature reprendrait le pas sur ma personnalité. Ce serait stupide. Mon mépris ne l’avait jamais épargnée. Elle s’était frottée au pire comme au meilleur de moi. J’avais été vrai et je veillais à le rester pour éteindre toute trace de paranoïa potentielle. Je n’en fus que plus soulagé qu’elle se presse contre moi en m’exposant toutes les raisons pour lesquelles elle me croyait sincère à juste titre. « Non ! Tu l’as accepté parce que je suis irrésistible, c’est différent. Et, arrête, son bras électronique, bionique, numérique ou je ne sais pas trop quoi, c’est tout ce qui lui reste d’intéressant. Ne soyons pas mauvaises langues. Ne nous moquons pas de la minorité. » plaisantais-je en pouffant de rire. Je venais de perdre cinq kilos à chaque épaule et le double en angoisse. Comme quoi, désamorcer une bombe avant qu’elle n’explose entre nos doigts n’est pas si difficile quand on y met du cœur et de l’authenticité. « Oh, tu sais, à mon avis, en la désinvitant, tu vas la soulager quand elle va apprendre que je suis le marié. Personne n’a envie de se pointer au mariage de son ex sans avoir mieux que lui… » commentais-je bien décidé à la laisser mener son petit bonhomme de chemin. « Tu fais vraiment comme tu le sens pour le coup, moi, je m’en tape, mais à un point. Tant qu’il y a mariage et donc nuit de noces. » Mon visage se perdit dans son cou où je déposai de menus baisers. Inutile cependant. Lyla n’en démordait pas : l’abstinence était son alliée. Pas la mienne. Elle pesait au quotidien et elle ne fut jamais plus lourde que ce jour où elle se présenta à mon bureau en panique, des larmes pleins les yeux et les menottes tremblantes.

Ruben ! Je savais que j’aurais dû buter ce type dès que j’en avais eu l’occasion au lieu de me contenter de le priver d’une main. Je l’avais pressenti, mais sous quel prétexte l’aurais-je fait ? Lyla et moi n’étions pas même l’embryon d’un couple. Nous étions « amis », plus ou moins, bien qu’elle me confirmait ma théorie sur l’amitié entre deux personnes de sexe opposé. À l’époque, elle aurait été officiellement ma fiancée, j’aurais coupé la langue de ce fouille-merde, je lui aurais cousu les lèvres et j’aurais clôturé le tout en lui tranchant les couilles. Il se serait ainsi tu à jamais et n’aurais plus baisé qu’en rêve. Existait-il une autre fin pour lui que celle-là ? Il colportait des rumeurs détestables sur ma future femme et c’était pour moi tout bonnement intolérable. Si elle sortait du Bronx, ma situation aurait pu s’aggraver, non pas car elle n’est plus vierge, mais parce qu’il lui prêtait des mœurs que les Italiens jugeraient douteuses. Le soutien de Manuel fut sans faille, comme d’habitude. Il entreprit d’éteindre la majorité des on-dit. Il en utilisa d’autres qu’il détenait sur ce sale enfoiré. Bientôt, elles prirent assez d’ampleur pour supplanter les siennes, mais il subsistait encore quelques résidus puisque l’enfant du Bronx se réfugia dans mes bras. Je la consolai en mots doux et en caresse affectueuse, mais outre l’issue fatale à laquelle son ex n’échapperait pas, je fus malheureusement forcé de fouiller la mémoire de ma fiancée pour confirmer et surtout compléter les informations en ma possession. Qui aurait pu croire que l’Aphrodite me serait utile un jour ? Qui ? Pas moi en tout cas. Lyla avait eu du nez en arrêtant ma main armé. « Bien sûr que je m’en fous. Tu n’as pas besoin de te justifier avec moi. Surtout pas avec moi. On cache tous des cadavres dans nos placards et quand ce sont les autres qui ouvrent la porte, la part de vrai est infime comparé aux mensonges. Je ne le sais que trop bien. Comment tu crois que je  ferais ce métier si non ? Je t’ai dit un jour que tu avais été sa victime et je le pensais vraiment. Je le pense toujours et il n’y a pas de raisons que ça change. » Parce que je me l’interdisais et que Lyla, à la genèse de notre vie sexuelle, sema derrière elle des tas de petits cailloux prouvant sa pudeur et ses limites.

On ne bataille pas avec une fille qui a cumulé les expériences sordides pour gagner le plaisir de la satisfaire en préliminaires pourtant évidents. Au contraire, elle réclame sans se cacher. Alors, aujourd’hui, tandis qu’il m’arrivait encore de deviner une lueur de gêne dans le regard de ma fiancée, l’idée qu’elle puisse me mentir en jouant les jeunes femmes effarouchées ne m’effleurait pas l’esprit. « Tu n’as pas perdu de temps. Je n’étais pas prêt… c’est tout. » tentais-je entre la plaisanterie et la gravité. Une part de moi le pensait autant que la suite. « Cet enfant, il a demandé à ne pas venir au monde, surtout. Qui voudrait d’un père comme cette ordure. » Je lui tendis la main pour la ramener à moi maintenant qu’elle me donnait le tournis. « Viens… Viens, il faut que je te dise que je prévois pour lui. Je vais aller voir Chino et son fameux Ryan. Je vais récolter les informations, je vais le prendre en flag et ensuite, je ferai circuler des photos. Le but, c’est que tout le monde oublie ce qu’on raconte à ton propos. Toi, pendant ce temps-là, tu vas afficher ton bonheur. Tu vas faire semblant que rien, absolument rien de ce qui raconte ne te touche. Agis comme une reine. Comporte-toi comme si tu n’avais strictement rien à te reprocher, tout simplement parce que c’est le cas. Contribue à la rumeur, balance et fais comme si tu n’étais pas concernée, comme si tu n’avais jamais su et que tu l’apprenais. Sois outrée, catastrophée et en même temps, pas vraiment étonné. Plains-le. Sois triste pour lui. Et quand il sera mort et prêt à être enterré, va à l’enterrement… Affiche-toi triste et malheureuse et raconte à qui tu peux que finalement, c’était peut-être mieux pour lui, mais que tu aurais préféré qu’il puisse assumer son homosexualité. Tu pardonneras à ta cousine aussi. Tu renoueras des liens, même si tu n’en as pas envie. Pas longtemps. Juste le temps nécessaire à ce que tout le monde te voit comme une fille irréprochable, une fille qui ne s’est pas laissé abattre par ce qu’il aurait pu raconter, puisque tu n’étais pas concernée. Je veux te voir la tête haute, tout le temps. » Je soulevai son menton pour qu’elle me regarde. « Et que tu souris, partout où tu vas. Tu crois que tu peux faire ça pendant que je m’occupe du reste ? »







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“Vos parents vous ont souvent dit de ne pas jouer avec moi. Je suis la contradiction. Je suis le feu de sang-froid. Toujours avec le sourire, toujours avec les brûlures, tous les jours à quelques centimètres de la rupture. Petit sauvage est né dans la jungle de béton. Il y a les rêves que l'on fait. Il y a les rêves qui nous font. ”

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Lyla Gambino
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MessageDim 29 Mai - 16:50





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J’aurais voulu savoir pourquoi il avait jugé bon de l’emmener manger au restaurant, improvisé ou pas, il aurait pu me passer un coup de fil pour m’en parler. Son argument ne tenait pas la route mais je choisis de passer outre, nous avions déjà bien assez à faire et je ne voulais pas que ma jalousie m’aveugle, même si je gardais ça dans un coin de ma mémoire pour le ressortir quand il me reprocherait d’être allée déjeuner avec d’anciens collègues sans l’inviter. Je saurais mettre sur la table son tête à tête avec son ex. Je ne le savais pas encore mais Amber était le cadet de mes soucis, visiblement, les ex s’étaient passé le mot pour contrecarrer nos plans de mariage. Qu’est-ce qu’on avait bien pu faire de mal pour qu’on nous pourrisse la vie à ce point ? Je n’avais jamais poursuivi Ruben, j’avais coupé les ponts et j’étais partie plutôt que d’insister lourdement pour obtenir des réponses, je ne lui avais jamais rien demandé et pourtant, depuis mon retour du front, il passait le plus clair de son temps à m’humilier et jouer autant avec ma réputation qu’avec mes nerfs. Il ne voulait plus de moi, de toute façon, avait-il réellement voulu d’une femme pour autre chose que pour sauver les apparences ? J’étais heureuse et ça lui faisait un mal de chien, parce que jusqu’à présent, enfermé dans ses mensonges et son besoin de renvoyer une image en adéquation avec son rôle dans la MS, il s’était dit qu’il existait au moins une personne aussi malheureuse que lui voir plus, et c’était moi. Mais les choses avaient changé, j’allais me marier, je respirais la joie de vivre et l’enthousiasme et ça, il ne pouvait le supporter. Ça lui était interdit, que diraient les autres si on apprenait qu’il aimait les hommes et pas comme un type comme lui était supposé le faire. Il ne ferait pas long feu et il craignait que je trahisse ses sales petits secrets, c’était la raison pour laquelle il avait toujours cherché à me garder sous sa coupe après avoir passé des années à m’écraser et à me rabrouer. Je me fichais de ce à quoi il occupait son temps libre, je me fichais qu’il soit un homosexuel refoulé tout comme ça m’était égal qu’il en souffre, tant qu’il me laissait tranquille et qu’il ne se permettait pas d’aller cracher son venin aux autres à mon sujet. Je ne comptais plus le nombre de fois où Santiago avait insisté pour se charger de son cas mais j’avais toujours dit que ça ne nous regardait pas et que ce n’était pas aussi évident pour tout le monde comme cela le fut pour lui. J’aurais sans doute dû me montrer un peu plus vindicative, cela m’aurait épargné cette conversation avec mon futur époux. C’était une partie de mon passé que je refusais d’exposer à ses yeux, je ne voulais pas que son opinion de moi change même si certaines de mes attitudes faisaient sens désormais.

Victime, ce mot me soutira une grimace alors que j’avais l’impression que l’on m’insultait mais il avait raison. Il avait fait de moi sa victime privilégiée, je pouvais m’estimer heureuse qu’il en ait conscience et n’écoute pas les ragots. Je souris tristement à sa boutade, en effet, ni lui ni moi n’aurions été prêts pour ce que nous vivions maintenant et je n’aurais sans doute pas été plus intéressée que lui, dix ans en arrière. Embarrassée, je ne répliquais rien, ne sachant pas ce qu’il convenait de dire ou faire, j’avais déjà partager le maximum et maintenant, je me sentais vidée et honteuse, comme incapable de ressentir à nouveau de la joie. C’était l’effet Ruben, il était parvenu à me mettre constamment dans cet état les derniers mois de notre relation, il m’en avait fallu des efforts pour revenir à la vie mais ça m’apprit à apprécier les petites choses. Mon compagnon finit par faire cesser mes allers et venues en m’installant sur ses genoux et en se montrant doux et calme, exactement ce dont j’avais besoin. Je passai mon bras autour de lui, caressant sa nuque avec douceur en l’écoutant attentivement. Tout ce qu’il me demandait exigerait un effort émotionnel énorme mais ce n’était rien en comparaison de ce qu’il allait faire pour moi, rien du tout. C’était la moindre des choses de suivre son plan à la lettre. J’hochai la tête en guise de réponse avec un faible sourire, il me faudrait le temps de me remettre des émotions avant d’être capable de jouer la comédie. « Tu vas te charger de l’éliminer ou tu vas attendre que les gars de la MS s’en chargent en découvrant la vérité ? » finis-je par demander, jouant avec ses doigts. « J’aimerais être là ! Est-ce que ça serait possible ? Ou bien tu préfères faire ça tout seul ? Quoi que tu décides je m’y tiendrai ! » promis-je, sans intention de me disputer, de me battre ou même d’exiger quoi que ce soit. Là, dans son bureau, je me fiais entièrement à son jugement et je le laissais décider pour moi. Si je ne cessais de claironner que j’avais parfaitement confiance en lui, ce moment en était la preuve parlante. « Tu as encore beaucoup de travail ? Sinon on pourrait rentrer, je te cuisinerais quelque chose et on se regarderait un film ! Mes parents sont chez ma tante dans le New Jersey, ils reviennent demain et Muñez bosse au Gato Negro toute la nuit. On sera tranquilles ! » lui assurai-je alors que c’était surtout moi, qui avais besoin qu’il rentre avec moi. J’avais besoin de prendre soin de lui et d’avoir l’impression de lui apporter autant que tout ce qu’il me donnait.


***

On nous fit sortir par une porte de derrière puis entrer dans un immeuble adjacent avant de nous indiquer comment rejoindre une rue qui n’était pas quadrillée par la police. Je ne prononçai pas le moindre mot tandis que nous évoluions dans le dédale de couloirs, serrant fortement la main de Lucky alors que nous marchions derrière Mani et Cinzia ainsi que Jez. J’ignorais comment les choses réussirent à tourner aussi mal mais ils allaient finir par croire que c’était parce que nous étions toutes les deux, je comptais faire de mon mieux pour retirer ça de la tête de mon fiancé. Heureusement, les rues devant la banque étaient constamment prises d’assaut et nous avions tous dû nous garer plus loin. Je donnai mes clés à Dante et montai dans celle de son patron, ne faisant pas le moindre commentaire sur le fait que je pouvais conduire toute seule et rentrer en le suivant. Je me sentais encore mal d’avoir senti des mains d’inconnu sur ma peau et la tension qui émanait de Lucky m’angoissait. « Bébé… On venait ouvrir un compte pour Jezabel et j’avais vraiment prévu de faire tout ce qu’ils me diraient pour ne pas avoir de problèmes et puis ils m’ont demandé ma bague de fiançailles… Je n’allais pas leur donner ! On se marie ce weekend ! » Il grogna et je ne sus pas vraiment si c’était une invitation à poursuivre ou à la fermer. Dans le doute, je poursuivis. « Mais tu as vu, je n’ai défendu personne, je n’ai foncé soigner personne non plus et je ne me suis pas mis dans la merde à cause de ça. J’ai tenu la promesse que je t’ai faite ! » C’était une maigre consolation mais j’essayais de mettre en avant le fait que je faisais des efforts pour aller à l’encontre de ma nature et que tout ça n’était qu’un terrible concours de circonstances. « Je ne me sépare jamais de Dante et Tony, e ne les sème pas, je te préviens de tout ce que je fais. Lucky, je fais mon maximum, je te le promets ! » Il était question de la liberté qu’il m’offrirait après notre mariage, je ne voulais pas passer ma vie cloitrée sur le domaine, je finirais folle et si je voulais quelques passe-droits pour aller aider mon père ou bien passer la journée avec Maria ou une autre de mes belles-sœurs, il fallait que je parvienne à le persuader que j’entendais ce qu’il me reprochait et que je m’évertuais à changer. Je me tus, attendant une réaction de sa part qui ne se fit pas attendre. Ça allait être ma fête !








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Luciano Gambino
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MessageLun 6 Juin - 22:45





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Et comme toutes femmes qui se respectent, elle tiqua d’être qualifiée de victime, bien que cette fois, contrairement à d’autres où nous abordâmes le sujet brûlant qu’était Ruben, elle ne dénia pas par fierté ou de s’être simplement refusé un mariage douloureux avec la réalité. Mais aujourd’hui, elle lui sautait au visage de la plus désagréable des façons. Cet enfoiré avait mis le paquet, mais comme un lâche doublé d’un imbécile. On ne colporte des rumeurs que si l’on est irréprochable, à moins de s’assurer que nul ne pourra remonter la piste jusqu’à nous. Fallait-il qu’il soit bête pour ne pas y avoir songé, pour ne pas avoir craint également le Bronx murmure ses mensonges au creux de l’oreille de ses frères de la rue ou de ceux de ma dulcinée. Pis encore, pour s’être imaginé que lui trancher la main était un acte isolé, de l’esbroufe, l’expression de ma limite en matière de cruauté. Ma créativité n’avait ni bornes ni frontières lorsqu’il était l'heure de me venger. Penser l’inverse, c’était mal me connaître et il regretterait de s’être montré plus gros que le bœuf lui-même. Il suppliera pour qu’on l’épargne. Il renoncera à son arrogance dans l’espoir de sauver sa peau. Oh, peut-être pas tout de suite, mais il y arriverait, comme tout le monde, car il n’était pas question qu’il ne souffre pas, qu’il ne s’éteigne pas lentement. J’aspirais à ce qu’il sente la vie lui filer entre les doigts, pour me gaver de ses cris et me repaître de sa douleur. Bien sûr, il n’était pas à l'ordre du jour que je l’achève moi-même ou que je soulève ne fut-ce qu’un ustensile destiner à causer sa perte. Non pas que j’étais couard ou poltron, mais uniquement parce que je jouissais d’assez de superbe pour choisir quel sang me salirait les mains. En revanche, j’avais bel et bien prévu de m’asseoir sur une chaise plus ou moins confortable pour assister à la scène sur laquelle je planchais depuis l’appel de Manuel. Quant à Lyla, je n’avais rien envisagé pour elle, car j’étais parti du principe qu’il avait trop compté pour qu’elle désire être témoin privilégié de sa mort. « Cette histoire ne regarde pas la MS. Tu n’en fais pas partie. Tu n’es pas une de leur femme, mais la mienne. » lui répliquais-je alors plus froidement que précédemment, mais me reprenant aussitôt en portant ses doigts à mes lèvres.

Ma colère se débattant dans le fond de mes tripes, j’aurais eu tôt fait de me vexer ou de mal saisir son propos si j’omettais qu’elle avait davantage besoin de ma tendresse que de ma mauvaise humeur ou de mon don inné pour l’art de l’interprétation. Je pris donc sur moi pour me radoucir au plus vite, pour me souvenir que je n’avais rien à lui prouver à elle, et pour légitimer sa réclamation somme toute compréhensible et rationnelle. « L’honorable société est pleine de soldats prêts à vendre leur âme pour mon honneur et, bientôt… » D’ici quelques jours à peine.. « Pour le tien aussi. Je n’ai pas l’intention de me rabaisser à lui donner le coup de grâce. Je ne flirte pas avec les désespérés, mais si tu le souhaites, si tu en as besoin pour une raison ou pour une autre. » Pour tarir sa soif de vengeance, par exemple. Notion enchanteresse pour un type comme moi. « Alors, nous irons. Tu pourrais même choisir de quelle façon tu veux qu’il crève ! » lui proposais-je en caressant ses cheveux à pleine main, comme je l’avais tant fait avec ma sœur pour la consoler de problèmes bien futiles désormais. « ça te plairait ? »

L’étrangeté de cette question m’arracha soudainement un sourire alors que l’évidence se renforçait. Elle était faite pour moi, car cette interrogation, elle n’était utilisée que pour discuter de la destination des prochaines vacances pour les couples ordinaires. Nous n’en étions pas un, nous étions mieux et, Dieu nous en préserve, pour longtemps encore. « Ouais ! J’avais encore pas mal de choses à faire, mais tu peux me donner un coup de main, si tu veux. On ira plus vite et tu pourras me préparer ton truc avec la viande, le piment et bourré de fromages. Je ne sais plus comment ça s’appeler» Rien de ce que j’avais à faire ne nécessitait une formation qui s’étalerait sur plusieurs jours. Nul doute qu’en trois phrases, ce serait emballé-pesé. Et, de fait, cinq minutes plus tard, certainement parce que s'appliquer sur autre chose lui faisait du bien, elle éplucha le facturier pour en régler quelques-unes et rédiger quelques lettres de rappel à mes débiteurs tandis que je me plongeai sur la comptabilité illégale du cabaret. La paperasse, je détestais ça et, levant les yeux vers elle, mes considérations précédentes se posèrent là, sur ses traits tirés par la concentration, juste pour être à la hauteur de ce que j’attendais d’elle. « On va faire de grandes choses toi et moi. De très grandes choses. » lançais-je spontanément, brisant le silence de la pièce. Elle serait ma Bonnie, la complice de mes méfaits qu’elle cacherait en frottant mes fringues maculées d’hémoglobine. Le doute n’était plus permis maintenant qu’elle me démontrait qu’elle n’était pas seulement le filet de secours qui amortit mes chutes, mais que j’étais devenu son refuge.


***


J’avais bataillé ferme pour qu’elle abandonne son job parce qu’il pourrait avoir raison d'être. Ce fut un combat difficile, mais rondement mené, si bien que je me crus à l’abri de tout incident qui me priverait d’elle, qui la blesserait, qui la traumatiserait ou qui la tuerait. Avais-je été trop sûr de moi ? Eventuellement. En tout cas, je me posai sincèrement la question en poussant la porte du bureau où les braqueurs de banque dans leur costume grotesque me conduisirent pour « négocier » ma sortie et leur survie. Pff. Imbéciles. Personne ne peut toucher sur ce qui m’appartient sans que tout mon être ne réclame justice et vengeance. PERSONNE. Je songeai qu’à partir de là, il n’était plus entendu qu’elle mette un pied dehors sans moi. Le domaine était assez grand pour qu’elle puisse s’y épanouir. Sauf qu’une fois la raison ressuscitée, à défaut de m’être débarrassé de ma colère, je réfutais cette possibilité pour le bien de notre couple. Elle n’était pas responsable si une bande de fils de putes s’en était pris à elle. Je considérais même que seule la présence de la Cinzia la mettait en danger finalement. Une merde de chien sur le trottoir et elle marchait dedans. Elle était malchanceuse. C’était réputé vrai. Pourtant, les empêcher de se voir définitivement me causerait plus de tort que de bien. Je n’avais pas de solutions pour protéger ce qui comptait le plus pour moi. Aucune cloche de verre ne pourrait la rendre heureuse, mais Dieu que ça me brûlait les lèvres de la culpabiliser pour l’amener d’elle-même à s’emprisonner chez moi. Elle me donnait exactement ce qu’il fallait pour que j’y parvienne : panique, peine, honte et excuses. En appuyant sur les bons boutons, elle demeurerait sagement dans mon giron uniquement pour que je puisse respirer tranquillement lorsqu'elle n’était pas avec moi. Mais, combien de temps mon couple survivrait-il ? Un an ? Deux tout au plus ? Certains risques méritaient d’être pris pour ne pas causer de dommage plus grand. Certaines colères se devaient également d’être contenues pour ne pas abîmer la confiance qu’elle m’avait témoignée.

Quelques grognements plus tard, quand nous fûmes assez loin des lieux du crime, je me stationnai sur le bas-côté de la route, allumai une cigarette et la tirai par la main pour la serrer dans mes bras. Trop fort d’après elle. « Je sais ! Je sais que tu n’as rien fait et que ce n’est pas de ta faute. Je suis fou de rage, mais ce n’est pas contre toi. J’ai eu peur c’est tout. Je crois que si Mani n’avait pas eu l’air d’avoir la situation bien en main, j’aurais pu l’étrangler de mes mains. » C’était d’ailleurs à se demander où il en avait trouvé autant. « Je vais renforcer ta garde jusqu’au mariage et ça me rassurerait si tu me disais ce que tu fais ou tu es et quand tu le fais. Ce n’est pas pour te fliquer, c’est provisoire. Je veux juste être certain qui ne t’arrivera rien. Et, ce serait bien que tu t’arranges avec ton père pour rester sur le domaine avec ma sœur cette nuit. » Mon soulagement fut presque immédiat, mais je savais qu’à l’instant même où elle ne serait plus dans les parages, je perdrais la raison pour ne la retrouver que lorsque j’aurais eu la peau de ces agresseurs. Qu’il ressemble à une organisation ? Je m’en battais les couilles. Je les abattrai jusqu’au dernier, mais je ne pourrais agir que si j’étais persuadé qu’elle était en sécurité et que personne ne pourrait l’atteindre. « Je ne sais pas qui sont ces types… Je ne veux prendre aucun risque. Tu comprends ? » Et quand bien même. Elle refuserait que je serais beaucoup moins clément. « Et si ça devait arriver encore, donne ta bague, mon cœur. On s’en tape. Je peux t’en offrir mille, toutes plus belle les unes que les autres. Je suis content que tu y tiennes. Mais je présume que tu n’as pas choisi de m’épouser parce qu’elle te plaisait. Le matériel, on s’en fout, d’accord ? »  lui imposais-je sur le ton de l’interrogation, bien que je lui conseillais de ne pas s’opposer à moi maintenant, car son bijou passerait par la fenêtre. Je la relâchai pour ouvrir le carreau avant que la fumée de ma cigarette nous enfume complètement. « Tu veux voir quelqu’un pour en parler ? » Après tout, c’était la deuxième fois qu’elle était agressée physiquement dans son intégrité. « Parce que je te préviens, parler comme je le fais me demande un effort considérable. J’ai  juste envie d’exploser là. Alors, antidépresseurs et cie, tu oublies. Et, arrête de faire comme si tu n’étais venu en aide à personne à cause de moi et pour moi. Tu as bien vu, personne ne l’a fait pour toi. Il y en a pas un qui a bougé pour les empêcher d’agir… trop peur de se retrouver avec un trou dans la peau. Il mériterait de tous crever, chaque personne qui se trouverait dans cette banque mériterait de cracher tripes et boyaux pour que je puisse les pendre avec. » Et mon ire mut mon poing jusqu’au tableau de bord. Je frappai si fort que je m’en fis mal aux phalanges et j’en jurai, haut et fort. J’en jurai en sicilien la mâchoire serrée et tendu comme une corde à linge.








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MessageDim 12 Juin - 12:57





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Je ne doutais pas de la puissance de feu de Cosa Nostra, pour ce que j’en savais et ce que j’en avais vu, ils avaient les moyens de soumettre n’importe qui à leur volonté et de se faire respecter. Ils étaient plus discrets et organisés que la MS13 – et il n’y avait pas de mal- mais ils étaient beaucoup plus puissants. Je n’avais pas cherché à remettre en question cet état de fait en mêlant l’organisation de mes frères et de Ruben à tout ça mais je savais le traitement que l’on réservait aux homosexuels. Mon frère Santi n’avait pas été maintenu à l’écart de notre famille pour rien. Je soupçonnais même mon père d’avoir joué le vieux réactionnaire de base plus par principe et par volonté de le protéger que par réelle conviction, même si je savais que l’idée qu’un de ses fils soit gay lui hérissait le poil mais il était prêt à encaisser beaucoup pour le bien de ses enfants et parce qu’il les aimait. Je ne pouvais concevoir que Javier Canjura ait cessé d’aimer un de ses enfants parce qu’il assumait pleinement ce qu’il était. Mais tout était possible et je n’étais pas dans la tête de mon père, je n’avais pas non plus autant d’ego et de machisme qui coulait dans mes veines, je ne pouvais qu’imaginer ce qu’il ressentait et dans quel état ça le plongeait d’imaginer son fils avec un autre homme. Il cherchait sûrement son erreur, où avait-il merdé dans son éducation, même s’il avait reçu la même que nous tous. La Mara Salvatrucha marchait comme une famille, dysfonctionnelle, mais malgré tout unie par certaines règles inaliénables. La toute puissance de l’homme était mise en avant et c’était même l’un des fondements de ce genre d’organisations et un homme homosexuel ne pouvait être puissant puisqu’il choisissait de se soumettre à un autre et même, dans l’imaginaire collectif, à se comporter comme une femme. Comment pouvait-on avoir confiance en un homme qui n’en était pas vraiment un ? Tous ces préjugés et ces conneries rendaient la vie compliquée à ceux qui se trouvaient dans le placard et étaient membres de la MS, comme Ruben. Quand on saurait ce qu’il avait fait, on remonterait très loin en arrière, aux diverses trahisons pour lesquelles on ne trouva jamais de vrais coupables et puis on le tiendrait pour responsable. Tout serait bon pour le descendre et éliminer cette anomalie qui faisait tâche dans le paysage. Avant même d’être mon ancien fiancé, il était un soldat de Mani. Je m’étais imaginée qu’il voudrait s’occuper de son cas, sans doute dans un élan de naïveté. La démonstration de possessivité de Luciano ne m’inquiéta pas, au contraire, elle me réconfortait en dépit de cette agressivité dans le fond de sa voix et je déposai un léger baiser sur ses lèvres pour confirmer ses dires.  Pourquoi se battre alors qu’il avait raison ?

« C’est vrai ? » demandai-je en me redressant pour scruter son visage et y déceler s’il me mentait pour me faire plaisir ou pas. Mon regard devait pétiller d’excitation quand je compris qu’il ne plaisantait pas. « Ouais, ça me plairait même beaucoup ! » Un sourire carnassier s’afficha sur mes traits tandis que j’imaginais déjà tous les tourments que je pourrais lui infliger pour lui faire payer ses humiliations à répétition. Qu’il m’offre cette liberté c’était un signe de confiance qui me redonnait un peu d’énergie et éloignait encore l’angoisse qui ne me lâchait pas vraiment, malgré ses caresses et sa douceur. Il me faudrait quelques jours avant que ça se dissipe. Je ricanai à sa description d’un plat qui aurait pu être n’importe lequel, l’embrassant une dernière fois pour finalement me lever et le libérer de mon étreinte sans doute étouffante. Il me donna quelques instructions que je suivis à la lettre, faisant le tri dans ses papiers et les triant par ordre d’urgence et par ce que je devais rédiger. Me concentrer c’était me sentir mieux et je l’en remerciai intérieurement alors que je me sentais plus sereine en rédigeant mes premiers courriers, m’appliquant pour ne pas faire un pas de travers et trahir la confiance qu’il mettait en moi. L’aider, ne serait-ce qu’un peu, c’était toujours un plaisir. Je levai le nez quand il s’adressa à moi, finissant par lui sourire pour lui envoyer un baiser. J’espérais simplement qu’il ne me laisserait pas dans une bulle chez nous une fois que nous serions mariés. J’avais besoin de travailler pour me sentir bien et avoir des choses à raconter. S’il m’enfermait dans une prison dorée, je m’éteindrais à vue d’œil et ce qui le séduisit ne tarderait pas à disparaître complètement.


***

Il ne répondait pas et ça me rendait furieusement anxieuse. Je finis par la fermer avant de dire quelque chose qu’il retournerait contre moi. Je voulais juste que nous puissions discuter, qu’il m’assure qu’il ne m’en voulait pas mais visiblement, il était en colère et je croyais savoir ce qui suivrait. Il me reprocherait ma guigne naturelle et ajouterait que c’était toujours pire quand Cinzia et moi étions ensemble, que nous attirerions la malchance comme le miel attire les ours et alors, je devrais lui promettre de limiter mes rencontres avec la sicilienne, à contre cœur. De mon point de vue, c’était moins une question de malchance que de point de vue mais je ne bronchais jamais, surtout pas quand il était dans cet état, à moins d’être persuadée que je me trouvais dans mon bon droit et pour l’heure, ce n’était pas le cas. Je n’avais pas peur de lui, je refusais simplement de me fâcher avec lui pour des choses au-dessus desquelles je pouvais passer. J’attrapai sa main et je la posai sur ma cuisse pour la caresser avec douceur, essayant de l’apaiser un peu. « Pas de problème, tout ce que tu veux ! » Je ne pouvais dissimuler combien j’étais soulagée qu’il ne me tienne pas rigueur de ces circonstances et de comment ça avait tourné. Je me retenais de chialer parce que je sentais encore le contact des mains de ce fils de pute sur moi mais il était hors de question de craquer. Il ne s’était rien passé, rien du tout ! Il n’aurait sans doute pas eu les burnes d’aller plus loin, je devais m’en persuader. « Non, bien sûr que non… J’adore cette bague pour tous les souvenirs qu’elle me rappelle. » répondis-je sans oser aller plus loin, parce que je sentais déjà la dispute arriver. Il était hors de question que je donne ma bague à quelques jours de mes noces, hors de question qu’il m’en offre mille autres qui ne voudraient rien dire et dont je n’aurais rien à faire. Pour moi, ce n’était pas qu’une bague, c’était LA bague. Lui faire un exposé sur la question maintenant m’assurerait une soirée difficile. Il flirtait avec la limite, je le voyais aux traits de son visage qui se déformaient et il finit par craquer après une dernière tentative de discuter. Il me fit sursauter en cognant violemment le tableau de bord et quand il la ramena à lui, pestant et jurant, je posai ma paume sur son bras. « Je peux jeter un œil à ta main ? Pour voir si tu ne t’es pas blessé ? » demandai-je avec douceur, attirant doucement son bras à moi pour ausculter ses doigts. « On devrait peut-être se prendre une chambre dans un hôtel pour quelques heures. Je pourrais m’occuper de toi, te masser et te faire couler un bain. Ou bien TU me masseras. On fera ce que tu veux mais il n’y aura que toi et moi ! » Je cherchais à lui faire comprendre qu’il avait besoin de lever le pied et de se calmer un peu. Pour ça, j’étais prête à donner de ma personne, comme toujours. J’étais l’une des rares à être capable de le ramener à la raison et il n’était pas question qu’il se mette en danger le soir même parce qu’il n’aurait pas pris suffisamment de recul.


***


Quand il était avec moi pour une journée entière, j’en profitais un maximum, principalement maintenant que nous nous trouvions sous le même toit et chez nous. Je lui apportais son petit déjeuner au lit, le réveillant avec douceur et il buvait souvent son café froid puisqu’il me prenait au piège de quelques baisers passionnés. Nous émergions souvent ensemble, il partageait avec moi ce qu’il avait préparé et nous prenions une douche à deux qui était beaucoup plus longue que ce qu’elle aurait dû. Il nous fallait des heures pour nous préparer mais j’adorais ça, ces moments qui n’étaient pas troublés par un événement extérieur. Il avait visiblement organisé notre journée et me pressait un peu pour que je m’habille, chose que je faisais peu une fois dans l’appartement. « Tu sais que ma sœur est venue me voir, y a deux jours… Vicky. » commençai-je, mais il devait le savoir, elle avait dû passer la grille du domaine. J’avais simplement cherché le bon moment pour aborder les choses avec lui sans que je ne lui pourrisse sa soirée ou sa journée. « Elle regrette son comportement avec nous et on a un peu papoté… Tu sais, je crois qu’elle a un vrai problème et que ça la rend vraiment désagréable. Non, ce n’est pas parce qu’elle est mal baisée même si c’était ma première idée. » le devançai-je en ricanant alors qu’il avait passé sa tête par la porte de la salle de bain pour le dire. « Je ne te l’ai pas dit mais au mariage, je l’ai surpris avec Tyrell, il était pas comme celui que je connais, il l’insultait et la menaçait en l’agrippant fermement, comme s’il allait la cogner. Et quand je lui ai demandé, s’il la frappait, tu l’aurais vu… Je ne sais pas ce qu’il lui fait, Lucky, mais je crois qu’il lui fait du mal. Elle ne me laissera pas l’aider mais peut-être que tu pourrais lui parler ? Elle t’écoutera peut-être. Mais je le sens, je suis sûre qu’il la frappe ! Et j’ai une folle envie d’aller la chercher et de l’obliger à venir ici après avoir cassé la gueule à ce connard ! Mais ça, ce ne serait bon pour personne ! Ni pour moi, ni pour le bébé, ni pour Vicky ! Est-ce que tu aurais des idées ? »






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MessageJeu 16 Juin - 22:20





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En soi, alors que je cherchais dans ses bras assez de force pour ne pas m’en retourner auprès de Mani, histoire de récupérer la carte laissée par ses connards et l’inviter à se joindre à moi pour les trucider comme des porcs les uns après les autres, je regrettais sincèrement qu’elle ne soit en mesure de cacher son soulagement parce que je ne lui en voulais pas. Ça me renvoyait une image peu flatteuse de moi-même, celle du tyran qui lui tire la gueule pour un oui ou pour un non, l’homme exigeant qui ne lui fait jamais de cadeaux et lui accorde peu le bénéfice du doute. Or, c’était faux, du moins en partie. Je faisais des efforts considérables pour me montrer le plus humain possible avec elle, mais pas toujours par grandeur d’âme ou par amour. Aujourd’hui, je me devais de l’admettre. Certains de mes comportements et de mes choix me revenaient en mémoire et si, à l’époque, je les trouvais justifiés et adéquats, ils ne me paraissaient plus aussi nobles désormais. En organisant son agression, j’avais manipulé Lyla et j’avais construit l’un de ses plus beaux sacrifices autour d’un mensonge et c’était tout sauf correct. Manuel tenta bien de me le faire comprendre, mais j’étais trop borné pour l’entendre tant je craignais que son métier ne me l’arrache prématurément et pour accepter que c’était tout simplement indigne de nous. Or, maintenant que j’avais été confronté à une réalité que seule la chance enrailla et sur laquelle je n’avais aucun contrôle, je réalisais à quel point je m’étais montré odieux et peu à la hauteur finalement. C’était pis quand je songeai que, si c’était à refaire, je n’hésiterais pas. Ainsi, aurais-je eu, dans cette voiture, de bonnes raisons de me disputer avec elle, que je les lui aurais passées volontiers afin de me racheter une conscience. J’étais tellement ivre de colère que je n’arrivais même pas à envisager les faits du jour sous l’angle qui m’arrangerait pourtant le mieux. J’avais une fois de plus tenu ma promesse, celle qui lui jurait que tant qu’elle marcherait avec moi avec abnégation, il ne lui arriverait jamais rien. Peut-être parce que j’étais conscient qu’en tant qu’individu lambda, je n’aurais pu éviter le pire. L’organisation l’avait sauvée, pas moi, et ça me rendait fou. Assez pour lui rappeler qu’un peu de bonne volonté par rapport à sa bague nous aurait causé moins de problèmes. C’était injuste cependant. Car je m’en flatterai. Pas tout de suite, non, mais une fois plus clame, je prendrai toute la mesure de son geste et je l’aimerai plus encore. En attendant, je n’entendis que cette proposition indécente qui débutera fatalement par une brusque partie de jambes en l’air dépourvue de douceur, pour ensuite s’achever sur une note plus tendre. Toujours. Je n’aimais pas la traiter comme un objet. Elle avait beau ne pas s’en offusquer – elle semblait même y trouver son compte – je ne m’en sentais pas moins mal pour une autant une fois l’animal rassasié. Elle méritait mieux qu’un coït sauvage. J’en étais conscient, mais ça ne m’empêcha rien. Je m’arrêtai dans le premier hôtel sur le chemin et je la piégeai dès que ce fut possible. Ce qu’elle gagna, hormis du plaisir et, plus tard, massage et douceur ? Des bijoux, des pâtisseries, et surtout, SURTOUT, de mon temps et de ma disponibilité. Dans mes souvenirs, c’était après ce genre de moment qu’elle avait gagné mon soutien dans l’affaire Aldo et Joseph.


***

Les effets de ma bonne volonté post-coïtal sauvage duraient longtemps en général. Plus encore quand je la cumulais avec une autre connerie sans précédent. Réfuter sa grossesse était la pire de toutes parmi l’éventail de celles déjà commises, si bien que ses désirs devinrent presque des ordres. Presque seulement. Il était des sujets qu’il me déplorait d’aborder, en l’occurrence, Victoria. Je ne l’appréciais pas vraiment. Plus qu’Olivia, pour qui je nourrissais affection et compassion, elle était l’engeance des Canjura, le prototype même de la pétasse qui se gausse d’avoir fait de hautes études et qui oublient sa place et le sacrifice des siens au passage. Nul doute que je fus surpris quand j’appris qu’elle avait osé se présenter sur le domaine, même si je ne cherchai pas à connaître les causes de cette visite à ma femme. Moins je parlais d’elle, mieux je me sentais. Rien d‘étonnant à ce que mon poil s’e hérisse lorsque Lyla prononça son prénom. « Oui, je sais. Ça va ? Elle n’est pas morte étouffée dans sa jalousie en arrivant ici ? Elle est repartie entière ? » Ma famille s’était forgé un nom et une réputation par la ruse, ce qu’elle devait mésestimer selon ses propres codes de valeur, oubliant au passage que l’argent de la MS13 lui permit de mieux vivre. Elle n’était qu’une ingrate méprisable. Rien de plus. « Si, c’est une mal baisée. Tu ne me l’enlèveras pas de la tête. C’est tellement flagrant que je n’ai même pas eu besoin que tu me le dises pour m’en rendre compte. Il n’y a pas à dire, elle sait se faire aimer et apprécier. » commentais-je ma brosse à dents à la main. Les problèmes de couple de sa sœur, c’était le cadet de mes soucis et j’aurais aimé qu’il relève d’une apparence semblable pour ma femme, mais je la connaissais bien, je pouvais reconnaître dans le fond de sa voix qu’elle se faisait du souci. J’ajouterais même que si elle prend la peine de m’en parler, c’est qu’elle attend quelque chose de moi. « Parler à qui ? A ta sœur ? Pour quoi faire ? » lui opposais-je après avoir craché à la hâte le dentifrice dans l’évier. « Ce n’est pas notre problème si elle a des emmerdes dans son couple. Je n’ai donc pas d’idées à avoir pour régler ses problèmes à sa place. J’ai autre chose à foutre. »

En exposant ma théorie, je me jurai que je ne céderais pas cette fois, que je ne prendrais pas à bras-le-corps un problème de cette partie-là de sa famille, parce qu’elle ne méritait pas que je me soucie d’elle et que je déploie des moyens considérables pour la secourir. Sauf que mon épouse me sortait ce regard touchant qui m’aurait fait craquer avant même que je n’aie le temps de le réaliser. Aurait, car cette fois, je n’en démordrais pas. « Non. Ce n’est pas la peine de me faire tes yeux de biche là. Je n’ai pas envie de me mêler de cette histoire. Ça ne nous regarde pas. Et quand bien même, a-t-elle seulement fait quelque chose pour toi dans sa vie ? Et je te parle pas de te désinfecter les genoux quand tu étais gosse. Je te parle quand tu aurais eu vraiment besoin d’elle. Et toi, qu’est-ce que tu n’as pas déjà fait pour elle ? Vas-y, raconte, je t’avoue que je suis pressé d’entendre à quel point tu l’aimes plus que le contraire. » affirmais-je en rinçant mon ustensile, prêt à me changer pour attaquer ma journée sans le moindre remord, du moins l’avais-je espéré, car il me sembla plutôt logique, en m’attardant sur ses traits, que je venais de lui faire de la peine. « Je sais que c’est ta sœur, bébé. » tentais-je alors en la prenant dans mes bras. « Mais, elle a sa famille et tu as la sienne. Elle a fait ses choix et toi les tiens. C’est une grande fille. Elle est avocate. Elle connaît ses droits mieux que personne. Si elle voulait, elle trouverait la solution elle-même. Tu ne t’es pas dit que ça lui convenait peut-être bien comme ça ? Enfin, je ne sais pas, il n’est pas bien impressionnant. Tu souffles, il s’envole. » De mon point de vue d’homme en tout cas. « OK. Je vois bien que ça te tient à cœur. Je vais y réfléchir. Je ne te garantis rien, mais j’essaierai de mettre ma rancœur de côté pour observer la situation quand on les verra tous les deux. Invite-les à manger ici si ça peut te faire plaisir et si ça peut te rassurer. Tu ne fais peut-être des idées après tout. » Enceinte, son imagination était peut-être plus fertile, à l’image de sa libido en pleine expansion.






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“Vos parents vous ont souvent dit de ne pas jouer avec moi. Je suis la contradiction. Je suis le feu de sang-froid. Toujours avec le sourire, toujours avec les brûlures, tous les jours à quelques centimètres de la rupture. Petit sauvage est né dans la jungle de béton. Il y a les rêves que l'on fait. Il y a les rêves qui nous font. ”

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Lyla Gambino
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MessageJeu 23 Juin - 21:45





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Si je comprenais la volonté farouche de ma grande soeur de me protéger, je ne pouvais entendre son acharnement à me prouver par A+B que Luciano était un sale type . Maintenant que j'avais une vague idée de quel enfer son propre mari lui faisait endurer, je comprenais mieux le transfert qu'elle faisait sur mon propre époux. Mais ça ne fonctionnait pas de la sorte et Lucky avait beau être parfois difficile, il me traitait comme une reine. Bien sûr, nous nous disputions, il se montrait parfois excessif et injuste, autant que moi et il devenait comme fou, démolissant des meubles, le mur et tout ce qui tombait à sa portée mais jamais il n'avait osé lever la main sur moi. Je m'étais jurée que ça ne m'arriverait plus jamais, que je ne laisserais plus aucun homme me violenter sous couvert de l'amour que je nourrissais à son égard. Il perdait parfois le contrôle mais ne dirigeait jamais ses accès de violence contre moi, j'étais comme immunisée. Je le ramenais à la raison, je l'ancrais à la réalité et je le consolais de toutes ses peines, effaçais ses craintes et remettais le lion en cage jusqu'à la prochaine crise de colère. Nous étions un duo que les gens trouvaient sans doute mal assorti parce qu'ils ne le connaissaient pas le moins du monde. Il était la gentillesse incarnée, la bonté et la générosité. Ils ne voyaient que le côté flambeur, charmeur de profession qui avait un don certain pour se montrer sarcastique et hautain quand il se sentait insulté. Moi, j'avais le droit à tout le reste, autant aux bons qu'aux mauvais côtés qui faisaient que je l'aimais encore plus. Je ne pouvais donc accepter que ma propre soeur me prenne pour une bécasse incapable de savoir ce qui était bon ou non pour elle, osant le comparer à Ruben. Si ça se tenait pour le mariage, pour bien des raisons, ils n'avaient rien à voir l'un avec l'autre. Et nos relations n'étaient pas les mêmes. J'étais une enfant quand Ruben me ramassa pour me modeler à sa guise alors que Lucky avait rencontré une femme qui savait ce qu'elle voulait et ce qu'elle ne désirait plus pour elle et son avenir. Luciano m'avait simplement aidé à sortir de ma coquille et à accepter d'être heureuse tandis que l'autre avait fait de moi son esclave sexuelle et son souffre-douleur. Vicky ne voyait que ce qui l'arrangeait et à chaque fois qu'elle avait osé manquer de respect à mon Sicilien, j'avais perdu patience. Ca me rendait folle de rage et je sortais de mes gonds quasi instantanément. On ne s'en prenait pas à ce que j'avais de plus cher sans que je ne passe à l'offensive. Malgré tout, je cherchais toujours  à l'aider, je le faisais probablement plus pour moi que pour elle, parce que je ne pouvais pas vivre avec l'idée que j'avais toujours su ce qu'elle endurait sans jamais rien faire.

« Elle a trouvé que c'était très joli et était contente pour moi, elle sait que je ne manquerai de rien. » offris-je pour toute réponse en me gardant bien de restituer toute l'ironie de son ton et ce qu'elle avait pu dire sur lui. « Tout le monde n'a pas la chance de t'avoir et je ne vais pas le crier sur tous les toits, après elles vont faire la queue devant la grille du domaine ! » J'éclatai de rire, je savais pertinemment qu'il allait se sentir flatter et que ça me permettrait d'obtenir presque tout ce que je voudrais dans les jours à venir. Mais c'était toujours ce qu'on récoltait en usant de la vérité à bon escient. Et je préparais le terrain pour la suite mais ce ne fut pas suffisant et il refusa d'accéder à ma requête. S'il ne le faisait pas, à qui pourrais-je faire appel ? Il était mon binôme de choc et s'il refusait de m'aider, je ne savais pas comment je pourrais m'y prendre pour sortir ma soeur de là. Je comprenais qu'il ne l'apprécie pas et les raisons qui le poussaient à refuser de s'en mêler mais j'aurais apprécié qu'il le fasse pour moi. « Donc je dois faire comme si je ne savais rien ? Désolée mais il en est hors de question ! Ma soeur a fait des tas de trucs pour moi, je n'ai pas à te les lister juste pour te convaincre de m'aider à la défaire de cet enfoiré ! » J'étais vexée qu'il se permette de la juger ainsi, parce qu'elle n'était pas les autres, elle était ma soeur et qu'au fil du temps, si notre lien s'était quelque peu étiolé, ça n'effaçait pas toute l'affection que j'avais pour elle et ce qu'elle fit pour moi. Elle aussi, elle s'était sacrifiée pour nous, les plus jeunes. Il dut sentir qu'il m'avait vraiment fait de la peine car il approcha pour me prendre dans ses bras et m'y emprisonner. Je n'avais plus vraiment envie de sortir, j'étais contrariée et un peu angoissée. Je craignais de recevoir un appel prochainement pour m'annoncer qu'elle n'était plus. « Ca ne veut rien dire ! RIEN DIRE DU TOUT ! » Je me défis de sa prise avec douceur mais fermeté. « Lucky, la maltraitance psychologique, ça existe et c'est pas parce que tu as l'air forte que tu l'es forcément ! Tu veux que je te parle de moi ? Qui aurait pu croire que parfois je me prenais des raclées, hein ? » Il pensait comme un homme et j'aurais aimé qu'il voit au-delà de la pétasse de base qu'elle pouvait être parfois, parce que je savais que c'était une carapace pour dissimuler ses peines, ses souffrances et ses faiblesses. « Non, elle ne voudra plus venir ici, la dernière fois qu'on s'est vues, j'ai dû l'envoyer se faire foutre, elle m'a mise en rogne... Je pensais que tu pourrais faire comme si tu tombais sur elle par hasard, tu vois ? Enfin si tu te veux bien m'aider. Sinon, je peux proposer à Santi d'organiser un truc chez lui, non ? »


***



Santi, c'était l'artiste de la famille, celui qui nous rendait tous fiers, du moins pour ceux qui avaient accepté qu'il assume pleinement ce qu'il était. Pour me rendre service, il avait décidé de prétendre vouloir nous présenter son nouveau petit ami et de nous réunir autour d'une table. Vicky, Mun et moi ainsi que nos compagnons respectifs. Il avait catégoriquement refusé que je vienne lui filer un coup de main à préparer à manger et je ne sais pas si j'aurais pu faire aussi bien de toute façon. La table était décorée avec énormément de goût et de simplicité, il avait veillé à tout assortir et m'avait même préparé une chaise rien que pour moi, sur laquelle trônait un coussin pour que je sois la plus confortable possible. Il m'appelait tous les jours pour savoir si j'allais bien et si je n'avais besoin de rien. Ty était là, faisant son numéro habituel et je ne pouvais m'empêcher d'être un peu froide avec lui, heureusement, Santi me plaça à sa droite, Lucky entre moi et Ty, à mon plus grand soulagement. Cela n'empêcha pas le mari de ma soeur de me choper au détour d'un moment où nous débarrassions pour le plat suivant. « Tout va bien Lyla ? Je sais que ce n'est pas facile en ce moment avec ta soeur mais je ne voudrais pas que nos relations se détériorent. Et puis tu sais, tu comptes beaucoup pour elle. » Je m'apprêtais à lâcher les chiens quand Santi apparut et accapara toute l'attention de notre beau-frère. Je lui fis un clin d'oeil et retournai à table. Le repas fut délicieux et un vrai plaisir pour les papilles, je serrai mon frère dans mes bras sur le pas de la porte, le remerciant encore alors qu'il nous lançait : « J'ai mon nouveau projet pour lequel y aura une grande fête samedi prochain, j'aimerais que vous soyez là ! » « On va y réfléchir ! » lui opposai-je, préférant en parler avant avec Lucky. Je ne savais pas ce qu'il penserait à l'idée de se retrouver dans une boîte gay même pour un événement dont mon frère serait la vedette. Dès que nous fûmes dans la voiture, je refusai de laisser le silence s'installer. « Alors, tu as vu quelque chose ? Senti quelque chose ? Il est venu m'emmerder dans la cuisine, je peux plus le voir en peinture ce connard, je te jure ! Heureusement, le petit ami de Santi est vraiment adorable et cultivé. Et qu'il est beau, tu as vu un peu ?! Mon frère les choisit vraiment bien ! D'ailleurs, on pourrait aller à son vernissage ou je ne sais pas trop ce que c'est ! Ca lui ferait plaisir, il t'apprécie beaucoup, tu sais ! »

Le souci, avec ma famille, c'est qu'elle était le prétexte à bon nombre de nos disputes. Malheureusement, je savais que ça ne manquerait pas de se reproduire, malgré mes efforts pour ne pas toujours voler à leur secours. Je devais me faire à l'idée que je ne pouvais être la sauveuse de l'humanité tout en continuant à les soutenir dans leurs projets, avec ou sans Lucky

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