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Il n'y a pas de rencontre hasardeuse [Pv : Katharina Everwood]
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MessageDim 3 Jan - 16:53

Katharina & Hans ✖ @Shiya.


Encastré entre deux larges et hauts bâtiments délabrés, le Susan Bar assume parfaitement l'environnement peu accueillant du quartier dans lequel il s'est installé, il y a déjà plusieurs décennies. L'ambiance douteuse qui plane aux alentours lui permet une réputation certes repoussante pour les gens "normaux" mais certainement idéale pour ceux qui cherchent à disparaître. Quelques heures au moins. Aux yeux des policiers, surtout.
Il n'est donc pas rare de m'y croiser, sachez quand même que je ne me présente pas en ces lieux sans une bonne raison. Les rixes qui éclatent finissent rarement bien et je ne suis pas friand des gardes à vue.

Installé en fond de salle, les bras étendus le long du dossier de la banquette, j'observe le déplacement des clients avec l'air de celui qui s’ennuie et qui laisse trainer ses yeux au hasard. En réalité, je prête une attention particulière aux mots échangés. Sans être capable d'entendre la moitié des murmures, j’enrichis mes connaissances : Rob' connaît Finn, Mike fait bonne figure devant le propriétaire - ça sent la dette à plein nez, et Joe, bleu de peur, est venu demander un délai supplémentaire à son client…
J'esquisse un sourire moqueur en ramenant le verre à mes lèvres.

Près d'une heure de retard monsieur Trave, je vais devoir laisser tomber cette mission.

Je balaye une dernière fois la salle puis balance quelques pièces sur la table avant de me lever.
La paume qui vient s'écraser sur mon torse me renvoie brutalement à ma place. Mon crâne percute le mur et je chope mon agresseur par le col quand je réalise que l'agresseur, est en fait trois gorilles visiblement peu sympathiques.

"…On peut surement discuter avant de retourner l'établissement."

"Mais très certainement, Jones. On va discuter, à l'extérieur. Trave n'a pu se déplacer personnellement."

Embrouille.
Affichant mon mécontentement, je secoue la tête plusieurs fois avant de pouffer, un brin anxieux. "N'a pas pu se déplacer personnellement" ?

"Ok, vous avez l'air sympa les mecs, mais tout le monde n'est pas fait pour la discussion et je doute que vos…indéniables capacités intellectuelles soient suffisantes."

Un large sourire me vaut un premier coup dans les côtes et j'étouffe un râle de douleur tandis qu'on me traine dehors. Perdu. Mais si je déteste la violence, je déteste avant tout me faire rouler : ces mecs sont envoyés pour m'impressionner dans le but que je baisse mes tarifs.
Hors de question.

"Calmez-vous messieurs ! J'ai dit 2 500 à Trave, votre petite visite ne permettra pas mieux. Faites passer le message, et ajoutez que s'il n'a pas accepté dans deux jours, il se trouvera un autre pigeon."
...

En fait, Trave ne veut pas discuter. Il veut juste me faire comprendre qu'il n'approuve pas mes méthodes. Les gorilles, du coup, ne sont pas venus marchander, mais me faire baver.
Alors que nous lançons le premier acte de la baston, les gorilles sont rappelés par leur maitre et repartent en se contentant de m'infliger une dizaine de frappes.

Titubant difficilement jusqu'au bar, je retourne m'installer et récupère maladroitement ma bière. L'alcool s'échappe en partie du verre et vient asperger la personne nouvellement placée à cette table.
Ma table !

"…C'est pas franchement un coin pour les gentilles et respectables demoiselles."

Dis-je en indiquant la sortie sans même lui accorder une excuse ou un regard.
J'aurai mieux fait, car cette superbe paire de cannes appartient à une jeune femme que je connais...
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MessageDim 3 Jan - 22:03

Le Queens. Je ne sais pas quel est le pire entre le Queens ou le Bronx. Le Bronx est aux mains de la MS13, le Queens est aux griffes de la mafia irlandaise. Forcément, en tant que flic, je ne suis pas appréciée ni dans l'un ni dans l'autre de ces quartiers. Pour le coup, j'étais obligée de m'y déplacer, puisque mon imbécile de chef m'avait envoyée au commissariat 55, pour une histoire de juridiction à la con. Oui, à la con, parce que là pour cette affaire c'est bel et bien le NYPD qui a juridiction. Sauf que, ce machiste et dragueur invétéré s'est pris un vent par une jeune fliquette nouvellement arrivée, et par jalousie il veut lui montrer qu'il aura prise sur elle malgré tout. Et comme c'est un macho dans toutes les règles de l'art, pour régler de la paperasse, on envoie un agent féminin, évidemment. Le directeur-adjoint m'a félicitée lui-même pour mes prouesses la dernière fois, mais pour Môssieur ça n'est pas suffisant pour avoir son respect.

Bref, j'arrive au commissariat 55, j'interpelle la pauvre fliquette, et je fais ce que dit mon boss, la mort dans l'âme. Elle n'a rien demandé et est pleine de bonne volonté, elle n'a pas à découvrir aussi vite les batailles de juridiction quand il n'y a pas lieu d'en avoir une. Perdue elle m'appelle son sergent, qui me connaît suffisamment pour savoir que je ne suis pas ici par ma volonté. Avec un regard qui en dit long, on règle cette histoire de juridiction. Un jour, Môssieur aura ce qu'il mérite, et je serai aux premières loges. En même temps que je sors, deux patrouilleurs amènent un homme menotté. Le gars visiblement bourré balbutie deux-trois mots et quelques noms. Je m'arrête net en entendant un nom en particulier. Je vais voir le gars et lui demande de répéter ce nom. Pas de doute, il s'agit d'un des nombreux pseudonymes d'Hans. J'apprenais par cet homme que monsieur Hans serait dans un bar appelé le Susan, dans le ghetto du Queens. Sans me poser la question du pourquoi du comment je sors en courant du commissariat 55. un rapide coup d’œil sur l'application de navigation de mon téléphone me localise le bar. Va falloir marcher. Une vingtaine de minutes plus tard, je vois le bar. Le bâtiment est tellement délabré qu'il menace de s'écrouler dans la minute, bâtiment qui a minimum le double de mon âge, si ce n'est le triple.

Je regarde à travers les fenêtres rayées et fissurées, preuves des bagarres nombreuses. Je le vois. Lui. Il est bel et bien là. Assis au bar, tandis que trois colosses se dirigent vers lui. Je n'ai que mon téléphone pour filmer et enregistrer, mais ses avocats véreux trouveront le moyen de rendre ça inadmissible en procès. Si je veux l'avoir, c'est légalement. Là je suis en mode perso sans renfort, j'ai pas intérêt à être imprudente. Le plus discrètement du monde, au cas où on m'observerait, je planque mon badge dans ma botte et enfonce mon flingue dans ma ceinture. La vue du badge ne déclenche pas les réactions les plus amicales dans ce quartier, et la vue du flingue a tendance à déclencher une paranoïa qui vire à la fusillade.

En me maudissant de porter un t-shirt je me redresse pour gonfler ma poitrine, et tout en enlevant mon élastique qui retenait mes cheveux je balance la tête type l'Oréal pour les mettre en bataille. Comme ça, je fais moins flic. Je rentre dans le bar, et fort heureusement les clients sont trop occupés à regarder la bagarre pour se concentrer sur moi. Je voyais Hans s'en prendre plein la poire, plein les côtes, plein les bijoux de famille. J'esquissais donc un énorme sourire de bonheur. Au moins un peu de justice dans ce monde, qui sème le vent récolte la tempête. Je profite de la bagarre pour m'asseoir spécifiquement à sa place.


"Un triple Jack s'il vous plaît."

Dans ce genre de bar, les bières sans alcool, les Monacos et autres boissons de gonzesses sont très mal vues, alors autant y aller franco. Je ne suis pas censée boire en service, mais si on veut clairement chipoter, je suis ici en tant que citoyenne américaine et pas en tant qu'agent spécial, donc je suis ici sur mon temps personnel, donc je peux picoler. Je vois sa bière posée là. C'est trop tentant. Je la vide ? Je la vide pas ? Le temps que je réfléchisse la choppe vacille et vient se renverser sur moi. D'habitude j'aurais râlé, mais là, je n'en ai rien à foutre. J'éclatais d'un rire généreux quand il parla de gentille et respectable demoiselle.

"Ça tombe bien, je ne suis ni gentille ni respectable ni demoiselle."

Il m'avait finalement reconnue. Je me tournais vers lui, verre à la main, et je descendis mon triple Jack cul-sec tout en le regardant droit dans les yeux. Sans le quitter du regard, je fais claquer mon verre sur le comptoir, manquant de le casser.

"Toujours aussi apprécié à ce que je vois. Mais forcément, comme le dit l'ancien proverbe asiatique très connu : là où Hans Wolf-Jones se trouvera une bagarre éclatera."

Maintenant toujours mon regard, je ne pus m'empêcher d'éclater de rire, le plus sincèrement du monde, lui montrant clairement que je me moquais de lui.
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MessageLun 4 Jan - 14:11

Katharina & Hans ✖ @Shiya.


"Ça tombe bien, je ne suis ni gentille ni respectable ni demoiselle."

Cette voix chantante - ou pas - me fait froncer les sourcils avec un pénible pressentiment. Ah oui, Everwood. Je ne vois pas comment les choses peuvent être pires maintenant.
L'amertume du sang dans ma bouche, ma bière à moitié vide et cette flic imbuvable qui se fout ouvertement de ma gueule.

Je ne peux m'empêcher de sourire. Elle n'est finalement pas si coincée que ça, et puis la boisson collante dont elle est tâchée est une petite victoire que je savoure à ma façon. Prenant le temps de lever les yeux au ciel avant de la dévisager, je hausse nonchalamment les épaules.

"Toujours aussi apprécié à ce que je vois. Mais forcément, comme le dit l'ancien proverbe asiatique très connu : là où Hans Wolf-Jones se trouvera une bagarre éclatera."

" Toujours. Ça doit faire partie de mon charme, que veux-tu. "

Je la laisse s’esclaffer avant de me pencher près de son joli minois pour murmurer, un rien narquois :

" Ne fais pas tant la maline, il serait tellement facile de te causer des ennuis dans ce bar miteux. D'ailleurs t'es en mission infiltration ? C'est quoi cette dégaine ? "

Dis-je en désignant sa coiffure comme si elle était vulgairement présentée. Ce n'est pas le cas, et cette mine décontractée lui va à ravir mais je ne peux m'empêcher d'en profiter. Reconnaissez qu'elle l'a cherché.
Katharina ne me donnera certainement pas la raison de sa présence ici, mais je suis étonné qu'elle ait pris la peine - et le risque - de venir me parler et ainsi perdre du temps.
A moins qu'elle soit là, pour moi ?...

Je passe un revers de manche sur ma lèvre en sang avant de faire signe pour commander un autre verre. La jeune femme se présente rarement avec une bonne nouvelle. La meilleure hypothèse, c'est qu'elle soit à la recherche d'infos et qu'elle ait des menaces pour que je balance quelques connaissances. La pire, c'est qu'elle ait enfin toutes les cartes en mains pour m'inculper ;
Mais j'en doute.

" Je te manquais, c'est ça ? "

Un large sourire pour clôturer ces hypocrisies, et je retrouve un brin de sérieux.

" Qu'est ce que tu me veux ? Je n'aime pas t'imposer mon visage abimé, tu aurais pu me laisser le temps de nettoyer tout ça. "

Ironie quand tu nous tiens.
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MessageLun 4 Jan - 23:47

Il ne soutient pas mon regard, préférant lever les yeux au ciel. Typique des lâches. Normalement il répond très bien à mes provocations et rentre dans mon jeu. Mais visiblement aujourd'hui il n'y  pas matière. Pourtant je suis sur son territoire, s'il veut me mettre la raclée de ma vie il claque des doigts et je finis aux urgences intubée. Ce qu'il ne manqua pas de confirmer lorsqu'il s'approcha de moi. Bien trop près à mon goût. Je pouvais voir les pores de sa peau ensanglantée, et je pouvais sentir son haleine fétide alcoolisée. J'aime bien l'odeur de l'alcool, mais en verre ou en bouteille. Ma poitrine mima un haut-le-cœur, même pas fait exprès, je suis tout simplement dégoûtée.

"Si tu voulais me causer des ennuis, je serais déjà à moitié morte par terre. Et puis, tu te ferais tellement chier sans moi pour t'embêter dans tes combines à deux ronds."

Il cherchait à me vexer. C'est juste trop bête pour lui, je suis imperméable à la moquerie. Si je sais comment rentrer dans la tête des gens, je sais aussi protéger la mienne, c'est l'avantage du profiler. Donc il peut me provoquer tant qu'il veut, les boutons sensibles sont enfouis et doublement protégés par mes émotions les plus fortes. Comme par exemple en ce moment, la haine et le mépris, nettement plus dominantes que l'espoir ou la tristesse.

"Cette dégaine c'est pour faire parler les débiles, et a priori ça marche puisque tu me poses la question."

Une séance de verbe peut continuer éternellement avec moi. D'abord je commence avec les évidences, mon répondant suffit généralement pour calmer, et après je me lance dans le profilage, je triche un peu quoi, et en deux-trois phrases bien choisies je domine la discussion. Donc Hans peut tenter de me provoquer jusqu'à ce soir, il se lassera bien avant moi. Je le voyais commander un autre verre, je fis le même signe pour m'en commander un également. Je tiens très bien mon alcool pour une femme, donc autant en profiter. Lorsqu'il me demanda si je lui manquais, je joignis mon index et mon majeur et les portais à ma bouche, en signe de vomi.

"Mais trop quoi. J'étais en manque de tes fossettes et de ton bouc mal taillé et de ton arrogance parce que je suis folle de toi et je veux te faire des bébés."

Il commence avec l'ironie, je suis sur le même ton. Il a choisi son arme, je m'adapte.

"Ton visage abîmé est la plus belle chose que j'ai vue aujourd'hui, ça serait méchant de ta part de m'en priver. J'ai vu les grandes lignes de la baston. Les trois gorilles là, ils t'ont bien dégommés. J'avoue, quand je t'ai vu t'éclater contre le mur, j'ai ri. Excuse-moi, c'était nerveux. En fait, c'était mon petit plus de la journée, je vais bien dormir ce soir grâce à toi."

Mon verre était prêt sur le comptoir, je me lève tout en l'attrapant. J'en bois une gorgée, m'apprête à le reposer puis je me ravise. Le gars je l'ai vu faire, je sais que mon verre est clean. Mais si je le laisse sans surveillance, qui me dit qu'il ne va pas y glisser une petite saloperie ?

"Qu'est-ce que je te veux ? Et bien, t'embêter, déjà. Ma journée n'est pas super pour l'instant, donc savoir que j'ai gâché la tienne par ma simple présence ça me suffit. Tu sais, je me contente de peu. Et puis bon, un petit peu par ci, un petit peu par là, au bout d'un moment je tiendrai LA preuve, et tu auras enfin la prison que tu mérites."

Et j'aurais enfin la promotion que je mérite, mais ça, je n'ai pas dit à haute voix. Et oui, il est tout ce qui se dresse entre moi et le statut d'agent spécial senior. C'est-à-dire que mon boss actuel macho ne sera plus mon boss, j'aurais sa place. C'est le meilleur statut : coordonner le personnel, et à la fois être actif sur le terrain. Le mélange des deux combinaisons parfaites, tout ce à quoi j'aspire.
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MessageMar 5 Jan - 18:14

Katharina & Hans ✖ @Shiya.


Alors que l'adrénaline se retire, la douleur qui émane de mes cotes se réveille péniblement et se répand dans tout mon torse, me faisant plisser le regard.
Ils ne m'ont pas loupé, j'ose espérer qu'un passage à l'hôpital pourra être évité. J'ai toujours eu du mal à déceler les fractures. C'est généralement la fièvre qui m'alerte.

"Qu'est-ce que je te veux ? Et bien, t'embêter, déjà. Ma journée n'est pas super pour l'instant, donc savoir que j'ai gâché la tienne par ma simple présence ça me suffit. Tu sais, je me contente de peu. Et puis bon, un petit peu par ci, un petit peu par là, au bout d'un moment je tiendrai LA preuve, et tu auras enfin la prison que tu mérites."

La chère flic à mes côtés semble, en revanche, au meilleur de sa forme. Je ne sais comment prendre ses piques. C'est de bonne guerre, mais je ne me rappelle pas avoir déjà été aussi agressif avec elle.
Cela remet les pendules à l'heure : je n'éprouve aucune haine à son égard mais Katharina me déteste plus que je le pensais.

Ou alors elle cache bien son jeu.

Ses attaques continuent de tomber sans que je n'ai la foi pour les contrecarrer. Je ne suis pas pauvre en répartie et j'ai tendance à adorer les joutes verbales, mais l'excès d'amertume dont elle fait preuve me blesse ? me blase en tout cas.

" Je..."

C'est son boulot après tout que de vouloir me coffrer. Mais quand même, je ne suis pas un dangereux criminel !

" ...Tu finiras surement par y arriver. La roue tourne toujours. "

J'avale une gorgée de la boisson fraichement arrivée puis je surveille machinalement mes arrières. Je n'ai pas l'intention de rester offert aux hommes de Trave si ils reviennent.

La demoiselle me déteste, mais elle est présente. Aussi, pour me changer un peu les idées, je tente une nouvelle fois d'entamer la conversation.
Je ne suis pas très doué dans ce domaine.
Je vous l'accorde.

" Vous en êtes où sur l'affaire de disparition de la gamine ? Des bruits courent comme quoi elle aurait été relâchée par son geôlier...pas intacte, mais vivante. "

Pauvre fille.
Le drame faisait la une des journaux il y a moins d'une semaine puis, comme toujours, les médias se sont jetés sur un autre fait divers tragique.

Un peu plus loin sur le bar, eux mecs accoudés nous regardent de travers. Soit ils hésitent entre mater de loin ou risquer de venir tripoter la miss, soit ils hésitent à intervenir parce que le sujet entamé ne leur convient pas.
Les gens qui trainent ici sont rarement blanc comme neige, il est de coutume qu'on évite de trop parler affaires en cours...
J'espère qu'ils n'ont pas prévu de venir nous emmerder.
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MessageSam 9 Jan - 0:27

Il était surpris par ma visite, je pouvais le voir. En plus d'être surpris, il était déstabilisé. Il est vrai que ce n'est pas mon genre de provoquer de la sorte en sortant de nulle part, mais l'occasion était trop belle pour que je passe à côté. De plus, ça me permet de retarder le moment où je vais revoir Tronche de Cake (mon boss). Je pouvais lire sur son visage qu'il ne prendrait même pas la peine de répondre à mes attaques verbales. Je quittais mon sourire, un peu déçue. Normalement, il ne rate pas une occasion pour me remettre à ma place. C'est louche. Ce fut à mon tour d'être surprise, par le ton employé.
"
Alors là..."


Encore sous le choc je gobe mon verre cul-sec avant de le poser. A croire que le fait de se prendre une raclée lui fait perdre sa superbe. S'il n'est pas en état de réagir je n'ai aucun intérêt à être cinglante. On perd tout le fun de la chose. À ma grande surprise, il me parla d'une ancienne affaire. Enfin, ancienne, tout récemment résolue en tous cas.

"En quoi est-ce que..."

J'allais lui balancer une question méprisante et insultante, et puis je m'abstins. Aujourd'hui, il n'y a pas matière. Il veut taper la discute ? On va taper la discute alors. D'ailleurs, peut-être qu'il baissera sa garde momentanément pour que je puisse capturer ne serait-ce qu'un bout de preuve. J'y crois.

"Nan rien. Laisse-tomber. Relâcher est un bien grand mot. Sans rentrer dans les détails parce que je suis tenue au secret, un petit coup de fil à la bonne personne, un peu de chantage, et voilà la gamine qui erre dans la ville. C'est un officier de patrouille du NYPD qui l'a retrouvée, couverte de sang et de sueur, et qui l'a emmenée aux urgences. Actuellement elle est en rééducation pour apprendre à vivre avec une seule main."

Quand ce psychopathe a appris qu'on avait le pouvoir et l'autorité conférée de couper les aides sociales de sa môman ainsi que la virer de son logement, il s'est montré plus coopératif. J'adore les complexes d'Oedipe, ils sont tellement prévisibles. Enfin, quand on lui a demandé une preuve que la gamine était vivante, il a décidé de lui couper la main droite puis de nous l'envoyer. Ce qui me fait le plus mal au cœur c'est que la gamine était pianiste en cinquième cycle au conservatoire. En tant que pianiste moi-même, très amoureuse de l'instrument, j'ai de la peine pour cette fille qui ne pourra jamais jouer dans un orchestre ; d'après les écrits de son blog, c'était son rêve.

Bref, pensons à autre chose, carpe diem comme on dit. Je sentais le regard de mon Némésis se détacher de moi pour regarder de l'autre côté du bar : des bonshommes accoudés et a priori pas très sobres nous regardent bizarrement. Ont-ils calculé que je suis flic ? Pensent-ils que je viens mettre le bazar dans leur bar ? Je me rapprochais de Hans, à mon plus grand damne. Si nous devions parler, je ne tiens pas à ce que tout le monde nous entende. Et je ne veux pas qu'on pense que nous sommes en conflit. En un sens nous le sommes, mais si ces gorilles décident de venir nous voir, je n'ai pas envie d'exposer mon badge à la vue de tous. Encore que, Hans pourrait me griller s'il le voulait. A priori, il avait tout aussi intérêt que moi à ce que mon badge et mon flingue restent notre petit secret.


"Bon, sinon, c'est quoi qui t'amène ici précisément ? Moi j'y suis parce que t'y es, ça c'est établi, mais toi, pourquoi t'y es ?"


Et je lui pose cette question avec un grand sourire innocent. Oui, je m'intéresse très sincèrement au pourquoi de sa venue ici, non pas pour l'arrêter... enfin si un peu quand même, mais surtout parce que ça m'étonne de voir un homme de sa stature s'arrêter dans un truc aussi miteux. Oui, je peux le détester de toute mon âme et le haïr avec chaque parcelle de mon corps, je suis obligée d'admettre qu'il dégage un certain charisme. Mais je préférerai voir son charisme derrière des barreaux dans une pièce de huit mètres carrés.
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MessageDim 10 Jan - 20:21

Katharina & Hans ✖ @Shiya.


Eurk, une seule main. Ma gorge se serre l'espace d'un instant puis, comme on le fait tous avec un rien d'égoïsme, d'autoprotection et d'expérience, je mets cette histoire de côté. Je la range dans un coin de ma tête que je consulte très rarement. Là où toutes les sanglantes informations que relatent les journaux sont entassées. On veut tout savoir, on veut des détails, on veut en parler et sentir les frissons parcourir notre échine, mais seulement quand on l'a choisi. C'est quand on décide ou jamais.
Dans ce coin de mes pensées doivent également se trouver quelques souvenirs plus personnels mais vous l'aurez compris, il s'agit d'un grenier poussiéreux que je n'ai aucune envie de nettoyer.

Le quotidien de la demoiselle qui se tient à mes côtés doit être rempli d'images sombres et cruelles. C'est le prix à payer, c'est le lot de tous les flics de son niveau. C'est aussi une question de tempérament, j'imagine. On ne choisi pas cette voie par hasard ni sans ignorer les conséquences.
Je l'observe un instant, jouant avec mon verre, réalisant que Katharina est si impliquée et si professionnelle que je ne sais rien d'elle. Rien d'autre que cette plaque qu'elle prend plaisir à me mettre sous le nez quand elle a des infos à me tirer. Je pense en fait qu'elle cache encore mieux ses émotions que moi ;

Un sourire étire mes lèvres puis je reviens à notre conversation lorsqu'elle semble s'intéresser à ma présence ici. Ben voyons, mademoiselle ne perd pas le nord, elle continue d'enquêter quoiqu'il arrive.

" J'allais prétexter ta présence mais tu m'as volé le point. "

Elle n'est pas là pour moi c'est impossible. Ou alors c'est parce qu'elle tient vraiment quelque chose qui pourrait me coûter cher mais pourquoi me le révéler ? Non. C'est une raison trop parfaitement exprimée, trop facile et injustifiée. Mais elle l'a bien jouée, à moi d'assurer désormais.

" …Il faut croire que la qualité de mes intermédiaires régresse. Je devais voir quelqu'un, qui a changé d'avis entre temps et a préféré envoyer deux subordonnés pour me faire passer le message plutôt que de me poser un simple lapin. "

Le souvenir de la baston me reviens et je me tortille légèrement dans l'espoir de trouver une position moins insupportable.

" J'aurai du me douter que ça se présentait mal quand il m'a parlé de ce bar comme point de rendez-vous. "

J'assume l'erreur stratégique en avalant une nouvelle gorgée.

" Tant pis. Les affaires tournent assez mal - ce qui te fera plaisir - mais tu comprendras que je ne peux pas me permettre de jouer les difficiles ces derniers temps. Je prends à peu près tout… "

Mon regard se perd un instant dans le sien comme pour tenter de le sonder. Je ne vois rien. Ou trop de choses, peut être. Des tas d'émotions mêlées, surtout de l'indifférence, un rien de frustration, imaginons un peu de rancœur et énormément de pitié.
Ou pas.

Je penche le visage sur le côté et la phrase s'échappe d'entre mes lèvres sans que je ne puisse vraiment la calculer :

" Tu es venue m'arrêter ? "

J'aurai pu faire mieux pour masquer l'appréhension, la crainte. Mais j'ai sincèrement peur qu'elle me passe les menottes. Il faut que je voie deux autres contacts demain pour conclure des affaires non négligeables. Je commence sincèrement à être juste, il faut que je puisse effectuer ces deux courses avant la fin du mois.
Si elle m'emmène, même pour une simple garde à vue, non seulement je perds deux contrats mais je me fais quelques ennemis de plus. Autant vous dire que je ne suis pas prêts de recevoir une nouvelle correction ;
Pas déjà.
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MessageLun 1 Fév - 0:57

Aïe. Je l'ai cherchée elle-là, je dois bien l'avouer. Écris tes propres vannes mecs ! En tous cas ma petite histoire l'avait refroidit. Après tout, c'est lui qui a demandé, j'ai simplement répondu. J'écoutais ses justificatifs à deux ronds. Il devait voir quelqu'un qui a préféré le tabasser plutôt que de se bouger les fesses. C'est très révélateur ça. Ça signifie que je ne suis pas la seule à ne pas l'apprécier des masses. J'ai vu les gorilles en question, je suis sûre que si je vais voir Lyle il me dessinera leurs tronches, avec les tatouages et autres piercings que j'ai vus, j'arriverai peut-être à trouver leur identité, et ils me mèneront à leur patron qui m'aidera à enfermer Hans. Bon, je m'avance un peu, mais l'ennemi de mon ennemi est mon ami non, c'est bien comme ça qu'on dit ?

Je pouvais voir qu'il était mal à l'aise de parler de la baston. Son visage commençait à se tuméfier, le sang à coaguler. Certaines femmes trouvent ça sexy. Comme il n'est pas mon type, moi j'm'en fiche. Les affaires tournent mal. Les affaires tournent mal. Cette phrase se répète en boucle dans ma tête. Les affaires tournent mal. Pourquoi il m'avouerait ça cash comme ça, ici, maintenant ? C'est quoi son objectif caché ? Il plonge son regard dans le mien pour tenter de déchiffrer mes émotions, mais se heurte à un mur en béton. Quand on sait lire l'esprit des gens, on est tout aussi doué pour bloquer le sien. Il penche son visage vers moi, je peux voir le détail des pores de sa peau et je peux sentir son haleine alcoolisée. Je retiens un haut-le-cœur. Il veut m'embrasser ou quoi ?

Ah, non, il veut juste savoir si je suis venue pour l'arrêter. Son expression de crainte valait tout l'or du monde. Il avait peur. Réellement peur. De la vraie peur, il était terrifié à l'idée que je sois venue pour l'arrêter. Il a donc bel et bien peur de moi, de mes compétences, de mon statut. Une part de moi s'en réjouit, et une part de moi est déçue. Par contre, quelle déception de sa part, je le pensais intelligent et réfléchi. Si j'étais venue pour l'arrêter, avec le mandat qui va bien, j'aurais été dans l'obligation légale d'intervenir dans la baston : en effet, un suspect arrêté sous mandat est sous MA responsabilité, et s'il lui arrive quoi que ce soit le temps que je le ramène au QG, c'est moi qui prend tout. Mais bon, il ne le sait visiblement pas, ça. Je peux le tourner à mon avantage. Sous l'effet de la peur les gens tombent le masque et se désinhibent, je pense que si je joue bien mes cartes, là, tout de suite, maintenant, je peux enfin avoir une confession parfaitement admissible en tribunal qui ne se fera pas jeter.


"Dis-moi..."

On fait durer un peu. Y'a pas de mal à jouer un peu. J'ai tellement peu de distractions avec ce boulot.

"Eh, bonhomme, la même s'il te plaît."

J'interpelle le barman pour lui redemander un triple Jack. Verre en main, je me rapproche de lui. Je bois une petite gorgée et le regarde droit dans les yeux avec un grand sourire.

"Dis-moi... Et si je venais effectivement pour t'arrêter, là, tout de suite, maintenant, ici, quelles seraient les conséquences directes sur ton... travail... ?"
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MessageJeu 4 Fév - 18:04

Katharina & Hans ✖ @Shiya.

"Dis-moi... Et si je venais effectivement pour t'arrêter, là, tout de suite, maintenant, ici, quelles seraient les conséquences directes sur ton... travail... ?"

Mes sourcils se froncent et je me répète intérieurement la question de Katharina. Hum. Non elle n'est pas totalement stupide, mais bon sang, qu'est ce qu'elle peut en avoir l'air parfois ! Que quelqu'un lui fasse signe, elle fait plus pitié que moi !
Je jette un regard de l'autre côté du comptoir pour voir sa commande arriver rapidement et reviens à elle. Et elle semble sincère.
Bonne comédienne, mais pas des plus futées.

Haussant légèrement les épaules, je laisse mes yeux se perdre sur le parquet défoncé avant d'avouer, certes une vérité, mais qu'elle n'aura pas eu besoin de m'extirper pour le deviner.
C'est tellement logique :

" La liste de ceux qui veulent me défoncer la gueule serait un peu plus longue. Dans l'immédiat. Puis, avec le temps et en fonction de la peine que la super équipe justicière de la ville arrive à me faire écoper, cette même liste s’atténuerait. Puis disparaitrait. Et au moment de sortir de taule, j'aurai tout intérêt à ne pas me rappeler aux anciens clients. "

Je reprends mes distances avec cette vipère sans cœur et vide mon verre avant de conclure.

" Sinon je finirais comme Kapler. "

Dis-je sans réel regret à l'attention de ce type. Il n'était pas contrebandier d'abord, simple homme de main. Depuis des décennies, et toutes les mafias ont eu affaire à lui un jour ou l'autre. Puis il est devenu moins efficace, plus maladroit.
Et on l'a retrouvé une balle dans le crâne, les yeux en moins.

" Mais tu n'es pas là pour ça. Tu ne perdrais pas ton temps à trinquer si tu venais m'arrêter. "

Et ce petit jeu m'emmerde, parce que ce n'est pas drôle. Et quand on joue, c'est beaucoup plus intéressant quand c'est drôle, vous me l'accorderez.
Je glisse un billet sur la table - pour nous deux - et quitte mon siège, m'apprêtant à saluer la belle comme il se doit.
Mais je n'en ai pas l'occasion. Les deux hommes qui nous observaient peu discrètement se placent dans mon dos en fixant la jeune femme avec un sourire écœurant.

" Eh le pianiste ! Tu nous avais pas dit que t'avais une copine si bien roulée. "

What ?
On se replace dans le contexte : je fréquente un autre bar minable à quelques pâtés d'ici. Oui, j'en fréquente plein. Mais l'autre il est vraiment cool, à mes yeux, parce que le propriétaire laisse trainer un piano contre le mur du fond. Un bel instrument. Désaccordé, c'est sûr, sale, aucun doute. Mais j'ai du vendre le mien il y a longtemps et si le synthétiseur a un bon son, il ne remplace pas le chant particulier des cordes d'un vrai piano...
Bref. J'ai déjà vu ses deux crétins. Ou plutôt l'inverse : ils m'ont reconnus. Allez savoir.

" Soyez pas stupides, elle a meilleur goût. "

Et saura se débrouiller. Je fais demi tour pour éviter de nouveaux ennuis mais ils en ont décidé autrement et m'attrape par le col en glissant, discrètement, une lame mal aiguisée contre ma jugulaire.

" Aller poupée, on va faire un tour. Sinon tu dis adieu à ton chanteur. "

Le picotement de l'entaille me faire réfléchir à deux fois avant de me débattre brusquement. Je lance un regard plein de rancœur à Katharina, avant même qu'elle ne fasse un geste.
Je suis prêts à parier qu'elle va les encourager à m'abattre. N'empêche, j'espère qu'elle a assez de bon sens et de fierté pour montrer qu'elle peut non seulement se défendre mais aussi éviter un carnage.
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MessageMer 24 Fév - 21:02

Ça n'a duré que quelques secondes, mais j'ai fais mouche ! Quelques secondes me suffisent. Pas besoin de plus. Bon, LA confession ultime admissible au tribunal c'est pas pour aujourd'hui. J'y crois pourtant. Je veux y croire. Un jour je verrais sa tronche charismatique à la barre des témoins et il devra avouer tous ses crimes de A à Z sans se parjurer, parce que le parjure pourrait être ajouté à la peine. Mais mine de rien, ça marche, puisque le petit oiseau chante. Il ne chante pas les louanges que j'avais espérées, mais je me contenterai de ça, ça fait déjà pas mal d'infos à assimiler. Donc, si je pige bien : moins la sentence est lourde, plus sa tête sera mise à prix. Idée intéressante, je dois l'avouer. D'un autre côté, avoir toute une horde de dalleux affamés de pognon aux trousses est une punition bien lourde pour quelqu'un comme Hans. Ce n'est pas quelqu'un de spécialement dangereux. Un peu comme un opossum : inoffensif en apparence, mais c'est un nuisible capable de détruire les charpentes et canalisations d'une maison. Mince, vivre avec un prix sur sa tête n'est pas drôle. C'est une situation que j'espère ne jamais subir, mais j'essaye de l'imaginer régulièrement, au cas où. Dans mon boulot on rencontre pas mal de gens, de toutes les classes sociales, avec des influences et des contacts par millier, et c'est facile de fâcher la mauvaise personne.

"C'est qui Kapler ?"

Question rhétorique. En fait je m'en fiche de qui c'est Kapler. Et effectivement, Hans a compris que je ne suis pas là pour l'arrêter, il a bien compris que je suis là pour jouer. Dommage. Je le vois poser un billet un peu gros pour sa consommation seulement. J'hallucine : ce macho veut me payer mon scotch ! Je fusille le barman du regard qui tendait la main pour attraper ce billet et l'agrippe serré dans mon poing, puis je le balance au visage de Hans.

"Le jour où je laisserai un homme me payer un scotch, c'est que je serais en mort cérébrale."

Mais présentement Hans a d'autres soucis que de savoir qui va payer la note. Les deux hommes de tout à l'heure cherchaient la merde avec Hans. Copine ? Moi copine ? SA copine ?

"C'est marrant, je ne t'aurais jamais cru pianiste !"

La mélomane en moi ne put s'empêcher d'apprécier ce petit trait de caractère, même si ce n'est ni le lieu ni le moment. Est-ce que j'ai le droit de briser la clavicule du mec qui a dit que je suis bien roulée ? Vu le sport physique que je fais à cause du boulot, je suis musclée, pas bien roulée, espèce d'emplâtre. Hans essaye de se défendre, avec ce qui semble être un compliment. Mais ce n'est pas de lui que je les recherche, les compliments.

Avant que je puisse répliquer quelque chose aux colosses l'un d'eux attrape Hans par le col et place un couteau vraiment trop bien aiguisé sur sa jugulaire. Sans être médecin, j'ai appris à reconnaître le danger : même la plus petite entaille donnerait un saignement intense. Je regarde dans les yeux du gorille, la profiler en moi a très bien compris que le mec ne bluffe pas et n'hésitera pas deux fois à faire un sourire Joker au pauvre Hans, qui me lançait un regard... impossible de définir quel était ce regard, je l'avoue. La colère et l'angoisse se mélangeait à la peur, mon Némésis était bien difficile à lire. Je dois faire quoi là ? Jouer à la poupée obéissante ou jouer à a flic qui défend sa vie et celle d'un citoyen américain en danger ? Je peux peut-être les suivre dehors, et dehors, je les démonte ? Encore que, en plein Queensbridge, une nana qui démonte deux gorilles à elle toute seule c'est suspect et ça pue le flic. Pour l'instant, le seul avantage que j'ai, c'est que personne ne sait que je suis flic. Et Hans n'est pas assez débile pour balancer notre seul salut. Bon, on va tenter, et on verra bien. Je prends l'air d'une pouffe en glissant mes mains dans mes poches. Le tactile à l'aveugle c'est chaud, mais nos téléphones fédéraux sont programmés pour la numérotation rapide même quand l'écran est verrouillé. Je tape le numéro 911. Du moins, j'espère que j'ai tapé le 911. Les téléphones de flics ont un indicatif reconnu par les services d'urgence, qui vont tout de suite piger que l'appel provient d'un téléphone de flic, avec GPS inclus. En même temps, ils vont faire quoi les services d'urgence ? Non, ce n'est pas le bon plan. Mon index verrouille le téléphone avec le bouton latéral, et je ressors mes mains des poches. Je n'ai toujours pas d'issue de ce traquenard.


"Écoutez les gars..."

Je m'approche doucement d'eux avec les mains en l'air. Je dois avoir l'air ridicule. Je cherche le regard de Hans. Pour rien, le pauvre ne peut rien faire avec du métal coincé sur la jugulaire.

"Si c'est moi que vous voulez, laissez mon pauvre ami tranquille, et je vous suis, et dehors, on avise ?"

Quitte ou double. Mon assurance peut éventuellement trahir mon statut, mais garder son calme face à une situation catastrophe n'est pas typique des flics, plein de gens sont flegmatiques de la sorte.
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MessageDim 28 Fév - 21:02

Katharina & Hans ✖ @Shiya.


La mâchoire, crispée comme jamais, se dessine contre mon visage tendu tandis que les odeurs nauséabondes qui émanent du porc dans mon dos embaument subitement le peu d'air respirable. Il me maintient avec la délicatesse d'un hippopotame, ce qui ne m'aide pas à me détendre, si vous voulez tout savoir.

En face de moi, Katharina semble en pleine réflexion. Rien d'étonnant, il faut qu'elle agisse, non seulement parce que ça fait partie de ses missions - elle est flic, pas vulgaire gourgandine- mais aussi et surtout parce qu'elle est la proie de nos deux barrés !

"C'est marrant, je ne t'aurais jamais cru pianiste !"

" Et pourtant ! "

Dis-je avec ironie comme si il me restait assez d'aise pour plaisanter. Je joue du piano mais je ne suis pas - du tout - pianiste. Saisissez la nuance.

Bizarrement je prends deux secondes pour imaginer la flic derrière un piano. Ça lui va bien, si on oubli sa mine trop stricte. Pour être musicien, artiste, il faut être rêveur, savoir lâcher prise et se laisser aller. Enfin, sa réflexion ne prouve absolument pas qu'elle sait jouer, ni de ça ni de quel instrument que ce soit et mes pensées artistiques sont - heureusement - stoppées au moment où la jeune femme en question se lève.

" Qu'est ce que...? "

Mieux vaut la fermer, elle a surement un plan. Ma réaction peut être interprétée comme une marque d'inquiétude vis à vis d'elle, ce qui n'est pas entièrement faux.
La lame glisse un peu contre la peau de mon cou qui s'ouvre juste assez pour rougir sans que le sang ne s'écoule.

"Si c'est moi que vous voulez, laissez mon pauvre ami tranquille, et je vous suis, et dehors, on avise ?"

" Passe devant poupée. "

Et quoi ? Ils m'achèvent dans la ruelle sombre et lui font son affaire ? Bande de dégueulasses...

Malgré la proposition de Katharina, ils m'entrainent. On reste dans le même foutu bateau. Il serait plus approprié de parler de chaloupe en fait, on est loin du scénario pittoresque !

Dans la cour extérieure, sous un néon bancal et le regard vitreux d'un ivre-mort, je suis éjecté sur quelques mètres et donc débarrassé de l'arme. Juste le temps de réaliser que je suis libre, l'ornithorynque essaye de me planter. Comme s'il était si facile de m'achever ! Il aurait mieux fait de m'égorger. Sa masse graisseuse l'handicape légèrement et malgré l'alcool, je constate que j'ai encore de bon réflexe. Je l'esquive et lui assène un coup dans la jambe alors que le couteau ripe contre mon flanc et découpe le vêtement que je porte.

" Attention !!! "

Le deuxième gorille choisi de s'occuper de " ma petite amie " qui, figurez-vous, n'est pas totalement dépassée par les événements. Quoiqu'on en dise, on est jamais assez préparé pour se battre, même lorsque cela fait partie du quotidien et je croise les doigts pour qu'elle soit en mesure de se défendre.

La main sur ma plaie, j'esquive deux nouveaux assauts avant que mon genou ne rencontre le visage de mon adversaire. Ttt, erreur de débutant, mec. Un craquement me fait grimacer mais c'est son nez qui a cédé. Dans un cri de rage il tente encore de m'éventrer.

" Y'a peut être moyen d'appeler quelqu'un non ? "

Dis-je, haletant, en me rapprochant de mon acolyte du soir, sans citer la police pour ne pas révéler son statut à nos ennemis.
Comme quoi tout arrive, j'en suis à réclamer l'arriver des poulets...
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MessageMar 29 Mar - 22:42

La jugulaire de mon Némésis commençait à rougir de plus en plus. Manquerait plus qu'il crève avant que je puisse le coincer. Le deputy-commissionner me l'avait dit la dernière fois, il est une des raisons pour lesquelles je ne peux pas être promue agent spécial senior. Il est comme une tâche sur mon dossier. Et s'il crève, c'est foutu. C'est purement égoïste de ma part, mais j'assume pleinement. Ce que je n'assume pas en revanche, ce sont ces guignols qui continuent de m'appeler poupée. Je vais leur couper les deux guitares propres et nettes, on verra s'ils continuent à me traiter de poupée. Mais plus tard. Pour l'instant j'obéis et je fais ma docile. Ils n'ont vu que le sommet de l'iceberg. Attendez que la flic se mette en marche. Mais la flic elle attend patiemment, parce qu'après avoir révélé qui je suis va falloir déguerpir très vite sans réfléchir si je ne veux pas avoir une cible dans le dos. C'est très anticonstitutionnellement parlant, surtout que je suis censée protéger et servir mon pays.

En suivant les ordres du gorille le pauvre Hans et moi tintinnabulons jusque dans la petite cour. Ces orchidoclastes finirent par éjecter le pauvre bonhomme qui finit par terre. Voilà, la situation s'améliore. Ou pas. Hans manque de se faire planter, et machinalement je portais la main du côté droit de ma ceinture. Putain j'ai laissé mon flingue dans ma bagnole. Mais pourquoi. Quoique, ce gaillard a de sacrés réflexes, si on prend en compte ce qu'il a bu. Le deuxième gorille a choisi de s'occuper de moi. J'ai à peine le temps de me demander si Hans va bien que le gars me plaque contre le mur et commence à me lécher le cou.


"Espèce de brute, je veux pas avoir l'escherichia coli à cause de toi !"

C'était difficile de me défendre, le gaillard est costaud. Mais l'homme le plus costaud du monde a toujours un point faible. En l'occurrence, deux. Bien pendants. Je rassemblais toutes mes forces pour lui assener un coup de genoux dans les bijoux de famille. La douleur le prit et il me lâcha, j'en profitais pour lui faire une clef de bras et le mettre à terre, les deux bras derrière le dos et mon genou sur sa nuque. Technique d'auto-défense de flics, là, clairement, je m'étais vendue. Je n'entendis pas grand-chose de ce qu'Hans me cria, il fallait que je vienne l'aide. Je coinçais les bras du gaillard au milieu de son dos, je sentis son omoplate bouger. Ça ne le retiendrait pas longtemps.

"Il est bien trop tard pour appeler quelqu'un mon gars. Et personne ne viendra dans ce quartier."

A cause de son nez cassé (joli coup Hans !) il a lâché le couteau. Il était par terre. A portée de main. Mais nez cassé ou pas, ça ne l'empêche pas de se jeter dessus. Nous plongeâmes tous deux pour l'attraper. Je mis la main dessus en premier et après quelques secondes de lutte j'en profitais pour lui percer la main avec. Le nez plus la main, a priori si les urgences suivent le protocole ils appelleront le NYPD pour suspicion d'acte criminel. Je ne sais pas où j'ai visé la main, mais si j'ai touché un nerf important et qu'il perd l'usage d'une partie ou de la totalité de sa main, je suis bien dans la merde. Encore plus que si j'avais l'endométriose, parce que ça me ferait directement perdre mon job.

"Et sinon on se barre en courant jusqu'à ma voiture ou tu comptes faire un colloque ?"
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MessageDim 3 Avr - 19:22

Katharina & Hans ✖ @Shiya.


"Et sinon on se barre en courant jusqu'à ma voiture ou tu comptes faire un colloque ?"

Ah non, on peut filer, avec plaisir ! Je refoule la douleur dans une inspiration peinée et suis Katharina jusqu'à sa voiture. Ça pue le piège à plein nez. Une fois mademoiselle au volant, son arme retrouvée et ses réflexes professionnels éméchés je serai cuisiné aussi longtemps qu'il faudra avant de sortir les mauvais propos, les demis aveux compromettants, les culpabilités dont elle pourrait se servir contre moi.
Figurez-vous cependant que, la main sur ma plaie et des crétins hurlant vengeance dans le dos, je ne pense pas à tout ça. Je préfère du moins prendre le risque ne serait-ce que pour m'assoir et m'assurer que la blessure n'est qu'une petite coupure et non un trou mortel. Enfin, puisque je parviens à courir, je suppose que je survivrai.

" Joli baston. J'ose espérer que pour cette fois, tu me considères comme un allié. "

J'essaye. Sait-on jamais. Elle pourrait faire preuve de bon sens et d'un peu de compassion. Ou pas.

Une fois installé à côté du chauffeur, j'applique une pression solide avec mon vêtement pour stopper l'écoulement puis revient à la flic, méfiant.
Où va-t-elle nous conduire ? Malgré l'évasion nécessaire je n'sais pas trop si je dois me réjouir d'être installé ici...

" J'pensais que tu connaissais cette règles importante des mauvais quartiers. "

Un haussement d'épaules, un sourire faussement mystérieux, je termine ma phrase tout en sachant qu'elle va me rembarrer :

" Une jolie fille attire forcément les ennuis dans un bar si miteux. Et personnellement, je n'avais pas besoin d'une nouvelle correction aujourd'hui. "

J'ignore ses répliques haineuses, si elle en a, et retrouve doucement mon souffle. Je ne pense même pas à vérifier si nous adversaires ont encore la force de nous poursuivre. Peu de chance pour qu'ils aient un véhicule disponible et/ou les compétences pour nous avoir déjà rattrapé.

Après avoir fait l'inventaire de mes douleurs, je me pose enfin une question sympathique : Katharina est-elle blessée ? Pas à première vue, mais elle n'est pas le genre à se plaindre je crois. Si elle a ramassé pendant le combat, ça n'est rien d'insupportable et elle prend soin de le garder pour elle.

Je me demande ce que serait devenue cette fille si elle n'avait pas choisi le bon côté de la loi...puis je me souviens tout le mal qu'elle me souhaite en étant flic, pas la peine d'imaginer pire.

" ... Tu peux me déposer au prochain carrefour ? "


{ Bien joué pour la liste de mots à placer o/}
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MessageJeu 14 Avr - 0:26

Heureusement qu'il lui reste encore son instinct de survie. Nous filons en quatrième vitesse vers mon 4x4. La belle bagnole quoi. Et non ce n'est pas un modèle de compensation, il s'agit d'une voiture de fonction. D'ailleurs, je pourrais avoir de sacrés problèmes à faire monter Hans dedans. Malgré son état il arrivait encore à courir, bravo, beaux réflexes mon gars. Ni une ni deux je saute sur le siège conducteur et démarre en trombe. J'ai appris à conduire avec une boîte manuelle, je me félicite d'avoir un véhicule à boîte automatique, sinon le démarrage aurait été autrement plus lent. Sans m'occuper du code de la route je sors du quartier au plus vite. J'aurais pu mettre la sirène et les gyrophares, mais niveau discrétion on fait mieux. A l'intérieur, Hans s'occupe de faire pression sur ses blessures. Manquerait plus qu'il me salisse ma bagnole maintenant. Sans enlever mes yeux du pare-brise je l'invectivais méchamment.

"Si tu peux éviter de te vider de ton sang sur les sièges en cuir ça serait cool, je la rends dans trois semaines."

Maintenant que nous étions sortis, nous pouvions ralentir un peu la cadence. Je voulais tenir le volant de ma main gauche pour laisser ma main droite pendre sur ma cuisse, comme je le fais d'habitude pour être confortable. Impossible. J'arrachais une grimace de douleur, au moment même où mon Némésis me qualifiait de jolie fille. Je n'avais même pas la force ni l'envie de répliquer. A priori je n'ai rien de cassé, par contre mon bras gauche me lance. Je dois avoir un bleu interne ou une connerie du genre. Mais je garde la tête haute. Et j'irai aux urgences demain en prétextant une mauvaise chute. Entre le mec du couteau et Hans, si j'arrive avec un bleu de bagarre, quelqu'un fera le rapprochement. Une fois sortie du Queens, dans un quartier plus civilisé, je m'arrête sur le premier parking que je vois. Parking privé. Mais j'ai une voiture avec une plaque gouvernementale, alors j'ai le droit. Il m'a demandé de le déposer au prochain carrefour quatre carrefours auparavant. Il devait se sentir un peu mal là. En levant le frein à main e me penche sur Hans pour ouvrir la boîte à gants et en sortir mon flingue, que je tenais à bout portant vers lui. Sécurité activée, évidemment, je ne compte pas le descendre là maintenant tout de suite.

"Ne le prends pas personnellement mon gars. C'est juste pour moi. Ça me rassure tu vois. Savoir que tu peux y avoir accès ça me met pas en confiance."

J'arrête le contact et je verrouille les portières. Le canon de mon Sig est braqué sur son entrejambe.

"Bon. Ce qui se passe à Queensbridge reste à Queenbridge. Je ne pense pas que c'est bon pour toi si les gens apprennent que tu t'es battu côté à côte avec une flic. Et c'est pas bon pour moi si les gens apprennent que j'ai aidé un criminel à s'échapper d'une situation difficile. Gagnant-gagnant. Deal ?"

Pour les révélations on attendra encore un peu. J'aurais d'autres occasions de le faire avouer. Après tout, je suis pour l'instant dans les bonnes grâces du directeur-adjoint, je vais faire profil bas pendant quelques temps. Et peut-être que ma promotion se fera d'elle-même. En regardant Hans j'éclatais de rire et glissais le Sig sur le repose-gobelet. Je désactivais le verrouillage centralisé des portières.

"J'aimerais dire que ce fut un plaisir, mais je mentirais."

Il descendit et je démarrais en trombe, direction Manhattan. J'ai besoin d'une douche.



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Il n'y a pas de rencontre hasardeuse [Pv : Katharina Everwood]
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