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L’amitié sans confiance, c’est une fleur sans parfum
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Matthew Odair
MUGUET

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MessageMar 15 Déc - 19:55




L’amitié ....
feat La Douce


Le chauffage est encore en panne  ou tu as laissé la fenêtre ouverte toute la journée? On se pèle ici ! lança Matthew à son petit ami sans même lui dire bonjour. Il revenait d'une longue journée de travail et en enlevant son manteau il trouvait qu'il faisait vraiment froid... peut-être dans les 10 ou 15°C, lui qui aimait bien quand la température de la pièce avoisinait les 25°C on ne pouvait pas dire qu'il était heureux et vu la tronche que tirait Richter et les deux pulls et la robe de chambre jaune pisse immonde qu'il avait mise, Odair comprit que c'était encore une fois un soucis de chaufferie. Il jura quelque chose avant de soupirer et de se passer une main sur le visage exaspéré par la situation. Et avec le loyer qui va partir on a plus un rond pour appeler un réparateur, et le proprio joue aux morts à chaque fois. Autrement dit, on va se peler petit père ce qui était plus que gênant vu la santé de Keaton. Tu devrais aller chez tes parents, ou ton frère, le temps que je trouve une solution. Je ne veux pas que tu restes dans cette atmosphère humide... et si tu pouvais leur demander de nous dépanner un peu d'argent... ça serait cool. Il n'aimait pas ça quémander, mais là ils n'avaient pas franchement le choix... avec un seul salaire Matthew ne pouvait pas faire de miracles et les parents de Richter, les aidait en cas de coup dur comme celui-là! Matt ça va aller, je ne suis plus un gamin, je sais prendre soin de moi quand même. Ou pas. Même pas du tout. Keaton avait le don d'agir comme un gosse et Matthew comme les parents, ils avaient toujours fonctionné comme ça alors ce genre de réplique le faisait doucement rire. Un rire amer, sarcastique, las et fatigué. Il aurait pu insister. Il aurait du. Mais il n'avait pas le courage de se battre encore une fois contre son petit ami et de prendre le risque que ça finisse en dispute... et puis il fallait bien avouer que Kea' s'était habillé chaudement. Il pouvait bien lui laisser le bénéfice du doute après tout.

Une petite heure plus tard, ils s'étaient installés dans le canapé, sous trois plaids qui étaient désormais tâchés de sauce suite au repas... Visiblement, aussi bien l'un que l'autre mangeait comme un goret qui en mettait partout. Alors que Matthew avait commencé à somnoler devait le feuilleton abrutissant  -et inintéressant- dont raffolait Keaton, il sursauta assez brusquement lorsque quelqu'un frappa à sa porte. Il grogna un truc espérant que  Richter bougerait ses fesses pour aller voir  qui c'était mais non, l'autre garçon semblait trop captivé par ce qui se passait sur le petit écran. Keaton poussa même le vice à pousser un peu Matthew avec sa main Il y a quelqu'un, il faut que t'ailles ouvrir mon cœur. Il voulait mourir dans d'atroces souffrances, ce n'était pas possible autrement ! Mon cœur, déjà rien que ces surnoms débiles et mielleux lui donnaient des nausées... et en plus cet abruti avait le culot  de lui demander ça ? Son sang n'ayant fait qu'un tour dans ses veines, il s'était levé assez brusquement et lui jeta un regard noir se retenant tout juste de l'appeler par tous les noms d'oiseaux qui lui passaient par la tête ! Il ouvrit la porte assez brusquement prêt à envoyer paître la personne qui osait troubler son sommeil.

Seulement il se rendit compte que c'était Cinzia et le miracle opéra, il se calma presque instantanément et lui dédia son plus beau sourire, celui qu'il ne faisait qu'à quelques rares personnes... avant de se rendre compte que si elle était là alors que ce n'était absolument pas prévu ce n'était pas normal. Rentre ma Douce. Bienvenue au Pôle Nord. Oui c'était une plaisanterie, vraiment nulle, mais Odair n'était franchement pas doué pour ce genre de choses. Il ne précisa pas qu'elle devait faire comme chez elle parce que c'était logique. Elle était ici chez elle, elle pouvait s'installer, venir à l'improviste il ne broncherait pas, au contraire il était toujours ravi de la savoir débarquer. Qu'est-ce qui se passe ? Avant qu'elle ne réponde, il lança un long regard à Keaton pour lui faire comprendre qu'il serait préférable qu'il bouge de là, que Matt, pour une fois avait besoin de l'appartement pour lui seul, pour parler tranquillement avec sa meilleure amie. Ca aurait été une autre personne, certainement que Richter aurait fait semblant de ne pas comprendre, mais là il se leva pour prendre son manteau, un bonnet et souffla aux deux autres Je suis désolé Cinzia, je vais devoir vous laisser, j'avais prévu d'aller chez mes parents. Il déposa un baiser sur la joue de la jeune femme, embrassa le secouriste avant de s'éclipser rapidement. Comme quoi quand il se connaît la peine il pouvait vraiment être adorable et serviable le Richter.

Matthew attendit quelques instants que Keaton disparaisse, quand même un peu inquiet de ce qu'il allait pouvoir faire: il n'était pas certain que le garçon aille chez sa famille. Il reporta néanmoins totalement son attention sur sa meilleure amie. Il l'emmena "de force" jusqu'au canapé où il lui tendit un plaid pour ne pas qu'elle  attrape froid. Je vais te faire un thé.. ou du café comme tu veux. Qu'est-ce qui se passe ? Il se tut quelques instants avant de rajouter Tu n'as pas l'air bien... et ce n'est pas ton genre d'arriver à l'improviste. Il préféra se taire pour la laisser répondre, si elle souhaitait. Si elle ne voulait pas en parler il ne comptait pas la forcer, ça ne serait que contre-productif, le principal c'est qu'elle sache qu'elle pouvait compter sur lui et si elle était là c'est certainement que c'était déjà le cas. Il lui fit juste un petit sourire encourageant...






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Cinzia Herrera
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MessageLun 21 Déc - 23:18




L’amitié ....
feat l'ours mal léché


Je pouvais me vanter d’être l’une des rares personnes à partager avec Matthew une amitié sincère depuis de longues années. Il m’accueillait toujours avec le sourire, se montrant disponible et aussi attentif que je pouvais l’être à nos soucis. Mon départ pour le Canada n’avait en rien entaché cette belle complicité, et pourtant, jamais je ne me permettais de me présenter devant sa porte sans m’être annoncée au préalable. J’étais trop bien élevée et par-dessus tout, il n’était pas tout seul. Il vivait en couple avec son petit copain qui, depuis le temps, s’était habitué à ma présence. Je ne le dérangeais pas ou, tout du moins, prenait-il grand soin à ne jamais me le faire remarquer, mais ce n’était nullement une bonne raison pour m’incruster dans leur cocon sans y être invitée. Les rares fois où je m’autorisais, pareille incursion était donc peu courante et, le plus souvent, motivée par un événement qui me bouscula trop sévèrement. Ce soir-là, soir déjà bien avancé, j’avais accumulé les catastrophes modérées. Surprendre mon père dans ma chambre à fouiller les tiroirs, c’était un véritable coup de massue. Tomber en panne, ça en fut un autre. Me disputer avec Lyla, en revanche, c’était le pis de tous. Nous serions-nous querellées pour un détail de notre colocation. J’aurais pu l’accepter et je n’aurais certainement pas fui ma mauvaise humeur en me réfugiant chez un ami. Là, elle fustigeait le seul moment agréable de ma journée. Je l’avais passé avec un gars que j’avais rencontré en tout et pour tout à trois occasions, à tout casser, sans compter celles où il me tournait autour sans jamais m’adresser la parole. Ce devait être pour cette raison qu’il me paraissait si familier. À force de le voir partout, il faisait presque partie de mes proches, sauf qu’il ne me serait pas venu à l’idée de m’imposer chez lui une seconde fois. Je ne me sentais pas de lui raconter mes petits secrets avouables, autrement dit, ceux qui ne concerne pas l’appartenance de ma famille à Cosa Nostra. Je ne pouvais pas non plus me vautrer dans le canapé sans attendre d’invitation. Ici, dans cet appartement témoin d’une multitude de confidences, ce fut la seconde chose que je me permis après avoir salué les colocataires d’un bruyant baiser sur la joue chacun. « Je suis désolée de m’imposer chez vous comme ça, à cette heure-c en plus, mais j’avais besoin de sortir de chez moi, où j’allais devenir complètement folle. » m’exclamais-je en ôtant la veste que je fus tentée de renfiler aussitôt. « C’est vrai qu’on se les gèle ici. Vous avez oublié de payer une facture ? »

Ce n’était surtout qu’une plaisanterie pour feindre que j’étais là par pure courtoisie, mais si Keaton tenta d’entrer dans des explications, Matthew, loin d’être dupe, l’interrompit d’un regard appuyé. Sa réponse fut somme doute des plus brèves et des plus laconiques, si bien que je me demandai s’il n’y avait pas entre eux quelques tensions. Richter partait. Il m’embrassait poliment pour rendre visite à ses parents alors que la nuit approchait doucement. « J’espère que ce n’est pas moi qui te fais fuir. Je peux repasser un autre jour. » m’excusais-je en quittant le divan après avoir remarqué, à la télévision allumée et au plaid répandu autour de moi que je les dérangeais pendant une soirée entre amoureux. « Non ! Non ! Ne t’inquiète pas. Je te l’ai dit, je devais y aller. Ils doivent m’attendre depuis une éternité. » Je ne protestai pas, c’était peine perdue, mais ça ne m’empêcha pas réellement de me sentir mal à l’aise. « Je suis vraiment désolée, Matt. J’aurais dû appeler. » répétais-je sans être certaine d’être véritablement entendue. Mon meilleur ami balaya cette remarque en m’obligeant à me rasseoir dans son divan et, à non plus, je ne m’y opposai pas. « Je veux bien un café, merci. De toute façon, je n’arriverai quand même à dormir alors. » Éluder sa question précédent me sembla une bonne alternative maintenant que je réalisais que je n’avais plus passé un moment seul avec lui depuis longtemps. « Tu sais que je vis avec Lyla dans un appartement que nous loue mon père.» Il hocha de la tête avant de cheminer vers la cuisine où je lui suivis, non sans avoir embarqué une couverture au passage. « Je t’avais dit aussi que j’étais surprise qu’il accepte que je quitte la maison et que je méfiais. Et bien, cet après-midi, je l’ai trouvé dans ma chambre en train de fouiller mes affaires. Tu imagines ? J’étais furax. Mais vraiment. Je lui ai dit que ça ne me plaisait pas, mais il est tellement con quand il s’y met qu’il a réussi à se trouver des excuses. Il avait l’air d’y croire en plus. Du coup, on s’est disputé, je me suis barrée, je suis tombée en panne d’essence et en rentrant, je me suis disputée avec Lyla. »

Je soupirai devant mes explications si laconiques que quiconque entendrait mon histoire penserait fatalement que ça ne méritait pas autant de ramdam. « Je me suis disputée avec elle parce que j’ai rencontré quelqu’un récemment. Rien de sérieux, hein. C’est juste une rencontre comme ça, banale quoi. » dédramatisais-je alors que je sentais mes joues rosir. « C’est un ami à mon frère et je lui ai demandé de venir me dépanner, sauf que Lyla le connait aussi et qu’elle ne le supporte pas. Du coup, elle m’a engueulée comme si j’étais une gosse. Je te jure, j’avais l’impression d’être une gamine qu’on a surprise en train de mettre le feu aux tentures du salon. Ça m’a tellement foutu les nerfs en pelote. » Inutile d’en dire davantage, Matthew savait que je me battais pour mon indépendance depuis mon retour du Canada. « Du coup, je n’avais pas envie de rester là-bas, alors, je suis venue me réfugier chez toi, mais je le redis. Tu peux rappeler Keaton si tu veux. Je peux aller chez un de mes frères. A cette heure-ci, je suis pas convaincue qu'il va oser se pointer chez ses parents et, si tu es prêt à m'herberger pour la nuit, je ne te dirais pas non. » finis-je par proposer en baissant la tête tandis qu’il déposait sous mes yeux une tasse de café bien chaude. J’en bus une gorgée et je me sentis aussi réconfortée que réchauffée. « Sérieux, Matt, qu’est-ce qui se passe que vous n’avez plus de chauffage ? C’est en panne ? Depuis combien de temps ? Vous n’avez pas appelé à un réparateur ? Parce que vous ne pouvez pas rester comme ça. C’est un coup à attraper la crève et finir avec une pneumonie à l’hôpital. »






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Avere nel cuore, une voglia d'amare. Avere nella gola una voglia, di gridare. E chiudersi dentro. Prigionieri di un mondo che ci lascia soltanto sognare, solo sognare. Se non ci fossi tu io me ne andrei.
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Matthew Odair
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MessageDim 27 Déc - 18:58




L’amitié ....
feat La Douce


Lorsqu'elle s'excusa de débarquer ainsi, il secoua doucement la tête pour lui faire comprendre qu'il n'y avait pas de soucis et qu'il ne lui tiendrait jamais rigueur d'une telle attitude. Bien  au contraire, il était plutôt content de la voir. Histoire de la rassurer un peu plus, il ne tarda à reprendre la parole Non, tout est bien payé, c'est rien on va tenter de régler le problème demain ! dit-il pour la rassurer, se doutant qu'au final le problème était plus important qu'il ne voulait le laisser paraître. Odair lui dédia un grand sourire avant de continuer Et ne dis pas n'importe quoi, tu ne t'imposes pas, je te l'ai déjà dit, tu es toujours la bienvenue ici ! Elle le savait mais il préférait le répéter. Il craignait qu'un jour elle se lasse de son caractère de chien, il craignait qu'à force de ne pas être sympathique avec la plupart des personnes, elle se lasse de lui, de leur amitié et qu'elle le fuit tout simplement. Même s'il ne le disait jamais ou pas très souvent son amitié comptait énormément à ses  yeux: les étalages de sentiments, être un véritable bon hôte ce n'était pas son fort alors il se dépatouillait toujours comme il le pouvait, espérant à chaque fois qu'il ne commettrait pas d'erreur. Surtout aujourd'hui. Surtout pas aujourd'hui alors qu'elle avait s^purement de lui, sûrement besoin d'un confident. Il ne pensait pas être la personne de choix: il ne donnait pas forcément de bons conseils, les gens en général l'épuisaient, le gonflaient et il était du genre à vouloir s'en débarrasser rapidement... cependant il était quand même une oreille attentive, et il faisait toujours son possible pour être une oreille la plus impartiale possible avec Cinzia. En quelques mots, il essayait -plus ou vainement- d'être bon meilleur ami, un truc digne de ce nom, de cette fonction !

Tandis qu'il partait Keaton tenta de rassurer Gambino en lui disant que c'était plut ou moins prévu et que ce n'était bien sûr pas elle qui le chassait. Pieux mensonge dira t-on, et qui avait quand même un certain fond de vérité. Si Odair ne savait pas mentir étant  trop franc, Richter par contre maîtrisait ce genre de petit mensonge à la perfection et il le faisait avec tant d'aplomb et avec ce sourire angélique collé  à ses lèvre que son amie ne pouvait que le croire. Et pourtant, le petit ami évaporé dans la nature la voilà qui s'excusait de nouveau faisant un peu tiquer le secouriste. Elle n'était pas possible et il ne savait plus de quelle façon lui faire comprendre que tout allait bien, qu'il fallait qu'elle arrête de s'inquiéter pour ça. Au lieu de se remettre à parler, paroles qui seraient forcément vaines et qui aboutiraient probablement à un foutu dialogue de sourd il préféra simplement l'obliger à s'asseoir et à lui proposer une boisson. Dés qu'elle lui donna la réponse -un café- il s'empressa de le faire sans faire de commentaires  tout en acquiesçant de temps en temps sur  tout ce qu'elle était en train de lui raconter. Qu'est-ce qu'il pensait trouver dans ta chambre ?! demanda t-il un peu ébahi par un tel comportement. Elle était majeure, merde ! C'était quand même fou de ne pas pouvoir mener sa vie comme elle l'entendait. Il avait vraiment beaucoup de mal avec ce genre d'attitude. Même si au final il se doutait que c'était pour la protéger , il était hors de question qu'elle aille dans le sens de l'homme. Il tentait de restait calme, de incriminer personne même si dire quelques vacheries sur le père de sa meilleur amie le tentait franchement. J'ai déjà du mal quand Keaton ou mes sœurs fouillent mes tiroirs sans mon autorisation, alors ton père... Il se tut quelques instants avant de reprendre par contre je pense avoir loupé un chapitre ou deux alors pourquoi est-ce qu'il fouillait exactement ? Est-ce qu'il avait quelque chose à te reprocher, à craindre ? Tu ne te drogue pas je suppose ? Il se gratta un peu le menton avant de continuer Écoute moi-bien Cinzia. Tu sais qu'avec Lyla ce n'est pas l'amour fou. Gentille façon de dire qu'ils ne pouvaient pas se piffer. Il chercha ses mots, un peu plus longuement Tu mènes ta vie comme tu l'entends Cinzia, si tu aimes bien ce type, si tu es certaine que c'est quelqu'un qui pourra te rendre heureuse, alors fonce. Ne fais pas attention à ce qu'elle pourrait penser, ne fais attention au fait qu'elle l'aime bien ou pas. Certainement qu'il aurait pu en profiter pour casser un peu plus l'autre secouriste, cela le tentait même beaucoup mais il tenta de se retenir trouvant que son amie avaient bien d'autres soucis à gérer que leur petite gueguerre interne. Je ne sais pas comment est-ce ça s'est passé, alors j'aurais une seule question. Elle n'exige pas forcément de réponse immédiate mais je tiens juste à ce que tu y réfléchisses. Il se tut de nouveau quelques instants avant de reprendre Est-ce que tu es certaine qu'elle a réagi comme juste parce qu'elle ne l'aimait pas ? Est-ce qu'il n'y aurait pas autre chose là-dessous, et je ne parle pas qu'une quelconque jalousie: ce que je veux dire par-là c'est que c'est peut-être une façon à elle, maladroite de te protéger. Parce qu'elle tient à toi, je ne peux pas lui enlever ça... même si à ses yeux c'était quand même une sacrée connasse.  Il lui dédia un petit sourire En fait j'ai une autre question: comment est-ce qu'elle réagit quand tu parles de moi, est-ce qu'elle fait aussi ça ? Il voulait juste comprendre ce qui s'était passé, avec des propos comme ça c'était assez difficile de se faire une réelle idée, mais il ne démordrait pas de son idée principale : elle était assez grande pour se débrouiller seul. Il tentait juste de lui montrer qu'elle se trompait peut-être sur les intentions de Lyla.  Il ne rajouterait certainement rien sur le sujet, sauf si elle voulait en débattre avec lui. Il lui avait brièvement donné son avis, lui faisant comprendre à sa manière qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait mais qu'elle devait juste faire attention.

Lorsqu'elle reprit la parole pour lui proposer d'aller dormir ailleurs, il lui fit les gros yeux comme si elle avait dit une énorme connerie ! Lui vivant, elle ne partirait pas aussi facilement.... enfin non pas qu'il comptait la séquestrer, mais il ne la laisserait pas partir alors qu'elle avait besoin d'un lieu tranquille ou se reposer, un lieu où on ne viendrait pas forcément la chercher. Matthew doutait que son père, ou Lyla, ou un de ses frères viennent jusqu'ici pour voir si la cadette n'était pas là. TTSS. Arrête de raconter des absurdités qui sont plus grosses que toi Cinzia ! Il va juste falloir que je te prépare la chambre d'amis, on a assez de couettes pour que tu ne prennes pas froid. Et pour Keaton, il sera bien mieux chez ses parents, nous étions en plein pour-parler pour qu'il y aille quand tu es arrivée. Enfin presque, mais c'était tout comme... Donc tu es tombée à pic, et il t'aime beaucoup, alors dis-toi que tu ne dérangeras jamais. Capito ? Sur ces mots il te tut pendant quelques instants, le temps de remplir la tasse de café et de lui donner, puis de remettre derrière l'oreille de la jeune femme une mèche qui pendouillait devant ses yeux.  Il soupira à ses nouvelles questions avant de se passer une main dans les cheveux C'est pour ça que je l'ai envoyé chez ses parents... pour ne pas qu'il attrape froid! Moi je suis encore un grand garçon bien immunisé, ça ne devrait pas poser trop de soucis. mais pour combien de temps ? Il tenta de ne pas trop s'ancrer cette question dans son esprit histoire de ne pas trop déprimer pour le reste de la soirée Et ça a dû commencé ce matin... Hier soir ça allait à peu près. Le chauffage a juste du tomber en panne... et on appellera un réparateur dés qu'on aura un peu d'argent. Cette fois il grimaça. Il n'aimait pas parler de ce genre de choses mais pourtant c'était bel et bien la vérité, il ne pouvait pas répliquer autre chose Keaton va demander à ses parents ce soir ça devrait aller. On va se débrouiller... comme toujours. Il se passa une main dans les cheveux avant d'ajouter comme si cela aller rassurer la jeune femme ca fait longtemps qu'on se débrouille avec mon seul salaire, alors oui, dés qu'il y a des merdes comme ça c'est toujours un peu compliqué, mais on ne peut pas faire autrement. On s'en sort. Regarde est-ce que j'ai l'air de mourir de faim ? Non, là le pire qui puisse m'arriver c'est de perdre un doigt de pied pendant la nuit ! Tenta t-il de plaisanter avant de retrouver un pseudo sérieux. Si tu as besoin de compagnie ou que tu as peur d'avoir je peux même te proposer ma compagnie dans le lit... Non ce n'était pas absolument pas une proposition indécente, il n'allait pas en profiter pour la mater ou quelque chose dans le genre. C'était encore une manière un peu étrange de lui montrer qu'il serait là pour elle si elle en avait besoin... sauf que c'était surtout plus maladroit et ridicule qu'autre chose. Il avait également sorti cette phrase dans l'espoir de changer de sujet, parler d'argent, de ses soucis financiers était quelque chose de gênant, lui qui aimait son indépendance pouvoir gérer son couple seul.... Bon alors ce type, il est comment ? Raconte-moi ça quand même ! Il n'était pas potin et compagnie mais ce type avait l'air de tenir à cœur à Cinzia... en savoir un peu plus sur lui était donc certainement nécessaire.






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Cinzia Herrera
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MessageLun 28 Déc - 23:44




L’amitié ....
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Maintenant que nous étions seuls, bien que la présence de Keaton ne m’aurait pas empêchée de me plaindre de mon père, mais plutôt de faire une quelconque allusion à Manuel, je résumais en quelques longues phrases ce qui valait à Matthew cette visite-surprise. Je n’oubliai rien, sauf les détails que réclamait justement mon ami de toujours. Il faisait partie de ses rares personnes en qui j’avais assez confiance pour parler de moi sans cacher derrière une multitude de faux-semblants. S’ils subsistaient, ils n’avaient trait qu’à ma famille si envahissante parfois. Ma relation avec Matt, par exemple, elle était tolérée par mes frères uniquement parce qu’il était gay. Qu’il soit en couple n’avait aucune espèce d’importance, ça n'éloignait pas le danger avec un hétérosexuel. Fort heureusement, ses choix de vie me permettaient d’entretenir avec lui une complicité que personne ne venait troubler. C’était à cause d’eux que mes ainées refusaient de le fréquenter. Un homme de l’autre côté de la barrière est une ignominie à leurs yeux et moi, ça m’arrangeait très bien. Je pouvais les charger sans le mettre en porte à faux vis-à-vis d’eux et, par-dessus tout, j’étais en droit de vider mon cœur de sa colère sans obtenir en retour un regard désapprobateur. Je m’en donnai à cœur joie d’ailleurs. « Ah ben, c’est une bonne question. Je ne sais pas ce qu’il lui est encore passé par la tête. Je suppose que comme je ne vis plus sous  le même toi que lui, il s’est imaginé qu’il trouverait une boîte de capotes. C’est stupide, je te l’accorde. Si j’avais eu envie de me taper un type, ce serait déjà fait et j’aurais été assez maligne pour ne pas le faire chez moi. Le plus triste, c’est qu’il dit qu’il fait ça pour mon bien, parce qu’il s’inquiète. C’est des foutaises. Il veut juste garder le contrôle, c’est tout. Je ne sais pas s’il réalise qu’à part me donner envie de le fuir le plus vite possible, il ne va pas y gagner grand-chose. » sifflais-je en m’agitant sur ma chaise, mes racines latines se posant là : mes mains parlaient autant que les mots. « Tu comprends ça, toi ? Sérieusement, il est ridicule. Tout ça est complètement ridicule. » Le simple fait que le secouriste soit d’accord m’apaisa un peu, mais je n’étais pas calmée pour autant. Il m’en faudrait plus que ça, mais mon meilleur ami avait le don pour trouver les formules adéquates

Quand je ne pouvais me vanter que de suppositions, il se tracassa à juste titre des risques encourus par toutes les jeunes femmes qui, à force d'être prisonnières, feraient n’importe quoi pour se sentir vivantes. « Non ! Non ! Je ne me drogue pas. Je bois bien un verre de temps à autre avec Lyla, mais ce n’est jamais déraisonnable et ça n’arrive pas si souvent que ça. » lui répliquais-je sincère alors que sa voix s’était teintée d’inquiétude. « Je t’assure, je sors un peu plus qu’avant, mais je ne fais pas de bêtise de ce genre-là. C’est vrai que je me suis retrouvée complètement ivre morte sur un parking, mais il n’aurait pas pu le savoir. J’en suis certaine. » En revanche, en allant acheter des pâtisseries dans une boutique tenue par un ami de longue date, ce n’était pas bien malin, je devais bien le reconnaître. Questionner ses hommes sur Mani ne l’était pas davantage. Avait-il eu vent de mes petites manigances ? Était-ce ça qu’il cherchait ? La preuve que je voyais quelqu’un sérieusement, ce qui, entre nous, n’était pas exactement vrai. Peut-être avait-il entendu parler de Mani à cause de mon imprudence et qu’il s’était permis d’interroger Lyla. Le patron du El Gato Negro était notre pomme de discorde. Il nous divisait malgré nous, mais je ne la croyais pas capable de dévoiler mes secrets à Ettore même s'il était rusé. Matthew, par contre, étant donné son animosité envers sa collègue, je ne doutais pas qu’il trouvait cette idée plus qu’intéressante. Je nous préservai donc d’une cachotterie, car je ne supporterais pas qu’il puisse en dire du mal ouvertement. J’avais besoin de son objectivité, pas de sa mauvaise foi parce que la Mexicaine lui filait de l’urticaire. « Chaton, je sais que vous ne vous entendez pas beaucoup, ce qui m’échappe, je dois bien l’avouer. Lyla est une fille géniale. Je suis sûre que vous pourriez vous entendre si vous faisiez un effort chacun de votre côté. Moi, ça me fait mal au cœur de ne pas pouvoir vous inviter tous les deux à ma table. Vous comptez tellement pour moi. » Je grimaçai, déçue par cette réalité immuable, avant de poursuivre. « Surtout, qu’elle n’a pas tout à fait tort. Je le sais bien.  Je ne sais pas grand-chose de lui. Elle le connait sans doute mieux que moi, parce que c’est le patron de son frère. Mais, il y a quelque chose en lui qui me plait et qui m’attire, c’est plus fort que moi. Parfois, j’ai peur que ça me rende un peu inconséquente et excessive.  Un peu comme sa réaction à elle aujourd’hui. Tu vois ce que je veux dire ? » conclus-je pour me taire enfin, un instant, pour lui permettre de digérer mon flot de paroles et de réfléchir à cette remarque plus que pertinente. « Oh, je peux te répondre tout de suite. Elle essaie de me protéger, comme tout le monde et c’est bien ça le problème. Je n’ai pas besoin qu’on prenne soin de moi, j’ai juste envie qu’on me fasse confiance et qu’on me donne l’opportunité de me planter si je dois me planter. Tout le monde dépense tellement d’énergie à m’entourer d’ouates, tout le temps, ils ne se rendent pas compte que ça me donne surtout envie de me mettre en danger pour avoir l’impression d’exister. »

Nerveuse, j’attrapai une cuillère abandonnée sur la table pour la faire tourner entre mes doigts. « Tu poses trop de bonnes questions à la fois. » ricanais-je en réalisant que nous parlions peu d’Odair, pour ne pas dire jamais. La seule fois où s’était arrivé, j’avais vanté ses mérites et elle avait posé sur moi un regard ahuri qui m’arracha un rire frais. « Je n’ai pas le souvenir qu’elle ait déjà dit du mal de toi en ma présence. En fait, elle ne comprend pas ce que je te trouve, mais ça s’arrête là. Tu crois que ça veut dire quelque chose ? » Comme, par exemple, l’importance de tenir compte de ses nombreuses mises en garde par rapport à Mani ? Tout ça était tellement compliqué. S’il avait prévu de passer une soirée sans anicroche, c’était raté. Rester ici pour la nuit me sembla moins attrayant tout de suite. Matt avait ses propres problèmes, de véritables soucis, comme le chauffage, la santé de Keaton et l’argent. M’excuser à nouveau pour le dérangement s’imposa donc à moi comme une nécessité, mais je le regrettai aussitôt. Ses yeux me lançaient des éclairs et je lui souris amicalement et tendrement, le remerciant pour son authenticité, la tasse de café bien chaude qu’il déposa entre mes mains glacées et sa marque d’affection. Il était grand temps que je cesse de jouer les nombrilistes et que je m’inquiète un peu de lui et de l’homme de sa vie. Personne ne pourrait survivre, sur le long terme, dans un appartement où la température approchait celle de l’extérieur. « Ouais, enfin, un rhume c’est vite arrivé et c’est désagréable. Le propriétaire ne peut rien faire pour vous ? Tu veux que je l’appelle ? Il suffit que je lui dise que je suis journaliste pour qu’il vous envoie quelqu’un dans la demi-heure. En général, les syndics d’immeuble comme lui se bougent le cul pour pas qu’on leur fasse de mauvaises publicités. » Et lui, plus que tout autre la méritait amplement. C’était un connard fini qui n’avait d’intérêt que pour l’argent. Ses locataires ? Ils s’en fichaient comme de sa première paie. Plus il s’emplissait les poches, plus il était désobligeant au téléphone. Alors, sans pour autant vouloir l’offenser, je quittai mon siège, bien drapée dans ma couverture, pour récupérer mon chéquier et un bic dans mon sac. « Tu crois que vous avez besoin de combien ? »m’enquis-je déterminée à ne pas lui autoriser le moindre refus tandis qu’il était déjà à deux doigts de protester. « Et ne discute pas. Tu me rembourseras quand tu peux. Que tu attendes pour réparer ou pour me rembourser, ça revient à la même chose, mais vous ne pouvez pas rester comme ça. Alors ? Combien ? Ne fais pas ta tête de mule, de toute façon, je n’abandonnerai pas et je n’ai pas envie de me disputer avec toi ce soir. On peut en rediscuter demain matin si tu veux. Mais ce soir, fais semblant d’accepter. Tu ne peux prendre de décisions qu’après avoir passé une nuit entière dans le froid…seul dans ton lit. Parce que je te vois venir. Tu veux dormir avec moi pour qu’ils te tiennent chaud. » plaisantais-je en attrapant mes seins dans chaque main. Il n’y trouverait aucun autre intérêt, c’était le genre de blague que je ne pouvais me permettre qu’avec lui. « C’est ça, où je garde pour moi le nom du monsieur Mystère dont j’ai parlé tout à l’heure. Je vois bien que tu meurs d’envie d’en apprendre plus. » Je ponctuai en le poussant de mon poing sur son épaule. « Allez, viens, on va préparer la chambre, je te raconterai tout pour t’éviter de dire une bêtise. »

Déposant le bout de papier qui valait pourtant son pesant d’or sur la table de la cuisine et récupérant mon café – j’en avais cruellement besoin – je le tirai avec moi jusqu’à la chambre d’ami comme si j’étais chez moi, sans doute parce que je l’étais un peu, il me l’avait assez répété. Je savais parfaitement où il rangeait les draps et considérant qu’il me faudrait plus qu’une couette pour supporter le froid glacial de la pièce gelée– elle était plus souvent vide que le contraire, du moins, je l’imaginais ainsi – je m’activai à me préparer un lit correct et douillet sans trop tarder, parlant pour me réchauffer, ma tasse sur la table de chevet. « Alors, que te dire…je l’ai rencontré d’une façon un peu idiote. J’étais en boîte avec des copines, j’ai trop bu, je les ai perdues, j’ai échoué sur le parking au sens propre comme au sens figuré et il est apparu comme par magie. Je te passe les détails sur son sourire et sur le fait qu’il est beau à t’en brûler la rétine, parce que ça, on s’en tape. » Je sentis mes joues rosir et je réalisai que parler de lui n’était pas une bonne idée alors que je luttais contre moi pour ne pas lui adresser un message pour accepter son invitation à dîner. « Normalement, ça aurait dû s’arrêter là, mais il s’est avéré qu’il était un ami à mon frère. Du coup, on s’est revu dans cette boîte qui, soi dit en passant, est à lui. Il m’a invité à dîner, mais j’ai refusé, parce qu’il m’a présenté ça comme si c’était du chantage et aussi parce que je n’avais pas envie qu’il comprenne qu’il me plaisait. Réaction en chaîne, il m’a ignoré. Fatalement. Sauf qu’il était partout. Partout où j’allais. Sans me parler, mais il était là. Du coup, j’ai pris le taureau par les cornes et je suis allée le voir chez lui. » Je lui épargnai les détails sur la façon dont j’avais obtenu cette information et sur son baiser. On verrait plus tard, si ça se justifiait. « Aujourd’hui, c’est lui que j’ai appelé pour qu’il vienne me chercher quand je suis tombée en panne d’essence et c’est à cause de ça que je me suis disputée avec Lyla, pas parce que je l’ai appelée elle, mais lui. Tu sais presque tout… » Et le lit était presque terminé…






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Avere nel cuore, une voglia d'amare. Avere nella gola una voglia, di gridare. E chiudersi dentro. Prigionieri di un mondo che ci lascia soltanto sognare, solo sognare. Se non ci fossi tu io me ne andrei.
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Matthew Odair
MUGUET

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MessageSam 2 Jan - 17:43





l'amitié
ft la douce

Malgré les années qui passaient, Matthew était toujours bien souvent étonné de ce que sa jeune amie pouvait lui raconter, et sincèrement cela ne lui donnait pas spécialement envie de les connaître plus en profondeur -sans jeu de mots bien entendu-. Entre parler d'eux suffisait largement au secouriste qui pour une fois était plutôt ravi de l'étroitesse d’esprit de ces gens. Au moins il n'avait pas à les côtoyer, à les supporter, parce qu'il était clair que vu son caractère, Matthew se serait certainement attiré quelques ennuis comme il n’avait pas spécialement la langue dans sa poche. Il n'avait le gabarit imposant de Luciano et si une bagarre se déclenchait il finirait en petits morceaux à l'hôpital.  Ce schéma était donc parfait pour lui ! Il tentait néanmoins de rester le plus impartial possible afin de lui fournir les conseils les plus judicieux selon lui, après forcément, il penchait toujours plus du côté de son amie. Se passant une main dans les cheveux aux nouveaux propos de Cinzia, Odair demeura ensuite silencieux un moment... parce que là ça devenait de plus en plus ridicule. Elle était majeure, elle avait quand même le droit de s'envoyer qui elle voulait quand elle le souhaitait non ? Ca avait tendance à le rendre toujours perplexe ce genre de choses. heuu.. commença-t-il avant de se rendre compte que s'il ne disait que cela, la pauvre Cinzia n'aurait pas beaucoup de réconfort. Moi je ne comprends pas ce que ça peut lui faire de trouver une boite de capotes ! Après tout certaines personnes, même adultes jouent avec en faisant des ballons d'eau avec. Il se tut quelques instants avant de soupirer ... comme Keaton  l'été, par exemple. Et puis... il vaut quand même mieux être prévenant. Tu pourrais tout aussi bien de taper un type et ne rien mettre. Bonjour les dégâts. C'est quoi la prochaine étape, il compte t'emprisonner dans une prison de verre et t'écarter les cuisses pour vérifier que t'es toujours vierge ? Il se tut subitement, se rendant compte qu'il avait peut-être était un peu trop... disons... "dur. De toute façon, tu es à un âge où est tu es libre de faire ce que tu veux, où tu veux avec qui tu veux... du moment que tu n’enfreins pas la loi, ou alors si tu veux l’enfreindre ne te fais pas choper. Fais attention à l'atteinte à la pudeur, ils ne rigolent pas là-dessus et vu le matos que tu te trimballes... Il lui dédia un petit sourire amusé. Il aimait bien lui rappeler qu'elle était bien gaulée. C'était un fait, il avait beau être gay et donc absolument pas intéressé, il aurait fallu être totalement aveugle pour oser dire le contraire. Après, même si ça vire un peu hors-sujet, coucher pour coucher... ce n'est pas ma vision des choses, trouve-toi quelqu'un qui t'aime pour ce que tu es et... en fait je trouve a juste mieux. Mais après tout le monde était différent, il ne se voyait absolument pas changer de partenaires plusieurs fois par semaine par simple plaisir. Pour lui, les relations charnelles sans amour ce n'était rien... mais après il est également vrai qu'il n'avait pas vraiment eu l'occasion de tester. Richter restant la seule personne qu'il avait connu jusque-là. Il se gratta un peu le menton avant de continuer Je ne suis peut-être pas de meilleur conseil, sur ce genre de points. Autrement dit, il ne faut pas non plus forcément écouter tout ce que je dis !

Le jeune homme avait ensuite voulu vérifier qu'elle ne prenait rien d'illicite, ou ne faisait rien qui pourrait mettre sa vie en danger. Il fut rassuré d'entendre qu'elle ne faisait pas de "bêtises" pour profiter autrement de la vie, bien qu'il s'en doutait déjà, avoir une réelle confirmation était toujours mieux. Et tout le monde boit un verre de temps en temps. Et.... Il se tut quelques instants avant de faire de gros yeux en intégrant une "information capitale" Tu as quoi ? Tu as été ivre morte dans un parking ?? Mais tu aurais pu te faire violer ou finir en coma éthylique !! Oui, de suite il pensait à ça, ce n'était pas le fait qu'elle bourre la tronche qui le choquait mais plutôt les conséquences que cela pouvait avoir. Elle était belle, jeune, et ne tenait certainement pas bien l'alcool... Il secoua la tête avant d'inspirer un petit coup ! Il ne devait pas se montrer moralisateur, cela ne servirait à rien. Du moment que tu n'es pas seule, c'est le principal ! Je sais que je vais passer pour un connard avec ce qui va suivre mais... Tu es ravissante, il faut surtout que tu fasses attention à toi quand tu es dans cet état et que tu ailles boire avec quelqu'un de confiance qui ne pourra pas profiter de ton état de faiblesse et qui pourra t'aider en non fuir en cas de soucis. Il allait falloir un jour qu'il arrête d'être pessimiste mais il avait tellement peur qu'il arrive quelque chose à sa meilleure amie et il tenait à elle qu'il en devenait excessif, un peu comme il faisait parfois avec ses sœurs ou son petit ami.

Lyla une femme géniale, non.  Enfin peut-être que si, mais lui ne la supportait pas... comme en fait il ne supportait pas plein de gens, comme Turner ou Bell par exemple. Il soupira longuement -très longuement- avant de grogner un petit Le temps d'un dîner je crois que je pourrais faire un effort, mais c'est bien parce que c'est toi. Et c'était un peu un sacrifice pour lui, une sorte de mise à l'épreuve pour vérifier si ses nerfs étaient assez solides pour supporter la Mexicaine sans lui lancer aucune pique. Pour Cinzia, il était quand même prêt à passer ce mauvais moment, pour lui faire plaisir, pour voir un sourire radieux affiché sur son visage de Princesse... seulement, dans les faits est-ce que la tension ne surplomberait pas tout ? Est-ce que Lyla jouerait au même jeu : à savoir tenter d'être polie et amicale avec lui le temps du dîner... avant que le lendemain ils continuent de s'entre-tuer à la caserne. Il soupira doucement quand même un peu déçu de ne pas pouvoir donner ce plaisir pourtant dés plus simple à la jeune femme. Il acquiesça ensuite doucement Ouais, je vois tout à fait ! Mais.. qu'est-ce que tu risques. Je veux dire au pire tu fais une erreur, tu es quand même une grande fille quand tu le dis. Avoir le cœur brisé, je suppose que ça ne fait jamais de bien, mais après tout c'est quand même plutôt quelque chose de courant et de surmontable. Je suis d'accord avec toi, si tu dois te planter, si tu penses qu'il te plaît vraiment et qu'il pourrait se passer quelque chose de sérieux, tente, fonce. Il voulait la voir heureuse, et, elle avait par ailleurs raison à force de trop la surprotéger, elle allait finir par péter un plomb et ça ne serait pas beau à voir. Tout ce que je te demande, c'est quand même de faire attention à toi. Il ne savait pas trop  comment  lui faire comprendre que oui,  il était encore et toujours derrière elle.  Oui, il voulait qu'elle fasse ses propres choix, des erreurs pourquoi pas après tout c'était formateur mais il ne fallait pas non plus qu'elle fasse n'importe quoi. Il aurait voulu pouvoir lui montrer qu'il y avait un juste milieu, mais intelligente comme elle était, elle devait le savoir, faire la part des choses. Il n'osait plus trop rien répondre de peur de s'embrouiller tout seul. Il verrait bien comment la jeune femme allait réagir et aviserait à ce moment-là ! Et concernant si Lyla disait du mal de lui ou pas, il fronça un peu les sourcils en entendant les dires de la Sicilienne. Si elle ne te dit rien par rapport à moi, et qu'elle te met en garde comme ton... enfin l'homme que tu convoites, je pense que tu devrais faire attention. Je ne le connais pas, est-ce que tu penses qu'il y aurait une manière quelconque que je le rencontre pour voir de quoi il a l'air et me faire une idée ?! Là encore il était bien embêté, Lyla était peut-être excessive, mais malgré tout il ne voyait l'autre secouriste faire obstacle à la relation sans réelle bonne raison. Il se racla la gorge  en se mordillant un peu la lèvre, mal à l'aise. Peut-être qu'il devrait en toucher deux mots à Lyla, sans évoquer leur dispute, pour savoir de quoi il en retournait exactement. Se passant une main dans ses cheveux il ne reprit pas la parole sur le sujet, pour le coup il n'avait pas d'autres idées. Si il n'y avait pas une quelconque manière qu'il voit l'homme, il se débrouillerait pour prendre des renseignements à Canjura ! Comme ça... il pourrait en parler de nouveau à sa meilleure amie et être un peu plus... disons meilleur conseiller.


Fort heureusement le sujet ne tarda pas à revenir à ses problèmes à lui, et surtout à la température et  sur le fait qu'il n'avait pas d'argent pour payer les réparations. Il n'était pas franchement fier de ça, il s'en voulait même un peu de ne pas arriver  à offrir une belle vie à son homme... Quand elle parla d'un rhume, il repoussa cette idée de la main et eut un petit ricanement lorsqu'elle lui dit qu'elle pouvait appeler le proprio Je pense sincèrement qu'il s'en fiche totalement. Si on part, même s'il y a une mauvaise pub d'autres personnes viendront malheureusement.. Alors non, je préfère rester discret et ne pas me le mettre à dos, je n'ai vraiment pas besoin de ça en plus. Il soupira déjà que quand on a emménagé on a dû se battre, il n'avait pas l'air trop pour louer un couple de... jeunes gens gay. Après peut-être que ça pourrait marcher, tu as même sûrement raison, mais... sincèrement Cinzia, je suis épuisé,  je n'ai pas envie de devoir me battre avec lui, qu'il nous trouve je ne sais pas quel truc pour nous emmerder. Tu sais bien comment ils sont, de plus e plus chiants et de mauvaise foi.  Alors on payera, on se débrouillera, c'est aussi simple que ça. ça ne l'arrangeait absolument pas, mais il n'avait guère le choix. Il ne s'était cependant pas attendu à la réaction de son amie. Il la regarda bouche bée, sans savoir quoi rajouter, à la fois touché et gêné. Terriblement gêné même. Je ne sais pas combien ça va coûter non.  Ça dépend de qui on va appeler et comme on aura pas le temps de faire un devis, il faudra prendre celui qui est libre le plut tôt possible avant d’attraper la mort. Autrement dit soit il pouvait tomber sur quelqu'un qui faisait des prix raisonnables, soit tout le contraire, tout était possible et les prix pouvaient certainement doubler, voire quadrupler. Tu ne connaîtrais pas quelqu'un de confiance toi, par hasard ? Il savait pertinemment qu'il n'avait pas vraiment répondu à sa question, il savait qu'il allait être obligé d'accepter de toute façon même s'il disait non, elle lui posterait certainement le chèque dans sa boite aux lettres, peut-être même qu'elle était capable de prendre son numéro de compte pour lui faire un virement en douce. Il allait donc la remercier -et effectivement revoir ça avec elle le lendemain- mais sa blague sur ses boobs le fit exploser de rire.  Un rire franc et joyeux, ce qui restait quand même exceptionnel chez lui. Tu te doutes bien qu'avec Keaton... je ne peux pas trop tester ce genre de choses. Il a déjà essayé en se mettant des ballons de farine coincé dans un soutif'.... mais.. on était totalement bourré et ce n'était pas franchement confortable. Il se racla la gorge avant de reprendre plus sérieusement Mais tu m'as découvert. Tu as TOUT compris. Bien sûr qu'il se fichait de ses seins, mais l'image était quand même trop drôle... et lorsqu'elle lui fit un petit chantage il eut un petit grognement amusé. Mademoiselle  Gambino, est-ce qu'on ne vous a jamais appris que faire un tel chantage, si odieux était interdit par la loi de cet appartement ? Il leva quand même les mains en signe de retraite Mais d'accord, j'irai perdre mes orteils tout seul dans mon lit ! Ça risque d'être compliqué après pour marcher s'ils se cassent comme de la glace... mais soit ! Je veux que tu m'en dises plus !.

Ils n'avaient pas tardé à se diriger vers la chambre d'ami afin de mettre les draps, et couettes pour la nuit. Alors qu'ils mettaient les draps, la jeune femme ne tarda pas à lui expliquer comment elle l'avait rencontré. Il haussa un sourcil. On parle de ce fameux jour ou tu étais ivre morte ? demanda-t-il afin d'être certain de bien tout suivre. Ouais, qu'elle passe les détails sur la beauté de l'homme parce qu'il n'avait pas des goûts de communs et elle serait forcément déçue de sa réponse. Odair, même s'il avait remarqué qu'elle s'était mise à rougir ne fit aucun commentaire là-dessus et il se contenta d'hocher la tête de temps en temps. Il était partout.... genre il te suivait  ?! Ce qui pouvait expliquer pourquoi Lyla n'était pas sereine sur cette relation. Plus le récit avançait plus il trouvait ça étrange, vraiment spécial, mais après tout... pourquoi pas. Du moment qu'elle ne s'entiche pas d'un psychopathe ou d'un mec violent... Hum, hum je vois totalement. Attends, je vais te chercher une autre couette, enfin une troisième, en cas. c'était surtout  pour arriver à partir pendant une minute ou deux, le temps de se remettre les idées en place, histoire d'arriver à lui faire une autre phrase que "heeuu". Il alla dans sa chambre et prit une couette en prenant bien tout son temps avant de revenir jusqu'à elle. Bon, je suis bien content pour toi en tout cas. Il a l'air serviable, s'il est venu te chercher et pour Lyla... ça lui passera ne t'inquiètes pas. Elle t'adore d'ici quelques heures ou quelques jours, je suis certain que ça repartira comme l'an quarante entre vous deux ! Il s'assit sur le lit à présent totalement terminé avant de tapoter la place à côté de lui. Il déposa un baiser sur la joue de la jeune femme avant de rajouter Je ne sais pas quoi rajouter d'autres, votre rencontre est vraiment étrange pour moi, son comportement peut-être un peu aussi... mais après tout je ne le connais pas. Mais... est-ce que tu ne pourrais pas te renseigner un peu sur lui ? Genre poser des questions à ton frère, l'air de rien, pour vérifier qu'il ne te fera pas de mal ? C'était la seule chose qu'il avait réussi à dire, mais il essayait de lui montrer que lui, contrairement aux autres la laissait faire, qu'il voulait juste la responsabiliser.

* * * * * *

Un petit moment plus tard, il avait laissé la jeune femme dans la chambre pour retourner dans la cuisine, jusqu'à ce qu'il entende son téléphone sonner. Keaton qui voulait donner ses derniers résultats d'examens à sa mère. Matthew soupira et alla chercher la chemise où il rangeait tout ce qui concernait leurs résultats par rapport au VIH. Fatigué, il posa ses propres résultats un peu plus loin sur la taille afin de trouver ce qu'il souhaitait et continua de chercher pendant cinq bonnes minutes ce foutu papier. Agacé,  de devoir chercher ça au lieu d'aller dormir alors qu'il dormait presque debout lorsque son petit ami raccrocha, il oublia de ranger ses propres résultats, les laissant ainsi "traîner" sur la table de la cuisine, bien trop pressé d'aller se coucher.






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Cinzia Herrera
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MessageMar 5 Jan - 11:42




L’amitié ....
feat l'ours mal léché


Je voyais bien que j’étais en train de le perdre au milieu de toutes mes explications à propos de ces principes qui rythmaient mon quotidien, mais il faisait de son mieux pour éteindre ma nervosité à grand renfort d’humour. Finalement, après m’être disputée avec ces deux personnes chères à mon cœur, c’était exactement ce pour quoi je me pointai ici, auprès de lui : de la légèreté. Ces efforts pour jouer les bonnes copines le rendaient touchant à sa manière. Nul doute que certains de ses collègues de la caserne – ceux qui ne l’aimaient pas beaucoup – ne le reconnaîtraient d’ailleurs pas. J’étais une privilégiée, j’en avais pleinement conscience. Alors, comment lui tenir rigueur de l’image dégueulasse qu’il venait de me fourrer dans le crâne ? « Putain, t’es crade là. N’exagère pas » m’autorisais-je tout de même en le poussant du poing sans brusquerie. « Je veux bien qu’il ne soit pas tout à fait net. Je n’arrête pas de le dire, mais ce n’est pas à ce point-là quand même. Il m’emprisonne, certes, mais je reste sa fille. »  Pour la première fois depuis notre éternelle amitié, je réalisais cependant que les valeurs de ma famille lui échappaient complètement. Il devait sans doute se les imaginer collet monté et cul serré pour m’avoir élevée avec des idées aussi arrêtées sur le sexe et sur le mariage. Au contraire, il ne ferait pas de mon âge un critère pour justifier une envie quelconque de mettre un pas de côté avant d’avoir sacré devant  Dieu une union indéfectible. Le divorce n’existait pas pour nous. Ça rendait mes chances de me caser définitivement presque improbables.

Les hommes, de nos jours, ne croient plus à l’amour infini ou sur le long terme. Il se baisse, il ramasse et il se casse quand ils sont lassés. Pour quelles raisons lèverais-je mes barrières ? Pour de nobles sentiments ? Je ne savais pas ce que c’était. Je le croiserais que je ne le reconnaîtrais pas, sauf chez les autres.  Ma mère adorait mon père. Quant à Matthew, bien que son couple soit dans la tourmente, je le jalousais en partie. Il avat trouvé l'âme soeur, c'est vrai, mais exception faite de la maladie qui arracherait à mon meilleur ami son partenaire depuis des années, rien ne leur assurait qu’un jour ils se sépareraient. Le décidé n’aurait qu’à remplir un sac pour mettre les voiles à jamais. Le mariage sans possibilité de divorce, ça donne envie de se battre, de réparer, de se défaire de toute notion de fierté. Dans l’absolu, le seul point sur lequel nous nous entendions parfaitement, c’était le manque d’intérêt à se comporter comme une putain de bas étage en se donnant aux premiers venus sans s’inquiéter de leur identité. Alors, je hochai vigoureusement de la tête en guise d’assentiment. « Qu’importe mon âge, ça ne m’intéresse pas de toute façon. Ce que je veux, c’est rencontrer quelqu’un qui saura m’apprécier pour ce que je suis » ou ce que j’accepterai de lui en dire. « Qui va me donner l’impression d’être la seule personne sur cette Terre qu’il veut et qu’il ne voudra jamais. Je veux rencontrer un homme, un seul et lui appartenir autant que le contraire. Comme vous. Keaton et toi, je veux dire. » conclus-je non sans oublier de le remercier pour son compliment maladroit. Il n’avait jamais douté que j’avais les atouts utiles à charmer un gars autrement que par la taille de mes bonnets de soutien-gorge.

Il ne s’en était jamais caché. Il le répétait à chaque fois qu’il sentait que je me mésestimais à cause du désert de ma vie sentimentale. Parfois, il me donnait même l’impression de s’en méfier, pas par intérêt, mais par la faute du regard que certains hommes pourraient poser sur moi. La preuve étant, il s’insurgea en apprenant que je m’étais retrouvée ivre sur un parking. « Non, mais, je n’étais pas saoul à ce point-là. J’arrivais encore à tenir une conversation plus ou moins cohérente. Bon, j’ai dit plus de conneries que de choses très intelligentes, mais je comprenais ce qu’on me disait et j’étais consciente de ce qui se passait. » me justifiais-je, car j’étais bel et bien coupable d’imprudence. « Si ça peut te rassurer, depuis, je n’ai plus avalé une seule goutte d’alcool. Pas à cause de ça hein, mais là, c’était ma première vraie sortie sans mes frères depuis mon retour du Canada. J’ai eu envie d’en profiter, c’est tout. Ce n’était rien de grave, je t’assure. » Ce qui pourrait l’être, en revanche, ce serait d’imposer à deux personnes qui ne se supportaient pas de partager le même repas. Lyla et Matthew à une table unique : j’en rêvais, mais je me contentais bien de ça. Je lui assurai que ça ne serait pas nécessaire, que je n’avais pas envie d’avoir à craindre de me transformer en gendarme, parce que si j’avais confiance en leur politesse, je sais également pertinemment qu’on ne peut pas obliger des gens qui se détestent à ce point de jouer la carte de la courtoisie plus d’une demi-heure. Dommage que je l’oubliai, par la suite, en confrontant aussi souvent Lyla à Manuel.

Au jour de cette rencontre avec Matthew, ce dernier n’était qu’un homme charmant, incroyablement beau, mais absolument pas pour moi. Sa réputation le présentait comme un tombeur de ces dames, ce qui me réduisait à l’état de proie potentiel. Tant que ça n’évoluerait pas, je m’en préservais autant que faire se peut, difficilement, sans grand succès, mais en y sacrifiant toutes mes forces. J’ignorais ce qui me plaisait tant chez lui, mais j’aspirais à prendre une place dans sa vie à défaut de pouvoir toucher son cœur. Une amitié peut-être. En encore, c’était sans doute trop ambitieux. Le minimum me satisferait déjà tant qu’il ne posait pas sur moi ce regard plein de respect à cause de mon père ou de mon frère. Si en plus, je parvenais à lui dissimuler qu’il réveillait quelque chose en moi, ce serait parfait. Bien sûr, ce n’était pas gagné. Je me montrais parfois si spontanée qu’il se doutait, certainement, que ma jalousie envers Becky la bécasse ne relevait pas de la possessivité qu'on voue à ses plus proches complices, mais j’avais bien l’intention de ne pas ajouter d’eau à son moulin. Il n’était donc absolument pas question que Matthew le rencontre d’une quelconque manière. « Tu plaisantes ? Non, non, non. Je peux te faire une description détaillée si tu veux, mais on se connait à peine lui et moi. Je lui dirais quoi ? J’ai dit à mon pote de toujours que je te trouvais canon, du coup, il voudrait vérifier de ses propres yeux que tu es un gars parfait pour moi, au cas où je te plairais. » J’éclatai de rire sous le joug de mes absurdités, mais je n’en démordais pas. Matthew n’obtiendrait aucune information complémentaire de ma part. Aucune qui lui permettrait de jouer les frères de substitution que s’inquiète pour son idiote de cadette. J’en avais cinq à la maison, c’était déjà bien suffisant. Il fallait réprimer en Matthew toute envie d’endosser ce rôle-là et intimer à cette conversation de bifurquer sur leur propre problème me sembla une excellente idée.  Je proposai même mes services pour intimider le proprio, qu’il règle les soucis de chaudière au plus vite, mais il déclina et je n’insistai pas. Sans doute était-ce une question de fierté et d’orgueil, ce qui rendrait ma mission suivante périlleuse. Qu’à cela ne tienne, j’indiquai un chiffre qui me parut raisonnable dans mon chéquier et je l’abandonnai sur la table de la cuisine. « Mon père a un ami est chauffagiste. Je peux lui demander de passer. Je suis certaine qu’il pourra être là super vite. Je vais lui adresser un texto. » La réponse ne tarda pas. Il serait là dans le courant de l’après-midi du lendemain, ce qui m’arrangeait bien, j’aurais mis les voiles depuis longtemps. Personne ne révèlerait à mon père que j’avais passé la nuit dans l'appartement d'un homme.  Il apprécierait certainement pas. Cette simple idée accentua chez moi la gêne contagieuse de mon meilleur ami et, pour l’aider à oublier ma générosité, je me permis une plaisanterie sans grande conséquence vu ses choix de vie. On finit mort de rire dans la chambre où je lui racontai mes récentes aventures.

Je lui livrai tous les détails qui l’intéressaient, satisfaisant sa curiosité sans faux-semblants. Oui, c’était bien le soir évoqué plus tôt. Non, je n’avais pas le sentiment qu’il me suivait, mais que c’était plutôt le fruit du hasard. Je conclus en lui précisant que j'en savais bien assez, plus que ce qu'il n'imaginait, sans rien ajouter qui pourrait compromettre l'identité de Manuel ou son appartenance à une organisation en affaire avec ma famille. Ça ne le regardait pas et il ne comprendrait pas. Matthew était un homme loyal attaché à la loi. « Il ne m’en fera pas. J’en suis certaine. En parlant de mal, tu sais qui j’ai croisé à la caserne quand je suis venue préparer les pâtes bolognaises ? Jessica Mills. Tu sais, je crois qu’elle a été gravement déçue que tu sois gay. Et, remarque, je peux comprendre. Tu es super beau, surtout quand tu boudes, mais la pauvre, elle m’a fait mal au cœur. Elle s’est sentie obligée de me préciser qu’elle ne te draguait pas vraiment et qu’elle ne pensait pas vraiment à mal, qu’elle avait un petit copain, tout ça… tout ça… Celle-là, tu n’aurais pas eu besoin de lever le petit doigt pour la lever justement… » ricanais-je avant d’ajouter qu’elle m’avait cependant paru très sympathique. « Ouais. Je sais. Ce n’est pas cool de parler comme ça, mais j’ai l’impression qu’un monde nous sépare elle et moi, alors que je ne suis pas beaucoup plus vieille qu’elle finalement. » Au terme de notre conversation, j’avais surtout l’impression qu’elle vivait comme une femme sans avoir quitté l’adolescence. Moi, je n’en avais pas eu, j’étais devenue une adulte un peu plus vite que la normale, mais pas de celle qui s’oublie dans les bras d’un homme, juste de celle qui les porte à bout de bras.


***

Je ne connaissais qu’une façon pour remercier un ami de son hospitalité : lui préparer un copieux petit déjeuner. Café bien chaud, pain grillé et beurré, confiture, Nutella et fruit. Tout était au programme. En fouillant les armoires et le frigo, je trouvai des œufs et du bacon, ce qui signifiait qu’il pourrait même manger salé s’il le souhaitait. Malheureusement, en débarrassant la table pour la dresser, je tombai nez à nez avec un drôle de document qui attira mon œil. Ce n’était pas correct, je le savais. Normalement, j’aurais dû le ranger sans même le consulter, mais le titre était assez explicite. C’était des résultats sanguins, les résultats d’un test HIV qui ne pouvait concerner que Matthew, puisque l’état de santé n’était plus un secret pour personne. Une multitude de questions m’assaillit : était-ce un examen de routine ? Pour le boulot ? Pour s’assurer qu’il était toujours sain après qu’une capote ait craqué ? Je devais en avoir le cœur net. Je ne pouvais pas continuer à regarder cette lettre à son nom qui tremblait au même rythme que mes mains sans déchiffrer le contenu du papier. J’étais habitée d’un mauvais pressentiment et me moquant de la décence et du respect, je le dépliai pour lire ce positif qui me fit l’effet d’une claque en plein visage. Je me sentis défaillir et je tirai sur une chaise pour qu’elle puisse me retenir. Les résultats étaient datés à plus de deux semaines. Il était au courant depuis tout ce temps et il n’avait pas jugé bon de m’avertir. Pourquoi ? Estimait-il que je ne méritais plus sa confiance ? Je fus tentée de le réveiller, mais au lieu de ça, un bout du cœur arraché, je me mis à sangloter, cherchant à savoir si je devais lui dire la vérité ou si je devais jouer les idiotes. Lui mentir. Ce n’était pas la solution. Néanmoins, je redéposai le document là où je le trouvai, dans une position identique à l’instant même où il pénétra dans la pièce. « Pourquoi tu ne m’as rien dit ? » lui reprochais-je d’emblée, apeurée, déçue, inquiète aussi. « J’aurais pu t’aider. J’aurais pu essayer de trouver les mots. Ce n’est pas parce que personne ne peut rien faire que tu devais garder ça pour toi. Pourquoi, Matt ? »







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Avere nel cuore, une voglia d'amare. Avere nella gola una voglia, di gridare. E chiudersi dentro. Prigionieri di un mondo che ci lascia soltanto sognare, solo sognare. Se non ci fossi tu io me ne andrei.
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Matthew Odair
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MessageSam 9 Jan - 17:05





l'amitié
ft la douce

Sa seule réponse fut un petit ricanement stupide lorsqu'elle le poussa du poing tout en lui disant qu'il était crade, et il préféra ne rien ajouter au sujet de son père histoire de ne pas la blesser. Il était clair qu'ils n'auraient jamais la même vision des choses. Le silence était d'or dans ces cas-là. Il sourit finalement à son ami et ne tarda pas à jour Tu as totalement raison, c'est ce qu'il y a de mieux. Et je suis certain que tu trouveras rapidement cette parle rare ! Tu es vraiment géniale, et tous les hommes sont aveugles s'ils ne le voient pas. Il se gratta un peu la joue essayant de cacher ses joues qui avaient légèrement rosies quand elle parla du couple qu'il formait avec Keaton Mais, même si on s'aime, c'est très loin d'être rose entre nous deux tu sais. Il y a des hauts des bas, et beaucoup de disputes vu nos deux caractères respectifs. Ils étaient un peu l'opposé l'un de l'autre.

Et puis elle lui raconta, qu'un soit elle avait été ivre sur un parking, et il eut beaucoup de mal à se canaliser pour ne pas réagir comme si Keaton ou une de ses sœurs lui avaient dit ça  comme un frère ou un père un peu trop sur-protecteur. Cinzia n'avait pas besoin de ça, elle était assez grande pour savoir ce qu'elle faisait, elle avait juste besoin d'une oreille attentive et il se devait simplement être là pour elle. Sans juger -même si pour l'instant c'était quand même assez compliqué-. Elle tenta de se justifier et il se contenta de la regarder le plus neutrement possible en lui faisant un petit humhum septique qui voulait tout dire. Elle avait beau dire, même si elle tenait quand même une conversation, si elle était tombée sur les mauvaises personnes cela aurait pu très mal finir surtout vu l'état dans lequel elle devait se trouver. Il lui fit finalement un petit sourire Mais tu peux boire, si tu veux, ce n'est pas mon soucis. Tu peux même te mettre toutes les murges que tu veux, du moment que tu es prudente et que tu ne risques pas ta vie. Boire, c'était une autre, il n'avait pas de leçons de morales à lui faire sur ça, mais il n'avait pas envie de la retrouver morte, violée et compagnie parce qu'elle était sortie trop éméchée d'une boite de nuit ou autre. Il était maladroit dans ses propos mais il ne savait pas trop comment lui faire comprendre sans paraître trop moralisateur. Il voulait juste son bien-être et ne pas s'inquiéter à chaque fois qu'elle sortait ! Ne pas trop insister semblait donc la meilleure des choses à faire. Elle avait entendu ce qu'il avait à dire, ses craintes, ses conseils et compagnie; par ailleurs, comme elle faisait plus attention maintenant ce genre de choses ne se passerait certainement ! Et il était prêt à bien des sacrifices pour elle, comme passer une soirée avec Lyla-la-chieuse, à la  même table qu'elle, même si tout ce qu'il espérait c'est que s'il y avait une putain d’apocalypse, elle se fasse bouffer rapidement le cerveau par un zombi. Quoi que... non. Mauvaise idée. Elle se relèverait en mort-vivant  et la situation puerait encore plus. Il tenta de se pas trop sourire comme un crétin à ses pensées. Ça ne volait pas très haut et ce n'était ni sympa pour la secouriste ni pour sa meilleure amie ! Fort heureusement pour ses nerfs, Gambino sembla encline à oublier cette idée de dîner même s'il lui assurait qu'il saurait bien se tenir. Un soucis de moins, et cette fois encore il n'insisterait pas sur ce sujet bien trop heureux de s'en sortir aussi facilement.

Le secouriste ne tarda pas à vouloir en savoir plus sur l'homme que sa meilleure amie convoitait... d'autant plus qu'il était un peu surpris que Lyla ne l'apprécie pas. Il proposa même de rencontrer ce type pour se faire son propre avis et fut amusé de voir sa réaction. Il leva les mains vers le ciel pour montrer qu'il capitulait devant ses arguments. Boh. Tu peux toujours me dire où vous avez rendez-vous et je prendrais une table à côté de vous en tout discrétion. Comme ça je pourrais entendre tout ce que vous dites et tu n'auras pas besoin de trouver d'excuses. Il se racla la gorge avant de se mettre à rire Désolé, j'ai déjà du faire ça avec Stacy une fois... pendant qu'elle rencontrait un homme trouvé sur internet. Qu'est-ce qu'elles ne lui faisaient pas faire parfois ses frangines. Et puis tu connais... je suis super discret. Enfin je veux dire on ne me soupçonnerait absolument pas de te connaître si on va dans un lieu où on ne sait pas qu'on est amis, c'est à dire quasi' tous les restaus de cette ville ! Il se tut quelques instants avant de reprendre Et c'est avec plaisir pour cette description détaillée, juste pouvoir voir comment tu t'en sors ! mais visiblement cette tournure de conversation ne lui plaisait pas vraiment car elle avait opté pour la méthode "je t'embrouille en remettant un sujet plus important sur le tapis" à savoir ses soucis d'argents et de chauffage avec Keaton. Matthew était du genre à dédramatiser la situation. Ils se débrouillaient, comme ils le faisaient toujours. Il n'aimait pas l'idée de devoir quelque chose à quelqu'un, cela le gênait et il se sentait vraiment inférieur, comme un moins que rien. Il avait cet égo fort des personnes qui aiment avoir la situation en main, et qui ne supportent pas d'être aidés. Il n'aima pas spécialement qu'elle lui fasse un chèque mais il ne pouvait pas décemment dire non. Il en avait besoin. Merci beaucoup Cinzia. Je te rembourserai dès que je le pourrai. Après les fêtes si ça peut attendre jusque-là. Si tu en as besoin avant surtout n'hésite pas, je peux me débrouiller avec mes sœurs, mes frères et mes parents ou Kea' avec sa famille. Je ne veux surtout pas que tu te mettes dans la merde, ou que tu t'attires des ennuis par ma faute Il aurait bien voulu avant mais il savait que ça ne serait pas possible. Même après les fêtes d'ailleurs cela risquait d'être compliqué, mais en faisant quelques jours de remplacement cela devrait le faire, du moins il l'espérait.

Bientôt l'enfant devint de nouveau bonne enfant et alors qu'ils préparaient la chambre pour la nuit de Cinzia, elle lui livrait pas mal de détails sur le fameux Homme. Il trouva certaines choses un peu étranges mais elle se contenta de le rassurer et il n'insista pas. Finalement ça avait l'air un homme bien, et le principal pour Mattie c'est qu'il puisse rendre la jeune femme heureuse, qu'il ne lui fasse pas de mal. Mais ce genre de choses seul l'avenir pouvait le dire et Cinzia semblait si sûre d'elle qu'il se contenta une nouvelle fois d'un espèce de sourire pour lui faire comprendre qu'il lui faisait confiance... mais il resta sur son idée de peut-être en toucher quelque mots à Canjura, peut-être. Lorsque soudain, sortit de nul part elle prononça le prénom de Jessica, il ne put s’empêcher de faire une petite grimace bien significative. PITIE. Pourquoi lui infliger pareille douleur ? Pourquoi remettre ce sujet sur le tapis ? Il eut un petit rire Il paraît que beaucoup sont déçues que je sois gay, effectivement. Moi, pas. Il se mordit la lèvre pour ne pas aller trop loin dans ses dires mais ne put s'empêcher d'ajouter Moi elle m'a gavé ce jour-là mais tout est une question de point de vue. Elle m'a aussi dit qu'elle avait un copain, mais si elle ne me draguait je plains la personne avec qui elle le fera. J'avais l'impression d'avoir une espèce de groupie hystérique à mes pieds. Et tu sais comme je déteste qu'on me fasse ce genre de coup, ou les yeux doux. A vrai dire il n'aimait pas grand chose et surtout pas les gens sauf quelques rares exceptions. Et pour que je la lève comme tu dis... je n'aurais pas eu besoin de lever le petit doigt certes, mais autre chose aurait été utile et sincère j'ai un doute si ça aurait vraiment marché. Allons y gaiement dans les sous-entendus graveleux. Non vraiment les nanas... non. Je pense que tout un monde vous sépare. Tu es quelqu'un de posée, même si tu sais t'amuser. Tu sais faire la part des choses, et le plus souvent quand je lui parle j'ai plus l'impression d'avoir à faire à une gamine pourrie-gâtée qui fait du boudin parce qu'elle n'a pas ce qu'elle veut qu'autre chose, quelqu'un qui a un immense besoin de se faire remarquer et aimer. Et surtout quelqu'un d'hyper susceptible. Il haussa les épaules et conclue dans une nouvelle grimace J'ai pas été si désagréable que ça, et je l'ai fait pleurer, et elle est partie s'enfermer dans les toilettes de la caserne pour chouiner. Très mauvais souvenir pour moi. Tu aurais bien ris en me voyant galérer  à la consoler. Chacun d'un côté d'une porte, façon reine des neiges du vois ? Et ils avaient continué à papoter tranquillement.


Le lendemain matin lorsqu'il s'était levé il y avait une bonne odeur dans tout l'appartement ce qui était une bonne chose vu la froideur de ce dernier. Heureusement que quelqu'un venait cet après-midi sinon il aurait fini en glaçon avant le lendemain ! Il s'était levé rapidement pour rejoindre son amie et goûter les merveilleuses choses qu'elle avait dû lui concocter. Au lieu de ça il trouva une Cinzia au visage sombre qui lui posa LA question qu'il redoutait. Si d'habitude il était du genre à avoir assez d'aplomb à cet instant il devait plus ressembler à un gosse qui avait fait une faute et qui était surpris en flagrant délit. Il se passa une main dans les cheveux sans trop savoir quoi répondre. Il n'avait jamais voulu lui faire du mal et malheureusement là c'était bel et bien le cas. Il aurait voulu pouvoir se cacher dans un petit trou de souris mais au lieu de ça il inspira un bon coup avant d'aller s'installer à côté d'elle et de lui prendre doucement la main. Pourquoi ? La question était à la fois si compliquée et si simple. Il savait à peu près comment y répondre, mais se doutait que ce qui allait sortir de sa bouche ne conviendrait pas Je.. Je suis désolé Cinzia. Je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça. Bon à vrai dire il aurait voulu que personne ne l'apprenne. Pourquoi, c'est simple. Pour ma famille qui n'est pas  au courant -à part Eliott-, pour toi, c'était pour ne pas vous inquiéter plus qu'il ne faut. Tu l'as dis toi même, personne ne peut rien  y faire. Pourquoi vous mettre ce poids sur les épaules ? Pourquoi vous laissez imaginer le pire ? De quel droit est-ce que je pourrirai en quelque sortes vos vies ? Même si les choses ont évolué mes jours sont comptés, tu as toute la vie devant toi. Tu n'as pas à te soucier pendant les dix ou vingt ans ou plus années qui vont arriver de ma santé. Tu n'a pas à t’inquiéter dés que je suis malade. Tu n'as pas à t'inquiéter si j'ai une baisse de moral. Tu n'as pas à t’inquiéter de tout et rien comme je le suis pour Keaton. Je n'ai pas le droit de t'imposer ça Cinzia. Je n'ai pas le droit de vous l'imposer. Il se tut quelques instants avant de reprendre Je sais que ça peut te sembler injuste, mais ce n'est pas par manque de confiance, je veux juste que rien ne change. Je vais bien m'occuper de ça, seul, comme un grand. Je ne veux pas qu'on me voit comme "malade" alors que ça va, je ne veux pas de toute cette merde. Il inspira de nouveau laissant cette fois quelques secondes de silence le temps de reprendre sa respiration et de continuer Je ne veux pas que ça se sache. Je ne veux pas qu'on me juge au boulot pour ça, ou pire perdre mon job. Je sais comment les gens sont. Je sais que la plupart sont des crétins ignares. Je ne veux pas vivre ce qu'a vécu Keaton au lycée. Est-ce que tu comprends ?! Il avait voulu tenter de lui parler d'un ton neutre mais il n'y était pas arrivé. L'émotion et surtout le désespoir s'étaient mêlés. Il avait peur de sa réaction. Il avait peur qu'elle ne comprenne pas et de la perdre. Il n'était pas un bon orateur. Il n'était même pas quelqu'un de bien. Je voulais juste vous protégez Cinzia, et d'une certaine façon également me protéger. Soyons honnêtes. Qu'est-ce que tu aurais fait dans mon cas ?







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Cinzia Herrera
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MessageMer 13 Jan - 17:42




L’amitié ....
feat l'ours mal léché


Je ne doutais pas vraiment que Matt puisse se montrer discret durant cette mission espionnage à laquelle il semblait tenir plus que moi. Il l’était par nature. Il n’attirait jamais l’attention que des femmes ou des gays pour son physique, quand ils ne se décourageaient pas une fois confrontés à son air bougon et bourru. Était-ce cependant un argument pour que j’accepte sa proposition ? Aucunement. Au contraire, j’avais déjà fort à faire avec mes frères pour l’ajouter à l’équation de ma vie de cette manière. Je lui répétai à maintes reprises, jusqu’à ce qu’il abandonne enfin. Je lui servis plutôt une description détaillée de Manuel, qualifiant son sourire comme celui d’un tombeur, son regard de prédateur tantôt tendre tantôt le contraire, ses grandes mains qui respirent la force et qui inspirent des idées sont tous peu catholiques. Je parlais vraisemblablement comme la fille sous le charme, mais Matthew, si ce n’est une œillade en biais, eut la délicatesse de ne pas le relever. Ce n’était pas vraiment nécessaire. En mon for intérieur, je savais que j’étais mordue jusqu’au sang. Mon cœur battait plus rapidement dès que je pensais à lui. Lyla ne l’ignorait pas non plus, elle le comprit avant moi, ce qui lui valut, d’une certaine manière, d’apparaître dans cette conversation au même titre Keaton, le couple qu’il formait avec Odair et de leur souci d’argent. « Quand tu sais et quand tu peux. Ce n’est pas comme si j’en manquais. » l'apaisais-je tandis qu’il promettait de me rembourser le plus vite possible. Je lui adressai également un sourire pour essuyer la honte salissant le timbre de sa voix mal assurée. Mon père était plein aux as. Je n’en faisais jamais étalage aux nouvellement entrés dans mon existence, mais Matthew appartenait toutefois à la sphère très privée de mes amis. Il avait donc eu tout le loisir de constater par lui-même que j’étais une privilégiée. J’étais bien née, dans une famille aimante, sans doute un peu trop. Je n’avais à me plaindre de rien, si ce n’est de leur obsession pour la sécurité et leur paranoïa. Chaque jour, je remerciais le ciel, la bouche pleine de gratitude envers mon sort. Certains soirs comme celui-ci, je me sentais coupable de ne pas me contenter de mon sort alors que le secouriste devait doucement se préparer à voir l’homme de toute sa vie disparaître. La maladie le lui arracherait tôt ou tard et je présumais qu’il vivrait justement cette épreuve comme un drame, car c’en serait un. Un vrai. Un qui aurait justifié qu’il pleure comme un gars amoureux qui perd son seul point de repère, et non comme la gamine qu’avait été Jessica à leur première rencontre officielle. J’avais bien remarqué que si elle n’était pas beaucoup plus jeune que moi – et si elle n’avait rien d’une idiote – ses attitudes trahissaient un certain manque de maturité. Je ne pus d’ailleurs m’empêcher de me demander si, à son âge, je me comportais comme elle. Je n’en avais aucun souvenir, mais nous ne sommes pas toujours objectifs quand il s’agit de nous. « Une groupie hystérique ? À ce point-là ? Elle s’est jetée à tes pieds pour essayer de t’arracher ta chemise, persuadée qu’elle y découvrait des tatouages super sexy ? » plaisantais-je alors qu’il décrivait la fille de son coéquipier avec sévérité. «Blague à part, Monsieur-je-me-mets-au-garde-a-vous-uniquement-devant-un-beau-mâle, j’ai eu la même impression. Je veux dire, on a juste discuté, mais j’ai moi-même eu l’impression d’être face à une petite fille qui ne supporte pas qu’on lui dise non. Par contre, je ne crois pas qu’elle ait besoin de se sentir remarquée. Elle m’a paru plutôt discrète comme fille. Elle m’a dit qu’elle était étudiante en journalisme et qu’elle n’avait toujours pas de stage. Nous, ça nous arrangerait une petite stagiaire sur mon plateau. On a parfois à peine le temps de déjeuner. Tu crois que ce serait une bonne idée de le lui proposer ? Elle m’a fait lire ce qu’elle faisait, c’est pas mal. Ça manque un peu de travail encore, c’est parfois maladroit, mais c’est léger et agréable. Mais, si tu me dis qu’elle est sensible à ce point, je ne sais pas si c’est vraiment une bonne idée. Il s’était peut-être passé quelque chose qui l’avait fragilisée un peu avant ? Qu’est-ce que tu en penses ?  Tu le ferais ? »


***


Lorsqu’il apparut dans l’embrasure de la porte de sa cuisine, je ne sus si j’avais envie de l’insulter pour son silence ou de lui réclamer des explications en bonne et due forme sur ce dernier. Pourtant, instinctivement, je lui posai les premières questions qui me vinrent à l’esprit. Sans doute aspirais-je à ce qu’il m’annonce que c’était une erreur, que ses résultats étaient une grossière méprise. Ça ne dura certainement pas longtemps. Je n’étais pas assez naïve pour m’accrocher à cet espoir-là. Mes frères s’étaient chargés à plusieurs reprises et de différentes manières de me rappeler la dureté de la vie. Ils rentraient blessés, en détresse, malheureux ou euphoriques pour certaines horreurs qu’ils avaient commises. Étais-je pour autant prête à accepter qu’il me quitte tôt ou tard ? Qu’il m’abandonnerait ? Non ! Cette simple idée me transperça le cœur. Il saignait abondamment, mais je refusais de m’effondrer alors qu’il avait lâchement compromis notre si belle amitié en manquant de confiance en moi. « Ah non ? Et tu aurais voulu que je l’apprenne comment ? Tu avais l’intention de me le dire de vive voix peut-être ? Arrête ton char, tu as eu l’occasion hier soir, on était tous les deux, mais tu n’as rien dit. Rien du tout. » crachais-je néanmoins attentive à ses justifications. « Pourquoi nous mettre ce poids sur les épaules ? Tu oses me demander pourquoi ? Mais, parce que tu n’es pas tout seul contrairement à ce que tu essaies de nous faire croire. On ne peut peut-être pas te guérir, mais on peut être là, t’aider à penser à autre chose, te soutenir, te donner parfois envie de sourire, de montrer que la vie continue pour toi, parce que la médecine avance. On aurait pu t’insuffler l’espoir quand il te manquera. » C’était, en général, le premier réflexe du condamné à mort : se laisser aller. S’isoler. Arrêter d’entrevoir toutes ces belles choses que la vie à offrir quand on accepte de les regarder en face. Il en était déjà à ce stade d’ailleurs et je fus tentée d’arracher ma main d’entre la sienne si je n’avais pas craint qu’il songe un instant qu’il me dégoûtait. Il se tromperait lourdement. Je sentais seulement poindre en mon sein une vague de colère mue par la déception. Elle remplaçait la tristesse, mais je retins mon geste in extremis malgré elle, préférant lui cracher la vérité au visage qu’il réalise que sa décision de taire ce drame était aussi égoïste que moi, moi qui le sermonnais au lieu de le serrer dans mes bras, de lui assurer que je comprenais, mais néanmoins lui promettre que je serais là pour lui. « Oui ! Oui c’est injuste. Tu ne peux pas comparer ta façon de t’inquiéter pour Keaton avec ce que je peux ressentir. C’est différent. Les sentiments sont différents. Tu ne peux pas non plus décider pour moi de ce que j’ai envie de vivre ou non au cours des prochaines années. Pour qui est-ce que tu te prends, hein ? » finis-je par hurler en me levant promptement de ma chaise. J’en renversai la tasse de café brûlant sur mes cuisses sans même m'en rendre compte. Et dire que j’avais dressé la table pour que nous puissions partager un nouveau moment d’amitié. Je doutais jusqu’à la véracité de cette dernière. « C’est dégueulasse ce que tu fais. Tu veux savoir ce que j’aurais fait dans ton cas ? Je serais venue frapper à ta porte comme je le fais à chaque fois que j’apprends une mauvaise nouvelle. Je l’aurais sans doute fait en pleurant, parce que je pensais qu’il n’y avait pas de problème de fierté entre nous, qu’on pouvait se montrer fort ou vulnérable en fonction des circonstances, parce que c’est ça l’amitié. Je pensais que ça allait dans les deux sens entre nous. Là, tout ce que j’entends, c’est que tu n’as pensé qu’à toi. Tu as peur, je le comprends. Tu ne veux pas qu’on te voie autrement, comme un malade par exemple, et ça aussi, je peux le saisir. Mais, comment as-tu pu t’imaginer que je n’aurais pas envie d’être avec toi, ne fût-ce que le jour où tu as fait ta prise de sang ou quand tu as ouvert l’enveloppe. C’était mon rôle d’être là. Peut-être même avant ta famille, parce que j’aurais été capable de prendre du recul. Mais, tu n’as pas eu assez confiance en moi pour faire ça. Tu prétends que ce n’est pas le problème, mais ça l’est. Tu as tellement peur de te retrouver tout seul que tu préfères faire le vide autour de toi, comme ça, tu ne seras pas déçu, n’est-ce pas ? Mais, qu’est-ce que tu fais de ma déception à moi ? Hein ? Qu’est-ce que tu en fais ? »

J’avais lutté fermement pour ne pas sangloter comme une petite fille, mais j’étais en larmes désormais. Elles avaient coulé sans crier gare et sans que je ne m’en rende compte vraiment. Les raisons étaient multiples et simples à la fois. Je lui en voulais, mais j’étais bien plus en colère contre moi de lui servir un tel discours quand il aurait seulement besoin d’être rassuré. Quel genre d’amie étais-je ? Une putain d’égoïste. Rien de plus. Je l’accusais de mes propres méfaits avec une impudence et insolence détestables. J’aurais mérité une gifle pour retrouver mes esprits et je m’en administrai une, mentale, mais violente. « Écoute, Matt, je n’étais pas préparée à ça. Je….j’ai besoin de…. Je…. » bafouillais-je sans trouver les mots pour lui présenter des excuses. « Je ne voulais pas me montrer aussi dure… mais, je ne veux pas que tu me sortes de ta vie pour ça. Pas pour tout ça. Je pensais que tu savais que je serais toujours là et que tu pouvais te fier à moi. Est-ce qu’elle s’est déclarée ou tu en es au stade du porteur sain ? » chuchotais-je entre deux sanglots que je tenais de me calmer. « Tu as une idée de quand ça a pu se produire ? Je pensais que vous vous protégiez… tout le temps… enfin, comment ça a pu arriver ? »






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Avere nel cuore, une voglia d'amare. Avere nella gola una voglia, di gridare. E chiudersi dentro. Prigionieri di un mondo che ci lascia soltanto sognare, solo sognare. Se non ci fossi tu io me ne andrei.
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Matthew Odair
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MessageVen 15 Jan - 22:16





l'amitié
ft la douce

Il savait pertinemment qu'elle ne manquait pas d'argent mais ce n'était pas le soucis, une dette était une dette et il détestait en avoir. Ça pouvait être source de conflits, même si dans ce cas précis il était certain que ça ne serait pas le cas, mais ce qui le gênait beaucoup plus c'est qu'il ne savait pas quand il pourrait la rembourser et s'il le pourrait vraiment entièrement. Les fins de moi étaient déjà assez difficiles comme ça, il aurait du mal à économiser pour redonner cet argent à son amie. Il ne savait pas encore comment il allait se dépatouiller, mais il trouverait, il le devrait de toute façon ! Il devait oublier son égo sur-dimensionné, il devait passer outre pour faire ce qui était le plus juste ! Et heureusement que c'était Cinzia qui lui avait fait cette proposition, de quelqu'un d'autre, il ne l'aurait peut-être pas pris de cette manière. Il ravala donc sa fierté et se contenta d'accepter l'argent de sa meilleure amie. Le sujet était finalement parti sur Jessica, Matthew, comme à son habitude, n'avait pas mâché ses mots à propos de l'étudiante peut-être même est-ce qu'il avait exagéré un peu.  Non peut-être pas, mais c'est perturbant cette façon qu'elle a de me... dévisager, mater, ou appelle ça comme tu veux. Monsieur Ours était de sorti, et monsieur n'aimait pas se faire reluquer, le pauvre comprenez-vous cela gênait fortement son côté pudique. En tout cas, elle ne veut peut-être pas se faire remarquer en général, mais je t'assure qu'elle voulait que je lui apporte de l'attention alors que j'étais en train de faire autre chose. Si traîner sur son téléphone était faire quelque chose, mais ce n'était qu'un détail. Je sais que je suis dur avec elle... mais bon tu as l'habitude je suppose, je ne vais pas faire semblant pour passer pour un "gentil". Mais, je pense que tu peux quand même lui laisser sa chance, si tu dis que ce qu'elle fait est pas mal, tu ne risques pas grand chose. Je pense qu'elle est quand même assez travailleuse. Il lui fit un petit sourire sans vraiment répondre à la question sur s'il savait ce qui avait pu la fragiliser, car la réponse était oui. Oui, il l'avait appris le jour où il était devenu le binôme de Mills, mais c'était un secret, et il avait promis de se taire. Et il ne trahissait pas ses promesses !

* * * * * * * *


Et s'ils s'étaient couchés en très bon termes et qu'il avait passé une très bonne soirée grâce à la Sicilienne dès qu'elle l'apostropha le lendemain matin. Ca sentait mauvais, d'autant plus qu'il comprit que trop rapidement ce qui était en train de se passer, ce qu'elle avait découvert et il ne pouvait décemment pas la blâmer pour ses paroles, pour sa colère ou même pour le fait d'être déçu. Il avait ses raisons, même s'il était certain qu'elle ne les comprendrait pas, il tenta quand même de lui montrer qu'il avait pas fait ça par manque de confiance en elle mais seulement parce qu'il ne voulait pas lui faire du mal, parce qu'il trouvait que le silence était la meilleure solution pour les préserver. Son fardeau n'avait pas à être celui de ses proches. Et puis il n'avait pas envie que les regards changent, il ne voulait pas qu'on essaye d'être plus gentil, plus inquiet pour rien. Il ne voulait pas qu'on prenne de ses nouvelles parce qu'il était malade mais juste parce qu'on avait envie de lui parler. La nature humaine était ainsi faite, il en était certain. S'il le disait, cela changerait beaucoup trop de choses et il n'était pas encore prêt à ça surtout psychologiquement alors qu'il avait déjà du mal à se faire à cette foutue idée. La connaissant, elle n'allait pas lâcher le morceau et elle n'irait pas de main morte et cela le fatiguait d'avance ! Il ne voulait pas parler de ça et là il se retrouvait pile le nez dans sa merde, il l'avait bien cherché. Bien sûr que oui je te l'aurais dit... un jour.... quand je me serais senti prêt de te le dire ! Et oui hier soir je n'avais pas envie de gâcher l'ambiance ! Bon Dieu Cinzia, comment tu voulais que je te dise ça... et quand ? Tiens entre le "on a plus de chauffage. Je suis séropositif. Mais je ne veux pas d'argent ou alors peut-être que le... "Jessica me matte. Et tu sais quoi, je suis séropositif... Mais oui tu peux la prendre sans soucis comme stagiaire !" Ce qu'il redoutait était en train d'arriver. Il s'énervait et n'arrivait pas vraiment à se contrôler. Il ne voulait pas aller trop loin, il voulait juste lui faire comprendre que ce n'était pas des choses simples à dire surtout pour quelqu'un comme lui qui aimait gérer ses soucis seuls et ne pas être un poids pour les autres. Odair s'était tût quelques instants avant de finalement reprendre Tu voulais que je te dise quoi Cinzia, assis-toi j'ai quelque chose d'important à te dire, je me fouts totalement que tu ne sois pas super bien à cause de ta dispute avec Lyla ?! Mais bordel, ça ne se dit pas comme ça. Je ne sais même pas comment je pourrais te le dire même si on devait tout recommencer. Il tentait de garder un ton assez neutre, même s'il se sentait frustré, blasé mais aussi fautif, coupable. Il ne savait pas sur quel pied danser, et ça lui faisait mal de la voir dans cet état. Elle touchait son point faible et ce n'était pas le moment qu'il craque, ce n'était pas le moment qu'elle lui prouve par A+B qu'elle avait raison et qu'il avait besoin d'aide, qu'il avait besoin de soutien. Trop fier. Trop gêné.. Trop plein de choses. Il inspira un bon coup avant de continuer, riposta avec la même hargne qu'elle -puisque c'était à présent sa dernière barrière de défense- Mais ce n'est pas votre rôle de devoir me supporter. Ce n'est pas à vous de... de gâcher votre vie pour m'aider, pour m'insuffler de l'espoir et tout ce que tu veux. Cinzia, tu as autre chose à penser sans devoir te sourcier de ton foutu meilleur ami. Je le maintiens, même si tu ne le comprends, tu n'as pas à subir ça. Peut-être qu'au final c'était ça le soucis, ils n'étaient pas du tout sur la même longueur d'onde. Les arguments de la Sicilienne, il les entendait, il les comprenait même, c'était normal de vouloir les gens que l'on apprécie, il aurait fait de même... mais depuis dix ans,  il subissait plus souvent qu'autre chose la maladie de Keaton et il ne voulait absolument pas imposer ça à Cinzia ou à sa famille et c'était ça que son amie ne semblait pas comprendre. A quel point ça allait peut-être la bouffer, à quel point c'était prenant, à quel point c'était démoralisant d'assister à la déchéance programmée d'une personne qu'on aime/apprécie. Aucun mot ne suffirait pour lui faire comprendre, tout comme aucune formule ne pourrait aider Cinzia à oublier cette "trahison". Il s'en voulait de la voir comme ça mais si c'était à refaire il ne se gênerait pas et referait les mêmes erreurs parce qu'il était certain que c'était agir pour le mieux. Ça aurait pu en finir là, il l'aurait souhaité parce que le peu de sang froid qui lui restait commencer à s'effiler. Il allait craquer, il ne savait pas de quelle manière et il préférait ne pas y penser.

Elle s'était mise à hurler et s'était levée brutalement. Il ferma les yeux quelques instants le temps d'encaisser ce qu'elle venait de lui dire. Je me prends pour qui ? Pour le mec qui va crever parce que sa seule foutue erreur c'est d'avoir aimé quelqu'un de malade. Pour qui je me prends ? Pour quelqu'un qui veut protéger sa famille et sa meilleure amie, mais ça non, tu ne peux pas le comprendre ?! C'est quoi ton PROBLEME ? Qu'est-ce qui est difficile à comprendre là-dedans ? Arrête de jouer à ça avec moi parce que tu es blessée que je ne t'ai rien dit ! J'ai fait au mieux, ouvre les yeux, tout n'est pas aussi simple que tu sembles le croire. Il avait tenté de ne pas hurler mais le ton avait quand même monté d'un cran. Blême, il serrait les poings, tentant de résister à l'envie de pleurer qui le submergeait et qui côtoyait étrangement celle de casser quelques plats pour se faire les nerfs. Alors si ça t'emmerde, tu peux aussi partir au lieu de me gueuler dessus ! Si ma façon de voir les choses te déplaît la porte est à quelques mètres. Est-ce qu'il pensait ce qu'il disait ? Oui et non. Il voulait juste que ça se finisse. Parce qu'au fond il ne savait plus quoi en penser, elle avait sorti des arguments plus que judicieux sur sa façon de voir les choses et cela le perturbait un peu trop. Il voulait avoir raison. Il devait avoir raison, parce que s'il avait raison, c'était une bonne manière de continuer à se taire sur sa situation. Oh oui Sainte Cinzia, tu serais venue frapper à ma porte ! Bien sûr. C'est ce qu'on dit tous mais ce n'est pas ce qu'on fait. Tu connais la différence entre la pratique et la théorie ? Tu en as là un exemple parfait. S'en suivit un petit rire sarcastique, mais déçu aussi. Est-ce que c'est vraiment ce qu'elle croyait, qu'il n'avait pensé à qu'à lui ? Même s'il y avait une part de vérité là-dedans, ce n'était qu'une infime partie de ce qu'il pensait réellement. Des paroles, c'est tout ce qui leur restait, ils s'écoutaient mais ils ne se comprenaient pas chacun préférant se camper sur sa position. Alors las, blessé, agacé et ne voulant pas envenimer la situation il fit une des choses qu'il savait le mieux faire : se renfermer et se terrer dans un mutisme se contenta à présent de regarder dans le vague. Qu'elle continue de l'engueuler si ça pouvait lui faire du bien au moins ça serait fait... et quand on l'écoutait c'était vraiment l'hôpital qui se foutait de la charité. Si lui avait un comportement égoïste qu'est-ce qu'elle lui faisait-là ? Blabla Moi j'aurais fait si... Moi je... Moi je". Voilà ce qu'il retenait. Et soudain tout changea. A l'instant même où il se rendit compte qu'elle s'était mise à pleurer, il se décontracta, il hésita quelques instants avant d'aller la prendre dans ses bras, maladroitement  mais le plus tendrement possible. Il resserra doucement son étreinte, lui caressant doucement le dos comme si cela pouvait l'aider à la calmer. Keaton avait craqué. Eliott avait aussi pleuré. Et voilà que Cinzia s'y mettait aussi... et lui... Il n'y arrivait pas, comme si quelque chose coincé, comme s'il n'était pas normal. Il en était pourtant malade de stress, il en faisait des insomnies, il y pensait beaucoup trop souvent à son goût et il savait en plus que craquer un bon coup lui ferait du bien mais même là, ou du moins pour l'instant il n'y arrivait pas. Malgré la nausée et les céphalées qui étaient arrivées, malgré son estomac qui le brûlait, malgré cette impression que ses tripes étaient retournées, malgré son visage blême.

Il lui déposa finalement un baiser sur la joue. Je vais bien Cinzia, j'irai certainement encore bien pendant des années. Rien n'est déclaré... Et je ne sais pas quand ça a pu se produire, je ne suis même pas certain que se soit Keaton, même si je n'y crois pas ça aurait aussi bien pu se passer pendant une intervention. Si je ne faisais pas de tests régulier, je ne serai même pas au courant. Il avait tenté de parler de sa voix la plus posée histoire d’apaiser les tensions. Et bien sûr qu'on se protège, ça fait dix ans qu'on fait attention ! Ils n'étaient pas stupide, mais il suffisait d'une soirée bien arrosée, une capote mal mise que personne ne s'en rende compte. Ou un jour où Keaton s'était blessé en faisant la cuisine. Les opportunités ne manquaient pas de toute manière. Maintenant tu vas aller t'asseoir dans le canapé, respirer un bon coup et je vais faire du café. Et ce n'était pas un conseil mais bel et bien ordre. Il la laissa s'éloigner  et prépara rapidement les boissons avant de la rejoindre sur le canapé, il se passa une main sur le visage tentant de calmer la tension qui circulait dans tout son corps. Je suis vraiment désolé que tu l'ais appris comme ça Cinzia. Je te jure que ce n'est pas un manque de confiance en toi... C'est juste que c'est compliqué et que je ne sais pas comment réagir; et je me pose certainement des questions. Pas forcément les bonnes, mais j'essaye d'agir au mieux. Il se tut quelques instants Je ne veux pas m'engueuler avec toi, surtout pas pour ça, mais je ne tiens pas non plus à en parler, ça me bouffe déjà assez. Je vais bien, je veux juste profiter sans y penser. Il voulait oublier cette nouvelle épée de Damoclès qui trônait au dessus de sa tête. Je ne te proposerai de virées de shopping ou ce genre de truc chiant qui me gonfle, mais si tu as un bout de ta matinée à m'accorder, on pourrait peut-être sortir un peu et oublier tout ça ? Tu en penses quoi ? Et son ton avait viré presque à de la supplication.






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Cinzia Herrera
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MessageJeu 21 Jan - 17:48




L’amitié ....
feat l'ours mal léché


J’aurais pu lui reconnaître qu’il n’avait pas tout à fait tort. La veille, notre conversation s’était exclusivement concentrée sur moi et mes faux problèmes, si ce n’est cette preuve de générosité en lui avançant l’argent pour la réparation du chauffage et de ma sincère inquiétude en prenant des nouvelles de son couple et de Keaton. Mais, dans l’absolu, je la monopolisai. Je lui offris peu d’espace pour m’apprendre ce que je découvris fortuitement et de la plus déstabilisante des façons. Cette maladie, je la maudissais. Bientôt, elle le plongerait dans une profonde tristesse et un jour, elle me l’arrachait. Est-ce que ça changeait quelque chose à ma déception ? Pas le moins du monde, car nous savions tous les deux qu’il aurait pu m’asseoir de son divan, m’inviter à me taire, refermer ses mains autour des miennes et me révéler ce lourd secret sans ambages. C’était tout ce que j’attendais de lui et de notre amitié, de la confiance brute. Or, en prétendant qu’il ne lui manqua jamais que d’une occasion, j’eus la désagréable sensation qu’il me prenait pour la reine des connes. Je préférais de loin l’authenticité de la genèse de cet échange, quand il sous-entendait ma fragilité et qu’il prétextait chercher à préserver l’ambiance joyeuse à tout prix. Souhaitait-il me blesser qu’il n'aurait pas pu mieux faire. Il méritait une médaille pour cette indélicatesse. J’étais hors de moi. Terriblement. Cette colère dissimulait quelque chose de plus sourd et de plus indolent : la peur. Qu’allais-je devenir sans lui et son affection ? Sans sa mauvaise tête ? Sans son entêtement à s'endormir entre mes seins – sans jamais l’obtenir – parce qu’elle lui paraît plus confortable que n’importe quel coussin ? Comment affronterais-je mon quotidien sans ses précieux conseils et son objectivité ? Lyla mis à part, il était le seul capable de me raisonner lorsque, submergée par une émotion, je m’apprête à opter pour une décision stupide. Qui s’inquiéterait de moi plus sainement que mes frères ? Il était là, en face de moi, bien vivant et d’apparence bien portant, mais il me manquait déjà, comme si mon impuissance le condamnait malgré moi. « Eh bien, peut-être. Peut-être ce que tu aurais dû faire. Peut-être pas ce que moi, c’est ce que j’aurais fait. » insistais-je lourdement. « Mais, tu ne l’aurais pas fait. Alors, arrête de me mentir. Arrête. C’est pire que si tu m’insultais. Ça ne compte pas pour toi ? Ce qu’on partage ? C’est ça que je dois comprendre à ton silence ? Parce que dans ce cas, dis-le, qu’on en finisse. Tu auras exactement ce que tu cherches comme ça. » Enfoncer le clou me donnait des allures des égoïstes, mais je n’en pris conscience que bien plus tard. « A non ? Ce n’est pas mon rôle ? Donc, dis-moi, c’est quoi alors ? Prendre mes jambes à mon cou comme si tu étais un pestiféré ? C’est ça ?  Et si c’est moi qui étais malade, Matt. Si c’est moi qui t’avais caché un truc pareil ? Comment est-ce que tu l’aurais pris ? Tu aurais envie d’être où ? Avec moi, pour m’aider ? Ou à des kilomètres parce que c’est ce que j’aurais l’air de vouloir parce que je suis trop lâche pour assumer le regard des autres sur moi ? » m’enquis-je presque rhétorique, espérant qu’il aurait la décence de se mettre à ma place un moment. « Ce n’est pas à toi de décider de la façon dont je vais utiliser mon temps. » À quoi rimait cette amitié s’il se comportait avec moi comme tous les membres de ma famille ? Si je n'étais pas toute à cette dispute, j’aurais pu me rappeler des raisons qui me poussaient inexorablement à m’intéresser à Manuel. Il semblait être le seul à avoir compris, au premier regard, que j’avais plus de force en moi qu’il n’y paraissait de prime abord.

Sans doute aurait-il mieux fallu que je cède à mes larmes tout de suite, histoire d’éviter d’escalader quatre à quatre les échelons de la violence des mots, mais j’étais beaucoup trop fier pour abandonner la partie et trop fragile pour accepter maintenant tous les enjeux de cette révélation. Je surenchéris, frôlant l’injure alors qu’il égarait peu à peu de son sang-froid. Il aurait pu le cacher à n’importe laquelle de ses vagues connaissances. Pas à moi. Je n’arrêtai pas pour autant et à l’instant même où il ouvrit la bouche une fois de plus pour me remettre à ma place, je brillai davantage par mon stoïcisme que par ma répartie. Qu’aurais-je bien pu lui répondre à ça ? Avait-il raison ? Étais-je égoïste ? Non. Bien sûr que non. Je perdais simplement toute cette maîtrise sur mes sentiments inculquée par ma mère depuis mon enfance. L’angoisse prenait le pas sur la mesure et sur mon altruisme. Parler à nouveau, c’était éclater en sanglots. Alors, je me tus un moment, l’écoutant attentivement, mes grands yeux cadenassés aux siens tandis qu’il me servait une assiette pleine de ce cynisme dont il m’avait toujours épargné jusqu’ici. « Ne crie pas sur moi. Je t’interdis de crier sur moi. » vociférais-je un index faussement menaçant pointé vers lui. Comment avions-nous pu en arriver là ? À qui la faute ? Lui ? Moi ? Aucun saint n’aurait pu rassurer maintenant qu’il me jetait à la porte, m’achevant au passage. « Tu me mets dehors ? Tu veux que je m’en aille ? ça ne m’étonne même pas. C’est ce que tu veux depuis le départ. Crever tout seul. Parfait. Tu l’aurais dans ce cas. » Je rassemblais déjà mes affaires que j’avais étalées un peu partout dans la cuisine. Il en resterait d’autres le salon et dans la chambre d’amis, des petites choses oubliées des semaines, voire des mois plus tôt, lui laissant systématiquement un peu de moi, qu’il se souvienne qu’en cas de besoin, je n’étais jamais bien loin.

À mes yeux, cette discussion était close et c’était mieux comme ça, pour le moment, puisque je me calmerais, tôt ou tard, pour lui présenter des excuses pour ma réaction, une fois que j’aurai digéré et remis en question mon comportement. Pour lui, en revanche, l’entretien commençait seulement. Un mot lui suffit pour décrire mon attitude. J’étais une égoïste. Je ne pensais qu’à ma peine sans songer un seul instant à sa peur. Mes nerfs craquèrent à la seconde. Une part de moi regrettait toujours qu’il m’ait tu ce pied de nez du destin. Une autre me détestait de me regarder le nombril à ce point. Je me rassis donc, me passant une main tremblante sur le visage et j’accueillis mes larmes comme une amie. Plus vite je relâcherais la pression, plus je pourrai le soutenir. Au diable mon égo et ma vanité. Au diable ma colère et mon irritation. J’avais des questions. Des vraies. J’avais également besoin qu’il me rappelle qu’il était en vie et lui, me pardonnant, il s’installa à table avec moi pour me serrer contre lui. Je me souviens avoir posé ma tête tout contre son cœur. Ses battements réguliers m’apaisèrent, mais je fus incapable de retenir mon émoi. L’espoir qu’il se désigne comme porteur sain était si mince et il paraissait tellement décidé à ne pas nous impliquer plus que de raison que je peinais à le croire. Plus encore alors qu’il envisageait possible que sa contamination dépende surtout d’une de ses interventions. Je le soupçonnais de s’inventer cette histoire pour ne rien avoir à reprocher à son petit ami, rien qui pourrait l’amener à lui en vouloir, à le détester et peut-être à baisser les bras avant son dernier souffle. « Oh, c’est une question idiote, je ne comprends même pas pourquoi je te l’ai posée. Le comment ne changera rien au fait. » Le moteur de la machine chauffait. Dès qu’il ronronnerait, elle se mettrait en route. Désormais, plus personne ne pourrait l’arrêter. «Tu me dirais si ça s’était déclaré, pas vrai ? » le repoussais-je de mes deux mains sur ses épaules sans brusquerie, juste pour l’obliger à affronter mon regard, qu’il le dissuade de mentir s’il en avait l’intention. « J’ai mal réagi. Je sais bien. Mais, il ne faut pas me mentir, Matt. Je déteste ça. Je préfère connaître la vérité, même si elle est douloureuse, parce que ça sera encore plus difficile d’apprendre que tu as essayé de me cacher des choses. Me protéger, c’est bien, mais souvent, le retour à la réalité est plus rude. » C’était comme un pansement à arracher finalement.

Ulcérée, je n’avais pas remarqué qu’il faisait plus froid que la veille. À présent que la pression chutait et que j’apprivoisais lentement-  très lentement – la nouvelle, je grelottais sous le plaid polaire que nous avions abandonné dans le divan la nuit précédente. Pensive – et toujours sous le choc – je m’étais laissée conduire dans l’autre pièce par un Matthew qui s'activait dans la cuisine pour m’apporter de quoi me réchauffer. Je mourrais de faim avant de tomber sur cette enveloppe, et quand il me présenta une assiette de pain perdu et de pancakes que j’avais mis tant de cœur à préparer, je déclinai poliment. J’avais l’appétit coupé et je ne pouvais en parler à personne. Personne à part Gabriele qui ne me jugeait jamais, moi, sa toute petite sœur du même âge dont il se sent responsable. Je me souviens alors avoir mieux compris les raisons qui le poussèrent à insulter notre amitié et la confiance que nous nous étions témoignées. Nul ne devait savoir. Nul ne pouvait l’apprendre tant que ça serait inévitable. Le secouriste ne pouvait se permettre d’être écarté. Pour son copain. Pour son avenir également. Mon égoïsme me sauta aux yeux. Je me le pris comme une claque en plein visage. Je n’avais pas été à la hauteur ce matin. J’avais certes des circonstances atténuantes, mais ça ne changeait rien au fait. « J’entends. J’entends que tu ne veux plus en parler, mais je voudrais tout de même ajouter quelques petites choses. » lui chuchotais-je les pupilles rivés sur le liquide chaud dans ma tasse. « C’est normal que tu te poses des questions. J’en ai tellement moi aussi. Mais, je n’aurais jamais dû réagir comme ça. Je suis désolée. Tu as raison, je n’ai pensé qu’à moi. J’ai cru que la prochaine étape, c’était que tu allais me sortir de ta vie. J’ai cru que tu voulais me tenir à l’écart et j’ai eu peur. J’ai peur. » Correction inutile, mais somme toute nécessaire pour que cette dernière prenne corps dans mon cœur et se laisse dompter au mieux, que je sois en mesure de le soutenir avec efficacité. « Tu as dit tout à l’heure que personne n’était au courant à part ton frère. Tu peux compter sur moi. Je ne dirai rien, à personne, mais… je voudrais aussi que tu réfléchisses bien les conséquences de continuer ton job de secouriste. Les conséquences pour toi et pour les autres. » hasardais-je en espérant qu’il ne me jugerait pas pour cette audace. « Je n’attends pas de réponse. Pas maintenant. Peut-être que tu as déjà pensé à tout ça, mais. C’est un métier fatigant et ça pourrait vite provoquer des choses que tu ne veux pas voir arrivées. » La maladie à répétition. Une accélération du processus. Que sais-je encore. « Tu risques aussi d’être blessé dans une intervention et être confronté à une victime qui le sera aussi. Si ce genre de choses arrivait, en plus du fait que tu ne pourrais jamais vivre avec ce genre de poids sur la conscience et qu’on le sait tous les deux, imagine un peu ce qui te pendra au nez quand ton patron se rendra compte que tu lui mens depuis tout ce temps » Je soupirai, embêtée de jouer les oiseaux de mauvais augure, mais dans l’éventualité où il n’aurait pas songé à tout ça, assommé par ses propres inquiétudes, n’est-ce pas mon rôle de les lui rappeler et ainsi lui éviter plus d’emmerdes ? « Peut-être que tu devrais revoir ta copie et repenser à une reconversion. Un truc où tu pourras te montrer tout aussi utile et en gagnant mieux ta vie. Je peux t’aider pour ça. Tu le sais n’est-ce pas ? » Je n’attendis pas de réponse pour poursuivre. « Je vais aller m’habiller maintenant. Je prends ma tasse avec moi. » Je me levai et je lui désignai l’objet entre les mains. « J’aurais bien pris une douche, je t’avoue, mais là… j’ai peur de ne pas pouvoir en ressortir vivante. » ricanais-je un sourire forcé étirant mes lèvres, acceptant implicitement sa proposition. « Je n’en ai pas pour longtemps. Après, on ira s’installer sur un banc dans le parc à côté pour bitcher sur les gens qui passent. Ouais. Je sais, ça t’emballe pas, mais je ne connais rien de mieux pour me mettre de bonne humeur que de faire ma langue de pute. » Le cœur me manqua un peu cependant, mais je fis de mon mieux.

Je m’acharnais sur un couple qui roucoulait sur le banc en face de celui sur lequel nous nous étions installés. J’avais à peine entamé ma pomme d’amour tant je n’en pouvais plus de leur inventer des dialogues aussi profonds que ceux écrits pour un film porno. Nous éclatâmes de rire quand les deux protagonistes se lancèrent dans la préparation d’une soupe de langue osée. « Tu paries combien qu’ils vont prendre la direction des w.c. publics dans pas longtemps. » misais-je en lui tendant la main. Il n’eut pas le temps de la frapper. Un gosse à vélo se fracassa contre un arbre. Nul besoin d’être à proximité pour remarquer qu’il s’était fait une belle entaille sur le front. Ses jambes étaient égratignées et son poignet sans doute cassé. Nous nous levâmes d’un bond, tous les deux, bien qu’il fut légèrement plus rapidement que moi. Il répondait à ses réflexes, mais en attrapant le vélo pour dégager le gamin, il se coupa le doigt avec un morceau de fer dépassant de la sonnette ajoutée au guidon, complètement détruite. Je le vis se décomposer et, non sans m’être intéressée à l’état de santé de l'enfant au préalable, je me permis tout de même un commentaire, doux, tendre, angoissé comme il pouvait l’être, mais pas moins dérangeant pour autant. « Il n’y a pas de hasard. Matt. Qu’est-ce que je fais ? J’appelle tes collègues ? Tu me dis ce que je dois faire ? On s’en va ? On fait quoi ? »







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Avere nel cuore, une voglia d'amare. Avere nella gola una voglia, di gridare. E chiudersi dentro. Prigionieri di un mondo che ci lascia soltanto sognare, solo sognare. Se non ci fossi tu io me ne andrei.
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Matthew Odair
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MessageDim 24 Jan - 12:57





l'amitié
ft la douce

Ils étaient différents, si différents et c'est dans ces moments-là que Matthew s'en rendait totalement compte. Il ne savait pas quelles tournures de phrases utiliser, il ne savait pas comment lui expliquer son ressenti. Elle insistait mais elle aurait dire ce qu'elle voulait, il ne changerait pas d'avis. Il pensait réellement avoir agi au mieux et c'était fort dommage si elle ne le comprenait pas, si elle se mettait des œillères et était frustrée juste parce qu'il lui avait "omis" de détail. Et, rapidement ce fut au tour du secouriste d'être vexée. Bien sûr sur si cela comptait ce qu'ils partageaient et elle le savait pertinemment, elle savait comment il était avec les autres, elle savait qu'il n'aimait qu'une poignée de personne comment est-ce qu'elle pouvait remettre ça en doute ? Frustré, il ouvrit la bouche s'apprêtant à dire quelque chose mais la referma presque aussitôt. Déjà parce qu'il ne voulait pas envenimer la situation mais surtout parce qu'elle continuait à s'exciter toute seule, à un tel point qu'il avait juste envie de lui hurler de se la fermer. Il dut même se mordre la langue avec une certaine violence pour ne pas être trop tenté, parce que cette phrase il savait pertinemment qu'il la regretterait rapidement. Il inspira un bon coup. Ne pas s'énerver contre elle. Ne pas lui crier. Ne pas craquer. Encaisser juste encore et toujours. Si la réaction d'Eliott lui avait fait parce que voir son frère en larmes n'était jamais agréable celle de Cinzia était bien pire. Il ne s'était pas attendu à s'en prendre comme ça plein la tronche, il ne s'était pas attendu à ce qu'elle réagisse avec autant de virulence, aussi égoïstement même s'il savait que dans cette histoire il avait également de nombreux tords. N'extrapole pas mon comportement Cinzia s'il te plaît ! Déjà je ne t'ai pas menti à proprement parler, je ne t'ai pas dis une information ce qui n'est pas la même chose mais c'est certainement jouer un peu trop avec les mots. Il pouvait être le roi de la mauvaise foi s'il s'y mettait et ça ne ferait guère avancer la conversation ! Tu sais très bien que je tiens à toi Cinzia, comment est-ce que tu peux OSER prétendre le contraire ? Alors oui, on a peut-être pas la même vision des choses mais ça ne sera pas la première ni la dernière des fois. Oui, pour toi j'ai peut-être mal agi, mais pour moi j'ai fait ce qu'il fallait. Tu vas m'en vouloir pour ça ? Pour écouter ce que je ressentais alors que tu es en train de me faire une putain de crise de je ne sais pas quoi ?! Regarde-toi un peu bordel ! Il se prit le visage entre les mains pendant quelques instants, tentant de retrouver un calme perdu, mais ce n'était pas simple. Il inspira un bon coup et tenta de continuer de façon plus posée même si on pouvait sentir la tension dans sa voix Je ne sais pas comment j'aurais réagi dans le sens inverse Cinzia, je ne peux pas te répondre. Peut-être que oui, je l'aurais mal pris mais je n'aurais pas agi comme une gamine capricieuse qui en veut à l'autre. Et je n'ai JAMAIS, tu m'entends, JAMAIS dit que tu allais me traiter comme un pestiféré, mais ton rôle n'est pas de veiller sur moi. Tu as une vie. Tu n'as pas à te la pourrir par ma faute. Est-ce que comprends la nuance ? Pourquoi est-ce qu'elle ne comprenait pas ? Pourquoi est-ce qu'elle rendait ça encore plus difficile à gérer ? Tôt ou tard de toute manière elle se lasserait d'être à ses côtés, d'être vigilante. Tôt ou tard elle aurait une famille à gérer alors elle serait forcément moins présente, alors oui elle ne devrait pas trop rester avec lui parce qu'elle d'autres choses plus importantes à faire. Peut-être qu'il devrait juste se taire, lui dire qu'il était désolé. La laisser gagner parce qu'il te tiendrait pas longtemps comme ça. Ses nerfs ne tiendraient pas, ni son moral... et il ne voulait pas la perdre. Même si son égo en prendrait un coup, le jeu en valait peut-être la chandelle, ou pas. Il n'en savait rien. Il regrettait déjà de s'être emporté de la sorte, mais il n'était pas arrivé à se calmer malgré toutes ses bonnes intentions, bien au contraire. Il s'égarait peu à peu dans ce monde où évacuer toute cette colère, cette frustration lui faisait un bien fou, le soulageait à un tel point qu'il ne pouvait plus s'arrêter ni se contrôler, ou si peu. Il l'invita même à partir alors qu'il souhaitait qu'elle reste,  mais il ne s'était pas attendu à une telle riposte qu'elle se prit comme une douche froide. Crever tout seul. C'est ce qu'elle venait de dire et il avait du mal à y croire. Il ravala le peu de fierté qui lui restait alors mais pour le coup elle l'avait calmé. Il avait réussi également à ravaler ses larmes in-extrémis. Mais elle avait raison, à force de jouer au con c'est ce qui allait se passer, il allait crever seul et dans un sens ça serait le mieux. Personne n'aurait à supporter sa déchéance, et il n’entraînerait personne avec lui. Il n'avait pas pu répondre quelque chose à ça et s'était donc contenté d'un espèce de reniflement miteux.


Alors que la situation semblait inextricable et que leur belle amitié allait voler en éclat si elle franchissait cette porte, voilà que Gambino s'était mise à pleurer. Le frustré et le rancunier disparurent en un quart de secondes, mêmes s'ils restaient non loin de là et l'Ami refit surface pour la prendre dans ses bras, contre lui pour tenter de la calmer, pour tenter de signer une trêve. Il lui expliqua du mieux possible la situation, acquiesçant simplement pour lui dire si c'était déclaré. Tout allait bien pour l'instant et avec l'avancée des médicaments et thérapies, il avait de fortes chances (si on peut appeler ça comme ça) de  subir ce fardeau tout au long d'une longue vie. Je te le promets Cinzia. Je te le jure sur ce sur ce que tu veux. dit-il finalement sur le ton le plus doux qu'il avait en réserve. Sa nouvelle phrase le fit grimacer, mais il ne savait pas quoi répondre. Elle semblait enfin avoir compris ce qu'il avait fait, ne plus trop lui en vouloir alors il ne fallait pas remuer le couteau dans la plaie plus que nécessaire. J'y songerai, pour la prochaine fois. Qu'est-ce qu'il pouvait bien dire d'autres. Et cette prochaine fois qu'est-ce que ça serait ? Keaton qui serait mort ? La maladie qui se serait déclarée ? Le fait qu'il aurait contaminé quelqu'un sans le vouloir au cours de ses fonctions ? Un renvoi ? Il y avait tellement de possibilités, mais le plus sur semblait passer. Le reste, il pouvait l'assumer ou du moins c'est ce qu'il croyait en cet instant T. Le plus était sût.

Il avait donc emmené son amie dans l'autre pièce et lui apporta après quelques minutes de quoi manger et boire. Chaud bien chaud pour contraster avec cet atmosphère humide et froide qui caractérisait à cet instant l'appartement. Il en profita même pour lui faire comprendre qu'il ne voulait plus revenir sur LE sujet. Elle s'excusa néanmoins de son comportement ce qui lui fit chaud au cœur. Un souci de moins. Si elle comprenait, si elle se remettait en questions c'est qu'il avait eu raison d'agir ainsi, c'est que quasi tous ses proches pourraient lui pardonner. C'est oublié. répliqua t-il simplement histoire de ne pas trop épiloguer là-dessus. Ils avaient dit chacun ce qu'ils avaient à dire, c'était réglé point final. Elle avait l'air d'avoir d'autres questions et il préférait se pencher là-dessus, c'était certainement plus important. Plus important certes mais franchement très désagréable à entendre. Oh oui il savait très bien les dangers qu'il faisait courir aux autres, il se posait des questions chaque jour... mais il n'avait toujours pas vraiment trouvé de réponses. Il ne savait pas quoi faire, il n'arrivait pas à se mettre en accord avec lui-même. Je sais tout cela Cinzia... Mais je ne sais pas. Enfin je veux dire, j'en ai bien conscience, mais je ne sais pas quoi répondre, quoi faire. Il se tut quelques instants avant de continuer Pour l'instant, tant que Keaton "est là", je ne peux pas me permettre de perde mon travail, on aurait aucun revenu. Après je ne sais pas. Qu'est-ce que je pourrais bien faire à la place ? Je ne suis pas franchement bon en grand chose et je ne me vois pas reprendre des études. C'était une des questions qu'il se posait. Abandonner son métier c'était bien beau, mais il fallait qu'il trouve quelque chose en contre partie. De nouveau il se passa une main sur le visage en soupirant doucement Je fais très attention au travail et je sais aussi que ça ne sera parfois pas suffisant. Je sais que je m'en voudrais à mort si ça arrivait... mais c'est injuste. Je ne veux pas me faire juger pour ça. Je ne peux pas me faire virer, ou qu'on me mette qu'aux interventions "simples". Je ne veux pas de tout ça, je ne le supporterai pas. C'est juste injuste que je doive faire un choix alors que fondamentalement il y a quand même très peu de risques entre les uniformes, les gants et compagnie que je contamine quelqu'un. Cette fois il se passa une main dans ses cheveux. Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas du tout quoi dire ou quoi faire, ce qui serait le mieux pour moi ou pour les autres. J'ai beau peser le pour, le contre... A chaque fois je me dis que pour l'instant ce que je fais c'est le mieux mais je me fourvoie peut-être. Il n'en savait rien, mais ni Eliott, ni Keaton, ni Daniel lui avait suggéré d'arrêter. Même son coéquipier "nouveau" semblait assez d'accord pour qu'il continue en se taisant, c'est qu'il faisait le bon choix, n'est-ce pas ? C'est ce qu'il voulait croire, il voulait s'en convaincre mais dans le fond tout n'était pas aussi simple. Ouais je crois que pour la douche tu feras mieux de la prendre chez toi et t'inquiètes pas, tu sens toujours très bon ! Il tenta de lui faire un petit sourire mais le cœur n'y était pas non plus.

Ils étaient finalement sortis et avaient une conversation très profonde sur un couple qui semblait vouloir forniquer dans le lieu public. Alors qu'il allait répliquer que pour lui ils allaient plutôt finit arrêtés pour attentat à la pudeur parce que le mec allait finir par allonger la nana sur le banc pour se la taper... un gamin à vélo non loin se blessé. Il se précipita sur l'enfant suivi de très près par Cinzia mais dans sa hâte se blessa. Il se décomposa. Il ne pouvait pas le soigner. Mais la phras de sa meilleure amie n'était que vraie. Il n'y avait pas de hasard et ça le rendait dingue. De nouveau il sentait ses nerfs lâcher. Cette fois ça en était trop. Plus qu'il ne pouvait en supporter. Appelle-les s'il te plaît, mais ne leur dit pas que je suis là. Quand ils arriveront j'irai t'attendre plus loin. Il essayait de prendre sur lui mais chaque seconde c'était plus difficile, néanmoins, restant à quelques mètres de l'enfant, il vérifia qu'il était bien conscient, qu'il savait bien quel jour il était, où il se trouvait. Il fit signe à Cinzia qui était au téléphone de dire que  l'enfant n'avait pas été inconscient et qu'il répondait bien à ses questions mais qu'il n'y avait pas de traces de la mère. Vu l'endroit où ils étaient il ne leur faudrait que quelques minutes pour arriver et il lui fit signe qu'il allait vers les toilettes pour se cacher. Glorieusement. C'était vraiment le comble du pathétisme, de la décadence, du ridicule. Il s'était enfermé dans l'une des cabines non sans avoir vérifié qu'il était seul; et de rage de frustration il frappa violemment  un des murs avec ses pieds comme si cela aller aider à le calmer, à le sortir de cette situation, et des pieds ce fut finalement un de ses poings qui atterrit contre un mur. Le choc et la douleur lui laissant échapper un petit glapissement. Se frottant doucement le poing, il s'était finalement laissé glisser le long du mur pour finir les fesses par terre, se foutant totalement de la crasse qui pouvait bien s'y trouver. Pendant ce qu'il crut quelques instants mais qui avaient finalement duré peut-être quelques minutes (dizaines de minutes). Il tentait de retrouver le contrôle de lui-même mais des larmes avaient quand même coulé le long de ses joues. Rageusement il les avait essuyées une à une. Cinzia avait raison, ça ne pouvait pas durer, mais il n'y avait que ce métier qui le passionnait. Des bruits de pas le tirèrent de ses songes Cin ? Il leva, essuya une dernière fois ses yeux pour être certain qu'ils soient bien sec et mit sa main aux phalanges rougies dans sa poche histoire qu'elle ne s'inquiète pas pour rien. Il ouvrit la porte et  dit l'air de rien Ils ont pu l'embarquer ? La mère est arrivée ? Nerveux, soucieux. Tu penses qu'on peut aller... genre chez toi, finalement ? Il y fera plus chaud et on ne verra personne. Il avait finalement besoin de se calme. Il devait se poser, se rassurer et surtout enfin arriver à lui demander de l'aide, comme elle l'avait proposé. Il eut soudain, sorti de nulle part un petit rire sarcastique Tu.. Tu me verrais bien faire quoi toi ? Il se tut quelques instants avant de souffler. comme métier. Rien n'était décidé, loin de là mais y songer était certainement déjà un pas un avant. Il entoura finalement doucement sa taille d'un de ses bras -celui où il n'y avait aucune trace de sang, de blessures- et l'obligea à avancer, à marcher un peu Désolé pour la séance de bitchage Princesse, mais je crois que ce n'est plus trop le moment... par contre j'veux bien un bisou, ça adoucit les mœurs parait-il. Et surtout, il en avait terriblement besoin à ce moment-là. Et je suis désolé de... de t'avoir laissé comme ça... mais je ne voyais pas comment faire autrement.







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Cinzia Herrera
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MessageVen 5 Fév - 15:19




L’amitié ....
feat l'ours mal léché


Cette discussion avait bien failli déboucher sur une rupture amicale dont je me serais difficilement relevée, mais je me repris sans doute à temps. Une fois la douleur du coup de massue passée, je recouvrais mes esprits, ce qui me permit d’être à nouveau lucide le message renvoyé par ma réaction. De l’égoïsme à l’état brut. Je n’avais pas tort à cent pour cent, mais je n’étais pas droite dans mes bottes pour autant. Il avait sans doute besoin de réaction moins véhémente. Je me rattrapai comme je pus, consciente que j’avais bel et bien extrapolé, que si un non-dit prend rapidement la couleur d’un mensonge, il n’en reste pas moins que Matthew n’avait pas de compte formel à me rendre. L’amitié ne justifie qu’on ouvre les portes de notre jardin secret sans exception. Elle n’est jamais pleinement transparente, mais fort heureusement, lorsqu’elle est sincère, elle pardonne. Tout. Absolument tout. Mê mes comportements qui ressemblent aux caprices d’une enfant gâtée à qui on refuse un bonbon dans un supermarché. Certes, j’étais un peu dure avec moi-même, mais il me fallait au moins ça pour formuler des excuses authentiques et acceptable. Tant de mots blessants sont sortis de nos bouches respectives. Que je reste là, dans son salon, à attendre sagement qu’il m’offre une tasse de café pour me réchauffer le cœur et le corps et qu’il me promette qu’il ne me tiendrait pas à l’écart de l’évolution de la maladie. Je savais maintenant, il n’avait plus raison de me protéger. Il ferait pis encore, ce que je ne me gardai de lui expliquer. Il parut comprendre, à mon plus grand soulagement, et si je souffrais d’apprendre que le virus s’était déclaré, je fis de mon mieux pour n’en rien montrer. Si je pleurais encore, il ferait de son état un secret, croyant bien faire, mais me tuant d’inquiétude à petits feux. Je redoutais cet état d’angoisse permanent qui risquait de m’accompagner au quotidien si ne prêtait pas serment. Il était cependant sincères, tout comme je le fus en déposant sur la table bien plus que des bêtises. Le métier qu’il exerçait, il l’aimait. C’était une évidence. Cette passion était-elle néanmoins une bonne raison de continuer ? Les risques qu’il prenait étaient incalculables. Il pouvait être viré sans espérer la moindre indemnité s’il contaminait qui que ce soit et si ce dernier s’en plaignait à sa hiérarchie. Evidemment, trouver le responsable demanderait du temps, mais à l’heure de tester la brigade, comment pourrait-il le cacher encore ? J’imaginais tellement peu envisageable qu’il n’y ait jamais pensé auparavant que je me lançai dans mes explications sans trop y réfléchir et je ne m’étais pas trompée. Il n’ignorait rien du danger, il n’était juste pas prêt à renoncer maintenant. Je le soupçonnais sérieusement d’être aussi égoïste que je le fus moi-même. Persister sur la voie du secourisme, c’était s’assurer que rien ne changerait. C’était ne surtout pas bousculer ses points de repère. C’était s’attacher à tort à ses points de repères, parce que les temps seraient bientôt compliqués, que l’état de Keaton s’aggravait, et que c’était donner raison à cette putain de pathologie. Ne serais-je pas toutefois une peste d’amie si je ne pointais pas du doigt cette réalité-là ? «  Tu sais, mon père connait beaucoup de monde. Du travail, tu en trouveras. Peut-être pas dans les métiers que tu aimes, mais tant que ça paie le loyer… C’est difficile de renoncer à ce qu’on aime. Je sais bien tout ça. Mais, promets-moi d’y réfléchir avant qu’il ne soit trop tard. Imagine que ton patron ou je ne sais pas comment tu l’appelles découvre le pot aux roses. Là, tu ne retrouveras jamais nulle part et tu partiras sans rien, les poches vides…. Et le cœur plein d’amertume. »

J’aurais pu insister. J’aurais pu me lancer dans un argumentaire pour le convaincre de saisir la main que je lui tendais et de repenser à une reconversion professionnelle, mais je n’en fis rien. La détresse se lisait sur ses traits. La panique luisait dans le fond de son regard. Il était perdu et en colère contre le sort et contre le monde dans lequel nous vivons. Bien sûr, il prenait ses précautions. Il en prendrait tous les jours un peu plus. Mais, le jeu en valait-il la chandelle ?  J’estimai que son heure viendrait. Qu’une fois qu’il se serait débarrasser d’autres problèmes plus importants – comme l’annoncer à sa famille tout entière – il parviendrait à réfléchir plus posément et non plus à chaud ou sous le joug de l’émotion. La nouvelle de sa contamination n’était pas bien vieille. Il avait plus important à penser selon son point de vue. Toutefois, en me préparant à la hâte pour une balade au parc, je priai le Tout-Puissant pour qu’il lui envoie un message, celui qui l’aiderait à se décider avant qu’il ne soit trop tard. Aurais-je seulement imaginé qu’il me réponde aussi vite que je les aurais sans doute différées. Nous étions assis tranquillement sur un banc à jouer les mauvaises langues quand un enfant se blessa. Ce n’était pas bien grave en soi. Il s’en sortirait, mais de l’extérieur, la chute nécessitait que l’état du gamin soit vérifié. Normalement, la présence d’un secouriste sur les lieux du sinistre aurait dû être une chance. Pas cette fois. Une blessure malencontreuse priva Matthew d’être opérationnel. Quant à moi, si je ne cédai à la panique mais à une forme aigüe de fatalisme, je sus que le reste de la matinée serait particulièrement compliquée à gérer émotionnellement. « Ok ! Je m’en charge. » lui assurais-je mon téléphone déjà à la main. Je prétendis que j’étais seule, ce qui n’était pas tout à fait faux. Le couple ne s’intéressait pas à nous et, en jetant un regard autour de moi, je constatai que mon meilleur ami avait disparu à la vitesse de la lumière. Je l’avais entendu questionner le marmot quelques secondes plus tôt, mais ne pas être démasquer lui donnait visiblement des ailes. Où se cachait-il ? Je n’en avais pas la moindre idée, mais je supposais que, de sa tanière, il veillait à ce que tout se passe pour le mieux. L’heure à laquelle les secours se pointèrent n’avait que peu d’importance. La façon dont il prit en charge l’enfant et la mère qui accourrait et qui me remerciait chaleureuse me touchait à peine. Toutes mes pensées étaient tournées vers le malade que j’eus tôt fait de rejoindre en m’approchant d’instinct vers des WC crasseux. Découvrir qu’il pleurait m’arracha un morceau du cœur. Toute mon impuissance se révéla d’un coup, d’un seul. Je ne savais ni que dire ni que faire d’utile pour le consoler. Pourtant, je lui tendis la main. « Lève-toi, mon chat. Ne reste pas là. C’est dégueulasse ici. Je ne peux qu’imaginer ce que tu ressens, mais c’est déjà bien suffisant. Ce qui vient de passer ne justifie pas que tu perdes ta dignité. » tentais-je pour le rassurer en provoquant son geste. Je n’attendis pas qu’il m’agrippe pour se redresser. Je  vins le chercher par le bras, les larmes au bord des paupières. « Ne t’inquiète pas pour le gosse. Ils sont arrivés vite. Il était un peu sonné encore. Il n’a même pas parlé de toi. La mère n’était pas loin, elle l’a accompagné à l’hôpital pour une visite de contrôle. » conclus-je en me demandant sincèrement s’il ne serait pas utile d’attendre encore un peu avant de sortir de ses toilettes nauséabondes.

Nous nous mîmes en route sous son impulsion et, s’il n’arrivait que rarement que j’amène un garçon à la maison – qu’il soit hétéro ou homo ne changeait pas grand-chose à la question – je nous dirigeai lentement, mais sûrement, vers ma voiture. « On va aller chez moi… Tu verras, Lyla et moi, on est super bien installée. C’est une vraie forteresse par contre. Ne sois pas surpris si on parle pas toujours une langue que tu comprends. » Je savais par avance que j’aurais à batailler sèchement pour que les gardes traitent Matthew en ami. Tout comme j’étais convaincue que mon père m’adresserait une petite visite, un peu plus tard, pour s’enquérir de l’identité exacte de ce garçon. « Je ne peux pas rester seule avec toi. Je vais demander à Eddy de venir nous rejoindre. » De tous mes frères, c’était le seul qui connaissait plus ou moins mon meilleur ami et que je ne le jugeais pas vraiment. Il prétendait qu’il n’avait pas le temps pour ses conneries. La réalité, c’était qu’il n’avait aucune opinion sur la question. Ça le dépassait complètement, ce qui nous permettrait d’être totalement à l’aise. « Je suppose que tu n’avais envie de voir personne, mais tu sais qu’il est très discret. Il n’entend rien, il ne voit rien et il ne dit rien. Et, on s’isolera dans la cuisine, il restera devant le football au salon. Je peux pas faire mieux. » Me justifiant, j’ajoutai que j’étais désolée, vraiment, mais il ne semblait pas gêner plus que ça. Sa seule préoccupation, c’était l’événement désagréable de cette matinée et ce qu’il adviendrait de lui à l’avenir, professionnellement parlant. « Tu pourrais faire tellement de choses avec ta gueule d’amour. » le taquinais-je pour le détendre un peu alors que je le serrais dans mes bras et lui offrait un baiser sur la joue. Il ne claqua pas, comme il m’arrivait souvent de le faire exprès. Il était tendre et, je l’espérais, revigorant. « Tu pourrais bosser comme réceptionniste dans un hôtel… faire le croupier dans un casino… servir dans un bar où des filles se déshabillent à longueur de soirée. » Toutes ses propositions étaient liées, de près ou de loin, à l’une des activités de mes frères, mais j’évitai de le préciser pour le moment. « En fait, la vraie question, c’est qu’aurais-tu aimé faire si tu n’avais pas été secouriste ? Qu’est-ce qui t’amuserait au lieu de te passionner ? » C’était là que se situait le nœud du problème et j’eus l’impression d’avoir visé juste. « Allez, je m’en fous de bitcher. Je fais ça à longueur de journée. C’est presque mon métier. » l’arrêtais-je en chemin pour le serrer dans mes bras cette fois. Il avait besoin de bien plus qu’un bisou et je n’étais jamais avare d’affection le concernant. Ça ne mangeait pas de pain et dénué de toute ambigüité, autant dire appréciable. «Ne t’inquiète pas. J’ai géré… Allez, grimpe là-dedans. Ne salope pas mes sièges où je vais me faire déglinguer par Luciano et en rentrant, on va se faire une de ses assiettes de pâtes. Je crève la dalle. Tu n’as pas faim toi ? » Je jetai un coup d’œil vers lui alors que je m’installais derrière mon volant. « OH, le temps qu’on arrive je suis sure que tu auras un trou dans l’estomac. » Pour aider, je lui parlai de bouffe tout le long du trajet.  


***

Je l’avais au téléphone régulièrement. Je passais à la caserne quand j’en avais l’occasion, veillant à ce qu’il mange bien et prenant des nouvelles de Keaton au maximum. Je n’avais plus reparlé de l’incident et je le laissais prendre lentement mais doucement la décision d’abandonner son métier pour un autre. J’avais quelques propositions à lui faire d’ailleurs, mais je les gardais précieusement pour moi. Il fallait qu’il soit prêt. Je ne voulais pas lui forcer la main. En attendant, il était de ces gens que je demande au ciel de protéger à tout prix. Je débarquai chez lui le lendemain de mes fiançailles officieuses avec Mani, pressée de lui annoncer la bonne nouvelle. Certes, je me doutais qu’il serait surpris. Je ne lui avais plus parler de lui depuis que j’avais appris qu’il était atteint d’une HIV. J’estimais qu’il n’avait que faire de mes petites histoires qui, si ce n’est cette demande en mariage à Chicago, demande tout à fait étrange, spontanée, inopinée et surprenante, avait peu de chance d’aboutir sur quoi que ce soit de concret. La promesse d’une union méritait par contre que je lui confie mes déboires et mes réussites. Après tout, ça pourrait peut-être lui changer les idées. Je n’en pouvais plus d’attendre qu’il m’ouvre et à peine avais-je aperçu son visage apparaître que je lui sautai au cou. « Comment tu vaaaas ? » m’enquis-je trop exaltée, l’embrassant sur chaque joue, sautillant et vérifiant tout de même qu’il ne faisait pas trop grise mine. « J’ai un truc complètement fou à t’annoncer. Tu es prêt ? » Je lui lançai tout de go alors que j’avais à peine franchi la porte. « Keaton est là ? Il faut qu’il sache lui aussi. » J’en avais mal au zygomatique à force de sourire bêtement. Son Prince charmant était absent cependant et je me lançais sans attendre. J’agitai sous ses yeux ébahis l’énorme caillou qui ornait mon annulaire. « Alors ? Tu as vu ? Elle est magnifique, pas vrai ? Et tu sais ce que ça veut dire ? C’est une vraie bague de fiançailles. Pas du genre pour le fun. Une qui va vraiment finir par un mariage. » Je haussai les sourcils à plusieurs reprises. « Tu veux pas savoir avec qui ? Hein ? Hein ? »







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Avere nel cuore, une voglia d'amare. Avere nella gola una voglia, di gridare. E chiudersi dentro. Prigionieri di un mondo che ci lascia soltanto sognare, solo sognare. Se non ci fossi tu io me ne andrei.
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Matthew Odair
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MessageDim 7 Fév - 17:07





l'amitié
ft la douce

Il ne savait pas comment expliquer ce qu'il vivait, ce qu'il ressentait, cette idée d'épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il ne savait comment expliquer que oui, dans son choix de rester à la caserne il y avait certainement une grosse part d'égoïsme mais pas que. Il était surtout perdu, il ne savait pas qu'il pourrait faire à part et il avait besoin de ce boulot qui lui procurait l'impression qu'il faisait quelque chose, quelque chose de bien. Il aimait cette routine même s'il détestait les gens en général. Et de toute manière il avait besoin d'argent tant que Keaton était en vie. Il écouta néanmoins la réponse de sa meilleure acquiesçant doucement. C'est vrai qu'il n'était pas obligé de faire quelque chose qu'il aimait, mais déjà que ça n'allait pas fort à la maison, alors si en plus il ne supportait pas son boulot comment est-ce qu'il ferait ? Rester secouriste était une solution de facilité, il le savait bien. Il ne le savait que trop bien. Elle avait raison mais il n'était pas encore prêt à renoncer à ça, il s'y accrochait bien trop, il n'avait pas eu de déclic qui permettrait de faciliter les choses. Ton père n'est pas magicien Cinzia, regarde-moi. Je suis asocial, je n'ai pas le contact facile, je suis bougon râleur, chiant, sarcastique. Quel employeur saint d'esprit voudra bien de moi ? Sans compter vu nombre d’homophobe qu'il y a et si on rajoute qu'ils apprennent ne serait-ce que pour la maladie de Keaton. J'suis foutu. Juste foutu. Il se tut quelques instants avant de reprendre Mais je sais pertinemment que tu as raison, qu'il faudrait que j'arrête. J'ai besoin de temps pour me faire à cette idée, pour partir. Et je n'y arrive pas. Je suis qu'un lâche qui tient trop à son putain de métier, mais non, malgré tout je ne peux pas. Je veux rester secouriste. J'en ai juste besoin pour mon équilibre. Il se tut quelques instants, avant de rajouter sur le ton de la confidence, quelque chose qu'il ne disait pas souvent Je ne veux pas rentrer, me retrouver avec à Kea' malade, alors que j'ai passé une journée de merde dans un boulot qui ne me plaît pas. Je ne pourrai pas tout gérer. Je ne peux pas gérer la maladie de Kea, la mienne, être fort pour les deux, travailler en plus dans un truc qui ne me plaît pas. Là c'est trop me demander... et pour l'instant, le plus important pour moi c'est mon petit ami, son bien être. Si je change de métier, ça sera en plus une culpabilité en plus à porter sur ses épaules. Peut-être que pour toi ses arguments sont juste... égoïstes. Peut-être qu'ils le sont, mais c'est comme ça.

Il aurait pu espérer que le reste de la matinée soit un peu plus clémente avec lui mais il n'en fut rien. Alors qu'il commençait à se calmer, le Destin pointa son nez, le faisant se blesser à un doigt alors qu'il voulait aider un gamin. Un gros pied de nez à sa motivation, et une sacré remise en question. Il donna les rennes à Cinzia pour qu'elle se charge du gosse avant de s'enfermer dans les toilettes les plus proches en proie à une angoisse, à une frustration et une rage sans nom. Des larmes avaient fini par couler jusqu'à ses joues et malgré ses tentatives de se calmer, il était toujours dans un pitoyable de nerfs lorsque Gambino vint le rejoindre, l'aidant à se relever. Ma dignité ? Elle s'est enfuie loin, je crois... mais quelle importance de toute manière. Il fut rassuré de savoir que le gamin allait plutôt bien mais il préféra ne pas faire trop de commentaires là-dessus.
Ils s'étaient finalement diriger vers la voiture de la jeune femme et, pour une fois il de grimaça pas à l'idée d'être confronté à Lyla même si... et bien même si cela ne l'enchantait pas du tout qu'elle le voit dans cet état. Déjà qu'il était gêné que la Sicilienne le voit aussi "faible", il ne voulait pas quelqu'un d'autres puisse assister à ce triste spectacle pathétique. Le secouriste tenta donc de prendre sur lui... jusqu'au moment où il comprit qu'il allait devoir rester en plus avec une des frères de Cinzia. Il la regarda sans trop comprendre pourquoi est-ce que c'était obligatoire. Déjà que s'il avait été hétéro cela l'aurait complètement dépassé mais là c'était encore pire. Il préféra cependant juste acquiescer. Il ne voulait pas dire des choses qu'il regretterait sur les habitudes familiales étranges de sa meilleure amie, alors se taire semblait la meilleure chose à faire, d'autant plus qu'ils pourraient visiblement parler seul à seul. ça ira ne t'inquiètes pas pour moi. réussit-il finalement à dire sans balbutier ou chouiner. Il s'essuya le résidu de larmes qui coulaient de ses yeux et inspira un bon coup. Je ne suis désolé, tu n'aurais pas du me voir dans cet état... pour ça... ça ne sert à rien. Et il ne tarda pas à partir sur ce qu'il pourrait bien faire d'autres dans sa vie si jamais il devait faire une reconversion professionnelle. Il n'avait aucune idée de ce qui pourrait bien lui correspondre. Odair lui dédia un tendre sourire lorsqu'elle le prit dans ses bras, lui déposa un baiser sur la joue et lui fit un compliment sur son physique. Tu trouves que j'ai une gueule d'amour mais beaucoup disent que je suis une tête de con, tu vois... tenta-t-il de plaisanter pour lui faire comprendre que le physique ne faisait pas forcément tout, même si elle le savait déjà. ça craint à quel point si je te dis que je ne sais pas ce qui m'amuse réellement ? Parce que là il ne savait pas trop quoi dire, il passait le plus clair de son temps libre avec keaton à regarder la télé ou à bouquiner à faire quelques jeux vidéos; avec ses sœurs tout comme avec Cinzia, il bichter plus ou moins... et au final il trouvait ça plutôt plaisant, cela correspondait pas trop mal à son caractère. Ce qui m'amuse ? Observer les gens, trouver leurs défauts, un peu comme on a fait tout à l'heure, j'aime lire aussi... enfin comme plein de gens. Je n'ai pas de passion ou de choses comme ça, peut-être parce que je suis une triste personne, ou alors parce que je me suis un peu trop oublié pour rester avec Keaton dans notre cocon. Je ne sais pas, et je ne pense pas que ça ait réellement d'importance. Il se tut quelques instants avant de rajouter Je ne crois pas que je sois fait pour être trop en "rapport" avec des gens, tu vois tout ce que tu me proposes, faut sourire, être propre sur soi sympathique. Tout ce que je déteste. Je ne supporte pas les gens, devoir les servir, surtout les gros cons imbus d'eux-mêmes, je crois que je finirai par un prendre un taper sur l'autre... Dommage que je ne sois pas plus baraqué peut-être que videur m'aurait convenu. Il avait tenté de plaisanter même si le cœur n'y était pas. Il n'était pas un artiste, il n'aimait pas le contact avec les autres ce qui commençait sérieusement à réduire les possibilités. Il n'était pas non plus spécialement manuel... Ils continuèrent donc de papoter là-dessus mais au fur et à mesure de la conversation le jeune homme lui fit comprendre qu'il n'était vraiment pas prêt à sauter le pas. Qu'il voulait bien parler d'une reconversion mais qu'il ne se sentait pas de la faire aujourd'hui.

* * * * *

Les jours et les semaines avaient passé et cette idée de changer de métier ne l'avait jamais quitté. Il avait tenté de réfléchir sérieusement à ce qu'il pourrait bien faire, mais pour l'instant rien ne le tentait... peut-être aussi parce qu'il ne voulait pas. Il n'en avait pas le courage, lâche qu'il était. Un soir, alors que Keaton était parti chez sa famille, très légèrement fiévreux, le secouriste s'était allongé à l'endroit où l'autre dormait habituellement et avait fixé le plafond pendant de longues minutes. Tiraillé entre l'envie d'appeler l'hôpital pour qu'il soit sous bonne surveillance, mais il le savait bien c'était contre la volonté de Richter. Il espérait juste que ce n'était pas trop grave, que les médicaments et le peu de système immunitaire qui lui restait suffiraient à aller mieux le lendemain ou surlendemain. Comme souvent dans ces cas-là, il se voyait déjà le perdre et il ne l'acceptait pas. Il ne se voyait pas faire sa vie sans lui. Absolument pas. Quelqu'un qui frappa à sa porte le fit sursauter et le tira de ses pensées. Il se dépêcha de se lever pour aller ouvrir. Il n'attendait personne si bien qu'il fut assez surpris et inquiet de voir Cinzia... mais cette inquiétude disparut brusquement lorsqu'il se rendit compte à quel point elle rayonnait. Il n'avait pas eu le temps de dire un mot que déjà elle lui avait sauté au coup, il la serra doucement contre lui, un peu maladroitement. Heu ça va... si tu arrêtes de m'étouffer je crois que je pourrais survivre à la nuit. il lui sourit, aimant bien la chambrer le sujet. Vu comme tu te comportes, je ne vais pas te retourner la question... qu'est-ce qui se passe ? Il regarda un fauteuil e fit mine d'aller s'assoeir. Attend, je préfère être prêt d'un truc qui pourra me retenir, je sens que je vais tomber à la renverse. Non, Keaton est chez ses parents avec sa famille. Il préféra cacher son inquiétude pour son petit ami, pour se focaliser sur elle, d'abord la bonne nouvelle... après le reste. Mais on pourra l'appeler tout à l'heure si tu veux. Il avait à peine fini sa phrase qu'elle lui montra l'énorme bague qu'elle avait.... ou plutôt lui agita sous le nez. Il bugua tandis qu'elle avait repris la parole. Heu... Il la regarda, ayant perdu un peu de son sourire. Il ne savait pas trop comment réagir, être heureux pour elle ou s’inquiéter ? Il y avait aussi ce sentiment de culpabilité qui était de nouveau présent, il pensait à Keaton qui lui avait encore fait sa demande qu'il avait refusé quelques semaines plus tôt... la voir heureuse, lui donnait envie de faire un tel sourire sur le visage de son petit ami. Mais il ne pouvait pas céder, pas avec tout ce que cela impliquerait. Il ferma les yeux quelques instants, tentant de se focaliser sur le "problème" de la jeune femme et non pas sur lui. Le type dont tu me parlais la dernière fois et que Lyla n'aimait pas ? court résumé, assez dur, mais il était totalement abasourdi. Finalement un tendre sourire fini par illuminer son visage et lui déposa un tendre baiser sur la joue. Même si je ne le connais pas, et que je trouve donc ça un peu prématuré, je suis heureux de te voir dans un tel état. Félicitations ma belle ! Mais cette fois tu ne peux plus te débiner, il faudra que tu me le présentes et que tu me décrives un peu plus que son merveilleux minois. Il lui fit un petit clin d'oeil avant de rajouter amusé Et ne t'inquiètes pas, je ne tenterai pas de te le piquer. Il la serra doucement contre lui, toujours partagé entre le fait d'être heureux de la voir comme ça et le fait de trouver cela étrange qu'un mariage soit aussi précipité. Finalement, il l'invita à s'asseoir et lui demanda si elle désirait boire quelque chose Est-ce que tes frères sont au courant ? Comment est-ce qu'ils ont réagi ? Tu as besoin que je vienne avec toi pour leur annoncer ? Il avait un petit doute sur leur réaction... Et.. si ça ne te gêne pas, je préférerai que Keaton ne l'apprenne pas... pas tout de suite. Il se tut quelques instants avant de rajouter Il est fatigué en ce moment et.. pour tout t'avouer, il m'a refait une demande que j'ai de nouveau décliné et j'ai peur que ça le perturbe. Il grimaça un peu avant de soupirer, gêné, à peu près certain qu'elle ne comprendrait pas pourquoi il agissait ainsi avec Keaton alors qu'ils s'aimaient. Je sais que c'est beaucoup te demander, mais je lui dirai... ou non, on lui annoncera dès qu'il ira un peu mieux, ok ? Il se racla la gorge avant de rajouter En attendant, raconte moi comment tu es passée de la nana bourrée qu'il a ramassé sur un parking à la femme fiancée !






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Cinzia Herrera
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MessageSam 20 Fév - 22:52




L’amitié ....
feat l'ours mal léché


Je réalisai combien il ne connaissait rien de ma famille à l’instant même où il sous-estima mon père. Ettore était un magicien. Dès lors qu’il était convaincu du potentiel de quelqu’un, il pouvait soulever des montagnes pour atteindre son but. N’étais-je pas la preuve vivante de cette réalité ? N’étais-je pas trop jeune pour participer activement à la rubrique la plus lue du Times par le commun des mortels ? Je n’étais pas plus douée qu’une autre. Je n’écartais pas les cuisses non plus. La seule raison pour laquelle je décrochai cet emploi, c’était grâce à ce nom de famille terriblement influent sur la grande pomme. Étais-je seulement en droit de le lui apprendre ? Sa peine le justifiait-elle ? Non ! Bien sûr que non. Certes, il était mon meilleur ami. Il comptait pour moi. Mais les secrets de ma famille comptaient bien plus que mes promesses. Je le soutiendrais. Je l’aiderais. Je ne dérogerais pas à cette réalité-là, à la condition expresse que ma famille ne soit pas mise en danger. S’il voulait un job, je le lui trouverais. Il suffisait d’un mot ou d’une envie pour que sa vie change du tout au tout. Je pourrais même lui trouver quelque chose qui lui permettrait de mieux vivre s’il n’était pas aussi têtu. Le tableau qu’il peignait de sa petite personne était même plutôt irritant de mon point de vue. « Je te regarde, oui, plus que tu ne le crois et je ne vois pas du tout la même chose que toi quand tu te regardes dans le miroir. » Bien sûr, il n’était pas toujours des plus sympathiques. Il avait quelque chose de bougon qui le rendait trop souvent désagréable. Il n’était pas capable de prononcer trois mots sans y glisser du sarcasme. Il était parfois casse-pied à ne jamais sourire, même lorsque la situation s’y prête. Tout ça, je pouvais l’admettre, le reste, ça m’échappait complètement. « Moi, je vois quelqu’un de courageux, d’altruiste et de dévoué. Je vois quelqu’un qui n’a pas peur de prendre les armes pour défendre les gens qu’il aime. Le reste, ça n’a absolument aucune espèce d’importance. Sauf si tu as pris l’habitude de te présenter à un entretien d’embauche en disant : salut, je m’appelle Matthew Odair, je suis homosexuel et séropositif, comme mon mec pour qui la situation s’aggrave. Si c’est comme ça que tu te présentes, alors oui, on risque d’avoir un problème, oui… » sifflais-je beaucoup moins agréable que je ne l’aurais dû. « La seule raison pour laquelle tu es foutu, c’est parce que tu as décidé que tu l’étais, parce que tu ne veux pas accepter que le métier que tu exerces n’est plus pour toi. Et, je comprends tu sais, mais ne te cherche pas des excuses. Dis-moi simplement que tu n’es pas prêt. » Je détestais qu’on me prenne pour une conne. Aussi, appréciais-je qu’il se borne enfin à la vérité toute nue. « Prends le temps qu’il te faudra, mais ne néglige pas les messages que t’envoie la vie. » Dieu ou le hasard, c’était une question de point de vue et j’évitais toujours savamment d’intégrer le tout-puissant dans mes conversations à moins d’être face à un interlocuteur qui partageait mes convictions. « Ecoute, Matt, je ne te juge pas. » finis-je par conclure un peu moins sur la défensive. Je saisis sa main et je la pressai un peu plus fort pour le rassurer. « Je comprends tout à fait ce que tu me dis. C’est difficile et à mon avis, ça ne fait que commencer. Je sais aussi qu’à la caserne, vous êtes tous une famille. Qu’en les quittant, tu auras l’impression de les abandonner. Tu n’es pas prêt pour ce deuil-là. Ce n’est pas l’urgence pour le moment. Tu as le temps. Tout le temps qu’il te faut finalement. » En mon for intérieur, je n’étais pas convaincue qu’il pouvait de l’éternité pour se décider. Un accident pourrait vite arriver. Je n’ajoutai pourtant rien tandis que nous rejoignons le domaine pour un moment simple en compagnie du plus doux de mes frères. Mon père n’eut jamais vent de cette rencontre. Fedele était une tombe puisqu’il avait supervisé l’échange du tout au tout.

Sur place, la conversation prit une toute autre tournure. Il me surprit par une question sur son avenir et je tentai d’y répondre avec le plus d’authenticité possible. Je l’écoutai attentivement m’expliquer que rien ne l’amusait dans la vie. Rien, à part le milieu médical qui serait bientôt proscrit. S’il contaminait quelqu’un dans l’exercice de ses fonctions, il se ramasserait avec procès au cul, ce que je ne manquai pas de rappeler. « Tu sais quoi ? Je pense que tout ça n’a pas d’importance. La raison pour laquelle tu ne te trouves pas de passion ou que tu n’en aies jamais eu auparavant. Parfois, ça arrive tard. On change tu sais. C’est peut-être le moment d’en trouver. Et puis, tu sais que, ce que tu me dis là, ça ressemble aux qualités idéales pour le journalisme. Il y a des tas de petits journaux qui engagent des gens qui n’ont pas forcément les compétences, juste parce qu’ils sont observateurs et qu’ils aiment fouiner. Ça pourrait peut-être te plaire. Moi, en tout cas, je t’avoue que je m’éclate. Je gère mes horaires comme je veux. Je peux bosser de chez moi. J’ai des gardes aussi tu sais. Si c’est mon tour de rester éveillée pour couvrir un fait divers, et crois-moi, ici, il y en a tous les jours, et bien je peux partir en pleine nuit. Comme vous… sauf que j’y vais pas pour les mêmes raisons. » Je ricanai, consciente que cette vie-là ne durait plus longtemps. Un jour ou l’autre, je serai forcée par mon père de prendre un mari. J’aurai des enfants. C’était le lot des femmes. Les nuits, ce ne serait plus pour moi. «  Et, videur, oui, ça pourrait le faire. Tu sais qu’il ne faut pas forcément être un monsieur muscle pour ça. Un bon entraînement et tu peux maîtriser un gars bien plus haut que toi. Un peu de ruse aussi. Et pour les tenaces, un coup de matraque téléscopique. » plaisantais-je en riant à gorge déployée, espérant qu’il se joigne à moi. Si ça ne fonctionnait pas, il me restait le coup de la bonne vieille comédie à la con. American pie peut-être. C’était stupide, graveleux, mais léger. Tout ce qu’il lui faudrait. « Je te l’ai dit. Tu n’es pas forcé de trouver tout de suite. On peut aussi regarder les formations qui s’offrent à toi. Détective privé, ça pourrait le faire aussi non ? Après tout, tu aurais de contact avec personne » Sentant qu’il n’avait plus forcément envie de s’étendre sur le sujet, j’abordai celui qui m’occupait l’esprit depuis des jours : Manuel. J’étais pénible d’ailleurs, mais prononcer son nom m’animait toujours d’émois adolescentes qui, je n’en doutais pas, suffirait à détendre l’atmosphère. Il pourrait me taquiner si son cœur le lui dictait. Je n’étais pas la dernière pour me tourner en dérision.


***


Les jours passèrent sans que nous n’ayons eu le temps de reparler de tout ça. Je le laissais digérer. Je ne voulais pas l’oppresser. Lorsque je lui téléphonais, je prenais seulement des nouvelles de lui et de son compagnon. Pas de Mani. Je n’avais pas grand-chose à en dire, si ce n’est confier ma frustration. Alors, forcément, rien ne me surprit moins que son air étonné alors que je bondissais devant sa porte. « Oh, je suis désolée. Je suis sur du charbon ardent, je tiens plus en place. » m’excusais-je en m’imposant dans son appartement. Je mourrais d’impatience à l’idée de lui balancer la nouvelle, et si je fis preuve de politesse, je finis par cracher le morceau. « Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? On dirait que je viens de t’annoncer que je déménageais au bout du monde. Pire. Tu as même pas réagi comme ça quand je suis partie au Canada. » m’exclamais-je alors que son sourire s’effaçait, entamant ainsi mon enthousiasme. « C’est parce que Lyla ne l’aime pas ? » J’ignorais si la grimace agréable qui précéda le baiser qu’il déposa sur ma joue était sur-jouée dans le but de me rassurer, mais je me contentai de ça. Je n’avais pas envie qu’il gâche mon plaisir tout simplement parce que, selon ses critères, il trouvait cette annonce plutôt inattendue. Ça l’était dans son monde. Dans le mien, ça ne manquait pas de sens. J’avais également été foudroyée par Manuel, ses manières, son excessivité, son cran, son physique de rêve, ses mains, sa bouche… tout ! Absolument tout ! « Te le présenter ? Matthew, je ne sais pas si c’est une bonne idée. Encore moins si tu me dis que tu trouves ça prématuré. Il ne nous a pas fallu grand-chose pour se rendre compte qu’on avait des tas de points communs lui et moi. Il me rappelle mes frères aussi. C’est sans surprise pour moi. Et puis, je suis amoureuse de lui. Ça ne m’était jamais arrivé auparavant. Je ne savais même pas que c’était possible de s’éprendre de quelqu’un aussi vite. Et tu sais, c’est réciproque hein. Il a fait ça dans les règles. Il a été voir mon père pour lui demander ma main. C’est pas une plaisanterie pour lui. » avançais-je en répondant en partie à la question qui viendrait plus tard. « Mais, si tu y tiens, j’essayerai de voir ce que je peux faire. Il bosse beaucoup. On n’a pas beaucoup d’occasion de nous voir, alors quand on peut, on essaie d’en profiter pour rester tous les deux, tu comprends ? »

Je lui racontai dans les détails comment nous en étions arrivés là lui et moi. Le voyage à Chicago, la demande ratée, sa disparition, son tour de chien avec Becky, les mots dont il usa pour me convaincre que c’était plus qu’un caprice pour moi, son soutien après l’accident de ma mère… Je n’omis aucun détail et, si je jugeais parfois durement le chemin qui nous avions empruntés pour en arriver là, je finissais par trouver ça presque mignon maintenant que je l’exprimais à voix haute. « Mes frères ont plutôt bien pris la nouvelle. C’est un ami de la famille. Ouais. Je ne le savais pas quand je l’ai rencontré, mais je dois dire que ça a plutôt bien aidé. Luciano me fait penser à Andrea, ce qui était pas mal étonnant. Achille le vit un peu plus mal que les autres, il s’inquiète pour les traditions. Gaby… » Comme il était mon jumeau, sa réaction comptait double. «… il avait l’air vraiment content. Il apprécie Mani, ça aide. » Je haussai les épaules et, si mon éclat brillait un peu moins qu’en arrivant, je restais heureuse, heureuse malgré que Matt ne partage pas pleinement ma joie. Je ne comprenais pas. Si j’étais sure de moi, il aurait dû sauter au plafond avec moi. Au lieu de ça, il m’avoua qu’il préférait que je garde le silence. « Tu me demandes de ne rien dit à Kea ? Mais, c’est mon ami lui aussi. Pourquoi tu… » Je n’eus pas le temps d’achever qu’il répondait déjà à ma question. « Matthew, je ne veux pas te dire ce que tu dois faire. » lançais-je en lui suivant à la cuisine alors que j’acceptai un café. « Mais, est-ce que tu t’es dit qu’accepter sa demande pourrait être une bonne chose ? Peut-être qu’il en a besoin, tu vois ? Comment t’expliquer… » Je savais par avance que je me jetais dans une conversation compliquée, mais je tentai le tout pour le tout. « On ne va pas se mentir. Il va de plus en plus mal. Il doit sans doute sentir qu’il manque de force, qu’il n’en aura peut-être plus assez pour tenir des années encore. Vous marier, pour lui, c’est avoir au moins réussi ça malgré la maladie. C’est te laisser quelque chose de lui… comme des supers souvenirs. Des photos officielles de votre amour, entourés par tous les gens qui vous aiment. Pour lui, ça doit être une façon de laisser une trace de lui sur Terre aussi. Tu devrais y réfléchir. Même si tu es contre le mariage. Demande-toi ce qui vaut le coup. C’est un sacrifice énorme. Je peux le comprendre. Tu en as déjà fait tellement, mais… » S’il devait mourir, n’avait-il pas le droit d’un peu de bonheur ? Une journée où il pourrait tout oublier et se consacrer sur ce qui a toujours le plus compter pour lui ?






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Avere nel cuore, une voglia d'amare. Avere nella gola una voglia, di gridare. E chiudersi dentro. Prigionieri di un mondo che ci lascia soltanto sognare, solo sognare. Se non ci fossi tu io me ne andrei.
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Matthew Odair
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MessageSam 27 Fév - 18:08





l'amitié
ft la douce

Cinzia n'était certainement pas non plus la personne la plus impartiale à son égard. Elle l'appréciait trop pour savoir exactement ce qu'il voulait dire et pour accepter cette vérité, en tout cas lui le voyait comme ça. Il savait qu'il n'était pas quelqu'un d'appréciable sauf avec les personnes qu'il aimait bien. Il n'était pas facile à vivre et chiant. C'était un fait. Alors se reconvertir avec son sale caractère ça ne serait pas simple c'est ce qu'il voulait lui montrer mais là encore, il avait du mal s'y prendre vu les quelques mots qui sortirent de la bouche de son amie. Je ne suis pas prêt, c'est vrai Cinzia... mais tu sais très bien aussi qu'aujourd'hui qu'il faut être aimable, sourire et compagnie pour la plupart des jobs, l'entretien ne passera jamais sauf un miracle ! Je ne dis pas que je suis mauvais en tout ou autre,  juste que ça ne passera... le feeling tout ça. Il eut finalement un petit sourire triste et ne tarda pas à continuer Tu as fait un bon résumé de ma vie... mais tu sais très bien que même si je ne cache pas mon homosexualité, ce n'est pas quelque chose que je dis comme ça à la légère. Enfin ça dépendait des moments quand même, dès fois il le lâchait comme ça pour avoir la paix quand des nanas le gonflaient un peu trop par exemple.... et bizarrement c'était rare quand sa méthode marchait réellement. Ça avait même plutôt l'effet inverse parfois. Il ne savait pas quoi dire d'autres. Il était toujours plus ou moins perdu, il était fatigué et il avait bien du mal à faire la part ds choses, à arriver à répondre posément à sa meilleure amie. Et elle toucha de nouveau un autre point sensible, à croire qu'elle le connaissait peut-être mieux qu'il ne se connaissait lui-même. Oui, sa caserne était sa famille même s'il ne supportait pas les ¾ des gens là-bas. Il avait du mal avec eux, beaucoup de mal... mais c'était quand même sa routine et il n'avait pas envie d'en changer. C'était des boulets mais SES boulets. Non Cinzia. souffla-t-il d'une voix contrariée, beaucoup plus rauque à cause de l'émotion Je n'ai pas tout le temps qu'il me faut, tu l'as dis toi-même, un accident peut arriver demain.. ou la semaine prochaine. Alors non, je n'ai pas beaucoup de temps devant moi. Il le savait, il avait juste du mal à réellement l'assimiler et il n'était absolument pas prêt à faire ce sacrifice !

Finalement, un peu plus tard, ils reprirent le fil de la conversation, Matthew n'avait pas spécialement envie d'en parler mais peut-être qu'en sachant ce qu'il pourrait faire lui ferait une sorte de déclic, peut-être qu'ainsi se détacher de la 55 serait beaucoup plus simple. Ce n'était que de la théorie mais au final à part un gros pincement au cœur cela ne coûtait rien. Ce qu'elle lui disait pour le journalisme, comment elle vantait son métier était effectivement quelque chose qui pourrait lui correspondre, pour le videur par contre c'était totalement une autre paire de manche ! Il préféra donc rester que sur le journalisme, après tout, il savait plutôt bien écrire et ne faisait pas trop de fautes (ce qui était quand même primordial), et il était effectivement observateur sans être une réelle fouine. Effectivement, il faudrait que je me renseigne un peu plus pour le journalisme... enfin voir de moi-même si cela me conviendrait ou pas. Il lui fit un petit sourire tentant de faire semblant d'être amusé Je te crois quand tu me dis que ça me correspond, mais il n'en reste pas moins que tu me connais trop trop bien, tu sais comment me faire céder. J'essayerai de me renseigner sur ce qui est possible, ou pas... Et à la fin je reviendrai vers toi avec mes dix tonnes de questions et tu regretteras de m'avoir orienté sur ça. Parce qu'il était clair que s'il abandonnait le secourisme, il n'allait pas changer de métier les yeux fermés juste parce qu'on lui disait "ça ça te conviendrait", il savait que la démarche de Cinzia était juste de l'aider, mais maintenant c'était à lui de ne pas s'emballer pour finir avec ce "supplice" au plus vite. Tout devait être réfléchi. Il n'avait pas le droit  à l'erreur. Quant à ma passion... on verra bien, mais c'est vrai que l'instant je n'ai pas la tête à ça, à voir ce qui me plairait ou pas, mon quotidien me convient, et je veux profiter de Kea'.[/b][/color] Un jour, bientôt... dans quelques mois, peut-être un an ou deux, il aurait du temps pour lui. Il pourrait se trouver une passion en attendant il préférait profiter du temps qui lui restait  avec son petit ami. Merci de tes propositions, je vais pouvoir réfléchir avec tout ça... et aussi demander à Kea' ce qu'il en pense. pas à sa famille, il ne pouvait pas. Elle ne comprendrait pas pourquoi il voulait changer de métier.

* * * *

Un certain nombre de jours s'étaient passés depuis cette dernière discussion lorsqu'il la vit derrière sa porte joyeuse comme... comme une gamine le jour de Noël. Il était content de la voir aussi rayonnante mais il était quand même beaucoup plus septique lorsqu'il apprit la raison. Il ne réagit certainement pas comme elle l'aurait souhaité et il s'en voulut un peu mais en même temps... Il n'en revenait juste pas. Je.. Non, Lyla n'a rien à voir avec ça ! C'est... C'est juste que je ne m'y attendais pas et que ça m'étonne, c'est tout Cin' ! tenta-t-il de se justifier maladroitement. Il ne tarda pas à reprendre la parole avant de prendre un peu sur lui pour tenter de la féliciter comme il se le devait ! Après tout le temps ne devait pas être pris en compte, si elle était heureuse c'était le principal. Il tint cependant à faire connaissance de son à présent fiancé.  Les informations qu'elle lui débita ensuite ne le rassurèrent pas autant qu'il l'aurait voulu. Ok, ça avait l'air sérieux pour tous les deux ce qui faisait un bon point pour ce Manuel, il avait aussi fait les choses dans les règles, deux bons points pour lui. Cela ne l'empêcherait cependant pas d'être peut-être violent, ou de se lasser rapidement. Certains hommes étaient comme cela et il ne voulait que cela lui arrive ! Oui, oui bien sûr que je comprends, c'est normal que vous préfériez passer du temps ensemble tous les deux si vous ne vous voyez pas souvent. Mais du coup tu vis toujours avec Lyla, ou tu as déménagé chez lui ? Il tentait de suivre tant bien que mal tous les changements, il essayait de poser les questions le plus neutrement possible de façon à ce qu'elle ne se braque pas. Ce n'était pas le but, il avait juste envie de la soutenir, de la protéger. Et oui, me le présenter... Tu as bien compris, ce n'est pas parce que je trouve ça prématuré que je vais le trouver bidon ou je ne sais pas... Je veux juste rencontrer l'homme qui rend heureuse ma meilleure amie et avec qui elle va se marier.  Je trouve juste ça normal, mais après ce n'est en rien une obligation, ça serait juste vraiment dommage. surtout pour lui en fait. Manuel connaissait sa famille, Lyla, mais visiblement elle semblait réticente à le qu'il le rencontre, lui. Je te promets même que je serai agréable... autant que je peux l'être. Je sais bien me tenir parfois, tu sais. Peut-être qu'au final elle avait juste honte de lui, ou alors qu'elle était certaine qu'il n'allait pas lui plaire. Le plus important pour moi, c'est qu'il te rende heureuse ! Je sais que je me conduis comme un idiot en ne réagissant pas... disons peut-être avec joie, mais tu peux mettre ça sur mon côté anti-romantisme. Il est vrai que lui c'était le genre de chose qu'il détestait, alors un mariage de l'émoustillait pas du tout. La jeune femme lui avait ensuite parlé plus en détails de tout ce qui s'était passé pour elle ces derniers temps avant de lui dire que ses frères étaient plutôt heureux. Ça c'était également une bonne nouvelle pour elle. Il se dit qu'il devait faire fausse route et arrêter de s’inquiéter, juste être heureuse pour elle.

Néanmoins, au lieu de s'excuser de nouveau, il préféra continuer sur une pente plus glissante : ne rien dire à Keaton pour l'instant. Il savait que cela décevrait sa meilleure amie alors il ne tarda pas à lui expliquer la raison de cette demande. Ce n'était une lubie ou autre, il avait des raisons sérieux. Tandis qu'il écoutait la jeune femme parler, il commença à préparer deux cafés. Il eut plusieurs petites grimaces et tenta de cacher à quel point ce qu'elle venait de lui dire le touchait en plein cœur. Déjà qu'il ne se sentait pas très bien de refuser à chaque fois sa demande, sa culpabilité ne faisait qu'augmenter avec les paroles de la jeune femme. Il ferma les yeux quelques instants avant d'inspirer un bon coup. Sa gorge s'était nouée sous le coup de l'émotion mais aussi de la frustration, avec cette impression qu'elle ne comprenait pas réellement ce qu'elle lui demandait là. Au final peu de gens comprenaient que c'était bien plus que le mariage qu'il refusait... et il ne savait pas comment lui expliquer sans être véhément, sans se montrer peut-être désagréable. Elle venait de toucher pile là où ça faisait mal, pile au niveau de son bouclier, de le fendre alors il était totalement sur la défense. Une bonne chose pour qui Cinzia ? Pour lui ? Tu penses vraiment qu'un mariage pourra changer quelque pour lui ? Tu crois vraiment qu'un mariage peut changer.... je. sa voix se cassa. Il inspira un coup, nerveux Quand tu dis ça, j'ai l'impression que tout ce qui l'importe c'est le mariage. Mais mariés ou pas nos sentiments sont les mêmes, ce n'est qu'un bout de papier merde ! Pourquoi y attacher tant d'importance ? Il avait l'impression d'être une cocotte minute sur le bord d'exploser mais il tentait quand même de se reprendre le mieux possible Des photos on en a des tas. Et oui. Oui il va mourir et sûrement bientôt... et si on se marie qu'est-ce qui me restera moi ? Le fait d'être veuf sur les papiers, le fait de devoir me rappeler à quel point il me manque à chaque fois que je signe un papier. Est-ce que c'est juste de me demander ? Non. Ça c'est au-dessus de mes forces Cinzia. Ce n'est pas qu'un sacrifice vu que je suis déjà contre le mariage, c'est un cercle vicieux qui fera que me rappeler ma perte et je n'aurai pas besoin de ça. Ça sera un couteau qui restera planté en plein cœur. Il se passa une main sur le visage, les yeux  pour tenter de se canaliser. Il finit par la fixer de nouveau Pour toi, c'est juste quelque chose de romantique, de beau pour symboliser l'amour. Je peux le comprendre. Pour moi, ce n'est rien. Rien que quelque chose qui m’emmènera directement en enfer. Ce n'est rien, parce que je l'aime et que je n'ai pas besoin que l'on se marie pour le prouver ou je ne sais quoi. Mais il ne devait pas oublier qu'elle allait aussi se marier et qu'il fallait qu'il modère un peu son discours, sinon il craignait que de peur qu'il fasse des vagues elle ne l'invite pas au mariage. Est-ce que s'il n'était pas malade, je changerai d'avis ? Peut-être. Peut-être que j'aurais fait cet effort pour lui, parce qu'au final ça n'aurait pas changé grand chose pour moi... mais là ça a trop d'implications. Implications qui finalement étaient plus psychologiques qu'autre chose, mais il y croyait vraiment à tout ce qu'il venait de dire. Il inspira un bon coup avant de souffler. Si tu me disais que ça lui permettrait de vivre des années en plus, bien sûr que je le ferai, pour pas le perdre, mais bon n'est pas dans le monde des bisounours. Tu es heureuse de te marier, je le comprends tout à fait. Je suis content pour toi que tu ais trouvé ton âme sœur... mais tu n'es peut-être pas tout à fait impartiale. Tu en penses quoi avec ces nouveaux arguments ? Il espérait qu'elle ne prendrait pas trop mal ce qu'il venait de dire, qu'elle comprendrait que c'était juste quelque chose qui le rendait vraiment mal. Et ton mariage, Princesse, ça sera quand ? Il faudra que tu me dises la date pour que je puisse poser un congés ce jour-là. Il devait se reprendre, se ressaisir, penser à elle. C'était un événement à fêter. Au lieu de café, du champagne ne te plairait pas plus ? On doit en avoir une bouteille quelque part... pour fêter tout ça !







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Cinzia Herrera
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MessageSam 12 Mar - 14:21




L’amitié ....
feat l'ours mal léché


Peut-être avait-il raison. La réussite devait sans doute exiger des femmes qu’elles aient un cul d’enfer et des hommes qu’ils soient des séducteurs ou au minimum, aimable et courtois. Je connaissais cependant des spécimens aussi bougons que Matthew pouvait l’être et qui avaient plutôt bien réussi leur vie. Luciano n’était pas réputé pour être le type le plus avenant de la création. Il avait pourtant monté un cabaret à la clientèle huppée. Il ne désemplissait jamais, mais était-il vraiment un exemple ? Il était né Gambino. Il avait les contacts et les appuis nécessaires pour que l’argent choisisse de l’épouser. Pour Matthew, c’était fondamentalement différent. Il n’était pas né du bon côté de la barrière et je ne pouvais pas vraiment le blâmer de perdre espoir avant même d’avoir essayé. En revanche, ce que je ne pouvais pas tolérer, c’était qu’il utilise son homosexualité pour justifier qu’il se borne à la facilité : continuer, ne rien changer et reculer un peu plus chaque jour. Je le recadrai avec douceur, écopant par ailleurs d’un sourire sans joie. J’aurais pu en profiter pour persister sur cette voie, qu’il emprunte celle de la raison, mais il n’était pas prêt à rompre avec ces points de repère qui le rassuraient au quotidien. Je comprenais. Il n’était pas radieux, mais son avenir n’aurait rien de rose. Il se préparait des emmerdes à tour de bras. J’en étais persuadée, mais qui étais-je pour me battre avec lui pour tenter de le ramener à la raison ? Qui ? Je n’étais qu’une amie, pas une faiseuse de miracles. Ma bonne volonté et mon affection ne changeraient rien à ce qu’il vivait. Alors, j’abdiquai pour cette fois, lui jurant néanmoins que je serais disposée à l’aider dès qu’il en ressentirait le besoin, à condition qu’il le ressente un jour et, le cas échéant, que rien ne m’empêche d’être à ses côtés dans les moments les plus pénibles de son existence. « Je ne pourrai jamais regretter de t’aider, Matt. Je m’inquiète pour toi, tu sais. » Et pas seulement à cause de la maladie qui le rongerait tôt ou tard, j’avais simplement peur que son obstination à s’agripper à sa routine n’aggrave sa situation. Il ne méritait pas tant de peine après tous ces sacrifices. Alors, quittant mon divan, je m’approchai de lui, le cœur en miettes et transi d’inquiétude, et je le serrai très fort dans mes bras, embrassant sa joue comme l’aurait fait une sœur. « Je suis là si tu as besoin de quoi que ce soit. Tu le sais, ça ? Je veux juste que tout se passe pour le mieux pour toi. Alors oui. Oui, tu as le temps. Le temps qu’il te faut pour réfléchir. Si tu te convaincs en permanence qu’il t’est compté, tu vas faire des conneries. Moi, tant que je sais que tu y réfléchis, je me sens déjà mieux. » conclus-je avant que nous nous séparions.


* * *


À chaque fois que mes pensées vagabondaient vers Matthew, j’étais assaillie par une profonde tristesse. Ce n’était pas de la pitié, juste une impression vague qu’il ne serait jamais plus heureux. Ses fardeaux étaient bien lourds à porter, mais j’en fis fi pour lui annoncer l’heureuse nouvelle de mes fiançailles. Après tout, il avait demandé à ce qu’on se comporte avec lui comme si tout était normal, comme si sa vie était un long fleuve tranquille. Mais, comment pourrais-je respecter cette promesse s’il ne se laissait plus contaminer par ma joie normalement communicative ? Il n’était même plus capable de se réjouir pour moi alors que je débordais de bonheur. À sa place, je m’en serais gorgé pour adoucir mes peurs. Sa réaction, elle me décevait autant que je la comprenais. Sa réserve était justifiée, mais je n’étais pas une petite idiote, pas de celle qui se jette à corps perdu dans ce genre d’aventures sans y avoir longuement réfléchi. D’une certaine manière, il m’insultait et je mentirais si je prétendais que je ne songeai pas à tourner les talons. Pourtant, je demeurai là, dans son salon, acceptant de boire un café en sa compagnie et de répondre à ses légitimes questions. « Je sais que ça peut paraître dingue. Je l’ai pensé moi aussi, mais ça ne l’est pas plus que deux personnes qui se rencontrent dans une boîte de nuit, qui couchent ensemble, qui échangent leur numéro de téléphone et qui se rappellent parce qu’il s’est passé un truc entre eux, une étincelle. Pour moi, c’est presque la même chose. » Cette comparaison scabreuse manquait de clarté. Il n’avait l’air pleinement convaincu. Aussi, précisais-je mon raisonnement pour le rallier à ma cause. « Ce que j’essaie de te dire, c’est que c’est juste une question de principe. Il avait envie que je partage sa vie autrement que comme une copine ou une connaissance. Moi aussi. Comme c’est un homme de principes et qu’il respecte les miens, il m’a fait une demande en mariage, mais ça ne nous empêchera pas d’apprendre nous connaître et à nous apprivoiser. C’était juste comme une évidence, pour lui, comme pour moi. »

Je me gardais bien d’ajouter cette différence notoire : mes fiançailles étaient irrévocables contrairement ces couples qui se nouent et se dénouent au gré des disputes et de leurs sautes d’humeur. Ça l’inquiéterait à tort. Je ne lui livrai dès lors que la version édulcorée de l’histoire. « D’ailleurs, non, on ne vit pas ensemble. Tu sais plus ou moins comment est mon père. Il ne l’aurait pas accepté. On ne couche pas ensemble non plus si c’est la question suivante, mais je ne vis plus avec Lyla. » Mon regard s’assombrit pour la seconde fois depuis mon arrivée. Mon retour dans ma chambre d’adolescente avait été rude. Elle me manquait au quotidien, mais j’apprenais à vivre avec elle par téléphone interposé pour le bien de notre santé mentale à toutes les deux. Pour celle de Matthew, par contre, j’acceptai d’organiser une rencontre puisqu’il semblait y tenir et qu’il me jurait qu’il se tiendrait bien. C’était de bonne guerre. Et puis, peut-être pourra-t-il me décocher un sourire après cette rencontre. Peut-être même qu’il sera ravi pour moi, conquis par la personnalité haute en couleur de mon fiancé. « Ce n’était pas une demande romantique, si ça peut t’en dire un peu plus sur le personnage. Je suis partie à Chicago avec Lyla et mon frère. Il était de la partie et il m’a arrêté sur le tarmac de l’aéroport pour me faire sa demande. Pas de bague. Pas de discours dégoulinant. Juste : et, ça te dirait qu’on se marie ? Bon, c’est un résumé, mais c’est plus ou moins comme ça que ça s’est passé. Comme il m’a pris au dépourvu, je n’ai rien répondu. Ni oui ni non. J’ai pris mes jambes à mon cou et j’ai fait semblant que ça n’existait pas. Je m’étais dit que s’il était vraiment sérieux, il reviendrait à la charge et il l’a fait. Pas tout de suite. Mais, il l’a fait. Tu te souviens de Becky ? La fille qui bosse avec moi ? Et bien, il l’a invité à manger sous mon nez et avant de partir avec elle, il a déposé l’écrin sur mon bureau avec l’adresse du restaurant. Et, bien entendu, j’y suis allée. Après, ça ressemblait plus à une négociation qu’à une vraie demande en mariage, mais j’ai su que je dirais oui juste parce qu’entre Chicago et ce jour là, j’ai arrêté de vivre à l’idée qu’il ne revienne pas. » confessais-je vraisemblablement honteuse par rapport à mes faiblesses. « Je te passe les détails suivants, ils n’ont pas vraiment d’importance. On s’entend plutôt bien, et c’est encore le principal. »

Je n’avais plus qu’une hâte désormais. Partager cette bonne nouvelle avec l’autre moitié d’Odair, mais lui, il ne l’entendait pas de cette oreille. Ce n’était pas la première fois que Kea se déclarait, mais il obtenait toujours la même réponse et, si je mettais un point d’honneur à ne jamais juger mon meilleur ami, je devais bien admettre que j’avais du mal à comprendre sa position. « Pour lui ! Oui. Je pense que ça peut changer beaucoup de choses en effet. » répliquais-je avec hésitation alors que son émotion suait du timbre de sa voix. Elle se brisait. Je ne voulais pas le blesser ou le peiner, mais si je ne lui ouvrais pas les yeux, personne ne s’y risquerait. Personne. J’étais de ces rares personnes à pouvoir se vanter d’avoir une quelconque influence sur lui et j’avais bien l’intention d’en profiter pour lui faire entendre les raisons de son petit ami. Pas tout de suite cependant. « Je pourrais t’expliquer si tu ne t’emportais pas comme ça. Je sais que c’est un sujet délicat. » soupirais-je affligée par son attitude, bien qu’il ne soit pas vraiment agressif, juste sur la défensive, craignant sans doute les arguments qui feraient mouche. « Un mariage, ce n’est pas qu’un bout de papier. Même toi, tu ne le penses pas, sinon, pourquoi tu aurais réagi comme ça quand je t’ai annoncé le mien ? Tu trouves mes fiançailles prématurées parce que c’est un engagement, et c’est ça qui te fait peur. C’est de t’engager. Pourquoi ? Parce qu’il va mourir ? Est-ce vraiment un argument pour lui refuser ça ? Tous les jours, tu fais un nouveau sacrifice pour lui. Je le sais. Je respecte ça. Je vous admire beaucoup pour ce que vous accomplissez tous les deux. J’aimerais qu’on m’aime comme ça, aussi intensément. Donc, non, je ne vois pas où est le problème. Tu as peur d’un bout de papier ?  Tu as peur d’être veuf ? Et ça, ça changera quoi pour toi ? Tous tes refus, tes arguments, ça doit juste lui donner l’impression qu’une fois qu’il sera mort, tu vas faire table rase du passé pour te construire, non pas avec son souvenir, mais comme s’il n’avait jamais existé. Et moi aussi, c’est l’impression que tu me donnes. Sinon, qu’est-ce que ça peut bien foutre que tu sois veuf sur les papiers et non plus célibataire ? » Je tentais de rester la plus calme possible, mais ce n’était pas évident. Il était sous pression. Elle était contagieuse. Je le trouvais peu délicat, presque brusque dans sa façon de s’adresser à moi et, une fois encore, parce qu’il jugea bon de tous nous inviter à le traiter comme un être sain, je ne le ménageai pas sous prétexte qu’il accumule les mauvaises nouvelles. Je lui déballais mon sac tout de go, sans réfléchir, quitte à nous disputer. Ce ne serait ni la première fois ni grave. Au contraire, serions-nous devenus indifférents l’un à l’autre. « Tu as beau essayer de te convaincre que le mariage va rendre ta vie plus compliquée, mais crois-moi, ce couteau, il restera là, quoi que tu fasses. Il ne te quittera jamais. Tu avanceras, tu recommenceras ta vie parce que c’est légitime. On t’encouragera tous à le faire. Moi la première. Mais, quand toi tu iras mal, si la maladie prend le dessus sur toi, quand tu prendras tes médocs par millier le matin et que tu te demanderas comment tu as pu en arriver là, à quoi tu vas penser à ton avis ? Tu vas te dire que c’est de sa faute, que c’est lui qui t’a contaminé, que tu lui as consacré tes plus belles années et qu’il s’est barré en te laissant que cette merde pour seul cadeau, ta peine et tes souvenirs qui vont te déchirer le cœur un peu plus chaque jour. Et, c’est ça que tu veux garder de votre histoire ? Le mariage, Matt, signer des papiers à son nom, c’est te rappeler que vous vous êtes aimés, que tu ne peux pas lui en vouloir, parce que tu l’aimes à en crever et que lui aussi. » surenchéris-je sans le ménager, haussant un peu le ton malgré moi avant de soupirer pour me ramener vers plus de tempérance.

Je bus une gorgée de café dans un profond silence pour lui accorder assez de temps pour digérer, mais je n’en avais pas vraiment fini avec lui. J’avais dans le fond de ma poche un dernier argument que je ne manquerais pas de lui servir au besoin. Il se disputait une place de choix avec d’autres que je lui livrai plus calme pour qu’il en mesure tout le poids. « Matthew, si tu crois que je vois le mariage comme un conte de fées, alors, crois-moi, tu me connais mal. Le mariage, c’est des emmerdes au quotidien. C’est apprendre à vivre avec un étranger. C’est devoir être là, tout le temps, pour le meilleur et surtout pour le pire, parce que la vie, c’est une vieille pute qui ne se laisse pas baiser facilement contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire. Le mariage, c’est prendre à bras le corps toutes les épreuves que subit l’autre pour les porter avec lui, parfois pour lui. C’est ce que tu fais tous les jours. C’est ce que mes parents font l’un pour l’autre tous les jours. C’est ça, le mariage. Ce n’est pas un oui devant témoin à l’Église pour ensuite s’envoyer en l’air dans les cuisines. Ça, c’est le côté sympa, pour qu’on s’en souvienne quand ça va mal, qu’on se rappelle pourquoi on en est là et pourquoi on se bat plus pour l’autre que pour soi. Là, quand je t’entends me dire que s’il était sain, tu te serais peut-être marié avec lui, tout ce que j’entends, c’est que tu le punis. Tu le punis de te faire vivre tout ça et je mets ma main au feu que c’est ce qu’il ressent lui aussi. Alors, demande-toi si c’est ce qu’il mérite. Demande-toi si il ne mérite pas plutôt que tu le fasses, pour qu’il puisse fermer les yeux en paix. Demande-toi, si ça, son repos éternel, ce n’est pas plus important que tout le reste… parce que ça voudra dire que tu lui as pardonné tout le mal qu’il te fait malgré lui, que tu ne lui en veux pas, et que tu l’aimeras toujours, quoi qu’il arrive, même si tu continues à avancer sans lui » Je m’interrompis non pas pour lui permettre de m’entendre, de comprendre et de réfléchir, mais pour me rappeler que j’étais arrivée heureuse à souhait, et qu’il ne restait plus grand-chose de mon allégresse. À se montrer offensant, il m’avait fait un mal de chien. Comment s’y prenait-il pour remuer la merde avec tant de dextérité ?  Comment ? Il avait un don certain pour ça. Il n’y avait plus aucune question à se poser sur son avenir. Le journalisme, c’était fait pour lui. « Tu vois, je ne vis pas dans un monde de bisounours. Là encore, si tu crois ça, c’est que tu me connais moins bien que tu le crois. Mais, à quoi bon me battre avec toi ? Tu sembles t’être fait une opinion sur moi. » J’avalai le reste de mon café si vite que je me brûlai la langue. Il était cependant impératif que je prenne mes jambes à mon cou avant de me mettre à sangloter au mépris de ma fierté pour tout ce qu’il remua en moi, comme l’inquiétude perpétuelle pour mes frères et pour Mani désormais, celle qui donnait tout son sens au mariage. « On boira le champagne quand tu auras vraiment quelque chose à fêter et quand tu en auras vraiment envie, pas pour saluer mes élans de puérilité. Je suis déçue que tu ne puisses pas comprendre l’importance que le mariage peut avoir pour moi et surtout pour Kea. Tu dois te dire que ça ne me regarde pas, mais à partir du moment où je ne peux pas partager ma joie avec les gens que j’aime, parce que tu me le demandes, juste parce que tu as décidé de te comporter comme un égoïste, ça devient mon problème. » Je ramassai mes affaires, toute prête à décamper. « Pas la peine de me raccompagner, je connais le chemin et, au cas où l’idée de participer à mon mariage fatalement rose bonbon et violettes, puisque c’est visiblement l’image que tu as de moi, tu recevras un faire-part en temps voulu. A plus. » conclus-je en claquant la porte. J’étais sur le palier en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire.







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Avere nel cuore, une voglia d'amare. Avere nella gola una voglia, di gridare. E chiudersi dentro. Prigionieri di un mondo che ci lascia soltanto sognare, solo sognare. Se non ci fossi tu io me ne andrei.
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Matthew Odair
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MessageMar 15 Mar - 22:23





l'amitié
ft la douce

Ce n'était pourtant pas très compliqué de pouvoir se réjouir pour sa meilleure amie... d'être heureux qu'elle ait trouvé sûrement son âme sœur ou quelque chose qui devait s'en approcher. Oui, il savait au fond de lui qu'il aurait du être heureux pour elle sans se poser toutes ces questions mais pour l'instant c'était tout bonnement impossible pour Matthew. Il s'inquiétait, certainement à tord, pour Cinzia. Il avait peur qu'elle se trompe, peur qu'elle souffre et il avait juste envie de la protéger. Oui, il étai en train d'agir de la façon la plus stupide qui soit et ses paroles étaient loin, très loin d'aider à se faire pardonner bien au contraire. Septique, il essayait quand même de faire bonne figure devant Gambino. D'accord, d'accord, j'ai compris ne t'inquiètes pas. Le plus important c'est que vous vous aimez et que vous êtes sur la même longueur d'onde ! Mais bordel un mariage aussi rapide c'était tellement tellement stupide pour lui? Pourquoi est-ce qu'elle n'allait pas voir Turner, il était certain que lui, dans son monde ça serait juste merveilleux. Abruti. Il manquait de conviction même s'il essayait de toutes ses forces. Mentir n'était pas son fort et cela devait encore se sentir une nouvelle fois ! Il n'osa pas lui dire qu'elle ferait mieux d’apprendre à connaître aussi ses défauts de bien les voir avant de se marier après tout, elle était une grande fille, elle devait savoir tout ça, elle devait avoir mesuré le risque et il ne voulait pas être le meilleur ami relou qui la brimait et lui brisait tous ses espoirs. Il haussa un sourcil lorsque affirma qu'ils ne vivaient pas ensemble et ne couchaient pas ensemble... et qu'elle ne vivait pas non plus avec Lyla. Cela faisait beaucoup d'informations à ingérer en même temps pour le secouriste ! Il avait l'impression qu'un raz de marrée était passée chez la Sicilienne. Il se passa une main dans les cheveux tentant de trouver seulement les "meilleures" questions. Qu'est-ce qui s'est passé avec elle ?demanda-t-il doucement. Ce qu'il aurait voulu savoir c'est comment est-ce qu'elle savait qu'ils allaient se supporter sans avoir vécu ou couché ensemble. Bon dieu, il avait parfois l'impression de vivre totalement dans un autre monde ! Il secoua de nouveau un peu la tête et soupira, préférant simplement quémander un rendez-vous avec ce fameux homme de façon à ce qu'il se fasse lui aussi une idée. Il n'était pas certain que ce soit une bonne idée, il partait déjà avec des à priori mais pour Cinzia il était prêt à faire de réels efforts ! La jeune femme ne tarda pas lui parler de la demande et fut rassuré de savoir qu'elle avait pris le temps de réfléchir ! Bien ! C'était bien ça qu'elle n'ait pas acceptée juste pour dire oui, juste sous le coup de l'émotion parce que dans quelques mois ou quelques années elle l'aurait certainement regretté ! Sur ce point-là, il était rassuré.

Et s'il avait pensé que le plus était passé, il se trompait totalement, en effet voilà qu'elle voulu en parler à Keaton ce qui frigorifia Matthew. Il ne voulait pas que son petit ami en entende cette nouvelle. Pas pour l'instant, il tenta de lui expliquer les raisons mais Cinzia n'avait pas l'air du tout de son avis et c'était bien l'une des seules. Aussi bien ses sœurs, que la famille de Keaton, ou même Noah lui avaient toujours donné raison à lui et pas à Keaton. Il avait souvent demandé conseil aux deux premiers, n'étant pas bien certain de faire le bon choix, mais tous avaient semblé comprendre ses arguments et il s'était donc borné simplement à son non. Les paroles de Cinzia l'ébranlait donc beaucoup plus qu'il ne l'aurait voulu, parce que dans ce qu'elle disait il y avait une grande part de vérité et surtout il avait peur qu'au final Richter ne parte pas heureux. Pour Odair le simple fait d'être ensemble suffisait et il ne comprenait pas ce truc de mariage et compagnie. Il essayait juste de se préserver, le peu qu'il pouvait. C'était une sorte de barrière qu'il ne voulait pas que l'on franchisse. Veuf, il ne pourrait pas. Mais elle lui affirmait avec tant de conviction que ça changerait beaucoup de choses pour Keaton qu'il venait à douter totalement. Tu sais très bien que c'est faux ! répliqua-t-il presque au tac au tac outré par ce qu'il venait d'entendre Ce n'est pas parce que je ne veux pas me marier que cela veut dire que je vais l'oublier et passer à autre chose une fois qu'il sera mort. Comment est-ce que quelqu'un peut penser ça ? Il ne comprenait pas, vraiment pas... mais si elle avait raison. S'il avait peur de ça. Il ouvrit la bouche pour continuer à parler mais la referma bien vite. Il inspira un bon coup pour se calmer, pour calmer ce sentiment d'angoisse et de frustration et la tristesse qui étaient en train de le submerger totalement. Je ne passerai pas à quelqu'un d'autres. Certainement, même que je n'aurais personnes d'autres et je m'en fouts, ça me va très bien... mais... tout ce que je veux c'est juste ne pas m'enfoncer à chaque fois que je signe un papier. Pour toi, pour lui peut-être c'est une preuve d'amour, c'est le positif. Moi, ça m'angoisse. Je ne veux pas signer de papier alors qu'il ne sera plus là, je ne veux.. voudrais pas me remémorer cette absence qui me pèsera déjà bien assez. Est-ce un crime de vouloir me préserver un minimum Cinzia ? Les arguments de la jeune femme faisaient mouche, et il se sentait de plus en plus mal comme si elle arrivait à lui retournait la tête bien trop rapidement. Il essayait néanmoins de lui faire comprendre son point de vue. Il essayait de lui montrer qu'il avait de bonnes raison, qu'il voulait juste ne pas souffrir encore plus. C'était presque aussi simple que cela. Pourquoi est-ce que Keaton semblait être dans son bon droit d'insister sur sa demande en sachant que Matthew n'avait pas envie... Pourquoi est-ce que cela faisait du secouriste quelqu'un d'égoïste de refuser ? Ils étaient, pour lui, dans un sens aussi égoïste l'un que l'autre.

Les minutes défilaient, les arguments de Cinzia étaient toujours aussi bons et faisaient toujours aussi mal. Il déglutissait avec difficulté. Il essayait de tenir bon. Il essayait de se défendre du mieux qu'il le pouvait mais... c'était difficile. Il était clair qu'ils n'étaient pas du tout sur la même longueur d'onde. De nouveau quelque chose l'indigna, il poussa un petit grognement significatif avant de prendre rapidement la parole Jamais je ne lui en voudrai Cinzia. Je savais les risques que je prenais en sortant avec lui. Je l'ai toujours su que je jouais ma vie, ma santé. C'est MON Choix. Ce n'est pas comme s'il m'avait caché quoi que se soit. Comment est-ce que je pourrais lui en vouloir ? Et pourquoi diable, est-ce que tu veux que je refasse ma vie ? Avec qui d'ailleurs ? Il secoua la tête avant de souffler Je ne laisserai personne vivre ce que j'ai vécu, Cinzia. Même si je recommencerai sans hésiter, c'est trop de le voir comme ça et de savoir que bientôt je serai seul, sans lui. Je ne veux pas que quelqu'un ressente ça à cause de moi... et je serai de toute façon bien mieux seul. Il était amer mais sincère à cet instant là. Il ne voulait que Keaton, les autres étaient sans importance. Il n'avait pas envie de reconstruire quelque chose même si cela pouvait paraître totalement stupide aux yeux de la Sicilienne. Il sait que je l'aime Cinzia... alors pourquoi m'imposer ça ? Perturbé, il ne savait plus où il en était qui croire ou pas et surtout quoi faire. Si elle avait raison, si cela était si important que Keaton, oui, il ferait ce nouveau sacrifice même s'il n'en avait pas envie... mais comment savoir qui avait vraiment raisons, les proches de Kea et lui ou Cinzia ? Il ne pouvait décemment pas demander à son petit ami parce qu'il ne serait pas objectif.

Là, quand je t’entends me dire que s’il était sain, tu te serais peut-être marié avec lui, tout ce que j’entends, c’est que tu le punis. Tu le punis de te faire vivre tout ça et je mets ma main au feu que c’est ce qu’il ressent lui aussi. Alors, demande-toi si c’est ce qu’il mérite. Demande-toi si il ne mérite pas plutôt que tu le fasses, pour qu’il puisse fermer les yeux en paix. Demande-toi, si ça, son repos éternel, ce n’est pas plus important que tout le reste… parce que ça voudra dire que tu lui as pardonné tout le mal qu’il te fait malgré lui, que tu ne lui en veux pas, et que tu l’aimeras toujours, quoi qu’il arrive, même si tu continues à avancer sans lui Son petit speech final, il ne le remarqua pas. C'est à peine s'il se rendit compte qu'elle s'était barrée furieuse. Il l'aurait bien rattrapée dans le cas contraire mais cela n'aurait servi à rien. Il s'excuserait pour son comportement plus tard mais pas maintenant. Il avait en effet surtout l'impression d'avoir du mal à respirer, d'avoir reçu une énorme gifle. Est-ce que c'était réellement comme ça qu'elle le percevait, qu'elle le voyait ? Et pire, est-ce que Keaton pouvait penser ça l'ombre d'une seconde ? Comment est-ce qu'il pouvait songer à quelque chose dans ce genre là d'ailleurs ? Comment ? Il ne comprenait pas ce raisonnement, ou plutôt il n'avait pas du tout le même. Il ne lui en avait jamais voulu, comme il l'avait dit un peu plus tôt, alors il n'y avait rien à pardonner. RIEN. Il se prit le visage entre les mains et soupira doucement, avant de finalement de balancer, à bout de nerfs un coup de pied dans une des chaises. Il avait envie d'hurler, mais cela ne changerait rien. Il allait devoir réfléchir de nouveau à tout cela et ça l'angoissait. Il avait peur de faire le mauvais choix, aussi bien pour lui que pour Keaton, mais Cinzia avait raison, Richter devait fermer les yeux en paix. C'était tout ce qui comptait pour lui.






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